AÏ DOULOUREUX
géant invariablement au même point de l'avant-bras et sa partie inférieure correspondant à la limite supérieure des gaines carpiennes, elle ne peut donc exister dans ces dernières coulisses tendineuses, c'est-à-dire dans le
poignet. ,
En découvrant sur les faces postérieure et externe au radius, au point d'entrecroisement des muscles long abducteur et court extenseur du pouce, d'une part, et des tendons des radiaux externes, de l'autre, la présence d'une bourse séreuse et d'une synoviale tendineuse, M. Larger y fixe le siège de l'aï douloureux. La bourse séreuse, signalée par quelques auteurs, est inconstante ou simplement ébauchée. Sur 21 bras pris au hasard à l'amphithéâtre, elle n'existait que dans 3 cas sur le bras droit seulement, probablement chez ceux qui par profession tordaient habituellement la main sur l'avant-bras.
Au contraire, la nouvelle gaine tendineuse est constante et appartient exclusivement aux tendons des deux radiaux externes. Elle n'est d'ailleurs que le prolongement de la gaine tendineuse carpienne de ces muscles, au sommet de laquelle elle est adossée, quoique parfaitement distincte. Son extrémité inférieure est donc de 2 à 3 centimètres au-dessus du ligament annulaire ou à deux ou deux travers et demi de doigt au-dessus de la pointe de l'apophyse styloïde du radius, ou encore au bord inférieur du muscle court extenseur du pouce. C'est donc là, c'est-à-dire à l'avant-bras et non pas au poignet, que les topiques doivent être appliqués, soit la teinture d'iode ou un vésicatoire volant, qui sont les plus efficaces avec le repos et une légère compression ouatée.
Ce simple accident peut entraîner des conséquences plus graves si l'on se sert du bras avant sa guérison complète. Une synovite chronique à poussées aiguës intermittentes, résultant de la profession, peut amener des fongosités et même la tumeur blanche. De là la saillie ou tuméfaction que beaucoup d'ouvriers portent à cette région. C'est même là un signe d'identité professionnelle qui peut avoir son utilité en médecine légale. (Revue de chir., mai.)
ALIÉNATION MENTALE
AINIIUM. Voy. Amputations congéniales.
ALCOOLISME. Voy. Dtpsomanie.
ALIÉNATION MENTALE. Elle augmente en Prusse comme partout. De 55 043 aliénés, idiots et crétins recensés en 1871, le dernier recensement de 1880 en a donné 66 345, soit 20 pour 100 d'augmentation, quand la population ne s'est accrue que de 10 pour 100. Les aliénés hommes, de 28 002 en 1871, s'élèvent à 34 309, et les femmes, de 27 041, s'élèvent à 32 036. C'est donc là un effet à peu près général, qui doit résulter partout des excès mêmes de la vie moderne agissant sur le système nerveux.
Influence des fièvres. Des recherches, sans doute bien laborieuses, n'ont pu conduire M. Fiedler qu'à la découverte de quatre cas concluants. Ce sont un mélancolique guéri par une scarlatine fort grave compliquée d'urémie, un alcoolique guéri de sa psychose par une phthisie aiguë qui l'a emporté, un mégalomane et un lypémaniaque guéris par la fièvre typhoïde. Ce n'est donc qu'au prix des plus grands troubles et des plus graves périls que l'organisme peut réagir ainsi comme dérivatif sur le cerveau. (Deutsch archiv fur klin. medic, XXVI.)
Action de Vergotine. Elle serait souveraine, d'après M. Luya, contre certains troubles de la parole simulant de véritables hémiplégies ou aphasies transitoires, et contre ces ataxies verbales qui font répondre un mot pour un autre ou des monosyllabes d'une façon monotone, sinon quelques sons articulés et sans formule. Elle réussit encore contre l'excitation automatique des muscles phonateurs faisant émettre des mots que les malades ne veulent pas prononcer, comme les choréiques, dans leurs pertubations de la motricité, exécutent un mouvement en voulant en faire un autre.
Donnée dans un julep à la dose progressive de 30 à 50 centigrammes par jour, l'ergotine rendit la malade plus maîtresse d'elle-même. L'état congestif de la face, très accusé, devint moins vif, et la sensibilité excitomotrice diminua. Le médicament étant supprimé au
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quinzième jour , les symptômes reparurent graduellement; le calme revint en six jours, par l'usage nouveau de l'ergotine, et l'on en continua ensuite 1 emploi régulier. , . ,.
Cette action sédative sur la circulation encéphalique a été utilisée encore chez certains malades congestifs; associée au chloral, l'ergotine a donné aussi des résultats satisfaisants dans certains cas de manie et contre l'insomnie persistante chez les hallucinés. (L'Encéphale, juin.)
Dénonciation d'aliéné. Une enquête aussi ridicule que scandaleuse a eu lieu à l'asile Sainte- Anne, qui montre bien les préventions enracinées du public contre les établissements d'aliénés et surtout les défiances injustes dont les médecins qui les dirigent sont l'objet. Le 16 juillet 1880, un aliéné ambitieux, Bacci, à la suite d'une trop copieuse ingestion de jambon, était pris d'accidents d'indigestion. Deux jours après, les signes d'une obstruction intestinale se déclaraient, et le malade succombait le 19, avec tous les signes d'un étranglement interne. L'autopsie, faite par l'interne du service, révéla une perforation de l'intestin, qui fut conservé.... heureusement.
L'aliéné D..., atteint également de folie ambitieuse, orgueilleux progressif, ancien instituteur persécuté, entré dans le service sur un rapport du docteur Legrand du Saulle du 25 avril 1880, ayant entendu parler d'étranglement, prit ce mot à la lettre et dénonça ce prétendu meurtre à M. Manier, conseiller municipal, et au directeur de l'hôpital, alïirmant que son codétenu avait été étranglé par un gardien. Il promettait même un mémoire à ce sujet.
La plus simple prudence commandait d'en référer d'abord au médecin, pour connaître l'état mental du dénonciateur et apprécier la valeur de sa révélation. Le médecin seul pouvait fournir des renseignements positifs à ce sujet; mais, la responsabilité du meurtre devant retomber sur lui, l'affaire fut tenue secrète. Ce n'est que le 17 mai que le procureur de la République fut informé de ce prétendu meurtre par une lettre du conseiller
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municipal. Et comment l'instruction fut-elle dirigée dans ce cas? Au lieu de s'adresser au docteur Dagonet, directeur intérimaire du service au moment du crime prétendu, l'enquête fut faite mystérieusement, à son insu. Une simple explication de sa part eût sufïi à l'arrêter, en la réduisant à néant par le rapport même du fait. Au contraire, M. Macé, directeur de la sûreté, commit deux agents qui furent attachés pendant trois jours à la personne du dénonciateur pour le presser de terminer la rédaction de son mémoire. C'est à cet aliéné persécuteur persécuté que l'on s'adresse pour avoir des renseignements. On accueille comme vrais tous les racontars de ce malheureux, dont l'état mental n'aurait pas trompé un sergent de ville, au lieu de recourir au médecin, qui par son caractère et son talent présentait toutes les garanties, exerçant depuis plus de trente ans les fonctions délicates de médecin d'asile.
Telle a été la conduite de la magistrature dans cette triste histoire. Au premier abord, on serait tenté de hausser les épaules et de passer outre. Le médecin incriminé en a jugé autrement, en publiant les faits, pour montrer que ce ne sont pas les médecins d'asiles, si facilement soupçonnés et même accusés de négligence et de complaisances graves, qui en sont les plus coupables. (Gaz. hebdom.)
Folie et divorce. Une commission médicale ayant été appelée par le Parlement à juger si la folie, ou du moins certaines de ses formes, pouvait entraîner légalement le divorce, elle a répondu négativement, par l'organe du docteur Blanche, rapporteur, d'après les motifs suivants. L'hérédité de la folie étant bien connue et constatée, elle peut empêcher efficacement bien des mariages, comme les marques apparentes de l'idiotie, l'imbécillité, l'excentricité et les bizarreries de caractère. La question d'intérêt seule fait trop souvent négliger ces considérations. La faculté du divorce serait un encouragement à de honteuses et immorales spéculations que la loi ne peut consacrer.
Quant à l'incurabilité de certaines formes de la folie, comme les paralysies avec lésions encéphaliques, leur
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durée est relativement si courte et sans rémission possible que le divorce serait inapplicable et inavouable en pareil cas. Les autres affections cérébrales qui se confondent avec la paralysie générale classique, bien que ne guérissant jamais d'une manière complète, sont susceptibles d'amélioration, de rémissions passagères et durables, qui ne permettent pas le divorce, car un intervalle lucide peut toujours amener une réclamation de celui ou celle contre qui on l'aurait prononcé à son insu, sans son consentement. L'incurabilité absolue et définitive ne peut même être prononcée par le médecin au point de l'autoriser. Qu'un paralytique, après une longue série de crises d'agitation et de délire, redevienne calme et lucide, comme il en existe des exemples, au point de pouvoir rentrer dans sa famille et reprendre l'usage de sa profession, et, renvoyé de l'asile, il ne trouvera plus ni domicile ni intérieur; un étranger aura pris sa place. N'est-ce pas le cas de le rendre fou aussitôt ? Au point de vue seul du sentiment qui fait un devoir au conjoint de rester libre pour veiller et soigner le pauvre aliéné malade, le divorce est inadmissible dans ces cas.
Toutes les autres maladies mentales, l'épilepsie même, la manie, la mélancolie, la lypémanie, tout en étant presque fatalement incurables, surtout à l'état chronique, offrent cependant des exceptions qui ne permettent pas de se fonder sur ce motif pour prononcer le divorce. Une lypémaniaque restée pendant quinze ans dans une maison de santé, absorbée dans son délire, avait perdu son mari pendant ce temps, et ses filles s'étaient mariées. Considérée comme incurable, elle avait été interdite. Elle a guéri néanmoins, et, depuis bien des années, elle se maintient dans un état de parfaite raison; elle a repris sa place dans sa famille et dans le monde. Que fût-il advenu si, au lieu d'avoir à lui annoncer qu'elle était veuve, on eût dû lui dire : « Votre mari n'est pas mort, mais il n'est plus votre mari, il a divorcé et il est le mari d'une autre ; vous ne portez plus son nom ; c'est une autre qui le porte. »
Ces cas sont extrêmement rares, mais réels, et il n'est pas jusqu'à la folie circulaire qui n'en offre des exemples. Tel fut le cas d'un mélancolique qui, après une
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rémission de plusieurs années, fut pris d'agitation maniaque, avec délire orgueilleux. Après plus de deux ans, on prononça le mot de paralysie générale et d'incurabilité. Avant de recourir à des mesures légales réclamées par de graves intérêts en souffrance, deux années s'écoulèrent, et un jour le malade, couché en pleine agitation et en délire, s'était endormi vers le milieu de la nuit, et le lendemain il se réveillait calme et raisonnable. Quelques jours après, il rentrait chez lui, heureux de se retrouver avec sa femme et ses enfants. Il a vécu encore plusieurs années et est mort sans avoir eu de nouvel accès.
Que serait-il advenu cette fois encore si la femme, convaincue de l'incurabilité de son mari, avait divorcé et s'était remariée ? Le malade guéri, ce n'était pas le bonheur qui l'attendait, c'était le désespoir!
L'incurabilité de la folie ne peut ainsi être invoquée pour prononcer le divorce contre un aliéné. Revenu à la raison, il pourrait toujours le frapper d'appel, car ce serait sans son consentement ni sa faute, et la loi ne pourrait manquer d'y faire droit, comme elle le fait pour l'interdit. En pareille occurrence, quelle serait donc la position des époux et des enfants?
D'ailleurs, si elle était admise pour la folie, l'incurabilité le serait à bien plus forte raison pour une foule d'autres maladies, comme la phthisie, le cancer et les affections de la peau plus ou moins dégoûtantes, qui rendent l'homme comme la femme à peu près inaptes aux fonctions du mariage. L'impuissance et la stérilité incurables ne le seraient pas moins; et une grande partie de la société serait ainsi placée sous le coup du divorce pour maladies.
La tentative d'opposition isolée à cette doctrine par le docteur Luys, alléguant l'incurabilité absolue de la paralysie générale et de la démence après un certain temps d'observation et avec altérations cérébrales, a ainsi échoué devant le jugement de l'Académie de médecine, qui a adopté les motifs de la commission parlementaire. (Acad. de mèd.)
Traité clinique et pratique des maladies mentales, par M. Luys, médecin de la Salpêtrière. Un volume in-8°
ALIMENTATION FORCÉE
de 700 pages, Paris. Une nouvelle classification, basée sur les travaux anatomo-microscopiques de l'auteur, est la principale distinction de ce livre. La cellule nerveuse et les différentes modifications dont elle est susceptible sont invoquées à l'appui dans chaque maladie, soit en agissant localement , soit en réagissant sur d'autres organes éloignés. De là l'originalité de cet ouvrage, en paraissant donner un siège précis, fixe et limité, à des manifestations mentales , considérées jusqu'ici comme purement spirituelles ou psychiques. C'est là le tour de force de l'auteur, à l'aide d'un style plein de figures et d'images comparatives, pour rendre appréciable à l'esprit ce qui est insaisissable par les sens. Une profonde connaissance macroscopique des centres nerveux, alliée à une féconde imagination, forme le secret de cette nouvelle manière d'incorporer le moral au physique et l'esprit à la matière.
ALIMENTATION FORCÉE. C'est sous le nom impropre de gavage, applicable aux animaux, que ce nouveau procédé a été employé chez les phthisiques des hôpitaux par le docteur Debove avec le tube mou de Faucher. Les bons résultats obtenus en ont rapidement fait étendre l'emploi à une foule d'autres maladies chroniques avec anorexie, vomissements et dégoût prononcé pour les aliments. Tous les liquides alimentaires, le lait, les œufs, le bouillon, le vin, la bière, peuvent être ainsi introduits artificiellement sans le dégoût qu'ils inspirent parfois par la déglutition. Les dyspeptiques, les anémiques pourront à l'avenir être soumis à ce procédé de l'injection directe des aliments dans l'estomac, quelle que soit la cause qui les empêche de manger ou qui provoque le vomissement. Les aliénés qui refusent de manger pourront y être soumis également. Les affections organiques de l'estomac et beaucoup de maladies nerveuses s'opposant à l'alimentation, seront traitées efficacement, améliorées sinon guéries, par cette alimentation artificielle, car la maladie, comme le parasite, se développe plus facilement sur un organisme débilité que restauré. L'exemple suivant le prouve.
Une hystérique présentait des accidents très graves