RUBRIQUE ET REMARQUES
Lorsque le prêtre dit , Mémento etiani, Domine, etc., il élève et joint les tnains étendues devant la poitrine, ou jusqu'au visage pour des raisons qu'on a vues au premier Mémento: et comme Jésus-Christ est présent sur l'autel pendant ce second Mémento, le prêtre ne baisse pas seulement les yeux pour se tenir dans le recueillement, mais il les baisse pour les tenir attachés sur le saint sacrement, en priant mentalement pour les morts.
Souvenez-vous aus- Mémento eliam (G), si, Seigneur, de vos Domine , famulorum serviteurs et de vos famularumque tuaservantes iV.etTV. qui rum iV. et iY. qui nos nous ont précédés prîecesserunt cum siavec le signe de la gno fidei, et dormiunt foi, et qui dorment du in somno pacis.
sommeil de paix.
Ici le prêtre prie pour ceux pour qui il a intention de prier.
Nous vous sup- ipsis , Domine, et plions , Seigneur , omnibus in Christo qu'il vous plaise par quiescentibus locum votre miséricorde refrigerii, lucis et pâleur accorder, et à cis, ut indulgcas detous ceux qui repo- precamur ; l'er eumsent en Jésus-Christ, dem Christum Domi-
un livre séparé, qu'on appelait les Diptyques. C'est pourquoi co3/emcH(o n'est pas dans unSacrarnentairede Wonns écrit vers la lin du neuvième siècle. II n'est écrit qu'à la marge dans un Saeramentairede Trêves du di.xiènie siècle. Et losSacramentaires de saint Grégoire, donnés par Rocca et par Ménard, mettent pour Litre à celte prière, super Dip(yc/m; ce qui marque assez qu'elle se disait dans le livre nièuie qu'on présenlaiL au prêtre, et où étaient les noms des personnes qui devaient être recommandées à l'aulel. Cependant Flore parle de ce Mémento, coiuine étant contenu dans le canon.
le lien dn rafraîchis- num noslrum.
spment, de la lumière Amen
et de la paix ; P.ir le
même Jésus-Christ Noire-Scignenr. Amen.
toycn composé de ceux qui, monraul dans la foi, dans l'amour de Dieu, dans la communion dps saints , ne jouissent pas encore de la gloire , et ont besoin des prières do l'Eglise, ou parce qu'ils n'ont pas satisfait à toutes les peines temporelles dues aux péchés mortels, dont la peine élernellc leur a été remise dans le sacrement lie la pénitence, ou parce qu'ils sont encore coupables d'autres fautes qui doivent être expiées. C'est pour ces peines et pour ces fautes que les fldèles vivants doivent offrir à Dieu des priè-
EXPUCATION.
Mémento etiaim, Domine, souvenez-vous aiissi , Seigneur : dans le langage de la religion , en Dieu se souvenir c'est secourir, conmie on l'a dit sur le premier Mémento. Avant la consécration nous avons demandé le secours divin pour les personnes vivantes,
parce qu'elles peuvent s'unir au prêtre pour res et des sacrifices. « En un mot , dit Flore offrir avec lui et par lui la victime sainte du au neuvième siècle , nous ne pouvons prier corps de Jésus-Christ, et se préparer par sa que pour ceux qui meurent fidèles, et que grâce à y participer dans la sainte commu- nous considérons comme membres de Jésusnion. Mais, à 1 égard des morts qui ne sont Christ; mais dont les œuvres ont besoin plus dans le même élat, on n'implore le se- d'êlrc purifiées avant que d'entrer dans la cours de Dieu qu'après la consceratioii ; il demeure élernelie , qui n'est ouverte qu'à
qu après ne leur reste qu'à participer au fruit du sa crifice : et c'est celle participation que nous demandons pour eux , lorsque Jésus-Christ est présent sur l'autel.
Etiam (1), aussi. Toutes les prières précédentes , depuis le premier Mémento , sont pour les fidèles vivants, et il est bien naturel qu'en voulant ensuite prier pour les morts : Souvenez-vous aussi de vos serviteurs et de vos servantes, l'Eglise ne fasse mémoire que des personnes mortes dans l'amour de Dieu, pour qui on veut prier, comme sainle Moni qui méritent par là d'être appelées ses servi- que se contenta de demander (o) qu'on s leurs et ses servantes. souvînt d'elle à l'autel (6).
Il y a des morts qui, sortant de ce monde, Qdi nos pr^cesserdnt cdm signo fidei
ceux qui sont entièrement purifiés de tous les restes du péché.
iV. N. Ces lettres sont mises à la place des noms des personnes (lu'on écrivait autrefois dans les diptyques, ou tables pliées en deux, et qu'on récitait à la messe. On observait cet usage au neuvième siècle. Ici, dit Flore [k] , selon l'ancien usnije, on récite les noms écrits dans les diptyques ou tables. Mais présentement il suffit d'avoir dans sa mémoire ceux
vont jouir de la gloire de Dieu : ce n'est plus pour eux que nous prions. Us sont au terme et dans le comble de leurs désirs. Nous demandons leur intercession et leurs prières. Nous ne prions pas aussi pour ceux qui meurent sans la foi, qui opère par la charilé, disent saint Augustin et Flore (2). En vain offrirait-on pour eux les œuvres de la religion , dont ils n'ont pas eu le gage étant dans ce monile , ou parce qu'ils n'ont pis
qui nous ont précédés avec le signe de la foi.
L'Eglise ne prie que pour ceux qui sont morts avec les marques de la foi ; après avoir reçu le baptême, qui est le sacrement de la foi*; après avoir pratiqué les actions de la religion, et donné aux derniers moments de la vie des marques d'une foi chrétienne , animée de la charilé.
Et noRMiuNT in somno picis, qui dorment du sommeil de paix. La mort de ces person-
reçu la grâce des sacrements , nu parce qu'ils nés est nommée un sommeil, parce que ceux l'ont reçue en vain , et qu'ils se sont amassé qui meurent de cette manière doivent res-
un trésor de colère et non de miséricorde. Ce sont là ceux dont il est dit dans le texte sacré (3) , qu'en quelque lieu qu'ils seront tombés ils y demeureront.
Mais toute rauliquilé a connu un élat nii-
(1) Celle coiijonclion a fait croire a diverses personnes, depuis six ou sepl cents ans, qu'immédialemenl avant ce Memenlo il devait y en avoir un autre, outre le premier, qui est fort élnij^né. lin efTet, le Memenlo des morls est précédé d"nn]Mciiit'/i(o pour le prêlre dans plusieurs Sacramenlaires et anciens Mi>sels On le lit en ces termes il^ns CPlui du trésor de Suint-Denis, écrit vers l'an lOifl. Memenlo mei, quivso, Domine, el miserere, licel li(rc siwcla indifjnç libi. iancte Palcr umnipotens, (vleine Deiis, \nris mimibu/: offeranlm sacrificin. qui nec invoçare snnctum ac venerabile nomen luum dif/ims swn. Sed quoniam in Ittmurc, lande cl memoria gloriosissimi atqne tiileclixniini Filii lui Domini .Jcsn Chrisit offernnlnr. siiut incensuni in ro)is;ifi7u diviuce Majcslalis lurn cumodore suuvitaùs uccendanlur ; Ter eumdem,e.\c.
Durand, au treizième siècle, avait vu un semblable Memenlo dans quelques anciens Missels; et il ajoute que plusieurs, qui n'admettaient pas ce Mémento, regardaient la particule eliam comme superflue. Mais il ne faut ni placer ici un Wcmeiilo particulier, m retrancher la conjonction eliam, qui marque; une liaison, non-seulement a»ec le premier Memenlo, mais avec la prière qui (irécède immédialemem, où le prêlre deiuaude, pour les fidèles vivauis.
susciter pour la vie éternelle. Leur mort est aussi appelée un sommeil de pais , à cause qu'ils meuretil dans la communion de l'Eglise, qui a toujours été nommée la paix. Selon l'ancien langage. (7) , mourir dans la
qu'ils soient comblés de célestes bénédictions.
(2) Nam qui sine fide, quae per dileclionem operalur, ejusqnc sacramentis, de corporibus cKierunt, frustra illli a suis bujusmodi pietatis impendunlur officia, cujus, dnni hic essent, pignore caruerunt, vel non suscipientes, vel in vacuum suscipientes Dei gratiain; et sibi non misericordiam, lliesaurisaules sed iram. Ang. serm. 172. al. 32 de veibis Apost. Flor. seu Bedœ collecl.
(.5) Inquocunque loco ceciderit, ibi erit. Ecoles, xi, 5. Flor. in can. Miss.
(t| Ces lettres H. H- ne paraissent pas nécessaires, la ndirique qui est jointe ici dans tous les Missels avertissant assez de rappeler dans la mémoire ceux pour qui ou veut prier. HIesne sont point ici dans les Missels de Paris, imprimés dei^iis 1615, ni dans les Missels de Laon, de 1702, pldeMe.iux, de 1709.
(5) Voyez le Manuel de saint .iugnslin (Enchir. c. 110), et la Cile de Dieu ( 1. xxi, c. 24 ), où il est parlé de ceux pour <|ui ri£i;lise prie, aussi bleu que dans le traité Dt cura pro morluis.
(H) Ftor. in can. miss.
(7) Àug. conf. 1. a, 10.