‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 175 sur 411 · MIN · texte numérisé non relu

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Gr.3

(Irojîoii'e IX (1) , et clic est fondée sur l'iiiiporlaiiciï (l(î ne donm-r les ordres (jcio dans un Icnips où l'Eglise tout entière s'intéresse à demander à Dieu des minisires selon son ca'ur.

5. L'intention de faire ce que fait l'Eglise est aussi absolument nécessaire pour la validité de In consécration. L'intention extérieure suffit-elle, ou ne suffit-elle pas ? C'est une grande (jueslion (jue nous avons traitée ailleurs avec b(>aucoup d'étendue ('i), et sur l,i(|U('lle nous avons pris le plus sûr parti , c'est-à-dire celui qui seul peut tranquilliser en matière de sacreuicut. En parlant de là, il est aisé de concluri! qu'un prêtre ne consacre que quand il veut consacrer : ainsi celui (jui serait assez malheureux pour feindre, ou assez insensé pour ne vouloir consacrer que trois pains sur quatre ciu'on lui aurait présentes, sans délorniinor celui ((u'il veut exclure, no ferait rieo, comme nous le dirons ailleurs (3j d'après la Rubrique (i).

Un prêtre doit faire son possible pour avoir l'intention actuelle au mijuient de la consécration ; mais il ne laisse pas de consacrer validement lor>qu'une disiraclioji , toujours fâcheuse , mais plus fâcheuse dans ces précieux motnenls, l'enlève à liii-mèriie. L'intention virtuelle, suite ordinaire de celle ()ui i'a conduit à l'auiel, lui sulfil (5). Demander à un homme faible, qui souvent est distrait par la crainte de l'être, qu'il soit toujours maître d(? son imagination' , ce serait lui demander l'impossible.

(i. l'our ce (jui est des dispositions de l'âme, la Rubrique en exige deux : l'une que le prêtre soit libre de tout euipêchement canoiii(iue ; c'est-à-dire, qu'il ne soit ni suspens, ni excouiniunié, ni dégradé, ni ir'régulii r, etc. (ti) ; l'autre, ((u'il soit exempt de tout péché mortel, et que par consé(iucnt il se réconeilie, ou par le moyen du sacrement de péiiiteme, si cela lui est possible, ou par le Uiojen d'un grand acte de contrition, s'il ne peut trouver personne qui l'entende (7). Nous avons irailé fort au long ce dernier objet à l'article Confession. Disons un mot du pren)ier.

El d'abord il est sûr qu'un prêtre excommunié, ne le fûl-il que d'une excommunication mineure, ne peut célébrer. La raison en est que celte espèce de censure, et à plus forte raison l'excommunicatiou majeure , prive directement de la participation des sacrements ; or, un prêtre ne peut célébrer sans recevoir l'eucharisUe. Donc :

(1) OuofI si omissnm fucrit, non est aliquatenus ilerandu{ii, sedslaiiilo leinpore ail Inijusmocli ordines cmifercnilosciiiilt; suppleiidiim. Greg. IX, cap. ô, de Sacrain. non ilcrjiid., lil). T lit. 16

(2) f. n\iiiiiat. 'l'oumplv, lom. Vit, a pag. t'j'l ad 227.

(S) An. \ IN EHCHARISTIQCE.

(4) Siquisnon iiueiidat conlicere, sed detusorie aliquid asorH;iU'm si ali(iu5e lioslise ex oblivioiie rpinaneant in allai i, vel altqua pars vini, vel aliqna lioslia lateal, cum non iiilpiidat conseerare nisi quas videl ; item si quis li^ibeat corain se uiidecim hoslias, et inteiid^it eonsi;cnre soliim decein, non deienuinaiis quas deceni iiilendil : in liis canlius non conspcrat quia requirilur inlentio. Secus, si pu- . tal (piident esse decem, laineu ouuies \oluit co[isocrare ipja»eorani se li.ibebal; nain lune omiies erunt coiisecra- U' ; aique adeo (juilibei sacerdos lalemseinper iuunliuueiu

l" Il ne laisse pas ce|ieiidant d'y avoir , quant aux effcls, une grande différence eiitr(' l'une et l'autre censure, (^cliii qui célèbre avec une exeommuiiicatiou majeure, outre l'énorme péché dont il se rend coupable, encourt l'irrégulariié; mais l'autre ne l'encourt pas, parce qu'elle n'est nulle part portée dans le droit, et que la communion no lui est interdite que coniino elle l'est aux simples fidèles , c'est-à-ilire que comme la réception d'un sacremenl, et non pas comme l'exercice d'un ordre.

2° Il n'est pas moins sûr qu'un prêlro suspens de son ol'lice, <d) officiu, pèche mortelleiiient, s'il csl assez téméraire pour monter à l'autel. La raison en est que cotte sorte de sus|iensc, quand elle est portée indéfiiiiiueat, prive do l'exercice de l'ordre et de la juridiction, ainsi que je l'ai prou>é dans mon Traité des Censures. Ce même prêtre encourt aussi l'irrégulariié.

.'i'Il est encore sûr qu'un prêtre interdit personnellomeui, ne fût-ce que d'une manière générale, ne peut offrir le saint s.icrifico : il viole une censure imporlanle ; il ne la peut violer sans crime, et ce crime est puni d'une nouvelle peine, c'est à-dire de l'irrégularité. Tout ceci demanderait à être expliqué plus au long ; mais je ne f.iis pas ici un traiié des Censures.

Enûn il est ;ûr qu'un prêtre irrégulier, déposé, ou dégradé, est tenu de s'abstenir du la célébration dos divins mystères. La simple définition des termes ne permet pas d'en douter.

". Nous ferons ici deux observations. La première, qu'il se trouve des occasions où un homiiio lié de censure peut, et même sans encourir d'irrégularité, faire les fonctions de son ministère. Cela a lieu dans les cas tjue nous avons ci-devant détaillés ; c'est-à-dire, quand d'un côté il ne peut liic et nunc êlra absous ou dispensé, et que de l'autre une pressante nécessité l'oblige à faire par luin)ème ce qu'il ne peut faire par nn antre. La seconde, qu'il est à craindre que bien des gens, sans trop y réfiéchir, ne soient dans lo cas de l'irrégularité, de la suspense, ou dune censure encore plus forte. Combien do ministres sacres en courent les risques, soit en se faisant des titres frauduleux, et évalués par de faux témoins au delà do leur produit; soit en lisant, sans une permission qui s'obliendrait aisément, des livres prohibés, soit en violant de justes et salulaires statuts, qui leur défendent la chasse, le caliabere debel : scilicet conspcrandi eas onines quas anlc se ad lonsecranduui pusilas liabet. Rabrica , pan. m, lit. 7, n. o.

(S) Si intentio non sit aclualis in ipsa consecralione , propter evagalienem mentis, sed virliialis, cum accedens ad allare iuteiidal facere iiuod faoit Eeclesia, cnnficilur sacramcnluiii, elsi curare débet sacerdos ut etiani actualem inteniioiicm adhibeat. Kuliric, iliid., n. 4.

(fi) Si quis siispensus, eicommunicalus, dégradâtes, Irrfgularis, vel alias canonice iinpedltus, cplebrel; conlicit quidemsacramenluni, sed gravissiiue peccat, tani propier cuniuiuiiionein quam indigne siniiil, qnain proplrr exseculionem ordiniiin, quae sibi erat iuterdicla. Rubrica. lit. 8, n. t.

(7) Si quis habens copiaoi confessons, celebrcl in pcccaio morluli, graviter peccat. Ibid., u. 1.

bari't, ou eeil;iins jeux peu convenables à leur élal. Il ne faut souvent qu'un lionime, iiioins habile peut-être, mais plus hardi qu'un autre, pour luctlre en te genre le désordre dans tout un canton, il en devient le Sainte- Beuve, non par la supériorité de ses lumières, mais par le ton im|)osanl de ses décisions l'rivoles. 'route loi qu'il n'a ni l'humilité ni la forn! de pratiquer est, au jugement de son orgueilleux tribunal, une loi (|ui ne peut faire peur qu'aux enfants. A ses yeuxiout ce qu'il méprise mérite do l'être, et il n'y a que (les imbéeiles qui ne pensent pas comme lui. On le croit parce <|u'on n'ose le contredire, (!t quiconque marche par une autre route que la sienne est l'objet de son implacable satire. Les premiers remords sont élouffés; ils étaient bons pour le séminaire; ils ne valent plus rien quand on est loin du soleil. On monte à l'autel; on y lave ses mains parmi les innocents : on n'était que suspens, on devient irrégulier. La nombreuse compagnie de ceux qui sont dans le même cas rassure : et on no commence guère à s'alarmer que quand il n'est plus temps. Fili mi, si te lacluvcrint peccutoies , ne acquiesças eis 1(1). La leçon du plus siîr est souvent la leçon de l'unique sûr.

8. Après ce que nous avons dit des dispositions (lu corps, il n'y a presque plus rien qui puisse nous arrêter à cet égard. Nous ajouterons seulement qu'un prêlie, surtout quand il célèbre, doit annoncer ce qu'il est, par la modestie, par la décence, par la régu-

nous épargner et d'épargner aux autres bien de petits sujets d'affliction et de seandale.

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