‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 174 sur 411 · MINISTRE · texte numérisé non relu

MINISTRE

On appelle ministres les ofTicicrs sacrés el les officiers inférieurs qui servent le célébrant à l'autel ou ailleurs. Les fonctions de chacun sont détaillées sous le nom qui lui convient. Nous mettrons ici seulement ce qui concerne l'eau bénite.

Du minisire de l'eau bénite à l'absoute et à un enterrement.

1. Le ministre de l'eau bénite prend, à la fin de la messe, sur la crédence, le bénitier, qu'il lient de la main droite, ayant l'autre appuyée sur la poitrine ; il se met à la gauche du thuriféraire et va faire avec lui la génuflexion devant le milieu de l'autel, après quoi étant toujours à sa gauche, il se place devant la représentation du côté de l'Epître. Quand le célébrant a dit Pater noster, il donne l'aspersoir el le reprend après l'aspersion ; quand on a chanté Requiescanl in puce, il retourne à la sacristie avec le Ihuriléraire.

2. A un enterrement il marche le premier devant la croix, la tête découverte, à moins qu'on n'aille loin ou qu'il ne fasse mauraii temps : lorsqu'il est arrivé au lieu où est le corps, il se met un peu derrière l'officiant à la droite du cérémoniaire, à qui il donne l'aspersoir et de qui il le reçoit après l'aspersion. Ensuite il va à l'égfise dans le môme ordre qu'il est venu; en y arrivant il saliie l'aulel, el va mettre le bénitier sur la crédence, où il le reprend après la messe ou l'office qu'on chante. Mais si l'on ne dit aucun office, il se met vers les pieds du défunt, cl se comporti! comme à l'absoute. Lorsqu'il faut aller à la fosse, il y va à la gauche du thuriféraire, qu'il ne quitte point, ainsi qu'à la fin quand il faut retourner à la sacristie.

MINISTRE DB L'EtCU ARISTIB.

(Traité d^s SS. Mystères, de Cotlct.) 1. Divers genres de défauts.— 2. Défaut d'ordre.— :i. Deux difficullés à ce .•^ujel, el leur solution.— k. Rcmar(iuesuliles.—^. Défaut d'intention, et ses suites. — 6. Défaut de disposition par rapport aux censures et aux

assisliiil el au Jiacre. Cap 1,5; cap. 2, n. ».

ïj.j DICTIONNAIUE DKS CI.IU'MDMF.S ET DES RITES SACRES

irrigularith. — 7. Deux observations im

portantes. — 8. Disi'Ositions extérieures, l-'xcès à blâmer. Usage île lu calotte pendant la célébration des saints mystères.

1. Un hoinine qui célèbre peul avoir dos défauls ; el de ces défauls, les uns empêclienl de célébrer validcmenl, comme le défaut d'ordre ou d'inicnlion; les autres, sans détruire la substance du sacrifice, fonl qu'il n'est pas offert comme il devrait l'être ; et de ce genre sont le défaut des dispositions de l'âme, du corps, etc. (1) Uc'prenoi:s-les par parties ; nous le pouvons sans lombor dans la redite.

2. Il n'y a point de défant si capital (lue celui d'ordre ; mais il est si rare, si sévèrement puni par les lois, quand il est volontaire, qu'il serait inutile de nous y arrêter. Il ne peut donc, ce me semble, se présenter ici ((ue deux difficultés : l'une de savoir ce qu'il y aurait à faire, si un malheureux, en contref;:isant le préire, avait mêlé des pains non consacrés avecd'aulres qui l'eussent été par un préire véritable; l'autre, quelle contluile devrait garder un homme qui commence à douter s'il a été légitimement ordonné.

3. Le premier de ces deux cas se trouve résolu par les prmcipes que nous avons établis ailleurs. Il y faut seulement ajouter que si avec de pareilles hosties on avait communié un malade en viatique, ou le peuple à Pâques, il faudrait recommencer, à moins qu'il n'y eût du scandale à craindre ; ce qui est rare, parce que quand ces sortes de crimes transpirent, ils deviennent bientôt d'une notoriété si publique, qu'il n'y a plus rien à ménager.

Pour ce qui est d'un homme qui commence à douter s'il a valablement reçu les ordres , car c'est li^ seul cas qu'on puisse proposer ici sans sortir des bornes de la vraisemblance, il faut d'aliord poser pour principe que Iti plupart des doutes qui naissent sur celle matière sont de vrais scrupules et rien de plus. L'évéque qui ordonne, le maîiie des cérémonies, et les autres prêtres qui assistent à l'ordination, regardent à tout de si près, qu'il est moralement impossible mie rien d'essentiel se dérobe à leur attention. Le déf.iut d'intention de la part de l'évéque est un de ces cas dont il n'y a point d'exemple; ee qu'on a débité à ce sujet 'JeM. de Lav.irdin, ciêque du Mans, est une fable et rii n plus.

Il faut encore observer que l'ignorance fait souvent regarder comme essentielles certaines parties de l'ordination (jui ne le so:it pas. Quelqu'un, que je nommerais bien, touche la (latène et ne tourbe point, ou s'imagine n'avoir point louché le pain qui est dessus : xoilà un homme |ierdu; la tête lui tourne, il ne sait nique faire, ni que devenir. Mais, sans discuter à fond la matière de

(1) Defpclus oï parle miiiislri [lOssunl conliiigrre qiioail eaqua; jii ipso reperiuntur. HstL' aiiieni siiiii, in piimis iii- It'inio, (ieinde disi'Osilio auiins, liisposiiu) curiKuMli^, .lispiisiiii) vealiriientoruin, disposilio in miiiislcrio ij'S i, i|ii..a/ la quœ iii ipso pnssuiil nccuri xTi'. lluliric. |i. i i, l.l U

{ij Le Poniill ,11 n.' presrrii pasiuêmc de louclicr jtioi-

l'ordination, il n'y a qu'à lui dire qu'on est censé loucher l'hosUc en touchant la patène (2), eomnie on est censé toucher le vin en touchant Icialice dans lequel il est renfermé.

Enfin, il faut encore remar(iuer que plus le doute vient lard, moins il doit être écouté. Quoiqu'un ordinand ne sache pas tout ce que sait un vieux théologien, il en sait assez pour voir comment font les aulres , et pour l'aire comtne eux ; ainsi il n'y a point d'apparence qu'il ( ùt été si longtemps à rcconnaitre son erreur, s'il y en avait eu.

Ces liois principes suffisent plus que moralement pour calmer les inquiétuilcs dont on est quelquefois atteint au sujet de l'orilination : mais pour prendre les choses dans la dernière rigueur, il faut supposer (ju'ori homme doute, el doute avec fomlement, s'il a été bien ordonné ; et alors, quoi qu'en aient pensé quelques docteurs (3;, nous croyons qu'il doit s'abstenir de l'exercice de son ordre. Les stiites en sont trop importantes , tant par rapport à la majesté du sacrement, que par rapport au bleu des fidèles , pour qu'on puisse le risquer impunément.

Que si ce doute survenait à l'autel, il faudrait quitter avant la consécration. Si on no pouvait le faire sans un grand scandale , on se bornerait pour ne point exposer les fidèles à une fausse communion, à prononcer la forme sur In seule hostie qu'on doit prendre. Mais après la consécration il faudrait poursuivre : il est plus sûr d'achever un sacrifice qui peut être vrai, que de le laisser imparfait.

Si au lieu du simple doute sur la validité do l'ordination, on supposait une vraie certitude de sa nullité, il faudrait s'arrêter tout court, devant ou après les paroles de la consécration, parce qu'autrement on usurperait en tout ou en partie un ministère dont ou se connaît incapable. Quarti ('i) permet en pareil cas l'usage des équivoques pour se tirer d'afîaire ; mais je crois que sans avoir recours à ce mauvais remède, le trouble et le saisissemenl tl'un homme iiui se croyait ce qu'il n'est pas, le mettent, sans rju'il parle, dans un état qui le justifie assez aux yeux du public.

4. En voilà plus qu'il n'en faut sur une matière dont il y a très-peu d'exemples. Ajoutons cependant en deux mois : 1' qu'à parler en général, on a eu raison de blâmer autrefois la conduite de certains évêques , qui , avant que d'in)poser les mains , déclaraient qu'ils n'avaient pas intention d'ordonner ceux qui auraient tel ou tel cmpêihement canonique ; on peut en avoir sans y pen>er, ou sans oser se retirer crainte d'infamie ; et de là quelle source d'embarras jjour !a suite ? 2° Que (juand une ordination a été mutilée , on ne peut sans dispense du pape en suppléer le défaut, que le jour même ou à l'ordination suivante. C'est la décision do

Ue. Voy. OriDiHATiO!»

(3) Garcias, Marcliiiii, etc., apud Quarli p.irt. iti, lit I, dub. 16.

(t) Quarti, p.in. n, ui. S, sect. 2, dub. 7, | ag. tW, i:dii. Venet. 1727.

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