GAVAGE
pital, et, en se représentant en septembre, elle jouissait d'une parfaite santé. (Lancet, 7 janvier.)
Un nouveau succès de cette opération a été relaté par Thomas Bryant à la Société de médecine de Londres le 3 avril dernier, pour un cancer de l'œsophage, chez un fermier de soixante-cinq ans. Il- avait commencé à souffrir dans l'hiver de 1879-1880 et fut opéré le 3 décembre 1881, en regagnant du poids ensuite. C'est le quatrième exemple de cette opération par le célébré chirurgien contre le cancer. Le premier opéré survécut deux mois ; le second est encore vivant depuis vingt mois, avec les meilleures apparences d'avenir, de même que le troisième opéré depuis cinq mois.
Le premier temps de la gastrostomie, dans ces cas, a consisté dans une incision oblique de trois pouces de long environ, faite à trois pouces et demi au-dessous du bord des fausses côtes gauches, sans intéresser le péritoine. L'écoulement du sang étant arrêté par la torsion des vaisseaux ou avec une éponge imbibée d'eau chaude, la division du péritoine qui recouvre l'estomac est faite ensuite, en le fixant aussitôt aux lèvres de la plaie avec des fils de soie. C'est seulement du cinquième au septième jour après que l'opération est terminée, par une simple ponction de l'estomac d'un huitième de pouce avec un ténotome au centre de la partie exposée. Ce second temps est facilité par la suture du feuillet péritonéal de l'estomac dans le premier temps. Une sonde n° 10 est ensuite introduite pour l'alimentation. Dans les deux premiers cas, aucun écoulement des liquides gastriques ou alimentaires ne s'est fait autour du tube, et l'ouverture est parfaitement sèche chez le troisième opéré de- l puis vingt mois. Du liquide gastrique s'est échappé dans le dernier cas, mais sans substance alimentaire. Le plus sûr moyen de prévenir cette régurgitation est| dans l'étroitesse de la ponction. (Idem, 6 mai.)
GAVAGE. Ce nouveau et singulier nom, donné à l'alimentation artificielle et forcée ou à la suralimentation de certains malades, décèle bien l'assimilation que les médecins de l'école actuelle font de l'homme aux animaux. Voy. Alimentation, Estomac, Hystérie, Phthisie.