PRÉPARATION DE l'aUTEL
1. Antiquité des autels. — 2. Autel fixe et portatif. — 3. Nécessité de l'un ou de l'autre. — 4. Un autel doit-il être consacré, et par qui? — 5. F faut-il des reliques? — 6. Abus à éviter. — 7. Divers cas dans lesquels un autel perd on retient sa consécration. — 8. Difficidtés sur la fraction du sépulcre. — 9. Quand l'autel est violé, l'église l'est-elle aussi? — 10. L''S nappes d'autel sont-elles de précepte rigoureux pour le nombre, — 11. poitr ta bénédiction. — 12. pour la matière, — 13. pour la propreté.— 14. Faut-il sur l'autel une croix avec l'image du crucifix? — 15 En faut-il une guand le sainl sacrement est exposé ? — 10. Peut-on, en certain cas, célébrer sans croix sur l'autel? — J7 La lumière trèsnécessaire pendant la célébration du sacrifice.—i8. Faut-ildelacire?—i9. Nombre des cierges. — 20. Troi» oOservations sur cette matière.
1. Si nous faisions ici un traité général du sacrifice, nous ne manquerions pas d'observer que les autels de l'Eglise catholique sont de la plus haute antiquité (I) ; que leur consécration, si odieuse aux prolestants, a été en usage dans les siècles les plus purs (2); qu'à raison d'eux-mêmes ou de leurs accompagnements, ils ne présentent rien à un esprit éclairé qui ne puisse nourrir sa piété et sa religion; que l'autel pris en soi rappelle tout naturellement la mémoire, ou do la table sainte sur laquelle Jésus-Christ Ot sa dernière cène avec ses disciples, ou de la croix à laquelle son amour pour nous l'attacha, ou du
miiiislros \oluit avocare. » Cvprian Ep. 65. Vide S. Irenaeiun, lib. iv, cap. 3i; Ailianis. m Fila S. Anlonii, etc.
(2) Ailiati.is. in Apoloqin ad Cons/mifiiim; Basilius m ps. ciii . Euseb. lib. iv de Viia Cottstaiumi, el iulra, duobus nct^ >eqq.
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calvaire doulourenx surlequrl il voiilul bien expirer pour les hommes ot pour leur s;ilut ; que les nappes dont ro iiiômc aiilcl est cou- Ycrl rcprést-nlent, ou les linges dont il fut enveloppé dans le sépulcre, ou l'éclal de son humanité; que lu croix placée au milieu de cet autel est un trophée de la vicloircque l'Agneau a remportée sur le monde entier, non p:ir le fer, mais par le bois, ainsi que l'avaient prédit les proplièles ; que la lumière qui y brille à droite et à gauche est comme une ombre de ce jour édalanl qui a éclairé les Juifs et les gi nlils, et i|iii des ténèbres les a fait passer à l'admirable lumière de riMangile. M^is ce beau détail est le pariage d'un autre genre d'écrivains. On n'attend de nous que des difficultés praliiiues. Tâchons d'en proposer, et plus encore d'en résoudre. 2. Avant d'en venir là il faut remarquer qu'on distingue deux sortes d'autels, les uns fixes et stables, les autres portatifs. Ceux-ci s'appellent m-a dans la rubrique ; ceux-là altare : tons deux doivent être di« pierre (1). L'autel fixe est attaché à sa base. Sa partic supérieure, c'est-à-dire sa table, n'est que d'une seule pierre, [/autel portatif peut, ainsi que le marque son nom, se transporter d'un lieu t l'autre. 11 doit être assez amplo pour contenir l'hoslic et la plus grande partie du calice, et même quelque chose de plus, c'est-à-dire le ciboire et les pains qu'on y met pour consacrer. C'est ce qu'on appelle communément pierre d'autel, ou pierre sacrée. On l'enchâsse ordinairement dans une tabli' de bois disposée à l'usage du sacrifice, cl l'une et l'autre doivent être à peu près de niveau, pour obvier au péril de répandre le précieux sang. Cela posé,
;5. On demande 1° si un autel est absolument nécessaire pour olïi ir le saint sacrifice. A cela il n'y a qu'une réponse : l'autel, comme il est d'usage dans le cbrislianisnie, n'est pas nécessaire de nécessité de moyen, puisque Jesus-Chrisl ne s'en est pas servi et qu'il a consacre sur une table commune; mais il est nécessaire de nécessité di- précepte, et lie précepte si rigoureux, qu'il n'y a ni évéque ni pape qui ail jamais osé en dispenser.