Celte prière, que la rubrique prescrit
(1) Votiez, pour les Crocs , les liturgies et l.éonlius dans la Vie de saint Jean l'AumOnior, évêipie d'Alexandrie; et po\u' les Gantes, saint Grégoire de Tours, au livre II lies Miracles, c. 30.
(2) In licclesia enim ad altare Dci qunlidie dicitur Ista douiinica oratio, etandiunt illam iidc les... et si qnis veslruin non polerll lenere, pcrfecle audiendo quolidie tenel)it. Serni. 38, iu Mallli. vi, de Orat. Doniui., v. 10.
f.5) Lib. vil, ep. m.
(4)11 n'est point dans le Sacramenlaire de saint Grégoire donné [>ar le père Ménard, ni dans le Sacramenlaire de Worms, écril vers l'an 900.
(61 La messe d'illyric, vers la fin du ix* siècle, met Oro te. Domine, etc., it on lit : Smicii Dei quorum curporu et reliquia; in liis snnclis lucis liabcn'.ur recomlilœ, uic, dans un Missel d'Ulreclit écrit vers l'an 900, et conservé dans les arcliives de l'église collégiale de Saiot-BarlUélemy de Liéee.
est dans plusieurs anciens Sacramcntaires (3l, dans un Pontifical de Narhonne de quatre ou cinq reiils ans, et dans l'Ordre romain du XIV* siècle (6), où les prières sont détaillées : cependant les chartreux el les dominicains ne la disent pas. Les carmes ne la disaient pas non plus avant la réi'ormalion de leur Missel en 1584, sous Grégoire X!H, parce qu'on ne la disait pas dans les églises d'où tous ces ordres ont tiré leurs Missels. On ne l'a dite à Paris qu'en l(il5, lorsqu'on a pris VOrdo tnissw du saint pape Pic V.
2. Le prêtre, arrivé à Taulel , le baise. Le baiser est un salut (7)' et un signe de res'pect el d'amour (8). Le prêtre baise raiitpl.(9) par respect et par amour, comme le lieu où notre Sauveur s'immole. Qu'est-ce que l'autel, dit Optai de Milève, si ce n'est le siéf/e du. corps el du sang de Jéstts-Christ (10)? Et selon l'auteur du Traité des Sacrements, parmi les œuvres de sainl Amiiroise : Qu'est-ce que l'autel (11), si ce n'est la forme ou la figure du corps de Jésus-Christ, sur lequel il s'immole et s'offre en sacrifice, comme il s'est offert dans son corps?
3. Sans faire aucun signe de croix. Autrefois le prêtre, en montant à l'autel, baisait la croix marquée dans les anciens Missels. Qucl(jucs-uns se conlenlaienl de faire un signe de croix avec le pouce sur l'endroit de l'autel qu'ils devaient baiser. Les dominicains onl conservé cet usage. Mais la croix qu'on met sur l'autel depuis cinq ou six cents ans a été regardée comme un moyen suffisant de renouveler dans l'esprit du prêtre la véfiéralion de la croix; et d'ailleurs , en baisant l'autel il est censé baiser la croix par laquelle l'autel a été consacré, et qtii y demeure imprimée.
k. Le prêtre en baisant l'autel baise aussi, autant qu'il lui est possible, les reliques , c'est-à-dire les restes précieux des corps des saints qui y sont renfermés, poiir exprimer son respect et son amour pour ces glorieux membres de notre communion, qu'il prend ici pour se» (irotecteurs et ses intercesseurs. Dés les premiers siècles, le saint sacrifice a été offert sur les lieux où les martyrs avaient répandu leur sang, ou bien dans les endroits où l'on a conservé les précieux restes de leurs corps. El il était bien convenable que le sacrifice de Jésus-Christ fût offert sur les corps des sainls qui onl l'honneur d'être ses membres, cl qui pour
(6) Page 330.
(7) Ommune salulationis ollicium. Optât. Milevit. lib.iv.
(8) Hcbra'i juxla linguîe sua; proprietalem, deoscnlationmi pro veueratioue uonunt. Hier. .4pol. ad Rut. tom.I, pu-. 729.
(!1) Anciennement les fidèles no s'approcliaienl point des autels sans les baisiT. Les soldats envoyés par l'impér.itiice Justine dans l'église où sainl Ainliroise était avec le peuple, dès qu'ils apprirent qu(! l'empereur avait révoqué l'ordre df se saisir de la b:isilique, y entrèrent, coururent aux autels, et les baisèrent en signe de respect el du paix : Irriienles in allaria osculis significare pacis insigne. Amhros. episl. ad Marcel, soror. n. 2G.
(10) puid eniiu est ail ire, nisi sedes corporis et sanguiuisCbrisii? Opiat ailv. Parmen. •
(11) Quid enim es' alure, nisi forma corporis Christi? Ainbr. de Sacr. 1. iv, c. â, et 1. v, c. i.
son amour se sont offerts visiblement en saciifice, dit un ancien auteur parmi les œuvres de saint Augustin. Ce saint docteur dit aussi (ju'il convenait hien de donner pour sépulture aus martyrs le lieu où la mort lie Jésus-Christ est tous les jours célébrée (1). Lorsqu'on bâtissait des églises dans des lieux où il n'y avait pas encore eu de reliques, comme saint Ambroisc fit à Milan , on en mettait sous l'autel , pour placer sous l'autel lie la terre ceux dont saint Jean avait vu les âmes sous l'autel du ciel (2).
Comme on n'a pas toujours eu des corps des saints à mettre sous l'autel, on a inséré du moins quelques portions de leurs reliques dans la pierre sacrée. El cet usage de ne point consacrer l'autel sans reliques a été si fort établi par la tradition, que le septième concile général ordonna à tous les évcques, sous peine de déposition, de l'observer (."!). 5. Quelque recommandée qu'ait été celte pratique, on ne laisse pas de trouver depuis longtemps des autels sans reliques. C'est pourquoi le Missel romain, imprimé à Bâlo en li87, marque que, s'il n'y a point de reliques, on omettra ces mots, ijiioriim rcliquiœ hic sunt. Le Sacerdotal romain cl le Cérémonial des carmes ('••) marquent la môme chose. Alors il est indifférent de baiser l'autel au commencement ou à la fin de l'oraison. Il est certain qu'on ne le baise à ces mots qu'à cause des reliques, cl quelles ont donné lieu à l'oraison même.
Nous vous prions, Oramus te, Domi- Seigneur, par les mé- ne, per mérita sanrites de vos saints ctorum tuoruni quodont les reliques sont rumreliquieeliicsuut, ici, et par les mérites et omnium saiictode tous les saints , rum , ut iiululgerc qu'il vous plaise me digneris omnia pecpardonner tous mes cala mea. Amen, péchés.
EXPLICATION
Oramds... Nous vous prions, Seigneur, par les mérites de vos saints. Le prêtre, montant à l'autel avec quelque crainte pour ses péchés, fait attention que les saints peuvent être de puissants intercesseurs pour lui faire trouver grâce au saint autel, parce qu'ils ont été trouvés dignes d'entrer au sanctuaire céleste. C'est pourquoi il prie Dieu d'avoir égard aux mérites des saints, pour lui taire miséricorde et le laisser entrer au sanctuaire de la terre sous leur protection.
Ut iSDCLGERE DIGNERIS. Les mérites des saints martyrs qui ont souffert et prié, nonseulement pour eux-mêmes, mais pour tous les fldèles, seront toujours un moyen d'en-
(1) Convenienter ibi iiiartyribiis sepuUvira décréta est ubi mors Domiiii qiiotiilie celebraliir. Ang. serm. 2. ("2) Vidi siiblus allare animas iiUerrecloriim. Apec, vi, 13.
(3) Coric. Nicseii. ii, cap. 7.
(4) Lib. 1], riibr. 33, n. 6.
(5) Divin. Offic. c. 41.
(B) Versus adstanles divinœ meditalioni insislere, iiulibns elvoce supplicat. Consuet. Cluii.
(7) Sacerdos parai fratrum mentes, etc. Cypr. de Orat. Doniin.
(8) Act. I. 15, etc.
(9) In Psal.