‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 114 sur 157 · PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE

lemeiil aux malades où celui-ci prédomine. Déjà faite pour la plupart des climats, cette indication un peu vague ne suffit pas toujours.

Sur 39 observations, il a obtenu 8 guérisons, 18 améliorations ; 3 décès avec action bienfaisante du climat, 7 avec action nulle ou aggravante, et 3 phlhisies galopantes. Voilà des faits qui peuvent encourager à tenter l'épreuve de ce climat.

Un fait frappe dans ce tableau statistique, dit M. de Biermont, rapporteur : c'est que la colonie irlandaise, composée de

individus, a fourni 4 guérisons. Est ce une série heureuse, ou bien les conditions d'émigration sont-elles plus favorables pour les phtilisiques de ce pays? La colonie anglaise ne jouit pas du môme privilège : 12 individus phthisiques n'ont pas présenté un seul cas de guérison.

PHYSIOLOGIE. Plusieurs points de cette vaste branche de la science, sur laquelle se réunissent les recherches, les expériences de nombreux travailleurs, ont encore été élucidés cette année. Pour plus d'exactitude, au lieu de les réunir sous ce titre unique, comme les années précédentes, nous les avons séparés en les inscrivant sous les titres qui leur correspondent. Ainsi de la congélation, de la ghjcogénie, de la respiration, etc., etc.

Sens génésique. Localisé dans le cervelet, il était curieux de rechercher si, comme Gall le prétendait, cet organe est atrophié chez un individu castré depuis longtemps. Des centaines d'expériences vétérinaires ont, il est vrai, infirmé cette opinion également contredite chez I homme par le fait suivant :

Un prêtre est mort récemment à l'asile d'aliénés de Parme, où il était détenu depuis 1845, après s'être castré par monomanie religieuse, à l'âge de Irenle-deux ans. Le professeur Lussana, ayant examiné attentivement les centres nerveux, a trouvé un poids total de 1 223 grammes do l'encéphale, savoir :

Ainsi, après vingt ans de castration, le cervelet n'avait pas subi d'atrophie ni de dégénérescence amyloïde de la substance nerveuse. Son poids était de 1 à 6 avec le cerveau dont la moyenne est de 1 à 7 selon Parchappe et do 1 à 8 selon Boyd. Il est donc évident que suivant le célèbre physiologiste italien,

Cerveau

Cervelet

Prolubérancc et bulbe

dO-40

IM)YS|OI.Of;iR.

cel organe n'est que le cenlro de l'érolisine, c'est à-diro du sens musculaire avec lequel les testicules n'ont rien à faire. C'est ainsi que cet abbé en démence n'avait pas cessé, pendant sa réclusion, de prononcer de temps à autre des paroles obscènes et de se livrer à la masturbation,

— Leçons sur la physiologie (jénérale el comparée du syslème nerveux faites au Muséum d'histoire nalureile par A. Vulpian, comme suppléant du cours de physiologie comparée, agrégé à la Faculté de médecine, médecin des hôpitaux, elc. , rédigées par M. Ernest Brémqnd, revues par le professeur. — 1 vol. in-8 de 920 pages. Librairie Germer Baillière.

Exposé en trente-sept leçons et sous une forme simple, agréable, lucide, de toutes les données expérimentales et de toutes les connaissances positives sur cette partie si essentielle de la physiologie. La structure diflférenlielle et les propriétés spéciales, y sont étudiées chez l'homme et les animaux. La pathologie du système nerveux, subordonnée à ces connaissances préliminaires, les rend aujourd'hui indispensable aux médecins; sans cela, elle est inexplicable. La réunion des nerfs tant controversée, leur régénération, pour ne citer qu'un exemple, ne peut s'expliquer sans ces données. Avec la véritable clef de ces mystères se trouve l'historique des différentes théories admises successivement, et ce livre montre ainsi le progrès accompli jusqu'à ce jour.

Lezioni di ftsiologia sperimenlale sul sistema nervoso ençefalico, par M. Schifî, professeur à Florence, un vol. de 422 pages in-8°. Florence.

Résultat des expériences nombreuses du savant physiologiste, cet exposé relate, compare les résultats des autres auteurs, el contient ainsi, outre sa doctrine personnelle, le résumé complet des données acquises les plus exactes sur les propriétés du système nerveux encéphalique, le cerveau, le cervelet el le biilbe. Les principaux points en sont d'ailleurs indiqués par M. Pellégrino Lévi ni Arch. de méd. juin.

Notions sur !n nature et les propriétés de la matière organisée, thèse inaugurale par M. le docteur Taule, 170 pages in-8", librairie Gervier Baillière. Résumé, à l'aide des travaux les plus récents, des doctrines de la jeune et nouvelle école biologique, relativement aux principes immédiats, aux propriétés vitales

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dans leurs applications à la médecine. Ceux qui voudront s'initier à ces doctrines matérialistes y trouveront des preuves surabondantes développées avec tout le savoir, la chaleur el la conviclion d'un partisan absolu.

Recherches expévimentalespour servir à l'histoire de la vilaliW propre des iisstis animaux, thèse de doctorat ès science soM[enue à la Facultédes sciences de Paris, par M. P. Bert, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux, 96 pages in-4° avec 2 planches. Résumé de ses travaux sur les greffes animales signalées l'année dernière.

Essais de physiologie philosophique, pir M. J. P. Durand (do Gros). Un vol. in-8° de 620 pages. Librairie Germer BaiUière. Exposition de doctrines toutes nouvelles ne comportant ni résumé ni analyse.

PLAIES. Absorption. Sa rapidité varie suivant l'élot de la plaie, ainsi qu'il résulte des nouvelles expériences de M. Demarquay avec l'iodure de potassium. Récentes, elles absorbent en quinze à vingt minutes, ainsi qu'en témoigne l'examen delà salive; recouvertes de bourgeons charnus, en huit, six, quatre minutes et même moins, suivant leur vascularisalion plus ou moins prononcée. Elle est plus rapide aussi sur le derme dénudé que par l'injection sous l'épiderme soulevé d'un vésicatoire. [Acad. de méd., octobre.)

Organisation immédiate. M. J. Guérin appelle ainsi le travail physiologique qui a lieu dans les plaies sous- cutanées, à l'abri du contact de l'air, et qui, bien différent de l'inflammation suppurative ou adhésive précédant la cicatrisation des plaies à l'air libre, serait l'analogue du travail de formation primitive des organes. Doctrine toute nouvelle que le microscope n'a pu encore découvrir ; reste à savoir si elle est réelle et fondée. L'auteur n'en est pas à son coup d'essai : il n'a jamais produit que des nouveautés ; mais étant à peu près seul pour les proclamer elles admettre, et la plupart de ses prétendues découvertes, de ses théories, étant encore en contestation dans la science, il est nécessaire d'y regarder de très près pour celleci, en raison même de son importance.

Comparant l'état d'une plaie exposée el d'une plaie souscutanée après vingt-quatre heures, il y trouve les différences suivantes :

l'LAlES.

Plalc exposée.

Toile qu'elle ôlalt au iiioinent de sa produclion accidentelle ou arlilicielle ; un liquide 3éi-o-sanguin non organisaldo s'en échappe cl dans lequi l l'obscrvalion liislolojjiquo ne constate que peu ou point des (îlénients regardes comuio les rudinienla di; l'organisation; aucune apparence d'exiudolion plastique ne s'y observe par lo lavage.

l,cs extrémités vasculairos sont occupées par de petits caillots, en obturant le calibre, et ne laissant lillrer que la partie la plus liquide du sang; caillots qui se décomposent bientôt sous l'influence du contact de l'air, et devieinient les provoca leurs directs et médiats de la suppuration.

Plaie sou8-cu(anée.

Entre les lèvres d'un tendon ou d'un muscle, il existe un exsudai, un caillot plastique recouvrant entièrement leur surface et y adhérant complètement; il comble graduellement l'écartemenl des bouts divisés, et acquiert la consistance et les caractères d'un tissu de nouvelle formation.

Si l'on détache ce caillot, on ne trouve pas les extrémités vasculaires oblitérées; le sang s'en écoule.

Point de sensibilité exagérée ni irritation des surfaces de section.

Par sa consistance, sa couleur, sa composition moléculaire, ce travail offre les preuves de l'organisation.

Périodes consécutives.

Simple et normal, le travail d inflam- Nulle et sans raison d'être, cette susniation suppurative se montre sans nulle pension d'organisation est ici remplacée trace de cicatrisation. Le travail de for- par la continuilé, le perfectionnement mation ou des bourgeons charnus n'a incessant du travail organique, de malien qu'après plusieurs jours, et toujours nière à acquérir îles caractères spéciprécédéde croûtes ou delà membrane iso- fiques des parties divisées, lante et protectrice de Bichat, et appelée ptioqéniqiie ; moyen intermédiaire et caractère esseutiel de transition entre la sn-ïpension des phénomènes d'organisation et leur rentrée en exercice.

Après la cicatrisalion.

Tissu de nouvelle formation, amorphe, de composition moléculaire toujours identique dans la peau, lo tissu cellulaire, les tendons, les muscles, les artères, les veines, les nerfs et les os même, tissu appelé inodulaire épithélial, plasto-épidermique, cicatriciel. Dépourvu de vaisseaux et de nerfs, il reste le même, immuable, sans changement. Une interruption fonctionnelle entre les parties divisées en est le caractère.

Tissu spécial dès l'origine à chaque p'aie et chaque lissu, objet d'une élaboration, d'une transformation incessante, qui le ramène graduellement à l'organisation des tissus qui en ont fourni les éléments, depuis le tendon jusqu'au nerf, de même que dans l'os qui en offre le type ; identité constatée par le retour des fonctions des organes divisés.

D'où celle proposition capilale : que le travail de cicatrisalion des plaies sous-cutanées est tout différent de celui des plaies exposées ; qu'il a sur lui de grands avantages sans aucun de ses inconvénients, et qu'il est justement qualifié d'organisation iinmédiale. D'où aussi la généralisation de la mélhode sous-

culanée dont M. Guérin s'est constitué l'iiivenleur et (lui dovrait être appliquée en effet toutes les fois qu'elle est possible si elle réalise ces avantages. Mais comment sont-ils démontrés ? On le voit : par des assertions plutôt que par des faits. M. Guérin n'entre dans aucun détail sinon pour décrire les phénomènes qui sont en question, et bien que les observateurs aient porté leur attention depuis longtemps sur ce sujet, il ne cite que ses propres travaux, ce qui est toujours résoudre la question par la question. Au lieu de se conformer aux méthodes généralement suivies de rendre ses expériences publiques, do les relater in exlenso, avec le mode opératoire, il se borne à en donner les résultats merveilleux sans que l'on puisse les contrôler. Il ne compare même pas des choses similaires. Ainsi, il met en regard les effets d'une plaie exposée, sans dire de quelle région ni de quels tissus, avec ceux de la division d'un tendon, d'un muscle. Il dit que les plaies sous-cutanées ne suppurent pas lorsque l'expérience démontre que des fractures, des luxations, des plaies contuses parfaitement souscutanées, suppurent, et que ses opérés même ont offert des exemples de suppuration. Si comme M. Velpeau, Malgaigne, M. Le Fort, on lui oppose ces exemples, il y trouve toujours des atténuations pour se donner raison. Il avance que tous les tissus, même les tendons, les nerfs et les vaisseaux se réunissent par un blastème identique avec eux-mêmes, et il n'en donne d'autre preuve, d'autre caractère que le rétablissement de la fonction sans môme dire s'il s'est mis en garde contre les méprises, les anastomoses. Il annonce deux réunions musculaires observées sur le cadavre, et ne donne nullement les caractères de l'examen microscopique, indispensable en pareil cas. Le rétablissement de la fonction lui suffit, et il oublie même de dire comment il l'établit sinon par des comparaisons très-disparates. En tout cas, il ne saurait être un caractère spécial des plaies sous- cutanées, comme l'a fait remarquer justement M, Bouley, puisque ce rétablissement eut lieu dans le fait tout récent et si remarquable de division à l'air libre du nerf médian observé par M. Laugier. Plusieurs exemples de division tendineuse à ciel ouvert ont été également suivis du rétablissement des mouvements (Voy. Réunion, année 1 864). On sait aussi que des fractures sans communication avec l'extérieur ont été suivies de pseudarthroses fibreuses; l'absence de réaction douloureuse, inflammatoire des divisions sous-cutanées,

l'LAIES.

Il 'on est [)as davantage un caracière, car tous les jours on les observe dans les fractures, les dilacéralions, les luxations, les déchii ures parfaitement sous-culanées qui se font accidentellement. Et puis, les plaies exposées des oiseaux ne suppurent' pas, dit M. Bouley ; exemple: le chnponnage et celles do l'espèce bovine no suppurent que très-difficilement par opposilion à celles du cheval. {Aoad. de méd., juillet.)-

Le contact de l'air n'est donc pas la cause directe de l'inllammalion. Pourquoi M. Guérin ne tient-il pas compte de ces nombreuses exceptions aux lois qu'il prétend ériger? C'est qu'en grand innovateur, en législateur souverain, il se soucie peu des cas particuliers ; il les dédaigne. En vertu des lois qu'il a tout à la fois formulées et proclamées, il dit de ce ton superbe et absolu; ' cela est ou cela n'est pas, et s'appuyant sur ses principes, ses mélhodes, il réciise tout ce qui est en dehors. Il a ainsi toujours raison ; mais seulement vis-à-vis des ignorants ou des indifférents, qui ne voulant étudier ni discuter, se laissent facilement convaincre et entraîner par le style amplifié, sonore, hautain et absolu, personnel à M. Guérin. Généralisateur systématique à outrance, il procède souvent en aveugle en devançant l'observation patiente, attentive, minutieuse, exacte. Il voit un tissu régénéré, dans certainesconditions, comme l'os, par exemple, qui en e^t le type, et, aussitôt, il émet cette loi que vaisse;iux, muscles, nerfs, se régénèrent de même et dans des conditions identiques sans même se donner la peine de fournir des faits. En voyant un pied bot causé parla rétraction musculaire, il a émis ainsi sa doctrine de la rétraction comme cause de toutes les difformités, et delà la généralisation de la méthode sous-cutanée appliquée aux muscles comme aux tendons. Malheureusement les sciences d'observation, où tout est spécial, exceptionnel, particulier ne sauraient se constituer par ces procédés à priori. Il faut avoir observé plusieurs fois le même fait pour être en droit de le généraliser. Bichat a pu classer et catégoriser les tissus après les avoir bien étudiés et en préjuger ainsi les fonctions ; mais il n'en est pas de même de la nature et des causes des maladies ; on ne peut les deviner, les préjuger, et les changements, les modifications des divers cadres nosologiques des nomenclatures en sont la preuve. Aussi, ne saurait-on admettre les doctrines de M. Guérin qu'après en avoir vérifié la justesse et la réalité.

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Occlusion pneumaliquc. Suivant sa doctrine du dangor do l'air sur les plaiesqui l'a conduit aux sections sous-cutanées et à plusieurs autres applications pratiques, M. J. Guérin a fait construire un appareil pour soustraire les plaies au contact de l'air. C'est une série d'enveloppes ou manchons imperméables s'adaptant à toutes les parties du corps. Une fois la partie introd(n"te, on fait et l'on entrelient, d'une manière permanente, le vide au degré voulu, à l'aide d'un récipient pneumatique, muni d'un indicateur du vide Entre la peau et cette enveloppe •imperméable est placée une seconde enveloppe très-mince de tissu élastique perméable, qui facilite l'exhalation et la circulalion des gaz cutanés et l'aspiralion des liquides fournis par les surfaces lésées, en s'opposant à l'aclion venlousante et vésicante des plis formés par le retrait du manchon extérieur.

Applicable à toutes les parties du corps, ce système a de nombreuses indications. Quatre exemples-type sont seulement rapportés par l'auteur pour en montrer les bienfaits. L'un d'extirpation d'une tumeur fibreuse derrière la malléole externe guérit sans suppuration en huit jours. Une fracture compliquée des os de l'avant-bras avec issue du radius put être soumise, dès le quatrième jour, à l'action d'un appareil de carton amidonné. Le moignon d'une amputation de cuisse, à la suite d'une tumeur blanche suppurée, était cicatrisé en apparence dès le sepiième jour, mais une légère éraillure s'étant montrée après l'enlèvement de l'appareil, on le réappliqua jusqu'au dix-hui-tième, où la cicatrisation fut complète et solide.

Enfin une plaie par explosion de cartouche dans la paume de la main ayant broyé les chairs, divisé les vaisseaux, et dilacéro les tendons et les nerfs, soumise à cet appareil, concurremment îvec les irrigations, guérit en vingt -cinq jours sans déterminer Je lièvre ni d'inflammalion.

Quoi d'étonnant et de merveilleux dans ces résultats qui dénontre la supériorité de cet appareil ? s'écrie M. Velpeau. Tous es jours on en obtient de semblables, par les moyens ordinaires, lans qu'on en fasse bruit. Rien n'autorise donc M, Guérin à lire que c'est là un moyen précieux. A ce compte, tous ceux pu sont usités le seraient également {Acad. de méd., février). â. Guérin est d'autant moins autorisé à se décerner ainsi de.s loges qu'il ne fournit que quatre faits, dont l'issue ne prouve las la supériorité de son appaieil. L'expérience n'a donc pas

PLAII'S.

prononcé, si ce n'esL sur la complicalion el le prix clové de cet appareil autant que la difficullé de l'appliquer.

De nouvelles preuves sont venues infirmer la prélcndue infaillibilité de cet appareil, ainsi que la valeur des théories sur {"action de l'air sur la cicatrisation des plaies. M. Le Fort ayant appris que 4 opérés avaient élé soumis à cet appareil dans les hôpitaux, dont 2 à l'Hôlel-Dieu et 2 à Necker, a obtenu les renseignements officiels suivants après informations :

Leclanchet, amputé de la cuisse; suppuration pendant six semaines.

Macry, amputé de l'avant-bras; réunion des parties profondes comme cela est ordinaire, suppuration des parties superficielles. Mort du choléra au treizième jour.

Grimancourt, amputé de la jambe, mort d'infeclion purulente au vingtième jour, après suppuration abondante, attribuée, par M. Guérin, à la perforation du manchon.

Lot, grave plaie contuse avec déchirure de l'avant-bras, soumis, sans réserve, vingt-six heures après l'accident à l'appareil, présentait, dès le troisième jour, la gangrène de la peau, et mourait bientôt de résorption purulente. [Gaz. hebd., 34 et suivants.)

On se demande comment devant ce bilan, que malgré toutes ■ les atténuations M. Guérin lui-même a été obligé de recon-naître exact, comment il persiste dans ses affirmal'ons et sesthéories. On peut, du moins, en juger la valeur.

M. le docteur Buys a également appliqué à une amputation de l'indicateur son appareil à succion (voy. Kystes, année 1865). L'opéré n'a gardé le lit que deux jours, et le huitième il était: guéri. (/. de méd. de Bruxelles, jmn, p. 594.)

Sans qu'il y ait rien de nouveau dans ce résultat, on peut considérer cet appareil comme plus simple que celui de M. Guérin.

Veniilation. Proposée en 4 861 par le professeur Bouisson, . de Montpellier, dans le but, comme tant d'autres moyens topiques, de produire rapidement une croûte en évaporant^ en solidifiant, sous l'action renouvelée de l'air, la lymphe plaslique, ie: liquide cicatriciel, el produire ainsi l'occlusion de la plaie pourr en faciliter, en activer la cicatrisation, cette méthode vient' d'être reprise par M. Bérenger-Féraud, avec quelques modifications dans son emploi et une nouvelle interprétation de son

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action. Bien plus que l'élendue de la plaie ou l"aclivité de la ventilation, l'humidité est, suivant lui, la condition qui règle la durée de chaque séance. Il conseille, en conséquence, pour hâler la cicatrisation d'une plaie qui fournit une abondante sécrétion, de faire précéder la ventilation par un ou deux pansements à l'alcool ; on tarit ainsi l'hypersécrélion de leucocytes, qui fait la base de la suppuration, et la méthode de M. Bouisson amène bien plus facilement, et bien plus tôt alors, la cicatrice. En combinant ainsi ces deux moyens, il est arrivé à guérir, dans des limites très-remarquables de temps, des plaies d'étendue diverse, ce qui n'est pas indifférent dans plus d'une circonstance.

En général, la séance varie de cinq à vingt minutes ; elle ne cesse que lorsque la surface traumatique est exactement recouverte d'une mince pellicule, brillante comme un vernie, très-légèrement ridée à la périphérie, où elle semble exercer une traction sur les tissus sains et, enfin, sèche au point qu'on peut appliquer sur elle, sans l'y faire adhérer, un morceau de papier de soie.

Tant que la croûte n'a pas acquis une certaine épaisseur, l'humidité tend à la dissoudre et à envahir de nouveau la plaie depuis le moment où la projection d'air est cessée, et le secret d'une bonne cure par la ventilation est de s'y opposer à mesure. Voilà pourquoi, deux, trois, quatre heures après au plus tard, il faut recommencer l'opération dans les premiers temps;

L'épaisseur de la croule ne préoccupait pas M. Bouisson; elle est bientôt assez épaisse, d'après lui, quand la plaie est profonde, qu'elle suppure abondamment, et qu'on n'a pas fait précéder la ventilation d'un pansement à l'alcool, et il est d'avis de la laisser en place jusqu'à la cicatrisation. M. Bérenger s'éloigne de cette manière de faire : il cherche à se débarrasser de la croûte dès qu'elle a une épaisseur sensible, et il mène la plaie à cicatrisation en ne la laissant envahir que par une croûte pollucide jaunâtre de lymphe plastique qu'il fait tomberdès qu'elle acquiert un peu de rigdité.

Cette conduite lui a paru avoir une influence marquée sur la rapidité de la guérison ; car, si fréquemment, quand on a laissé la croûte s'épaissir notablement, on trouve en l'enlevant qu'elle est placée sur une cicatrice solide et louable, trop souvent il s'est creusé au-dessous d'elle de petits clapiers purulents, petits godets dans lesquels la lymphe subit la iransl'or-

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nialioii pyoïque, et Lend à éroder aux alentours, aux points où 1(1 cicatrice s'est déjà formée. {Bull, de thér., janvier.)

Soluiioii de chlorure de zinc. — C'est en voyant les Ijons effets de ce caustique solide sur une plaie cancéreuse que M. de Morgan eut l'idée de l'employer en solution à sa clinique de rhôpitai Middlesex, afin que la pénétration des tissus en fût plus profonde et complète. L'absence de douleur, de rougeur^, dè suppuration et d'odeur, lui en fit bientôt étendre l'usage à toutes les plaies, sans exception de tissu, musculaire ou cellulaire, osseux ou séreux. Avant d'en réunir les lèvres, il passe sur toute la superficie saignante une éponge imbibée de cette solution faite dans la proportion de 40 grains, soit 2 grammes 59 centigrammes environ pour 32 grammes d'eau. Le premier effet est une excitation des capillaires et un suintement sanguin des parties non saignantes auparavant. Le sang devient ensuite crémeux et de couleur d'ceillet. En réitérant l'application, toute la superficie se ramollit et acquiert cette couleur.

Suivant la doctrine qui tend à s'accréditer sur les avantages des caustiques, le chirurgien anglais attribue à celui-ci la propriété de prévenir l'érysipèle et la pyoémie. Durant neuf mois qu'il l'a employé dans ses salles, où il y avait des cas d'érysipèle, aucun érysipèle consécutif chirurgical ne s'est montré, sinon sur une vieille femme opérée d'une tumeur de la mamelle, sur laquelle l'emploi de la solution avait été omis. Il n'y eut que deux cas de résorption purulente, et l'absence d'odeur, le peu de suppuration et le bon aspect des plaies lui semblent devoir en recommander l'usage. (Lancet, avril.)

Voilà donc les caustiques succédant aux alcooliques dans le pansement des plaies, comme ceux-ci ont succédé aux résolutifs, aux émollients. La progression thérapeutique est manifeste et conforme aux doctrines médicales régnantes sur l'altération des liquides. Sans reproduire ici les théories que l'on peut faire valoir en faveur de la solution du chlorure de zinc en particulier, il nous semble difficile d'y recourir pour les plaies ordinaires sans avoir été témoin de ses bons effets. Autant nous l'emploierions avec confiance pour modifier une plaie de mauvais aspect, de nature suspecte, cachectique, cancéreuse ou sci'ofuleuse, autant nous hésiterions à l'appliquer sur des tissus sains que la nature médic;itrice suffit ordinairement à réimir et à cicatriser.

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Plombage des plaies on nouvelle mélhodo de chirurgie conservatrice, par le professeur Burggraëve, chirurgien principal de l'hôpital civil deGand, etc. 24 p. iii-8°. Bruxelles. Communiccilion faite à l'Académie de médecine de Belgique, renouvelant les avantages de ce mode de pansement préconisé par l'auteur depuis plusieurs années. Il consiste tout simplement dans l'application de feuilles de plomb laminé, fixées par des bandelettes agglulinatives. Des injections, poussées sous cette espèce de cuirasse, servent à nettoyer la plaie, et il suffit de soulever successivement ces lames de plomb pour s'assurer de son état.

A en juger du moins par les treize observations citées sommairement, il a été appliqué le plus souvent sur des plaies par c'crasement, contusion, déchirure, arrachement, lacération avec ou sans fracture chez les ouvriers des nombreuses fabriques et manufactures de la ville, que des machines dangereuses, traîtres et homicides, conduisent ain.si à l'hôpital. Ses avantages seraient l'occlusion qu'il réalise plus ou moins complètement sous l'action calmante et résolutive du plomb. Une fois l'élimination des I issus mortifiés accomplie, le bourgeonnement en est rapide, intense; la suppuration peu abondante et remplacée par l'exsudat plastique. De là, absence des douleurs, des souffrances causées par l'intervention de l'instrument tranchant ; rapidité de la guérison et moindre séjour à l'hôpital.

Si ces avantages sont réels, il faudrait s'empresser d'adopter la méthode de chirurgie conservatrice du professeur gantois, que les faits semblent confirmer. Sur 236 blessés traités au plomb du r' janvier 1 864 au 20 mai dernier, il n'y a eu que 8 décès causés par les diverses complications ordinaires des plaies graves. Mais cette statistique en masse ne saurait déterminer la conviction. On n'a pas ainsi la mesure exacte des effets de celte méthode de pansement dont |a mort n'est pas le seul critérium. L'étendue des lésions est au moins indispensable à connaître pour juger de sa valeur, et nous estimons que M. Burggraëve eût mieux fait d'entrer dans les détails cliniques que de disserter par à priori, comme il l'a fait, sur ce mode de traitement.

Finies frarnics à feu. Partant de cette idée qu'elles doivent se gangrener, supposition toute gratuite, le docteur Marchisio propose de les traiter topiquement avec les substances conservatrices employées sur les cadavres. C'est le deuto-chlo-

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