ITE MISSA EST
(Explication du P. Lebrun.)
JI. L'esplication, l'antiquité de l'Ile misa est, el la manière de le dire.
RUBRIQUE ET REMARQUES
Le prétre revient au milieu de l'autel, le ise, se tourne vers le peuple, dit encore Dominus vobiscum; et se tenant ainsi tourné il
(1) Les M'ssels de Narbonne de 4528 et 1578 ont retenu telle invoeation : Descendat, quesumus, Domine, Spiritus talus Les super hoc allare, qui hec munera twr majestati tilaia, benedicendo benedical , et smetifcando sanctificet, Al sumentixm cor da dignanter emundet. Per.
E] Qni per S, iritum sauctum semetipsum obtulit immawm, Hebr. c. 9, v. tl.
S) Le Micrologue, cap. 46, Beleth. cap. 49, Alexandre de. Thiès, de Offic. niis. et Durand, lib. 1v, cap. 57, marquent Voie toornevers le penple en disant l'e mises, el en
ent cetle même raison. À Sens, à Laon et à Noyon le dacre se tourne versle sejLentrion, e non directemeut vers le peuple. Je ne sais pas la raison de cet usage particulier. Peut-être le fait-on à cause que le diacre se tourne de ce cui en Hsant l'Evangile. Mais au diocèse de Sens on Lil même tourner le prêtre. selon Tes cérémonies Imprimées à la fin du Rituel en 1691, où on llt : Après que le cé. Lred a dit Dominus vobiscum, il se tourne conjointement vec le diacre et le sous-diacre du côté du septentrion pendan que le discre chante l'lte missa est. (P. 478.) A Laon,
ITE . [vL]
dit, s'il faut le dire, Tte missa est. Tit. II. n.I.
Auz grandes messes le diacre se tourne vers le peuple en méme temps que le prétre, et dit Ite missa est, n. 3.
1. Le prétre voulant congédier le peuple commence par le saluer ; et il va d'abord au milieu de l'autel, qu'il baise, pour en tirer en quelque manière les bénédiclions et les fráees qu'il veut souhaiter au peuple eh lui
isaut : que [e Seigneur soit avec vous.
2. Il se tourne vers le peuple, parce qu'il convient de regarder ceux à qui l'on parle(3).
3. 11 dit : Ire wissa xsT. Nous verrons, à l'article Messe, qu'on dit missa pour missio , c'est-à-dire renvoi. Ainsi ces mots te missa est signifient, dllez, c'est le renvoi; pour dire, il est permis de sortir, vous pouvez vous en aller. Les païens se servalent d'une formule à peu prés semb'able pour annoncer la fin des assemblées. On prononcait en quelques endroits J licet (4), pour ire licet, il est permis de se retirer. Ea d'autres on il, congé aux peuples, populis missio (5). El Avitus, archevêque de Vienne, qui éerivait vers l'an 5€0, dit (6) que non-seulement dans les églises, mais qu'au palais ou au prétoire on prononçail qu'on faisait la messe (c'est-à-dire le renvoi), quand on renvoyait le peuple.
Tertullien (7) et saint Cyprien (8) parlent du renvoi du peuple aprés les solennels, c'est-à-dire apris la messe. Durant les siàcles de persécution, c'était là un renvoi fait avec précaution pour éviler lo bruit et la foule, plutôt qu'un congé donné solennellement. Cela n'a dû se fiiro avec quelque solennité qu'au commencement du 1v* siècle, lorsque les assemblées.se sont faites en pleine paix.
Toutes les anciennes liturgies grecques marquent ce renvoi à la fin du sacrifice.
Dans celle des Constitutions apostoliques le diacre dit : Allez cn paix (9) ; el dans les liturgies de saint Jacques, de saint Basile ct de saint Chrysostóme, allons en paix: sortons cn paix (10).
On ne voit pas l'Ite missa est dans les sacramenlaires des saints papes Gélase «t Grégoire. Mais la seule aulorité d'Avilus nous montre qu'on le disait vers l'an 500 dans les Eglises latines ; el il est dans l'ordre romain qui passait pour fort ancien au lemps. de Charlemagne.
il ne se tourne au septentrion qu'en disant : te missa eil; au lieu qu'à Sens età Noyon, il s'y tourne aussi en disant
Benedicamus Domino el Requiescamt in pace. Chez l'a chartreux le diacre regarde l'autel en disant l'Ile missa cst. 4) Servius, in Virgil. Martini Lexic.
5) Apul. Fabul Miles. Lu.
(8) In ecclesiis, palatlisque sive prætorits wessa fieri promuntiatur, cum POPULUS ab observaliono powrr.TUA. Avit.
completa sont in nomine Domini Jesu Christi, votum no- SU acce prum cum pace. à. Deo gratias: [sla orutie supra dicla fit in medi m alarig. Miss. Mozat.
5. Aux grandes messes le diacre dit: |rg missa E°T. Le diacre annonce ce congé de la part du prêtre. Les trois premiers ordi romains marquent (1) qu'il attend que le poutife lui fasse signe pour dire l'/te missu est. Le prêtre, selon le Missel romain, ne dit rien au diacre el ne lui fait d'autre signe que celui de sc tenir lui-même tourné vers le peuple, ce qui le détermine à s'y tourner aussi A Paris (2), à Laon (3), à Angers, à Metz (5), le prêtre dit tout bas au diacre l'Jte missa est. À Verdun, le diacreà genoux reçoil du prêtre ("te missa est, lui baise la chasuble, répond Deo gratias, sc léve el chante vers le peuple te missa est, pendant que le prêtre dit Placeat, etc. À Bayeux (5), le diacre faisant une génuflexion, baise aussi la chasuble du célébrant, lequel, après avoir dit tout bas : Jte missa est, demeure tourné vers le peuple.
Dans les églises cathédrales de Paris, de Narbonne, de Châlons -sur- Marne et de Meaux, le diacre dil Jte missa est en tenant à la main la crosse de l'évéque. Ce qui marque clairement qu'il annonce le congé avec l'autorité du pontife. Selon le cérémovial de Paris, le diacre tient toujours la crosse en disant Jte missa est, quand un évêque officie, dans quelque église que ce soit.
$ 1I. Des jours auxquels on dit Ite missa est. RUBBIQUE ET REMARQUES.
L'lMe missa est se dit toutes les fois qu'on a dit le Gloria in excelsis. Quand on ne dit pas lle missa est, on dit Benedicamus Domino, ef l'on répond Dco gratias. Aux messes des morts on dit Requiescant in pace, et l'on 1épond. Amen. I P. Tit. XIII, 1.
La règle générale étail anciennement de dire Jte missa est aux jours auxquels il y avait concours de peuple, comme aux slations ct aux jours de fêtes, auxquels l'assemblée était d obligation; afin que, conformément au canon du concile d'Orléans, on attendit que la messe füt achevée (6). Suivant celle règle, l'Jte missa. est se disait au 1x* siècle tous les dimanch:s, sans excepter ceux du caréme. Il parait même clairement dans l'ordre romain qu'on le disait à toutes les férics du caréme (7): parce qu'à tous ces jours de jeûne et de prière le peuple assis-
(1) Aspicit ad po 1 diclt ad jopu-
: He missa est. Ord. i, n. 21. Ut. iat, ete. Urd v.
ü Ut ei anutat et. dicat a populum : Île niis: ed. rd 3,0 18
(2) Ce em. Paris.
(3) Subnusea voce indieit diacono : [e missa est, vel Renedic-omus Domino, vel. Requicacan iu pace, Miss. Leur dun. 1702.
(4) Cérém. de Metz, 1091.
45) Cérém. de Hayeuz , 1677, p. 119 ct 163.
8) Populus anu aute disce:
comi atur.
Finita oratione , dicit ili. molo agitor secunda fei ia, ir., per totam quadragesimam. 07d. Rom. 1, n. 24. Mesa. D iita dicit discouus : Jlumiliaie capita vestra. Deo , et in- «liant se omnes ad orientern, EL diet pontifex orauouem. rer populum; diaconus, .N.3
18) Semper eum. Gloria in exces etiam Te Deum et ed recitamus. Microl. de Eccl. obserrat. c. 46. el in festivis diehus Le missa est diis turc generalis conventus celebrari solet , qui weh denuntiationem licentiam discedendi
lait à la messe, el n'en devait sortir qu'après la prière qui se fait pour eux, el qui porte encore pour titre prière ou bénédiction sur le peuple. Dans la suite, on a regardé le renvoi solennel annoncé par le diacrecomme une marque de joie; c'est pourquoi on a cessé dele dire durant toul le caréme, aussi bien les dimanches que les féries. Ce qui a donné lieu à cette rubrique générale, que YIte missa est ne se disait qu'aux. messes où l'on dit le Gloria in excelsis.
Le Micrologue, au xr' siècle, est le premier auteur qui ail exposé celle nouvelle règle aisée à retenir (8), qu'on dirait Je mis. sa est quand on aurait dit le Gloria in excel. sis. Cel auteur étail persuadé (9) que le cor cours du peuple et l'assemblée d'obligation étaient la vraie raison d'annoncer le congé au peuple, et qu'aiusi l'Jte missa est convenait aux jours de fétes; qu'au contraire aux féries, auxquelles il n'y a que des personnes pieuses qui sans obligation viennent aux offices, il ne convient pas de les congédier en disant l'Jte missa. est, mais plutôt de les inviler à bénir Dieu, en leur disant : Benedicamus Domino.
Par celle raison, l'Jte missa est devrail être dit tous Jes dimanches en Avent ct ea caréme; mais la nouvelle réflexion, qui l'a fait regarder comme une marque de joie, Ya fait omettre aux dimanches de l'Avent, et depuis la Septuagésiime, parce que C'est un temps de tristesse el de pénilence, auquel on ne dit pas le Gloria in excesis (10)
anime on était persuadé que l'Jte miss est se disait pour congédier le peuple, on a cru qu'il fallait faire une exception à celle règle, qui est de ne point dire Jte missa ctt, lorsqu'il suit un office auquel on soubaite que le peuple assiste : et en effet le micrologue (11) ajoute à toutes les remarques précédentes, que la messe de la nuit de Noël finissait par le Benedicamus Domino, el non par Jte missa est, de peur que le peuple ne c. dt qu'on le congédiait, el qu'il ne devait pas s'arréter à Jaudes. Beleth fait la même observation (12). Cet usage a été suivi dans les églises d'Allemagne (13), comme dans
generaliter ab. omnibus , sed a religiosis convi ca plus spiritualibus negotiis quam secularibus inriglast, qui et reliqua, dum li ia quotidie frequentant Er- , Ul tio) SLaL ui distcudaly , denuptiatar. Ibid.
(10) Sciendum tamen quod [te missa eal iufea Adventua Dowini et Sej » non recitetur; noa quae e»
pore nullus flat conventus, qui sit d mittendus, sed 10 pro tristitia temporis iastauauda. Sie et Gloria ía ezcelsis dimitutur. Lid.
(11) Cap. .
(13) sed in prima miss natalis Domini non deb 4dici Die missi, no videatur populus liccutina babere redcwi. Cao. 49.
(13) Cela. est marqué dans on. Missel de Cologne, &*t Yau 1135, et dans ceux d'Ausbourg 1535 , d'Utrechi 1491 e11510,deLunden en Suède 114, dans lesrubnqsa du Missel de Trèves de 1585, ete. 1i paraît même jar les Missels de Munster et de Strasbourg de 1520, qu es {st vant dire Benedicamus Domino , où ue donnait pas la dé rédictiou de peur que ce ne füi uue espèce de reuru ds peurle. En d'autres endroits, comune à Arras et Cambrai, n ne faisait pas difficulté de dire [e missa es , quoi'oa 901 chanter laudes après la messe, conune ou Îe volt és