Ou demande 2° si l'aùlel doit être consacré, et par qui
La réponse n'est ni moins aisée ni moins sûre. 11 faut, pour qu'on puisse célébrer sur un auiel, qu'il suil consacré. Si l'église, qui ne sert au sacrifice que d'une manière éloignée, doit, pour élre élevée à ce haut degré d'honneur, sortir de son premier état, et devenir sainte de profane qu'elle était, il est bien juste que l'autel sur lequel le corps du Fils de Dieu repose presque immédiatement, soil sanctifié autant qu'il est capable de l'être.
(l)Allaria si non fiierint lapidea non consecrenlur. Concil. Ep.ioiieiise cl Cai'iliil. C:iroli M;igni. — Il esl ceppiulant sûr qu'il y a pu autrefois des autels qui n'étaient rjue de liois, ex il y en a eneoro deux à Rome de ci tle snrlp. Uneliinefnis ilsonlélé de inélal, d'anlre fois d'or , léniuin celui nu.- l'ulchéiie, s.eur de 'l'iiéodose , donna à l'église de Coiislauiiiio|jle {Sozomen., lib. ix But., cap. 1). L'.nilclde pierre rappelle plusilisUuclemeut Jésus-CUrist, qui «t la pierre angulaire.
Ft cVst aussi ce que les anciens conciles ont très-élroilement recommandé dans leurs canons {■!). Ainsi un prêtre qui serait a^sez téméraire pour célébrer sur un antel non consacré pécherait mortellement. Ft même dans le doute, pourvu qu'il fût bien fondé, tel qu'il nous paraîtrait si une pierre peu ancienne n'avait ni croix gravées ni sépulcre, il faudrait suspendre son nnnisière, selon celle règle qui n'est pas n'>uve|le : Ecclesice vel (ilUiria quœ tunbigua sunl de conxecratione, consecrenlur. (3an. 18, de Covaecr. dist. 1.
Cette consécration, qui se fait par l'onction du saint chrême avec les prières marquées dans le Ponlifical, est très-spécialement réservée à revêtue \-l , et il ne peut en donner la commission qu'à un évéque comme lui. Cependant comme celle cérémonie, toute respectable qu'elle est, n'est que de droit ecclésiastique, le sainl-siége en a quelquefois confié les pouvoirs à de simples prêtres, qui, chargé» de la pénible culture des ()ays les plus éloignés, se seraient souvent, faute do celle permission et faille d'évêques, trouvés dans l'impuissance de faire leurs fonctions. 5. On demande 3 s'il fuut nécessairement des reliques pour la consécration d'un aulcI. 11 esl constant (jne l'on n'a pas toujours mis des reliques dans les autcN quand on les a consacrés, et qu'ainsi, à parb'r dans une certaine précision, on ne pourrait dire qu'un aulel où il n'y a point de reliii^ies n'est pas consacré. Mais il e^l sûr en même temps qu'eu égard à l'usage de l'Eglise, usage trèsancien ('i-', c'est aujourd'hui, relativement au sacrifice, momliler loquendo , n'avoir point it'aulel, que d'en avoir un où il n'y ait point de reliques. t>s paroles, Ornmus le pcr mérita sancloruin, quorum reliquice hic sunt, en supposent nécessairement. Il est vrai que quelques anciens Missels ordonnent de le^ omettre lorsqu'il n'y eu a point; mais tous les autres, et plus encore ceux qui onl para dans la suite, onl retranché celle rubrique, cumme conlrafre à la discipline présent ■, qui fait loi, et qui la fait très-sévèremenl (a), excepté peut-être le cas de nécessité dont je parlerai plus bas.
G. Quelques pers-onnes se sont imaginé qu'au défaut de reliques elles pouvaient mettre d;ins le sépulcre de l'autel une parcelle de l'eucharistie ou un morceau dt" quelque corporal sur lequel on aurait céiéhré. Il y avait dans celle conduite plus de simplicité que de lumière ; car, pour ne rien dire du corps de Jésus-Christ, qui sûrement n >sl pas fait pour servir d'ornement a une pierre d'autel, il est évident que le corpor.il, perdant sa bénédiction quand ri esl déchiré, ne la peut plus communiquer à autre chose. De plus il ne touche pas physiquement le oorps du Sau-
(2) De ecetosiis, quoties suppr parum consecrationes hsesiiaiur, agcndum est ul sine nlla irepidiuione ronsecrr mur. Concil. Carlliag v, lom.lt Concil., \>. 1216. Placuil allaria, non soluni nnruone clirisniatis, sed pliani sacerdolali beiipdiciione saerari. Cunril. Agalli., can. li.
(ô) V'i(/«cap, 25, de Consecrat. dist. 1.
(4) Vide Saiule-Beuve, t. II, cas 79, ou Ponlas, y» AltfBl, Câsl.
(o) ride Sjivium, q. 83, art. 3, q. 5, p. 597.
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veur, qui ne peut êlrc ainsi louché dans rcucharislie; et c'est pour cela qu'il y a entre le corporal et lo suaire dans. lequel le Fils de Dieu fut mis après sa mort une trèsgrande différence. D'ailleurs, que fera de
L'autel fixe ou simplement dit la perd, 1" lorsque sa table, quoiqu'elle demeure en son cnlier, est séparée de sa base, ou des pieds sur lesquels on l'avait posée; 2" quand celle même table est ou brisée ou rompue
plus un morceau de corporal que le corporal considérablement. C'est la décision d'Iiino-
lout entier qui est sur l'autel lorsqu'on y dit cent 111 (;3), et elle fait loi partout. La raison
la messe? Knfin, quand le ministre prie par en est que dans ces sortes d'autels ce n'est
les mérites des saints, il ne parle actuelle- pas la table seule que l'on consacre, c'est
ment ni de Jésus-Christ ni de tout ce qui a toute la masse de l'autel , ou, si l'on veut, on
pu toucher son corps, mais des martyrs, des consacre la table en tant qu'appuyée sur sa
confesseurs, et de leurs sacrées dépouilles, base, et c'est pour cela que l'évoque fait les
Il faut donc avoir des reliques de saints, et de saints dûment reconnus par l'Eglise, à qui il appartient d'en juger. En faut-il de plusieurs? Les paroles : Per mérita sancto- :iim, quorum reliquiœ hic sunt, semblent le jéGnir. 11 est d'usage d'en mettre de trois.
Ce que disent quelques théologiens, que les reliques authentiques sont trop rares
onclions sur les quatre jointures qui unissent ces deux parties pour n'en faire qu'un tout. D'ailleurs ce tout , pour bien représenter un seul Jésus-Christ , doit être unique et simple, et il n'est plus tel quand il s'y trouve quelque fracture considérable.
Il suit de ce principe qu'un autel fixe ne perd pas sa consécration, 1° quand on le
pour qu'on soit absolument obligé de s'en transporte tout entier d'une chapelle à l'auservir, n'est pas conforme à la vérité : car tre; 2" quand le mur auquel il était attaché outre qu'on peut employer celles qui étaient s'éboule ; quand il se détache quelques-unes dans des pierres que la vétusté rend inutiles, des pierres qui lui servaient de base, pourvu
que ce ne soit pas de celles qui touchent immédiatement la table et sur lesquelles s'est faite l'onction, qui ne fait du haut et du
Dieu donne chaque année assez de nouveaux saints à son Eglise, pour en fournir le monde entier; leurs ossements, leurs chairs, leurs cheveux, leurs cendres, leurs vêtements même pouvant servir à cet usage, comme le remarque Quarli, que nous allons citer.
Du reste, ces reliques se mettent ou dans une petite ouverture, que l'on nomme le sépulcre, ou sous la masse entière d'un autel proprement dit. Mais il ne doit y avoir sous ce même autel que des corps saints; et si quelques fidèles y avaient été enterrés auparavant, on ne pourrait y célébrer que leurs ossements n'eussent été transportés ailleurs. C'est ce qu'a décidé en 1399 la congrégation des évoques (l).Je ne sais si la pratique de faire jusque sous l'autel d'une chapelledes caveaux pour inhumercertaines familles qui ne sont pas toujours composées de saints, s'accorde bien avec celle décision.
Nous pourrions examiner ici si un autel est consacré par cela seul qu'un prêtre y dit la messe; mais ce que nous avons dit sur une question semblable au sujet du calice résoudra suffisamment celle-ci.