DU SACREMENT DE MARUQB
(Résumé d'un grand nombre de Hituels, par BeuveleiJ § I. Dps empêctiemenls du mariage.
Quel est le devoir du curé louchant le 5acrement de mariage f
C'est de présenter au peuple la grandeur et sainteté de ce sacrement, les conditions nécessaires pour le contracter légitimement, et les dispositions pour recevoir les grâces qui y sont annexées ; prenant occasion 4 certains jours, comme serait le premier dimanche de janvier et celui de Quasimodo, auxquels certains Manuels ordonnent de publier le décret du saint concile de Trente, touchant les mariages, de leur parler d'une manière si importante.
Que faut-il pour contracter un mariage légitime?
Il faut trois choses principales.
La première, que lis contractants aient atteint l'âge de puberté, c'est-à-dire, le garçon 14 ans accomplis, et la fille au moins 12. En France, il faut 15 ou 18 ans. Cod. dv., art. ikk. La deuxième, qu'il ne s'y trouve aucun empêchement entre eux.
La troisième, que toutes les cérémonies et les saintes formalités introduites par l'Eglise soient exactement observées. »
Combien de sortes d'empêchements y a-t-ilf De deux sortes : Les uns qu'on appelle seulement empêchants, c'est-à-dire, qui empêchent bien en effet que le mariage ne se puisse contracter, mais qui pourtant ne peuvent pas le rompre quand il est contracté ; les autres sont appelésdirimants, c'est-à-dire, qui n'empêchent pas seulement le mariage qui serait à faire, mais qui rendent encore nul celui qui aurait été contracté avec cet empêchemeut, en sorte que les premiers de
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ces empêchements rendent bien le mariage Illicite, c'est-à-dire, font qu'il ne se peut contracter sans un péché irès-énorme, mais Ips derniers ne le rendent pas seulement illicite, mais encore nul et invalide.
Omis sont les empêchements qu'on appelle empêchants T
Il y en a encore de deux sortes. Les uns qui provien'n-enl en suite de quelque crime, qui sont sept en nombre, autrefois en vigueur, compris en ces vers :
Iiiccslus, raptus spoiisala, mors mnlipris, Susceplus propriae sobolis, mors presbvteralis. Vel SI pa'uileal soliuimiler, aul uioiiialeiii Accipiat, prohibeul liiec conjugiuni sociandum.
Les autres établis de la part de l'Eglise en divers lieux, compris en ces trois vers : ]
liiclcsia; vt'Uliim, nec nou Ipiiipus fcrialum, Alque catecliismus, sponsalia, junclin, voluni, Impecliunl ûcri, perniiltunl làcla teiicri. Quels sont les empêchements dirimants?
On peut aussi en distinguer de deux sortes. Les uns qui sont de droit ancien, lesquels no laissent pas d'élre tous en vigueur, et qui sont douze en nombre.
Error, ronJilio, voluni, cognatio , crimen. CuUus tlisparilas, vis, onio, lipameii, honeslas. Si sis affiiiis, si forte coire uequiliis.
Les autres qui sont de droit nouveau, introduits par le concile de Trente.
Si paruchi et diipliiis desit prœsrniia toslis Raplave sit niiHier, nec pani rrdJila Inta : Haecsocianda vetanl oonuubia, fada relractan..
Pour l'explication des empêchements , outre qu'elle serait trop longue à melire en ce livre , se trouvant communément dans les Manuels et dans tous les auteurs scolasliqiics, on a jugé à propos d'y renvoyer le lecteur.
§ II. Des solennités requises au sacrement de mariage.
Quelles sont les cérémonies et solennités à observer dans le mariaije?
La première, c'est la solennité des fiançailles, lesquelles, quoiqu'elles ne s'observent qu'en certains diocèses, et ne soient point absolument nécessaires pour la validité du mariage, sont néanmoins de trèsgrande conséquence, et ont toujours été en singulière vénération dans l'Eglise. La seconde, c'est la proclamation des bans; et la troisième, la présence du curé ou de quelque prêtre commis de sa part, spécialement à cet effet, faute de laquelle le saint concile de Trente a déclaré les mariages clandestins et par conséquent nuls et invalides.
Qu'est-ce qtie les fiançailles ?
Ce sont des promesses solennelles que se font des personnes de l'un et de l'autre sexe en face de l'Eglise de se prendre réciproquement en mariage.
Que faut-il observer touchant les fiançailles ?
Les Manuels prescrivent cinq clioses principales : la première, quo ceux qui se veulent fiancer aient au moins l'âge de sept ans , et qu'ils soient avtfués de leurs parents, tuteurs ou autres personnes qui en ont la conduite; la seconde, que les fian-
? ailles se fassent en présence du propre curé on de quelque prêtre commis de sa part) et
autant que faire se peut, toujours devant celui de la fille, tout ainsi qu'au mariage, pour observer en ce point l'ancienne et religieuse coutume de l'Eglise; la troisième , que ce soit en la paroisse, et non pas en un lieu profane (tant à cause que l'Eglise le défend, qu'à cause que les fiançailles étant une solennité sainte et une préparation au sacrement de mariage , elles doivent être faites en un lieu de sainteté) ou en d'autres églises que la paroissiale , si le supérieur, pour de grandes raisons, n'en ordonnait autrement par une dispense expresse et par écrit; la quatrième, qu'elles ne se fassent jamais la nuit, et pour cela le curé observe de ne recevoir personne à se fiancer après quatre heures du soir, depuis le 1" octobre jusqu'à Pâques, ni après six heures, depuis Pâques jusqu'au 1" octobre; la cinquième, que les parties, ^aussi bien qu'au mariage, déclarent leur volonté nettement et en termes si clairs, qu'il n'y ait aucun lieu (l'anibiguité; la sixième, que trois ou quatre jours avant do se fiancer ( d'autres disent avant Li publication du premier ban), ils viennent séparément trouver le curé, pour recevoir de lui les instructions nécessaires, non-seulement touchant le sacrement auquel ils se disposent, et les empêchements qui s'y peuvent rencontrer, mais encore pour apprendre les articles de la foi, les romman.déments de Dieu et de l'Eglise, le nombre des sacrements, si déjà ils ne les savent, sans quoi quelques évêques,dan8 leurs Manuels, défendent très-expressément de publier leurs bans.
Dans quel lien le curé doit-il faire ces sortes d'instruclions et demandes?
Elles se doivent faire à l'égard de la femme, dans l'église, en présence de ses parents, en sorte néanmoins que personne ne puisse entendre ce qui se dit, de peur que la timidité ne l'empêche de déclarer librement sa volonté et les empêchements, s'il y on avait ; à l'égard de l'hoinme, elles se peuvent faire au lieu qu'on jugera plus à propos, soit dans l'église, soit en la maison.
Que doit-on observer dans les cérémonies actuelles des fiançailles?
La première chose que doit fair^ le prêtre, c'est de se présenter à l'église revêtu de surplis cl d'élole blanche, le Manuel en mains, accompagné d'un clerc qui porte un aspcrsoir trempé dans de l'eau bénite; la seconde, étant arrivé dans la nef, en présence de l'assemblée, ou bien, selon d'autres Manuels, à la porte de l'églitse, ad fores ecc/esi(E, c'est, si le clerc ne le fait comme il est obligé, de placer l'homme à sa ganche, et la femme à sa droite, ne souffrant point en ce sacrement, non plus qu'à celui du baptême, qu'aucun laïque soit jamais derrière lui, et qu'il s'y fasse aucune insolence ; la troisième, c'est de convier les assistants, avant de commencer , à fjiire quelque prière conjointement avec lui, disant pour ce sujet tout seul: Veni Creator ou Veni sunde Spiritus , ou Sub tuum prœsidium , avec l'oraison; la quatrième, c'est de garder toute la gravité que demande une action si sainte, et de faire garder aux
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assistants la modestie , leur défendant de eommetlrc aucun geste, ou de dire chose aucune qui ne soit digne du lieu où ils sont et de la céromonic à laquelle ils assistent ; la cinquième, c'est de suivre ponctuellement les rubriques du Rituel, et parliculièrenicnt de demander aux parties le serment sur les choses qui sont cotées en son Rituel.
Pourquoi est-ce que l'Eglise demande ce lerment solennel des parties f
Pour agir avec prudence et éviter toute sorte de surprise.
Comment doivent jurer les parties?
Par la sainteté du sacrement de mariage, et par le bonheur qu'ils se désirent et à leur postérité , et encore qu'ils ne prononcent point ces paroles-là, cependant ils font autant en jurant que s'ils les disaient.
Que doit faire le prêtre après que la cérémonie des fiançailles est achevée ?
11 doit exhorter les parties à se préparer, par tous les moyens possibles, à recevoir comme il faut le sacrement de mariage, à se confesser et communier deux ou trois jours auparavant, à recommander cette affaire aux prières des gens de bien, et surtout au saint sacrifire de la messe, à éviter tontes les superfluités et dépenses excessives en habits, festins et semblables choses , à inviter Jésus-Christ à leurs noces, par le moyen des aumônes et prières, pour attirer les bénédictions de Dieu sur eux, et à ne point demeurci* dans un même logis, depuis qu'ils sont fiancés, ce qui est expressément recommandé par le concile de Lalran et le concile de Trente.
Quand se doivent faire les fiançailles?
Devant la publication des bans, dès que les parties sont d'accord , si faire se peut.
Est-il permis de fiancer et marier en même jour?
Dans certains lieux cela est expressément défendu sous peine d'excommunication , de quelque état, qualité ou condition que puissent être les personnes qui contractent.
Ne pourrait-on pas se rnarier le jour que le dernier ban atirail été publié, ou qu'on aurait obtenu quelque dispense?
Les Manuels le défendent encore , sans la pcrinission expresse de l'évêque , si ce n'est que ce fût la veille du premier dimanche des Avents , ou du premier jour de Carême; et en ce cas il faudrait qu'à la précédente publication il avertit le peuple que le mariage se célébrera incontinent après le dernier ban annoncé.
Combien de temps d'intervalle fàut-il garder entre les fiançailles et la bénédiction du mariage ?
Cela n'est point déterminé ; mais l'Eglise semble désirer que le temps ne soit point long, comme serait un mois ou six semaines : et au reste les Manuels défendent de différer plus d'un an, s'il n'arrive quelque empêchement considérable.
Comment faut-il se comporter à l'égard des inconnus et étrangers? f
11 ne faut pas les recevoir à contracter que
premièrement on ne soit assuré de leur état et condition, et qu'il n'apparaisse de la licence de l'évêque, ou de son grand vicaire en son absence, parce qu'encore que tout prêtre soit censé le propre curé de ces sortes de gens vagabonds, qui n'ont point de demeure arrêtée , et par conséquent capable d'assister à leur mariage : néanmoins il y a toujours sujet de se méfier, et souvent il en arrive de grands inconvénients. Et c'est le plus sûr en cette occasion d'avoir recours au supérieur, et ne rien faire sans sa permission à ce sujet.
S'il se trouve quelque difficulté dans les mariages, que faut-il faire?
Les Manuels ordonnent d'en communiquer au supérieur, et en tous les doutes qui se pourront rencontrer en cette matière, ne rien entreprendre sans l'avoir consulté.
Ces mariages clandestins , c'esl-à-dire qui se faisaient du consentement des parties , lans publication des bans , en l'absence du curé, avant le concile de l'rente, étaient-il» licites ?
Nullement , parce qu'ils se faisaient contre l'ordre de l'Eglise , bleu qu'elle n'eût point encore irrité ces mariages.
Qu'entend-on par le propre curé?
far le propre curé se doit entendre, non pas le curé d'origine, c'est-à-dire , du lieu précisément où on a pris naissance, mais du lieu de la demeure et du domicile, où d'ordinaire pour le présent on fait sa résidence, en sorte que si l'une des deux parties avait deux domiciles en deux différentes paroisses, dans lesquelles elle demeurât également, c'est-à-dire, moitié de l'année en l'une et moitié en l'autre , il faudrait à son égard faire la publication des bans en toutes les deux paroisses.
Combien de temps faut-il avoir demeuré sur une paroisse pour en être censé paroissien ?
Cela est différent selon les divers diocèses Dans ceux de Paris et Soissons on se contente de deux mois (pourvu, dit le Manuel , qu'on y eût demeuré ce temps-là de bonne foi , c'est-à-dire, en intention d'y faire sa résidence ordinaire). A Chàlons on en demande six, cl d'autres demandent un an tout entier , à moins de quoi il faudrait publier les bans dans la paroisse où ils sont présentement résidants , et en celle d'où ils sortent immédiatement.
Qu'appelez-vous fairt ia publication des bans?
C'est faire savoir an peuple qu'il y a promesse de mariage entre telles et telles personnes.
Pourquoi se fait cette publication des bans ?
1* Afin de découvrir les empêchements qui pourraient faire obstacle au mariage.
2° Afin d'exciter tous les paroissiens , qui comme membres d'un même corps, doivent prendre intérêt au bien de chacun en particulier , de recommander cette affaire à Dieu, le prier instamment que ce mariage puisse réassir à sa gloire et au salut des parties
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qui le contractent. Nnptiarum benedictionem, $i tempiisdatur,die fitsCo prœcedenti denuniiabil, idqite populum graviter monebit, ut sponsis a Deo graliam ccelestium benediclionum precentur, quibus perfusi matrimoiiium sancte tractent siilutaresque fructus inde ca~ piant. S. Carol. supra.
Qu'y a-t-il à observer en cette proclamation de bans î
1* Que les fiançailles soient faites auparavant , s'il se peut', afin d'êlre assuré par celte promesse solennelle du consentement libre et mutuel des parties. Cela est pourtant défendu en divers diocès<»s. 2' Si les parties sont de deux différentes paroisses, il faut les publier en toutes les deux. Et le même se doit observer à plus forte raison , s'ils sont do deux différents diocèses, ou si l'an d'entre eux n'avait pas demeuré près d'un an dans celui où il veut se marier. El outre cela leB Manuels d'Orléans, Châlons, Bologne et autres, veulent qu'ils obtiennent de l'évêque la licence ou permission, qu'ils appellent communément dispense de non diocèse , sans laquelle ils défendent à tous curés de donner la bénédiction nuptiale. 3' H faut que cette publication se réitère par trois fois en l'église paroissiale , au milieu de la messe , tout le peuple assemblé par trois jours de dimanches ou de fêtes chômées dans le diocèse, avec expresse signification que c'est pour le premier , le second ou le troisième ban : ajoutant à la fin qu'il y a peine d'excommunication (si elle est en vigueur dans ce lieu) â ceux qui sciemment, par malice et sans cause y apportent empêchement , comme pareillement à ceux qui, en connaissant quelqu'un, ne viendraient point à révélation. Où il est seulement à remarquer que s'il y avait trois fêtes de suite, afin de ne pas surprendre ceux qui auraient quelque empêchement à découvrir, il faudrait laisser au moins un jour d'intervalle entre la première et la seconde, ou entre la seconde et la troisième publication. k° Que cette publication se fasse à la réquisition et à la prière des parties qui contractent, des pères et mères, ou autres personnes intéressées au mariage. 5° Que dans la publication on mette les noms et surnoms des accordés, de leurs pères et mères, de leur demeure, et leur condition ; et si leurs parents sont vivants, on exprime fils ou fille de tel ou telle, de telle condition, demeurant en telle paroisse. Les Manuels de Châlons, Angers , de Meaux et de Chartres, ajoutent touchant la publication des bans en considération des pauvres de la faire gratis. Ne pauperes, disentils, graventur muUitudine publicalionum.
Si après un espace de temps que tes bans auraient été publiés , le mariage ne s'accomplissait pas?
Il faudrait après deux mois écoulés, selon le Manuel de Rome , de saint Charles , de Paris , de Rouen et autres , et selon d'autres , après quatre ou après six mois recommencer tout de nouveau les dites publications , comme si elles n'avaient point été faites, si l'évêque n'en jugeait autrement.
5'»; te forme quelque opposition à la célébration des mai'iagesî
Le curé la recevra par écrit, et la fera signer à l'opposant, ou en cas que ledit opposant ne sache signer, il en fera mention dans son acte , qui sera signé de deux témoins avec lui. Aussitôt il en donnera avis aux parties, auxquelles il défendra de passer outre, et ne les admettra pas à la bénédiction nuptiale, jusqu'à ce que par l'official il en ait été ordonné; renvoyant pour cet effet lesditos parties par-devant lui et surséant la publication des bans.
Mais s'il se trouve que quelqu'un lui donne avis d'un empêchement , sans toutefois s'opposer?
Il rédigera par écrit lesdits avis, et s'informera de la vérité, puis renverra le toul clos et scellé à l'official, duquel il attendra la réponse, auparavant que de passer outre : et dans ce cas le dénonciateur pourra servir de témoin, s'il ne se rend pas partie, et que d'ailleurs ledit curé connaisse qu'il n'ait pas donné cet avis par animosité.
Si le supérieur donne dispense de quelqu* ban, comment faut-il se comporter?
1° 11 faut considérer si elle est en bonne forme, c'est-à-dire signée et scellée, car on ne doit pas croire à une simple permission qu'on pourrait dire avoir été donnée verbalement. 2° 11 faut en faire mention dans la publication du dernier ban, et signifier le jour que se fera le mariage, afin que ceux qui sauraient quelque empêchement, sachent le temps dans lequel ils doivent le révéler. Ce sonl les Manuels de Châlons , de Rouen , de Beauvais et de Périgueux, qui font cette remarque; si ce n'est, ajoute ce dernier, que pour de bonnes considérations il ne faille pas le faire.
} III. De la célébration du mariage.
Quelles précautions doit apporter un curé pour admettre quelqu'un à contracter le mariage ?
Il y en a quatre principales. La première regarde les personnes; la deuxième le temps et le lieu ; la troisième les dispositions avec lesquelles les fiancés se doivent présenter ; la quatrième les abus et les superstitions qu'il faut empêcher.
Qu'y a-t-il à prendre garde pour les personnes ?
1* C'est de n'admettre jamais aucun hérétique à ce sacrement : car encore que l'hérésie ne soit pas un empêchement dirimant: cela ne se peut faire pourtant sans un Irèsgrand péché, et quiconque lentreprcnd sciemment, était suspendu ipso fado de la fonction de ses ordres dans le diocèse de Paris, et de Châlons (avant 165i). 2' N'y admettre des personnes inconnues ou étrangères qu'avec les précautions ci-devant déclarées au paragraphe des fiançailles 3° Examiner soigneusement ce qui concerne ceux qui , ayant été absents l'un de l'autre , même pendant un espace de temps très-notable, pendant leur mariage, veulent contracter avec d'autres, ayant ouf dire que leur partie était morte ,
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se gardnnt bien de les admotirc qu'il ne voie tinrertific.i( aulhenliquede quelque personne rcclésiasiiqiie en charge ou des orfiricrs royaux , comme Iclle personne est morte en tel lirU.en tel jour. En un mol, conime porte la consCilution de Clément V : Ceitus nuntiiis de morte allattts sil. C'est ainsi que l'a pareillement ordonné un concile de Tours , rapporté dans le Manuel d'Anjjers : Altcro coiijtigum absente , ei qui domicilium non drservil , aut ei qui secessil non licere nubere dccernimus , donec certisnmis et indubiialis teslimonii.1 de morte alterius illi constiterit, et ab episcopo licenliam obtinueril , et un synode de Chartres. k°. Si ce sont des enfants de famille ou eu la puissance d'autrui , ne passer point outre à la célébration du mariage, s'il ne leur apparaît du consentement des parents , tuteurs ou curateurs , ce qui est défendu en certains [lieux, sous peine d'excommunication, sinon que les parents s'opposent déraisonnablement au mariage de leurs enfants , ou que lesdils enfants fussent âgés de vingt-cinq ans , auquel cas les lois du royaume, qui sont en cela approuvées de l'Eglise , demandent qu'il se fasse après des sommations respectueuses. Cad. civ., art. 151 et i'6'2. 5° Si l'un ou l'autre, ou tous les deux, sont d'un autre diocèse, savoir depuis quel temps ils rn sont sortis; car, s'il y a moins d'un an, il faut, dans certains diocèses, qu'ils fassent publier leurs bans au diocèse et en la pa< roisse où ils résidaient immédiatement auparavant que de venir en celui dans lequel ils veulent contracter le mariage; ce qui est fort à remarquer, et qui, étant observé exactement , obvierait à quantité d'inconvénients.
Qu'y a-t-il à observer pour les témoins?
1° Si les contractants ne nous sont pas connus, comme il arrive souvent dans les grandes villes, ou s'ils nous sont suspects, ou s'il y a peu de temps qu'ils sont nos paroissiens, il faut que les témoins qui viennent certifier à l'Eglise qu'il n'y a aucun fourbe ni aucune dilflculté au mariage qui se présente à faire , nous soient connus , autant que faire se pourra , pour gens de probité et de conscience. 2" Que si nous ne pouvons trouver des témoins de cette qualité, et que nous soyons obligés d'en croire au témoignage des personnes que nous ne connaissons pas non plus, il faut leur faire entendre de quelle importance est la parole et l'assurjmce qu'ils donnent; que, par leur témoignage , ils se rendent caution à l'Eglise de la vérité du serment que ces personnes vont faire; que s'il en arrivait du mal, et qu'on formât dans un temps quelque opposition , que la chose fût dévolue à la justice séculière, et qu'il falliil compulser les registres de l'église, ils seraient responsables non-seulement devant Dieu, mais même devant les hommes, et qu'on se prendrait à eus pour leur faire rendre compte de leur témoignage, faute de quoi, et de se pouvoir justilier, ils seraient déclarés faussaires et punis exemplairement en leurs
personnes. 3". Pour prendre toutes les sûretés que nous pouvons dans de si fâcheuses affaires, il f.iul bien circonstancier leur nom, surnom, la demeure et la vacation , etc. , do ces témoins , et faire signer. Avis qui est d'une très-grande conséquence, parce qu'il arrive très-souvent dans les grandes villes, où on ne peut pas connaître tous ceux qui se présentent au mariage, que des soldats, par exemple, ou autres personnes déjà mariées, gagnent des témoins par promesse, par argent ou autrement, qui déposent en leur faveur, lesquels s'ils se voyaient intimidés de la sorte, ne s'engageraient pas sans doute si aisément à cette sorte de témoignage, k'. Mais si les personnes qui se marient ont des parents ou alliés qui soient présents à la célébration du mariage, ils doivent être choisis pour être témoins par préférence à tous autres.
Qu'y a-t-il à observer pour le temps et le lieu?
i° Pour le temps , de ne célébrer aucun mariage après dîner ni devant l'aurore, c'està-dire devant cinq heures du matin en hiver, et devant quatre heures en été, ni de donner la bénédiction nuptiale ou de marier, quoique sans bénédiction en public, avec affluence du personnes en temps défendu, sous peine, en quelques lieux, d'excommunication; ni même de souffrir que l'on fasse aucune assemblée, festin et noces et semblables réjouissances en ce temps-là, que l'Eglise interdit la solennité du mariage, faisant tout ce qui est possible pour qu'on observe ce décret du célèbre concile d'Aix, recommandé en plusieurs diocèses, de ne se marier point les dimanches, même aux autres saisons de l'année que les noces sont permises, ni aux jours déjeune ou de fêtes solennelles. Quelquesuns ajoutent de ne faire jamais de mariage séparément de la messe. Sed sempcr inter mifsarum solemnia. Chai. Cologne, .Malines. 2°. Pour le lieu , il faut que ce soit en la paroisse, et jamais ailleurs : à la porte de l'église, suivant quelques-uns, comme à Reims, à Chartres, et suivant d'autres, devant le crucifix ou devant le grand autel. En sorte que quiconque prétendrait d'aller trouver son curé avec des témoins , dans son presbytère ou ailleurs, sans faire les autres cérémonies. du mariage qui se font dans l'église, contracterait en effet validement, mais encourrait excommunication majeure , ipso facto, au diocèse de Paris, ce qui a été ajouté à l'occasion du mariage d'un appelé monsieur Gaumain , célébré en présence de M. Froger, pour lors curé de Sainl-Nicolasdu-Chardonnet, et pour lequel on a fiiit tant de bruit dans les tribunaux ecclésiastiques et séculiers.
Qu'y a-til à observer pour les dispnsilioni de ceux qui se préicntenl pour célébrer t« mariage?
1° Il faut qu'ils soient instruits des mystères de noire religion, et qu'on ait témoignage qu'ils se sont confessés en leur propre paroisse, sans quoi on ne d' it pas absolument les admettre. 2 S'ils sont de différentes paroisses, il faut qu'ils aient at-
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testation par écrit de la proclamation def bans faile par l'autre curé , auxquels personne ne s'est opposé, ou la dispense de ceux qui n'auraient pas été publiés; et s'ils sont de différents diocèses, que celte allostation soit encore autorisée par la signature et le sceau de l'ordinaire, c'est-à-dire de l'cvêque ou du grand vicaire, laquelle attestation il doit conserver et cnfcrnier dans le même coffre où il garde son registre des mariages.((loclqucs'unsajoutentque celle signature ou ce sceaudoit ctrc encore reconnu par l'évêque ou le vicaire général du lieu où se doit faire le mariage, et qu'il en doit donner la permission. ) 3° Que les personnes qui se présentent au mariage soient à jeun et habillées chrétiennement et modestement, sans fard, sans mouches, sans nudité de gorge, d'épaules et semblables, et que dans l'église , il n'y entre aucun instrument de musique ou autres ; à moins de quoi les Manuels veulent qu'on leur diffère le sacrement jusques à tant qu'ils se soient mis en leur devoir. En- On , pour les personnes qui y assistent, il faut, comme il a été dit aux fiançailles, leur recommander la modestie, et ne soulîrir |ias les insolences , les risées et les autres irrévérences qui se passent souvent; mais les invitera prier Dieu , pour attirer sa bénédiction sur ceux qui se marient.
Quels sont les abus et superstitions que doivent empêcher les curés dans le mariage?
Les superstitions qui se pratiquent d'ordinaire en ces rencontres, sont : 1° De se marier devant le jour, de peur de quelque maléOce, ligature ou sortilège : Mn/c^cium enim se vitare posse credere debenl, si eo pietatis alJectu ad conjuyium accédant, qui prœscribitur in sacris litleris, videlicet lit cum timoré Domini, amore filiorum maçiis quam libidine impulsi copulentur (Sf/nod. Turon. a. 1583, concil. Remens. a. 1583, tit. de Re~ form. matrim.) ; 2° de faire à dessein tomber l'anneau, en le mettant au doigt de l'épouse ; 3° faire bénir plusieurs anneaux pour une même personne; k' renoncer au mariage quand les parties sonl empéchécsde le pouvoir accomplir, et d'en contracler un nouveau devant un autre prêtre; 5° faire une messe sèche.
Les abus qui se conmicttent, sont : 1° exiger comme par force quelque somme d'argent, habits ou choses semblables de ceux qui se marient dans une autre paroisse que la leur, comme il se pratique en quantité de lieux; 2° de faire du bruit et des clameurs par les rues le soir en quelque manière que ce soit, casser des pois, etc., quand une des deux parties qui se marient est veuve, ce qu'on appelle communément charivaris , qui se fait au déshonneur dessecondes noces; •3° se marier le dernier jour devant le Carême ou l'Avent, le lendemiiin ou quelques jours après, faire les assemblées, les festins, les danses, autres réjouissances, même de conduire la femme chez son mari en cérétnonie, ce que saint Ch;irles dél'ead, sous peine d'inlerdil ipso facio; k" faire des dépenses excessives en habits, en feslins,en jeux et semblables, qui seraient bien mieux employées
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ponr les pauvres; 5* boire ef manger avant que de venir à l'église, et employrr loul le malin à s'orner, à s'attifer, rc qui oblige de dire la messe souvent après midi, contre l'ordre de l'Eglise; 6° souffrir que des boufi fons fassent des singeries dans l'église, aillent à l'offrande, portent une serviette en écharpe, et que le lendemain des noces Ils aillent par les rues portant des broches chargées de viandes ; et autres insolences, qui ne seraient pas lolérables aux païens; 7"' de donner des présents on faire aucune élrennc dans l'église ; 8' introduire des violons ou autres instruments, qui doivent peu après servir à l'impudicité.
Entre les abus que commet le curé de sa part aux mariages, un des principaux est d'exiger ou retenir quelque i hose dans ses mains pour son ministère. Ce qui est défendu en ces termes dans les Manuels de Rouen, de Beauvais, etc. : Clericis scu sncristis, quorum ipse parochus opéra et minislerio lUitur, inhibebit ne turpis et sordidi lucri causa a novis conjugibus munerariumalifjuidcxi'janty aut aliquid ex eorum bonis pignoris Inco pênes se relinennt. Nnm inqenua et liberalis esse débet illornm opéra, et quœ relribuunlurecclesiasticis a fideli populo, certe sunt de génère eorum, quœ honeslius accipiuntur, quam pelunlur.
Si après qu'un mariage est contracté publiquement avec les cérémonies nécessaires, on vient ci découvrir un empêchement dirimantf
1° 11 faut voir si on peut en avoir la dispense ou non; si la dispense se peut obtenir, il faut la procurer en diligence, et cependant avertir les parties de s'abstenir du devoir conjugal ; 2° la dispense obtenue et l'empêchement ôté par ce moyen, il est besoin d'un nouveau consentement des parties, pour faire valide le mariage.
Est-il besoin en ce cas de faire de nouvelles proclamations de bans, et que ce nouveau consentement se donne en présence du curé et des témoins dans l'église?
Non, il suffit que par quelque signe extérieur, le mari et la femme renouvellent entre eux réciproquement le consentement et la parole qu'ils se sont donnée autrefois; si ce n'est que l'empêchement soit déjà public ou qu'il n'y ait sujet de craindre qu'il pourra être manifesté un jour; car en ce cas il faudrait qu ils se présentassent à l'église pour contracler de nouveau en présence du curé et des témoins, selon la forme du concile de Trente, si l'évêque le juge à propos.
Si on ne peut pas obtenir dispense de l'empêchement, parce que ce serait, pur exemple, au premier degré de consanguinité ou une impuissance perpétuelle, comment faire?
Il faut les obliger de se séparer et les y contraindre par sentence de l'ofGcial, si ce n'est qu'ils voulussent demeurer ensemble comme frère et sœur, et se comporter tout ainsi que ceux qui jamais ne se sont mariés. § IV. Temps permis de se marier.
En quel temps est-il permis de se marier?
Eu tout temps, excepté depuis le premier
dimanche de l'A vent jusqu'à la fête des Rois, et depuis le jour des cendres jusqu'au dimanche de Quasimodo inclusivement.
Quelle a été l'intention de VF.glise quand elle a interdit le mariage à ses enfants dans ces deux temps de Carême et de l'Avent ?
Ce n'est pas que le sacrement de mariage ne se puisse légitimement contracter en ces jours aussi bien qu'en tout autre, et qu'on ne puisse faire la publication des bans en toutes sortes de fêtes et de dimanches ; mais ce qu'elle défend en cette saison, c'est la bénédiction solennelle qui se fait à la Gn de la messe, c'est cette pompe et cet appareil avec lesquels on mène l'épousée à l'église et au logis du mari, qu'on appelle traductio, ce Bont les festins, les bals et les autres réjouissances qui se font d'ordinaire aux noces, et qui ne s'accordent pas avec le deuil où pour lors est l'Eglise.
Si donc les parties contractantes pour quelque urgente nécessité étaient obligées de se marier pendant le Carême ou l'Avent, comment faudrait-il se comporter ?
11 faut à l'ordinaire, après avoir pris connaissance du sujet qui contraint de faire ce mariage pour lors, faire la publication des bans, si (comme il semble plus à propos pour éviter le scandale ) on n'en obtient dispense du supérieur. Puis au jour préGx, sans appareil, à quelque heure où il y ait peu do monde dans l'église, en présence seulement du curé et de (rois ou quatre témoins, surtout
mariage les dimanches ; de peur que la sainteté du jour n'y soit profanée, que les Odèles à cette occasion ne soient divertis de leur messe paroissiale et de la fréquentation des divins ofGces, et que plusieurs, comme il arrive souvent, des domestiques ou autres qui travaillent au festin, ne soient privés d'entendre la messe.
§ V. De la cérémonie actuelle du mariage.
Qu'y a-t-il à observer dans la cérémonie actuelle du mariage?
Le prêtre revêtu de surplis et d'élole blanche, ou, s'il doit dire la messe incontinent après, revêtu d'aube et d'étole croisée par devant , va trouver l'assemblée à la nef ou à la porte de l'église, selon les différents usages des diocèses, accompagné d'un clerc qui porte de l'eau bénite dans un vase, avec l'aspersoir et le Manuel. Y étant arrivé, après avoir fait quelque prière à laquelle il doit convier les assistants, comme il a été dit aux fiançailles, il prend garde si les parents et les témoins sont présents pour les placer les uns du côté du garçon , les autres du côté de la Gile, il voit si chacun est dans la modestie; puis ayant donné de l'eau bénite aux personnes qui se présentent , comme il se pratique en quelque lieu, il peut leur dire un mot do la dignité du sacrement de mariage; s'il se réserve cela après la publication qu'il va faire, ou après la bénédiction de l'anneau, comme il est en usage en d'autres
de parents ou au moins de leur consentement, 'lieux; et du reste pour les promesses des
leur demander leur volonté en la façon ordi naire, et après avoir dit, Ego conjungo vos, les renvoyer sans la bénédiction solennelle, qui a coutume de se faire aux autres temps avec défense expresse de faire aucune assemblée de parents, de festins ou semblables.
Pourquoi donc l'Eglise défend-elle de se marier en ce temps-là î
Parce que ce sont des jours de pénitence et destinés à la préparation des plus grandes fêtes de l'année qui ne s'accordent pas avec les solennités du sacrement de mariage, qui pour l'ordinaire sont toutes contraires aux oîuvres de pénitence, à cause des excès , des mondanités, des superltuités, de la bonne chère, des vaines réjouissances, où il se commet souvent de grands maux.
jf a-t-il encore queique autre raison Y
Oui, et qui se peut prendre même de l'Eci'ilure sainte : Car si saint Paul demande qu'on s'abstienne du devoir conjugal, qui de soi est pieux cl nécessaire, pour vaquer à l'oraison : si Dieu dans le prophète Joël, c. Il, veut qu'au temps de pénitence, Egredialur sponsus de cubiii smo, et sponsa de thalnmo sito : combien plus de raison a eu l'Eglise de défendre les solennités du mariage en ce temps-là, qui se peuvent faire aussi commodément en tout autre temps, et qui n'est pas si nécessaire ? Voilà pourquoi certains conciles ayant égard à ces excès et aux profanations qui se font d'ordinaire aux mariagcSj ont défendis de célébrer aucun
mariés, et les oraisons qui sont à dire, ou les autres choses qui sont à faire, il observe exactement, pour le temps et le lieu, ce qui lui est marqué dans son Manuel.
Comment faut-il faire pour bénir l'anneau et l'argent qu'on présente?
Il faut se pourvoir d'un bassin dans lequel on les puisse mettre, pour faire plus aisément la bénédiction : car de les mettre sur le Rituel, il semble y avoir quelque inconvénient, si principalement le prêtre ne sait point la bénédiction par cœur, ou si le livre étant ouvert, on vient jeter de l'eau bénite dessus.
§ VI. Des registres des mariages, et des atteslations qu'il faut donner en ces occasions.
Qu'y a-t-il à observer touchant le témoignage que doit donner le curé des proclamations par lui faites des bans de quelqu'un de ses paroissiens , qui va se marier en quelque autre lieu?
1° Il faut que celui à qui on donne le témoignage, ait résidé deux mois de bonne foi surla paroisse, sicen'esl qu'il eût aussi demeuré moins de deux mois sur la paroisse prccéilenle ; 2» qu'il ait été à confesse à quelque prêtre de la paroisse, aGn d en pouvoir faire mention dans le témoignage qu'on lui donne; .'{"que le second ban soit au moins public, et que vingl-quaire heures se soient encore écoulées depuis celle seconde publication, dans les diocèses où il est expressément défendu d'accorder aucune attestation avant ce (emps-là, sous quelque prétexte que ce puisse être; k" que les jours
82» . MAR
anxqiiols ont été faites les publications soieulspéciGés, et comme il n'y a point d'empêchement, à pea près comme il s'ensuit.
Formula lillerœ tcstimonialis super trina bannorum proclamutione.
Ego N. Pastor ccclesiae S. N. de tali loco, iiolum facio, me umim, aul duo aut tria, ut loqimnlur, baniia, seu proclamationes ferissc. Primam scilicct die N. sccundam...
Tertiam die hujus mensis.... inlcr nobi-
Irm (seu honestum virum) N. parochi» nostr.c, vel parochiaî S. N. de tali loco, cl nobilera (seu honestam fcminam) N. parochiae nostrœ, vel parochiœ S. N. Ex quibus {vel ex qua) nullum nobis innotuil iinpcdimcntum quominus possiiit sacramenli malrimonii vinculo copulari. Testamurque [expritnendum nomcn illius qui, vel quœ est ex parochia sua) peccata sua prius confessum, vel confessam fuisse, et sacra synaxi rcfectura, vel refectam fuisse ; si idprœsliierit ut débet. In cujiis rei Cdem praescnlcs manu niea Eubsignavi die... mensis.... annn Domini millesimo, etc.
Quelle est la manière d'enregistrer les m^ riages?
Le jour du mois de de l'année
mil aprùs les fiançailles et la publication faite des bans de mariage entre N. dt
telle qualité, de\a paroisse de et N. dételle
qualité, de celle de et ne s'ctant découyert
aucuii empêchement; je soussigné, curé ou
vicaire de la paroisse de les ai mariés et
leur ai donné la bénédiction nuptiale {s'il a dû la donner), selon la forme prescrite par la sainte Eglise, en présence de tels et tels, exprimant leurs. qualités.
Si le supérieur donne dispense de quelque ban?
Il faut en faire mention dans le registre en cette forme :
Le, etc après les fiançailles et la publication d'un ou de deux bans de mariage entre tel et telle; monseigneur ou monsieur N. grand vicaire les ayant dispensés du second ou du troisième, je soussigné, etc. (De même en faut-il faire des rescrits de Rome).
S'il donne dispense de tous les trois?
Il faut mettre :
Le jour, etc. Vu la dispense do trois
bans de mariage entre tel et telle, de telle paroisse , qu'ils ont obtenue de monseigneur, ou de monsieur le vicaire général , laquelle j'ai entre mes mains; je soussigné, etc.
Si l'évéque ou le curé donnent permission à un aulra prêtre de faire ou plutôt d'assister au mariage pour la validité ?
Ledit curé en doit tenir registre en même livre, et enregistrer ladite licence. Et le prêtre qui a été présent à la célébration dudit mariage avec les solennités requises, retiendra cette licence par devers soi, cl mettra dans ledit livre l'acte de la célébration on la forme susdite, sauf qu'au lieu du nom de curé, il mettra; je soussigné, prêtre de telle paroisse, avec la permission do mon-
MâR
seigneur l'évéqnc, ou da cnré, etc. Ou bien le curé lui-môme pourrait enregistrer le mariage, comme s'en suit : N. prêtre, etc., par ma licence, ou en vertu du pouvoir à lui donné par, etc., demeuré entre mes mains, a conjoint en mariage tel et telle, etc. Et moi N. curé de N. ai souscrit et attesté que la chose s'est ainsi passée. Après quoi il ne faut jamais omettre de faire signer les lémoins, ou du moins déclarer qu'ils ne peuvent signer.
Ne faut-il pas aussi enregistrer les fiançailles? Il y a certains Manuels, comme ceux de Boulogne, Meaux, et autres qui le commandent; parce que, faute do cela, il arrive quantité d'inconvénients. Or la manière de les enregistrer est celle-ci :
L'an... le... jour du mois de... ont été fiancés en celle église N. et N. de (elle et telle paroisse en présence de N. et N. parent*, de N. et N. témoins, par moi cnré {ou vicaire) après la publication d'un ban {ou de deux, ou de trois) faite (tel jour ou tels jours) au prône, auquel {ou auxquels) il n'y a eu aucun empêchement.
§ VII. ICiplicaliondos cérémonies do mariagi». Quelles sont les cérémonies qui se protiquent dans l'administration du sacrement de mariage?
11 y en a qui précèdent, les antres raccompagnent, et les autres le suivent.
Cérémonies qui précèdent le luariige.
Quelles sont celles qui devancent le ma^ riiigef
Elles sont de deux sortes : les unes éloignées , comme les fiançailles et la publication des bans, dont il a été parlé au § 2; les autres prochaines, comme de venir à l'église de la paroisse en la compagnie des parents et autres personnes intéressées an mariage; cl se présenter à son propre pasteur pour recevoir de lui la bénédiction nuptiale.
Comment faut-il se présenter à l'Eglise pour y recevoir ce sacrement?
Il faut : 1° venir bon en ordre, c'est-à-dire avec modestie, tant de la part des fiancés, que de la part des assistants; 2* s'y comporter avec grande révérence, sans s'y entrer tenir, deviser ou faire choses semblables. Est-il à propos d'être lestement vélul Non; les saints Pères défendent toute sorte de mondanité en ces occasions : 1° pour honorer le sacrement ; 2' pour en recevoir les effets avec plus d'avantage. Ut item die malrimonii celebralionis et benedictionis ad Ecelesiam accédant omni vestium modcralione,di> gnaque tanclitate Christianœreligionis, ita ut quanto gcneris claritate illustriores sunt, tanto sludiosius in luce omnium splendescnnt virtute prœcellenti, quœ Chrislianœ nobiiitatis propria, in abjiciendo sœcidi luxu fugiendisque barbaris vestitus sumplibus tnaxime elucet. S. Carol. ubi sup. de Sacram. Matrim. Vide S. Chrysost. homil. 56 in Gènes.
Pourquoi les parents doivent-ils y assister? Pour montrer que le mariage est légitime et qu'il se fait de leur bon gré.
Que signifie cet appareil de la parenté rangé avec tant de modestie?
Il luarquo la paix, l'union et la concorde, qui se doivent rencontrer entre les personnes mariées.
Par qui doivent être présentés aux prêtres les fiancés ?
Il est bien à propos, comme l'Eglise le désire, que ce boicnl les parents ou autres personnes priées pour cela. A paronlilnis vel paranywpltis. ConcW. Carthaq. iv,c. 11.
Que signifie celle couronne de ruses, ou ce chapeau de fleurs , que l'épouse porte sur la tête?
Cette couronne est une marque de la virginité qu'elle doit avoir conservée et des victoires qu'elle a remportées sur la cliair. Idcirco coronœ imponuntur capiti, uî victoriœ signa sitil, quod scilicet antea libidini impenelrabiles, ita demum cubiculum inyredianlitr, quia scilicet voluplale superati non sunt. S. Chrysost. hom. 9 in 1 Cor. m. Ideo cliam corona ista oiim bencdiccbatur, sic enim in veleribus Lilurgiis legilur -. Benedic, Domine, annulum istum, et coronam islam, ni sicut annulas circumdat dit/ilum hominis, et corona capul : ita gralia Spiritus sancti circumdet sponsum et sponsam, ut videant fitios et filias usque ad tertiam gcnerationem, qui collaudenl nomen vivetilis et regnanlis in sœcula sœculorum. Amen.
Céiémoiiies quiacconipagneul le mariage.
Quelles sont les cérémonies qui accompagnent le mariage ï
La bénédiction de l'anneau et de la pièce de monnaie, appelée en quelques lieux le Ireizain (si déjà l'anneau n'est bénit), les promesses mutuelles des deux parties qui se donnent la main l'une à l'aulre, et la bénédiction solennelle que leur donne le pré- Ire, leur souhaitant au nom de la sainle Eglise une heureuse issue ou succès favorable dans leur mariage.
Pourquoi est-ce que le prêtre bénit cet anneau, et le donne premièrement à l'époux.
Pour lui témoigner que l'Eglise, comme parlent les Pères, scelle et cachelte son cœur par ce sacrement afin que jamais plus le nom ni l'amour d'aucune aulre femme ne puisse y entrer, tandis que celle-là vivra, laquelle lui a élô donnée. D'où vient qu'anciennement les cachets étaient gravés du nom et de l'image des per'^onnes qui se mariaient. Unde suffjriant ad cnarrondam felicitutem huJHS cunjuyii, quod Ecclesia conciliât, confirmât oblatio, et obsiqnalum angeli renunliant, pater ratumhabel? 'TertuUian. lib. Il ,id Uxor., cap. 9.
Pourquoi l'époux incontinent après remetil l'a7ineau enlamain de son épouse?
Afin que réciproquement elle sache que son cœur ne doit jamais recevoir d'affection pour aucun autre homme, tandis que celui que Notre-Sl'igneur vient de lui donner vivra en terre. Quod annulas a nponso sponsœ datur, fit Imc, vel propler nmluœ dilcclionis siijnum, vel propler id magis , ut eodeni pignore eorum corda junyantur. Uade et
ZH,
quarto annulas diyito inseritur, ideo, quia in eo vena quœdam, ut ferlur, sanguinis ad cor usque pervenia! (ce que les médecins pourtant disent être faux). Ibid. lib. n de div. OfGcio.
Que sir/ni fie donc proprement cet anneau t
Il signifie l'amour et la fidélité inviolable que se doivent le mari et la femme l'un à laulre, et on n'en donne qu'un, pour montrer que la polygamie est défendue. Anliquis non amplius una dabalur, ne pluralilalis amorem unicus caperet. S. Isidor
Pourquoi se met-il à la main?
Afin que les personnes mariées l'ayant continuellement devant les yeux puissent se souvenir de la promesse qu'ils se sont donnée, et comme ressusciter autant de fois qu'ils le verront, la grâce qu'ils ont reçue au sacrement de mariage.
L'usage des anneaux est-il fort ancien au mariage?.
Oui : nous en voyons des exemples, non seulement parmi les païens, mais même en l'AncienTestament parmi les Juifs, et auparavant, même dans la loi de nature; ainsi voiton encore à présent l'anneau de la sainte Vierge à Pérouse en Italie, celui de sainte Anne à Apte, de sainte Ursule à Cologne, et quantité d'autres. Paliar quod vis (disait ïhamar à Judas) si dederis mihi arrhabonem. Ait Judas : quid pro arrhabone vis libi dari. Bespondit : Annulum tuum. Gènes, xxxviii. Vide Exod. xxxv, Isa. i.
Quelle prière fait l'Eglise à Dieu bénissant cet anneau ?
Qu'il lui plaise d'accorder la grâce de son Saint-Esprit, afin que la personne qui le doit porter, fortifiée à la vue de cet anneau, comme d'une arme puissante, puisse résister à toutes les tentations de l'ennemi et le considérer comme un gage de la vie éternelle et de l'amour de Jésus-Christ, aussi bien que l'amour de sou mari. \'oilà pourquoi les enfants bien nés et affectionnés à la mémoire de leur mère ont coutume de garder après sa mort l'anneau qu'elle a porté pendant sa vie comme un gage de sa fidélilé, et pour la révérence de la bénédiction, ne le oiélant pas avec des choses profanes. Emilie Spirilum sanclum paractitum super hune annulum, ut qum illum geslaverit, sit armata virtute cœleslis defensionis., et proficial illi ad œlernam salutem.
De quoi doit être fait cet anneau?
H fut d'abord de 1er et sans pierre; mais depuis il fut d'or, au rapport de Terlullien, et maintenant quelques Manuels demandent qu'il soit seulement d'argent, sans aucune pierre précieuse ni gravure. Sit unicus, dit celui de Paris, argenleus, simplex, absque cœlatura, gemmis, aut lilleris inscriplus.
Prisca videlicet sœcula, et anliqui rictus parcimoniam ac frugales mores designans.
Alex. lib. Il Génial, dier. c. 5.
Aurum de malribus nulia norat, prœter in unico digilo, quem sponsus oppiynerasset pronubo annula. Tcitul. in .Vpolog.c. 6. Vitio Pliu. Hisl. Naà. lil>. xxxyii
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MAR
Que signifie cette pièce de monnnie, ou treizain que le mari donne à son épouse?
!" C'est une inarciiie du iluuuire dunt les parlies sont convenues, que les lois ap[)ell('nt pretium virginilalis; 2° c'est pour montrer qu'ils entrent en communauté réciproque de biens.
Pourquoi hénil-on cette pièce de monnaie f
1° Pour prier Dieu qu'il lui plaise donner la bénédiction nu travail dos mariés : et leur tloiiner suffisance des choses ten)porelles, d'où vient qu'en certains lieux It^ préire, en mettant celte pièce de u)onnuie dans la main du mari, leur dit : Laborcs inanuum veslrarwn manducabilis , bcati erilis, et bcne vobis erit. 2° Pour apprendre à ceux qui se marient, qu'ils doivent faire un saint usage de leurs biens, et ne se servir que dis voies justes et légilinus pour en acquérir.
Pourquoi treize pièces ou trcizuin?
En l'honneur de Jésus-Christ, sanctificateur du sacrement, dit le Manuel d'Arras, et de ses douze apôtres.
Que signifie cette cérémonie de se présenter la niuin l'un à l'autreî
Pour témoigner par là, comme par un serment de fidélité inviolable, l'amitié qu'ils se vont jurer l'un à l'autre.
Pourquoi présenlc-t-on la main droite?
Parce (lu'elle est plus lorte et plus ferme d'ordinaire que la gauche, et que deux, mains droites, jointes ensemble, ont été chez toutes les nations, le symbole et le hiéroglyphe de la fidélité; d'où vient que les anciens nonseulement se portaient honneur et S(; saluaient par la droite, mais avaient coutume de jurer per dexleram, comme le siège de la fidélité et de la vertu.
Pourquoi le mari met-il la main sur celle de son épouse?
Pour montrer : 1° qu'il esl le chef de la fenmic, comuic parle l'Ecriture, et qu'elle lui doit élre sujette; 2° qu'il doit être le premier à garder cette fidélité, et en montrer l'exemple. Avec quel front, dit saint Grégoire de Nazianze, voulez-vous exiger la pudicité de vos femmes, si vous-mêmes vivez en l'impudicitél comment leur demandez-vous ce que vous ne leur donnez pas? Voulez-vous qu'elles soient chastes, comportez-vous chastement envers elles. Et, comme dit saint Paul, qu'un chacun sache posséder son vaisseau en sanctification ; que si, au contraire, vousmêmes leur apportez 4es friponneries, quelle merveille que vous ayez du déshonneur eu leur perte.
D'où vient cette cérémonie?
On peut dire qu'elle est aussi ancienne que le monde, puisque dans la loi même de nature nous voyons que Ilaguel mariant sa fille Sara avec le jeune Tobie, chap. vu, l'Ecriture marque qu'il prit la main droite de sa fille et la présenta à Tobie; d'où nous pouvons croire que cotte cérémonie est dérivée, el passée au christianisme.
Que font les époux en se tenant ainsi la main l'un à l'outre?
Us fout les promesses solennelles de leur mariage et s'administrent le sacrement l'un
à l'autre, selon l'opinion commune, par la
donation el l'aceeptalion mutuelle qu'ils se font de leurs corps en présence du curé et des témoins. C est pourquoi il est bon que le pré- Ire donne avis que c'est en ce moment que Dieu répand la grâce du sacrement dans leurs âmes s'ils sont bien disposés, et que s'ils sentent on eux quelque chose qui puisse y faire obstacle, ils tâchent au moins de faire un acte de contrition avant que de prononcer les paroles.
A quoi obligent ces promesses î
Ces promesses obligent à quatre choses principales. La première est la fidélité; la seconde l'amour réciproque; la troisième la chasteté conjugale ; la quatrième l'éducation des enfants dans le christianisme, sous lesquelles sont comprises la communauté des biens, le secours et les assistances uiu~ luellesjces promesses étaient signifiées par une cérénaonie que l'époux faisait anciennement , d'étendre son manteau sur son épouse, comme il se voit au livre de Huth, chap. m.
Pourquoi l'Eglise oblige-t-elle de répomlr» ea-pressément oui à la demande que fait le prêtre aux parties, s'ils ne reconnaissent , confessent et jurent par-devant Dieu et en face de l'Eglise de prendre un tel ou un» telle pour époux ou pour epoiif ?
Parce que le mariage, pour être légitime, doit être libre, volontaire et sans aucune contrainte, et le consentement si exprès, qu'il n'en puisse rester aucun doute, d'où vient qu'il est appelé dans les saints canons : Volunlatis Sncrameulum, nisi enim voluntus propria su/fragaterit, et vota succurrerint, légitima non possunt esse conjugia. Evaristus papa.
Que signifie celte cérémonie qui se pratique en certains lietix de lier les mains des parités ainsi jointes avec l'clole ?
C'est pour exprimer encore davantage comme le lien de niariage est indissoluble; car comme ce sacrement est une figure do l'union de la nature humaine avec la personne du Verbe, el que l'étole représente cette humanité, laquelle ayant une fois prise il ne quittera jamais , cette liaison des mains qui se l'ait avec l'étole marque à ceux qui se marient qu'ils ne peuvent non plus se séparer après avoir une fois consenti au mariage, que l'humanité de Jésus-Christ ne sera jamais séparée de la personne du Verbe, depuis qu'une fois il s'en est revêtu: car qui a l'ait l'une de ces deux unions, a fait p.ireillement l'autre. Qucmndmodum enim diciiur de prima quod semel assumpsil nunquam dimisit; ita de secunda dicitur:Quod Deus conjunxit, homo non separet.
Qu'opère le consentement des parties en cette parole, oui?
Le même effet que l'eau et les paroles au bapième; car c'est en ce temps que se produit le lien sacré et inséi>arable , une augmentation de la grâce sanclifiante, la grâca conjugale ou sacramentale, les vertus, les dons du Saint-Esprit et les bénédictions essentielles du mariage.
Quelle est la dernière cérémonie qui accompagne la célébration du mariage ?
G'esl la bénédiclion solennelle que donne le préire au nom de l'Eglise par ces paroles : Ego conjungo vos in mairimoniuin, in nomme Patris t, ei Filii et Svirilus saticli. Amen.
Pourquoi le préire dit-il ces paroles^ puisque le sacrement est déjà fait et le lien conjugal produit par le consentement mutuel des parties?
Pour montrer, disent les Pères, que ce qui vient d'être fait en terre est ratiGé au ciel, et que c'est Dieu qui a formé ce nœud indissoluble. C'est pourquoi en certains lieux le préire comme ministre et ambassadeur de Jésus-Christ use encore de ces termes de l'institution : Quod Deus conjunxit,homo non separet. Et de là vient qu'on appelle , malrimoniwnratum. Obsignatwn angeli renunliant [id est sacerdotes) , pater ralum habet. TcrtuU. lib. II ad Uxor. cap.9:Quod in ipsa conjunctione connubii benedicunlur, hoc esta Deo in ipsa prima hominis conjunctione factum, sic enim scriplum est feciC Deus, etc., et benedixit tos. Hac ergo similitudine fit nunc in Ecclesia quod faclum est in paradiso. Lib. de divin. Off. cap. 9.
' Que signifie cette bénédiction qu'ajoute le prêtre à ces paroles?- ,.
Que la vie conjugale étant instituée de Dieu, est aussi bénie de lui : Illa benedictio quam nupturœ sacerdos imponit, apud fidèles eujusdam sacrilegii instar est , si ulla Iransgressione violetur. Siricius papa epist. 1 , an. 580.
D'où cette bénédiction prend-elle son origine ?
De celle , dit saint Augustin , que Dieu donna au commencement du monde à Adam et à Eve quand il leur dil-.CresciCe et muUiplieamini. Ce qui a dû depuis toujours être pratiqué comme nous voyons dans la Genèse , qu'lsaac donna sa bénédiction à Jacub qui s'en allait pour épouser une femme, et dans le livre de Tobie, queRaguel bénit Tobie son gendre et sa Glle Sara, qu'il lui donnait en mariage.
^ De quelle bénédiction parle VEglise quand elle prie Dieu qu'il accomplisse sa sainte bénédiction sur ceux qui sont présents ?
Elle entend parler do toute sorte de biens temporels et corporels, spirituels et éternels. Deus Abraham, et Deus Isaac, et Deus Jacob, ipse vos conjungal, impkatque benedictionem suam in vobis, et ego, etc. Rcspice, Domine, super hos famulos tuus , ut in tua voluntate permaneant, senescant, et multiplicentur in longitudinem dierum.
Qu'entendez-vous par ces biens temporels ?
C'est une sainte et heureuse postérité , une paix et tranquillité, non-seulement dans la famille , mais dans la ville et dans le royaume où l'on demeure, les commodités nécessaires à la vie, et enOn une bonne et heureuse vieillesse, qui sont tous compris dans le psaume CLvii : Beaa' omnes , qui se récite à la bénédiction du lit où il est dit : llxor tua sicut vitis abundans in laleribus domus tuœ. Filii tui sicut novellai oliva-
rum., de. Benedicat tibi Dominus ex Sion, ut videas bona Jérusalem omnibtis diebus vitœ tuœ : et videas fiiios filiorum tuorum pacem super Israël.
Qu'entendez-vous par ces biens spirituels?
Les grâces pourpouvoir s'entr'aimer mutuellement pour nourrir et élever leurs enfants selon Dieu, pour supporter tous les travaux et les peines du mariage; et enfin parce moyen pouvoir arriver à la gloire éternelle.
Cérémonies qai suivent le mariage.
Quelles sont les cérémonies qui suivent le mariage f
11 y en a trois 'principales : 1" la célébralion de la messe où se fait l'offrande , où se donne le voile et la paix ; 2* le festin ; 3° la bénédiction du lit.
Est-il commandé d'entendre la messe après avoir reçu le sacrement de mariage?
, C'a été de tout temps la pratique de l'Eglise, que le pape Evariste entr'aulres dans le premier siècle, etTertullien dans le second, sem« blent insinuer assez clairement dans leurs écrits , dont le premier même assure que cette coutume descend de la tradition des apôtres, et TertuUien aussi. Aliter enim legitimum non fit conjugium nisi ab his qui super ipsam feminamdominationem habere videntuf, et a quibus custoditur, uxor petatur , et a parentibus, et a propinquioribus sponsetur , tt legibus dicetur et suo tempore sacerdotaliter, ut mos est, una cumprecibus et obldtionibus a sacerdote benedicatur , etc. Et paulo post : Aliter enim , ut a Palribus accepimus , et a sanctis apostolis eorum successoribus traditum invenimus, non fit matrimonium
En quelle posture les mariés doivenl-ils entendre la tnesse ?
A deux genoux, hors de l'enclos de l'autel, etpendanticelle tenir l'un et l'autre une chandelle ardente en la main.
Que signifie ce cierge allumé ?
1* La marque d'innocence et de la virginité conservée depuis le baptême, ouau moins réparée par la pénitence. 2° Il les avertit de se tenir prêts d'aller au-devant de l'époux, comme dit l'Evangile, et de conserver la mémoire de la mort dans la cérémonie qui semble en être la plus éloignée , afin de pouvoir pratiquer par ce moyen ce précepte de l'Evangile, l'empus brève est , reliquum est ut qui habent uxores tanquam non habenles sint
D'où cette cérémonie prend- elle son origine ?
Nous en voyons la pratique parmi les païens , qui faisaient porter des flambeaux allumés devant les mariés, qu'ils appilaicnt tœdx jugales , et peut-être que les chrétiens ont changé cette coutume superstitieuse, comme plusieurs autres , en une cérémonie sainte et religieuse.
Pourquoi célèbre-t-on le saint sacrifice de la messe après le mariage ?
1° Pour confîrmalion , dit Tertullieu , et vénération plus grande de ce sacrement ; 2° pour rendre par ce moyen les promesses qui y out été faites, plus saintes et inviolables,
MAR
MAR
SM
étant comme scellées du sang du Fils de Dieu; ."}• pour couronnrr cl accomplir la grâce du mariage, par la parliripntion à ce divin sacrement (qui pour ce sujet est appelé toleixis, id est cnntmmutio mnius gratiœ) sinon réelle et efTective, comme il se faisait autrefois, au moins spirituelle.
N'y a-t-il point encore quelque aulre raison?
Oui, et plus considérable que les autres, ce qui est principalement pour faire conn.iî- Ire que le mariage des chrétiens est à bon droit nommé p.ir l'apôtre un grand sacrement en Jésus-Christ et en i'Kg'.ise.
Comment est-ce que le sacnfirr de In messe tioui fait entrer m connaissance de la sainteté et l'excellence du mnria(je?
En ce que la messe est une représentation très-naïve du sacrifice de la croix, où Notre- Seigneor a consommé très-parfailemcnl l'alliance très-étroile et toute mystérieuse qu'il était venu contracter avec l'Eglise, Inquelle il avait commencée dès son entrée au monde, quand il épousa la nature humaine dans le sein virginal de Marie; il en sortit ensuite : Tanqi am ^ponsus de ihaliimo sua, il se rendit visible, et conversa parmi les hommes. Voilà pourquoi saint Jean dit : Sciens Jésus quoniam omnia consummatn sunt , et cum nccvpisset acetum , dixit : consummaliim est, scilicet tnatrimonium tneuin cum Ecclcsia.
Que signifie l offrande que font les nouveaux mariés ?
i° Que l'étal du mariage n'a pas seulement été béni et approuvé de Dieu, mais de plus, que c'est une hostie agréable et de bonne odeur aux yeux de la divine majesté, si on en use comme il faut. 2° Qu'ils reconnaissent que tout le succès et le bonheur de leur mariage , soit pour les devoirs de l'un envers l'autre, soit pour la prospérité dans les biens temporels, vient de lui, comme étant la source de loui les biens.
Cette cérémonie est-elle fort ancienne?
Oui : car le pape Nicolas, qui vivait, il y a huit cents ans, en fait mention comme d'une chose pratiquée de tout temps dans l'Eglise. Nostrates tam mares quam feminœ non ligaturam auream vel argenteam , aut ex quolibet métallo composilam , quando nuptialia fœdera contrahunt, in capitibus déférant, sed post sponsalilia fœdera quœ futurarum sunt nuptiarumpromissio , fœderaquoque consenstt eorum qui hœc contrahant et horum in quorum potestate stmt celebrantur : et poslr/uam arrhis sponsam sibi sponsus per digitum fidei annula insignitum desponderit, doiemque u trique placilam sponsus ejus scriplo , pactum hoc continente , coram invilatis ab utraque parte tradiderit , aut mox , ntU aplo tempère ad nuptialia fœdera perducuntur , et primum in ecclesiam Domini cum oblationibus quas offerre debent Deo per sacerdotis lïianum statuuntur, sicque demum benedictionem et velamen cœleste suscipiunt.
Que signifie le voile qu'on étend sur la tête dts mariés , pendant la messe , à ces mots de canon, Nohis quoque peccatoribus, ou comme Dictionnaire des Rites sacrés. II.
1/ se fait en d'autres diocèses après l'oraison dominicale, devant que le prêtre ait dit, Amea libéra nos, ou, s<ion d'autres encore, immédialeiiient devant la poslcommunion.
11 signifie deux choses principales : 1° Selon Tertullien , S. Isidore, et quantité d'autres, expliquant S. Paul, la soumission de la femme à son mari; 2' selon S. Ambroise, que les compagnes du mariage, et les plu» précieux ornements d'une femme , sont la pudeur et la modestie. \ elamm feminarum jugnm est: hue spectavit Apostolus cum dicit: Débet mulier habcre potestatem super caput (vel ut alii Icgunt velamen, licei mcliores codices leganl potestatem). Potestas autem hic significat imperium et auctoritatem non mulieris , sed ipsius viri in mulierem. Terlull. lib. de Veland. Virgin., cap. 17. Quod eœdem feminœ dum marilando velantur, scilicet ut noverint per hœc se viris suis esse subjeclas et humiles, tinde ipsum velamen vulgo mavortem vacant, id est, Martem, quia signum mnrtialis diijnitatis est in eo. Caput enim mulieris vir est. Licet proinde velentur dum nubunt ut verecundiam mulieris agnoscant, quia jam sequitur inde quod pudeat. Unde Hebecca cum adsponsum duceretur, ut eum ipsa conspexit, salulationem vel ascula non sustinuit , sed statim sentiens quid esset futura, pallio caput velavil. Hinc et nuptœ dictœ, eo quod vutlus suas vêlent : obnubere enim aperire dicitur, unde et nubes dictœ, eo quod œthera obtegant. S. Isidor. 1. deEccles.olT., cap. 'J. Nubenlium capita velari consuevisse nonnulli scribunt, ut se maritis obnoxias perpétua futuras intel~ ligerent, ac proinde humitilatem prœstarent. Calius lect. Antiq., lib. xxviii, cap. 15. Cum veniret Rebecca , vidit Isaac deambulantem, cui duceretur uxor, et caput obnubere suum cœpil, docens verecundiam innuptiis prœire debere. Inde enim et nuptiœ dictœ quod pudoris gratia puellœ caput obnuberent. S. Ambr. 1. de Abraham, cap. 9.
N'y a-t-il pointencorequelqueautreraison?
Saint Ambroise en ajoute encore une troisième ; disant que ce voile étendu sur les personnes mariées marque les soins et les embarras du mariage, qui comme une grosse et pesante nuée , viennent fondre et se décharger sur leurs têtes. Nubes itaque sunt, et graves nubes quœ nupserint , namque a nubibus verbum nubentium tractum arbitror.
benique operiuntur et nubes cum acceperint ntipturœ velamina ; et vere graves nubes , sustinent sarcinam malrimonii. Idem in exhort. ad Virgin.
Quelques-uns apportent encore une raison qui estquece voile signifie la protection de la grâce divine, à l'ombre de laquelle les mariés seront préservés de tout ce qui pourrail préjuJicier à la sainteté et postérité de leur alliance.
Comment ce voile est-il appelé chez les Pères f
Les uns le nomment velamen sacerdotale, d'antres velamen cœleste, d'autres encore, flammeum nuptiale, et le Manuel, velamen sacrum; chez les Hébreux, legumenlum, Mmbella, c'est-à-dire une espèce de dais.
Pourquoi est-il appelé sacerdotale?
Parce qu'il se donne par le prCilre.
Pourquoi cœleste?
Parce que, (lit la Glose, il signifie quelque chose de céleste et de spirituel, telle que la subjection de la fcname au mari, qui est du droit divin;ou bien céleste, c'est à-dire ecclésiastique, dit le même, à cause que ce Toile est d'institution ecclésiastique.
D'où vient la première institution de ce voile?
Saint Ambroise l'a fait descendre de la loi de nature, oii Rebecca, voyant Isaac, à qui elle était mariée, elle commença dcsecouvrir et voiler le visage, pour montrer, dit-il, que la pudeur doit toujours devancer le mariage. Coput suum obnubere cœpit, docens verecundiam in nupliis prœire debere. Le même a encore été observé parmi les Gentils, où, comme marque Terlullien, les femmes étaient menées voilées à leurs maris. Etiam apud Ethnicos velatœ ad virum ducunlur. Lib. de Vel. Virg.,cap. 11.
Ce voile ne regarde donc précisément que la femme?
Non, à proprement parler; néanmoins on ne laisse pas de l'étendre aussi sur le mari pour montrer, 1% comme dit saint Isidore , qu'il doit avoir grand égard à la pudeur do sa femme, et traiter son corps avec honneur et respect, suivant en cela le précepte de l'Apôlre; 2° qu'il prend pari aux fardeaux du mariage.
Quelles prières fait alors l'Eglise?
Elle en fait de générales pour les deux ensemble, et de particulières qui regardent seulement la femme.
Que demande-t-elle pour tes deux?
Qu'il plaise à Dieu, comme l'auteur et le sanctificateur du mariage, d'unir leurs cœurs et leurs esprits , et de leur donner une véritable et sincère affection lun pour l'autre. El pour la femme ?
Que le joug qu'elle s'impose par le mariage lui soit un joug d'amour et de paix, que ce soit en la vue de Jésus-Christ et selon ses desseins et ses intentions qu'elle se marie; qu'elle imite en ses mœurs l'exemple des femmes saintes et vertueuses de l'Ancien Testament; qu'elle soit agréable et aimable à son mari comme une Ruchel ; sage comme une Rébecca ; fidèle comme Sara ; (jue l'ange prévaricateur n'ait aucune pari en ses actions; qu'elle demeure dans une observance continuelle des couunandements de Dieu ; qu'elle fuie toutes sortes d'attouchements illicites ou dangereux; qu'elle soit recomniandable par sa gravité, vénérable par sa pudeur, et instruite des choses divines; qu'elle soit heureuse dans sa postérité; qu'elle ail une innocence et une chasteté à l'épreuve, et qu'elle puisse, parées moyens, se rendre digne de la compagnie des saints dans le ciel.
Pourquoi est-ce que ce voile ne se déplie point sur les femmes veuves ni sur celles qu'on sait s'être abanilonnées à d'autre qu'à celui qu'elles épousent?
Parce que, pour lors, les significations du voile n'ont point de lieu en ces pcrsonues-Ià,
l'Eglise ne considérant que les rierges, c'està-dire celles qui ne se sont jauiais mariées dans cette cérémonie, à cause du rapport qu'elles ont avec l'union du S erbe incarné, qui n'a jamais eu et n'aura jamais qu'une épouse toute vierge.
Pourquoi, après cette bénédiction solennelle, porle-t-on la paix aux nouveaux mariés?
1° On pourrait dire que, comme autrefois, ceux qui participaient au sacrifice de la messe, recevaient auparavant le baiser de paix ; ainsi les nouveaux mariés étant obligés de communier à la messe, sinon réellement comme autrefois, au moins spirituellement, on leur donne pour cela le baiser de paix. 2° Ce baiser de paix se donne principalement pour marquer avec quel soin ils doivent eniretenir l'union , la paix et la bonne intelligence dans leur mariage, laquelle, au dire du Saint-Esprit, est la chose la plus agréable à Dieu et aux hommes, qui se puisse imaginer , et sans quoi le mariage n'est qu'un enfer commencé. In tribus plaeitum est Spiriltii weo , qum sunt probnta coram Dco et hominibus , concordia fratrum, et amor pro.rimorum , t rir et mulier sibi conseniientes.
Pourquoi reçoit-on la paix premièrement du prêtre ?
Pour montrer qu'ils doivent attendre cette paix de Jésus-Christ, représenté par le pré- Ire, et qu'ils ne peuvent jamais être unis entre eux s'ils ne le sont premièrement avec Dieu, qui est le vrai prince de paix, comme le diable est le prince du désordre.
Qui est-ce qui doit recevoir et porter la paix?
Les anciens Rituels ordonnent que ce soit le mari qui la reçoive du prêtre, et la donne à son épouse : et que le clerc la prenne semblablement du prêtre et la donne au peuple; mais d'autres, plus récents, ordonnent que ce soit le ministre qui la porte à tous les deux.
Pourquoi le mari doilil aller prendre luimême la paix pour la donner à son épouse?
C'est, 1° pour montrer que c'est à lui , comme le chif de la famille, à procurer et maintenir la paix par toules les voies possibles ; 2° pour lui apprendre qu'il doit souffrir avec grande compassion les infirmités de la femme, la paix et la patience étant le plus souverain moyen d'y parvenir.
Y a-t-il encore quelque autre cérémonieT
11 reste la bénédiction particulière que leur donne le prêtre après Ile missa est, et auparavant que de donner la bénédiclioa ordinaire au peuple (ce qui pourtant n'est point en usage en tous les diocèses).
Que contient cette bénédiction?
Plusieurs beaux souhaits que l'Eglise fait alors pour les nouveaux mariés, savoir, qu'il plaise à Dieu d'accomplir en eux sa sainte bénédiction, afin qu'ilsvoient croître et multiplier leurs enfanis jusqu'à la troisiètne et quatrième génération, et i|u'ils puissent après cela jouir de la gloire éternelle.
Ne reste-t-it pas de la cérémonie à faira avant que de sortir de l'église?
MAR
MAR
Antrerois on b6nissni( nprès la messe du pain et du vin, que l'on distribuait aux nou- Te.iux mariés, lesquels on f.iis.iil boire dans utio mc^me coupe; ce qui se fait encore en certains lieu'x.
D'iiïl vient celte cérémonieT
Klle peut avoir pris son origine des Hébreux; car il est rapriorté dans leur brévi.iire, que : Qui prœest henedictioni, S'imit calieem vini, et liis rerhis benedicit : Benediclus es. Domine Deus nosler, rex sœntli, qui creax fructinn ritis; benrdictus es, l'omine Dnts nosler, rex sœcidi, qui sanclosreddidisti nos prœceptis tuis; et henedictus es. Domine, qui snnctum efjicis Israelem per thalnmum covjiii/alem et consecrationes conjugales. Hoc recitnlo gusiat, deinde porrigit sponso et sponsœ.
Jtrt servalur npud Anglos , spnnsa enim pnstqiKim benedixerit sacerdos in trmplo ,incipil ljibere,tponso et reliqnis aslnntilius idem moT fiicientibus. Polyd. Virgil., Hb. de Invent, reruin.
Que signifie celte cérémonie?
1° L'union extrême qu'ils doivent avoir entre eux, représentée par l'union des divers grains de blé et de raisin, pour faire un même pain ou même breuvage; 2° la communauté des biens temporels, figurée encore par le pain et le vin, qui sont les principaux soutiens de la vie ; 3' les plaisirs et les déplaisirs, les joies et les tristesses, les consolalions et les fâcheries représentées par la coupe dans laquelle ils boivent ensemble, qui leur sont communes.
Reste- t-il encore quelque chose à faire dans l'Eglise?
Il y a certains lieux où , après toutes ces cérémonies, le prélre Irur reeommande de demeurer en chasteté ce jour-là , aux jours de jeûne et de fêles principales, de se garder la fidélité l'un à l'autre , de s'entr'aimer clirôlienncnirol et de vivre dans la crainte de Dieu; il ne laul jamais onielirccc derniiT avis, soit qu'on fasse celte petite exhortalion devant le mariage, à l'issue de la mes>e, ou (ont au moins, comme d'autres veulcni, à la bénédiction du lit : après quoi, en certains lieux, les nouveaux mariés vont baiser l'auiel.
Que signifie ce baiser d'autel?
Le eonsenicment que donnent les mariés à tout ce qui leur a été prescrit par le prêtre de la part de Jésus-Clhrisl, représenté à l'autel.
Quelle est la seconde chose qui se fuit après le maringe et après être sorti de l'église ?
C'est le festin qui se fait entre les parents, les alliée et les voisins.
Que signifie ce festin plein de réjouissance?
C'est une représenlalion de la joie spirituille de tous ceux qui sont appelés aux noces de l'Agneau , c'est-à-dire de Jésus- Chrisl avec l'Église , desquelles il est parlé en saint Luc et dans l'Apocalypse; ce qui doit bien obliger ceux qui y assistent de sr comporter en sorte que rien ne s'y passe qui puisse leur interdire l'entrée de ce festin éternel préparé aux élus. Homo quidam fecil
cmiam tnagnnm et vocnvit multos. Lnc. xjv. Siinile est regnum cœlurnm liomini régi, qui fecit nupii is filio suo , et misit serras suos vocnre invilaios ad tiuptius. Matlh. xxu. i enerunt nuptiœ agni, et uxor ejus prœparavit se : heali qiti ad cœnam nuptiarum Agni vocnti sunl! Apoc. ix.
Quelles doivent être ces réjouissances aux noces des chrétiens?
Pour correspondre au mystère qu'elles signiûent , elles doivent être toutes saintes sans excès de bouche, sans paroles ou chansons déshonnêles, mais prises comme en la présence de Dieu, et en action de grâces de ce que les mariés ont été honorés de la réception d'un si grand el si saint sacrement que celui de mariage.
Depuis quel temps fait-on des réjouissances aux noces?
De tout temps, non-seulement parmi les chrétiens mais même parmi les païens et chez les Juifs : ainsi, Jacob épousant Rachel, vocniis multis amicorum turbis ad conviciwn fecit lutpiias; ainsi Uaguel, en mariant sa fille Sara au jeune Tobie, epulati sunl benedicenles tieum. Tob. vu.
Moribns et legibus scitum est ut nuptiis epulum fiai, tum nuptiales dcos ut venerentur, lum ni prn tcslimoniis id sit convivis quod ntiptis placeant suœ nuptiœ. Athenaeus.
D'où vient donc que les saints Pères invectivent si fort contre les festins des noces?
Quand les Pères agissent contre les festins, ce n'est pas qu'ils en improuvent les réjouissances honnêtes ; mais ils en condamnent seulement les abus et les suites funestes , qui d'ordinaire en arrivent : lesquelles, parce qu'il est très-difficile d'éviter, il vaudrait mieux souvent s'en priver tout à fait, ou du moins ne faire ces réjouissances qu'entre ceux de la famille et sans bruit.
De la bénédiaioo du lit.
Quelle est la troisième et dernière cérémonie après le mariage?
C'est la bénédiction du lit.
Pourquoi se fuit cette bénédiction ?
V Pour éloigner tous les esprits impurs, et munir les nouve.iux mariés contre la malice de Satan, qui s'efforce, par tous les moyens, de troubler leur repos et leur salut, jusqu'à empêcher quelquefois l'usage du niari.ige. 2* Pour réprimer l'ardeur de la concupisceiici', afiu que les mariés se servant di^ mariage dans les termes d'une modestie vraiment chrétienne, et comme des enfants de saints, ils rendent leur couche sans tache, coiiiuie dit l'Ecriture, el ne déshonoreiii jamais une conjonction si sainte : Honorabile connubium in omnibus el thorus immacutatus. Ad Uebrœos, xiii.
D'où apprenons -nous que l'esprit mahn s'oppose quelquefois à l'accomplissement et à la ciiastelé du mariage?
Du livre de Tobie, où nous voyons que le démon derinipudicité, nonmié.Vsmodée, avait égorgé les sept premiers maris que Sara avait épousés ; lequel fui lié e( garrotté par
l'ange Raphaël, of relégué au déserl le jour qu'elle se maria avec Tobie.
Que signifie cette cérémonie ?
Que (out ainsi que la puissance du démon fut arrêtée par l'ange Raphaël, et par les oraisons de ces deux jeunes mariés, el qu'il n'eut plus de force de leur faire du mal : de même par la bénédiction des prêtres, qui sont les anges visibles, ainsi appelés dans l'Ecriture, el par les prières des mariés, les efforts du malin esprit sont énervés el rendus inutiles et sans effet.
D'où vient donc que Dieu permet quelquefois même après cette bénédiction, que semblable malheur arrive?
C'est en punition de leur infidélité nu de leurs incontinences passées, ou de l'affection brutale avec laquelle ils se sont approchés du mariage.
N'y a-t-il point d'autre raisoti de cette bénédiction?
On pourrait dire encore qu'elle se fait pour mettre par là les fondements d'une sainte amitié, et pour montrer que tout doit être plein de bénédiction chez les chrétiens, chambre, lit, meubles, enfants, etc., et que le diable n'y doit avoir aucune part.
En quel temps se doit faire celte bénédiction?
Le matin après la célébration du mariage, ou du moins l'après-midi avant le soupor, en présence seulement du père et de la mère, et de deux ou trois personnes d'honneur, et les plus sérieuses de la compagnie, sans y souffrir de jeunesse, remettant plutôt de la faire, si l'on y prévoit qu'il en doive arriver du bruit ou du scandale.
Que doit -on observer en cette cérémonie?
Après que les assistants ont été instruits de l'iniportancc de cette bénédiction , le prêtre revêtu de surplis et d'étole blanche, accompagné d'un clerc, après avoir jeté de l'eau bénite aux nouveaux mariés qui demeurent debout auprès du lit, il récite l'oraison Visita quœsumus, puis le psaume Kenii omnes qui timent Dominum : Après quoi il prie Dieu de bénir ce lit, et verser ses grâces et faveurs particulièrement sur ceux qui sont présents, afin de pouvoir demeurer dans une étroite observance de ses commandements et de son saint amour, et par ce moyen arrivera une sainte et heureuse vieillesse.
j'ourquoi l'Eglise se sert-elle plutôt de ce psaume que d'iin autre ?
({) Pic V, Imlles Qmcl a uobis, du ajuiliel. toG8, et Supremi omnipnlcmis Dei, du S avril 1371. 11 se préseiile ici une question très-iniporlaiilo : l'eut-o» obtenir les indulgences susdites en récitant l'otlice de la Vierge d'après un bréviaire quelconque ? D'abord il est clair par ce qui précède qu'il faut consulter les rubriques du bréviaire romain pour savoir il quels jours l'indulgence est de cent jours, et à quels jours elle est de cinquante. Hais ne fautil uas aussi se servir d'un bréviaire approuvé par le saint siège? Il semble que la réponse ne saurait élre douteuse pour quiconque sait bien que le même pape Pie V, dans la même bulle qui concède cette indulgence , abolit tous les bréviaires différents du romain, même ceux que les évoques ont publiés dans leurs diocèses, excepté seulement ceux qui étaient approuvés ou ea usage depuis pins de deux cents ans. Peut-on croire qu'il ait encouragé par des iodulgences un usage qu'il réprouve expressément ?
Parce que les biens et les obligations da mariage y sont plus nettement exprimés.
Cardans le premier verset, le prophète royal fait voir que le commencement de tout bien est la crainte de Dieu, et que quiconque veut bâtir sa famille sur des fondements solides, doit nécessairement commencer par là pour y réussir. Dans le second, il montre l'obligation qu'ont les hommes de travailler et vivre de leur propre travail, s'ils veulent être heureux et que touie chose leur succède. Dans le troisième, décrivant ce bonheur en particulier, il leur promet une postérité nombreuse, insinuant en passant par ces paroles, m lateribus domus tuœ, l'obligation de la femme à demeurer dans la maison, pendant que le mari est occupé au dehors, et y travailler selon ses forces. Dans le quatrième, il fait voir que ce n'est point assez d'avoir des enfants, mais qu'il les faut élever et cultiver avec un plus grand soin qu'on ne fait de ces jeunes plantes qui sont si belles et si agréables à la vue et dont on espère de beaux et bons fruits, enseignant au mari par ces paroles : In circuitu mensœ tuœ, que s'il veut jouir de la bénédiction du mariage, il doit éviter les tavernes et cabarets, les dépenses superflues et les prodigalités , les jeux el l'oisiveté , et partager avec sa femme el ses enfants, qu'il est obligé de nourrir, ce qu'il peut avoir et acquérir de son travail.
Et enfin dans les trois derniers versets il confirme et répète ce qu'il avait promis auparavant, ajoutant à ces bénédictions temporelles les bénédictions spirittielles et éternelles : Benedicat te Dominas ex Sion, et videas bona Jeruf^alem omnibus diebus vitœ tuœ. Et videas filios filiorwn luorum, pacem super Israël.