‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 349 sur 411 · PATÈNE · texte numérisé non relu

PATÈNE

Palène, espèce de petit plat sur lequel on met l'hostie au commencement de la messe. Selon Gavantus , elle doit être dorée de tout côté , du moins à l'intérieur, si elle esl en argent. Le bord doit être très-mince, pour aider à recueillir les fragmenis de la sainte hostie. Elle doit avoir une cavité au milieu, presque de la largeur de la coupe du calice. Sa circonférence doit élrc au moins de trentedeux doigts ( plus d'un demi-mètre ) ; ce qui fait une largeur d'environ deux décimètres. Quand la dorure a disparu, il faut la faire redorer et consacrer de nouveau ,

pétuelle par Pie Vn , décret Urbis et orbis de la sacré* congrégation des Indulgences, du 10 avril 1821. Une personne qui se confesserait toutes les semaines et com "* nierait plusieurs fois par semaine pourrait gagner c' jour de communion cette indulgence plénière.

(4) Léjin XII, décre*. de la sacrée congrégation dulgences, du 17 septembre 1823.

If(j5 DICTIONNAIRE DES CF.REMON'IES ET DES RITES SACRES

comme le calice. Voy. Calice, Propreté.

Voyex aussi, à l'arl. Ôdlation , l'explication du I'. Lebrun , § 5.

PATRONS. Voy. Titulaire PAX DOMINI

(Ëi|>lic:ilioti du V. Lelirun.)

Ilbi

§ I. Du souhait de la paix quille prêtre fait ea disanl : Fox Vomini, elc.

RUBRIQUE

Le prêtre, avec la particule qu'il tient entre le pouce et l'index, fait trois fois le signe de la croix sur le calice d'un bord à l'autre en disant :

La pais du Seigneur Pax Domini sit soil toujours avec semper vobiscum ; vous ;

Et avec votre es- Etcum spiritu tuo.

prit.

BSPLICATION ET REMARQUES.

La paix que le prêtre et le peuple se souhaitent muluellement n'est pas la |)aix du monde, mais la paix du Seigneur; Pax Domini ; paix qui consiste dans l'union avec Dieu , avec iious-iiiêmes et avec nos frères; paix qui nous mène à celle de l'éternité.

1° Le prêtre fait ce souhait en tenant à la main le corps de Jésus-Christ qui est notre paix : Ipse est pax nostra.

2° Il le fait en formant le signe de la croix sur le snng de Jésus-Christ (1) , par lequel toutes choses ont été pacifiées.

3" Il fait trois signes de croix en l'hor.neur des trois divines personnes qui nous donnent la paix en vue des mérites do la croix

'v II f.iil CCS signes de croix dans le calice d'un bord à l'autre , de peur qu'il ne tombe quelque fragment au dehors.

5* Durant les dix premiers siècles ce souhait était le signal de la paix que les chrétiens devaient se donner en s'embrassant. Après l'oraison dominicale , on dit: La paix soit avec vous; et tous les chrétiens se donnent le saint baiser en signe de paix, dil saint Augustin |2). Selon Amalaire {'.]), Jtaban Maur (ï), et Rémi d'Auxerre (5 , au IX" siècle, le Pax Domini était encore le signal de la paix. Ces auteurs disent que loute l'Eglise se donne la paix pendant YAgnus Dei; et quoique depuis cinq ou six siècles on diffère (juelquës moments de se donner la paix, et que le prêtre ait été engagé pour ce sujet à dire au diacre: Pax tecum, la paix soit avec vous , le clergé ne laisse pas de se donner encore la paix pendant que le chœur coatinue do chanter

(1) Pacificans per sanguinem crocis ojus. Coloss. i, 20

(2) Serin. 227.

(3) Lit). 1.

(4) Itab. Maur. InstUtU. Cler. c. ô2.

5) Expos, iliss.

(6) Et ideo in ecclesi» pax primo annuntlalur, ut osieiidal se cum omnibus esse pacilicum, ipii corpori commuiiiealurus est Clirisli. Hier, in lieec verba Epikt. ad Kom. : Salutule iiwicem iit osculo saïuto.

(7) Coinmixlio consecrali corporis et sanguinis, etc. Misial. Ambras.

(8) Voyez le Sacrameniaire de Trêves écrit au x' siècle, où on lit : Uisceut corpus Dominico sanguini diceiis : Fut etc. (BiM. oral. n. 906); le Sacramentair^d* Ha.

ÏAgnus Dei. Ce que l'Eglise a en principalement en vue, c'est qu'on se donnât la paix jivant que de communier, parce qu'il n'y a que les pacifiques qui puissent participer à la chair de l'.Agneau, ainsi que parlent le» Pères (G).

§ II. De la prière Uœc commixiio. D'où vient q»'on met

une portion de l'hoslic dans le calice, et des tnjstèreii

que ce mélange renferme.

RUBRIQUE

Pendant qu'on répond : Et rum spiritu tuo, le prêtre laisse tomber dans le calice la portion qu'il tenait de la main droite, et dit tout

bas :

Haec cunimixlio et consecratio corporis et snngiiinis Domini nosiri Jesu Christi fiât ai'cipieiitibiis nobis in vilam aïlefnam. Amen

Que ce mélange et cette consécration du corps et du sang de Notre-Seigneur Jésus- Christ servent pour la vie éternelle à nous qui y participons.

Amen.

EXPLICATION

Que ce mélange et cette consécration du corps et du sang, etc. Il se présente trois difficultés sur ces mois : la première, s'ils ne doivent élre entendus que du mél.inge de l'espèce du pain et de l'espèce du vin consacrés; la seconde, pourquoi mêler le corps et le sang de Jésu.s-Chrisl ; la Iroisième , d'où vient que ce mélange s'appelle une consécration. Il faut résoudre ces difficultés par ordre.

Première difficulté. Si celte prière a été faili' pour mêler une pariie de l'hostie avec le sang consacré , ou simplement pour mêler cette partie de l'hostie , ou (luebiues gouttes du sang précieux avec du vin non consacré.

i}(^po»ise. Cette difficulté estlevée parles termes seuls qui sont trop clairs pour ne pas faire assurer que cette (irière a clé composée pour être dile en mêlanl le corps et le sang. Il n'y est point parlé du mélange d'une chose consacrée avec une autre qui ne lest pas, mais du mélange du corps et du sang. Le Missel ambrosien dit distinctement : Le mélange du corps et du sang consacré \T) ; «t les anciens Missels manuscrits et imprimés de France et d'Allemagne disent également (8) : Ce saint et sacré mélange du corps et du sang, ou le mélange du saint sang avec le saint corps.

Ouelques personnes ( M. de Vert ) néanmoins voudraient que cette prière n'eût élé faite que pour mêler une partie de l'hostie

lolile presque du même temps : Hœc sacrosanela commixiio corporis et $miguinis, etc. ; le Pontifical missel de Séez, écrit au milieu du w siècle : Uœc smicia commixiio corporis et sanguinis, elc, on Sancii saiigitimi commixiio cwHsmctocorpoie, elc. (Bibl.reg. n. 38!J6); un S.ncr.imenlaired'Arlesécritversraii 1100 (B/W. Co/d. n l'.)69); le Missel de Saint-yuiriace de Pr(ivin'>, vers l'a» liOll; les anciens Missels de llambrai, de Sainle-Gudule de Ilruxellos, de Liège, d'Aix-la-Chapelle, et un grand nombre d'autres, où l'on voit ; Hœc sacrosancla commixiio corporis et saiiq}tinis, cit., commis on a lu dans tous ceux de Paris jusqu'en 1613, et comme on le dit encore à Sens, clieile» carmes et cbex les jacobins.

nos

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