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Le prêtre dit : Dominns vobiscum, sans

(\) Aug. Episl. ad Januar. c. 'Si.

(2) « Ouando aulom siamus ad oraiioiietn, fralres ililcclissiuii, vijîilare el incuriibere ad prcces lolo corde dobemus. CogiUlio oimiis carnalis el sacularis aliscedal, nec quidquam luiic animas (luam id solum cogilel.iiuod |irecalur: ideoelsacerdos,:iiiieoralioneni,pra?l'cUioiie(ii'X'niissa, parât fralruiii nunili's diceiido : Siirsiim corda, ut, duni reloondel plebs : llaltcinus ad Domiiniin , adiiioiu-alur iiihil «liud se quani Doiiiinuiiicogllare dibero, Claiidalur contra •dyersariuui pcclus. et soli Ueo uateaL nec ad se Loslem

se tourner comme à l'ordinaire vers le peuple ; cela se fail pour deux raisons : la première, qui est toute naturelle et littérale, est (]u'autrel'ois , selon les anciennes liturgies de saint Jacques, de saint Basile et de saint Clirysoslotne, on fermait les portes du sanctuaire el on lirait des rideaux avant la Préface; de sorte (jue le prêtre qui, aux autres salulalions, se tourne vers le peuple pour le regarder, comme l'on fail quand on se salue, se ser.iil tourné ici inutilement, puisqu'il n'aurait eu devant les yeux que des rideaux el des portes. On voit encore un reste de cet usage dans plusieurs églises lalines , oîi l'on lire des rideaux de chaque cAlé du sanctuaire. La seconde raison, qui est mystérieuse, el (|ui fail continuer l'usage de ne pas se tourner, est que, comme on l'a dit plus haut, le prêtre a jiris pour ainsi dire congé du peuple, en disant: Priez pour moi, mes frères, el (|u'il se regarde conune dans le saint des saints, où le peuple ne se trouve pas '2. Il élève les mains en disant : Sursum corda. Tous les anciens .Missels el les anciens Ordinaires de Cluni, de Clteaux, de Prémontré, etc., recommandeni celle action, pour joindre en même temps l'exhortalion à élever les cœurs avec le signe cxlérieur de celle élévation.

3. Lors(|u'il dit : Gralias arjamus, etc., il joint les mains el élève les yeux au ciel, pour exprimer par ce gesle, autant qu'il lui est possible, le désir qu'il a de rendre à Dieu ses actions de grâces.

4. Hès que le prêtre a dit: Grattas agamus, si le clergé n'est pas déjà tourné vers l'autel depuis la On de la Secrète, ainsi que cela se pr.ilique selon l'usage runiain , il s'y tourne pour dire : Dijuiim et jitslum est. Le Cérémonial ancien el nouveau de Paris le mariiue ainsi; et daits quelques églises, comme à Sainl-Magloire, le clergé prévient le temps marqué par le Cérémonial, el se tourne dès que le prêlre dil lo mot Gralias. En divers lieux de la province de Reims, le prêlre el les assistants se mettaient à genoux (10). Un nonce du pape le trouva mauvais, parce qu'en effet ces mois de la Préface ne déterminent pas plus que les suivants à celle posture; ccpendanl on s'y mel encore à .\miens, el l'on n'ose blâmer ce qui se fail avec pièlé.

5. Après qu'on a répondu : Dignum etjuslum est, le pre'lre, lemml les mnins élevés et étindiies, poursuit la Préface d'une voix convenable et intelligible, cest-à-dire, qu'aux messes basses il poursuit d'un Ion à se faire enlendre des assistants, et qu'à la messe haute il continue à chanter; car la rubrique marque expressément qu'aux messes solen-

lempore orationls adiré palialur. » Cypr. de Oral. Dont. (ô) Coiic. loin. IV.

(4) Micr. c. 60

(5) Itiircli. 1. l'.i. c. G9.

((■>) \\o. \t II, c. 77.

(7) Ans 1.7, c. lit.

(8i Pe Cons. dist. i, n. li.

(9) Gralian. dist. 70, caii. Saiiclnrwn.

(10) foi/. Meui'ier, Sermons mr lu messe, el M. do Yort. loui. I. 0. 135,

ncllcs le préfre doil chanter la Préface et le Paler. Ca n"' suffit pour condamner l'usage, ou plutôt l'abus tirs églises où le célébrant (ait chauler la Préface et le Pater par l'orgue (1). La Préface doil être entendue de (oute l'assemblée, parce que c'est une exhortation mutuelle du prêtre et du peuple à rendre iirâccs à Dieu, à qui l'on demande de pouvoir joindre nos voix avec celles dos anges , pour dire tous ensemble : Saint , saint, etc.

§ III. ExpUcalion de la Préface ordinairo.

Que le Seigneur Dominusvobiscum;

confessione dicentes.

Sanclus, etc.

soit avec vous ;

Qu'il soit aussi avec votre esprit.

Elevez vos cœurs.

Nous les tenons élevés vers le Seigneur.

Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.

Cela est digne et 'uste.

Il est vraiment digne et juste, équitable et salutaire , de vous rendre grâces en tout tenips et en tous lieux, Seigneur saint.

Père tout-puissant, Dieu éternel, par Jésus-Christ Noire-Seigneur, parqui les anges louent votre divine majesté, les dominations l'adorent, les puissances la révèrent eu tremblant, les cieuxet les vertus des cieux, et les bienheureux séraphins eu célèbrent tous ensemble la gloire avec des

Et cum spiritu tuo.

Sursum corda.

Habemus ad Dominum.

Gratias agamus Domino Dec nostro.

Dignum et juslum

est.

Vere dignum et justum est, acquum et salutare , nos tibi sempcr elubique gratias agere , Domine saiicte, Pater omnipotens,ffiterneDeus, per Christum Dominum nostrum ; per qucm majoslatem tuam laudant angeli, adorant dominalioncs, tremunl potestates, cceli cœlorumque virtutcs ac beata séraphin) socia exsultatione concélébrant. Cum quibus et nosti'as voces ut admitli jubeas deprecamur, suppliai

(1) Je ne puis m'empêcher de marquer ici la surprise où JM lus d'euiendre, eu plusieurs églises (J'Allenugiie et de Flandre (juillet et août 1714), 'que le célébr.int ne cliautail que les deux ou trois premiers mois de la Prélace, que l'orgue imursuivaii et CBnliuuail Ji jouer pendaut que le prêtre récîlait tout bas le reste do la Prélace et le Canon, après quoi il interrompait l'orgue en disant : Per omiiia sœcuUi sœculnrmn, et cessait tout d'un coup après avoir commencé le Palrr, pour avancerloul bas, et céder le chant au jeu d'ort;ue. Il y a liinf;iemps (jue cet abus a commencé en Alleniii};ne et qu'il y a été condamné. Le concile de Bàle, eu 1131, orilonri;i que ceux qui conlinucraient cet aliiis se raient pums: /l/w/siini aliqiinrjun cccleniiirum, in quibus Qiedoin cnuu Ukim, '/hoi/ e.a siiinloltim et couj'essiu flan iiusdir, non coi»; li'lt' hsi/iil' tut jiuetn can-

latnr, aul Pidi'dlio scu Oiatiu iloiniiiicu obinill lur Abo-

lenles sliiluiiiins ni qui in liis Irim^iireuor iuvenins fiierit, a siio supeiioit' dcbili' casliin'lur. Si'ss. :21, n. 8. (C.onc. lom. XII, eol. Soi.) l.'Agfudù de Spire de lai 2 reconnmnde au prêtre de chanter jusqu'au l>Out la Préface et l'Oraison dominicale... Ul vos ipsi Prcrl'atiomm el Oralionem doimnicmn, nisi jirqens uccessilas i'xeijenl,ad finem canlelis. Le concile de Cologne re|ir. ^ente (pie c'est une mau- \:iise conluine de quelques é.;,'lisesd'omiilre on d'abr.'ger le chant de l'Iipîlre, dn Syniliule dv la loi, de la Préface, et jU firter ; c'e.st pourquoi i! ordonne de chanter dislinclenieni et intelligiblement toutes ces parties de la luesse, à moins qu'une cause importante n'obligeât d'a-

transporls de joie.

Nous vous prions

d'accorder que nos

voix soient jointes aux leurs , et que nous

disions humblement avec eux: Saint, etc.

DoMiNUs voBiscuM, ctc. Ccs parolcs sont une salutation et un souhait dont un a vu ailleurs l'origine et l'explicalion. Le préire le fait ici, parce qu'un nouvel effort pour s'élever vers le ciel demande un nouveau secours de Dieu. Le prêtre et le peuple se le souhaitent mutuellement. Avec ce secours, le prêtre demaiule que les cœurs s'élèvent en haut.

SuRMiM CORDA. EUvez vos cœurs. Il est temps, dit saint Cyrille (2), que nos cœurs se portent vers le ciel, afin qu'ils soient en la présence de J)ieu, qui nous a donné son Fils pour le lui offrir. Saint Chrysostonu! (.3) el les autres Pères de l'Eglise ont souvent relevé celle admirable invitation, Sursum corda, à laquelle, comme remarque saint Augustin (V), les hommes répandus par toute la terre réponilent chaque jour :

Habemus ad Domindm, Nous les avons élèves au ^c/j/dCM?". Cettedéclaration universelle marijue la nécessité de réunir toute notre attention, tous les désirs de nos cœurs, et tout ce (jui peut nous élever vers Dieu pour offrir dignement ce grand sacrifice. Mais disons-nous vrai en faisant cette réponse? Et n'avons-nous pas lieu de nous dire ce que disait Anasiase le Sinaïte au vi' siècle (5) : « Que fais-tu cl que veux-tu ? Ton âme ne s'occupe que des choses temporelles et corruptibles, el lu réponds : Je la tiens élevée au Seigneur. »

Gbatias agamus... Rendons grâces à noire Dieu. On élève le cœur à Dieu pour lui rendre grâces; et quand ce cœur eU vèrilablemenl élevé vers Dieu, quelle joie intérieure d'entendre le prêtre vous dire : Gratias aga» mus ( rendons grâces ) 1 Suint Augustin sentait vivement celle voix , et c'est ce qui lui fait dire au comte Honoré (G) qu'il connaîtrait la grandeur d(( cette action de grâces quand il serait baptisé.

bréger le chant : Jain et illud non recte fit in qnibusdam ecclesiix, w ob cniilorum et organorum concenlum, omiltan- Inr uul (Iccurtenlur en qnœ sùnl pra'cipnn. Cnjiis qinu'ris sn.it, n'cildlk) Vi'iboium pro\)l\eUcorum aul aposlalicuruin, qiiam Emlalnm vucttimts, SqiHbolum fidri, Piœfiilio. qum el yruùuruin uitio, ulquc Prccalio domimca. Quaiuubrem liœc loin (lisiinciif.siinc uc inlclligibUiler, ni cœtera omiiia [si Uimeii tien Irvis drriti lundi cnusii SHb.-,il) decanlentur. Conc, Colon, an. IS.ïB. Voilà assez de décrets. Il ne resta qu'à attendre de la piété des supérieurs et de l'altenlion des é\ éques qu'ils soient mis en pratique. Il y a lieu d'esliérer qu'ils seront exécnlés dans ions les Étals de Soa Alte.sse élecloraie de Cologne, qui a tant de zèle pour l'oflice divin. C'rst la principalement oii j'ai vu qu'on no disait (|ue les deux [ireniiers mots du Pater, pour laisser jouer des fanlaisies à l'orgue. (2) Cyrill. Hier calech. ."j.

(5) Chry.sosi. IhiuiII. àl in Genes., 83 in Epist. ad Hebr., 18 in 11 ad Coiinili., i contra Anom., etc.

(4; « (.}uoiidie p( r universuui orbem humaoum genus una penc voce respoudet corda se hatlere ad Domiuuiu. » Aug. deveia Rcliq. c. 4.

(ri) S. rm. de sciera Synax.

(6) « Ilinc gratias agiinus Domino Deo nostro, qiioil .'st magnum sacraiiieuluiu in sacrilicio novi Testanienli, ipio 1 ubi , etquando, et quoinodo olTeralur, cum lueris ba|ili7. lus, iuveuies. » Au£. epist. iii), ad Uonorul. c. i9, fi. S'

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Alais de quoi rondons-nous prûi^os à Diou? Nous lui devons rendre grâces de ce (juc nous élevons nos cn!urs en liaul ; car c'est l>ar la {jrâce que nous cherchons, que nous goûlons les hicns d'en iiaut, c'est-à-diro que nous désirons les biens élernels. Nous lui rendons {çrùces de lous les dons que nous avons reçus, puisque lout don vient du Père des lumières. Nous lui rendons grâces principalement du bienfait de l'incarnation, qui nous donne lieu de lui offrir le corps de Jésus- Christ en sar rificc pour la rédemption de nos péchés. Le peuple chiéiien doit èirc trop touché de ces bienlails pour ne pas répondre avec empressement ;

DiGNUM ET JUbTUM EST. Ccla cst digne ci juslc. Ces paroles ont été usitées dans les acclamations du peuple (1) ; et elles n'ont jamais été dilcs avec tant de raison qu'en cet endroit.

Diijnum : il est digne de louer ce qui mérite les louanges. Dieu, par Us car.ictères de la divinité, exige toutes sortes de louanges cl d'aclious de grâces; il est donc digue dune âme raisonnable de les lui rendre

Justuin : mais quand les grâces reçues nous engagent à rendre ce qui e'l digne , alors cela est non-sculcmeiU digne, mais juste. Or, nous sommes innniuiinl redevables à la divine majesté; il est donc digne et juste de nous répandre en actions de grâces. « Dans la célébration des saints mystères , dit saint Augustin (2;, on nous avertit de tenir nos cœurs élevés à Dieu, nous ne le pouvons que par son secours, et de là vient notre obligation de rendre grâces à Dieu d'un aussi grand bien, parce qu'il est digue et juste d'en conser\er le souvenir. »

VeRE DIGNL'METJlISTUMEST.^QUt'M ETSALU-

Txnu.Jl est vruiincnl digne eijuslc,é(juitable et salutaire. Le prèlre approuve et ratifie ce qu'a dit le peuple, qu'il est vcritablcment digne et juste de remercier Dieu; il enchérit encore sur le peuple, et il ajoute qu'il est même équitable et utile.

ALquum : l'équité fait rendre à chacun ce qui lui est dû. Nous devons inTinioient à Dieu l'ère, Fils cl Saint-I<'.sprit, et l'action de grâces du saint sacrifice nous fait rendre ce qui est dû aux trois divines personnes , à raison de leur propriété personnelle.

Saliilare : le (luatvième et dernier molif pres>anl qui nous engage à l'adion de grâces, c'est (ju'elle tiousest utile elavanUigeuse. L'âme trouve son avantage et son salut à rendre à Dieu des actions de grâces, parce que Dieu se plaîl à combler de grâces ceux qiiile remercient de celles qu'il leur a déjà faites.' Il esldonc digne, juste, ei|uilable cl sihilaire.

Nos TIBI SEMPER ET UBIQUE GRATIAS \GE«E,

Domine sancte : De fou.-i remercier en tout temps et en tons lieux, Seigneur eaint : \ ous,

(1) Lorsque s.iiiu Ausustiii, iv^è ùc. soiv.inLe-clon2e aixs, eng:igea son peuple à agréiT cpi'il ^p dé.har^r.'kl d.!s ;iffjires Iciiiporellfs, k qii"»l tlé^i,,lràl tlér;idiri<i |.mir lui suctéiler jpiès sa ni(irt, l(> piuilô .lu ^ hi-t-liuil fuis : ('.(^la est digue, oila esljiisu'. A popub acciatnui.um est : i'iKT. fat; diclum vicies quiiiqiues UliG^c.u est, justiu est, liictHm ttciesoaies. (lui. ei'isl. 215, al. 110.)

C2J « luler sacra Wiblena eur iijjjcre aursuui iubcnmr.

Soigneur, en qui lout est saint, qui êtes la source de la s.iinlelé.

I'ateb om.nip.iTexs : Vous qui êtes le Pire toiit-pui.<!sanl, le principe et l'origine de toute palernilé dans le ciel et sur la terre.

ilÎTERMc Dei's: '» ous qui êtes le vrai Diiu, le Dii u (leniel, sans commencement et sans Gn. llicn de plus juste, mais en même temps rien de plus salutaire et de plus avantageux pour nous, qui subsistons à chaque laomenl |iar vos bienlails, ((ue de vous rendre continiiellemcnl nos trè^-huniblcs actions de grâces.

Per CnRisTU.M DoMiNc.vi NOSTRLM : Par Jcsus - Christ Notre - Seigneur. Comment pourrions-nous vous louer dignement, si nos louanges et no> aclions de grâces ne reçoivent leur dignité et leur mérite de notre chef, de notre médiateur, qui vous en rend lui-même des actions de grâces? L'action de grâces doilaller à Dieu, dit saint Tomas (3), par la même voie par laquelle les grâces nous sont venues; et comme tous les biens nous viennent par Jésus-Christ, nos actions de grâces doivent aller à Dieu le Père par Jésus -Cil ri si Noire-Seigneur.

Per ql'em majestatem tuam laudajit ANGEi.i : I nr qui les anges louent votre divine majesté', parce que c'est en lui qu'ils ont été créés {'t); cl que, faisant avec les hommes le corps entier de l'Kglise de Jésus- (^hrist, ils reçoivent comme eux de sa plénitude, cl en tirent comme de leur chef (5 toute Icursainleté, tome la gloire dont ils jouissent.

Tous ces esprits célestes sont dans une adoration eoninuelle de la divine iiuijeslc : Adorant DoiiiNATio>'Es,/Mrfonii'»in<ii>n,';. Ceux des es|irils bienlieurcux qui tiennent 1p quatrième rang , et dont le [ouvoir n'est pas restreint , parce qu'ils sont au-dessus des autres anges qui agissent dans le monde, reconnaissent (juc leur pouvoir n'est autre chose que la volonté de Dieu même , et ils nf/orenNempirc absolu que Dieu, qui fait la volonté de ceux qui le craignent ((ij, exerce sur l'univers.

Tremlnt potestates; les puissances , qui font trembler lesdèinons, et qui les empêchent d'exercer coutro nous toute leur malice , tremblent elles-niêmes , non par quelques crainles, mais par leurs très-profonds respects.

COELI COEEORt'MQCE VIRTUTES AC BEATA ■ E-

RiPHiM. £<•»• cieuT ei les vertus des deux , et les biinhi ureu.T séraphins; c'est-à-dire tons les espriis bienheureux... L Ecriture sainte a noiiiiiié neuf riioîiirs d anges , qui ont été remarqués et distingues eu trois hiérarchies par les Pères; et l'on peut voir dans Ezéchiel ces trois oidres ou ces trois hiérarchies marqués par trois rangs de pierres précieuses , au milieu desquelles Lucifer avait été

ipso adjuvante 1(1 valcnius, et ideo sequilur, ul de hoc laulo lioiioD'JuiliioDoo gralias agamiis, quia hoc dignuni, Luc ju^limi isl reeerdjH'i.» Augusl. de Boiio viduHalis.

(3) l.i e. 1 ad Rom. I.tI. 3.

(i) le i|sti ouudilaauul uuivrr&a in cœlts, sive llirou] , sive (lu»ii:ialioucs, etc. ( uLoss. i , 16.

(;>>) Opiri aiuiuï priuciiiatu» el polesLatis. Colans. ii, 10

{13} Yoluulaleiu Umeulmiu se tacicL tsaL cxuv 19.

im

placé tout éclatant de lumière. Mais comme l'Ecriture ne nomme pas toujours ces neuf chœurs, l'Eglise aussi ne les nomme pas en particulier ; et, pour les renfermer tous d'une m;inière plus générale, elle nous fait dire ici : Les deux et les vertus des deux, et les bienheureux séraphins.

Les deux sont tous les citoyens célesles, tous les esprits bienheureux , comme nous disons le monde pour exprimer les habitants du monde.

Les vertus des deux (1) , ce sont, parmi ces bienheureux esprits , ceux qui exercent de plus grandes merveilles ; et les séraphins sont ceux qui par leur amour excellent au-dessus de tous les autres, et qui par là méritent spécialement d'être appelés bienheureux.

SOCIA EXSULTATIONE CONCELEBRANT. ToUS

ces saints anges joignent leur voix pour louer et pour adorer Dieu; et quelles sont leurs voix et leurs louanges? C'est, comme dit saint Grégoire , l'admiration continuelle où ils sont à la vue de ses grandeurs ineffables, qu'ils célèbrent d'une commune joie. Nos voix, qui vont jusqu'à Pieu, sont aussi nos admirations et nos désirs; et si, en prononçant les saints cantiques , nos esprits et nos cœurs n'accompagnent pas nos paroles, nous demeurons muets lorsque nous croyons parler bien haut. Il faut donc louer Dieu par nos admirations, par notre joie intérieure, par nos désirs, par notre amour, comme les saints anges.

CUM QUIBUS ET NOSTRAS VOCES UT ADMITTl JCBEAS DEPRECAMUH : AvCC Usqucls flOUS VOUS

prions d'ordonner que nos voix soient jointes. Nous ne pouvons rien souhaiter de plus avantageux que d'être unis aux saints anges pour louer Dieu avec eux. Mais quel rapport entre des esprits si purs et de malheureux pécheurs? Quelle proportion entre les louanges continuelles des saints anges, qui ne souffrent point de distraction, et nos prières si faibles, si interrompues, et qui sont souvent des sujets de gémissements et de larmes? Nous n'avons garde de nous confier à nous-mêffies , et de croire que nous pouvons mériter d'unir nos voix à celles des anges; c'est pourquoi nous demandons que , par l'ordre et la grâce de Dieu, qui rend dignes ceux qui étaient indignes, et qui peut tout ce qu'il veut, nous puissions être admis à une si excellente société.

ScppLici coNKESsiONE DicENTES : Eli disant humblement avec eux. Cette union aux anges, qui nous est si glorieuse, n'empêche pas que nous ne nous tenions dans l'humilité qui convient à des suppliants, et que nous ne protestions, lors même que nous louons Dieu, que nous sommes indignes de le louer et de chanter la glorification suivante : car nous savons que Dieu a rejeté les louanges des pécheurs (2) et que Jésus-Christ imposa silence (3) avec mépris et menace au démon qui lui disait : Vous êtes le Saint de Dieu.

(1) L:uKlate eum, oninrs angeli ejus ; laudate eum, omnés virliiivs fjus. Psul. cXLviii, 2.

{'2) iVc.aioii dixii Deus : <Juare tu enarras jusiilias ttitial l'sul. xLix. 16.

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