INTERRUPTION DE LA MESSE
( Traité des SS. Mystères, de Collet. )
1. Le sacrifice doit étre continué sans fnterruption. — 2. Diverses exceptions. — 3. On doit reprendre un prétre gi a coupé l'action du sacrifice. — &. Est-on obligé de suppléer pour un préire qui ne peut achever la messe? — 5. Qui doit le faire? — 6. Trois questions sur cette matière. — 7. En cas un prétre est-il tenu de célébrer pour un exire? — 8. Quel parti prendre quand on me sait où en est resté le prétre qui manque? — 9. En quel intervalle de temps doiton continuer la messe qu'un autre n'a pu fair? — 10. Lorsqu'un prétre tombe en faiblesse, faut-il le communier de la méme
hortie qu'il a consacrée?
1. Personne ne doute que le sacrifice né sit une action entière et totale, dont toutes voor, part. n, tit. 5, sect. 3, dub. 5, pag. 165. Edit,
(27 Crm ingressus füerit episcopos al am soiémaía telehrande, nio Tasso a a Tfl, euHlo modo sudest dala occasione recedere, ete Sgen. Rom. apud Gratian. dist. 1, de Consecr., cap. BT.
y QU rion, q. hie 85,art.6, Quaritur 5, pag. AT, col,
(4) Fide Quarti part. ui, tit. 5, sect. 5, dub. v.
les parties doivent, régulièrement parlant, être liées les unes avec les autres. Dc cé principe constaté par les décrets e et par la pratique de toute l'Eglise, il résulte qu'on ne peul.interrompre la messe sans péché, et que ce péché, morlel de sa nature, est d'autant plas grief que l'interruption cst plus longue et moins fondée en raison : el je crois fort qu'il le serait bien plus, si un prétro quittail ses ornements ponr vaquer à la bagatelle, comme il arriva à Théophylacle, patriarche de Constantinople, que si par une complaisance mal entendue il restait à l'autel une demi-heure ou plus pour attendre un seigneur ou un ami. Au reste, quoique $ylvius dise assez neltement qe l'interruption de la messe ne va au mortel que quand elle dure des heures entières (3), il y aurait de l'imprudence à se fier à sa décision. Des théologiens moins exacls qu'il ne l'est ordinairement ne demandent qu'un quart d'heure : et ce terme paraltra assez long à quiconque voudra réfléchir sur la grandeur de la matière, et sur l'indécence qu'il y a à quitter, pour une occupation étrangère, la plus sainte occupation qu'on puisse imaginer (4).
2. Il y a cependant des occasions où l'on peut saintement interrompre le sacrifice, comme s'il fallait donner l'absolution.et Je viatique à un homme prét à expirer, oà l'extréme-onction à quelqu'un qui n'a pu recevoir les autres sacrements. ll en est de méme par rapport à l'évêque qui doit conférer les saints ordres; au curé, qui doit faire son instruction ou publier les ordonnances de l'Eglise; au supéricur, qui doit recevoir les vœux de religion. Ce serait encore la méme chose s'il s'agissait de sauver la vie à un malheureux qui va succomber sous les coups d'un assassin, son pasteur ne lui
le. Sylvius ajoute,
d'après Navarre, un autre cas, que je inets dans les notes (5). Mais cn l'admeltant avec lui, je ne voudrais pas admettre avec d'auires, qu'un prétre qui n'en est pas encore à l'Offertoire, uisse recommencer la messe en faveur d'un évéque ou d'un prince dont on lui annonce l'arrivée. Ni l'un ni l'autre ne péchera en manquant la messe qu'il ne peut entendre. Mais un prétre pourrait bien pécher en s'écartant, de sa propre autorité, d'une loi universellement observée. Je trouverais moins de mal à dire deux messes sans prendre d'ablutions qu'à en couper une au uart pour la recommencer. Si on m'oppose l'autorité de Navarre, d'Azor et de Gavanius (6), j'opposerai à mon tour Ledesma, Salzedo, et Gavantus lui-même, qui, dans son Manuel des évóques (7), cite un décret du premier concile provincial de Milan, le-
Gavantum in Manuel. episcop. V. Misse ritus, n. 15. Vide Quarti, ibid., dub. &
qu:1 défend absólument de repéter la messe quand une fois ello a élé commencéc. Après tout, dans ces sortes de cas, la coutume des lieux résout bin des difficultés.
3. Un prêtre, qui pour de légitimes raisons a interrompu l'action du sacrifice, doit après Ja consécration , reprendre où il en cst demeuré, lorsque l'interruplion n'a pas été assez longue pour rompre l'unité morale de l'action. Or l'on regarde comme capable de rompre celte unité toute interruption qui dure deux heures ou plus; d'où il suit que si uno faiblesse, ou une affaire pressante séparaitle prêtre de l'autel pendant tou ce temps, il faudrait garder les espèces pour être consommées le lendemain; à moins qu'on n'eüt
révenu cet inconvénient en faisant achever temps le sacrifice par un autre prêtre ; ainsi que nous l'allons dire dans ua moment.
Que si on a été obligé de quitter l'autel avant la consécration, et qu'on revienne dans l'espace d'une heure, on doit reprendre où l'on a quitté. Mais si on revient plus tard, il vaut mieux, si l'heure le permet encore, commencer une nourelle messe, que de tenter d'unir, sans une rraic nécessité, des parties trop séparées pour faire sûrement un tout moral (1). Si nous dounons à l'espace qui précéde la consécration moins d'étendue qu'à celui qui la suit, c'est qu'on permet plus, pour éviter un défaut substantiel , que pour cn éviter un autre qui ne regarde que des cérémonies accidentelles et préparatoires.
Nous supposions tout à l'heure que, quand un prétre nc peut finir la messe, un autre doit le faire pour lui. Cette maxime générale étant enseignée dans la Rubrique (2) ne souffre aucune difficulté : mais son application m en souffrir quelques-unes qu'il est bon d'éclaircir.
&. On demande donc d'abord, si un prétre est obligé en conscience à sopplécr au défaut d'un autre? Le sentiment le plus commun, le plus sûr, le plus probable, est pour l'affirmalive. L'interruption du sacrifice est un des plus fácheux inconvénients, qui puissent so trouver dans la célébration de la messe.
Comment donc un prétre qui a du zèle pour la gloire de Dica et pour la religion, n'y remédiera-1-il point, lorsqu'il est en son pouvoir de le faire ? Ainsi passent Thomas, Suarez (3), et les meilleurs théologiens, qui croient pour-la ptopart qu'on ne pourrait y manquer sans péché mortel.
5. On demande en second lieu quel prétre est tenu de suppléer au défaut d'un autre. U est constant que si celui qui est tombé en défaillance repreaait ses esprits, ce serait à lui
itl Vide Quarti, ibid., dub. 4, pag. miki 168.
4) Si sacerdos anie consecrationem graver Infirmetor, vel la syncopen inciderit, sut moriatur, praxermitisur míssa. Si post consecrationem corporis tantum asie consecralionem sanguluis, vel utroque consecrato, id accidit, missa per allum sscerdotem expleatur ab eo loco obi illc desiit, et in casa necessiatis eliam per noa. jejuom. Si tamei non obierit, sed fucrit lofirinus, adeo tamen VL posait communicare, el nou adsit alia hostia cousecrala, s3cerdos qui missam supplet, dividat hostiam, el unam partem prasbest inürmo, aliam ipe sumat. Si sutem semiprolata forms corporis obiil sacerJos, quia uon est facta
à finir ce qu'il a commencé. Mais en supposant que ses forces grésentes nc le lui permettent pas, il faut dire que le pré re le plus voisin, et à son défaut tout autre qui sera le moins éloigné, est tenu solidairement à ]:
faire. 1l est cependant de l'ordre de préférer ceux qui peuvent faire celte sainte action avec plus de décence. Ainsi un prétre qui n'a pas encore célébré l'emportera sur celui qui à déjà dit la messe; et celui-ci sur un autre qui aurait déjà déjeuné. Mais ce choix ne feat guère, ce me semble, avoir lieu que
laus les villes. À force de chercher à droite et à gauche dans les campagnes un homme mieux disposé, on pourrait par une longce interruption se mcttre hors d'état de finir le sacrifice.
6. Si le seu! prétre qu'on peut trouver poor le supplément dont nous parlons, avait sor sa conscience quelque chose qui peine sérieuse, il devrait se réconcilier, ou istére d'un confesseur, s'il en avait , Ou par le moyen d'un bon acie de contrition. Un excommunié, qui ne pourrait se faire absoudre, devrait faire La méme chose; car l'intégrité du sacrifice, étant d: droit divin, doit, au jugement de plusieurs bons docteurs, l'emporter sur les lois humaines, et sur les liens par elle imposés.
S'il ne se trouvait personne pour ach le sacrifice, il faudrait réserver les saintes espèces dans un lieu décent : ct le lendemain le méme prétre, ou un autre, s'en communierait, après avoir pris celles qu'il aurait consacrées à sa messe. Si celte ressource manquait absolument, un simple séculier pourrait prendre les espèces consacrées, ainsi que nous l'avons insinué ailleurs : mais il faudrait qu'il fll tous ses efforts pour sc meltre en état de grâce, s'il n’y était pas.
C'est une question de savoir si dans le cas d'une messe commencée par an prêtre AL achevée par uu autre, l'application du second prévaut, ou si c'est cel e du premier.
Pour éviter toute difüculté, il faudrait que le second se chargeät de l'intention de celui qu'il remplace. Mais comme bien des gens, etentreautres Quarti, ne l'y croient pas obligé, il faut prendre un parti. Arersa donne la préférence à l'application du second. Je pense bien différemment, parce que je suis persuadé que l'essence du sacrifice trouve tout entière dans la cousécration, el qui plus est, dans la consécration d’une seule espèce (b). Mais comme il y a du danger à se régler dans la pratique sur des opinions frós-contestées, et peut étre très-couteslables, je me ferais une loi daus le cas présent de m'avoir d'autre intention spéciale que celle
OB est necesse ut missa per aliem sopplee-
ossecratio, tar. Si vero obierit semi, forma ssaguinis, tanc tlt
19 INT du prêtre au défaut duquel je serais obligé de soppléer.
‘7. Ou demande en troisième lieu quand un prêtre est obligé de suppléer pour un autre.
Nous croyons qu'il n y est tenu, que lorsque ce dernier a manqué dans quelque aclion depuis la conséeration entière du pain jusqu'à la communion entière du précieux sang; parce que ce n'est que dans ce cas que le sacrifice manque de quelques-unes de ses parties essentielles ou intégrantes.
De ce principe il suit, t° contre Fumus, que si le premier prêtre n'a fait que commencer lecanon, ou même les paroles de la consétration du pain, il n'est pas permis de conlinuer sa messe. Ce qu'on peut alors faire de mieur, selon Suarez, c'est de commencer tne nouvelle messe, d'y employer la méme, maliére dont le premier prêtre avait déjà fait l'oblation, et de l'offrir de nouveau.
Ii suit, ?* contre Bonacina et Henriquez, que, quoique le prêtre, lorsqu'il manque, ait déjà communié sous l'espèce du pain, il faut qu'un autre prêtre ève la communion sos l'espèce du vin; parce que la commusion sous les deux espèces appartient, sinon Alessence, au mois à l'intégrité substantielle du sacrifice.
Il suit, 3° que si le prêtre ne tombe qu'après la communion du corps et du sang, il s'y a rien à suppléer, parce que ce qui man que alors n'est qu'accidentel. Ces conséquences et les principes dont elles sortent, sont admises par les meilleurs théologiens.
On peut consulter Quarti, qui traite très-bien tale cette matière (1).
8.0n demande en quatriàme lieu quel parti il faut prendre, quand on ne sait pas précisément en quel endroit le prêtre s'est arrété; quon ignore, par exemple, s'il avait déjà tonsacréle pain, ounon, etc. Nousrésoudrons celle diffcuité par deux pelites règles.
Règle 1. Quand on doute si le prêtre a consacré le pain ou le vin, il faut les consacrer, mais sous condition.
La raison de la premiére partie est que, sion ne les consacre pas, on court risque do vavoir qu'on sacrifice imparfait; parce qu'il peut arriver que le prêtre n'en ait pas fait la consécration.
La raison de la seconde partie est que , si 90 les consacre purement et simplement, 90 s'expose a consacrer une seconde fois ce qui l'est déjà. 11 faut donc ne le faire que 3005 condition, et il suffit que cette condition it mentale. Suarez (2), qui dzane celle détion , ajoute que, quand on ne peut bien fatoir si un prêtre avait déjà consacré l'es-
du pain, il est plus à propos de répéter a capite Canonis, que de reprendre seulement a Qui pridie. Le méme théologien conseille aussi de consacrer alors une nouvelle hostie, tt de prendre celle qui est l'obiet du doute,
(0 Quarti, p. l, p. 405.
Mann
I5) D'autres exclueut seulement le temps d'après midi, ruri; Bee Mnrationen corpora, at etiam vn, depre-
anto .
VeL POd cone t ape Tei. ditera jam Laurie We si nul'o modo habers possit, procedendum e il, et EicrioxWAIRR DES RITES sACRÉS. [],
aprés là communion du précieux sang. Mais pourquoi s'exposer par une nouvelle consécration à faire un nouveau sacrifice?
Règle 2. Quand on est sûr que le prêtre à consacré les deux espóces, parce qu'il n'est mort ou n'est tombé en défaillance qu'aprés avoir fait l'élévation du calice, mais qu'on no peut savoir ce qu'il a dit ou fait depuis ce lemps-là; celui qui supplée pour lui, doit rccommencer à Unde et memores. Par la méma raison, s'il a manqué aprés le Pater, il faut reprendre en entier l'oraison Libera nos, qui vient aprés. C'est le vrai moyen de n'omellre aucun de ces rites, qui, sans être absolument essentiels, sont néanmoins d'une grands conséquence.
9. On demande en cinquiàme licu en quel temps on doit continuer la messe d'un prêtre qui n'a pu l'achever.
li est sûr qu'on doit le faire aussitôt qu'il est possible, parce que le sacrifice n'étant qu'une action lotale, plus on diffère, moins ses parlies ont do liaison: et l'on pourrait enfin différer si longtemps qu'elles n'eu seraient plus susceptibles. Mais combien de temps faudrait-il différer pour rompre la nœud d'union jusqu'à i.e pouvoir le rétablir? C’est sur quoi on est fort partagé. Quelques uns out cru avec Henriquez, qu'il n'y a rien de trop dans l'espace de vingl-quatre heures; el qu'ainsi un prétre pourrait achever.
le lundi matin une messe que lui-même ou un autre aurait laissée imparfaite le dimanche d'auparavant. D'autres ont renfermé cet intervalle dans le courant de la journée enliére ; de sorte qu'on peut, selon eux, finir à à six heures du soir une messe inlerrompug dés quatre heures du matin ; c'est le sentiment d'Azor (3). Enfin la plupart des autres ont borné cel espace à une heure ou doux ; et c'est lo parti que je prendrais. Les trois autres ont quelque chose qui répugne. Ils sont même contraires à la rubrique, qui, en prescrivant qu'un prêtre à qui la matière du calice manque aprés la cousécration du pain, attende quelque temps qu'on lui apporte du vin (4), suppose qu'il ne doit attendre, ni des vingt-quatre heures, ni méme une demi-journée entière.
nfu on demande si le prêtre qui finit la messe pour un autre à qui une faiblesse subite n'a pas permis de l'achever, doit lui douner une parlie de l'hostie qu'il avait consacrée.
Un écrivain, dont le nom i6 assez mal parmi les théologiens, le croit ainsi. La raison qu'il en reud est que le sacrificateur doit, selon les canons, participer à la victime de son sacrifice (5). Or, le prêtre infirme dont il s'agit a fait en grande et très-granda partie l'office de sacrificateur; c'est donc à la propre hostie par lui consacrée qu'il doit participer.
missa absolvenda, ila tamen ut pretermitlantur verla el signa qua pertinent ad speciem deticienterm. Quod. st e1« spectaudo aliquandiu baberi possit, exspectandum erit, ng sscrificium maneat imperfectum. Hubr. part. m, tit. 4, n. 8,
(5) Quale erit illad surid dum, E pes ipe s C ipo
liceps esse cognt . à .5; Drac. cap. 1t, de Cousecr. dis. Ÿ ns UT
an
Garantus ne va pas tout à fait si loin.
Selon lui, il convient que le malade communie sous les mêmes symboles dont il a fait l'éblation ; mais cela n'est pas absolument
; nécessaire. Ce lempérament paralt assez mal imaginé. Car enfin, ou le moribond est encore regardécomme ministre du sacrifice, ou non. S'il est regardé comme tel, non-seulement il convient, ma est absolument nécessaire qu'il communie de la même hostie qu'il a consacrée. Si au contraire il n'est
lus réputé tel, il doit communier comme les autres fidèles, c'est-à-dire ne recevoir qu'une petite formule, soit qu'il l'ait luiméme consacrée à la messe quil n'a pu finir, soit qu'elle ait été consacrée antécé- 4emment. .
Or, c'est à cette dernière opinion que nous eroyons nous devoir atlacher, 1* parce qu'elle est très-conforine à la lettre de la rue brique que nous avons ci-dessus citée : j'en remets les paroles sous les yeux du lecteur : elles ne demandent ni ne souffrent do com mentaire : Si sacerdos non obierit, sed fuerit infirmus, adeo (amen ut possit communicare, ET NON ADSIT ALIA HOSTIA CONSECRATA, Sacerdos qui missam supplet, dividat hostiam. et «unam partem prabeat infirmo, elc. Donc, s'il y a d'autres hosties que la grande, c'est de <elles-là, et non de celle-ci qu'on doit communier ; 2° parce que la communion du cé- Jébrant, considérée comme telle, doit, de l'aveu de tout le monde, se faire sous les deux espèces : or, il est contre tout usage de communier sous les deux espèces un prêtre qui tombe malade après les avoir consacrées toutes deux. Donc, il n'est plus regardé remme célébrant, mais comme sim) le fidèle.
Ces raisons, auxquelles Quarti (1) en ajoute encore d'autres qu'on peut voir chez lui, me paraissent si justes que je ne voudrais point du tout m'écarter du sen! ment commun. L'objection tirée du concile de Tolède, qui veut qu'un prêtre ne dise aucune messe sans | communier, ne regarde de prés ni de loin le cas dont il. s'agit. Le concile, en censurant de malheureux ministres qui
i plusieurs messes, et ne commu-
niaient qu'à la dernière, parle de gens qui,
se portant bien, commençaicnt el finissaieut la messe d'un bout à l'autre; el nous par-
g Quarti, p. am, tit. 10, n. sect. 1, dub. 6. ) Si quis extra hujusmodi cssus necessitatis Integra socrawenta non sumpserit, gravissime peccat. Rubrica, pari. im, tit. 10, m. à.
(3) S. Thom. wi p., 4. 80, art.
pris pour la gauche et la droite de l'autel, ce qui est à la pue A ou à la droite du prêtre et de ceux qui entrent us l'égl
lise.
Lo obs Innocent HI, vers l'an 1200, dit encore à l'éea de Flutrun et de l'rsison : «Le célébrant sc Lien au
lons ici d'un prétre qui l'a commencée et goureuivio jusques à la consécration, mai
qui une faiblesse iimprévue n'a pas permi« de l'achever. C'est de co dernier que nous prétendons qu'il ne doit pas plus commahier de la grande hostie qu'il a consacrée, que du calice, en supposant qu'il l'ait aussi consacré.
Nous ne parlons point du péché que commettrait un prêtre qui ne communierail point à sa messe, ou qui n'y communierait que sous une es , Ou enfin qui, communiant sous loules les deux, n'en prendrait qu'une partie, et laisserait l'autre sans nécessité. La rubrique dit qu'il pécherait très-grièvement (2). Saint Thomas (3) et avant lui le xn concile de Tolède l'avaient dit d’une manière bien précise. La chose parle d'elle-même. ll n'est pas plus permis de inutiler la communion que la consécration. L'un et l'autre est injurieux, ct au sacrifice, et à celui à quile sacrifice est oëert.
INTROIT (Explication du P. Lebrus. } RUBRIQUE.
Leprétre, ayant baisé l'autel, a au côté gowche (4), qui est celui de l'Eplire, s'y tient debout, la face tournée à l'autel, fait le sicnt de la croix, dit l'Introit d'une voir intelligible, avec le Gloria Patri, et répète llafroït sans faire de nouveau le signe de la crois. Rubr., tit. IV, n. 2.
REMARQUES Sur les côtés droit et gauche de l'autel ; sor le Nes, le nom, la composition et la répétition de l'atrok.
1. Le prétre va au côté droit de l'Epttre, et s'y tient longlemps pendant la messe par wue raison naturelle, à laquelle on en a joint de mystéricuses, qui sont arbitraires, el que nous omettons. La raison naturelle est que, dans les anciennes églises, bien orientées, la sacristie est au midi, à la droite de ceux
qui entrent, et que le prétre, placé de ce ee là, se trouve plus à portée de tous les ministres qui vont et viennent de la sacristie à l'autel.
C'est aussi pour cetle raison qu'on place de ce cô'é-là le siége de l'évéque ou du célé-
ei bae das € 3512, Fol, 116, t2 +
el romain im ié à Paris
lui de Besancou, de 1589, p. 109.
Je crois que la nouvelle, manière de di et la gauche de l'autel a été introduite que de Pienza ; lequel, aprés avoir corri
l&dia au pape Innocent VIII le Ti l'Eglise de Rome, l'an 1488 Ce trai la première fois sous le nom de Marcel, l'an 1516; «t n. y lit que le côté gauche est le côté de | k ad cornu sinisirum altaris. videlicel el istolæ (Caen M n, c. 2, fol. 114). La rubrique du Missel du fas I^ 7 Pie V ‘a adopté cette nouvelle expression, et he a e suivie par tous les rubriquaires.
"n INT
brant aux messes solenuelles. L'autel , qui eile lieu propre du sacrifice, n'est pas la place nécessaire de l'Introït, ni de tout ce qui précède l'oblation. Selon les anciens Orires romains du vin” et du 1x° siècle, le ponife, après avoir baisé l'autel, allait se placer à son siége, et ne revenait à l'autel qoe quand il fallait offrir. Les évêques font eacore de même aux messes ponlificales ; et les Eglises de Reims (1) et de Laon (2) ont conservé ct suivent actuellement cet ancien ussge à toutes les messes du chœur (3).
lifautpourtant remarquer que la lougueur de ce qui est lu ou chanté a été la principale raisoy qui a porté à se placer hors de l'autel, pour pouvoir s'y asseoir; car d'ailleurs il convient parfaitement qu'aprés étre monté à l'autel et l'avoir baisé, on s'y arrêle et on y lise la Collecte. Les oraisons solennelles de la messe du vendredi saint se sont dites durant plusieurs siècles le mercredi saint et le vendredi, quatre ou cinq heures avant la messe , elle célébrant ne laissait pas de les dire à l'autel (5). ]
2. Le prétre fait le signe de la croiz, comme les chrétiens ont. coutume de faire en commescan| une action. On disait méme en nelques Eglises (5) : Au nom du Père, et du "ils, el du Saint-Esprit ,ou que le secours du Seigneur soit avec nous, immédiatement avant Ylatroít; et ces mots sont toujours accompagoés du signe de la croix. Les jacobins ont Coeré l'usage de dire : Au mom du Pire, elc.
3. Il dit l'Introit. Le commencement de elle partie de la messe s'appelle latroit , c'at-ä-dire entrée, parce qu'on le chante lorsque le prêtre entre à l'autel. C'est là l'entrée du prêtre et du peuple, et l'introduction aux prières de la messe. Dans le Missel ambrosien il est nommé Zngressa , entrée. Saint Grégoire l'a appelé antienne pour l'entrée , parce qu'il était chanté en antienne, c'est-àdire à deux chœurs; et dans l'ancien Missel d'Embrun et de Glandève (6), comme dans tas ceux des églises de Normandie, aussi bien que dans celui des carmes, il est nommé office, parce que c'est par là que le chœur commence l'office de la messe.
L'Introït est ordinairement composé de deux ou trois versets de psaumes ou d'autres eadroits de l'Ecriture , afin d'attirer l'esprit
1) Fc leurier, n de Reims, qui écrivait en a er a Pa ea we cérémonie particulière, au moins qui n'est pas co asc à plusieurs Eglises: c'est que nous avons un pupitre Apart, près de l'autel, où le prêtre se tient jusqu'a l'Uller- Wire. Sermon 9 de la messe, toin. 1, p. 112.
(2) Ri. Laudun. p. 98 et 365, Mfiss. 1557 et 1703.
n XN A la cathédrale de Verdun, le célóbrant aute
aprés y avoit dit 'ralson, et và an trüne, où il denesre jusqu’ le diacre chante l'Evangile.
de grâce et de prière (7), qui est si nécessaire à la messe.
k. Le prétro dit l'Introït non-seulement aux messes basses, où il doit suppléer lui seul à tout ce qui se dirait au ehœur, mais méme aux grandes messes, parce qu'il pourrait ne pas entendre dislinctement ce que le chœur chante. Selon l'usage le plus ancien et le plus commun, le prêtre ne le disait point, comme il paraft par les Sacramentaires donnés par le cardinal Thomasi, par Pa melius, Rocca, Menard, et par plusieurs autres Missels écrits pour le prêtre jusqu'au xiv* siècle, où il n'y a ni Introït, ni Epltre, ni Graduel, ni Evangile; preuve évidente que le prêtre ne le disait point : mais il y a aussi d'anciens Missels écrits depuis l'an 900(8) , où on lit les Introït et tout le reste.
5. Il le dit d’une voix intelligible, parce que ce qui est chanté au chœur est du nombre des prières qui doivent être entendues do tout le monde. Mais, comme il est marqué dans l'Ordinaire des chartreux (9), aux messes hautes le prétre doit prononcer de telle manière l'Entroït et le Kyrie, qu'il ne soit pas entendu du chœur.
6. On dit le Gloria Patri. Originairement on disait pour Introít un psaume entier, et l'on sait que chaque psiume est suivi du Gloria Patri. Dans la suile, depuis environ mille ans, on a abrégé le psaume, mais sans supprimer le Gloria. Aprés un ou deux versets, l'évêque, étant au bas de l'autel, faisait signe de dire le Gloria Patri (10). La messa en effet ne peut mieux. commencer que par la louange de la trés-sainte Triuité, à qui le saint sacrifice doit étre offert.
On répète U'Introit, c'est-à-dire l'antienne. C'est la règle établie pour tout ce qui se chante alternativement. On répétait méme l'Introft deux ou trois fois. Les Eglises de Rouen et de Sens, et les carmes (11) le disent encore trois fois aux principales fêtes (12), pour une plus grande sulennité; ce qui donuo aussi p'us de temps au prétre de faire les encensements.
En(n, on ne doit pas négliger la réflexion d'une infinité d'auteurs (13) depuis le ix* siécle, qui ont regardé l’introït composé des paroles de l'ancien Testament comme une expression des cris et des désirs des anciens palriarches quiattendaient la venue du Messie.
écrit vers l'an 925, conservé. d: 'es de l'égl impériale et coliégiale d'Aix-la-Chapelle; daus un Missel de Troyes, de la bibliotbéque du roi, écrit l'an 1000; dans uu autre Missel du commencement du xu* siècle, de bibliothèque de M. de Coislin, évèque de Metz, autre.ois
. de M. Seguier, etc.
(9) Ordo Carihus. c. 25, n. 14.
10) Hespiciens ad. priorem scholae, annuit el ut dicat glo-
Ordo rom. t eL nt, p. 8 et 56.
(t1) Ordin. lib. wt, Rubr. 57.
(2L sie Laon et los prémontrés le disent auesi
trois fols; tuais 3 la second ils n'en rópétont que la uxutié.. (13) Amal. Alcuin. Hildebert. [vo Carnut. Rupe. lues
cent. lll, etc.
Us INVOCATION DU SAINT-ESPRIT.
(Explication du P. Lebrun.)
Nous avons offert le pain qui doit être changé au corps de Jésus- Christ; nous avons offert le vin méié d'eau, qui doit être changé en son sang ; et nous souhaitons d'être chau-
és nous-mêmes pour pouvoir être offerts à Dien comme une hosti qui puisse lui plaire :
tout cela ne peut être fait que par l'opération de l'Esprit sanclificateur. Nous l'invoquous donc, afin qu'il daigne nous changer en méme temps qu'il est invoqué pour chan- E le pain et le vin au corps el au sang de
ésus- Christ.
RUBBIQUE.
Le prétre se tenant debout, et étendant les mains , les élève en haut et les joint : il élève aussi en méme temps les yeux, et les baissant d'abord, il dit: Venez, Sanctificateur. JI fait de signe de la croix avec la main droite sur l'hoslie et sur le calice, en disant : Benedic. Tit. VII, n. 6.
REMARQUES
1. Il étend les mains, les élève vers le ciel, el les joint pour exprimer par ce geste qu'il souhaite le secours d'en haut.
2. ll élàro les yeux, qui doivent suivre ordinairement l'action des mains; et il imite en cela Jésus-Christ, Notre-Seigneur, qui éleva les yeux au ciel en invoquant la toutepuissance de son Pére.
3. 11 abaisse d'abord après les mains et les eux sur l'oblation qui doit étre bénite, et il ait le signe de la croix avec la main sur
celto oblation , en disant benedic, bénissez , pour marquer que c'est par la vertu de la croix qu'il espère la bénédiction qu'on d.mande dass la prière.
Venez, Sanclifica-
leur tout - puissant ,
Veni, Sanctificator omnipotens , ælerne Deus , et benedic boc sacrificium luo sanclo nomini præparalum.
Dieu éternel, et bénissez co sacrifice préparé pourla gloire de votre saint nom.
Cette prière a été tirée de l'ancien Missel gallican, comme le Micrologue (1) l'a remarqué. Elle se trouve dans le sixième ordre ro-
n(2), qui a été au 1x* siècle à l'usage des Hi ses de France , et elle était aussi daus le issel mozarabe des églises d'Espagne.
EXPLICATION
Le prêtre s'éléve vers Dieu, comme toutpuissant, comme l'auteur et la source de loue sainteté, et le supplie de bénir le sacrilice , qu'il reconnafl ne pouvoir étre offert qu'à lui seul.
A considérer simplement plusieurs termes de celte prière, on pourrait croire qu'ils so
(1) Composita autem oblatione in altari, dicit. sacerdos hanc orationem, jnxta gal'{canum ordinem : Feni, Sanctialor… [to nowtini praeparatum : Per Cluistum Domtnun
wosirem. Microl., c. 11.
A), Ti preraratum : Qui viis, ete. Ord. Rom. vi, Ego Doninos sanctifeator larzel. gzzeh. inu,
is, Selon plusieurs Missels, on disait icile Veni, sance Spirilus, reple, ou le Veni, Crealor tout au long. Foy. les Miseh manuscrits S'Esreux de Coutances; ceux de Houca m , el imprimés en 1485; celui de Bayeux en 1501; de Marmoutier ea 1800; de Cheial-Bcn.t cU (515; pres”
rapportent à Dieu lePére,ou índistinctemeat aux trois divines personnes. En effe!,le terme de tout- puissant s'adresse ordinairement au Pére,ou indistinctement aux {rois personnes en un seul Dieu, aussi bien que celui de sanctificateur (3); mais si nous les expliquons par les autres litargies, et par les plus anciens auteurs, nous dirons que le prêtre doit avoir principalement en vue le Saint- Esprit, la troisième personne de la Trinité, lorsqu'il dit: VEwr , -SaxcTIFICATOR; car, comme on vien! de le voir, celte prière a &é tirée des anciens Missels de l'Eglise galli cane avant Charlemagne. Or, oo s'adressait alors fort distinclement au Saint-Esprit; ce qui se voit évidemment dans la douzième inesse de l’ancien Missel des Goths; el cet usage s'est tellement conservé dans la plupart des églises de France MT qu'on a dit presque jusqu'à notre temps le Veni, saecu Spiritus , reple, et le Veni , creator Spiritus. Cela est encore plus évident dans le rite mozarabe, où l'on a loujours dit Veni, sancte Spiritus sanctificator.
Quoiqu'à présent dans cette prière nom ne nommions pas le Saint-Esprit, et qu'il pt divers lermes qui semblent désigner
ieu le Père, le seul mot ceni doit faire voir que l'Eglise ne s'adresse pas ici au Père éternel; car, suivant le langage de l'Ecrilure, l'Eglise n'invite que l'une des deux divines Personnes qui ont été envoyées, le Fils ou le
aint-Espril ; au lieu que, quand nous nous adressons au Pére, nous disons :
dons surnaturels sur l'Eglise. .
Toutes les anciennes liturgics ‘des églises grecques et latines, aussi bien que les Pères. parlent. (5) le méme langage. On demande dans ces liturgies, que le feu du Saint-Esprit vienne consumer le pain et le vin, pour les changer au corps et au sang de Jésus-Christ; elles nous font entendre que comme le corps
que tous ceux de la province &e Reims; celui de Lyo1 da 1310; de Grenoble de 1522; et surtout ceux d'Autsn de 1195 et 1524, où aprés le Fei, Sanctificator, on li ; Dr cal ; Veni, sancte Spiritus, rejle... acrude. Jiermgns dicat manibus junctis : Veni, ven, ineffabilis Sanculikaue, i supra. P (5) Liturg. Basil. Isid. Pelus. ep. 109, 515. Cyril. Catech. cap. 5, Mystag. Optat. +1. 6, Pulg.. 1. 2, 0d 6 et seq. Beda, bom. in hzc verba josasi:
Vidit Joanues Jesum... Panis el vim creatura in saerameolum corporis et sanguinis ejus ineffabili Spiritas sanctiücs- Lione transfertur,
m ITE
da Sauveur a été formé dans le sein de Marie par l'opération du Saint-Esprit; c'est aussi par l'opération du méme Esprit qu'il doit être produit sur l'autel.
OwwiporENS..... Dieu tout-puissant. Ces effets ne peuvent être produits que par la loute-puissance. Or, le Saint-Esprit est Dieu, Tot puissant et éternel comme le Pére et le
ils.
ET BENEDIC. Et bénissez ce sacrifice.
C'est par tous ces motifs quenous deinandons au Saint-Esprit de bénir ce sacrifice, c'est-àdire de sanctifier ces dons en les changeant par une effusion de sa grâce toute-puissante. La Secrète de l'ancien Missel des Goths, dont nous avons déjà parlé, nous le fai! voir clairement (1) : O Seigneur, que le Saint- Esprit, votre coopéraleur éternel, descende sur ce sacrifice, afin que le fruit de lu terre que nous présentons soit changé em votre corps, e£. ce qui est dans le calice en votre sang.
Quand nous demandons que le Saint-Esprit descende sur le sacrifice, nous entendons aussi qu'il sanctifie celui notre cœur :
nous demandons alors qu'il change et bénisse ce cœur, pour le rendré digne d'être offert à Dieu. Car, comme l'Apótre nous dit que Jésus-Christ s'est offert en sacrifice sur la croix par le mouvement du Saint-Esprit (2), c'est-à-dire par le mouvement d'une charité eld'une miséricorde infinie pour les hommes, il faut de même que le Saint-Esprit nous inspire l'amour el les autres dispositions avec lesquelles nous devons accompagner le satrifice intérieur que nous faisons de nousmémes et de tout ce qui est en nous.
Tuo sawcro.... préparé pour la gloire de totre saint nom. L'Eglise intéresse le Saint- Esprità bénir ce sacrifice, en lui exposant quil est préparé pour son saint nom : car il es offert aux trois divines personnes par conséquent au Saint-Esprit aussi qu'au Père et au Fils.