‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 2)Chapitre 18 sur 69 · C0L0T0M1E LOMBAIRE · texte numérisé non relu

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observé que possible le manuel opératoire. Je pourrais multiplier les exemples.

Vous savez ce que devient le cancer du rectum abandonné à lui-même, comme l'expectation, voulue par Després, dans les cas de ce genre, sous prétexte d'incurabilité. Ce n'est pas, d'ailleurs, pour guérir l'épithélioma du rectum que les Anglais préconisent cette opération, mais pour éviter le contact des matières fécales. Quand la tumeur n'est pas facilement accessible, ou que le cours des matières est arrêtée, la colotomie lombaire est supérieure à toutes les autres pratiques. (Idem , 7 juin.)

Une nouvelle extension est donnée en Angleterre à cette opération simple contre les rétrécissements du côlon descendant. M. Bryant en a fait la première application avec succès, en excisant l'anneau rétréci. Il en a constaté plusieurs cas à l'amphithéâtre, aussi bien qu'en exécutant la colotomie, et il croit qu'à l'avenir, avant d'ouvrir l'intestin, il sera prudent de s'assurer s'il n'existe pas un rétrécissement au voisinage de l'obstruction par le cancer et inappréciable par le toucher rectal. Ces rétrécissements annulaires sont ordinairement au-dessus et l'on pourrait en faire l'excision simultanément avec la colotomie. (Voy. Rétrécissements.)

Colectomie est la dénomination appliquée par le professeur J. Marshall, de University collège, à cette résection du côlon. N'ayant pu découvrir la cause d'une obstruction intestinale chez une femme de quarante-neuf ans, même dans l'anesthésie, il fit une incision exploratrice de la paroi médiane cle l'abdomen et constata une tumeur cylindrique sur le côlon descendant. Elle fut aussitôt excisée, avec la paroi de l'intestin adhérent, par une incision latérale gauche. Les deux lèvres de l'intestin ouvert furent fixées aux bords de- la paroi abdominale, cà peu près comme dans la colotomie lombaire, tandis que l'incision médiane fut refermée par des sutures profondes. L'opérée succomba malheureusement dès le troisième jour, bien que la tumeur ne fût pas épithéliomateuse. Un historique complet de cette opération suit cette observation. (Lancet, 6 et 13 mai.)

CONJONCTIVITE

Une modification ingénieuse, facilitant la suture de l'intestin, a été apportée récemment à cette opération délicate par M. Trêves. Le côlon étant fixé au-dessus et au-dessous de l'obstruction par deux clamps dont les mors sont garnis de caoutchouc, la résection est faite entre eux. Les deux bouts libres de l'intestin divisé sont alors rapprochés, et, deux barres transversales réunissant les clamps à la distance voulue, il en résulte une tige rigide et immobile. Mais la difficulté d'appliquer des sutures sur un intestin flasque et mou, qui est le point important de l'opération, a fait imaginer un ballon oblong, en bandruche ou caoutchouc, en forme de bourse ou de sac, du diamètre de l'intestin et pourvu au milieu d'un œillet métallique servant à l'insuffler. Introduit vide dans les deux extrémités de l'intestin à suturer, on l'insuffle pour les dilater, ce qui permet de les aboucher et de les suturer exactement ensemble, sans intéresser la muqueuse. Avant de terminer vis-à-vis l'ouverture, on ouvre celle-ci, et, l'air s'échappant, on retire ce tube mou, et, les dernières sutures étant faites pour fermer le gros intestin, il devient perméable, sans danger d'épanchement, aussitôt les clamps enlevés, comme l'a démontré l'application de ce procédé, faite sur un homme in extremis et mort douze heures après. (Royal med. and chir. Society, 12 décembre.)

CONJONCTIVITE. Par sa rapide propagation à tout le globe oculaire, cette imflammation a conservé surtout l'appellation générique d'ophthalmie. On dit encore indistinctement ophthalmie purulente, blennorrhagique, diphthéritique, pour désigner les inflammations spécifiques, localisées de cette membrane. La précision commande de rectifier cet abus traditionnel par le titre qui lui convient exclusivement.

Conjonctivite purulente. Origine rhumatismale. Il y aurait lieu de réviser, suivant M. Maurice Perrin, l'étiologie de l'ophthalmie purulente, au moins en ce qui concerne la variété blennorrhagique, que l'on admet souvent légèrement, sans preuves et même sans y regarder, notamment chez les militaires. Il rapporte en effet cinq

CONJONCTIVITE 129

observations de conjonctivite purulente chez de jeunes militaires absolument indemnes d'écoulement et dont la diathèse ou l'hérédité rhumatismale rendaient seules compte. Aucun n'avait été exposé à une contagion directe, et quatre sur cinq étaient atteints coïncidemment de rhumatisme articulaire aigu ou subaigu. Par sa généralisation et l'envahissement de la conjonctivite bulbaire, celle-ci se distinguait nettement de l'espèce catarrhale, toujours localisée dans les culs-de-sac.

Quant à se rendre compte comment le rhumatisme produirait l'ophthalmie purulente, l'auteur ne risque aucune théorie. Il lui suffit de montrer l'exemple concluant d'une conjonctivite purulente, double et très aiguë, chez un garçon vierge de tout écoulement. Dès le lendemain, un suintement uréthral avec fièvre apparut spontanément, sans aucune contamination, en même temps qu'une arthrite clu genou gauche. Son père, rhumatisant, avait éprouvé le même accident. Le fait est que cet écoulement cessa spontanément, comme il était venu, quatre jours après, et absolument sans traitement, et la conjonctivite par un traitement approprié. Le rhumatisme seul persista et parcourut ses périodes.

Trois mois plus tard, les mêmes accidents se reproduisirent clans un ordre identique et disparurent de même, excepté le rhumatisme, fixé à l'épaule gauche, et d'autres articulations ensuite. (Acad. de mêd., janvier.)

Etant admis que la diathèse rhumatismale peut avoir des manifestations locales sur l'urèthre, ne peut-elle exercer une action semblable sur la conjonctive en vertu de certaines prédispositions? C'est à élucider cette question par de nouveaux faits que les praticiens doivent tendre.

Outre les diverses lésions constatées par Gigot-Suard en 1873, chez des chiens empoisonnés avec l'acide urique une expérience du docteur Coignard tend à justifier cette interprétation. Une chienne de quatre mois, ayant été soumise a 1 usage quotidien de 50 centigrammes d'acide unque, fut non seulement prise de polydipsie, puis d eczéma, mais l'œil gauche s'est ensuite enflammé Ce ne fut d abord qu une conjonctivite séreuse, qui devint bientôt purulente; tout l'œil a été pris; la cornée a

CONJONCTIVITE

éclaté et est devenue opaque ensuite, grâce à des lavages chauds additionnés d'acide borique à k pour 100. C'est donc absolument la même chose que chez le premier malade de M. Perrin, né de parents rhumatisants et ayant probablement un excès d'acide urique dans le sang. L'uricémie serait donc la cause de ces conjonctivites purulentes. (Journ. de thérap., n° 8.)

La gravité de cette affection ressort d'un cas observé par le docteur Dransart, chez un mineur de la compagnie d'Anzin, âgé de trente-un ans. Atteint d'un rhumatisme articulaire aigu, il fut pris quinze jours après, étant encore au lit, d'une ophthalmie purulente de l'œil droit. Dans l'impossibilité de se rendre à l'Institut ophthalmique, il ne soigna pas son œil, et la perte en fut si rapide que, en se présentant après sa guérison, la cornée était détruite avec hernies multiples de l'iris et une abolition complète de la vue. L'œil gauche était normal. Si rare que soit cette complication rhumatismale, ce fait est donc une nouvelle démonstration de sa gravité spéciale, en mettant son origine hors de contestation.

Le catarrhe de la conjonctive en est beaucoup plus fréquent, suivant l'auteur, sans autre lésion oculaire que l'iritis, dont il constitue parfois l'avant-garde ; il peut même en masquer l'existence. 4 cas en ont été observés par lui après un rhumatisme, sans que le traitement habituel ait pu les faire disparaître. Le succès du traitement anti-rhumatismal en démontra seul l'origine. (Bull. méd. du Nord, juillet.)

Origine scrofuleuse. Sur la conjonctive, la caractéristique de la scrofule, c'est la phlyetène, isolée ou multiple, suivant M. Galezowski. Mais cette manifestation secondaire entraîne souvent une ophthalmie purulente chez les enfants lymphatiques. Il lui oppose la pommade suivante, comme un moyen souverain, d'après son expérience sur un grand nombre de malades :

% Huile de cade rectifiée 1 gramme.

Vaseline 10 —

Mêlez.

A introduire plusieurs fois par jour entre les paupières. [Journ. de thérapeutique, n° 3.)

CONJONCTIVITE 131

Conjonctivite granuleuse. Des lotions faites avec une macération à froid des graines concassées de la liane à réglisse amèneraient la guérison en quinze jours des granulations conjonctivales et du pannus, suivant le docteur de Wecker. Une tradition populaire établie au Brésil, où ces graines sont en grande vogue contre les ophthalmies, et trois observations recueillies à la clinique de Paris, sont les garanties de cette annonce merveilleuse, faite à l'Académie des sciences le 7 août. Il n'y aurait donc plus à courir le danger de l'inoculation du pus blennorrhagique ou de l'ophthalmie purulente pour guérir ces redoutables affections.

La liane à réglisse est un arbrisseau de la famille des légumineuses, qui a été transplanté en Amérique. Ses gîaines rouge corail, à hable noir, très luisantes et très dures, surnommées jequirity, étant mises en poudre, on en fait macérer 32 pendant un jour dans 500 grammes d'eau froide. On ajoute ensuite 500 grammes d'eau chaude, et après refroidissement on filtre. Des badigeonnages avec cette macération étant faits sur les parties malades, il en résulte rapidement une ophthalmie purulente d'aspect croupal, dont on peut doser l'intensité par le nombre des lotions. Cette purulence se produit aussi vite qu'avec l'inoculation blennorrhagique et en faisant garder la chambre au malade jusqu'à la guérison; celle-ci est obtenue en dix à quinze jours, sans faire courir de danger à la cornée, même ulcérée. (Rev. clin, d'oculistique, sept.)

Conjonctivite diphthéritique. Collyre au sulfate de quinine. Une distinction essentielle avec la forme purulente serait à faire, selon le professeur J. Twedie, ?-anîuà, FasPecfc> le danger et surtout le traitement.

epithelmm de la muqueuse est seul affecté dans la forme pelhculaire; elle n'est pas dangereuse et cède au plus «simple remède, comme l'application du nitrate d'argent, belle-ci au contraire envahit profondément les tissus et ne guérit que par cicatrisation. Ce caractère extérieur suffit à la diagnostiquer. Le nitrate d'argent en augmente les lésions, tandis que le sulfate de quinine les limite promptement. Les différences sont ainsi appréciables du commencement à la fin.

CONJONCTIVITE

Son caractère spécial se décèle par la coïncidence fréquente de fausses membranes pharyngiennes, des troubles constitutionnels et son extension de la conjonctive dans le nez. L'infection, plus rapide quand elle débute dans le pharynx, dépend seule de son siège par l'ingestion des détritus des fausses membranes. Sur 9 cas de conjonctivite diphthéritique bénigne, deux enfants sont morts par les lésions généralisées. Cinq avaient des fausses membranes plus ou moins adhérentes à la bouche ou au pharynx, avec pâleur et malaise général. L'étroitesse et la direction différente des conduits lacrymaux avec ceux du gosier expliquent ces différences de propagation.

Aux deux cas déjà rapportés en 1880, l'auteur en a observé quatre autres à l'hôpital ophthalmique de Londres sur trois hommes et une femme. Deux commencèrent comme une conjonctivite purulente d'origine blennorrhagique chez un homme et une femme admis avec une conjonctivite purulente avancée de l'œil droit. En peu de jours, l'œil gauche se prit, malgré sa protection avec la défense de Buller, en débutant par des fausses membranes, comme dans les deux autres cas. Il est remarquable que ceux-ci étaient chez des porteurs d'animaux de boucherie, l'un au marché de Smithfield et l'autre chez un abatteur.

Aussitôt que la nature de la maladie fut reconnue, le traitement fut remplacé par des lotions avec une solution de 25 centigrammes de sulfate de quinine dans 30 grammes d'eau légèrement acidulée, employée à froid et même glacée. Les surfaces envahies furent baignées et irriguées constamment avec cette solution, les malades étant soumis non seulement aux soins spéciaux des infirmières, mais des internes, qui les visitaient trois et quatre fois par jour, renversant les paupières, injectant le sac conjonctival et détachant doucement les exsudations superficielles à mesure qu'elles se formaient. C'est un remède spécifique, en pareil cas, par son action sur les organismes microscopiques qui détruisent la cornée. Il arrête l'inflammation et limite le néoplasme, sans pouvoir être remplacé par l'acide phénique, qui augmente au contraire l'inflammation. (Lancet, 7 janvier.)

COQUELUCHE. Devant la fréquence de cette affection et l'expectation que la multiplicité des remèdes proposés entraîne souvent, l'emploi comparé des principaux ne sera pas sans utilité pour guider les praticiens dont le siège n'est pas encore fait par leur expérience. Voici les résultats statistiques de leur action sur la durée de la maladie et l'intensité des accès, d'après les résultats obtenus par le docteur Heubner dans des cas également sans complication :

Cas.

Durée

Intensité

de la maladie.

des accès.

Quinine. 25 centigr. par jour

Acide salicylique en inhalations, so-

lution du 30e au 50e

Belladone, 5 à 10 centigr. en poudre

Les inhalations d'acide salicylique et le chloral en lavement, à doses assez considérables, agissent clone surtout en atténuant l'intensité et la fréquence des accès, tandis que la quinine et la belladone diminuent spécialement la durée de la coqueluche. ( Wiener med. Woch a" 32, 1881.)

DENTITION. Toutes les anciennes croyances et les théories médicales qui ne sont pas solidement basées sur des faits sont aujourd'hui plus que jamais battues en brèche, au nom même du positivisme régnant. Tout ce qui ne se démontre pas ostensiblement ou ne s'explique pas par les doctrines en vogue est mis à l'index et nie aussi gratuitement qu'il a souvent été adopté. L'helminthiase spontanée d'autrefois a été remplacée par la théorie parasitaire, appuyée sur des faits irréfragables, qui permettent de la généraliser à priori à tous les cas d une essence inconnue ; les œufs ou germes même invisibles servent à tout expliquer, d'après la loi généra-

CARNIER. xvnl> g

lemenfc admise qu'il n'y a pas de génération spontanée. La panspermie l'a remplacée.

Une vive réaction se manifeste actuellement contre la croyance si bien accréditée autrefois des maladies de la dentition, surtout dans la première enfance. Les divers et nombreux accidents qui lui étaient attribués ne sont pas seulement mis en doute, mais niés sans preuves et déclarés impossibles, nuls. Les troubles du tube digestif : vomissements, diarrhée, ilux, les affections catarrhales comme rhumes, bronchite, et les nombreux accidents nerveux dont on la rendait responsable : insomnies, convulsions, chorée, fièvre cérébrale, sont relégués au rang des contes de fées. Il n'est pas jusqu'aux feux de dents, à la salivation, aux érythèmes, aux aphthes de la bouche et des lèvres, du nez, aux éruptions diverses qui ne soient taxées de fables, en tant que produites directement par la première dentition.

Suivant le docteur Magitot, qui, en sa qualité de dentiste, n'a probablement jamais observé un enfant qui fait ses dents, c'est tout simplement par ce phénomène permanent chez l'enfant d'une dent à sortir ou qui vient de paraître, extérieur et visible, qu'on lui a attribué tous les accidents et les maladies qui se montrent eoïncidemment. Cette cause est d'autant moins fondée que la première dentition est la plus facile et produit le moins d'accidents locaux. Ceux-ci, lorsqu'ils paraissent sur les gencives, ne déterminent aucune des maladies qu'on leur attribue gratuitement, et celles-ci apparaissent avant comme après la première dentition. D'ailleurs les expériences faites sur les gencives des jeunes animaux n ont amené aucun accident, et ces animaux n'éprouvent durant leur première dentition aucune des maladies qu'on lui attribue chez les jeunes enfants. (Archiv. de méd.. novembre 1881.)

Telles sont les raisons invoquées et données comme plus rationnelles et concluantes que les signes constatés chez les enfants : la congestion du cerveau, la rougeur, le gonflement, l'inflammation et la sensibilité des gencives. Les phénomènes réflexes de ces lésions locales ne peuvent-ils donc retentir sur le système nerveux, l'intestin et tout l'organisme des petits malades et y

produire des hyperémies et des congestions locales ? i Sans que cette cause de la dentition produise directement toutes les maladies des jeunes enfants auxquelles ils sont prédisposés par leur âge, le malaise, le trouble apporté à toutes les fonctions par une dentition douloureuse ne peuvent-ils expliquer souvent leur gravité ou leur persistance et même la mort qui vient si fréquemment y mettre fin ? Ce n'est pas autrement que l'entendent la plupart des médecins. Mais ce sont là pour M. Magitot des hypothèses invraisemblables, et de ce quer dans trois ou quatre cas observés, des lésions graves sur les gencives n'ont amené aucun retentissement sur l'organisme, on rejette en masse tous ceux qui ont été | relatés depuis des siècles. C'est la méthode courante des positivistes modernes pour faire table rase de tout i ce qui les gêne ou les offusque.

Une thèse a été soutenue récemment, par un futur dentiste sans doute, en établissant sur deux faits la preuve de la première de ses conclusions, ainsi conçue : « Il n'a jamais été établi d'une "manière incontestable aucune relation de cause à effet entre la dentition et les accidents qu'on lui attribue. » (Lèvêque, thèse de Paris, 1881.) C'est un procédé par trop expéditif et dont on ne saurait se targuer pour rejeter d'emblée une tradition séculaire, née avec la science même et qui a sur- Ivécu à toutes les révolutions systématiques. Elle ne saurait donc être détruite par le positivisme actuel, surtout avec ses procédés expéditifs.

Au nom même de la clinique infantile ainsi méconnue, le docteur Blachez a répondu à ces dénégations gratuites par le tableau des accidents locaux et généraux que présente l'enfant perçant des dents. A la stomatite caractéristique et toute spéciale, reconnue et admise par les plus habiles médecins d'enfants, il ajoute les accidents éloignés, imputables à la dentition dans certaines conditions d'observation journalière. De ce que les petits malades ne peuvent dire ni accuser la cause et le siège de leurs souffrances, il ne s'ensuit pas que le clinicien ne puisse les découvrir. Tels sont les phénomènes sympathiques qui s'observent journellement, comme l'agitation, la fièvre, les vomissements, les convulsions. Une

piqûre d'épingle mal fixée, un furoncle tracassé par des langes, un vésicatoire, un sinapisme suffisent à déterminer des convulsions chez un enfant nerveux, et Ton prétend qu'une douleur continue, siégeant dans une gencive gonflée, sensible au doigt, douleur persistante que rien ne calme, ne puisse jeter l'enfant dans un état analogue ! C'est se refuser à l'évidence.

Exemple : voici un enfant de six à huit mois allaité par une mère bien portante ou une bonne nourrice, qui perd tout à coup et sans cause appréciable le sommeil et la gaieté ; il devient irritable, quitte le sein après quelques succions et bave incessamment. Les organes et les fonctions interrogés ne fournissant pas la raison de ce changement, comment ne pas l'attribuer à l'évolution dentaire, quand on trouve la gencive chaude et douloureuse au toucher? C'est dans ces conditions que, le malaise persistant ou augmentant, la diarrhée survient, ainsi que les vomissements, des éruptions sans caractères ou feux de dents, sans que le régime de l'enfant soit changé. Du jour au lendemain, tout cet appareil morbide cesse, et, en consultant la gencive, on constate que la dent est sortie. Comment échapper à la conclusion qu'elle était le seul corps du délit, quand cette observation banale se renouvelle successivement pour les autres dents chez la plupart des enfants ?

Invoquer les sections, les ponctions, les déchirures ou les piqûres des alvéoles chez les jeunes animaux, pour montrer qu'ils n'en éprouvent aucun trouble général, est une comparaison inapplicable au traumatisme causé par l'évolution des dents. C'est là un acte tout vital, qui écarte, refoule, comprime lentement les tissus et détermine des réactions toutes différentes au traumatisme artificiel. L'observation des petits malades peut seule conduire à une conclusion rationnelle et vraie, sans que les expériences sur les animaux puissent y suppléer. (Gaz. hebdomad., n° 1.)

En vrai clinicien, le professeur Zinnis, directeur de l'hospice des Enfants-trouvés d'Athènes, a tenté la solution de cette question par la statistique. Sur 2 662 enfants morts à Athènes pendant les deux premières années de 1864 à 1871, 1 209 avaient succombe a la aiar-

rhée, 667 aux convulsions et à la méningite aiguë et 786 à des maladies aiguës des voies respiratoires. En divisant ces décès selon l'âge où ils sont arrivés, soit de six en six mois, il est manifeste que le nombre va graduellement en diminuant d'une manière uniforme et constante à chaque période semestrielle pour ces trois classes de maladies différentes. Ainsi, 1 025 ont succombé dans les premiers six mois, 904 dans la première année, 402 de douze à dix-huit mois et 331 dans la dernière période" D'où la démonstration, apparente du moins, que la dentition n'exerce aucune influence sur la mort'du plus grand nombre, puisque 1 929 ont succombé dans la première année, alors que, pour la plupart, l'a dentition n'est pas encore en cause, tandis que 733 seulement succombent pendant la période où elle peut être surtout incriminée. Voilà donc qui paraît bien réglé pour Athènes, quoique l'on puisse exiger une démonstration plus rigoureuse.

Il y a d'abord à tenir compte du climat. Les dents poussent sans la moindre difficulté chez beaucoup d'enfants d'Athènes, dit l'auteur, parce que la plupart sont nourris par leurs propres mères ou des nourrices. Une légère diarrhée marque cependant la période de la dentition, se changeant en de graves affections intestinales chez les enfants pauvres, sevrés prématurément et mal nourris. Beaucoup éprouvent une démangeaison des gencives pendant l'éruption des dents. De là leur tendance constante à porter les doigts à la bouche et le soulagement ressenti quand on leur frotte doucement les gencives avec le doigt. On les sent légèrement tuméfiées ou l'éruption est imminente, avec une teinte rose i plus ou moins foncée accompagnée de salivation, et d'une légère heyre rémittente, sans grande influence générale, si ce n est sur la digestion. Cinq à six selles par jour de teS? aqifU!es> Pâtres, grumeleuses, en sont le ■ résultat pendant une semaine ou deux chez les enfants bien soignes. Ce qui n'empêche pas l'auteur de reconnaître que chez les autres, ces accidents persistent et s aggravent au point de déterminer une stomatite intense,

ZZâ a VT Sdles Par j°ur' de matiè™s mu- 'queuses, sanguinolentes avec ténesme. Que ce soit en été,

et la mort peut s'ensuivre. C'est là le meilleur témoignage que la dentition n'est pas aussi étrangère que le prétendent les dentistes sur la santé et la vie de l'enfant. (Du rôle de la dentition dans la pathologie infantile; brochure in-8°, Athènes, 1882.)

Dentifrices. L'abus qui en est fait sans aucune indication rend le formulaire spécial de M. Redier d'une grande utilité à cet égard. Solides ou liquides, ces dentifrices sont classés suivant l'indication qu'ils doivent remplir. Les poudres neutres ou inertes, comme le char- j bon et la poudre d'iris, ne sont ainsi indiquées qu'en l'absence de dents cariées et de dépôts de tartre avec intégrité de la muqueuse, aussi bien que l'eau de Botot et tant d'autres élixirs et opiats. Les dentifrices alcalins, solides ou liquides, comme la magnésie, la chaux ou la soude, s'emploient contre la salive acide ou la carie. Au contraire, les dentifrices acides, comme la crème de tartre ou les vinaigres de toilette, ne conviennent que contre la salive alcaline, les dépôts abondantsde tartre avec absence de carie et d'inflammation. Contre l'état morbide des gencives ou de la bouche, ce sont au contraire les astringents en poudre ou élixirs qu'il faut employer, et les dentifrices antiputrides contre l'état fétide de la bouche, avec ou sans lésion appréciable.

En distinguant ces indications, ce formulaire rendra de vrais services aux médecins de campagne, qui, en. l'absence des dentistes, pourront prescrire ou défendre à leurs malades les dentifrices les plus vulgairement employés. {Bull, de thèrap., septembre à décembre.)

DIABÈTE L'un de ses effets les plus constants, d'après M Lecorché, est la congestion du foie, où se forme le sucre Cette suractivité fonctionnelle du foie en détermine aussi fréquemment l'atrophie, qui s'observe tropsouvent pour n'être qu'une simple coïncidence. L ingestion exagérée des liquides par les malades pourrait bien être la cause de ces altérations organiques. (Acad. de mèd., décembre 1881.)

La mélanémie peut en être le ^^^^A^ pant, avant même que le sucre soit décelé dans 1 urine.

Elle est alors le signe d'une cirrhose hypertrophique pigmentaire, comme deux observations en sont relatées. Voy. Cirrhose.

Endocardite diabétique. Le même observateur a rencontré cette complication chez 14 diabétiques, dont il relate les observations en détail, 4 hommes et 10 femmes : d'où l'influence apparente du sexe. Elle n'apparaît que deux ou trois ans et même plus après le début et est ainsi spéciale au diabète chronique. Aucun malade n'était ni rhumatisant ni albuminurique, ce qui exclut ces diverses influences.

Elle est localisée à l'orifice mitral et se traduit par un

I bruit de souffle au premier temps avec son maximum à la pointe, sauf une exception. Ces signes sont précédés parfois d'intermittences et d'irrégularités du pouls, avec œdème des extrémités inférieures, qui l'accompagne généralement. Deux fois, il y avait dégénérescence athéromateuse des artères.

C'est un signe redoutable, car 9 de ces 14 diabétiques sont morts après quelques mois de son apparition, soit en se compliquant d'oedème généralisé, d'ascite ou d'hépatite aiguë. Sa pathogénie semble donc due à l'altéra-

• tion du sang par le sucre par son contact prolongé avec la membrane interne, de même que les autres complications du foie et des reins. (Acad. des sciences, mars, et Archives de méd., avril.)

Paludisme. L'existence de la malaria, constatée il y a quarante ans chez quelques diabétiques, et la présence de là glycose, rencontrée passagèrement depuis dans leurs urines pendant l'accès par différents observateurs, ont incité M. Verneuil à revenir sur cette question dans ses rapports avec le traumatisme et les opérations. La coïncidence de ces deux graves affections générales a été trop négligée; il faudrait établir leurs rapports réciproques, savoir si l'une produit l'autre ou si celle-ci aggrave celle-là. La glycosurie passagère d'origine palustre devient ainsi permanente chez certains individus. Six observations de diabétiques ayant eu précédemment la fièvre intermittente montrent en effet que des opérations ou le

traumatisme peuvent réveiller Tune et l'autre de ces diathèses et de préférence les manifestations telluriques.

Une levée de boucliers a surgi aussitôt contre cette interprétation parmi les représentants de l'armée et de la marine. M. Léon Colin élève des doutes sur cette dépendance problématique, d'après le peu de diabétiques qui se présentent au recrutement. Mais cette objection est sans valeur, car l'examen ne porte pas sur les urines ; d'ailleurs la glycosurie peut se manifester plus tardivement. Un critérium plus concluant serait d'établir les effets consécutifs des blessures ou des opérations chez les jeunes soldats dans les contrées palustres, comme la Sologne, et ayant eu antérieurement les lièvres, M. Burdel (de Vierzon) ayant positivement constaté que très souvent les lésions traumatiques réveillaient ou aggravaient les deux diathèses clans ce pays, mais surtout les manifestations telluriques.

Une objection plus valable, c'est que, sur 32 000 cas d'impaludisme constatés dans l'armée en 1876 et 1877, il n'y a que 6 décès de diabétiques et 14 diabétiques réformés. Malgré l'insuffisance d'exploration, ces chiffres ne sont pas en faveur d'un rapport direct, immédiat.

La confusion entre la glycosurie et le diabète est la principale objection de M. Leroy deMéricourt. Une foule de causes banales font apparaître le sucre dans l'urine, sans faim, ni soif, ni polyurie, c'est-à-dire sans diabète. Le silence des médecins de la marine sur l'existence du diabète dans les contrées palustres, aussi bien en France qu'en Angteterre et aux Etats-Unis, infirme la relation de l'intoxication palustre avec le diabète.

Tout en reconnaissant l'influence des traumatismes sur les accès intermittents, M. J. Rochard doute de la coïncidence causale du paludisme avec le diabète. L'engorgement du foie n'est pas aussi fréquent qu'on le suppose à la suite des fièvres intermittentes dans les pays chauds pour expliquer cette cause étiologique de la glycosurie. Tandis que l'engorgement de la rate est constant après des fièvres prolongées et reparaît ensuite dans les pays froids, celui du foie ne s'observe qu'avec la dysenterie et l'hépatite dans les régions où elles sont endémiques. {Acad. de méd., 1881.)

Signification de V acide urique. La fréquence de l'apparition du sucre dans l'urine et l'ignorance de ses causes immédiates ont conduit le docteur Coignard à en étudier les phénomènes concomitants. Les coliques néphrétiques suivies d'élimination de graviers d'acide urique, étant un phénomène précurseur des plus fréquents du diabète, dont il cite- deux exemples types sans autre cause appréciable, il a spécialement porté son attention sur cet agent. Appelé par ses fonctions d'inspecteur des eaux de Cusset à faire de fréquentes analyses de l'urine de ses malades, il a constaté qu'un excès d'acide urique doit faire redouter l'apparition prochaine du sucre ou de l'albumine, ensemble ou séparément, comme il en relate deux observations, avec cette circonstance que le pronostic de cette glycosurie passagère est le plus souvent favorable quand la quantité d'urée reste normale.

On peut Objecter en effet que ce n'est là qu'une glycosurie sans importance par la faible quantité du sucre. Mais, comme elle augmente souvent dans des proportions considérables d'un jour à l'autre pour disparaître spontanément, l'auteur ne fait pas d'autre différence qu'une question de degré entre ces deux formes, comme entre la fièvre intermittente simple et la fièvre pernicieuse. Des exemples à l'appui montrent qu'il est impossible de distinguer l'un de l'autre autant par les quantités variables de sucre que par les résultats consécutifs.

Au contraire, chez les diabétiques perdant une grande quantité de sucre dont l'acide urique est au-dessous de la moyenne, le pronostic est en général grave, comme l'établissent plusieurs cas.

D'où cette conclusion finale que la plupart des malades atteints de diabètes dits intermittents avec de grandes variations et dont la santé est à peine altérée, quoique 1 aiiection remonte de dix à vingt ans, sont des uricèmiques. (Journ. de thérap., n° 2.)

Uricémie et glycémie. Dans un parallèle entre ces deux états, également producteurs du diabète, M. Durand-Fardel montre que l'uricémie se révèle sous deux formes cliniques distinctes : la gravellurie et la goutte. Les gravelleux se portent bien, parce que tout l'acide urique en

excès dans le sang est éliminé sans cesse par les urines sous forme de sables ou de graviers. Il en est de même pour les goutteux, lorsque l'acide urique en excès se dépose au niveau des jointures et suit de ce fait une sorte d'élimination; mais, s'il reste dissous dans le sang ou si son élimination est insuffisante, aussitôt se montrent les phénomènes toxiques et les accidents graves de l'uricémie.

Dans le diabète sucré, si la glucose contenue en excès dans la circulation est éliminée par l'urine, il ne se produit aucun désordre grave, et le pronostic n'a rien d'immédiatement inquiétant : certains individus, non polyuriques, font jusqu'à 50 ou 60 grammes de sucre par jour et se portent bien néanmoins. D'autres, au contraire, dans certains cas, font peu de sucre et ont tous les symptômes de la cachexie diabétique : la glucose, n'étant pas éliminée, détermine une sorte d'intoxication générale, et alors apparaissent les lésions oculaires, le refroidissement, les gangrènes, etc.

La seule indication formelle, au point de vue thérapeutique, est donc de poursuivre l'assimilation des principes sucrés. Il y a pour cela deux moyens : le traitement par la soude et l'exercice. Quant au régime alimentaire, il ne faut pas trop lui demander, puisqu'il ne s'adresse pas à l'affection dans sa source ; cependant il est très utile, puisqu'il combat la glycémie. Par la suppression des féculents, on voit disparaître en deux ou trois jours tous les symptômes inquiétants, même chez un diabétique de longue date; tandis qu'au moindre écart de régime, on voit reparaître en quelques heures la polydipsie et la polyurie, la sécheresse de la bouche, l'impuissance musculaire, et tout est à recommencer. En résumé, M. Durancl-Pardel conseille de réduire dans la plus forte proportion la glycémie, cause la plus prochaine des accidents du diabète, depuis les moindres jusqu'aux plus graves, et, pour cela, de supprimer les aliments sucrés et féculents. Comment faut-il entendre ce régime? Malgré toute son importance, il doit être subordonné aux exigences de l'appareil digestif de chaque malade; il est de la plus haute urgence que le diabétique se nourrisse et ne subisse pas, par un régime

DIABÈTE J4i{

mal entendu, l'affaiblissement qui est l'essence même de son mal et qu'on s'attache h combattre par tous les moyens. (Soc. de thèrap., janvier.)

Ostéo-périostite alvéolaire. Un dentiste seul pouvait découvrir ce nouveau signe externe et apparent du diabète, dont le docteur Magitot indique l'importance dans les conclusions suivantes :

L'examen de la bouche fournit au diagnostic du diabète sucré un signe constant : c'est la lésion du bord alvéolaire désignée sous le nom d' ostéo-périostite alvéolaire.

Cette manifestation appartient au début de la maladie •et persiste pendant toute sa durée ; elle acquiert, dans certaines circonstances, l'importance d'un signe révélateur.

Elle se caractérise, comme signe initial, par la première période de simple déviation des dents. L'ébranlement des dents et le catarrhe alvéolaire répondent à la phase d'état de la maladie générale. La troisième période, ou chute des dents, correspond à la phase la plus avancée de la maladie.

Au delà de ce terme, si le diabète continue son évolution, les bords alvéolaires peuvent devenir le sièo-e d'une résorption osseuse, consécutive ou non à la gangrène de la gencive. Ce dernier signe est critique et précède de peu, ordinairement, la terminaison fatale du diabète. (Acacl. de méd., décembre 1881.)

Angine de poitrine. Des accès, simples ou associés à clés névralgies intercostales, en ont été observés par le docteur Vergely chez des diabétiques et indépendamment de toute affection cardiaque. C'est donc une nouvelle complication. (Acad. de médecine, novembre 1881.)

Névralgies symétriques. Voy. ce mot.

\rni°od0w?e' L'?,sageen est préconisé par le professeur Moleschott, qui l'administre selon la formule suivante :

lodoforme

Extrait de lactucarium Vat! ". '. \ \ j gramme.

Coumarine A . , , .

Gomme adragante! '. '. 0,1 dec.grammc.

F. S. A. 20 pilules. W

Commencer par une matin et soir et augmenter graduellement jusqu'à huit par jour.

Administré du 26 juin au 19 août 1880, à un homme de quarante-quatre ans, devenu diabétique à la suite de fièvres en 1869 et 1879 avec engorgement de la rate et du foie, maigre et épuisé, il fit disparaître rapidement le sucre. Durant ces huit semaines, il avait gagné 1 kilogramme et demi en poids, et 2 kilogrammes et demi le 27 octobre suivant. L'urine ne contenait plus que des traces de sucre; il n'en existait plus en 1882 et le malade avait pu reprendre une vie très active. (Accad. med. di Roma, 26 mars.)

Cette guérison, attribuée exclusivement à l'iodoforme, ne doit-elle pas être rapportée aussi au changement de climat et surtout de régime? De Spolète, cet homme était venu à Rome, et son augmentation rapide de poids ne peut venir que d'une nourriture meilleure, aidée d'autres agents comme l'eau de Vais, source Saint-Louis, qui est ferrugineuse, arsenicale et surtout alcaline. Ce défaut d'explication pourrait induire en erreur sur la valeur vraie de l'iodoforme contre un diabète tout symptomatique.

Arsenic. En stéatosant lefoie'des animaux pnr l'administration de l'arsenic et du phosphore, M. Quinquaud a recherché ensuite ce que devenaient la glycosurie et la glycémie produites artificiellement chez ces animaux par la piqûre du plancher du quatrième ventricule. Elles furent presque nulles chez ceux qui étaient stéatosés, tandis qu'elles suivirent leur développement chez ceux qui ne l'étaient pas.

De là l'administration de la liqueur de Fowler a la dose de 10 à 20 gouttes par jour chez les diabétiques. Mais ce n'est jamais qu'après les avoir soumis à un régime mixte, uniforme, en dosant la quantité de sucre excrété tous les six à huit jours. La quantité en a été trouvée très notablement diminuée, comme d'autres auteurs l'ont déjà établi par l'emploi de l'arsenic. (Soc. de biol, 15 juillet, et Bull, de thérap., septembre.)

Bromure de potassium. Depuis 1877,1e docteur Felizet annonce avoir obtenu la guérison de 15 diabétiques;

dont il relate les observations, par ce nouvel agent. S'inspirant de la grande expérience de Cl. Bernard, qui montre l'origine nerveuse du diabète par l'irritation d'une zone déterminée du bulbe rachidien exaspérant la fonction glycogénique du foie, il a administré ce bromure, qui, par son action élective sur le bulbe, en supprime l'irritation avec une rapidité parfois surprenante. A doses massives et soutenues, il guérirait bien mieux le diabète qu'un régime exempt de pain, de féculents, de sucre, etc. Sous son influence, la décroissance du sucre s'accentue par des tableaux graphiques qui décèlent une espèce d'antagonisme entre les quantités respectives de la glycose et de l'urée. Mais ces guérisons ont besoin d'être confirmées par des observations ultérieures avant d'être admises, car il y a longtemps que ce sel a été prescrit et administré contre le diabète sans agir comme un spécifique. (Acad. des sciences.)

Pilocarpine contre la pohjurie. Voy. Pilocabpine.

Diabète mortel chez l'enfant. Il est si rarement idiopathique chez l'enfant que West ne l'a pas observé, et sur 700 diabétiques Prout n'en relate qu'un cas, à cinq ans. Celui-ci, observé par le docteur Vignes (de l'Yonne), s'est montré sur une petite fdle de trois ans et demi' bien constituée et développée pour son âge, sans maladie ni traumatisme. Une coqueluche de huit jours, o-uérie sans traitement, l'aurait seule précédé.

Trois semaines après, l'appétit devient extraordinaire, 1 enfant demande sans cesse à boire; miction fréquente' selles rares. Elle devient triste, délaisse ses jeux et maigrit. A l'examen, la peau est sèche, la langue âpretempérature à 37<>; constipation opiniâtre.

Elle rend en vingt-quatre heures près de trois litres cl urine claire, qui précipite abondamment la liqueur de *ehiing et prend une teinte caramel bien intense par lebulhtion avec la solution de potasse. Pas d'albumine.

Ni les moyens pharmaceutiques, ni un régime approprie et rigoureusement observé, ne parviennent à enrayer la marche du mal. Les symptômes vont s'aggra-

G MINIER. xvnj> g

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Ull'UTllKHITK

vaut, l'amaigrissement est extrême : elle perd en deux jours 750 grammes.

Trois jours avant là mort, qui arrive par hyposthénie, cinq semaines après le début présumé de l'affection, diminution des symptômes. Température, 31°,6. Trace d'albumine.

(Jette marche rapidement mortelle a été observée or- 1 dinairement dans ces circonstances, comme le docteur H. Leroux en signale plusieurs exemples chez des entants au-dessous d'un an et entre un à deux ans. Mais la plupart ont lieu de onze à douze ans. (Journ.' de i méd. et chir. prat., juin.)

Glyeo-polyuriqus. Ce sont les petits diabètes avec excès d'acidë urique, ainsi nommés par le professeur Bou- ! charclat. Cette forme s'observe surtout chez d'anciens I glycosuriques pour lesquels le danger est moins dans la quantité de sucre qu'ils perdent que dans les complications qu'elle entraîne. Le ramollissement cérébral I chronique est une des plus fréquentes chez ceux qui ont I passé la soixantaine et dont la maladie n'est pas recon- 1 nue ou qui ont été soignés très imparfaitement. C'est! quand la glycosurie semble disparue et qu'on ne s'enS préoccupe plus que ses redoutables manifestations sur-i viennent. On met ainsi la mort sur le compte de la maladie nouvelle, et ce n'est qu'en suivant les malades pendant longtemps qu'il est permis de reconnaître et 1 affirmer le lien des deux affections.

Ces terminaisons tragiques sont ordinairement le ré- ] sultat de l'abus journalier de l'alimentation azotée et de! la quantité d'alcooliques ingérés, surtout pour des ma-l lades dont l'exercice est toujours insuffisant, sinon nul. J Tant que les reins fonctionnent bien et que les urines rendues restent au-dessus de deux litres, la santé peut 1 se maintenir. Mais que la moindre diminution sur-4| vienne, le danger est pressant, si l'acide urique éliminé*! ne se localise pas dans les articulations ; la mort est I alors à redouter. {Bull, de tlièrapeutique, octobre.)

D1PHTHÉRITE. Sa mortalité, supérieure aux autres affections épidémiques, a été démontrée à Paris par le j

ÎUPHTHÉRITK 147

docteur E. Besnier, dans son dernier rapport trimestriel pour 1881, et cette proportion est probablement la même pour les autres régions. Cette mortalité est tellement croissante en France depuis vingt ans quelle a doublé à Paris dans les dix dernières années, ce qui la met au premier rang des maladies régnantes. Tandis que la lièvre typhoïde, marquée par de graves épidémies, a causé 13 004 décès et que la variole, la rougeole et la scarlatine réunies en ont déterminé 14 100, la diphthérite, à elle seule, en a produit 16 629 ! L'administration ni les médecins ne tiennent pas assez compte de cet effroyable tribut, pour y apporter médicalement et administra- | tivement l'attention et les mesures sanitaires exigées , pour le limiter et y mettre un terme. Les mesures d'iso- | lement des malades et les précautions à prendre pour j les approcher ne sont pas moins indispensables que i pour la variole et les autres maladies contagieuses. (V. Nécrologie.)

Diversité dans l'unité. Observée à 1 état sporadique, la diphthérite ne donne qu'une idée imparfaite de ses variétés multiformes; une épidémie seule peut en offrir le tableau exact et varié, pour qui sait en distinguer toutes les différences, les modalités. La relation de celle qui a sévi h Saint-Dié, de novembre 1880 au mois de juillet suivant, faite par le docteur W. Grollemund, médecin de l'hôpital de cette ville, offre h cet égard un modèle simple à imiter. De cette population de lo 000 habitants, divisée en deux groupes sur les rives de la Meurthe, 9 000 à droite, 6 000 à gauche, - où elle est surtout accumulée dans des habitations ouvrières trop étroites autour d'établissements industriels, - 500 environ ont ete atteints, dont 130 ont été observés personnellement par lui, 82 sur la rive gauche et 48 à droite.

nnn ï J igaUChe' le m°ins P0Pu*eux, mais malsain, pâuvre et dense, est ainsi le plus maltraité. C'est là que naît 1 épidémie, qu'elle sévit avec intensité et persiste en dernier heu : caractère de l'infection. Elle s'attaque tout d abord aux classes ouvrières et consécutivement aux classes aisées en bien moins grand nombre parce qu elles ont plus de force de résistance, en vertu*

148 Dll'JiTRÉRlTE

des conditions plus hygiéniques où elles vivent. Mais la contagion est encore plus redoutable, et en sévissant spécialement sur les enfants, suivant son caractère invariable, elle s'implante dans certaines rues en ne ménagéant pas les adultes. Elle commence ainsi dans la rue de la Prairie et y finit, tandis que d'autres, très peu- 1 plées et pauvres, où elle ne se transmet pas, situées même sur la rive droite, dans le foyer de l'épidémie, I restent absolument indemnes. Preuve que la contagion 1 est encore plus redoutable que l'infection et que l'isole- j ment absolu des premiers malades suffirait à prévenir 1 l'extension du mal. Avis.

Mais c'est surtout sur la distinction des formes de la j maladie qu'il convient d'insister. A l'angine locale, simple et légère, sans fièvre, se distinguant par une ou quel- j ques taches sur les amygdales et qui guérit toujours j presque sans traitement, s'ajoute celle qui, plus étendue j et tenace, est toujours accompagnée de fièvre, et guérit encore avec des soins, mais moins facilement. Puis il y| a l'angine grave, étendue, envahissante, avec fièvre et I complications, gonflement local. Malgré le traitement topique, qui avait une action si prompte sur les fausses membranes au point de les faire disparaître du jour au lendemain, elles ne tombent que pour se reproduire aussitôt. Le mal suit invariablement sa marche, en entraînant souvent la mort, et, si l'on finit par le vaincre sur place, c'est en portant une si profonde atteinte à tout l'organisme qu'il y laisse des traces irréparables : la gangrène, la paralysie.

C'est évidemment par son extension au pharynx et surtout au larynx que le mal devient si grave dans cette variété, au point de tuer, comme le croup. L'épidémie de Montfermeil a montré qu'il n'est pas moins dangereux localisé au pharynx, chez les enfants surtout* (V. année 1.881.)

11 suffit même que le larynx soit envahi pour que les victimes succombent rapidement, sans que la trachéotomie puisse même être efficace, comme dans le vrai croup pseudo-membraneux d'emblée.

Une autre variété de cette forme grave est lorsque les plaques diphthériques apparaissent dans la bouche, le

DIPHTHÉRITE 149

nez, les yeux, les oreilles ou sur les plaies de la peau, celle des vésicatoires en particulier. Elle n'est évidemment qu'une propagation du parasite et entraîne les mêmes complications consécutives. De là le danger des plaies pour ceux qui sont atteints de la diphthérite.

Enfin il y a la forme toxique, qui empoisonne primitivement et tue impitoyablement presque tous ceux qu'elle atteint, surtout les petits enfants. (Revue mèd. de l'Est, novembre et décembre 1881.)

Distinguer ainsi cliniquement la diphthérite c'est montrer que la statistique ne lui est pas applicable en , masse, sous peine d'être absolument sans valeur Les j proneurs de spécifiques ont beau jeu en ne rencontrant que des diphthérites légères ou de moyenne intensité. Ils peuvent en guérir tous les cas sans peine et pour peu qu'ils rencontrent une série heureuse dans les cas graves, les voilà sans un seul mort. Combien de prétendus spécifiques n'ont d'autre mérite que d'avoir été ainsi appliqués contre des diphthérites légères, sans gravite, et dont la nature bénigne n'a pas été reconnue.

Myocardite consécutive. Outre la dégénérescence graisseuse et hyaline constatée après la mort, Leyden a observe trois cas de myocardite vraie, caractérisée par de petits foyers de tissu conjonotif néo formé, rempla-

feste 6,n^reS TdiaqUeS' Cli™quement, elle se manifeste tantôt par la syncope et la mort subite, tantôt par des phénomènes dyspnéiques, la fréquence et l'irrégularité du pouls pendant la convalescence

•nW °nTme ^ Veiîte/nS' guéri de la ^Phthérite et parah iî dS la ^énérale e* ™ ^gère

dysSe V°,le d^ paL™' fut Pris brusquement de

— "uelq^s jolT1^11 PÛt *

peu dHélénéi6 Ventricule ^auche était dilaté avec un bver7demvnriC+enCe ^sense, mais beaucoup de

da^c ent 7les fit ^ Pr°Hfération ^ulaire abonucincc encie les fibres musculaires

A la suite d'une diphthérite légère en annirenr-P „« barçon de quatorze ans restait lîs ït hébété sans ion valescence franche. Une paralysie du voile ^du palais eï

iuq DIPHTIll'lUTE

de l'albuminurie survinrent, puis des signes de dilatataon du cœur avec bruit de galop, petitesse et fréquence du pouls sans dyspnée.

L'autopsie décela une dilatation des deux ventricules, du droit surtout, et la présence d'un grand nombre de foyers myocardiques. (Soc. mèd. de /W/.rn, janvier et Arck. de mèd., octobre.)

Conjonctivite diphthèritique. Voy. ce mot.

Mesures prophylactiques. Les trop nombreux cas de contagion dans les établissements de l'Assistance publique ont fait prescrire l'emploi des moyens suivants, sur le rapport de M. Descroizilles.

Pulvérisations de solution phéniquee dans les salles d'isolement des malades atteints de diphtherite, surtout dans les hôpitaux d'enfants.

Propreté, ventilation et destruction rapide des pièces

deŒetent, dans ces salles et les amphithéâtres d'autopsie, de tous les objets née essaires aux ab lu taons des mains et du visage des médecins et de leurs a des

Amélioration aussi complète que possible de u situa tion matérielle des internes et des externes des hôpitaux clans les services de diphtherite.

Essai du respirateur à ouate ou autres qui seront J2 de quelque utilité pour prévenir la contamination. (Soc. mèd. des hôpit. de Paris, 27 novembre.)

Pilocarpine. Sans admettre les résultats merveilleux annoncés par Guttmann et accueillis trop légèrement Enthousiasme sur la valeur anti-diphthentique de

fue defrés^ts contradictoires l'ont réduit à sa juste valeur (Voy! année 1881.) On trouve dans les concluvaleur. [ v j comparatifs faits

S* »* par le docteur Greza Falud, Ce B,„i» Pnsth un guide sage pour soo emploi :

/ i roTlooarplne, administrée à l'intérieur contre la .ipînhérue un agent dont l'efficacité parait incontes-

't'La pilocarpine, provoquant «ne salivation excès-

Dll'UTHKRTTE

sivc, trouvera toujours son utilité dans les affections phlegmasiques si variées des cavités buccale et pharyngienne. Toutefois, elle ne paraît pas supérieure au chlorate de potasse et au perchlorure de fer et ne saurait être considérée comme un spécifique.

3° Elle rend surtout des services dans les cas légers rlc diphthérite, alors que la maladie reste limitée aux cavités buccale et pharyngienne.

4° Elle n'empêche pas malheureusement le processus morbide d'envahir le larynx et les voies aériennes, et, rlans ce cas, il y a tout lieu de reclouter une terminaison funeste.

5° Son effet est nul dans les cas graves, quand les fausses membranes diphthéri tiques encombrent le larynx et les voies aériennes.

6° Il ne faut pas oublier, quand on l'administre aux petits enfants, les effets déprimants consécutifs; aussi I est-il nécessaire de recourir simultanément aux stimulants et particulièrement aux vins généreux. (Bull, de thèrap., décembre 1881.)

Angine locale. Des irrigations phéniquées au 100e, répétées toutes les deux heures environ, préconisées par le professeur Lasègue, sont, d'après M. Bucquoy, l'un des meilleurs moyens de traitement en agissant à la fois comme modificateur local, antiseptique et anesthésique. La douleur disparaît ainsi rapidement, la déglutition est plus facile et les malades tolèrent, sans souffrances, les diverses manœuvres nécessaires. Elles contribuent à soulever et détacher les fausses membranes à mesure que leur adhérence diminue (Soc mcl. des hôpit., 28 juin.)

Vapeurs phèniqurp*. Dans trois cas, dont deux après trachéotomie qu'il avait été appelé à pratiquer, le docteur Démons lit répandre ces vapeurs dans la chambre avec un pulvérisateur, en se servant d'une solution au vingtième. Après un quart d'heure, on suspendit la manœuvre, pour la renouveler une demi-heure environ ensuite. On continua jusqu'à la guérison, avec intervalles do plus en plus éloignés c'"dre chaque pulvérisation. La

[52 DIPHTHÉRITE

canule ne resta jamais sèche et fut lubrifiée constamment par d'abondantes mucosités. Ces deux petits malades guérirent, ainsi que la troisième, atteinte d'angine diphthéritique. Le père de cette enfant, médecin, qui ne la quitta pas, apu se rendre compte de l'influence favorable des pulvérisations. Toutes les fois qu'il survenait de l'agitation, avec une tendance à la sécheresse de la canule, et de la difficulté dans la respiration, il voyait disparaître ces accidents après une séance "de spray de quelques minutes. {Journ. de méd. de Bordeaux.)

Considérant la diphthérite du larynx comme de nature parasitaire, le professeur Oertel emploie exclusivement ces vapeurs phéniquées avec une solution à 5 0/0 d'acide phénique. Une application exclusive de cet agent pendant deux ans et demi lui a donné 27 guérisons, dans des cas très graves. Une quantité suffisante de liquide étant mise en contact durant plusieurs minutes avec les parties malades, aucune irritation n'en résulte comme avec le pinceau ou 1 éponge Une partie du liquide administré de la sorte est même absorbée pour neutraliser les produits morbides qui peuvent avoir pénètre dans le sans- et préviennent ainsi l'infection générale Ces vapeurs agissent de plus sur la fièvre et diminuen la température.

Dans un cas grave de diphthérite scarlatineuse, la bou che le pharynx, les amygdales et la partie supérieur du larynx étant couverts de fausses membranes épaisse et d'un gris sale, avec pouls irrégulier et intermittent ces inhalations le rendirent continu, régulier et plus fort les fausses membranes se détachèrent ensuite.

Ces inhalations sont faites toutes les deux à trois heu res durant deux à cinq minutes, avec le jet introdui nresque directement dans la bouche. On les diminue d crue les urines deviennent noires ou que des trouble o^striaues se manifestent. L'acide borique a 2 ou 3 0J % le benzoate du soude à 5 0/0 peuvent remplacer 1 ac.d phénique mal supporté. (Ann. des maladies du larynx,

STansolution suivante est appliquée localement, par le docteur Harries, sur les parties accessibles de la gorge recouvertes de fausses membranes :

DIPSOMANIE

% Acitle boracique 7 gr.

Glycérine )

Eau ( aa lo gr.

Sous Faction des bacligeonnages toutes les heures, les dépôts blanchâtres se flétrissent et se détachent par pièces. Ils peuvent se reproduire si Ton cesse les applications immédiatement. Il faut les continuer jusqu'au huitième jour. (Lancet.)

DIPSOMANIE. Il ne faut pas la confondre avec l'alcoolisme, comme on le fait trop souvent, bien qu'elle puise sa source dans l'alcool; c'est une forme différente, dit le professeur Lasègue, et sans autre analogie avec lui. Celui-ci est un vice, celle-là une maladie. Ces deux formes d'empoisonnement par les boissons fermentées, étrangères l'une à l'autre, contrastent par leur étiologie,' leur marche, leurs symptômes et leur terminaison.' Telle est leur disparité qu'aucun dipsomane ne devient alcoolique et aucun alcoolique dipsomane. Il est donc essentiel d'en fixer les lignes de démarcation, en remontant au delà du fait brut et en s'enquérant avec soin des antécédents. On s'expose autrement à de grossières erreurs.

La dipsomanie se déclare presque toujours à la suite d'un ébranlement cle santé, sans que rien ait fait prévoir ni soupçonner le mal. Les qualités de l'esprit, l'activité de l'intelligence, le sens de la conduite n'en sont pas une sauvegarde, et elle se montre après des habitudes sobres et régulières jusqu'à la plus grande correction ; une transformation inaperçue plutôt qu'un événement de santé, comme dans tant d'autres affections mentales, en marque l'invasion. Le choc foudroyant est 1 exception, et, quand la première crise solennelle éclate, elle avait toujours été précédée d'une succession d'incidents, regardes comme insignifiants, qui sont les paroxysmules de la goutte de Sydenham par rapport à 1 ictus vrai. 1

Ce n'est pas la maladie des imbéciles ni des gens de peu contrairementàralcoolisme. Elle est ainsi une rareté a 1 hôpital, ou les alcooliques abondent. M. Lasègue a ren-

Dll'SOMANIK

contré peu de dipsomancs à L'examen, dont il est chargé depuis long-temps, des aliénés placés d office par le département de la Seine et appartenant presque exclusivement aux classes pauvres. Et encore était-ce des déclassés ayant regu de l'instruction, subi des examens et joui d'une ! fortune dissipée ou compromise. A ce titre, la dipsomanie rentre dans la catégorie de la goutte et du diabète.

Un exemple, entre ceux qu'il choisit et raconte avec tant d'aisance chez les deux sexes, suilira pour en montrer le type chez un homme intelligent, robuste, ayant conquis sa position par une instruction classique complète et tardive et une somme de travail considérable. Marié et père de famille, tout avait été au mieux dans sa vie. Il était heureux de son aisance, quand un matin, à cinquante-quatre ans, il fut pris soudainement d'une défaillance de courte durée, semi-comateuse, avec collapsus et perte de connaissance. Une paralysie incomplète du membre inférieur gauche en fut la seule conséquence, sans trouble apparent, sauf plus d'irritabilité. De sobre, il devint plus enclin à boire et rentrait chez lui dans un état étrange, mais sans ivresse. Un jour, il fut ramené brutalement ivre, somnolent et abruti, incapable de revenir seul.

On découvrit alors que c'était un dipsomane extérieur, profitant de toutes les occasions pour boire, mais jamais seul. Il se donnait ainsi en spectacle dans ses réunions d'affaires, sans se rendre compte de son trouble mental ni avant, ni pendant, ni après l'accès. Cet état se prolongea durant trois années environ, maigre les reproches, les conseils, les supplications et les railleries, lorsqu'une broncho-pneumonie l'enleva a soixante ans. {Archiv. de mèd., septembre.)

A ce tableau, on peut distinguer le dipsomane de 1 alcoolique par le voile impénétrable que met le premier dans son ivresse, comme un cas en a été récemment observé par le docteur Groussin, chez une dame frisant la cinquantaine. Elle se plaignait d'étourdissements, de maux de tète, d'incertitude dans la marche et de son défaut d'assurance clans les mouvements de préhension.

Redoutant une congestion cérébrale, une apoplexie, des dérivatifs sur l'intestin, des pédiluves sinapises et des

EAU QYYGÉNÉE

alcalins étaient prescrits, lorsque le médecin apprit par hasard que cette dame s'enivrait régulièrement quatre fois par semaine avec de l'eau de Botot. Elle buvait cette eau, au lieu de s'en rincer la bouche ; et sa ruse obtenait son but : car, d'une part, elle s'enivrait tout son soûl, et, d'autre part, les personnes qui l'approchaient et le médecin lui-même se disaient : « Ce n'est pas étonnant que Mme X... ait de si belles dents et une si bonne odeur; elle s'inonde d'eau de Botot! » Si elle avait bu du vin, de la chartreuse ou du cognac, son haleine l'aurait trahie, pour la personne la moins perspicace.

L'ivresse à l'eau de Cologne, à l'alcool camphré, à l'alcoolat de menthe et autres produits pharmaceutiques alcoolisés est ainsi assez fréquente parmi les personnes riches du sexe féminin que leur position sociale force à recevoir ou à faire beaucoup de visites. (Bull, de thérap., octobre.)

Ce n'est évidemment pas là de Y alcoolisme à la toilette, comme l'appelle le médecin de Bellevue, mais de la dipsomanie.

EAU OXYGÉNÉE. C'est le peroxyde d'hydrogène découvert par Thénard. Son action sur la fermentation, signalée en Allemangne dès 1878 et bientôt renouvelée en France (Voy. Fermentation, 1880), ne pouvait manquer d'attirer l'attention sur ce produit simple et à bon marché, espèce d'eau merveilleuse que la fibrine seule décomposait, d'après Thénard. Une circonstance fortuite semble avoir élucidé ce sujet : c'est l'assertion de M. Béchamp à l'Académie des sciences que les matières albuminoïdes décomposaient seules l'eau oxygénée. M. Dumas l'ayant répétée dans son rapport, plusieurs voix autorisées se sont élevées aussitôt pour la contredire. MM. P. Bert et Regnard ont constaté, en effet, que tout organisme constituant un ferment figuré est arrêté immédiatement dans son action fermentatrice par l'eau oxygénée. Le ferment est tué, et la fermentation ne re-

jgg EMPYEME

prend plus, même après l'élimination de l'eau oxygénée. Elle est donc décomposée par lui. De là son action antiseptique, tandis que les ferments solubles, comme la salive, la diastase, les sucs gastrique et pancréatique, n'en sont nullement impressionnés. (Acad. dessc.,22 mai .)

L'eau oxygénée, en arrêtant la fermentation, serait aussi un réactif certain des ferments figurés. Le blanc d'œuf, dédoublé en deux substances distinctes, en possède encore une troisième, qui, décomposant seule l'eau oxygénée, serait un organisme bien caractérisé, c'est-àdire les microzymas de M. Béchamp. Elle serait ainsi le réactif par excellence pour en déceler la présence.

La panspermie régnante et le parasitisme admis de la plupart des maladies infectieuses trouvent un auxiliaire précieux dans l'eau oxygénée. Elle serait un parasiticide des plus puissants, sans les inconvénients d'odeur et de toxicité de l'acide phénique. De là son emploi et ses bons effets dans le pansement des plaies. (Voy. Pansements.) , Mn ...

L'eau oxygénée médicinale a 10 volumes par litre, injectée dans l'urèthre, a été aussi employée contre la blennorrhagie de la femme, par M. de Sinety, a Saint- Lazare.

Contre la vaginite, des irrigations quotidiennes a^ec l'eau oxygénée pure, suivies de pansement avec des tampons de ouate qui en sont imbibés, lui ont donne les meilleurs résultats.

Contre le muguet, des applications topiques renouvelées trois ou quatre fois par jour ont fait disparaître en une seule journée des plaques développées chez les nouveau-nés athrepsiques et des adultes tuberculeux, ou cancéreux. Des gargarismes ensuite avec 1 eau oxygénée au quart suffisent pour assurer la guerison. (Joum. dp thèrap., septembre.)

Dans un cas d'ophthalmie purulente de cause probablement génitale, M. Bottex s'est rendu maître de laffectTon après quatre jours de lavages renouvelés plusieurs fois dans la journée.

FMPYÈME. Thoracoplastie. Sur huit cas de résection def côtes suivant le procédé d'Estlander (Voy. an,

EMPVÈME 1^7

1879), le docteur Homer/a obtenu deux guérisons complètes et deux décès; les quatre autres opérés ont quitté l'hôpital avec des fistules pleurales. L'un est mort bientôt, et l'autre a guéri complètement. C'est donc 50 0/0 de succès. (Archiv fur klin. chir., 1881.)

L'exemple suivant du docteur Fenger, de Chicago, est d'un enseignement plus efficace. Une fille de seize ans souffrait depuis deux ans et demi d'un empyème du côté droit, avec fistule persistante résultant de la ponction faite entre la sixième et la septième côte à 2 pouces 1 /2 au-dessous du mamelon. La sonde pénétrait à une profondeur de 5 à 6 pouces, et deux cuillerées à soupe de pus s'en écoulait journellement. Un léger enfoncement de la paroi costale existait, sans que les lavages ni les bandages antiseptiques, employés depuis trois mois, aient pu amener l'occlusion. Résonance normale au sommet, jusqu'à la quatrième côte. La malade, de plus en plus faible, avait perdu l'appétit, avec douleur de côté et céphalalgie.

Quinze mois après rétablissement de la fistule, la résection des côtes fut pratiquée, en vue d'obtenir l'occlusion de la cavité pleurétique. Une incision de cinq pouces de long étant faite sur le trajet de la fistule, en arrière et en avant, les cinquième et sixième côtes, ayant été dénudées du périoste, furent réséquées clans une étendue de 6 à 7 centimètres. Le petit doigt put ainsi être introduit dans la cavité qui remontait jusqu'à la quatrième côte et exigea de même l'excision de celle-ci. La paroi interne était tapissée d'un tissu connectif ferme, dur. recouvert de granulations molles, dont une partie fut enlevée par le grattage, sans hémorrhagie notable.

Cette opération, faite sous le nuage phéniqué, fut suivie d une contre-ouverture à l'angle de l'omoplate, donnant passage a un drain. L'occlusion fut si rapide que le drain put être enlevé le trente-septième jour et que la cavité et la fistule étaient complètement fermées le cinquante-quatrième jour. Sept mois après, l'opérée jouissait d une très bonne santé, sans toux, et le thorax donnait les mesures suivantes au-dessous de l'angle de l'omoplate. La circonférence du côté gauche était de 13 pouces \ ï et a droite de 10 pouces 3/4 seulement; au niveau

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de l'aisselle, elle était à gauche çle 13 pouces 3/4 et de 11 pouces 3/4 à droite; sur la onzième vertèbre dorsale, cette circonférence était de 12 1/2 à gauche et de 10 pouces à droite. Le sternum était infléchi de ce côté. Le plus grand enfoncement 4U côfé droit était au-dessus du mamelon correspondant à la quatrième côte, où le diamètre antéro-postérieur était de 3 pouces 1/2 au lieu de 5 du côté gauche correspondant. Sous la clavicule même, le diamètre était de 3/4 de pouce au-dessous du côté gauche.

Les extrémités osseuses des côtes réséquées, quoique perceptibles au toucher, étaient en voie de régénération manifeste. La percussion donnait un son clair au-des-us de la quatrième côte , avec matité au-dessous et dans la région axillaire; la résonance était claire au-dessus de la cinquième et mate au-dessous. En arrière, la matité n'existait qu'au-dessous de l'omoplate. Ce résultat est donc en faveur de l'opération d'Estlander. (Boston med. and surg. journ., n° 14.)

Drainage remplaçant les injections. Après les redoutables accidents produits par les injections intra-pleurales, le professeur Billroth proclame leur inutilité pour laver et irriguer la cavité de l'empyème, sinon pour la débarrasser des caillots ou des adhérences putréfiées, décomposées qui peuvent s'y rencontrer. Une seule injection suffit à cet effet. Dans le cas d'une blessure par coup de feu dans le thorax, suivie d'un empyème putride, il se borna à une contre-ouverture, par laquelle il fit passer librement une solution de thymol pendant quatre jours. Dans l'empyème ordinaire, il suffit de réséquer une côte et d'introduire un drain, pour que le pus ait un écoulement continu, suivant le procédé d'Hippocrate. L'iodoforme peut être introduit dans la cavité pour diminuer le pus et le désinfecter, les injections désinfectantes froides étant parfois suivies des plus mauvais résultats, comme il en relate des exemples. (AUg. Wiçner med. Zeitung, décembre 1881.)

EIVCÏTOIVDROME . Ces tumeurs dures doivent être examinées avec soin, depuis que leur malignité a été dé-

ENCHONDROME

montrée par quelques exemples (Voy. année 1878.) C'est une épée de Damoclès pour ceux qui les portent. Il est donc utile d'en réunir les cas.

Un enchondrome lobulé de la face a été observé par M. Démons, de Bordeaux, chez un jeune homme de vingtquatre ans qui le portait depuis huit ans. L'extirpation incomplète en fut faite par grattage, et la réunion eut lieu par première intention. Six mois après, la marche envahissante du mal semblait arrêtée et l'état général de l'opéré était excellent. La récidive, bien qu'à craindre, ne se manifestait donc par aucune trace. {Soc. de chir., décembre 1881.)

La malignité de ce néoplasme s'est manifestée clairement chez un garçon de dix-huit ans, entré à l'hôpital Tenon pour une tumeur de l'épaule droite, ayant le volume d'une tête d'adulte. Elle serait survenue à la suite d'un coup remontant à cinq ans. Arrondie et sessile, elle mesure 27 centimètres verticalement et 45 transversalement, quoique unie intimement en arrière au bord axillaire cle l'omplate, avec prolongement dans la fosse sus-épineuse. Elle suit tous les mouvements imprimés à l'humérus. Sa surface est surtout dure en haut, avec fie nombreuses petites saillies résistantes et comme osseuses. Absence absolue cle fluctuation, de pulsations et du frémissement; le diamètre du bras droit est de 2 centimètres au-dessous de son congénère.

I n enchondrome est diagnostiqué, et, malgré un excellent état général, avec appétit, sans fièvre ni amaigrissement, l'extirpation cle cette énorme tumeur est faite par le docteur Blum le 12 mai. Son poids fut trouvé de 7 livres, et son examen justifia le diagnostic porté. Tout en s'étendant sur la face externe de la tête de l'humérus, elle n'y adhérait pas. Ses adhérences étaient aux extrémités externes cle la clavicule et de l'acromion.

Malgré des vomissements consécutifs pendant trois jours, la plaie, qui mesurait 30 centimètres, finit par se cicatriser, et le juin l'opéré, sans fièvre, paraissait dans un excellent état. Il quitta l'hôpital le 10; mais, dès le 9 septembre suivant, la récidive est évidente sur Fhumérus. On résèque 6 centimètres de sa partie supérieure, et néanmoins des nodules enchondromateux apparais-

Ilil)

KNSEIGNKMENT

sent dix jours après, au milieu de bourgeons charnus; ils augmentent rapidement, malgré la cautérisation avec la pâte de Canquoin. Toute la cicatrice en est envahie un mois après et l'opéré succombe bientôt; d'où l'enseignement de ne toucher à ces tumeurs qu'avec beaucoup de réserve. (Archiv. de méd., octobre.)

L'enchondrome mou de l'omoplate, n'ayant plus aucune tendance à l'ossification, serait, d'après Walder, le plus sujet à la dégénérescence sarcomateuse. Comme l'encéphaloïde, la marche de' cette espèce serait plus rapide , plus douloureuse et plus maligne que celle des autres. Il distingue ainsi les enchondroses ossifiées, les enchondromes ordinaires et les chondromes ostéoïdes, qui prennent leur origine dans le tissu conjonctif, tandis que les autres dérivent du cartilage, avec tendance à l'ossification.

L'enchondrome hyalin est constitué par le développement d'un cartilage de première formation sans tendance à l'ossification, comme l'enchondrome mou. Ces deux dernières espèces sont donc les plus redoutables, quant à la dégénérescence et la récidive. (Deuts. zeitsch. fur chirurg., 1881.)

Une tumeur chondroïde de la paroi thoracique a été extirpée par le docteur Surmay, dans des conditions particulièrement graves, montrant la bénignité de cette affection. Son début remontait à quatorze ans, et son volume équivalait à la tête d'un enfant nouveau-né. Elle était appliquée sur le cinquième espace intercostal droit, dans lequel elle s'implantait, auprès du sternum. Après avoir été détachée de la paroi thoracique, elle dut être sectionnée à sa base; puis il fallut creuser une sorte d'excavation pénétrant dans le médiastin. Pendant les premiers temps, des parties mortifiées vinrent faire issue au niveau de la plaie, et il se creusa en ce point une cavité profonde de 7 à 8 centimètres, au fond de laquelle on voyait battre le cœur. Néanmoins, le malade guérit parfaitement et n'a jamais présenté de récidive, quoique l'opération remonte à treize années.

ENSEIGNEMENT. Arbitraire et favoritisme. Il a suffi du court passage de M. P. Bert au ministère de l'ins-

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