EXERCICE
gyrisme si manifeste de la muqueuse des voies cligestives, se joignait une éruption cutanée mixte, due à Faction combinée de la belladone et du mercure, le premier agent se manifestant par des plaques rouges, le second par de petites papules ayant ou non une vésicule miliaire à leur sommet.
Ces faits démontrent d'une part la sensibilité spéciale de certains sujets, et de l'autre, chez cette femme, en dehors de la puissance d'absorption de l'appareil glandulaire cutané, en un de ses points d'élection, l'aine, la possibilité d'une éruption mixte dans certaines associations médicamenteuses. (Journ. de mèd. et chir. prat.)
EXERCICE. Les six Facultés de médecine ont délivré, pendant l'année scolaire 1880-1881, 621 diplômes de doctorat, ainsi répartis dans chacune d'elles :
Faculté de médecine de Paris 161
Consultations avec les homœopathes. Le scandale professionnel provoqué l'année dernière en Angleterre, par la rencontre en consultation du docteur Quain avec m célèbre homœopathe au lit de mort du premier miîistre (Voy. année 1881), vient d'avoir sa solution. Après les opinions contradictoires formulées à ce sujet au dernier ^meeting de la British médical Association, qui représente la majorité des praticiens du Royaume-Uni la question ne pouvait rester dans ces termes values' et
de Montpellier
de Lyon
de Nancy . . .
de Bordeaux .
de Lille
1 y-> FIBROMES
« Considérant comme désirable d'exprimer son avis sur l'emploi ou l'acceptation, par les membres de la profession, de titres impliquant l'adoption d'une méthode par-j ticulière ou spéciale de traitement;
«Considérant que ces désignations sont en opposition avec les principes de liberté et de dignité de la proies-, sion qui doivent régler les rapports de ses membres entre eux et le public,
« Le Collège espère et attend de tous ses fellows,j membres et licenciés, qu'ils soutiendront ces principes en| répudiant ceux qui exercent en vertu de ces désignations! spéciales. » (Lancet, 7 janvier.)
C'est donc la condamnation, la flétrissure comme chaH latans de tous ceux qui s'intitulent homœopathes, élec-l triciens, végétariens et autres désignations exclusives, en vue d'attirer spécialement l'attention du public efi spéculer sur son ignorance et sa faiblesse.
ec
FIBROMES. Fibromes utérins. Ils se rencontrent av l'inversion de la matrice. Un exemple en a été observé chez une femme âgée, ayant eu, au moment de la ménopause des métrorrhagies abondantes. Dans un elfort^ une tumeur volumineuse sortit par la vulve, sans pouvoiij être réduite. D'une largeur totale de 20 centimètres, elle présentait deux portions distinctes, séparées par un étranolement annulaire. La portion inférieure, plus volumineuse, un peu bosselée et irrégulière, était un corps fibreux faisant saillie à la vulve. La portion supérieure, lisse et'oylindrique, était formée par l'utérus et le yagin.
L'ablation du corps fibreux détermina la mort le so| même car l'utérus avait été ouvert. Dans un cas à pou semblable, la limite entre le fibrome et le tissu utérin étant difficile à reconnaître, M. Tillaux n endoimit pas la malade et rechercha,sur les différents pointa de la tumeur, la sensibilité caractéristique du tissu utj Ïn afin de 'éviter. La section fut faite au b.stoun et pcrmiJ de réduire la tumeur ensuite. Une guenson très
FIBROMES 1 83
rapide couronna cette opération délicate. (Soc. de chir., avril.)
Un cas plus curieux s'est présenté à M. Le Fort, en 1872, à Lariboisière. Une femme très malade offrait une tumeur très volumineuse à la vulve, avec rides du vagin, sans cul-de-sac au toucher. On crut à une tumeur fibreuse, ayant invaginé l'utérus et le vagin. Une incision au thermo-cautère décela la nature fibreuse de la tumeur, qui fut énucléée. Puis ligature et section de la portion excédante de l'utérus avec le thermo-cautère. Mort quarante-huit heures ensuite.
L'autopsie montra l'utérus, que l'on croyait enlevé, en place et à peu près intact. La tumeur fibreuse s'était développée sur le col et en avait déterminé un allona'ement considérable. Quelle bévue !
Énucléation. Aux divers procédés et instruments préconisés à l'Académie de médecine (Voy. année J 881) M. Dezanneau (d'Angers) ajoute l'énucléation, comme spécialement applicable aux tumeurs fibreuses, sessiles, faisant saillie dans l'utérus ou le vagin, chez des femmes anémiées, dont la vie est en danger. Il se sert du doio t de préférence, sinon d'une curette, en agissant toujours dans le sens cle la tumeur plutôt que de la paroi utérine La sensibilité de celle-ci, contrairement à celle-là est le' meilleur guide distinctif. Après avoir attiré le' corps fibreux avec des pinces et divisé la coque fibreuse il détruit les adhérences avec l'ongle, en s'aidant de 'la traction et cle la torsion à la fois. Il relate cinq succès de ce procédé, le premier pour une tumeur mesurant 16 centimètres de long sur 30 de circonférence, adhérente par la plus grande partie de cette étendue à la paroi utérine. La malade guérit.
Après des pertes sanguines fréquentes chez une femme de quarante-quatre ans, une tumeur énorme de 900 grammes fut coupée par tranches avec des ciseaux, puis dé- 1 collée avec le doigt. "
La troisième avait le volume d'une tête de fœtus, sans pédicule, chez une femme de trente ans. Les tractions combinées au deco lement amenèrent la guérison Un fibrome de 12 centimètres de long adhérait à h
jg4. 1MBU0MES
paroi postérieure de la matrice, chez une malade de trente-cinq ans. La torsion et le décollement en amenèrent F avulsion.
Le dernier cas est moins concluant, car l'opération ne put être terminée. Le reste du fibrome ne s'atrophia lentement qu'après un abcès pelvien.
Ces succès n'ont pas convaincu les membres de la Société de chirurgie, qui ont fait de sérieuses objections à ce procédé sur le danger de produire des lésions de la matrice par les tractions et la torsion surtout. Si l'énucléation peut convenir dans certains cas, elle ne constitue pas une méthode générale. Le danger seul de produire des hémorrhagies ne suffit pas à son indication. (Soc. de chir., 11 janvier.)
Laparotomie. C'est par la voie abdominale que le docteur Bantock excise ces fibromes. Cinq cas en ontete opérés par lui en sept mois, dont le poids variait d une à douze livres. Les uns étaient récents et d autres anciens. Une ménorrhagie assez grave pour entraîner l'anémie se présenta dans un cas. Le pédicule, amené au dehors et fixé dans l'angle inférieur de la plaie avec le serre-nœud de Kœberlé, est retenu avec quatre épingles traversant le moignon. Sur 8 cas traités de cette manière tous ont guéri, tandis que dans 4 ou le pédicule avait été laissé à l'intérieur, la mort s'en est suivie. (Obstétrical Soc. of Lonclon, Ie1' mars.)
Lfun de ces fibromes, pesant 6 livres et envahissant le corps de l'utérus et les deux ovaires, a ete enlevé par a même voie par Meredith. Le serre-nœud de Kœberle S»^ appliqué au-dessus du col et deux épingles en, étant ^PP11^ moignon, le surplus fut résèque au- S^S dLT^lU de kvro. L'ovaire droit fibreux et doublé de volume. Le moignon fut fixe a ^fjfe inférieure de la plaie. C'est, d'après M. Knowsley Thorn Ton le seul traitement applicable a ces cas, car Thornton, u> touiours de la matière septique, qui se ^TdraTdans le ^Sne s'il était ouvert. 11 est alors pSent de suturer'le péritoine au-dessus du moignon. (Idem, 5 avril.)
FIBROMES 1 85
De la thrombose veineuse dans les tumeurs fibreuses de l'utérus. Thèse inaugurale, par le docteur Bas tard; Paris, 1882. Quatorze observations de cet accident redoutable sont réunies, se manifestant le plus souvent dans le membre inférieur gauche, en raison de la compression exercée sur les veines iliaques par la tumeur.
Hystérectomie. Un succès en a été obtenu par A. Clark à l'hôpital Middlesex, le 29 septembre dernier, chez une Polonaise de quarante-deux ans, mariée, sans grossesse et avec absence de menstruation pendant dix ans consécutifs. Elle portait une tumeur dure, qui fut prise pour un kyste de l'ovaire. La ponction ne donna pas de liquide et l'on découvrit un fibrome de l'utérus, qui fut ainsi enlevé avec ses dépendances. Cette femme quitta l'hôpital parfaitement guérie. (Lancet, 15 juillet.)
Mais il en fut tout autrement de l'opérée de M. Golding Bird, âgée de trente-sept ans, atteinte d'un fibrome développé sur la lèvre antérieure du col et qui s'était élevé entre l'utérus et la vessie, en adhérant intimement avec celle-ci. Cette tumeur avait le volume d'un utérus à six mois de grossesse, et les deux ovaires, en dégénérescence kystique, formaient des grosseurs appréciables à travers les parois abdominales et qui semblaient des bosses de la tumeur principale. L'utérus et les ovaires turent ainsi enlevés après la tumeur. Des vomissements incoercibles s étant déclarés le second jour, l'opérée succomba le quatrième à une péritonite pelvienne. L'effusion de huit ounces de sérum sanguin, trouvés à l'autopsie, peut bien avoir déterminé cette péritonite par la suture du col et une ouverture fistuleuse faite à la vessie.
biwïv™ TV"1 S°Ciété de chirur^, K. Thornton a blâme 1 emploi d'une si redoutable opération, que ne ius-
esslvo S " Sa ité dG *a femme' ni sa menstruation ex- TU ïZ f6 la tumeur- Les autorités ont
fih rLo ™ T ^ 6 de ne la Piquer contre les fibromes que si la vie était en danger par les hémorrhagies, le volume excessif de la tumeur ou d'autres causes analogues. Il a plaide lui-même pour l'avenir de cette peration; mais de récentes observations et l'expérience ont fait modifier ses idées à cet égard. L'emploi du
an
1 8g FIBftOMES
serre-nœud en Angleterre et la ligature élastique en Allemagne ont été très encourageants. Mais elle n'en reste pas moins encore très dangereuse et formidable. L'état spécial des ovaires indiquait de tenter seulement leur ablation dans ce cas, comme l'a recommandé Lawson Tait contre les fibromes en particulier. Cette amputation partielle s'est montrée beaucoup plus sûre et efficace que l'hystérectomie, comme il l'a corroboré lui-même en la pratiquant dans quatre cas de fibromes sous-péri- . tonéaux, muraux et fibrocy s tiques. Tous ont été suivis de succès avec diminution, atrophie consécutive des fibromes et résorption complète, après un intervalle de cinq mois à un an.
Longtemps, M. Thornton a douté de cette absorption des fibromes utérins par la simple résection des ovaires; mais il s'est ainsi convaincu de la réalité. Non que l'état ■ kystique des ovaires détermine les fibromes, comme 1 enseigne L. Tait; leur coïncidence est trop rare pour admettre cette interprétation. Il n'attribue donc pas la disparition de ceux-ci à la simple ablation de ceux-la, mais à l'altération considérable ou plutôt la diminution de la circulation utérine résultant de la ligature des vaisseaux dilatés des ovaires et des trompes. C est la seule interprétation thérapeutique à donnera ce résultat. L'hystérectomie n'est donc pas justiiiée sans l'essai préalable plus sûr et moins dangereux, de l'ovariotomie simule n'entraînant pas une hémorrhagie incoercible, comme la première, ainsi qu'il l'a éprouvé dans certains cas. (Clinical Society, 10 novembre.)
Ocariectomie. Les heureux résultats qu'en a obtenus M K Thornton l'ont incité à aller les promulguer devant les o-vnécologistes américains, réunis en assemblée annuelle Il en limite bien entendu l'application aux fibromes lesquels, sans être fatalement mortels, provoquent m ensemble d'accidents et de souffrances qui rendent la vie insupportable et réclament une opération pour y remédier Or l'hystérectomie n'a donné en Europe que 131 lérisons sur 231 opérations, faites par dix chirurgiens, foi ' une mortalité ie plus de 40 0/0 Celle de la snnp ovariectomie n'est au contraire que de »,<«. La statis
FIBROMES
tique de Battey donnait 14 morts sur 46 cas, et 60 opérées depuis, par lui et deux autres chirurgiens, n'ont donné que 5 décès; ses 8 opérées ayant toutes guéri avec atrophie des fibromes, retour de l'utérus à son volume normal, avec absence de la menstruation. Il recommande donc de substituer celle-ci à celle-là, comme plus simple, plus sûre et plus elïic£ice.
Cette opération ne consiste pas seulement clans l'excision totale ou partielle des ovaires, mais dans la ligature en masse de tous les vaisseaux latéraux du ligament large. Aussitôt le cours du sang arrêté par cette transfixion des tissus et leur ligature serrée, trompes et ovaires sont excisés des deux côtés, lors même qu'un seul serait altéré. L'hémostase des artères dilatées est ici plus facile que celle de l'utérus. Toutes les tumeurs fibreuses laissées en place après cette excision ont disparu durant l'année suivante. La méthode antiseptique est de rigueur pour cette laparotomie sus-vaginale.
Peu d'objections ont été faites à ce procédé, sinon que la traction sur l'ovaire produit un shock spécial, avec chute du pouls, observé par le docteur Goodell, comme dans la traction du cordon spermatique. Ce n'est donc là qu'un impédiment facile à éviter, et Ton peut prévoir que cette nouvelle opération sera bientôt érigée en méthode générale sur les deux hémisphères contre les fibromes utérins. (Amer, gynecological Society, septembre, et Boston med. and surg. journal, n° 13.)
Tumeurs fibreuses prepartum. Voy. ACCOUCHEMENTS.
Fibrome de la vessie. Excision par Vurèthre. Un homme de vingt-neuf ans, ayant eu la gravelle et lithotritié à deux reprises, à cinq mois d'intervalle, en 1880, par sir H. Thompson, n'ayant éprouvé que peu de soulagement de la dernière opération, fut soumis le 6 novembre à la taille médiane par l'incision périnéale de l'urethre, en vue d'explorer la vessie. Il y rencontra en effet une tumeur grosse comme une noisette, située au fond et un peu à gauche, imprégnée de matières phosphatiques et formant évidemment le corps étranger fixe, saisi avec l'instrument dans la dernière lithotritie. Pris en plein dans son pédicule avec des pinces et tordu sans
l'IKVRES
dilliculté , les débris en furent extraits. Saignement modéré; l'examen histologique a montré que c'était un simple fibrome.
Aucune complication ne suivit cette torsion et l'opéré guérit rapidement sans avoir présenté depuis quinze mois environ aucun trouble urinaire. D'où l'avis par le célèbre spécialiste de s'éclairer, dans les cas d'hématurie inexplicable, par une incision exploratrice semblable dans la portion membraneuse de l'urèthre.
Une longue discussion s'en est suivie sur l'opportunité de cette incision exploratrice aux différents âges et avec les diverses lésions qui peuvent se rencontrer. D'où la conclusion qu'elle ne doit pas être adoptée comme règle générale, mais seulement dans certains cas déterminés. {Royal med. and chir. Society, 11 avril.)
FIÈVRES. Ce titre générique n'est conservé ici que pour satisfaire à l'usage, car il s'agit presque exclusivement de la fièvre typhoïde, dont la lésion est parfaitement localisée. Sauf la fièvre intermittente et la fièvre iaune, dont le siège n'a pu être encore distinctement fixé ce titre, qui s'appliquait, du temps de Sauvage, aux deux tiers de la pathologie, n'a plus d'acception rigoureuse que pour les fièvres continues. C'est donc par complaisance ou habitude que l'on dit encore fièvre puerpérale, fièvre typhoïde, fièvre scarlatine, car on dit au contraire rhumatisme articulaire et non plus fièvre rhumatismale. On pourrait donc dire aussi bien dothienentérie ou tvphus intestinal, pour exprimer la nature infectieuse et épidémique de la fièvre typhoïde, comme elle a sévi encore cette année sur la population parisienne.
Fièvre typhoïde. Loin d'avoir subi la rémission printaniëre habituelle, époque de son hypogée, comme les années précédentes (Voy. année 1880), une exacerbatkm marquée a eu lieu en juin; le nombre des admissions dans les hôpitaux a doublé, en s'elevant au chif- TZ de 452, au lieu de 221 l'année précédente et les SrtT de 48, se sont élevés à 100 et à 192 en ville au Heu de 97 à la fin du deuxième trimestre de Î881. C'en était assez de ce lugubre avertissement pour que
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l'administration municipale et l'assistance publique fissent dès lors tous leurs efforts pour rechercher les causes de cette épidémie et s'apprêter à en conjurer les effets par des mesures sanitaires. Il a fallu une augmentation hebdomadaire progressive des invasions et des décès en août et en septembre, s'élevant au chiffre épouvantable de 801 en octobre, et 2 684 admissions, pour que, devant le cri général et l'encombrement des typhiques dans les hôpitaux, elles recourussent à ces mesures urgentes. C'est toujours la main forcée Ique les administrations de l'Etat, où il n'y a pas de ■ responsabilité directe, s'émeuvent devant un fléau public, alors qu'il a déterminé tous ses désastres. C'est lors de la décroissance de l'épidémie, en novembre, que 'tous les secours ont afflué. Un grand nombre de lits supplémentaires dans les hôpitaux ont été créés par des baraquements et deviendront inutiles par les admissions hebdomadaires, déjà réduites à 341 au commencement de novembre, tandis qu'elles s'élevaient à 1 001 dans la semaine correspondante d'octobre.
Aucune cause positive n'a pourtant été découverte, I sinon l'élévation brusque de la température et la sécheresse en résultant en juin. On a tour à tour accusé les égouts, l'encombrement, les casernes, la malpropreté, les jvents, les eaux, à mesure que l'on constatait ces influences nocives ici et là, sans pouvoir préciser une cause (générale autre que l'infection et la contamination Le icaractere relativement bénin de l'épidémie, bien constate aujourd'hui, a heureusement épargné la plupart des victimes.
j Organismes du sang. Une seringue hypodermique, passée préalablement au feu, ayant été introduite/suivant le procède du docteur Sciamano, à travers les parois abdominales, dans la substance splénique, par le docteur
fc& Genes' chez 16 typhiques,'lui a fait découvrir dans le sang, ainsi extrait pendant la vie, les mêmes brgan.arm* trouves par Sokoloff et Fischel après la mort. De même que dans le sang de la circulation générale puise par une piqûre au doigt, il a constaté à l'acmé de la maladie des micro-organismes isolés et groupés,
490 FIÈVRES
formant des corps sphériques homogènes et bien délimités, analogues aux micrococci et dont quelques-uns sont mobiles. Ils sont en moins grand nombre durant la convalescence, et l'usage du sulfate de quinine à haute dose les fait disparaître, sinon diminuer notablement, dans l'un et l'autre sàrig à la fois. Mis en culture, ces organismes se sont reproduits identiques à eux-mêmes et j en grand nombre. (Centralbl. fur die med. Wissensch.) j
Sans prouver l'origine parasitaire de la fièvre typhoïde, cette nouvelle découverte tend donc de plus en plus à la démontrer. Que l'on parvienne à la produire par l'inoculation directe de ces organismes, comme le charbon chez les animaux, et sa nature parasitaire sera incontestable.
Originepar les eaux potables. Une épidémie à Auxerre au mois de septembre dernier, alors qu'elle sévissait déjà à Paris, semble avoir mis cette étiologie hors de doute. Quand 'l'attention médicale était exclusivement préoccupée de la contagion, on en eût peut-être trouvé la trace j dans la malencontreuse immigration de quelque Parisien dans cette ville; aujourd'hui qu'elle est portée sur l'infection par les micro-organismes, on en accuse surtout les matières excrémentitielles. On jugera delà valeur de | cette interprétation par les faits.
La fièvre typhoïde est assez rare dans cette ville de 16 000 habitants pour que 2 décès en aient été signalés en 1881 ; mais 7 avaient déjà été enregistrés en 1882, dont 3 en août, lorsqu'en septembre une épidémie éclate, qui en détermine 30 durant ce mois et 62 clans les six semaines suivantes, sur un nombre de 800 personnes atteintes environ. .
On l'attribua aux tranchées pratiquées dans tous les. sens depuis dix mois pour l'établissement des conduites de o-az et de l'eau de l'Yonne dans toute la ville, ces eaux avant commencé à en alimenter les fontaines publiques le 8 septembre. Mais, tandis que les tranchées avaient ete faites clans toutes les directions, comme la distribution des éo-outs, l'épidémie se localisait dans certains quartiers de l'ancienne enceinte, alors que d'autres restaient indemnes, surtout dans les faubourgs. L'asile d aliènes et lanouvelle caserne qui y sont situés furent ainsi épargnes.
FIEVRES
Ces deux établissements étant alimentés par deux petites sources spéciales, l'attention du docteur Dionis des Carrières fut dès lors attirée sur les eaux potables, lorsqu'il apprit de l'un de ses confrères que, dès le mois d'août, des cas de fièvre typhoïde s'étaient manifestés à Vâlari et d'autres villages environnants. Or c'est à Valan que se trouve la source qui fournit depuis le 8 septembre toutes les eaux potables d'Auxerre. Elle sort de terre sous une grotte, dans une cour commune entourée de
] bâtiments de ferme, avec un tas cle fumier au milieu, à deux mètres seulement de la source, placée en contrebas. Une femme de vingt ans, habitant cette cour, avait éprouvé une fièvre typhoïde grave, avec diarrhée si abon-
i dante, du 15 au 24 août, que 8 à 15 selles en résultaient chaque jour, dont la totalité avait été déversée sur le fumier. Elles avaient ainsi pu s'infiltrer jusqu'au griffon qui capte les eaux, d'autant plus que le sol est formé d'un calcaire portlandien fendillé et très perméable. De là l'infection des eaux conduites à Auxerre, comme une expérience directe l'a démontré. De l'eau colorée avec de l'aniline, versée sur le fumier, ne tardait pas en effet à
I colorer en violet, quelques minutes après, une petite source contiguë au griffon.
D'autres preuves directes confirmaient d'ailleurs cette
! infection des eaux. Un grand nombre de soldats dans l'ancienne caserne ont été atteints, tandis que ceux habi-
itant la nouvelle, alimentée ainsi que l'asile d'aliénés par une source spéciale, ont été épargnés. La prison située dans l'intervalle, mais alimentée par la source de Valan, a eu 14 typhiques. Pas un seul cas au contraire dans les faubourgs, dont les eaux potables proviennent d'anciens
i puits; une petite fille seule, qui se rendait chaque jour en ville chez son père, a été atteinte, en buvant de l'eau de Valan. 60 habitants des maisons voisines d'un puits
iqui se trouve dans une rue de la ville et qui s'y fournissent d'eau ont été complètement épargnés, tandis que
rie reste du quartier, alimenté par des bornes-fontaines de l'eau commune, a été très maltraité. 6 autres familles
is'étant servies exclusivement de l'eau d'un puits situé dans une! cour, ont de même été épargnées, ainsi qu'un
! orphelinat pauvre, où se trouvent 68 enfants et M reli-
FIÈVRES
gieuses, alimenté par un puits, alors qu'un autre couvent de 37 religieuses, séparé par un simple mur du précédent, mais alimenté par l'eau commune de la ville, a eu 7 typhiques, dont 1 décès. Tous ces faits paraissent donc concluants et démonstratifs de l'infection de ces eaux. Si ce n'est que l'épidémie avait évidemment débuté avant le 8 septembre, date de la distribution des eaux de la source de Valan. C'est la seule objection que l'on ait oublié de faire à cette interprétation, mais elle est capitale. (Soc. méd. des hôpit., décembre.)
Forme cardiaque. Elle est spécialement distinguée par le professeur Bernheim (de Nancy), malgré son extrême rareté, car il n'en a observé que 6 cas sur 250 typhiques. Elle se montre dès le début de la fièvre par un pouls petit, fréquent, dépressible, c'est-à-dire une accélération du rhythme, sans aucune altération organique appréciable, ni élévation proportionnelle de la température. L'affaiblissement cardiaque se maintient ainsi, et le malade succombe.
L'action du poison typhique sur les centres moteurs du cœur est-elle la cause de cette asystolie nerveuse ? En tout cas, elle peut expliquer la pathogénie de certains faits de mort subite, quand la dégénérescence graisseuse n'existe pas pour déterminer une syncope fatale. (Congrès de La Rochelle.)
Muguet pharyngé. Cette complication, déjà observée à Rouen (Voy. année 1880), s'est offerte chez un certain nombre de victimes de l'épidémie actuelle. M. Damaschino l'a constatée chez deux malades, dont un est mort. Un "plus grand nombre en a été observé par M. Duguet, même à l'arrivée des malades à l'hôpital, sans contagion possible. Ladysphagie, des vomissements en sont les premiers indices. D'où l'utilité des badigeonnages ou des gargarismes avec une solution de bicarbonate de soude, aussi bien pour prévenir que pour guérir cette grave complication. L'usage de l'eau oxygénée ou d'une solution d'acide borique a aussi été suivi des meilleurs résultats. (Soc. méd. des hôpitaux, novembre.)
Élude sur les déterminations gastriques de la fièvre
FIÈVRES
typhoïde. Thèse inaugurale, par le docteur Anatole Chauffard, Paris 1882. L'autopsie faite dans le délai légal de vingt-quatre heures ne permettant pas de reconnaître les lésions réelles de l'estomac, Fauteur a obvié à cet impédiment en pratiquant des injections stomacales de bichromate de potasse ou d'alcool avec un tube œsophagien aussitôt après la mort. La muqueuse gastrique est ainsi fixée clans son état réel, et les lésions histologiques ont pu en être utilement étudiées ! par ce procédé, dû à M. Damaschino.
Traitement. Deux méthodes principales en forment la base, en s'aclressant directement aux deux symptômes prédominants : l'hyperthermic et la septicémie consécucutive. Contre les températures élevées, les bains froids, aujourd'hui abandonnés, ont eu la vogue, et la médication phéniquée les remplace, avec le sulfate de quinine. L'acide salicylique, comme la poudre de charbon, est surtout dirigé contre l'infectiosité des matières fécales et donné comme antiseptique. C'est dans leur emploi que consistent les principales innovations à l'ordre du jour, et c'est de leur examen qu'en ressortiront les avantages et les inconvénients.
Médication phéniquée. A qui devra-t-on en attribuer la priorité? En même temps que son emploi au Nord était rendu public, le 8 septembre 1880, par la lecture du professeur Desplats à l'Académie de médecine, l'essai s'en faisait au Midi par le docteur Ramonet, sur les typhisés de l'hôpital militaire de Boghar, comme les cahiers de visite du mois de juillet de cette même année en témoignent authentiquement. Il n'est pas surprenant que, l'attention générale étant fixée sur cet agent, plusieurs esprits aient eu simultanément l'idée d'en essayer l'action.
Depuis quinze ans, écrit le docteur Gallois, d'Alfort, a propos de cette question, j'emploie l'acide phénique en ( injections rectales, 10 à 12 gouttes cle solution alcoolique le matin dans les cas bénins et renouvelé le soir dans les cas graves, sans en avoir jamais observé le moindre phénomène d'intoxication. Tout en admettant leur action an-
l-'IÈVRES
tipyrétique, ces lavements agissent surtout comme désinfectants. [Journ. de mèd. et chir. pratiq., novembre.)
Ce n'est pas d'ailleurs dans le même but. C'est surtout comme antiseptique ou antizymotique qu'il a été administré d'abord en Algérie, et ses bons effets n'ont pas tardé à se manifester. Sur M typhisés, dont 18 cas graves, 17 de moyenne intensité et 6 légers, traités, dès le début, par un, deux ou trois lavements de 1 gramme d'acide phénique, additionné de cinq à six gouttes de laudanum pour les faire mieux tolérer et garder plus longtemps, il y eut 39 guérisons et 2 décès, attribués au médicament même. La mortalité est donc de 4,9 pour 100, au lieu de celle de 21, fixée par L. Collin; celle de Desplats étant de 19,4 et celle de Claudot de 11,6, proportion supérieure qui peut tenir, il faut le dire, aux hautes doses employées par ces derniers et à la période tardive de leur usage.
Le danger des hautes doses a été reconnu unanimement en effet et les accidents à en redouter, en se manifestant à la fin et pendant la convalescence, méritent surtout d'être signalés. C'est l'hypothermie exagérée. Elle reste inoffensive à 36° ; maisà34°, signalée par Desplats, ne provoque-t-elle pas de périlleuses perturbations, au sein de l'organisme?
La congestion pulmonaire est bien plus redoutable et plus fréquente. Dix cas en ont été observés, et les deux décès, survenus en pleine convalescence, sont attribués à cette terrible complication. La marche en a été foudroyante : le premier malade a succombé en une heure, et le second en un quart d'heure, absolument comme dans les morts subites.
Cinq cas de polyurie et quatre d'albuminurie se sont heureusement terminés par la guérison. Mais ces hypérémies pulmonaires et rénales s'expliquent par les réactions qui succèdent aux dépressions thermiques, à l'action irri tante ou aux lésions trophiques, dues au contact répété de l'acide avec les parenchymes des poumons et des reins, crui en sont les deux principales voies d'élimination.
La cachexie phéniquée, jusqu'ici négligée et presque constante, est surtout à craindre. Elle se manifeste six •V, sept jours après le début de la médication, par une ex-
FIÈVRES
trême débilité, une pâleur cireuse, la décoloration des muqueuses, une émaciation rapide et considérable, un état profond d'anémie et même de leucocythémie. Elle se prolonge ainsi jusque dans la convalescence, qu'elle rend longue et pénible. Observée dans des cas fort bénins, elle ne peut être attribuée qu'aux sueurs journalières et à la destruction des globules, provoquée par le phénol diffusé. La couleur vert olive, foncée ou noirâtre, des urines, véritable hémoglobinurie, en est la conséquence.
L'action antiseptique de cette médication se démontre par les modifications rapides de la maladie dans ses manifestations et sa marche. La malignité de ses symptômes est bientôt remplacée par une bénignité et une placidité remarquable, tendant à la guérison après une durée relativement courte. Quelques jours de traitement phéniqué l'influencent si heureusement que les malades sont transformés en simples fébricitants sans l'aspect typhoïde. Rien de semblable ne se manifeste clans les autres affections fébriles hyperthermiques. Qu'il agisse en se diffusant, ou localement en désinfectant les matières fécales dans l'intestin, l'acide phénique semble être un antizymotique des plus puissants.
D'où l'indication d'atténuer les accidents presque inséparables de son emploi, par des doses rigoureusement limitées et l'usage des toniques, pour compenser les effets de la cachexie phéniquée. Telle est l'économie de cet excellent travail. (Archiv. de médecine, mai.)
Le docteur Desplats , se proclamant proprio motu Fauteur de la découverte de l'action antipyrétique des lavements phéniqués, a procédé tout autrement, en les donnant à haute dose contre l'hyperthermie dès que la température s'élève de 39 à 40". Il en établit les bons effets par la statistique suivante des 85 cas où il a employé cette médication. Sur 32 cas bénins traités accidentellement par les lavements phéniqués pour abaisser la température, il n'y eut que 2 décès par perforation intestinale durant la convalescence. Dès 53 autres plus graves il y eut 7 décès, 2 avant tout traitement et 5 après, dont
1 par congestion pulmonaire aiguë, 1 par mort subite
2 par adynamie et 1 par ataxie, soit une mortalité dé 9,8 0/0 dans ces cas graves. (Bull, de thérap. septembre )
FIÈVRES
Une discussion soulevée à la Société médicale des hôpitaux a démontré plus d'inconvénients que d'avantages de cette médication. A la suite d'un seul lavement phéniqué, n'ayant pas été rendu, la température de 40 degrés tomba immédiatement à 36. (Dujardin-Beaumetz.) L'émission d'urines noires et des symptômes menaçants ont été observés deux à trois heures après ces lavements. (Damaschino.) La congestion pulmonaire est aussi plus fréquente chez les typhiques ainsi traités. Au lieu de la congestion et des bronchites simples, qui s'observaient autrefois, ce sont des broncho-pneumonies d'une grande intensité et très graves, se rencontrant de même chez les rhumatisants traités par les lavements phéniqués.
Des sueurs abondantes ont aussi été constatées. (Gérin Roze.) La convalescence s'est montrée très longue et très lente. (Rathery.) L'action de ces lavements est d'ailleurs très passagère. Deux heures après, la température reprend son niveau. (Dreyfus Brisac.) L'eau froide seule a paru produire le même effet. (Ducastel.) La conclusion est donc de les administrer très dilués dans de l'eau froide, afin de les faire rendre rapidement pour prévenir l'absorption de l'acide phénique. A la dose de 23 centigrammes seulement, le docteur Ferrand les a administrés dans trois cas de phthisie granuleuse, sans observer aucune complication des poumons atteints. (Soc. mèd.
des hôp., juin.) t . p
Toutes ces objections sont réduites a néant par M. uesplats, affirmant que les frissons résultant de l'abaissement de la température indiquent sa nouvelle ascension. Les urines noires sent le simple produit de l'élimination de l'acide phénique par le rein. Les sueurs enfin sont le moyen dont l'organisme se sert habituellement pour abaisser la température. C'était aussi simple que cela, sans que personne s'en doutât, et l'acide phénique est ainsi placé au-dessus de tout moyen antithermique; les accidents mis sur son compte étant attribués à la maladie. (Bull, de thèrap., septembre.)
Une solution saturée d'acide phénique ayant ete administrée par erreur en lavements à deux typhiques de la salle Saint-Landry, à l'hôpital Lariboisière, service de M Bouchard, des douleurs atroces en sont résultées
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immédiatement dans le ventre avec abaissement de la température de 35 à 36°. Sueurs abondantes, pouls régulier, très faible ; respiration précipitée, à 54, suivie d'un collapsus profond. C est en faisant boire de l'eau en abondance, à l'aide du tube de Faucher, pour favoriser l'élimination de l'acide par les urines, et en pratiquant ensuite une injection sous-cutanée d'éther, que ces intoxiqués sortirent de leur stupeur, n'accusant plus de douleurs de ventre. La température remonte bientôt au-dessus de 36°, malgré des frissons et une sensation de froid, avec urines rares et noirâtres. Une infusion de café noir ; achève de conjurer les accidents, et trois jours après il n'y paraissait plus, malgré la haute dose d'acide phénique absorbée, soit environ 48 grammes. (Revue de mèd., septembre.)
A Lyon, où les bains froids sont surtout en vogue contre l'hyperthermie, les lavements phéniqués à la dose de 75 centigrammes dans 125 grammes d'eau, répétés deux à trois fois par jour, ont été administrés à 19 typhiques adultes, à l'hôpital de la Croix-Rousse, service de M. Laure.
Quatre malades seulement ont été exempts d'accidents ; tous les autres ont éprouvé des phénomènes d'intoxication, consistant en congestion céphalique, céphalalgie intense, sueurs céphaliques, sueurs profuses pénibles, frissons, adynamie accompagnée de frissons, sueurs froides, collapsus. Dans un cas de convulsions hystéro-éclamptiformes, une malade est morte subitement au moment où l'on venait de lui administrer un lavement. Le traitement phéniqué dut être suspendu, par l'état de prostration extrême, d'insomnie absolue des femmes malades. Elles étaient très agitées, énervées, et les lavements provoquaient un état de collapsus très prononcé, avec sueurs froides, frissons, lipothymies. L acide phénique en outre ne déterminait plus qu'un abaissement insignifiant, quelquefois même une élévation de la température (de 0°, 4 moyenne). Ces malades furent mises au bain, et leur état s'améliora promptement.
I /abaissement thermique produit par un lavement est égal à celui d'un bain froid à 20°, de dix minutes (en-
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viron 1°,3); il est moins prompt avec l'acide phénique, dure un peu moins longtemps, s'accompagne de sueurs froides, de phénomènes de collapsus très pénibles qu'on n'observe jamais avec les bains; la durée des frissons est plus longue; l'état des malades sortant du bain froid paraît beaucoup moins pénible; ils sont moins adyna- i miques, et au lieu de souffrir de l'agitation, de l'insomnie que provoque souvent l'acide phénique, les typhoïdiques baignés sont calmes, somnolents.
Sans pouvoir en saisir la cause, ni la prévoir, l'action antithermique de l'acide phénique est très variable, suivant les idiosyncrasies, et, chez le même malade, d'un jour à l'autre.
La dose de 3 grammes par jour n'a jamais été dépassée; les accidents ont été provoqués par la dose de i gr. 50 en deux fois; dans les cas où celle-ci n'a pas modifié l'état des malades, on a échoué de même avec 2 gr. 25 ou 3 grammes. , ,
L'acide phénique est inefficace dans les formes cérébrales, dangereux dans les formes pulmonaires et chez les gens âgés; de l'avis de beaucoup de médecins, l'albuminurie est également unç contre-indication de son emploi; cependant il a été très effeace dans un cas grave de fièvre typhoïde à forme rénale, avec température très élevée. {Lyon méd., n°s 33 et 34.)
La plupart des médecins qui ont eu recours al acide phénique en ont été médiocrement satisfaits. L'auteur des lavements phéniqués fait seul exception.
Médication salicylèe. C'est surtout comme antiseptique et en vue de neutraliser dans l'intestin les propriétés infectieuses des matières fécales que M. Vulpian a essaye l'action de divers médicaments dans son service a 1 Hotel- Dieu II s'agissait d'abord de trouver un médicament non toxique à dose élevée, et assez peu soluble pour atteindre l'extrémité inférieure de l'intestin prêle avant d'être absorbé. Mis en contact là avec les matières contenant peut-être le germe de la maladie, la desinfectioti des selles aurait été complète avant même que 1 absorption n'eût lieu. L'iodoforme, le salicylate de bismutû, l'acide borique, expérimentés successivement, n ont pas
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donné le résultat cherché. L'acide salicylique pur, à la dose de 4 à 6 grammes par jour, paraît, au contraire, avoir bien réussi. On en donnait un paquet de 25 centigrammes dans du pain azyme, toutes les demi-heures.
! Ainsi administré, le médicament est parfaitement supporté; il a seulement donné lieu quelquefois à un peu de délire passager, chez quelques jeunes malades : effet du salicylisme cérébral. L'effet constant observé a été l'abaissement quelquefois considérable delà température, avec amélioration de l'état général. On peut conclure
!que, si l'acide salicylique n'enraye pas la maladie, il rend
jses manifestations beaucoup moins graves, et cela surtout
ien abaissant la température.
Cet effet a été confirmé en interrompant et en reprenant alternativement l'usage de ce médicament. Son action se prolonge même pendant la convalescence, et, si c'est par ce mécanisme qu'il détruit le poison ou tue le microbe de la fièvre typhoïde, il serait facile de le donner comme préventif en temps d'épidémie, surtout dans les casernes et les grandes agglomérations. (Acad. de mèd., août.)
/ode. Il a été donné par le docteur Grinnell comme i succédané de la quinine. 12 gouttes de teinture d'iode
dans un demi-verre d'eau sucrée toutes les demi-heures i remplaceraient la quinine, d'après ses effets dans les
fièvres intermittentes. (Canada rned. journ.)
) Quinine. En reprenant la direction de son service à l l'Hôtel-Dieu, M. Hérard trouva les nombreux typhiques soumis à un traitement uniforme de 3 à 4 grammes de sulfate de quinine par jour, institué par le docteur Joffroy, son remplaçant. Il le continua à la dose de 3 grarii- ! mes, en trois cachets, dans les vingt-quatre heures, avec J bouillon et limonade vineuse pour faciliter la dissolution et l'absorption du médicament. Il fut si bien supporté que ni douleurs d'estomac, ni vomissements, ni vertiges ou bourdonnements d'oreilles n'en résultèrent. Ce qui a fait dire aussitôt qu'il n'était pas absorbé. Sur |les 6 malades ainsi traités, un seul est mort par ataxie. Tous les autre moyens ordinaires, comme les purga-
I l KVHKS
tifs, les toniques, les lotions vinaigrées et les bains à 25°, ont d'ailleurs été administrés dans les formes légères. L'acide salicylique, de 3 à 6 grammes par jour, par doses de 50 centigr. à la fois, a provoqué des vomissements, mais en partageant avec la quinine une action antithermique bien manifeste. Le seigle ergoté a aussi été associé dans quelques cas aux précédents agents, contre la forme adynamique. Sur 28 malades soumis à ce traitement, un seul décès en est résulté, comme preuve de la bénignité de cette épidémie.
Une grave accusation a été portée par le professeur Hardy contre cette médication à aussi haute dose : c'est de causer la mort subite. Si la relation de cause à effet n'est pas démontrée, cette coïncidence mérite au moins d'être signalée à l'attention. On sait depuis longtemps que l'état fonctionnel du cœur et de la circulation est particulièrement influencé par la quinine. Ses hautes doses diminuent surtout la contraction du cœur tout en augmentant les pulsations. De là une tendance à son épuisement fonctionnel, son arrêt, sa syncope, d'autant plus faciles à se manifester dans la fièvre typhoïde qu'elle prédispose spécialement à ce résultat. (Acad. de mèd., novembre.)
Médication quino-salicylêe. C'est une modification du traitement formulé par M. Hallopeau, qui en a obtenu de très bons résultats à l'hôpital, en employant le calomel au début. Le docteur Sorel, au contraire, débute par le sulfate de quinine, à la dose de 50 centigrammes jusqu'à 1 gr. 20, le matin, en une seule fois, et 2 à 4 grammes de salicylate de soude en solution, avalée par gorgées, dans le reste de la journée, comme anti thermique. On en suspend l'usage la nuit. Si la température du soir est normale, malgré ces hautes doses, ces deux médicaments se complètent, et l'usage peut en être continué longtemps sans inconvénients.
Sur 97 typhiques traités ainsi en Algérie, sans négliger les complications ni le régime, composé principalement de lait, bouillon, vin de Bagnols, il n'y a pas eu de délire, de dyspnée marquée, peu d'épistaxis et deux fois seulement des hémorrhagies intestinales. Des sueurs abon-
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dantes et une éruption copieuse de sudamina ont été ; notées comme l'effet du salicylate. La température en était surtout influencée par un abaissement régulier et graduel, résultant de l'horizontalité des courbes thermiques prises. Celles du matin et du soir sont ainsi égales, les minima se produisant invariablement le soir.
Cet effet thermique est moins sensible sur les grandes oscillations de la dernière période; mais, comme l'intensité fébrile n'a plus alors de danger, cette médication, par \son action antipyrétique évidente et manifeste dès le , second jour, même dans les cas graves et mortels, semble i donc préférable à l'emploi de la digitale, des lavements phéniqués ou des bains froids, bien que sans effet appréciable sur la durée de la maladie. (Soc. méd. des ho- \pitaux, 26 mai.)
Expectation armée. Il n'y a pas à compter exclusivement sur ces méthodes thérapeutiques nouvelles pour guérir plus sûrement les malades, d'après M. Dujardin- Beaumetz. Les accidents signalés par les hautes doses i d'acide phénique et la nécessité de fractionner l'acide salicylique sont des preuves qu'ils n'agissent pas directement sur la maladie. Le sulfate de quinine même, dès qu'il ne manifeste aucun de ses effets ordinaires, comme les bourdonnements d'oreilles et la céphalalgie, à la dose de 3 à 4 grammes, ne peut être absorbé. Ces méthodes j ont donc le danger d'agir toxiquement sur les voies u digestives et d'empêcher l'assimilation des substances nutritives, si indispensable dans cette maladie pour : maintenir la résistance organique. L'expectation armée, [! consistant à recourir à ces divers agents ou à d'autres ] succédanés contre la prédominance de certains symp- I tomes , lui semble encore le meilleur traitement. Des I soins hygiéniques, avec une grande propreté et l'aération, l'usage intermittent des laxatifs pour l'évacuation des matières intestinales et l'entretien des forces par des toniques reconstituants, lui paraissent encore les meilleures règles à suivre pour arriver au but.
En les mettant en pratique à l'hôpital, il n'a eu, grâce à la bénignité clc l'épidémie actuelle, que 7 décès sur 97 cas. (Acad. de rnèd., novembre.)
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Seigle ergoté. Donné comme neurotique, surtout contre la prédominance des accidents adynamo-ataxiques, ce médicament a été administré par le docteur Duboué dans 36 cas de fièvre typhoïde, 11 très graves, l'i graves et 11 de moyenne gravité- La dose quotidienne a varié de 1 gr. 50 au double, en deux prises égales à une heure d'intervalle, ou en deux cachets de 0 gr. 25 toutes les] deux heures. Ses effets les plus remarquables sont dffl faire tomber la fièvre et de calmer les accidents ataxiJ ques. Il a souvent été employé pour cette cause après l'insuccès de l'eau froide et du sulfate de quinine. Deua décès en sont seulement résultés, proportion très minime comparée à la moyenne et qui indique son action] bienfaisante. Elle est encore démontrée par 15 autres cas empruntés à différents médecins, n'ayant donné qu'un seul décès, soit 3 décès sur 51 ou 6 pour 100 environ.] Cette eilicacité serait due surtout, d'après l'auteur, à ce qu'il combat avantageusement l'asphyxie, élément prin-; cipal dans la pathogénie de la fièvre typhoïde et qui eni domine le pronostic. (Acad. de méd., septembre.)
Ces bons effets ont été confirmés par le docteur Lar-j dier dans une épidémie qui a sévi à Rambervilliers d'après les mêmes indications. Il en administrait 2 gram-| mes en quatre fois par jour ou le remplaçait par l'er-J gotine. Sur 73 malades, il n'a eu que 9 décès dans des cas de gravité exceptionnelle. (Gaz. hebdom., n° 50 1882 et n» 1 1883.)
Injections morphinèes. Elles sont indiquées spécialement contre la syncope, dont la mort subite est le plus souvent la conséquence. Deux nouveaux cas, l'un observé par M. Blachez, chez une femme de trente-cinq ans, le 5 mars dernier, et l'autre par M. Huchard, chez un garçon de dix-neuf ans, le 11 décembre 1881, tous deux arrivés au douzième jour de la fièvre typhoïde, ont appelé l'attention à ce sujet. La mort subite n'ayant pu être attribuée ni à l'anémie cérébrale, ni à l'impuissance du cœur, M. Huchard croit devoir la rapporter à une altération du bulbe, bien qu'aucune investigation directe n'ait encore été dirigée de ce côté. Des altérations histologiques ont seulement été constatées par
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divers auteurs dans la substance cérébrale. Mais la preuve indirecte s'en trouve clans deux observations de syncope très grave, survenue pendant la convalescence et heureusement conjurée par les injections morphinéespar le docteur Blanquinque. (Union mèd. du Nord- Est, 1878.)
L'action de la morphine sur les troubles de la circulation et de la respiration en en faisant un médicament bulbaire par excellence, il y a donc lieu d'y recourir en injections sous-cutanées, sans attendre la syncope, mais contre la faiblesse, l'abattement extrême du début, pour ! la prévenir plus sûrement, car la mort subite peut s'ensuivre, si l'on n'est là pour agir immédiatement. (Gaz. I hebdom., nos 24 et 27.)
Injections hypodermiques d'éther contre Vadynamie. Voy. Injections.
Pilocarpine contre la sécheresse de la bouche. Voy. Pilocarpine.
Fièvres intermittentes. Etiologie parasitaire. Le microbe signalé par M. Laveran en 1880 est confirmé et précisé par le docteur Richard, attaché à l'hôpital de Philippeville, où abondent les fièvres palustres. Voici les caractères qu'il en donne :
Ce microbe a un habitat spécial, le globule rouge du sang, dans lequel il se développe comme un charançon dans une lentille et d'où il sort une fois qu'il est arrivé à l'état parfait. Lorsqu'on examine du sang d'un malade sous le coup des fièvres d'accès, on trouve des globules rouges ayant, dans leur épaisseur, une toute petite tache claire, parfaitement ronde. Ces globules ont, du reste, conservé toute l'apparence et toute l'élasticité des globules rouges normaux : ils sont simplement piqués. A cùté de ces globules, il en existe d'autres, où l'évolution du microbe est plus avancée; la tache claire s'est agrandie, et elle est entourée comme d'une sertissure de fines granulations noires. Tout autour, l'hémoglobine, parfaitement reconnaissable à sa teinte jaune verdâtre, forme un anneau qui ira se rétrécisssant à mesure que le parasite augmentera lui-même de volume. Il arrive un
moment où il ne reste plus qu'une étroite jtone marginale, empiétement décolorée, l'hémoglobine ayant disparu en entier, tout le corps du globule rouge, réduit à s;» coque, est envahi par le microbe. A ce moment» l'on a sous les yeux un élément circulaire corps n° î de Laverait', ayant à peu près la dimension du globule rouge et renfermant une élevante collerette de granulations noires. Cette collerette, c'est le microbe arrivé à son état parfait et pourvu d'un ou plusieurs prolongea mente très ténus, mesurant et plus de longueur; seuJ lement ils ne sont pas visibles ainsi. A ce moment. lei parasite va percer la membrane qui le contient oH s'échapper en liberté dans le plasma sanguin. Sur plu-1 sieurs préparations, le microbe était sorti presque eal entier de sa coque, qui restait appendue sur un de ses côtés sous forme d'un cercle extrêmement pâle. nècessM tant une grande attention pour être aperçu; des obser-j valions souvent répétées ne laissent aucun doute sur la* réalité de ce fait de l'émigration. D'autres fois, les tiïaments mobiles percent seuls l'enveloppe, où le corps dti| parasite reste enfermé. D'ailleurs, dans un cas comme, dans l'autre, on les voit entrer en mouvement et s'agiter vivement à la façon d'une verge flexible qu'on secouerait violemment en la tenant par le gros bout : ils fouettent les globules rouges voisins de leurs évolutions. Par- • fois leur extrémité libre, légèrement renflée, se prend: dans une maille du rètieulum tibrineux. et le corps du parasite oscille, en même temps que le filament se meut ; avec une rapidité croissante, comme s'il cherchait à se • dégager. Au bout d'une heure, quelquefois moins, rarement plus, le mouvement s'éteint, et il ne reste que le • cadavre du parasite.
Ce phénomène si curieux des vibrations n'est pourtant : pas la rèirle. du moins sur le champ du microscope. Sou- • vent le parasite reste inerte : on a d'autant plus de chance de voir les vibrations qu'il est plus avance dans son développement. Les globules rouges à parasites très petits ■ n'entrent jamais en mouvement.
Au dernier terme de tous les globules rouges parasitiferes. on les voit peu à peu s'étaler, se déformer : la col lerette pigmentaire se défait : on a sous les yeux une de
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; ces masses grisâtres, renfermant quelques granulations noires, signalées par plusieurs observateurs, Kelsch mire autres. Les granulations pigmentaires, ainsi devenues libres, sont rapidement reprises dans le sang par les leucocytes, qui s'en imprègnent. Le leucocyte mélanil'ère n'est qu'un épiphénomène du processus palustre, l'altération primordiale, essentielle portant sur le globule rouge.
Les autres corps allongés, ovalaires ou en forme de | croissant, signalés par M. Laveran, ont toujours été rencontrés chez d'anciens fébricitants. ils sont considérés comme des globules rouges parasitifères, arrêtant le microbe dans son développement, car ou ne les voit jamais entrer en vibration.
La destruction des globules rouges, si remarquable dans la malaria, et l'action du sulfate de quinine, autant que l'opiniâtreté de l'affection, s'expliquent donc par ce microbe. Il se retrouve chez tout malade qui va avoir un accès, excepté les cachectiques palustres. 11 cons- Itituc donc un élément précieux pour le diagnostic et Imontrc que le globule rouge est vraiment muni d'une membrane d'enveloppe. (Aeàd. des sciences, 20 février.)
Fièvre jaune. Recueil des travaux chimiques et recherches sur la cause, la nature et le traitement de la jièvre jaune, par le docteur Domingos Freire, médecin de l'hospice de la Santé, professeur de chimie organique à la Faculté de médecine de Rio-de-Janeiro, etc. Un vol. in- 12 de 333 pages, avec de nombreuses planches intercalées dans le texte; Rio de Janeiro, 1880.
Un ouvrage en français, venant du Brésil, mérite d'être accueilli comme un compatriote. Si le Français casanier se désintéresse trop de ce qui se fait à l'étranger, souvent par ignorance de la langue, contrairement à l'Anglais cosmopolite, il doit un intérêt particulier à tout ce qui se fait et s'écrit dans la sienne. Et les travaux chimiques dont il s'agit ici sollicitent d'autant plus son attention qu'ils ont été exécutés suivant l'esprit et la méthode en vogue : la recherche des infiniment petits. Les titres suivants suffiront à en indiquer l'importance : liecherche sur un cryptogame, cause de l'oxydation
SAHNIER.
XVffT. —
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des huiles; influence des agents chimiques sur (a fermentation huileuse; de Vaction des oxydants sur les alcaloïdes naturels; notice sur la matière colorante du solanum nigrum et sur un animalcule qui se dè-i veloppe dans la solution du suc de celle plante; quelques expériences sur le rôle que jouent les gaz de Vurineû recherche sur la rancification du beurre; etc., etc. Sanefl avoir à en apprécier la valeur ni le mérite, les sporesj et les sporules figurés, comme les animalcules, les mN crobes, les bâtonnets ou cellules suffisent à montreri que toutes ces analyses microscopiques sont bien faites, conformément aux tendances de la science européenne actuelle, et n'en donnent pas d'autres résultats : le paraj sitisme d'organismes divers qui se trouvent toujours et; partout au fond de ces expériences, sans que l'on puisse en distinguer positivement l'origine, le rôle, ni la sigjiij fication. On les interprète hypothétiquement, et voilà] tout.
Les recherches sur la fièvre jaune, faites à ce pointi de vue exclusif des théories pastoriennes, vont le prouver.! Les différents vomissements, le pus, la salive, l'enduit de la langue et le sang des malades, ayant été examiné^ à un grossissement de 450 diamètres, des granulation^ identiques, sous forme de petits points noirs, à peine perceptibles, se sont rencontrées dans tous ces liquides- Douées de mouvements très rapides, elles donnaient lieu immédiatement à des organismes divers : vibrions, bactéries et cryptococcus, dont le développement complet s'accomplissait en deux à trois jours. Leur nombre était; surtout prodigieux dans les vomissements, et leur resis-< tance à l'ammoniaque en a démontré la nature végétale^
Tel est le fait acquis. Au milieu de ces liquides mori tifiés, décomposés, putréfiés, provenant d'individus conj damnés fatalement à une mort prochaine et qui sonfe autant de germes de mort, apparaît une nouvelle via végétale, comme au milieu d'une simple infusion d'herbes, sèches dans de l'eau bouillie et mise à l'abri du contact de l'air. D'où provient-elle, en admettant avec M Pasteur qu'elle ne peut être spontanée ? Des granulations mobiles qui pullulent dans ces liquides comme les atomes germes dans l'air ambiant, dont elles pro-
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i viennent. Elles sont donc bien l'effet de la fièvre jaune et pourraient la reproduire, d'après l'épreuve expérimentale, faite dans une maladie analogue : le charbon, ■avec la bactéridie charbonneuse.
Toute la démonstration des panspermistes est dans ce simple raisonnement. Procédant du simple au composé, par analogies et hypothèses, ils généralisent à l'infini et font dériver toutes les maladies infectieuses de l'absorption, par l'homme et les animaux, d'un organisme végétal, ou graine suspendue dans l'atmosphère et qui, en proliférant avec la rapidité de l'éclair dans l'organisme animal vivant, l'envahit, le subjugue et le tue par jun véritable empoisonnement. Les miasmes d'autrefois ;sont représentés, figurés par des organismes imperceptibles, microscopiques, aériens, suspendus dans l'air, et produisant toutes ces affreuses épidémies de la peste, la variole, les fièvres jaune, typhoïde et tant d'autres, avec les manifestations variées, multiples, diverses et opposées que l'on sait.
Tel est le progrès de la science positive actuelle sur les inductions hypothétiques, fondées sur l'observation icommune, universelle d'autrefois. C'est le secret de la doctrine régnante du parasitisme sur l'origine des maladies miasmatiques, infectieuses, épidémiques, contagieuses même, promulguée sur l'autorité de simples :expériences in vitro. On n'explique ni la différence des i symptômes, ni celle de la gravité du mal sur des individus soumis à une cause identique, ni la raison de son innocuité pour ceux qui y échappent. On ne cherche qu'à ;se prémunir uniformément contre l'ennemi invisible par lia vaccination et à en empêcher la prolifération, dès qu'il I est introduit dans l'organisme, par des antiseptiques.
Selon l'auteur, quelques injections hypodermiques de Ssalicylate de soude, pratiquées du premier au second Ijour de l'invasion de la lièvre jaune, suffiraient à juguler Ile mal, en tuant l'affreux microbe. A elle seule, "cette [découverte vaudrait mieux assurément que toutes les [expériences relatées dans ce livre ; mais nous avons le regret de dire que, malgré la statistique, pas un seul fait ne démontre la réalité de cette action spécifique. C'est encore à l'avenir de justifier cette assertion.