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étaient mortes pour la défense de h religion.
L'Eglise a élé encore plus soigneuse de prier pour les morts que ne l'avait été la synagogue. Elle a voulu qu'on priât pour eux toutes les fois qu'on offrirait le saint sacrifice. II n'y a jamais eu de liturgie où l'on ne voie cetlt; prière; et saint Cyrille do Jérusaletu, au milieu du quatrième .siècle, dans sa cinquième catéchèse, instruit les nouveaux b;iptisés de la nécessité de prier pour les morts dins la liturgie qu'il leur explique. « Nous prions, dil-il (.'î), pour tous ceux qui sont sortis de ce monde dans notre communion, croyant que leurs âmes reçoivent un très-grand soulagement des prières qu'on offre pour eux dans le saint et redoutable sacrifice de l'autel.» d- saint docteur insiste beaucoup sur ce point, et Eustratius (()), prêtre de Const.inlinople au sixième siècle, qui cite cette catéchèse, rapporte aussi plusieurs autres anciens auteurs touchant l'utilité des prières et des sacrifices pour les morts.
Saint Chrysostome (7) et saint Augustin nous assurent que cet usage vient des apôtres. « Toute l'Eglise observe, dit saint Augustin (8), que dans l'endroit du sacrifice où l'on fait mention des morts, on prie et l'un offre pour tous ceux qui sont décédés dans la communion du corps de .lésus-Christ.» Et voici ce qu'on demande pour eux :
LocuM REFRiGEHii. . . . le Heu du rafraîchissèment, de la lumière et de la paix. On demande un lieu de rafraîchissement (9), parce qu'ils souffrent de très-grandes peines. Et quoiqu'ils ne perdent ni la foi, ni la confiance en Dieu, le souvenir de leurs péchés, et tous les autres moyens dont il plaît à Dieu de les éprouver, les mettent dans un état d'obscurité et de trouble, ijui nous font aussi demander pour eux le lieu de la lumière et de la paix. Quelque soutenus qu'ils soient par l'espérance, ils se trouvent dans un accablement qui nous fait demander à Dieu de les tirer de cet étal du souffrance, pour les faire passer dans le lieu du rafraîchissement promis aux justes (10\ où il n'y aura plus ni larmes,ni cris, ni o/'/Zictions (11); dans le séjour de la lumière et de la paix, d'où l'obscurité et les troubles sont bannis.
Les auteurs ecclésiastiques nous ont souvent parlé de cet état de tristesse, de trouble, d'accablement, et d'une espèce d'abandonnement dans lequel se trouvent les âmes
Plwl. cod. 171.
(7) Hom. 3, i(i ep. ad Pliilipp. ; et hom. 6f>, at. pop. Ànt.
(8) Hoc euim a Patribus truditum universa oljservat Lcclesia, ul pro eisqui in corporis et sanguiiiis Clirisli cornmunione defnncti sunt, cum ad ipsuni sacriUnium loco suo comniemorantur, oreiur, ac pro illis quoque id otTerri commeiiioretiir. Aug sirm. 172, a/. 52 de Verb. Àpêst.
(9) Ce mot rifriqerium, rafraloliissoment, parait répondre aux ardeurs du teu, qui dessèclie et qui tourniente. Tertullien se sert de ce terme en disaut qu'une femme cbrétienne qui a survécu à son mari, pne pour lui procurer du rafrafcbissemeni, et offre tous les ans le jour de sa mon: Proaiiima eJHs{marili] ornl,elrefrigenuminlennut !• postultU ei. et offtrl unmiis diebui dormuioms ejus. 1 ertull. de Mouogain. c. 10, p. 682.
(lOl Justus.si morte prœoccupatus fuenl, m retngerw erit Sap. iv, 7.
il\) Ajioc. XXI. i.
guillemels. Le surplus cepcnaant est quelquefois très-important; ce sont quelquefois des décrets de la coiigrégalion des Rites ; d'autres fois , l'applicaiioii des règles générales données ailleurs, ou des principes qu'on ne doit jamais perdre de vue.
qni expient leurs faute» ; et il n'y a pas lieu d'en élro étonné, quand on considère que Jésus-Christ , l'innocence même , dont la charité a toujours élé parfaite, à cause seulement qu'il avait la ressemblance du péché, a été saisi de frayeur (1), et pressé d'une extrême affliction, jusqu'à dire au l'ère éternel : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'uvezvous abandonné (2)? Ce divin Sauveur parut dans un tel combat et dans une telle affliction d'esprit qu'un anr/e dit ciel vint le fortifier (3); comment serait-on donc surpris que les âmes des fidèles morts dans la charité, mais qui expient leurs propres fautes, aient besoin que l'Eglise, par ses suffrages, leur obtienne de la consolation.
Per Crristum DoMiNUM NosTRUU. L'Eglise demande celte grâce par Jésus-Christ Notre- Seiy7icur, qui descendit aux enfers pour en tirer les âmes justes et les conduire au ciel.