‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 2)Chapitre 17 sur 69 · CHORÉE · texte numérisé non relu

CHORÉE

cliquent seulement une augmentation vague de la maladie avec l'abaissement de l'humidité relative. L'assertion qu'elle prédominait dans les temps froids et humides n'en a pas été confirmée. La température paraît aussi indifférente. Elle a plus de rapport avec la pluie, la neige et les brouillards; mais les orages ont l'influence la plus marquée, et c'est en en étant les accessoires que la pluie et le ciel couvert paraissent y contribuer. (Lancet, 17 décembre 1881.)

Six semaines après une fièvre intermittente chez un enfant d'un an, des mouvements incoordonnés apparurent dans les membres, d'une telle violence que les mouvements de préhension et autres et jusqu'à l'articulation 1 volontaire des sons étaient impossibles, comme la miction et la défécation volontaires. Un bruit de souffle mitral à la pointe du cœur parut même exister.

Le docteur Kinnicut administra une mixture de bromure de sodium .avec chloral, qui amena du calme. Les mouvements cloniques cessèrent pendant le sommeil; absence d'albumine et de cylindres dans l'urine. La solution de Fowler et l'hyosciamine, employés alternativement avec le chloral, achevèrent la guérison en quelques semaines.

On constata l'élévation de la température à chaque crise et la diminution des mouvements chaque fois que le chloral était administré; la marche irrégulière de la température et le cours de la maladie n'admettaient pas l'idée d'une forme larvée d'impaludisme. (Journ. ofnerv. diseases.)

Repos, massage et suralimentation. Tout le traitement du docteur Goodhart et J. Philips, à l'hôpital des enfants Evelina, consiste dans ces trois conditions principales. Il est né de ce principe pathogénique, « que tous les enfants choréiques sont victimes d'une mauvaise habitude, mal élevés, au moins quant à leur système nerveux. » Tout choréique est ainsi plus ou moins nerveux et son éducation pratique doit être toute sa vie de réprimer et de contrôler ses mouvements. La chorce aiguë est plus qu'une mauvaise habitude : elle est encore dangereuse pour l'éducation. Plus un enfant est incité à des

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mouvements volontaires, plus ses mouvements choréiques s'accentuent, et par là sa mauvaise habitude tend à se perpétuer et s'aggraver. Le repos au lit est donc la première condition pour l'améliorer.

Après avoir laissé deux à trois jours l'enfant au lit pour mieux observer ses mouvements choroiques, on soumet les muscles les plus agités au massage, et, de maigres et lâches, ils deviennent forts et sains, en étant malaxés d'une manière convenable. Les enfants sont soumis en même temps à une nourriture abondante, et une amélioration des mouvements désordonnés se manifeste en deux ou trois jours, dès que l'enfant a l'esprit plus tranquille. Il augmente de poids, les extrémités cessent d'être froides sous l'influence de l'activité de la circulation, le pouls tombe et devient plus régulier. Le massage amène le sommeil et avec lui la tranquillité. L'amélioration est ainsi rapide, comme 12 observations en témoignent. (Lancet, août.)

Un pareil traitement peut sembler une excentricité anglaise; mais tout praticien observateur sera obligé de se rendre à la réalité des raisons invoquées, et l'authenticité des faits ne permet pas de douter des résultats.

CIRRHOSE. Elle peut être simulée et même provoquée par la présence des helminthes, d'après un exemple observé par M. Letulle chez une cigarière de vingt-six ans, entrée à l'hôpital de la Charité en 1880. Des troubles digestifs avec vomissements et constipation, des épistaxis, des douleurs sourdes dans l'abdomen avec tuméfaction, sensibilité, foie volumineux, pâleur jaunâtre de la peau et coloration des urines, faisaient penser à une cirrhose, lorsque la malade rend subitement un curcubitin de teenia. Le tannate de pelletiérine avec jalap étant administré, la malade se trouve guérie, et, sauf deux accès fébriles, elle sort de l'hôpital deux mois après. (Revue de méd., mai.)

Phlébite oblitérante. Parmi les nombreux désordres vasculaires dont le foie est le siège dans la cirrhose, il faudra dorénavant songer à l'oblitération des veines hépatiques, phlébite oblitérante, qui, par son importance et

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sa fréquence, constitue un des grands caractères des cirrhoses veineuses. Telle est, en résumé, la conclusion à tirer du travail que M. Sabourin a publié à ce sujet. {Revue de méd., août.)

Dans ses leçons cliniques faites à la Pitié sur les cirrhoses du foie ou hépatites prolifératives, M. Lancereaux en décrit trois espèces, aussi différentes par leur étiologie que par leur appareil symptomatique et les lésions anatomiques, dont voici les principaux caractères.

Dans la cirrhose syphilitique ,' le foie est profondément lobulé, sillonné, adhérant aux organes voisins par des tractus fibreux épais; les îlots de sa surface sont volumineux et irréguliers. Les travées conjonctives qui en divisent le parenchyme sont plus épaisses vers la périphérie, et la végétation cellulaire semble débuter autour des ramifications lymphatiques et artérielles. L'ascite est rare ou passagère et ne se montre qu'au début. Pas de dilatation veineuse ni ictère, à moins de compression accidentelle des voies biliaires. Foie ordinairement déforme, marche lente, guérison fréquente et pronostic assez bénin.

Le foie impaludique se distingue par son volume considerable, sa surface lisse ou à peine granulée, une consistance ferme, moindre cependant que dans l'hépatite alcoolique. La coloration rappelle celle du porphyre ou certains granits. La végétation du tissu conjonctif inter et intra-lobulaire à la fois reste à l'état embryonnaire Nombreuses granulations pigmentaires des cellules glandulaires Augmentation de volume de la rate; ictère persistant; marche lente.

rpvln TrhT- alc°oli<lue revêt deux formes : le foie est de Z7,n»U< lm-me™> non Gèrent, dur, fibreux, semé et Smfnr8 i mineUS6S' Pisiformes> développées aLmentTdo t™* ^ S°n étendue' ou bie» U «st ■3hvnPrnî ^ UDC 8UrfaCe lîSSe 0U ë^nne,

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GARNIEIl, xvnli

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l'abdomen. L'obstacle mécanique de la respiration dotermine habituellement la mort ; mais l'altération des cellules hépatiques peut simuler la cirrhose dite hypertrophique.

Dans la seconde forme, le foie ressemble par son volume au foie impaludique, et Tascite fait également défaut ; mais, au lieu de la jaunisse longue et persistante qui caractérise celui-ci, elle n'est qu'un phénomène ultime dans la cirrhose alcoolique et revêt les caractères de l'ictère grave.

Delà la possibilité de différencier ces espèces distinctes par leurs symptômes, leur marche, leur pronostic et leurs lésions, rendus évidents par des observations cliniques types. Le traitement ressort naturellement de cette étiologie. (Revue de méd., juillet et octobre.)

Des cirrhoses mixtes. Thèse inaugurale soutenue à la Faculté de Paris, par le docteur Guiter, en 1881. En voulant les diviser et les distinguer, les classer d'après leurs caractères histologiques, comme les néphrites, voici que l'on est obligé d'en faire un ordre mixte, d'après les leçons même de M. Dieulafoy. C'est reconnaître implicitement que ces diverses formes ne sont souvent que les phases différentes d'une seule et unique affection, d'après la clinique. L'atrophie est souvent consécutive à l'hypertrophie et c'est ainsi qu'à force d'analyses et de divisions, on est obligé de réunir et de synthétiser. C'est le travail de Pénélope de la jeune Ecole.

Cirrhose hypertrophique pigmentaire. Parmi les nombreuses complications du diabète, qui se multiplient tous les jours, celle-ci est une des plus rares, car elle n'a pas encore été signalée. Elle se manifeste pourtant avant que le diabète soit soupçonné, au point de se demander si elle en est cause ou effet. C'est ainsi que, à l'entrée à l'hôpital Tenon en 1880 d'un conducteur d'omnibus, M. Rendu fut frappé tout d'abord de saj teinte bronzée, rappelant celle de l'impaludisme, avec reflets plombés, comme chez les argyriques. Ce n'est que par un examen minutieux que l'on découvrit une cirrhose sans ictère ni polyurie. Le sucre ne se montra

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que plus tard dans l'urine, et le malade vint ainsi mourir du diabète à l'hôpital des Tournelles, en 1881.

Il en était de même chez un homme de trente-sept ans, entré à Lariboisière le 24 août 1881. La teinte grisâtre et légèrement bronzée de la peau, surtout à la face, frappait tout d'iibord chez ce malade, extrêmement amaigri, très débilité et cachectique. Il souffrait du ventre depuis un an, quoique sans cause appréciable, et l'affaiblissement de la vue et de la virilité, la soif et la polyurie pouvaient déjà mettre sur la voie du diabète qui détermina la mort le 15 novembre suivant.

^ Cette mélanémie ou mélanoclermie remplace donc le signe de l'ictère dans cette cirrhose pigmentaire spéciale, constatée à l'autopsie par MM. Hanot et Chauffard. Elle' offre encore ce trait distinctif d'une cachexie profonde, une consomption marastique frappante, par sa prolongation et sa durée, avec émaciation absolue et asthénie musculaire complète. En se distinguant ainsi des cas ordinaires de diabète, et malgré les efforts d'interprétation des auteurs pour la rattacher exclusivement à la glycémie, il est difficile d'admettre que cette altération spéciale n'ait pas une cause autonome. (Revue de médecine, mai.)

Sulla cirrosi epatica ipertrofica, avec symptôme d'ictere grave, par le docteur Ughetti, coadjuteur de la clinique médicale de Catane. Extrait du Sperimentale octobre 1881, Florence. Il s'agit d'une femme de trentesix ans qui, au lieu de manger, buvait habituellement jusqua deux à trois litres de vin du pays, très riche en alcool, en y joignant d'autre vin en bouteille et de l'eaucle-vie. Elle se plaignait depuis quelque temps de dyspepsie et de catarrhe gastrique, avec des accès de fièvre vesperme, lorsque, prise d'accidents aigus le 17 mai elle succomba un mois après, avec tous les symptômes de 1 ictcre grave.

oi^ÎLw' fq,fdéPassait les côtes de 5 à 6 centimètres ?™ ! n ' fut+tr0UV,e Peu augmenté de volume à l'autopsie Il avait notablement diminué clans cette cirrhose hyper trophique graisseuse, mais sans que le tissu connecté ait pris la forme insulaire de M. Charcot. D'où

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l'occasion de critiquer toutes ces classifications faites souvent avec un seul cas. L'auteur ne croit pas, d'après son observation très complète, que l'heure soit encore venue de faire ainsi des espèces et des variétés distinctes d'après l'histologie même. L'origine vasculaire a souvent tous les caractères de l'origine biliaire. Et, de même, la mort, toujours inévitable, arrive ainsi après quelques jours, comme le plus souvent après des mois et des années. Si l'alcoolisme est ici une cause de cette fin rapide, il n'en était pas de même dans les douze cas relatés par M. Sabourin. Cet exemple est donc l'analogue de ceux déjà cités par M. Rendu, où la mort a lieu par urémie, comme dans l'ictère grave par la suppression du l'urine. C'est à élucider cette question de la mort par urémie que Fauteur consacre son article, en discutant les faits et les opinions des divers auteurs.

Cirrhose atrophique aiguë. A l'opposé de la cirrhose atrophique de Laennec, essentiellement chronique, comme Frerichs l'a érigé en règle générale par sa prolongation pendant une ou plusieurs années, le docteur Hanot en relate une nouvelle variété par la rapidité de sa marche. Tandis que, dans la première, les troubles dyspeptiques marquent la période préalable, suivie de Fascite progressive, avec développement anormal des veines abdominales sous-cutanées , atrophie du foie et augmentation de la rate, cachexie spéciale apyrétique, et la mort après une assez longue durée, la seconde est marquée par une évolution rapide d'une durée de deux à six mois avec un processus fébrile subaigu. Dès le début, il y a des douleurs plus ou moins vives dans Fhypocondre droit; Fascite est précoce, sans le développement des veines abdominales. Un œdème assez considérable des membres s'y joint bientôt avec teinte subictérique, hémorrhagie ou suffusions sanguines, qui sans être aussi intenses sont plus communes que dans la cirrhose ordinaire. La mort arrive dans une profonde cachexie, un affaissement progressif allant jusqu'au coma, avec abaissement de la température. Cependant l'autopsie montre, comme dans la cirrhose atrophique chronique,

un foie petit, granuleux, de teinte chamois et sclérosé.

Quatre observations cliniques avec un excès de détails, qui en fait méconnaître les principaux, forment la base de cette nouvelle variété, entrevue par des auteurs précédents. CJest en attribuant sa marche aiguë aux diverses complications qui peuvent raccompagner, comme la péritonite, qu'elle a été confondue avec la cirrhose ordinaire. L'absence de ces complications , dans les faits relatés, montre qu'elle en est indépendante. C'est en la distinguant du cancer du foie primitif ou secondaire, de la lithiase biliaire et même d'une péritonite généralisée à l'état chronique , que l'auteur en forme le tableau. Sa prolixité empêche d'en saisir les principaux détails et de s'y arrêter. (Archiv. de mèd., juin et juillet.)

COEUR. Affections aiguës chez le vieillard. Elles sont si rares que, sur 134 autopsies faites à la Salpêtrière par M. Féré du 1" janvier au 10 août 1881, il n'a constaté que 7 cas de lésions cardiaques aiguës. Elles étaient secondaires à une pneumonie dans un cas, et il s'agissait de lésions séniles dans deux autres. Mais elles coïncidaient manifestement avec des altérations rénales dans les quatre derniers. Quant à cette extrême rareté des maladies aiguës du cœur dans la vieillesse, on ne peut l'attribuer quai 'ègoïsme organique propre à cet âge, en opposition avec la solidarité physiologique si manifeste des autres périodes de la vie. La résistance du cœur à se prendre après la soixantaine est si marquée qu'il n'obéit plus même h la loi de coïncidence de Bouillaud. Sur 5 cas de rhumatisme aigu, observés à l'hôpital général de Kouen, par le docteur Duménil, chez des vieillards de soixante-quatre à quatre-vingt-un ans, une seule péricardite aiguë en est résultée, tandis qu'en voici au contraire quatre cas coïncidant avec des lésions rénales.

D ou cette notion pathogénique importante dans le diagnostic des cardiopathies aiguës chez le vieillard , qu elles sont surtout liées aux affections rénales et que 1 altération du sang, consécutive aux troubles qu'elles produisent, suffit a les déterminer. C'est la signification principale ressortissant de ces douze observations cliniques. (Revue de mèd., mars.)

Fréquence des murmures cardiaques dans Vétat puerpéral. Sur 111 femmes examinées, différents murmures ont été constatés chez 84 par le docteur A. Money. Sauf deux cas où ils coïncidaient avecdes maladies organiques, ces murmures, entendus un à deux jours après la délivrance, étaient invariablement systoliques et localisés dans le cœur droit, sans aucune lésion ni souffrance appréciable.

Ils se distinguent en trois variétés, suivant leur siège, leur timbre et leur caractère. Les plus nombreux perçus dans 51 cas, sous forme de murmure endocardique ordinaire, comme un souffle doux et prolongé à chaque battement, étaient localisés 36 fois dans l'aire tricuspide, 8 fois dans la mitrale et 6 fois dans la pulmonaire , une seule fois dans l'aorte avec quelques différences minutieusement signalées par l'auteur.

Dans 29 cas, ils avaient le caractère de frottement superficiel exocardique et très localisé au-dessus et à gauche du cartilage ensiforme, sans se reproduire à chaque battement. Ils étaient rudes et à tonalité élevée.

Les moins nombreux, formant la troisième variété, sont remarquables par leur force et leur inconstance et s'entendent le plus souvent de l'un ou l'autre côté de la base du cœur. Ils coïncident avec son excitation par la fièvre ou l'émotion et s'associent à des râles, à la toux.

La plupart de ces murmures sont temporaires, passagers et indépendants de toute lésion cardiaque ; mais ils paraissent résulter de la force des battements valvulaires du cœur droit, plus énergiques dans l'état puerpéral, par suite de la tension augmentée de l'artère pulmonaire. {Royal med. and chir. Society, 28 février, et Lancet, 4 mars.)

Dégénérescence graisseuse. Comme contre-indication formelle à la chloroformisation, le professeur Hardy en prononce le diagnostic aux signes suivants : mollesse et surtout lenteur du pouls, faiblesse des mouvements et des bruits du cœur, diminution ou disparition du premier bruit, ensemble des symptômes ordinaires des affections organiques du cœur sans les bruits anormaux des lésions d'orifices, signes physiques ou symptômes

des athéromes artériels avec coïncidence des caractères de la goutte ou de l'alcoolisme, ne permettront guère de se tromper. (Acad. de mèd., 14 mars.)

La matité exagérée, la faiblesse du choc de la pointe et des bruits, un pouls faible et lent, rare, manquant souvent, avec dyspnée sans aucune lésion pour l'expliquer, sont, pour M. de Stoffella, les meilleurs signes de diagnostic du cœur gras.

Cette dégénérescence est toujours l'expression d'un vice de nutrition, soit général, comme l'anémie, soit local, par l' exsudât péricardique ou l'athérome des coronaires. Chez les animaux, la stéatose du cœur se produit par l'élévation cle la température et des saignées répétées, par le résultat commun de ces deux facteurs, qui est d'enlever les globules rouges du sang. (Wiener med. Press, n° 19, 1881.)

Bruits cardiaques et pèricardiques. On les distingue facilement, d'après le docteur Lynch, quand le bruit de frottement règne vers la pointe du cœur, ce qui en rend la confusion plus fréquente. En faisant respirer largement et avec lenteur le malade, ce bruit de frottement augmente pendant l'inspiration et atteint son maximum quand la dilatation pulmonaire est complète. Cette intensité reste très grande, lors même que le malade retient sa respiration. Elle diminue au contraire graduellement pendant l'expiration, sans jamais disparaître complètement. Le bruit cardiaque existe ainsi dans tous les temps de la respiration, malgré ses variations très nettes d'intensité. (London med. Record, février.)

Bruit de galop du cœur droit. Voy. Asphyxie.

Rapports des cardiopathies avec les névralgies du membre supérieur. Les observations cliniques suivantes ont été faites par le professeur Potain. Un soldat est blesse au bras gauche, et sa blessure nécessite l'amputation ; la cicatrisation du moignon cause des tiraillements des nerfs, et le jeune homme, longtemps après la guérison, est pris de suffocations, de palpitations, avec hypertrophie du cœur. Ces espèces de lésions sont presque toujours suivies d'hypocondrie.

Un autre jeune homme avait eu l'avant-bras gauche écrasé; il en était résulté une fracture comminutive, avec des plaies qui produisirent des cicatrices douloureuses. Après une grande fatigue, il éprouva des battements de cœur, de l'oppression, à tel point qu'il fallut, comme dans le premier cas, renoncer aux exercices violents, à un service actif. Il avait tous les signes de l'hypertrophie simple du cœur et était aussi devenu hypocondriaque.

Un soldat avait eu l'aisselle gauche traversée par une balle. Il se fit une rétraction cicatricielle qui abolit l'extension du bras et nécessita des mouvements forcés provoquant de vives douleurs. Depuis, le blessé ressentit des palpitations, de l'oppression, et, quelque temps après, l'auteur constata une hypertrophie considérable du cœur.

Voilà donc trois cardiopathes qui, n'ayant rien au cœur avant la lésion brachiale douloureuse, ont présenté des palpitations et de l'hypertrophie du cœur gauche. Ici, la digitale était indiquée. Ces faits diffèrent de ceux dans lesquels l'hypertrophie, siégeant au cœur droit, est causée par l'irritation des voies digestives. Dans ces cas, il ne faut pas de digitale, mais un traitement approprié à l'état du tube digestif.

A l'appui de cette interprétation étiologique, M. Verneuil cite le cas d'un jeune homme auquel il amputa le bras gauche en 1870. Le moignon devint conique par suite de la croissance du sujet, et bientôt des douleurs en résultèrent par la compression des nerfs. Une cardiopathie intense y succéda avec hypocondrie. L'extirpation des névromes fut pratiquée, et, trois mois après, la cardiopathie avait disparu, ainsi que l'hypocondrie. La guérison était complète.

Un fait absolument identique a été observé par M. Duplouy, et M. Ollier, ayant fait la résection du nerf saphène tibial gauche en 1867, a assisté ensuite au développement de l'affection cardiaque. D'où l'analogie avec l'angine de poitrine, qui détermine parfois une douleur dans la jambe gauche. (Congrès de La Rochelle.)

Rôle du système nerveux dans les maladies du cœur,

parle docteur Lamarre. Brochure in-8 de 160 pages, Paris. Les palpitations essentielles ou idiopathiques forment le principal sujet de ce travail. Elles dépendent d'une névralgie du plexus cardiaque, d'après l'auteur. Un homme jeune, vigoureux et bien constitué, est pris à plusieurs reprises d'oppression et de palpitations, sans que les recherches les plus minutieuses aient pu en découvrir la cause. Il n'existait aucune affection organique, d'après l'auscultation et la sphygmographie. Ces crises de palpitations avaient une intensité si extraordinaire qu'elles déterminèrent une grande anxiété. La digitale et le bromure de potassium ne firent qu'aggraver ces accidents. D'après l'action sédative du fer à doses massives, un gramme de phosphate de fer tribasique ayant été prescrit par jour, 50 centigrammes par repas, ils disparurent complètement. Cette médication a réussi de même à chaque récidive.

Une jeune fille, prise pendant plusieurs années consécutives de crises de palpitations pendant un mois, fut guérie de même par la poudre suivante :

Phosphate tribasique de fer 0 gr. 50

Phosphate tribasique de soude 0 ' 25

Bicarbonate de soude q |q

Pour un paquet à prendre à chaque repas Ces exemples suffisent à montrer tout l'intérêt pratique de ce travail. ^

vifnfrSf' Son.emP!oi ^tre les affections du cœur vient d être remis à l'ordre du jour par deux jeunes cliniciens distingués : le professeur Lépine, de Lyo et le

l'éLle de U v -ff imP°rtance> le Premier en faisant son ; unanimp <g * 6 SeC°nd 8011 «"^ordonné, ils iZréeT2t\a 7Tnaître : 10 1u'elle doit êfcre admi- CStateurs 9- ,fte d°Se qUe 16 faisaient Gub^r et ses Sna^ion • \?™T a°ti0n est raPide> ai™ que son S smc ni 116 ^^mule pas dans l'orga-

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tenir le cœur sous son influence, qu'elle ranime, sti-

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mule, excite en régularisant ses battements dans diverses asystolies. Elle ne les guérit pas toutes; mais son action spéciale dissipe la dyspnée, les hydropisies, les infiltrations cardiaques et l'albuminurie, qui en sont la conséquence, par l'abondante diurèse qu'elle produit. La preuve de son action sur le cœur est sa nullité contre l'albuminurie essentielle ou de toute autre origine et son défaut d'influence diurétique sur les hydropisies hépatiques et rénales, tandis qu'elle se manifeste contre ces deux symptômes dans presque toutes les cardiopathies.

Son innocuité la rend donc supérieure à la digitale, car son intolérance par l'estomac résulte ordinairement de l'altération du foie. Elle rend surtout de grands services dans la dégénérescence graisseuse, quand l'asystolie se complique de cardioplégie, que la digitale est impuissante à vaincre. Mais il faut en commencer l'emploi à dose massive, par 25 à 50 centigrammes d'emblée, en élevant graduellement et rapidement cette dose de 50 à 75 jusqu'à 1 et même 2 grammes, que l'on divise toujours en trois parties égales, à administrer à intervalles égaux dans la journée. C'est grâce à cette facilité, cette tolérance d'administration qu'elle réussit où la digitale échoue, tandis que celle-ci ne se montre jamais supérieure, tout en réussissant mieux dans certains cas. (Huchard)

Elle n'a pas déterminé un seul cas d'intoxication; mais elle produit chez certains malades de l'insomnie et de l'excitation nerveuse. Son prix encore élevé est le principal inconvénient de son emploi. Entre les diverses observations recueillies à l'hôpital Tenon par M. Huchard en sa faveur, la suivante en marque toute la valeur.

Femme de quarante-cinq ans, emphysémateuse, ayant un rétrécissement mitral avec insuffisance tricuspidienne, caractérisée par un souffle sous-sternal, pouls jugulaire très accentué et battements hépatiques. Albuminurie abondante, infiltration énorme, ascite, hydrothorax à droite, congestion œdémateuse des deux poumons, pouls inégal' petit, dépressible, et choc précordial à peine sensible dyspnée extrême se changeant en orthopnée le soir,

avec cyanose qui faisait craindre la mort prochaine. L'estomac ne supportait ni le lait ni la digitale. Seule, la morphine en injections sous-cutanées apportait un soulagement momentané, mais en diminuant la quantité d'urine réduite à 150 grammes.

Les bons effets obtenus de la caféine dans plusieurs cas analogues la firent alors administrer à 50 centigrammes, élevés au triple dès le troisième jour. Ce fut une véritable résurrection. Dès le deuxième jour, les accès de dyspnée étaient diminués, l'urine à 800 grammes ; le pouls reprenait de la force et de la régularité et la diurèse, en augmentant, s'éleva de 1 500 à 3 500 grammes. En quinze jours, l'infiltration des membres, Tascite, la congestion œdémateuse des poumons avaient presque disparu, ainsi que les battements veineux du cou et du foie. Trois semaines après, la malade quittait l'hôpital, avec une santé satisfaisante. La dose journalière de caféine s'était élevée jusqu'à 2 gr. 30. (Soc. de thèrap., 26 juillet, et Lyon mèd., n° 29.)

Extraits de muguet. Ils sont de deux espèces : l'un, alcoolique, est la convallarine ; l'autre, aqueux, s'appelle convallalarine : c'est le plus actif ; il détermine sur les animaux à sang froid et sang chaud un ralentissement notable des troubles cardiaques et de la respiration, avec augmentation de la pression artérielle. Tel est lé résultat des expériences faites par le professeur G. Sée, pour vérifier les effets attribués par les médecins russes au principe actif du muguet. Il a constaté que les fleurs seules étaient à peu près inactives et que c'est dans la plante entière qu'il réside.

Une goutte d'extrait aqueux, déposée sur le coeur dune grenouille, arrête en systole les battements en une minute. Deux gouttes déposées sur le cœur d'une tortue font descendre, en une minute, le nombre des pulsations de 36 à 4. Chez un chien de moyenne taille, 5 centigrammes en injection intra-veineuse suffisent a ralentir les battements du pouls, les mouvements respiratoires, et à augmenter notablement la tension du sang dans les vaisseaux. Ces trois ordres de phénomènes sont caractéristiques du muguet.

Administré à l'homme dans 17 cas d'affections cardiaques prises au hasard, savoir :

Insuffisance mitrale 5 cas.

Rétrécissement de l'orifice mitral 2 —

Dilatation du cœur 2

Hypertrophie de croissance 1 —

Maladie de Corrigan i —

Arythmie simple 1 —

Péricardite chronique 1 —

Hypertrophie avec rétrécissement mitral chez

un diabétique 1 —

ce nouveau médicament s'est montré plus puissant que la digitale et n'ayant pas, comme elle, une influence marquée sur l'appareil digestif. Il augmente l'énergie du cœur, diminue le nombre des pulsations de 10 à 20, les régularise en vingt-quatre heures et réussit très bien contre les palpitations dans les lésions organiques du cœur. C'est enfin le plus puissant des diurétiques. (Acad. de mèd., 4 juillet.)

Son influence diurétique est surtout démontrée par l'observation suivante de M. Moutard-Martin, chez un homme atteint d'affection organique du cœur, dont les urines, parfois albumineuses et normales en quantité, avaient notablement diminué depuis quinze jours, coïncidemment avec l'apparition de l'œdème pulmonaire et des extrémités. La digitale ne diminua pas les phénomènes asystoliques. L'extrait de muguet, à la dose de 50 centigrammes en trois fois dans la journée, eut au contraire un effet très sensible. Une demi-heure après l'ingestion du premier tiers, la diurèse apparut, et de 500 grammes, l'urine s'éleva le même jour à 3 350 gr., en atteignant de 4 000 à 6 400 gr. les jours suivants, sans renouveler le médicament. Elle resta à 3 200 gr. pendant dix jours, pour tomber à 1 200 gr. ensuite.

Ce médicament fut prescrit de nouveau, sans aucun résultat, malgré la dose progressive de 2 grammes, dans des cas absolument analogues. Aucun effet diurétique appréciable n'en put être obtenu. D'où la réserve à admettre son action diurétique. (Soc. de thérap., 12 juillet.)

Ce serait là un médicament instable ou infidèle,

d'après M. Tanret, à cause des différences de la floraison et de la récolte de cette plante. En traitant la teinture alcoolique du muguet par différents .procédés, il obtient une espèce d'alcaloïde appelé convallamarine, à peu près blanc et de l'aspect de la digitaline ordinaire. Mais ce traitement ne donne que 2 grammes par kilogramme de plantes fraîches. Les solutions de ce glucoside paraissent même instables, d'après les expériences. On ne peut donc guère compter sur ce produit. (Bull, de thérap., 15 août.)

Plaies. La mort s'ensuit de quatre manières : par asphyxie, résultant de l'accumulation du sang dans le péricarde : dix à vingt minutes suffisent à la produire ; par hémorrhagie, elle peut tarder jusqu'à soixante-trois heures. La destruction des ganglions auto-moteurs et l'occlusion des artères coronaires forment les deux dernières.

Devant l'expectation des médecins, laissant mourir tranquillement ces blessés, le chirurgien Block a pensé à intervenir par une incision du péricarde, pour empêcher l'asphyxie ou l'hémorrhagie par la suture. Pour démontrer la possibilité de ces opérations délicates, il les a pratiquées expérimentalement sur des chiens et des lapins, qui les ont parfaitement supportées. Trois à quatre minutes suffisent à cet effet avec les instruments qui sont dans toutes les trousses.

Il offre en preuve quatre lapins vivants ayant subi 1 ouverture des deux cavités thoraciques et du péricarde et quatre autres ayant supporté celle des deux ventricules et même 1 écrasement total du cœur. Un chien très alerte, ayant subi une déchirure du cœur avec ouverture des cavités thoraciques et la suture du poumon pour les fermer, est aussi exhibé à l'appui

Pour empêcher l'hémorrhagie gênante pendant la suture, on pnice le cœur à la pointe et on le tord en tirant a soi pour faire cesser le pouls et la respiration. Un opère ainsi sur un cœur parfaitement tranquille, sans qu un seul animal ait succombé dans cette manœuvre. La simple traction peut suffire à fermer la déchirure. Le pouls et la respiration se rétablissent aussitôt.

COLIQUES SATURNINES

Quatre animaux ayant supporté cette opération, et vivant depuis plusieurs mois, ont été présentés au 11e Congrès des chirurgiens allemands. {Centmlb. fur chir., n° 29, et Revue de chir., octobre.)

Ces curieuses expériences ne sont pas le point le plus surprenant de cette communication. La prétention de l'auteur, c'est que la suture du cœur et la résection du poumon deviennent des opérations que chaque médecin pratique aussitôt en cas de besoin. Il s'agit donc de confirmer si l'homme sera aussi lapin que ceux-là.

COLIQUES SATURNINES. Influence de l 'acidité. Des ouvriers maniant le plomb, ou exposés à ses émanations depuis longtemps sans accidents, peuvent être pris subitement de coliques atroces, sans avoir rien changé à leurs occupations ; l'usage accidentel de boissons ou d'aliments acides suffit à cet effet, comme le professeur Potain en a observé plusieurs exemples dans sa clinique. Un ouvrier chaudronnier, occupé depuis cinq ans à luter des tuyaux de calorifère à Paris avec un mastic au minium, sans en avoir éprouvé aucun accident, quoique présentant un liseré gingival très marqué, indiquant une intoxication ancienne, fut appplé en province pour monter des calorifères. Contrairement à ses habitudes, il but du cidre au lieu de vin et fut aussitôt pris de coliques atroces qui l'ont amené à l'hôpital.

Beaucoup d'ouvriers peintres, n'ayant jamais éprouvé de coliques de leur état à Paris, en sont ainsi pris chaque année en allant faire des travaux à la campagne, soit par suite de l'usage de la piquette ou du cidre qu'ils boivent, sinon des aliments acides pris en excès, comme la salade ou certains fruits. L'acidité, en solubilisant tout à coup les composés plombiques absorbés et restés insolubles dans un milieu neutre, est la cause de cette action pernicieuse. L'embarras gastrique, succédant à des excès de boissons non acides, peut aussi donner lieu à des coliques de plomb accidentelles, chez les ouvriers le travaillant, par le milieu acide qui en résulte. Un peintre en bâtiments, très amateur de moules, eut l'idée, pour empêcher l'urticaire en résultant.

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d'ajouter du vinaigre à leur préparation. L'urticaire fut alors remplacée par une formidable colique de plomb.

Ce mécanisme a été démontré expérimentalement, il y a quelques mois par le docteur Archambault. Une poudre de cristal impalpable, servant à fabriquer des objets dits contre-oxydés, avait suffi à faire succomber deux ouvriers à l'intoxication saturnine. En ingérant cette poudre et en prenant un vomitif peu de temps après, pour la rendre comme elle avait été avalée, aucun accident n'en résultait; mais, en buvant du vin aigre ou du vinaigre après son ingestion, cette poudre, étant dissoute dans l'estomac, provoquait les plus graves accidents. D'où l'indication précise, pour les personnes exposées à l'absorption du plomb, sous quelque forme que ce soit, de se garder avec soin d'aliments et de boissons acides pour prévenir l'empoisonnement. Les tea to talers sont ainsi exclusivement employés en Angleterre dans certaines usines à condition de ne boire que du thé. (Journ. de méd. et chir. pratiq., novembre.)

COLOTOMIE LOMBAIRE. Après avoir passé le détroit et s'être parfaitement naturalisée en Angleterre, de préférence h celle de Littre, contre l'obstruction du rectum, cette opération d'Amussat revient dans son pays d'origine, a;vec.des indications plus précises et étendues contre le cancer du rectum. Les premières tentatives de M. Labbé, communiquées en 1878 et non en 1879, comme il l'a dit, — le temps passe si vite, — ont été suivies promptement d'autres succès par le professeur Trélat, qui fixe ainsi les limites de cette opération :

Cancer inaccessible ou indépassable;

Existence d'accidents caractérisés;

Bon état général du sujet.

Ses avantages sur l'entérotomie inguinale sont, en portant sur un point déterminé et toujours le même de l'intestin, d'être extrapéritonéale et plus rapprochée de l'anus, ce qui permet une digestion complète et la régularisation des selles ; l'anus lombaire est ainsi moins incommode que l'anus inguinal.

L'incision de la peau doit avoir de 8 à 10 centimètres sur une ligne étendue de l'épine iliaque antéro-supé-

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rieure gauche à l'angle formé par la réunion de la douzième côte avec le bord interne des muscles sacro-lombaires. Le milieu de cette incision doit correspondre à une ligne parallèle au bord externe de la masse sacrolombaire et partant à 2 centimètres en arrière du milieu de la côte iliaque.

On reconnaît le côlon à son contenu s'il est plein et, s'il est vide, à sa couleur blanchâtre, comme iibroïde, tranchant sur la graisse jaune et la rougeur du muscle. On peut faire jouer ses parois l'une sur l'autre. Son incision, d'après le précepte de Nélaton, doit avoir lieu entre deux anses de fil passées à 32 millimètres de distance à travers toutes les tuniques pour fixer le côlon contre la plaie. Puis, en pénétrant avec l'aiguille dans l'intestin perpendiculairement, à égale distance des deux bords de la plaie cutanée, on la fait ressortir à quelques millimètres en dehors, et on la passe ensuite dans l'épaisseur des lèvres de la plaie, de dedans en dehors. La même manœuvre se répète avec un nouveau fil du côté opposé, en pénétrant l'intestin par le premier trou; trois autres, à 8 millimètres de distance, paraissent très suffisants.

Un traction exercée par un aide en sens inverse sur les anses de fil de chaque côté suffit à faire bâiller les trous communs aux deux fils, et l'on incise l'intestin entre eux dans une étendue de 3 centimètres seulement. Appliqué ainsi intimement à la peau, il n'y a qu'à serrer les fils pour que toute issue des matières fécales soit prévenue dans la plaie. Il n'est pas nécessaire de réunir la plaie cutanée plus grande que l'anus artificiel. Un point de suture au voisinage de l'intestin suffit pour en éviter le tiraillement.

Le pansement consiste en un tampon phéniqué recouvert d'une compresse, d'une toile cirée et d'un bandage de corps. Il doit être renouvelé très fréquemment.

Deux malades ainsi opérés en ont éprouvé les résultats suivants :

Le premier, âgé de vingt-trois ans, était déjà cachectique. Il eut trois mois de santé relative sans douleurs ensuite. Les progrès du cancer et sa généralisation dans le foie déterminèrent la mort six mois et douze jours après, sans qu'il ait jamais souffert de son anus artificiel,

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agrandi de 4 à 8 centimètres, sous l'influence de l'amaigrissement.

Quinze jours après l'observation, la seconde malade allait très bien, sans souffrir aucunement de la nouvelle voie créée, et put se présenter un mois après à la Société de chirurgie.

Contre un sarcome du rectum, chez un garçon de vingt-un ans, déjà dilaté à deux reprises et ne pouvant plus admettre l'index, M. Pozzi pratiqua la même opération . L'opéré survécut cinq mois en santé relative, aidant aux travaux de la salle. Si les progrès du mal n'en sont pas entravés, on soulage du moins infiniment les malades ; tous ceux qui la pratiqueront pourront le confirmer.

Il existe sans doute d'autres moyens de soulagement, la dilatation d'abord, que M. Després préconise exclusivement. Jamais il n'a rencontré une obstruction complète. Les laxatifs, les lavements, les bains suffisent, en rendant les selles liquides, à la défécation. On soulage les malades en écrasant les fongosités avec le doigt et en les faisant saigner. Les douleurs ne résultent pas du contact des matières durcies, ce sont les douleurs lancinantes du cancer. Le contraire est très rare. Dans deux cas de cancer, il introduisit trois, doigts et dilata suffisamment le rétrécissement chez le premier malade. Le second, qui avait des vomissements fécaloïdes, put supporter la main entière dans le rectum , à la manière allemande, et les accidents cessèrent. Un vésicatoire sur l'abdomen et des bains quotidiens complétèrent l'amélioration ious les néoplasmes du rectum n'exigent pas une opération, et, dans les cancers infranchissables, pourquoi opérer, puisque le malade est fatalement condamné?

Les nombreux cas d'occlusion complète opérés en Amérique et en Angleterre, et ceux exécutés en France par M . Labbe (Voy. Obstruction, 1878) répondent à ces onjections. Une survie de six ans a été obtenue clans un cas, et elle est en moyenne de dix-huit mois à deux ans, quand on n attend pas trop tard. Un chirurgien n'est donc pas en droit de refuser ce bénéfice à un malade, quand les médecins prodiguent des adoucissements à des incurables. L'opération a deux avantages incontestables, celui de remédier aux accidents aigus de l'occlu-

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sion intestinale quasi-complète et celui de retarder l'évolution du néoplasme.

La rectotomie linéaire est bien préférable, selon M. Verneuilqui Ta introduite, quand le siège du mal permet de la pratiquer. Mais il faut pouvoir atteindre la partie supérieure du néoplasme. En supprimant le rétrécissement et le ténesme, elle fait cesser la douleur produite par l'obstruction ; celles du cancer sont secondaires. La colotomie n'est indispensable à cet effet que quand la dilatation d'une part et la rectotomie de l'autre ne peuvent obvier à cet accident. C'en est l'indication principale.

Les rétrécissements cicatriciels seraient aussi justiciables de la colotomie, d'après un exemple présenté par M. Tillaux sur un garçon de vingt ans, ayant épuisé toutes les tentatives locales : dilatation, rectotomie, extirpation partielle, etc. Amaigri, sans forces, cachectique, il était menacé tous les jours d'accidents nouveaux, qui mettaient sa vie en danger. La colotomie fut pratiquée, il y a trois ans, et l'opéré a repris ses forces, est revenu à la santé et retrouvé le besoin de la défécation, au point que, se promenant dans le jardin de l'hôpital Beaujon, il pouvait remonter deux étages pour le satisfaire. Allingham cite l'exemple d'un homme, dans une position sociale élevée, qui, dans un cas analogue, vécut de longues années avec un anus artificiel, sans que l'on s'en aperçut. Refuser cette ressource, comme ce père de famille, lancé dans de graves spéculations, qui succomba avant le règlement de ses affaires, c'est perdre cette immense chance et préférer une mort certaine. (Soc. de chir., décembre 1881 et janvier.)

Une seconde application, faite par M. Trélat, a eu le même succès que la première. L'opéré se promène et se porte à merveille. Comparez, dit-il, cette opération avec l'excision directe de la tumeur, réclamée par Marc Sée, avec les faits les plus récents.

J'ai opéré trois fois déjà un malade sur lequel j'avais diagnostiqué, dès le début, un épithélioma. Il va mourir incessamment.

J'ai perdu, sept jours après mon intervention, une opérée chez laquelle j'avais la conscience d'avoir aussi bien

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