‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 47 sur 411 · INTERRUPTION DE LA UESSE · texte numérisé non relu

INTERRUPTION DE LA UESSE

(Trailé liesSS. Mj^lères, (ie Collet. ) 1. Le sacrifice doit être conlinité sans interruption. — 2. Diverses exceptions. — 3. On doit reprendre un prélre qui a coupé Vaclion du sacrifice. — k. Est-on obligé de suppléer pour iin prêtre gui ne peut achever ta messe? — 5. Qui doit te faire? — ti. l'rois questions sur cette matière. — 7. En quel cas un prêtre est-il tenu de célébrer pour un autre? — S. Quel parti prendre quand on ne sait où en est reste le prêtre qui manque? — 9. En quel intervalle de temps doit' on continuer la messe qu'un autre n'a pu Unir? — 10. Lorsqu'un prêtre tombe en faiblesse , faut-il le communier de la même hostie qu'il a consacrée?

1. Personne ne doute que le sacrifice ne soit une action entière et totale, dont toutes

(1) Quarli, part, ii, lit. 3, secl. 2, dub. 5, pag. 163. Eclit. Yenet.

(2) Cum iiigressns fuerit episcopus aul prosl)ylcr ad missarum solemnia celehranda, nisi passioaliqu:i inicrveiienl, (lullo iiioJo audeai data occasione recudece eic Sijnon. Rom. apud Gralhm disl. i, de Coiisecr , cap 57

(5) Sylvius, 11. ftif 83,art.6,Qua;iilur3, pag. 407, col.

(4) ride Quarti part, ii, lit. 3, sect. 3, dub. i.

les parties doivent, régulièrement parlant, être liées les unes avec les autres. De ce principe constaté par les décrets (2), et par la pratique de toute l'Kglise, il résulte qu'on ne peut interrompre la messe sans péché, et que ce péché, mortel de sa nature, est d'autant plus grief que l'interruption est plus longue et moins fondée en raison : et je crois fort qu'il le serait bien plus, si un prélre quittait ses ornemenis pour vaquer à la bagatelle, comme il arriva à Théophylactc, patriarihc de Conslantinople, que si par une complaisance mal entendue il restait à l'autel une demi-heure ou plus pour attendre un seigneur ou un ami. Au reste, (luoique Sylvius dise assez nettement que l'interruption de la messe ne va au mortel que (piand elle dure des heures entières (3), il y aurait de l'imprudence à se Oer à sa décision. Des théologiens moins exacts qu'il ne l'est ordinairement ne demandent qu'un quart d'heure : et ce terme paraîtra assez long à quiconque voudra réflecliir sur la grandeur de la matière , et sur l'indécence qu il y a à quitter, pour une occupation étrangère, la plus sainte occupation qu'on puisse imaginer (4;.

2. Il y a cependant des occasions où l'on peut saintement interrompre le sacrifice, comme s'il fallait donner l'absoiulion et le viatique à un homme prêt à expirer, oii l'extréme-onction à quelqu'un qui n'a pu recevoir les autres sacrements. Il en est de même par rapport à l'évéque qui doit conférer les saints ordres; au curé, qui doit faire son instruction ou publier les ordonnances de l'Eglise; au supérieur, qui doit recevoir les vœux de religion. Ce serait encore la même chose s'il s'agissait de sauver la vie à un malheureux qui va succomber sous les coups d'un assassin, si suu pasteur ne lu! tend nue main secourable. Sylvius ajoute, d'après Navarre, un autre cas, que je mets dans les notes (5). Mais en l'admettant avec lui, je ne voudrais pas admettre avec d'autres, qu'un prêtre qui n'en est pas encore à rOBertûire, puisse recommencer la messe en faveur d'un évêque ou d'un prince dont on lui annonce l'arrivée. Ni l'un ni l'autre no péchera en manquant la messe qu'il ne peut entendre. Mais un prêtre pourrait bien pécher en s'écartani, de sa propre autorité, d'une loi universellement observée. Je trouverais moins de mal à dire deux messes sans prendre d'ablutions qu'à en couper une au quart pour la recommencer. Si on m'oppose l'autorité de Navarre, d'Azor cl de Gavantus (G), j'opposerai à mon tour Ledesma, Saizeelo, et Gavantus lui-même, qui, dans son Manuel des évéques (7j, cite un décret du premier concile provincial de Milan, le-

(5) Navarrus, cap. 7 de Oral., n. 69, ait : «Se imerrogaluni respoudisse ob exoneralioiieui ODiuino ueceîsjriaiii, miss^in iioo illicite iolerrunipi, si nullalenus usque ad lineiii differri polesl. » Sylvms, ibid., C.

(6) Gavaulus, part, m, lit. 10, iu One.

(71 Mi«aiii iucho.Uam uemo répétai. Coiicil. Hediut. apud Gavmiluin in Manuel, episcop. V. Mis»* rilus, ii. lu. Vide Ûuarti, ibid., dub. i

quel défend absolument de répéter la messe (juand une fois clic a été commencée. Après tout, dans ces sortes de cas, la coutume des lieux résout bien des difficultés.

3. Un prêtre, qui pour do légitimes raisons a interrompu l'action du sacrifice, doit après la consécration , reprendre où il en est demeuré, lorsque l'interruption n'a pas été assez longue pour rompre l'unité morale do l'action. Or l'on regarde comme capable de rompre cette unité toute interruption qui dure deux heures ou plus; d'où il suit que si une faiblesse, ou une affaire pressante séparait le prêtre de l'autel pendant tout ce temps, il faudrait garder les espèces pour être consommées le lendemain; à moins qu'on n'eût prévenu cet inconvénient en faisant achever à temps le sacrifice par un autre prêtre ; ainsi que nous Talions dire dans un moment. ! Que si on a été obligé de quitter l'autel avant la consécration, et qu'on revienne dans l'espace d'une heure, on doit reprendre où l'on a quitté. Mais si on revient plus tard, il vaut mieux , si l'heure le permet encore, commencer une nouvelle messe, que de tenter d'unir, sans une vraie nécessité, des parlies trop séparées pour faire sûrement un tout moral (1). Si nous donnons à l'espace qui précède la consécration moins d'étendue qu'à celui qui la suit, c'est qu'on permet plus, pour éviter un défaut substantiel , que pour en éviter un autre qui ne regarde que des cérémonies accidentelles et préparatoires.

Nous supposions tout à l'heure que, quand un prêtre ne peut finir la messe, un autre doit le faire pour lui. Cette maxime générale étant enseignée dans la Rubrique (2) ne souffre aucune difficulté : mais son application peut en souffrir quelques-unes qu'il est bon d'éclaircir.

!^. On demande donc d'abord, si un prêtre est obligé en conscience à suppléer au défaut d'un autre? Le sentiment le plus commun, le plus sûr, le plus probable, est pour l'alfirmalive. L'interruption du sacrifice est un des plus fâcheux inconvénients, qui puissent se trouver dans la célébration de la messe. Comment donc un prêtre qui a du zèle pour la gloire de Dieu et pour la religion, n'y reméiliera-t-il point, lorsqu'il est en siy» pouvoir de le faire ? Ainsi pensent saint Thomas, Suarez (3), et les meilleurs théologiens, qui croient pour la plupart qu'on ne pourrait y manquer sans péché mortel.

5. On demande en second lieu quel prêtre est tenu de suppléer au défaut d'un autre. II est constant que si celui qui est tombé en défaillance reprenait ses esprits, ce serait à lui

(1) Vide Qiiarli, ibid., dub. 4, pag. milii 168.

(2) Si sacerdos anle consecrationeiii graviter inûrmelur, vel in syncopen inciderit, aut nioriauir, prœtcrmiltilur niissa. Si post coiisecralioncm corporis laiitum anle consecralionom sanguinis , vel ulroque consecralo, id accidit, missa per aliura sacerdolem explealur ab eo loco ubi ille desiit, et in casii necessilalis etiam per non jéjunum. Si tamen non obierit, sed fiieril infirmus, adeo lamen ut possit comiDunicare, cl non adsit alla lioslia consecrata sacerdos qui missani supplet, dividal bosliam, et unam parlem praebeat iuûrmo, aliani ipse sumat. Si autem semiprolata forma corporis obiit sacerdos, quia non est fada

à finir ce qu'il a commencé. Mais en supposant que ses forces présentes ne le lui permettent pas, il faut dire que le prèlre le plus voisin, et à son défaut tout autre qui sera le moinH éloigné, est tenu solidairement à le faire. Il est cependant de l'ordre de préférer ceux qui peuvent faire cette sainte action avec plus de décence. Ainsi un prêtre qui n'a pas encore célébré l'emportera sur celui ([ui a déjà dit la messe ; et celui-ci sur un autre qui aurait déjà déjeuné. Mais ce choix ne peut guère, ce me semble, avoir lieu que dans les villes. A force de chercher à droite et à gauche dans les campagnes un homme mieux disposé, on pourrait par une longue interruption se mettre hors d'état de finir le sacrifice.

6. Si le seul prêtre qu'on peut trouver pour le supplément dont nous parlons, avait sur sa conscience quelque chose qui lui fît une peine sérieuse, il devrait se réconcilier, ou par le ministère d'un confesseur, s'il en avait un à la main, ou par le moyen d'un bon acte de contrition. Un excommunié, qui ne pourrait se faire absoudre, devrait faire la u)émc chose; car l'intégrité du sacrifice, étant de droit divin, doit, au jugement de plusieurs bons docteurs, l'emporter sur les lois humaines, et sur les liens par elle imposés.

S'il ne se trouvait personne pour achever le sacrifice, il faudrait réserver les saintes espèces dans un lieu décent : et le lendemain le même prêtre, ou un autre , s'en communierait, après avoir pris celles qu'il aurait consacrées à sa messe. Si cette ressource manquait absolument , un simple séculier pourrait prendre les espèces consacrées , ainsi que nous l'avons insinué ailleurs : mais il faudrait qu'il fit tous ses efforts pour se mettre en état de grâce, s'il n'y était pas.

C'est une question de savoir si dans le cas d'une messe commencée par un prêtre , et achevée par un autre, l'application du second prévaut, ou si c'est celle du premier.

Pour éviter toute difficulté, il faudrait que le second se chargeât de l'intention de celui qu'il remplace. Mais comme bien des gens , et enlr* autres Quarti, ne l'y croient pas obligé, il faut prendre un parti. Avcrsa donne la préférence à l'application du second. Je pense bien différemment, parce que je suis persuadé que l'essence du sacrifice, se trouve tout entière dans la consécration, et qui plus est, dans la consécration d'une seule espèce (4). Mais comme il y a du danger à se régler dans la pratique sur des opinions très-contestées, et peut-être très-contestables, je me ferais une loi dans le cas présent de n'avoir d'autre intention spéciale que celle

consecralio, non est neeesseut niissa por alinm suppleatur. Si vero obierit semiprolata forma sanguinis, lune aller prosequalur missam, et super cumdem caliccm répétât inlegram formam ab cotoco : Simili modo. de. Vel posset super alium caliccm praeparalum inlegram furmam proferre, et liosliam priuii sacerdolis ac sanguinem a se con seeralum sumere, acdeinde calicem relictuni semicousecralum. Riibric. v'ti't. m, lit. 10, imm. 5.

(3) S Tliom. /lie q. 83, art. 6, ad i ; Suarez, disp. 85, secl. I ; Quarli, in Rubr. niox cit., p. 404.

(i) Contin. Tournety, lom. IX, p. 526 et 545.

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du prêtre au défaut duquel je serais obligé de suppléer.

7. Ou demande en troisième lieu quand un prêtre est obligé de suppléer pour un autre.

Nous croyons qu'il n'y est tenu, que lorsque ce dernier a manqué dans quelque action depuis la consécration entière du pain jusqu'à la communion entière du précieux sang; parce que ce n'est que dans ce cas que le sacrifice manque de quelques-unes de ses parties essentielles ou intégrantes.

De ce principe il suit, 1' contre Fumus, que si le premier prêtre n'a fait que commencer le canon, ou même les paroles de la consécration du pain, il n'est pas permis de continuer sa messe. Ce qu'on peut alors faire do mieux , selon Suarez, c'est de commencer Une nouvelle messe, d'y employer la même matière dont le premier prêtre avait déjà fait l'oblation, et de l'offrir de nouveau.

Il suit , 2° contre Bonacina et Henriquei, que, quoique le prêtre, lorsqu'il manque, ait déjà communié sous l'espèce du pain, il faut qu'un autre prêtre achève la communion sous l'espèce du vin; parce que la communion sous les deux espèces apjiartient, sinon à l'essence, au moins à l'intégrité substantielle du sacrifice.

Il suit, 3° que si le préire ne tombe qu'après la communion du corps et du sang , il n'y a rien à suppléer, parce que ce qui manque alors n'est qu'accidentel. Ces conséquences et les principes dont elles sortent , sont admises par les meilleurs théologiens. On peut consulter Quarti, qui traite très-bisn toute cette matière (1).

8. On demande en quatrième lieu quel parti il faut prendre, quand on ne sait pas précisément en quel endroit le prêtre s'est arrêté; qu'on ignore, par exemple, s'il avait déjà consacréle pain, ounon, etc. Nousrésoudrons cette difficulté par deux petites règles.

Règle 1. Quand on doute si le prêtre a consacré le pain ou le vin, il faut les consacrer, mais sous condition.

La raison de la première partie est que, si on ne les consacre pas, on court risque de n'avoir qu'un sacrifice imparfait; parce qu'il peut arriver que le prêtre n'en ait pas fait la consécration.

La raison de la seconde partie est que , si on les consacre purement et simplement, on s'expose a consacrer une seconde fois ce qui l'est déjà. Il faut donc ne le faire que sou> condition, et il suffit que celte condition soit mentale. Suarez (i), qui d^nne celle décision , ajoute que, quand on ne peut bien savoir si un prêtre avait déjà consacré l'espèce du pain, il est plus à propos de répéter a capite Canonis,que de reprendre seulement à C^Mt pridie. Le même théologien conseille aussi de consacrer alors une nouvelle hostie, et de prendre celle qui est l'obiet du doute,

(1) Quarli, p. m, lit. 10, p. 405.

(2) Suarez, disp. 85, sect. i.

(5) D'autres excluent seulement le temps d'après midi. Toyet Quarti; Bened. XIV.

(i) Si post conseeralionem corporls, aut eliam vini , deprehendilur defeclug alterius speoiei , altéra jam consocrata; Vjnc si nnllo modo hab"ri possit, prncediniliim dit, et

Dictionnaire des rites .«acrés. II,

après la communion du précieux sang. Mais pourquoi s'exposer par une nouvelle consécration à faire un nouveau sacrifice?

Règle 2. Quand on est sûr que le prêtre a consacré les deux espèces, parce qu'il n'est mort ou n'est tombé en défaillance qu'après avoir fait l'élévation du calice, mais qu'on no peut savoir ce qu'il a dit ou fait depuis ce temps-là ; celui qui supplée pour lui, doit recommencer à Unde et memores. Par la mémo raison, s'il a manqué après le Pater, il f.iut reprendre en entier l'oraison Li7;errt nos, qui vient après. C'est le vrai moyen de n'omeltre aucun de ces rites, qui, sans être absolunient essentiels, sont néanmoins d'une grands conséquence.

9. On demande en cinquième lieu en quel temps on doit continuer la messe d'un prêtre qui n'a pu l'achever.

Il est sûr qu'on doit le faire aussitôt qu'il est possible, parce que le sacrifice n'étant qu'une action totale, plus on diffère, moins ses parties ont de liaison : et l'on pourrait enfin différer si longtemps qu'elles n'en seraient plus susceptibles. Mais combien de temps faudrait-il différer pour rompre le nœud d'union jusqu'à i.a pouvoir le rétablir? C'est sur quoi on est fort paitagé. Quelquesuns ont cru avec Henriquez, qu'il n'y a rien de trop dans I espace de vingl-quatre heures; et qu'ainsi un préire pourrait achever le lundi matin une messe que lui-même ou un autre aurait laissée imparfaite le dimanche d'auparavant. D'autres ont renfermé cet intervalle dans le courant de la journée entière : de sorte qu'on peut, selon eux, finir à à six heures du soir une messe interrompue dès quatre heures du malin ; c'est le sentiment d'Azor (3). Enfin la plupart des autres ont borné cet espace à une heure ou deux : et c'est le parti que je prendrais. Les trois autres ont quelque chose qui répugne. Ils sont même contraires à la rubrique, qui, en prescrivant qu'un prêtre à qui la malière du calice manque après la consécration du pain, attende quelque temps qu'on lui apporte du vin ('i-\ suppose qu'il ne doit attendre, ni des vingl-quatre heures, ni même une demi-journée entière.

10. Enfin on demande si le préire qui finit la messe pour un autre à qui une faiblesse subite n'a pas permis de l'achever, doit lui donner une partie de Ihoslie qu'il avait consacrée.

Un écrivain, dont le nom sonne assez mal parmi les théologiens, le croit ainsi. La raison qu'il en rend est que le sacrificateur doit, selon les canons, participera la victime de son sacrifice (5j. Or, le préire infirme dont il s'agit a fait en grande cl très-grande partie l'office de sacrificateur; c'est donc à la propre hostie par lui consacrée qu'il doit participer.

missa absolvenda, ila tanicn ut prastermiitanlur verba el signa qua; pertinent ad speciem deliclentem. Quod si eispeclandu aliquaiidiu lialieri possit, exspeclandura erit, na sacriticium maneat imperfeclum. Rubr. part.m,tit.i, n. 8. (S) yuale eril illud sacriticium, cui nec ip-;e sacrilicaiii parliceps esse coguoscilur. Concit. Totet. %a, cap. 5 ; aynul Grac. cap. 11, de Consecr. Aht. '

Gavantos no va pas tout à fait si loin. Selon lui, il convient que le malade communie sous les mêmes symboies^ dont il a fait l'oblation ; mais cela n'est pas absolument nécessaire. Ce tempérament paraît assez mal imaginé. Car enfin, ou le moribond est encore regardé comme ministre du sacrifice, ou non. S'il est regardé comme tel, non-seulement il convient, mais il est absolument nécessaire qu'il communie de la même ho»lie qu'il a consacrée. Si au contraire il n'est plus réputé tel, il doit communier comme les autres fidèles, c'est-à-dire no recevoir qu'une petite formule, soit qu'il l'ait luimême consacrée à la messe qu'il na pu finir, soit qu'elle ait été consacrée antécédemment.

Or, c'est à cette dernière opinion que nous croyons nous devoir attacher , 1° parce qu'elle est très-conforme à la lettre de la ru« brique que nous avons ci-dessus citée : j'en remets les paroles sons les yeux du lecteur : elles ne demandent ni ne souffrent de commentaire : Si saccrdos non ohieric, sed fuerit infirmus, adeo lumen ut posait comnmnicnre,

ET NON ADSIT ALIA HOSTIA CUNSECRAl'A, sacer-

dos qui missam supplet, aividal hosliam et unam partem prœbeal infirma, etc. Donc, s'il y a d'autres hosties qui- la grande, c'est de ceiles-là, et non de celle-ci qu'on doit communier ; 2° parce que la communion du célébrant, considérée conune telle, doit, de l'aveu de tout h- inonde, se faire sous les deux espèces : or, il est contre tout usage de communier sous les deux espèces un prêtre qui lonibe malade après les avoir cousacrées toutes deux. Donc, il n'est plus regardé comme célébrant, mais comme simple fidèle. Ces raisons, auxquelles Quarli (1) en ajoute encore d'autres qu'on peut voir chez lui, me paraissent si justes que je ne voudrais point du tout m'écarter du sentiment commun. L'objection tirée du concile de Tolède, qui veut qu'un prêtre ne dise aucune messe sans y communier, ne regarde de près ni de loin le cas dont il s'agit. Le concile, en censurant de malheureux ministres qui disaient plusieurs messes, et ne communiaient qu'à la dernière, parle de gens qui, se portant bien, commençaient et finissaient la messe d'un bout à l'autre ; et nous par-

(I) Quarti, p. m, lit. 10, n. sect. i, diib. 6.

{i) SI quis exlra hujusraodi c.isus necessilalis intégra sacramenla non sumpserit, gravisslme peccau Rubrita, part. 111, lit. Il), ". 4.

(5) S. Tlioui. m p., q. 80, art. 12, et q. 82, art. 4.

(4) La rubrique appelle le cdté de l'Epiire le côté gauche, de l'autel. Le côlé de l'Evangile est en effet le côté droil, et le côlé de l'tipitre le côlé gauolie, par rapport au crucilix qui est a l'autel, comme le Poiititical, imprimé iï Bome pour la première fois en 1485, et celui qui fui inipriuié à Venise en 1520, le font remarquer. Mais de peur qu'on ne fût embarrassé en lisant les anciens livres d'église, on doiloiiserver que ces considérations et ces expressions sont récenles. Il n'y a guère plus de deux siècles qu'on |iarle aiusi. Tous les anciens Ordres romains, el tous les auteurs ecclésiastiques jusqu'au \i' siùcle, ont appelé le cAié de l'Ei'Ilre le eôté droit, parce (pi'ils ont pris pi'ur ta gauelie et la droite de l'aulei, ce qui e.sl à la gaueiie ou à lu droite du prêtre ut de ceux qui eaireul dans régli:>e.

Le p;ipe lunoreiil III, vers l'an 1200. diL Qucore à l'ég»rd de l'Iulrdt et de l'Oraison : i Le célébranl se tient au

Ions ici d'un prêlrc qui l'a commencée et poursuivie jusqyes à la consécration, mais à qui une faiblesse imprévue n'a pas permis de l'achever. C'est de ce dernier tjue nous prétendons qu'il no doit pas plus communier de la grande hostie qu'il a consacrée , que du calice, on supposant qu'il l'ait aussi consacré.

Nous ne parlons point du péché que coiomettrait un prélrc qui ne oommuniorail point à sa messe , ou qui n'y communierait que sous une espèce, ou enfin qui, communiant sous toutes les deux, n'en prendrait qu'une partie, et laisserait l'autre sans nécessité. La rubrique dit qu'il pécherait très-grièvement (2). Saint "Thomas (.3) et avant lui le xir concile de Tolède l'avaient dit d'une manière bien précise. La cliose parle d'elle-même. Il n'est pas plus permis de mutiler la communion que la consécration. L'un et l'autre est injurieux, et au sacrifice, et à celui à qui le sacriike est offert.

introït

(Explication du P. Lebrun. ) ri:briqde.

Lcprétre,nyanl baisé l'autel, va aucôti gauche (i), qui est celui de l'Epitre, s'y tient debout, la face tournée à l'autel, fait le siqne de la croix, dit l'Introït d'une voix intelligible, avec le Gloria Patri, et répète l'Introït sans faire de nouveau le signe de la croix. Rubr., tit. IV, n. 2.

REMARQUES

Sur les côtés droit et gauche de- l'autel; sur le lieu, le

nom, la couiposilioii et la répétition de l'Iulroît.

1, Le prêtre va au côté droit de l'EpUre, et s'y tient longtemps pendant la messe par une raison naturelle, à laquelle on en a joint de mystérieuses, qui sont arbitraires, el que nous omettons. La raison naturelle est que, dans les anciennes églises, bien orientées , la sacristie est au midi, à la droite de ceux qui entrent, et que le prêtre, placé de ce côlé»» là, se trouve plus à portée de tous les. ministres qui vont et vienaent de la sacristie à l'autel.

C'est aussi pour cette raison qu'on place de ce côlé-là le siège de l'cvéque ou du célé-

côlé droit de l'autel, Ad dexteram consistil nllaris... ad dexteram pariem allmis primimi iiccedil. » { lunoc. III, de MyM., I. u, c. a. ) Uuraud, eu 1286, ue s'énonce p.is au- Iremcut [Ration., I iv. c. n), el ces mêmes exjiressions se trouvant dans l'Ordre romain de Gaïelaii (Ordo rom. XIV, ,Wiis. Ital. p. 296) ; dans celai d'AméHus, qui écrivait en 1380 ( Ordo rom. xv, p. 4-59') ; dans Haoul de fongres, qui vivait en UÛO, ilans le Missel de Ljon. de 1610, el, dans ceux de [ilusieurs autres Eglises, et niôine dans le Missel romain imprimé a Paris en l!54i, fol. 116, et dam celui de UesaiiçoB, de IS89, p. 109.

Je crois quelaiwoveUe nwnièra d« désig«er la droite et U gauche de l'autel a été iiUrocUiite par Patricio, évoque de Piouza ; lequel, après a»oir corrigé le PoiitiOcal, dédia au pape Innoeeiit VIU te Trmté des cérémoiiicsds fEglke de Rome, l'an U88 Ce traité a été iuiprimé pour la première foissim» le nom de M.ircel, l*au 1516; et l'on > lil que le i6lé paiirlie esll.iotéde l'Epîire ; AccedH ad cornu siiiiilruin altaris tiidelicet em'slote (Cinem., I. ii,c. 2, fol. lU). La rubrique du Missel du saint pape Pie V a adopté celte nouvelle expression, el elle a été suivie par tous les rubriquaires.

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brant aux messes solennelles. L'autel, qui est le lieu propre du sacrifice, n'est pas la place nécessaire de l'Introït, ni de tout ce qui précède l'oblation. Selon les ancieHs Ordres romains du viir et du ix° siècle, le ponlife, après avoir baisé l'autel, allait se placer à son siège, et ne rurcnait à l'autel que quand il fallait offrir. Les évéqucs l'ont encore de même aux messes pontilicales ; et les Eglises de Reims (1) et de Laon (2) ont conservé et suivent actuellement cet ancien usuge à toutes les messes du chœur (3).

11 faut pourtant remarquer que la longueur de ce qui est lu ou chanté a été la principale raison qui a porté à se placer hors de l'autel, pour pouvoir s'y asseoir; car d'ailleurs il convient parfaitement qu'après être monté à l'autel et lavoir baisé, on s'y arrête et on y lise la Collecte. Les oraisons solennelles do la messe du vcndrcidi saint se sont dites du^ rant plusieurs siècles le mercredi saint et le vendredi, quatre ou cinq heures avant la messe , et le célébrant ne laissait pas de les dire à l'autel (4).

'2. Le prêtre faille signe de hi croix, comme les chrétiens ont coutume de faire en commençant une action. On disait même eo quelques Eglises (5) : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Jisprit, ou que le secours du Seigneur soit avec nou.f, immédiatement avant l'Introït; et ces mots sont toujours accompagnés du signe de la croix. Les jacobins ont conservé l'usage de dire : Au nom du Père , etc.

3, Il dit l'Introït. Le commencement de cette partie de la messe s'appelle Introït , c'est-à-dire entrée , parce qu'on le chante lorsque le prêtre entre à l'autel. C'est là l'entrée du prêtre et du peuple, et l'introduction aux prières de la messe. Dans le Missel ambrosien il est nommé Ingressa , entrée. Saint Grégoire l'a appelé antienne pour l'entrée , parce qu'il était chanté en antienne, c'ost-àdire à deux chœurs; et dans l'uncien Missel d'Embrun et de Glandève (6), comme dans tous ceux des églises de Normandie, aussi bien que dans celui des carmes , il est nommé office, parce que c'est par là que le chœur commence l'office de la messe.

L'Introït est ordinairement composé de deux ou trois versets de psaumespu d'autres endroits de l'Ecriture , afin d'attirer l'esprit

yl) Voyez Meurier, doy^n Ue Reims, qui écrivait en loS5. Nous avoiib, dil-il, en celle Kglise d..- Reims encore une cérémonie pariiculière, au moins qui n'esl pas commune à plusieurs Eglises ; cVsi que nous avons un pupilre U pa: l, près de l'aulel, où le prêtre se tient jusqu'à l'Utlèrtoire. Sernum\i de lu messe, loui. 1, p. 112.

(2) Rit. Laudun. p. 98 el 563, Miss. l.'ioV n 1702.

(5) A la calhédrale de Verdun, le célébrant quiUe l'auiol après y avoir dit l'oraison, et va an troue, où il dcnaeure jusqu'à ce que le diacre chante l'Evangile.

(4) Voy. le Sacramenlaire du ix" siècle, donné pai' le p. Menard, p. PI.

(5) Voy. les Mi'îsels de Cli:irtres, en U89; de 'N'ienne, en 1 19; de Grenoble , en Ibiâ, et plusieurs autres. Les carmes disaient, il y a ccnl ans^ lu l'umine Paliis, etc. , et ne le disent plus, suivaal leur Cérémonial de l'an 1616, p. 335 L'Kglis^ de Mayence et quelques autres, quoiqu'elles aient réfornii leurs Mi^stlj sur ce ni du saint Jiape Pie V, l'onl dire Arijuloruiin ujstrum , etc., immédiatement avaul que de commencer .'Introït. Misi. noiitml. 1602. Les chanoines de l'Eglise d'Aix-la-Chapelle disent

de grâce et de prièrt (7), qui este! nécessaire à la messe.

4. Le prêtre dit l'Introït non-seolemont aux messes basses, où il doit suppléer lui seul à tout ce qui se dirait au chœur, mais môme aux grandes messes, parce qu'il pourrait ne pas entendre distinctement ce que le chœur chante. Selon l'usage le plus anciea et le plus commun, le prêtre ne le disait point, comme il parait par les S;icramenlaires donnés par le cardinal Thomasi, par Pamelius, Rocca, Menard, et par plusieurs autres Missels écrits pour le prêtre jusqu'au xiv siècle, où il n'y a ni Introït, ni Epître, ni Graduel, ni Evangile; preuve évidente que le prêtre ne le disait point : mais il y a aussi d'anciens Missels écrits depuis l'an 900(8) , où on lit les Introït et tout In reste.

5. Il ledit d'une voix intelligible, parc(n\ue ce qui est chanté au chœur est du nombre des prières qui doivent être entendues de tout le monde. Mais, comme il est marqué tlans l'Ordinaire des chartreux (9j, aux messes hautes le prêtre doit prononcer de telle manière l'Introït et le Syrie, qu'il ne soit pas entendu du chœur.

6. On dit le Gloria Patri. Originairement on disait pour Introït un psaume entier, et l'on sait que chaque psaume est suivi du Gloria Palri. Dans la suite, depuis environ mille ans, on a abrégé le psaume, mais sans supprimer le Gloria. Après un ou deux versels , l'évêquc, étant au bas de l'autel, faisait signe de dire le Gloria Patri (10). La mes»e en ( ffft ne peut mieux commencer que par la louange de la très-sainte Trinité, à qui lo saint sacrifice doit être offert.

On répète i Introït, cest-à-dire l'antienne. C est la règle établie pour tout ce qui se chante alternativement. On répétait même l'Introït deux ou trois fois. Les Eglises de Rouen et de Sens, et les carmes (11) le dise.nt encore trois fois aux principales fêtes (12), pour une plus grande solennité; ce qui donne aussi plus de temps au prêtre de faire les encensements.

Enfin, on ne doit pas négliger la réflexion d'une infinité d'auteurs (13) depuis le ix' siècle, qui ont regardé l'iniroït composé des paroles de l'ancien Testaioent comme une expres.sion des cris et des désirs des anciens patriarches qui attendaient la venue du Messie.

aussi toujours Adiiiloniati , etc., à la mess* du chœur. (6) Miss, e Bibl. Reg. n. 3878.

(7j Spiritum gratise ei precum. Zach- m, 10.

(8) On voit les liilroït notés avec des points et de petites notes sans lignes dans un Missel écrit vers l'an 900, qui est il Saint-Barthélemi de Liège; dans un autre d'Ulreclit, écrit vers l'an 925, conservé dans les archives de l'église impériale et collégiale d'Ain-la-Cbapelle; dans no Missel de ïroyes, de la bibliothèque du roi, écrit l'an 1600; dao» un autre Missel du comnieuceiuent du \n' siècle, de ta bibliothèque de M. de Coislin, évéqne de Metz, autrefois de M. Seguier, etc.

(9) Ordo Carlhus. c. 25, n. U.

(10) Respiciens ad priorem schoUe.annoitclOtdicatgleriani. Ordo roui, i el m, p. 8 et 56.

(ll)Orflin lih. n, ftubr. 57.

(12J L'Eglise de Laon et les prénaontrés le disent «ms trois l'ois; mais ii la second' ils n'eu répètent que la luouié.

(13) Amal. Alciu:-. iiUùcberi. Ivo Carnut. Ruiterl Iwiocenl 111, etc.

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