ENSEIGNEMENT
truction publique pour le marquer de plusieurs décisions autoritaires et despotiques qui ont ému, froissé deux ou trois Facultés de médecine, en attentant à leurs prérogatives et leurs droits. Le professeur de physiologie à la Faculté de Lyon, envoyé en congé, a été ainsi remplacé par celui de la Faculté de Lille, M. Morat, au lieu de le faire substituer par un agrégé en exercice, suivant l'usage consacré; ce qui a provoqué une protestation revendiquant énergiquement les droits méconnus du corps des agrégés de Lyon.
Un second arrêté a été non moins sensible à la Faculté de Paris. Malgré son avis favorable sur la permutation du professeur Hayem cle la chaire de thérapeutique à celle d'anatomie pathologique, le ministre n'en a pas tenu compte. La vacance de celle-ci a été maintenue, et le docteur Cornil, collègue et ami du ministre, a pu être nommé directement à cette chaire, à laquelle d'ailleurs les travaux spéciaux de toute sa vie le désignaient naturellement. Tout en distrayant le savant histologiste de la politique militante au profit de la science, ce trait du Parthe a marqué la chute définitive du ministre.
Une autre permutation non moins remarquée a été celle du professeur Charcot de la chaire d'anatomie pathologique, transféré sur sa demande dans celle de clinique' des maladies du système nerveux, qui semble avoir été créée expressément pour lui à la Salpêtrière.
Concours. Par arrêté du 20 mai, un nouveau concours central s'ouvrira à Paris pour le choix de 49 agrégés, à répartir de la manière suivante entre les Facultés de l'Etat :
Pari?. Bordeaux. Lilln. Lyon. Montpellier. Nancy.
Médecine 4 9 1 ^
Chirurgie j :? j>
Accouchements... j 1
Anatomie
Physiologie ( 1 1 ~ 2
Histoire naturelle. 1 „ „ a
Physique 1 1 j
Chimie I
Toxicologie \—l "
Totaux 12 7 g 10
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Le concours pour la section de chirurgie et d'accouchements s'ouvrira le \$p mars 188:i et le ltr juin suivant pour les deux autres sections des sciences anatomophysiuloidqucs et physiques.
Faculté de médecine de Paris. Le rapport du doyen constate que h W.l étudiants ont fait acte de scolarité pendant l'année J 881-82 jusqu'au 16 octobre. 388 ont de plus pris leur première inscription au mois de novembre suivant. Il y a en outre les attardés qui reviennent, puis les étrangers au nombre de 50 et les femmes s'élevant seulement à 39, soit 13 de moins que l'année précédente. 6 076 examens ont été passés, avec refus de plus du quart, sans atteindre le tiers des candidats.
Autonomie universitaire. L'usage consacré dans les Universités et môme dans chaque Faculté est de recruter ses professeurs dans son propre sein. L'élève succède parfois ainsi directement au maître dans sa propre chaire et en continue les traditions. Jamais il n'a été fait d'exception à cette règle en France, et si le concours a pu exiler autrefois de Paris en province des maîtres comme Fournet, Sédillot, Rigaud, jamais les plus grands de la province comme Delpech, Lordat, Lallemand, Hirtz et tant d'autres n'ont été appelés à Paris. La pépinière d'hommes distingués qui se forment dans ce centre par l'agrégation est si compacte et touffue, que les avenues du professorat en sont encombrées au point qu'un grand nombre des plus dignes ne peuvent arriver. C'est directement qu'il faut venir y faire ses preuves pour conquérir sa place. Chauffard dut ainsi y faire un stage de plusieurs années avant d'être agréé par la Faculté. Celle-ci, n'ayant que l'embarras du choix, n'a jamais pensé à désigner un professeur de Montpellier ni de Lyon, si célèbre soit-il, pour l'appeler dans son sein. L'élection directe n'a pas fait non plus de ces coups d'autorité, et M. P. Bert eût seul pu le tenter, comme il en avait le dessein, paraît-il. Le concours central d'agrégation est d'ailleurs une voie légitime d'y arriver pour qui se sent de force à opter pour Paris.
L'autonomie des Facultés étrangères leur donne