HÉMIPLÉGIE
lésions de Fécorce cérébrale, des couches optiques et des centres sensoriels, sinon des fibres les reliant aux parties voisines, lésions de la moelle épinière et des nerfs périphériques, maladies des organes des sens, seraient autant de causes pouvant leur donner naissance, en réagissant sur un terrain prédisposé. (Acad de mécl, février.)
Des hallucinations provoquée expérimentalement par suggestion chez des hystéro-épileptiques hypnotisés sont la preuve pour M. Sizaret, médecin en chef de 1 asile de Maréville, que l'origine de ce phénomène est purement psychique ou idéal. En voici des exemples • Berthe 0. .. , hystéro-épileptique, âgée de vingt ans, étant en état de somnambulisme artificiel, est avertie par 1 operateur qu'elle verra le portrait de sa mère au-dessus de son lit. Eveillée, elle se précipite vers son lit, grimpe dessus et couvre la muraille de baisers en s'écriant • « Maman, maman. » La même malade, soumise deux autres fois a la même expérience, a obéi aussi ponctuellement aux suggestions qui lui avaient été données peni dant son sommeil. ^
Emilie V... vingt-deux ans, hystéro-épileptique est hypnotisée par le professeur V. Parisot (de Nancy pkr la pression des globes oculaires. Il la prévient qu'eUe" verra un oiseau bleu dans le dortoir à son réveil UhàlZZl
~ e6 Tî iVement Pr°duite tdle q»*Ue W£ suggérée, et, après avoir poursuivi l'oiseau, éveillée la
ae Nancy, 24 mai, et Revue méd. de l'Est n° 16 )
L origine est donc bien ici purement spiritualiste m, Psychique; mais, des faits comme celui de M Bail mon trant qu elle est aussi indubitablement sensorielle H es
Sis .wsrs pren être ^
!Voy. Hystérie dles le sont séParément.
vu»mere comme sain présentait, en
IIKMIPLÏCGIE
réalité un peu de paralysie, surtout au membre inférieur Le membre supérieur participe presque toujours à cet 'état de parésie, mais en général à un moindre degré. Les hémiplégiques ont donc, outre la paralysie typique croisée, une paralysie directe légère. Quant a 1 explication de cette parésie directe consécutive à une lésion cérébrale en foyer, il Ta rapportée d'abord aune simple influence inhibitoire exercée sur la moelle par 1 encéphale; plus tard, il survient une altération de nutrition et de 'structure delà moelle, grâce à une influença > semhlahlp à celles quexércent les lésions encéphaliques sur latutrîtLn de la peau, du tissu cellulaire, des muscles, des nerfs, des os et des articulations.
M Charcot affirme l'exactitude de cette observation clinique. La plupart des hémiplégiques sont ; des diplecncrues surtout pour le membre inférieur. M. Pitres a démontré, en effet, qu'à la suite d'une lésion cérébrale Sale, la sclérose descendante n'affecte pas oujour exclusivement le côté oppose de la moelle, mais qu elle | est ruven? bilatérale. 11 est probable aussi que, dans les ca° de paraplégie consécutive à une hémiplégie, on aXe l des m/élites transverses par propag^on a nP myélite diffuse venant compliquer la myélite sjste matiqu la paralysie de la vessie, assez fréquente alors rS encore une preuve. (Soc. de biologie, 21 janvier.)
Recherches nouvelles sur les hémiplégies émotives. Kec lercne* ^ hé legique8 de
oaTse cérébrale varie suivant que la lésion siège à droite cause oweDiaie SOnt .calmes, tranquilles, apa-
émotive 0Pelee\""/Prt°oomme des accès de manie qui «datants, incoercibles, et comme " impotcnts et
mort, en se précipitant par
HÉMOGLOBINURIE 231
une hémorrhagie de l'hémisphère droit, qui détruit une partie du corps strié ou décolle la capsule externe du noyau extraventriculaire et agit par compression. On trouve en outre constamment un foyer d'hémorrhagie ou de ramollissement dans la partie profonde de la première circonvolution temporale droite, au niveau des régions supérieures de la scissure de Sylvius. Certaines fibres de la capsule rayonnante de Reil, aboutissant à la partie postérieure cle la couche optique, sont ainsi détruites, et c'est à elles que l'on a fait un rôle dans la propagation intra-cérébrale des impressions sensitives. De cette lésion dépendrait donc la suractivité émotive.
Dans toutes les autopsies d'hémiplégiques à droite, où se rencontre une destruction plus ou moins complète de la première circonvolution temporale gauche, une exaltation semblable des facultés émotives ne s'observe jamais pendant la vie. L'auteur localise ainsi cette faculté dans la première circonvolution temporale droite, et il espère qu'un jour l'on pourra définitivement décrire dans cette circonvolution les centres modérateurs des facultés émotives, au même titre que Broca a localisé dans le pied de la troisième circonvolution frontale gauche le centre du langage articulé.
HÉMOGLOBINURIE . Malgré l'attention soutenue , prêtée partout , depuis ces dernières années , à cette étrange maladie , aussi obscure dans sa pathogénie et son siège que claire et évidente dans ses effets, ses diverses manifestations ne peuvent guère s'expliquer à mesure qu'on l'étudié et que les faits se multiplient qu en la divisant en formes ou variétés distinctes Le fait nouveau du lendemain infirme souvent celui de la veille et la théorie que l'on s'était trop empressé d édifier d après lui. Que d'hypothèses ainsi détruites, d'appellations oubliées, d'après cette diversité des faits! Si lepithcte de paroxystique, a frigore, semble définitivement admissible dans la plupart des cas, d'après la description si nette et précise donnée par M. Mesnet, sur le fait observe par lui l'année dernière, elle ne saurait s appliquer a tous les autres indistinctement. L'influence du froid sur les accès, qui est la règle démontrée expéri-
HÉMOGLOBINURIE
mentalement par lui, en les faisant naître à volonté chez son malade, et confirmée par M. du Cazal sur un militaire en l'envoyant se promener dans la cour pendant la visite du matin, souffre néanmoins quelques exceptions. Le fait de M. Lépine suffit à prouver le contraire. (Vov année 1880.) L'apparition passagère, accidentelle d'urines hémoglobiniques au début de certaines fièvres et d'empoisonnements aigus.disparaissantdefinitivement avec eux, est aussi contradictoire de paroxysmes et d ac- • ces Ces adjectifs ne conviennent donc pas a tous les cas d'hémoglobinurie, quoique les caractères des umes et leur réapparition intermittente s'observent dans la
I^ÏdS^ déjà faite par le docteur Dreyfus- Brisac entre l'hémoglobinurie paroxystique a frigore locale et persistante, produite par la congestion ou coup de sang des reins, et l'hémoglobinurie passagère, accidentelle, générale, résultant de causes souvent éphémères, , comme ûn accès fébrile, la fièvre bilieuse hematurique notamment, l'ictère hémaphéique etc. La première, forman le type nouveau, s'observe généralement chez les ; mdividus paludiques, syphilitiques ou entaches ^d autre diathèses analogues, encore ignorées.
traire connue depuis longtemps, se confond avec 1 allée on générale donl elle était regardée simplement comn e le symptôme, en disparaissant avec elle Le fr^d et les accès manquent souvent dans ces cas, et 1 hemoglom nurie Semble plutôt un épiphénomène que la maladie «rinrinale (Gaz. hebdomad., n° lb, lS&i.J P DeS ma adts distinctes, avec urines brunâtres par
qu'une véritabe lentité pathologique nouvelle,
HÉM0GL0B1NURIE 233
plus que jusqu'ici la quinine et le mercure sont à peu près les seuls remèdes qui se soient montrés efficaces contre l'hémoglobinurie, en s'adressant aux deux diathèses qui sont reconnues la provoquer le plus souvent.
C'est en ne tenant pas compte de ces faits, aujourd'hui acquis au débat, que l'on a vu donner à la première une physionomie symptomatique tellement personnelle qu'elle défie toute ambiguité, toute confusion. L'hémoglobinurie passagère dans certaines affections n'en serait alors qu'un symptôme éphémère qui peut être attribué à leur action locale sur le rein, le glomérule étant spécialement lésé, ou sur les globules rouges et que l'on met de côté. On néglige l'étiologie, sans remonter plus loin que le froid. Dès qu'il est prouvé, cela suffit, comme chez le malade de M. Bucquoy, qui eut des hématuries pendant un an, chaque fois qu'il allait sur le boulevard. On ne s'inquiète pas, du reste, à savoir comment il guérit spontanément, sans rechute ni récidive depuis, malgré toutes les intempéries éprouvées jusque sur les pontons de Cherbourg et la syphilis acquise depuis. (Soc. mèd. des hôp., décembre 1881.)
Quant à la manifestation multiforme d'urines hémogiobiniques, avec ou sans albuminurie, on ne cherche nullement à l'élucider. La solution est ainsi trouvée d'ores et déjà pour les esprits superficiels, tandis qu'elle reste plus que jamais embrouillée pour ceux qui envisagent le complexus entier de la question.
Le fait suivant, observé à Boston par le docteur Cordon Morrill, sur un homme de trente-neuf ans, montre quelle n'est pas si simple. Il avait toujours joui d'une parfaite santé, lorsque, parti en Californie en 1877 pour explorer des mines, il se trouva exposé pendant quatre ans a toutes les intempéries et les anxiétés dans une contrée marécageuse. Il contracta les fièvres avec gonflement de la rate et prit de grandes quantités de quinine. Revenu a Boston en octobre 1881, pâle, maigri et anémique, il fut pris bientôt de frissons irréguliers! avec céphalalgie, nausées, malaise, pouls à 110, température 101» Fahr., sans hypertrophie de la rate. 10 centigrammes de quinine, quatre fois par jour, mirent fin à ces accidents ; mais, des le 3 novembre, il rendit pour la pre-
234 HÉMOGLOBINUME
mière fois des urines sanguinolentes, qui redevinrent subitement claires dans la nuit. 20 gouttes de perchlorure de fer furent ajoutées à la quinine, et, huit jours après, il apportait un spécimen de ses urines de la veille. Elles étaient d'un rouge noir, albumineuses, légèrement acides et d'une gravité spécifique de 1025 , avec un dépôt ou sédiment brunâtre de matière granuleuse, amorphe, sans globules ni cristaux au microscope. Elles étaient devenues claires depuis. Chaque accès avait été précédé d'un léger frisson et de vives douleurs dans le dos- les pieds étaient même humides et froids.
Néanmoins le même traitement fut continué, et, des le 15 décembre, le malade était guéri de ses accès et se trouvait parfaitement bien, sans aucun trouble unnaire m récidive , jusqu'au mois de février suivant , maigre le froid. (Boston wed. and surg. journal.)
Chez un soldat allemand, tenu en observation rigoureuse et prolongée, à l'hôpital d'Erlangen, parle docteur Fleischer, les accès d'une hémoglobinurie bien constatée se manifestaient à volonté en dehors du iroid et par le seul fait de certaines marches, tandis que cl autres exercices plus actifs et laborieux ne les produisaient pas L'état général et l'aspect du malade étaient a peine changés, et le passage de l'urine sanguinolente ne s accompagnait ni d'élévation du pouls ou de la température ni d'aucun dérangement appréciable. Le sérum d'un vésicatoire formé pendant l'accès présenta au microscope de l'hémoglobine, comme dans 1 urine. Ce fait et l'absence d'éléments morphologiques dans 1 urine e défaut de douleurs dans les reins, la présence de l'albumine et l'hémoglobine et leur disparition simultanées font ainsi considérer cette maladie comme une affection primitive du sang, d'autant plus que cette preîenS de la matière colorante du sang peut résulter de Siott de certains agents chimiques et toxiques, comme influence paludéenne ou syphilitique. (Berlin, hhn.
^tra^'p- préférable, jusqu'à nouvel informé de tenir au titre principal, sans qualificatifs car us qu' c ce sont des catégories artificielles et ,nut.le£ S'est du moins l'avis du professeur Henrot après le cas
HÉMORRHAGIES FOUDROYANTES 235
qu'il en a observé. (Notes de clinique mêdic, Reims, 1881.)
HÉMORRHAGIES FOUDROYANTES. Ulcération des artères par le pus. Deux hémorrhagies foudroyantes de l'artère poplitée, observées par le docteur Humbert, ont été l'occasion d'une discussion intéressante qui ne s'était pas reproduite depuis 1864, sur ce grave sujet, recelant encore bien des inconnues. L'étiologie est loin |d'en être unique. L'anatomie pathologique de ces cas .n'a pas toujours été faite avec le soin nécessaire et le mécanisme de l'ouverture précisé d'une manière positive et indiscutable, comme ces exemples en fournissent la preuve.
Dans le premier cas, l'origine n'est pas douteuse, puisque le malade mourut d'hémorrhagie et que l'autopsie révéla une perforation de l'artère poplitée. Mais ce fut tout le contraire dans le second. Il s'agissait d'un rhumatisme du genou chez un jeune homme, ayant amené un gonflement à la partie inféro-postérieure de la cuisse. Croyant avoir à faire à un abcès, le chirurgien l'ouvrit, et il ne sortit que du sang épanché. L'opéré guérit, et l'origine de cette hémorrhagie ne put être vérifiée. Mais l'absence de pus et la guérison spontanée, sans anévrisme consécutif, montrent que ce fait ne rentre pas pans la catégorie de ceux dont il est question.
Un exemple analogue s'est présenté au docteur Th. Anger, chez un malade, avec une tuméfaction sousipériostée au-dessus du condyle interne du fémur. Il [l'ouvrit largement, croyant aussi à un abcès, et une hémorrhagie abondante en résulta. Le tamponnement et la bompression l'arrêtèrent heureusement, et le gonflement feurvenu de la partie inférieure du fémur indiqua ensuite une tumeur sanguine de l'os.
Tel paraît aussi le fait observé, il y a deux ans, à l'hôpital Saint-Louis par M. Marchand, chez un homme de ;rentc-trois ans, pâle et anémique, ayant une tumeur au îiveau de la tête du péroné. Croyant à un abcès sous- Dériostique, il l'incisa, et un jet de sang artériel fit irrup- ;ion, sans que la tumeur eût aucun caractère de l'ané- ^risme. La ligature de la fémorale entraîna la gangrène
236 UÉMORRHAGIES FOUDROYANTES
du membre, dont l'amputation détermina la mort. On trouva une rupture spontanée de l'artère poplitée.
Mais, dans deux autres cas, Th. Anger a observé des hémorrhagies foudroyantes et mortelles, dans la cavité d'abcès. La mort survint ainsi brusquement, par hémorrhagie de la fémorale, chez un phthisique de dix ans, atteint de coxalgie suppurée, et chez une fille de onze ans, également tuberculeuse, avec fièvre. Une hémorrhagie foudroyante se manifesta de même l'an passé, à l'Hôtel-Dieu, dans un abcès par congestion au pli de l'aine et dans lequel un drain avait été introduit. Malgré la ligature! immédiate de la fémorale par M. Monod, le malade succomba bientôt épuisé.
Un abcès froid, drainé à la partie moyenne du bras,i offrit au même observateur une hémorrhagie abondante d'une branche de l'humérale. Il lia celle-ci; mais l'opéré succomba dans la nuit à une autre hémorrhagie.
De là la question de savoir si le contact du pus provo que seul la perforation de l'artère ou si ses parois, de venues tuberculeuses, ne se perforent par ce fait, o bien si l'action du drain sur le vaisseau, invoquée pa M. Després, ne le corrode pas. Des trois faits cités, u seul est douteux, le drain ne touchant même pas a vaisseau dans les deux autres. L'hémorrhagie s'étan produite le plus souvent sans cet engin, il n'y a donc en tenir compte que pour mémoire.
Reste la tuberculisation des parois artérielles. Leu dénudation dans les foyers purulents et dans les ca vernes pulmonaires suffit bien à expliquer leur ulcéra tion L'artère résiste tant qu'il n'y a pas fièvre, septicémie état général grave, dit M. Verneuil. Autrement, sa mem brane protectrice se résorbe, sa paroi se ramollit : d o l'hémorrhagie.
Il n'est pas encore démontre que la tuberculose développe dans les parois des grosses artères. Les o servations minutieuses de Payne Cotton sur les phthisicrues de Brompton, morts d'hémoptysie foudroyante, nar anévrismes et perforation des artères disséquées au milieu des cavernes tuberculeuses, n'en font aucune mention. Le vaisseau était à nu , disséqué dans une plus ou moins grande étendue, avec dilatation et parfois
HÉMORBHAGIES POUDROYANTES
constriction au milieu. (Voy. années 1866, 1868 et 1869.) Si le tubercule eût pu se développer, c'eût été évidemment surtout dans ces conditions. Rien n'est donc moins probable que cette tuberculose locale, dont aucun observateur ne parle, à moins que la technique moins avancée alors de l'histologie n'en ait empêché la constatation. C'est une nouvelle étude à faire, surtout dans les cas d'hémoptysie foudroyante et anévrismale.
Quant à la réalité de la perforation des parois artérielles clans les foyers purulents, donnant lieu à ces hé- .morrhagies foudroyantes, elle est démontrée par le tableau suivant des observations publiées à ce sujet et recueillies par le docteur Monod, avec leur bibliographie à l'appui.
Abcès par congestion ou d'origine ancienne 48
cou. ; * (sePticémie) . &
Adénites ^ ( simple 1
aine. j bubons 4
( gomme 1
Amygdalites primitives 4
Artère poplilée i sans s?queslre (1 septicémie).
r 1 1 par séquestre 5
Carie vertébrale j artf e yertébrale *
• ( aorte 2
Carie du rocher carotide interne 15
Fémorale et branches \%
Humérale 9
Nécrose du maxillaire infé- j dentaire 1
rieur | carotide interne 1
linguale 4
\ axillaire 2
Suppurations diverses. ... \ intercostale 1
/ cubitale, radiale 2
V temporale profonde 1
Suppurations secondaires, i &tnYS^ I
Fièvre scarlatine { parotide.. . 2
- typhoïde i cou (adénite).. 1
\ mediastin (aorte) 1
Il est à prévoir que, dans quelques cas, l'ouverture du vaisseau a pu résulter d'un corps étranger ou d'une esquille; mais sa spontanéité dans le foyer purulent n'est pas douteuse. L'influence de la septicémie peut bien amener des altérations des capillaires; mais comment expliquer son action sur les gros vaisseaux? Ces
238 UKHMAl'lillODISME
hémorrhagies . foudroyantes sont très rares dans les phlegmons. Trois cas d'ouverture de la radiale, la cubitale et la temporale profonde ont seuls été rencontrés. Si des aiguilles osseuses peuvent perforer l'artère dans les caries vertébrales et du rocher, il n'en est pas moins constaté que le contact du pus suffit à perforer la carotide. (Soc. de chir., octobre.)
Il est ainsi permis de juger que ces cas sont assez fréquents, d'après le nombre de ceux qui ne sont pas publiés. La relation d'une hémorrhagie foudroyante de la gorge, survenue pendant la convalescence d'une scarlatine, avec abcès local, chez un homme de trente ans, et arrêtée heureuâement par la ligature de la carotide gauche, a suffi à en faire rappeler plus de 30 cas. A 1 hôpital des fiévreux, où cet exemple est survenu, 6 cas ont été recueillis pendant les dix dernières années, d'après le docteur Mahomed, sur 3957 cas de scarlatine, tous mortels, excepté ce dernier. Ce moyen est pourtant loin d'être infaillible, les hémorrhagies secondaires n'étant pas rares même par la simple tension du vaisseau. Dix autres cas cités de cette hémorrhagie foudroyante et mortelle montrent bien sa fréquence et sa gravite. (Uinical Soc, 27 octobre.)
Hémorrhagies du pancréas. Voy. PANCRÉAS.
HERMAPHRODISME . Impédiment à la déclaration du sexe à la naissance. A mesure que cette malformation sexuelle est mieux connue, les exemples s en multiplient par leur publication et deviennent plus fréquents en apparence. Ce n'est pas l'hermaphrodisme vrai sans doute, clans sa véritable acception, comme il se rencontre dans le monde si brillant et parfume des Heurs. Il ne saurait exister à ce titre dans l'espèce humaine, tvne de la sexualité distincte, séparée, au physique et au moral. L'individu qui réunit partiellement les organes des deux sexes n'en a
d'être à la fois homme et femme, il n est m 1 un m 1 au* trP- c'est un neutre, c'est-à-dire un monstre.
Il s'agit donc ici de l'hermaphrodisme faux ou apparent comme les progrès de la science, la tératologie en pa icul Z l'ont établi. En discréditant l'imagination,
elle a détruit la croyance superstitieuse des incubes et des succubes et montré que, sous les plus fausses apparences, un sexe distinct et prédominant existe dans la généralité' des cas. C'est pourquoi, devant cette promulgation scientifique de Geoffroy Saint-Hilaire, on s'en préoccupait peu autrefois, et l'obligation imposée par la loi française : de déclarer le sexe de tout enfant à sa naissance, a souvent fait remplir cette formalité si légèrement que des garçons ont été pris pour des filles . et réciproquement, suivant les apparences. Un simple vice 1 de conformation les a fait enregistrer comme tels, alors '; qu'il était impossible de déterminer le sexe d'une manière précise et certaine. L'hypospadias scrotal et la rétention des testicules, le développement du clitoris et la rétention des ovaires ont été les plus fréquentes causes 1 de ces erreurs monstrueuses. Et toutes ces victimes sont dès lors condamnées à être élevées, vivre, s'habiller, se marier sous ce faux sexe, le plus souvent d'homme à homme, à défaut de pouvoir faire constater ni réformer légalement leur véritable état civil, car la loi est infaillible et ne reconnaît jamais ses erreurs.
Obligé de traiter de cette difformité de l'appareil géni- ! tal et de ses diverses variétés dans la Stérilité humaine, ' dont elle forme une cause plus fréquente qu'on ne le > croit chez les deux sexes, nous avons été frappé, devant j le nombre effrayant d'exemples qui s'en trouvent relatés dans les annales de la science, du danger qu'il y avait : pour la société autant que pour les individus à être inscrit ainsi, sous un sexe qui n'est pas le sien. Plus de vingt observations authentiques en sont relatées dans notre ouvrage. La plus récente, d'Ernestine Guériot, déclarée fille, élevée et mariée comme telle à dix-sept ans et demi, et qui, devenue veuve, s'éprit passionnément des femmes au point d'avoir des rapports sexuels avec elles, en est la plus frappante. Présentée à l'âge de quarante ans à la Société de chirurgie, le 8 juin 1881, par le docteur Magitot, cette prétendue femme fut reconnue par les plus doctes chirurgiens être un homme véritable, pourvu de tous ses attributs, malgré sa voix féminine et ses seins volumineux, avec mamelon et aréole. Leur mollesse, sans avoir jamais allaité, et leur garniture de poils noirs, comme
sur tout le reste du corps, une barbe touffue notamment, indiquaient assez Terreur. L'examen local montra en effet un pénis volumineux comme celui d'un enfant de douze ans, presque dépourvu de prépuce et entrant facilement en érection, tout en se courbant en bas, comme le clitoris. Une ouverture au-dessous, servant à l'émission de l'urine, le distinguait parfaitement ainsi qu'une éjaculation réelle, provenant d'un testicule à droite du scrotum, divisé en deux et simulant les grandes lèvres.
Il a suffi de cette curieuse exhibition pour que plusieurs des membres présents aient pu relater une dizaine de faits semblables, c'est-à-dire d'hypospades vivants, déclarés comme filles et persistant à s'habiller et être considérés mystérieusement comme telles, quoique bien évidemment d'un sexe opposé. Un Parisien de vingt ans courait ainsi les rues de Londres, à cette époque, sous des habits de femme. Dès que les chirurgiens de Paris sont aussi fréquemment consultés à ce sujet, on se demande si le danger de cette méprise n'existe pas également ici pour les vrais garçons en quête d une com-
PaCeedanger est d'autant plus grave que ces êtres difformes, incomplets, présentent ordinairement les caractères opposés de leur vrai sexe. Les hommes sont efféminés, avec les formes arrondies, délicates, aux chairs molles; voix grêle, aiguë; caractère timide, barbe rare organes génitaux peu développés ou imparfaits. Les femmes, au contraire, sont nommasses, aux formes masculines, voix grave, rauque, ayant barbe et moustaches, le corps velu comme leurs seins, avec 1 audace et la désinvolture masculine. Ces perversions physiques, correspondant à des aberrations morales identiques, entraînent d'autant mieux l'erreur persistante du vrai sexe
Ces méprises exposent d'ailleurs à bien d'autres desordres en dehors du mariage. Que l'un ou 1 autre de ces individus mal sexués entre dans les ordres religieux ou enseignants, et la morale sera gravement compromise. ^ c'est un homme-femme admis au séminaire, que dev endroit les jeunes lévites à son contact, comme dans We autre congrégation ou monastère ? Ce sera bien plus dangereux si c'est* une femme-homme, comme Badre;
voilà aussitôt le feu au couvent, consumant toutes les nonnes! Ce sera bien pis encore si c'est à l'école. Que serait-ce à la caserne, si l'examen préalable clu recrutement n'assurait heureusement contre une semblable erreur ! Ces suppositions, loin d'être gratuites, se sont déjà réalisées. Témoin le moine d'Issoire, qui accoucha dans sa cellule, au rapport de Montaigne, et ce soldat hongrois mettant un enfant au monde en plein champ.
Devant ce péril social, exposant un homme à s'unir monstrueusement à un autre par le mariage, comme plusieurs exemples en sont relatés dans notre ouvrage, la loi n'a-t-elle rien à faire au point de vue médico-légal pour empêcher, prévenir ces abominations ? Elles résultent évidemment de l'article 57 du Code civil, concernant la naissance, qui soumet à l'obligation commune et sans exception de fixer le sexe dans les trois jours qui suivent la naissance pour la déclaration de l'état civil. Elle ne tient compte ni de l'hermaphrodisme vrai, admis par la science, ni de l'hermaphrodisme simulé ou apparent, dont il est impossible, dans certains cas, de reconnaître ni d'affirmer la nature à si bref délai. Les difficultés sont si grandes parfois que le docteur Lannelongue, chirurgien de l'hôpital Trousseau, mis récemment en présence de deux jeunes enfants, déclarés comme filles, pour s'assurer de leur vrai sexe, n'a pu se prononcer. Après une année d'observation seulement, la descente d'un testicule dans l'une des grandes lèvres apparentes est venue lever tous les doutes en décelant le véritable sexe. Le second restait en observation en juillet 1881. (Soc. de chirurgie.)
La règle invariable, absolue, sans restriction ni réserve, de cet article, exigeant l'énonciation du sexe dans la déclaration de naissance, entraîne donc fatalement des erreurs inévitables. La loi semble méconnaître implicitement par là les erreurs ou les bizarreries de l'organogénie et les constatations de la science ou refuser de les admettre. D'où l'enregistrement fautif, erroné de filles prises pour des garçons et encore plus souvent de garçons pris pour des filles, sans que la rectification puisse être faite ensuite. L'erreur subsiste ordinairement d'ailleurs jusqu'à la puberté, les manifestations opposées
GARNIER. IVIII. — 14
qu'elle provoque pouvant seules la faire reconnaître. Mais cette distinction n'est pas toujours facile, malgré l'apparence même de la menstruation. Des congestions, des fluxions peuvent avoir lieu chez certains hypospades, sous l'influence de la puberté, et produire un écoulement sanguin périodique, simulant les règles, comme chez E. Guériot. La confusion a persisté ainsi jusqu'au mariage, et son épreuve n'a pas même suffi le plus souvent à la démontrer, par la mauvaise conformation des époux, leur insouciance ou leur naïveté et surtout le secret gardé ordinairement à cet égard. Elle s'est même prolongée jusqu'à la mort, l'autopsie ayant pu seule déceler le vrai sexe ou son absence.
Il est d'ailleurs bien constaté aujourd'hui que ces difformités apparentes des organes génitaux chez les deux sexes coïncident le plus souvent avec d'autres anomalies cachées pouvant rendre le sexe neutre ou nul. Divers troubles, des perversions ou aberrations génitales en résultent, comme de nombreux exemples le démontrent. Ces individus sont souvent anaphrodites, ni hommes ni femmes, ou tous les deux alternativement. Le sentiment amoureux, l'amour charnel peut exister chez ces disgraciés de la nature aussi bien que chez les êtres complets. Dès qu'ils existent, les organes réagissent sur le cerveau, comme celui-ci à son tour sur eux; mais, dans la réalisation imparfaite de leurs désirs et par les déboires, les affronts qu'ils subissent de leur impuissance même résultant de leurs difformités, ces infortunés sont atteints jusque dans leurs facultés intellectuelles. Frappé clans son orgueil, l'homme se trouve dégradé, et son intelligence, son moral s'altèrent; des perversions génésiaques inattendues s'observent fréquemment ainsi, avec ces anomalies des organes génitaux, même chez des personnes
raisonnables. r TI . ,
Devant tous les malheurs pouvant résulter d une simple erreur du sexe dans la déclaration de naissance, une restriction formelle à cet article 57, trop absolu, nous paraît indispensable. C'est la mention explicite : sexe indéterminé ou douteux, faite dans l'acte de naissance toutes les fois que ce fait est certifié scientifiquement par un docteur en médecine, comme par le médecin vérificateur
des naissances dans les grandes villes. Avec cette réserve explicite, l'individu fille ou garçon ne pourrait se marier ni faire aucun acte civil sans provoquer au préalable un examen contradictoire. Le sexe réel d'Ernestine Guériot eût alors pu être constaté définitivement, malgré l'apparence de la menstruation et ses instincts féminins. La formalité régulatrice de l'article 49 eût reçu son exécution protectrice, en inscrivant immédiatement le vrai sexe
l en marge, et ce mariage monstrueux de deux hommes
i ensemble n'eût pas eu lieu.
De grands avantages seraient la conséquence de cette
i simple mention restrictive. L'examen des parties externes, toujours gonflées, infiltrées confusément au mo-
i ment de la naissance, en serait d'abord rendu plus rigoureux. Bien des inculpations de rapports contre nature,
i d'outrages aux mœurs et à la morale publique, encourues fréquemment par ces individus indûment sexués, vêtus contrairement à leur vrai sexe et qui se livrent ou s'attaquent indifféremment à tous les deux, seraient ainsi prévenues, empêchées. Maris et femmes ne courraient plus le risque d'être trompés sur le vrai sexe de leur conjoint, sous la garantie même de la loi, et celle-ci n'aurait plus à redouter l'erreur de consacrer publiquement l'union monstreuse de deux hommes ou de deux femmes.
Que pourrait-on contredire à cette modification de la loi? Invoquer la rareté de ces exemples exceptionnels pour contester la validité et le bien fondé de cette proposition serait une nouvelle erreur, car le nombre exact en est inconnu, par l'imprévoyance même de la loi et son silence. A juger des cas inconnus par ceux qui ; ont été rendus publics fortuitement, il est à prévoir i qu'un bien plus grand nombre passent inaperçus. Com- ) ment revenir sur ces unions mal assorties, sans des > épreuves aussi humiliantes que le congrès d'autrefois et des débats scandaleux? Les intéressés, souvent peu soucieux de leurs prérogatives sexuelles et conjugales, par les faibles besoins qu'ils en ressentent et les insuccès qu'ils en éprouvent, préfèrent cacher, ensevelir le secret intime de leur infortune, malgré la stérilité absolue qui en résulte fatalement, sinon l'impuissance.
De nombreuses séparations amiables doivent même s'ensuivre dans ces conditions.
Beaucoup d'hommes difformes, incomplets, restent cachés, déguisés sous les habits de femme, en en rem- 1 plissant toutes les fonctions. Il en est même qui profi- i tent de leur stérilité pour se livrer au libertinage, à la prostitution et à la dépravation la plus audacieuse, a comme cette courtisane, chassée de Marseille pour ses! débordements, qui, poursuivie à Paris pour les mêmes j causes, vint se réfugier à l'hôpital, où le professeur Richet constata que c'était un homme. La femme à barbe, | devenue si célèbre, autopsiée en 1861 par M. Th. Anger, ] était aussi un homme dont les testicules étaient restés dans le ventre. La discussion de la Société de chirurgie a été une véritable révélation sur la fréquence imprévue ] de ces hommes déguisés en femmes, d'après la loi.
L'hermaphrodisme féminin, en ne provoquant presque jamais les éclatantes démonstrations ou aberrations génitales qui sont l'expression ordinaire de l'herma- | phrodisme masculin, diminue surtout le nombre connu. La pudeur innée de la femme le fait en général passer inaperçu chez ses victimes. Elles restent filles sous le nom d'homme qui leur a été imposé par mégarde à la naissance et passent leur vie sous cette fausse apparence dans le célibat, sinon dans la chasteté. Il est assez probable, par cette cause, que la plupart des cas restent ignorés, et que beaucoup de ces femmes imparfaites vivent sous le nom d'homme. La prévoyance de la loi en en faisant mieux connaître la fréquence par la constatation du sexe douteux à la naissance, empêcherait tous les tristes et déplorables effets engendres par l'ignorance où l'on est à cet égard. La restriction du sexe mise à la déclaration de l'état civil, préviendra le plus sûrement les graves méprises d'un sexe pour l'autre (La stérilité humaine et l'hermaphrodisme; un vol. in-12 de 530 pages, avec planches, chez Garnie*, frères, libraires-éditeurs, Paris.)
HERNIES. Cure radicale. L'emploi de la méthode antiseptique contre la kélotomie et ses ^ultete encourageants dans la chirurgie abdominale ont remis de
nouveau cette question à l'ordre du jour. Le docteur Guénod en examine ainsi les conséquences clans une thèse soutenue à la Faculté de Bâle en 1881. Sur 25 opérations de hernies étranglées, dont 15 inguinales et 10 crurales, 4 décès en sont seulement resuites, par suite de lésions intestinales, et des 21 survivants, 4 n'ayant pu être retrouvés, 14 étaient radicalement guéris, et la hernie s'était reproduite chez 3. C'est donc là un résultat très satisfaisant, qui peut tenir au petit volume des hernies étranglées, à l'étroitesse du collet et à la fermeté des anneaux.
Il n'en est pas de même des grosses hernies irréductibles, donnant lieu à des accidents inflammatoires ou des troubles digestifs, qui seuls justifient la tentative de guérison radicale. Tant qu'une hernie est bien contenue par un bandage, il ne faut rien tenter. Elle peut guérir ainsi spontanément chez l'enfant, et ce n'est qu'en nuisant ou en supposant au travail chez l'adulte qu'il est indiqué de tenter la cure radicale. La gravité même de l'opération et l'incertitude du résultat ne permettent de l'entreprendre que dans ces conditions.
Le nouveau procédé ne ressemble en rien sans cloute à ces opérations secrètes ou compliquées, accessibles seulement à certains spécialistes. Sa simplicité le met à la portée de tous les praticiens. On met le sac h nu par l'incision ordinaire de la kélotomie ; on le dissèque, on l'isole et on l'ouvre. L'intestin est alors réduit, et l'épiploon lié et réséqué, s'il s'en trouve qui adhère au sac. Ainsi mobilisé, le collet est suturé aussi haut que possible, ou bien étreint dans une anse de catgut, et l'on en pratique l'ablation au-dessous. Quand l'anneau est large et lâche, on en avive les bords, que l'on adosse avec les lèvres de l'incision cutanée. Un drain est placé à la partie inférieure, et un pansement antiseptique et compressif est placé. L'opération est donc infiniment plus simple que dans la hernie étranglée et les suites moins redoutables. En voici les résultats, d'après la pratique du professeur Socin, de Bâle.
Sur 19 opérations ainsi pratiquées contre 17 hernies inguinales et 2 crurales pour en obtenir la cure radicale, il n'y eut aucun cas de mort. Le primo non note.
cere demeure donc acquis. 2 des opérés sortis après la guérison de leur plaie n'ont pu être retrouvés. Les 17 autres furent examinés du 9° au 43° mois après Topération ; la hernie s'était reproduite chez 9, après deux à vingt-deux mois. Elle était moins volumineuse et gênante qu'auparavant et pouvait être maintenue par un bandage chez 5 de ces hernieux. Les 8 autres étaient complètement guéris. Les succès sont donc plus nombreux ici que dans la statistique de Czerny, qui, sur 8 cas, accuse 5 récidives.
La cure radicale n'est donc plus un leurre, et ces faits démontrent qu'elle peut être tentée avec succès chez des individus de tout âge, des deux sexes, pour les hernies de toute espèce, que le bandage ne peut guérir ni contenir. Il ne faut pas la proscrire contre une infirmité si pénible, mais en étudier, en préciser le indications et ne pratiquer cette nouvelle opération que dans les cas où elle est parfaitement indispensable. (Gaz. hebdomad., n° 8.)
Injections d'alcool. Elles ont donné 34 guérisons radicales à M. Schwalbe, dont quelques-unes persistent depuis six à sept ans, dans des cas de hernies volumineuses avec orifice très large ; mais le nombre des insuccès n'est pas fixé. On ne peut ainsi apprécier 1 valeur absolue de la méthode.
Tout ce que l'on en sait, c'est qu'elle réussit le mieux contre les hernies ombilicales et de la ligne blanche ; celle de faine chez l'homme, formant le plus gran ' nombre, y sont le plus réfractaires. Ce n'est qu'en renou vêlant les injections que la guérison est obtenue. Des essais comparatifs, faits avec l'extrait d'écorce de chêne, n'ont pas donné des résultats plus satisfaisants.
De grandes réserves sont exprimées par Bardeleben sur ce procédé, maie Ranke le tient pour avantageux d'après plus de 100 applications faites par lui. Les seuls inconvénients qu'il en ait observé sont la douleur et l'infiltration des tissus. Un orifice large et le relâchement des tissus en sont des contre-indications pour lui. Gussenbaùer en a obtenu G succès en cinq à huit semaines avec rétrécissement de l'orifice. Toutes ces don-
nées doivent donc encourager son emploi. (Congrès des chir. allemands.)
Entèrectomie ou résection de Vintestin. Après le succès éclatant obtenu l'année dernière, à Strasbourg, cette résection redoutable semble devoir prendre une extension considérable en Allemagne. Trois succès en sont déjà relatés, par suite de gangrène de l'intestin hernié. Si l'opération n'est pas absolument nouvelle en pareil cas, elle est du moins pratiquée avec plus de décision et de sécurité, à la faveur de la méthode antiseptique employée. Ce sera un grand progrès sur l'anus contre nature, si ces succès se confirment.
I. Hernie crurale droite, survenue subitement, en soulevant un fardeau, chez une femme de quarante-huit ans. Signes d'étranglement immédiat. Taxis infructueux et kelotomie quatre jours après. Entrée à l'hôpital deux mois et demi ensuite. Gangrène de l'intestin, avec anus contre nature, dont l'orifice, d'un demi-centimètre de diamètre, est situé à 2 centimètres au-dessous du ligament de Poupart.
Le docteur V. Baum divise l'arcade et le ligament de (jimbernat, attire l'intestin et en résèque 11 centimètres sur son bord convexe et 5 1/2 sur son bord concave buture des deux bouts avec de la soie phénicruée Ré duction. ^
Dès le second jour, émission de gaz; selles liquides e quatrième, et solides le sixième. Six semaines après 1 opérée quittait l'hôpital, parfaitement guérie, malgré une parotidite suppurée intercurrente. (Berl. med Wochensch., n° 20, 1881.)
SemJnV dSLïi t? tr€mte anS' avec accidents d'étranc au V S hGUres' raal-ré u« t^xis éner-
I rhô d£T M T S bl 16UX' Sans Péritonite, à l'entrée Vn JZ , „ Ro^enb/™ procède immédiatement à IMVnin ' T nUagÔ PhénitIué- On trouve dans le sac de 1 epiploon et une anse d'intestin d'un bleu foncé mai. non sphacélé. Une runturc sp n™,i •+ ' ™. ,
„aa on 7. *,uiM,l*re se produit en essayant la
eduction. 32 centimètres de l'intestin sont réséqués à Bon bord convexe, et les lèvres sont suturées avec un fil
de soie bien imbibé d'eau phéniquée, en comprimant les deux extrémités à l'anneau avec une éponge. Débridement de l'anneau et réduction consécutive. Le sac et l'épiploon sont ensuite liés et réséqués. Première selle le cinquième jour, avec l'huile de ricin. Guérison. (Berl. hlin. Wochensch., n° 29, 1881.)
III Hernie inguinale droite, datant d'un an et demi, i chez un garçon de vingt et un, et étranglée depuis quatre 5 jours. Vomissements, météorisme, température élevée, I rougeur de la peau sur la hernie.
Herniotomie immédiate avec issue d'un liquide trou- I ble et infect. Gangrène de l'anse herniee avec deux 1 perforations. Des fils de soie sont jetés sur les par- 1 ties saines, et, des ligatures partielles du mésentère au] catffut étant faites avant de le séparer de 1 intestin, on 1 résèque toute la partie malade. 25 points de suture I avec des fils de catgut doubles sont nécessaires pour I réunir les' deux bords de la plaie; extirpation du sac] et réunion de la plaie, avec drainage à la partie mie- I rieure et injection d'une solution boriquee au 20»
Les vomissements et la fièvre cessèrent bientôt, et des selles régulières eurent lieu à partir du troisième! jour; chute des drains trois semâmes après. (Cen-| tralbl. fur chir., n° 46, 1881.)
Suture de l'intestin. Une femme ayant eu trois ans] aupa avant, un abcès qui avait laissé des cicatncestreJ profondes et épaisses autour d'une hernie quelle por- | tait éprouva subitement des accidents d'étranglement Le taxis sous le chloroforme étant reste infructueux a kel îomie fut pratiquée par M. Trélat. L'anneau très serré, ne permettant pas la réduction sans ouverture du sac celle-ci fut faite et découvrit des adhérences très Se et anciennes de l'intestin, dans une étendue de ^centimètres 1/2 sur 1 1/2. Malgré toutes les précautions pour les détruire, l'intestin se déchira. La suture en fut faite avec toutes les précautions d'usage pm e rlcéclé de Lembert. Après sept points de sutu e a roTctn fut faite, et le sac J^^^l ■tenir sutures profondes a son collet. Un aram iut p jusquïî'oriflce péritonéal, pour éviter la stagnafon du
liquide. Il le recommande particulièrement après l'avoir appliqué dans quatre cas.
Tout en étant favorable à cette suture de l'intestin, i surtout dans les ruptures traumatiques, M. Lucas- Championnière croit que cette pénétration du drain i dans la cavité péritonéale est une cause d'insuccès pour ! la cure radicale. Il suffit de le placer à son niveau. Il préfère aussi l'ouverture du sac. Mais M. Pozzi s'accorde à conserver cette simplification opératoire, quand elle est possible. Une kélotomie faite par lui, sans ou- ! verture du sac et en le refoulant dans l'ouverture, avec | la suture du collet, n'était pas suivie de récidive trois mois après. (Soc. de chirurgie.)
Un perfectionnement opératoire vient d'être appliqué à cette suture par M. Trêves à la suite de la colectomie. (Voy. page 128.)
Hernies irréductibles. Injections morphinêes. Leur efficacité pour favoriser la réduction après les tentatives infructueuses du taxis, ayant été démontrée dans trois cas par le docteur Philippe, il en publie cinq autres, dont voici les plus remarquables.
Un homme cle soixante-cinq ans avait depuis longtemps deux hernies inguinales, qu'il faisait rentrer très facilement. L'une d'elles se trouvant irréductible un jour, le taxis est inutilement tenté pendant un quart d'heure. Une injection de cinq gouttes d'une solution de chlorhydrate de morphine au 50 est pratiquée; la tumeur aussitôt se ramollit, diminue de volume et est moins sensible. Un quart d'heure après, nouvelle injection de cinq gouttes; réduction facile au bout de Quelques minutes.
Chez une femme de quatre-vingt-trois ans, atteinte dune hernie ombilicale irréductible, des accidents d étranglement s étaient manifestés. M. Philippe appelé seulement le troisième jour, après s'être convaincu de 1 irréductibilité par le taxis, fait une injection de cinq gouttes de morphine; dix minutes après, nouvelles tentatives de taxis sans plus de résultat. Il répète alors l'injection a la même dose : la tumeur se ramollit, quelques anses d'intestin rentrent. Il fait le taxis pendant
vingt minutes et injecte pour la troisième fois cinq gouttes. Au bout d'un quart d'heure, dernières tentatives qui font rentrer la tumeur, cesser les douleurs et tous les autres symptômes de l'étranglement. Chez cette malade, il fallut recourir encore, les jours suivants, à quelques injections pour combattre de nou- | velles tendances à l'étranglement. Grâce à ces précautions le quatrième jour tout était rentré dans l'ordre.
Il est évident que, dans beaucoup de hernies étranglées l'intervention chirurgicale restera toujours 1 ultime ressource, mais la méthode des injections morphinées pourra en diminuer les cas. (Thèse inaugurale, par le docteur Boussenot, Paris, 1881.)
Hernie ombilicale. Guèrison sans opération. Une Irlandaise de trente-deux ans, très grasse et pesant 115 kilos, portait une hernie ombilicale depuis sept ans, survenue à la suite de son troisième accouchement. Cet exomphale s'accrut insensiblement, malgré l'emploi d un ban- ■ dage celui-ci étant enlevé pendant les chaleurs Elle devient graduellement douloureuse au mois d octobre 1880 et, des vomissements étant survenus la malade est 'admise à l'hôpital général de Boston le 4 novembre. La tumeur a le volume dune tete d enfant, formant une masse rouge et enflammée. Pas de selles denuis trois jours. Le taxis, pratiqué par le docteur Bigelow, sous l'influence de l'éthérisation, ne parviens à réduire qu'une partie de la tumeur, dont l'excédent nend jusqu'au pubis. De la charpie est placée dessous et le surplus est soutenu et comprime avec des bandelettes ag|lutinatives. Un large cataplasme recou-
Vletaxif renouvelé quatre jours après, esi , moins .douloureux et fait rentrer encore une partie de la tumeur, aui se trouve réduite dès lors au volume d'une pomme. Des selles ont lieu spontanément ensuite, et la tempera*
Ï^MdertôiU, quelques jours après, et, des la Un de