‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 117 sur 157 · PLEURÉSIE · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE

n'est, l'oxplicalinn adoptée par M. Gueneau de Mussy pour trois cas d'épanclioinenl observés avec lyinpaiiisine. {Suc. méd. des hôp,, juin.)

Mort, subite. Un malade atteint d epanchopient subaigu étant mort subitement à l'hôpital militaire de Strasbourg, le 3 juin 1 866, en se retournant du côté gauche pour dormir, sans que l'autopsie ail révélé la cause de cette mort subite, M. Netter conseille de recommander à tons les malades alieints d'épanchements pleuréliques, d'éviter les mouvements brusques et violents, et en cas de suffocation subite, de les replacer dans la position qu'ils occupaient. Il pense qu'en déplaçant brusquement le liquide par un changement de position, le cœur ou l'artère pulmonaire peuvent se trouver comprimés, quand l'épanchoment siège à gauche, comme dans co cas où le malade se plaçait à droite, pour éviter la douleur causée par un vésicatoire. (Soc. méd. de Strasb.)

Tartre slibié. Loin de combattre l'élément inflammatoire, comme dans la pneumonie, c'est sur l'élément séreux qu'il agit, selon M. Gallard. El cela, non pas seulement en favoririsant la résorption du sérum épanché, mais en en prévenant la reproduction par une action directe contre celte disposition très-grande chez certains malades ou dans certaines formes de la pleurésie, à ce qu'il se forme en abondance, se renouvelle et se reproduise sans cesse, A ce litre, il serait le meilleur préventif de la thoracDcentèse, combattue avec tanl de force par ce médecin dans la pleurésie aiguë. Mais de nombreuses évacuations vomi-purgalives sont indispensables ; si la tolérance s'établit, il doit être remplacé par d'autres moyens appropriés à cet effet. La disparition rapide et durable de vastes épanchements chez les cholériques en proie à d'abondantes évacuations .céreuses spontanées, que M. Seux, de Marseille, a de nouveau constatée dans l'épidémie de 1865, a fait soupçonner celte action spéciale du tartre slibié dont l'expérience a confirmé la jU=tesse.

Pour cela, on l'administre à haute dose: 30 centigrammes dans un julep, à prendre en trois à quatre fois dans les vingtquatre heures, en le continuant avec persistance jusqu'à ce que l'épancheinent ait diminué d'une manière notable. EL de même que l'inflammation locale est combattue antérieurement par les

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sangsues, les venluuses scarifiée.-, on emploie ensuite les vésicaloires volants, quand la fièvre tombe, pour achever la résolution de l'épanchement (Gaz. des hôp., n° 22). Si celte interprétation donnée au rôle du tartre stibié dans la pleurésie se confirme, — et elle est toute physiologique, rationnelle et conforme à ce que l'on sait de la dérivation sur l'intestin dans les hydropisies, — le traitement en acquerra plus de précision et d'efficacité. — Voy. THonAcocENTÈSE.

PXEUMATOSE GASTRO-INTESTINALE. Traitement.

Selon M. le professeur Konssagrives, il faut la prévenir, chez les individus qui y sont prédisposés par une idiosyncrasie particulière ou par un état morbide. — On atteindra ce but par le choix d'un régime dont on proscrira sévèrement les féculents, lo lait, etc. ; tous les aliments capables de donner lieu à un grand développement de gaz dans l'intestin.

Sans admettre que la flatulence dérive toujours d'un étal alonique de l'estomac et de l'intestin, il est certain que, dans un grand nombre de cas, elle coexiste avec une sorte de torpeur des parois musculaires du canal intestinal ; de là vient que l'emploi des condiments stimulants et aromaliqnes est trèsulile dans la pneumatose.

En Angleterre, on fait un grand usage des condiments aromatiques dans le cas de dyspepsie alonique. — La poudre apérilive suivante de Gregory y jouit surtout d'une grande faveur. Elle se compose ainsi :

Rliubarbe 2 draclimcs. '

Magnésie calcinée.. 2 —

Poudre de gingembre 7 grains.

Poudre de cannelle 47 —

Mêlez dans de l'eau ordinaire ou additionnée de quelque.s gouttes d'essence de menthe. — Prendre chaque matin par dose d'une demi-cuillerée à café.

Les infusions chaudes d'anis, d'agapana, l'aniselte, le curaçao, l'élixir de Garus, le thé, pris après les repas, stimulent l'estomac et lui permettent de bien digérer. — Chomel recommandait aux personnes flatulentes de faire un exercice régulier; l'intestin et l'estomac ont, en effet, besoin de la stimulai ion rliytlimique que leur impriment les parois do l'abdomen, dont les contractions répanissent d'une manière uniforme les gaz

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contenus dans l'inleslki, et les empêchent de se cantonner dans certains points du ventre et d'y produire une sensation importune de distension et de tiraillement.

A l'eau de chaux, M. Fonssagrives associe la magnésie calcinée sous la forme suivante:

Magnésie calcinijc!. . . , Eau de cliaux. ) ■..

Eau distillée.. ) ' Sirop de Heurs d'oranger Mêlez.

A défaut de réussir à l'absorption, la neutralisation des gaz ou à leur expulsion à l'aide des carminatifs, des excitants, leur aspiration à l'aide d'une grosse sonde de gomme élastique, introduite aussi haut que possible par l'anus, en adaptant au pavillon la canule d'une seringue dont le piston est fermé, réussit le mieux à diminuer, à détruire le méléorisme. En tirant le piston lentement, on remplit le corps de pompe de son volume de gaz, et en réitérant à plusieurs reprises cette manœuvre simple, on atténue le malaise, les souffrances. On pourrait même se servir à cet effet de la pompe stomacale, dont s'est servi, pour la première fois et avec succès, le docteur Dickson dans un cas d'occlusion intestinale. — Voy. ce mot.

Enfin, tous les moyens échouant, M. Fonssagrives n'hésite pas à pratiquer la ponction stomacale ou intestinale, qui, de la médecine vétérinaire lui semble devoir passer dans la médecine humaine, en raison des bons résultats qu'elle lui a donnés sans accident.

PNEUMOiVlE. Séméiologie. M. le docteur Combes, de Jarzé, a observé depuis une dizaine d'années un symptôme constant qui n'a pas encore été signalé comme élément de diagnostic dans les ouvrages de pathologie.

Dès le début et pendant toute la période d'augment ou d'acuité, le malade éprouve des chaleurs générales ou partielles dans tout le corps, au visage ou à la tète seulement: sensations rapides et fugaces, analogues à ce qu'on observe chez beaucoup de femmes à l'âge de retour; elles durent quelques minutes et se renouvellent avec une fréquence et une intensité toujours en rapport avec l'intensité de la fièvre, l'étendue de l'inflammation, peut-être sa nature et des temps d'exacerbation

4 grammes.

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ou de rémission. Impossible d'obtenir rien de précis sur le nombre de leurs retours dans un temps donné. La chaleurn'est donc pas toujours égale, même dans ses temps d'exacerbation , ce qui explique les variations observées.

L'importance de ce symptôme se déduit de ce qu'il est constant, qu'il ne se retrouve dans aucune autre fièvre, dans la bronchite ni dans la pleurésie, et qu'il est facile de le constater quand tous les autres signes diagnostiques font défaut au début ou ne parlent pas assez haut, du moins pour bon nombre de médecins.

L'explication de ce phénomène semble avoir sa raison d'être dans la congestion successive du poumon, et il a pu jusqu'ici échapper ainsi à la sagacité d'habiles observateurs. Cette sensation n'étant pas douloureuse, n'éveille pas suffisamment l'attention. On constate son existence par les questions facilement compréhensibles : Avez-vous éprouvé des bouffées de chaleur ? Vous monte-t-il des chaleurs au visage? Les réponses du malade sont toujours en accord parfait avec le développement de la maladie. Cependant ce mode de constatation commande la réserve et doit engager les praticiens à en vérifier la réalilé. (./. des Conn. médicales, n° 3.)

Résonnance tijmpanique. De même que le professeur Skoda et d'autres observateurs, M. Woillez entre autres, qui a donné à ce phénomène de percussion le nom de lympanisme pulmonaire, le docteur Hayden de Dublin a remarqué cette matité sonore, résonnant dullness, tympanique, profonde, voilée — muffled — dans certains cas d'hépalisation partielle ou totale des poumons, attribuée généralement à la présence de l'air dant> la plèvre, pneumothorax simple par perforation, on secondaire par sécrétion, comme il y en a des exemples, mais en lui donnant une nouvelle interprétation qui tend à s'accréditer en Irlande. Tout en reconnaissant qu'une partie de tissu pulmonaire, hépatisée, solidifiée, interposée entre un substratum de poumon sain, perméable, et les parois thoraciques, peut en rendre compte suivfint la théorie de Skoda, il montre qu'elle ne saurait satisfaire dans tous les cas, et qu'elle est infirmée par certains faits.

Ainsi, un homme de quarante-six ans fut admis, le 24 mai I860, à l'hôpital de la Miséricorde, atteint depuis quatre jours d'unepneumonie typho'ide du lobe supérieur du poumon gauche,

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avec lïialilé complote en liaiil anlérieurement, absence de murmure respiratoire et de tous autres bruits, tandis que, en bas, latéralement et partout, en arrière comme à droite, la respiration est normale. Traitée par l'alcool et le sulfate de quinine, la maladie s'étend et la malité descend jusqu'à la sixième côle lo lendemain ; mais bientôt le râle crépilanl faible reparaît avec matité, lorsque, le 3 juin, elleest moditiée p;ir une sonorité particulière, d'un caractère quelque peu lympanique sous la clavicule seulement. De la pleurite sans épancliemenl avec péricardile vient compliquer ce cas vers la fin, et, néanmoins, le malade sort de l'hôpital le 12 juin en voie de guérison.

Si l'interprétation de Skoda était ici parfaitement acceptable, elle est infirmée au contraire par ce second exemple où l'absence de résonnance lijmpnnique la contredit formellement.

Un commerçant, adonné à l'ivrognerie, est pris le 20 septembre d'un accès de delirnm tremens de forme asthénique. Appelé le 27 avec le docteur Cahill, nous constatons: pouls ii 4 50, 42 inspirations, grande dyspnée, face vultueuse, conjonctives jaunâtres, langue chargée, urine rare, bilieuse. Soif insatiable avec renvois. Sensibilité de l'estomac et du foie à la pression ; celui-ci augmente de volume. Matité du côté droit en avant, de la clavicule au mamelon, s'étendant jusqu'à l'aisselle avec respiration bronchique et râle crépitant; au contraire, la partie correspondante en arrière et latéralement donne une respiration et une sonorité normales. Toux, expectoration brunâtre, visqueuse.

Traitée par le sulfate de quinine et les alcooliques, conjointement avec des ventouses loco dolenli, celte pneumonie marche rapidement, comme d'habitude, en pareil cas, vers une terminaison fatale sans que les phénomènes stéthoscopiques aient changé ni que la sonorité tympanique ait apparu. Le l*^' octobre, le malade meurt dans une syncope.

Cet exemple est donc la négation du premier en ce qu'il réfute l'explication du fait dont il s'agit. Il montre qu'une partie du lobe supérieur étant hépatisée, solidifiée, l'autre restant saine, n'entraîne pas absolument la résonnance comme l'implique la doctrine de Skoda. En voici d'ailleurs la contradiction formelle, évidente, manifeste.

Un homme de vingt-six ans entre à l'hôpital le 9 juin avec une pneumonie commençante de la base du poumon droit et qui s'étend rapidement en haut. De la base au mamelon en

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aviiiil, el au même niveau en arrière, la niatité est complète avec râle crépitant; mais, du mamelon à la clavicule, la percussion rend un son mat mêlé de résonnance métallique donnant la sensation d'un corps solide, mais sonore. Au-dessus, respiration bronchique accompagnée de râle crépitant. Bientôt il s'y joint de l'épanchement dénoté par une amplitude d'un pouce en excès du côté droit sur le côté gauche mesurés audessous du mamelon.

La percussion pratiquée avant l'autopsie donne les mêmes résultats que pendant la vie, si ce n'est que la résonnance tympanique est un peu moindre. Le corps étant complètement immergé dans l'eau, avec une nappe d'un pouce et demi audessus, tandis que la percussion de la surface de cette nappe liquide, suivant les règles de la percussion digitale, ne donne rien de remarquable du côté gauche, rend à droite un son lympanique très-manifeste, semblable à celui d'une bourse de cuir remplie d'air. La cavité pleurale droite ouverte avec précaution sous l'eau, le doigt détruisant les adhérences, afin de déterminer si elle contenait de l'air, ne donne pas issue à une seule bulle, de l'aveu du docteur Cruïse et de tous les élèves présents.

Péricarde distendu par le sérum, avec de récentes granulations sur la surface antérieure du cœur, surtout à la base. Cœur normal, sinon diminué, ferme^ un peu graisseux. Poumons adhérents partout, surtout le droit attaché au diaphragme. Son expansion est telle qu'il remplit tout ce côlé de la cage thoracique. D'un gris noirâtre, sa surface antérieure est épaissie et recouvre le cœur; les fissures pulmonaires sont oblitérées. Auscultés immédiatement, les lobes supérieur et moyen droits rendent un son métallique comme voilé — a somewhal muf[led melallic ring — un peu moins clair que celui obtenu pendant la vie, mais du même timbre. Matilé profonde sur tout le lobe inférieur.

Une section verticale de ce poumon du sommet à la base, d'arrière en avant, donne la sensation d'un corps solide. La surface de la coupe est d'un gris clair, un peu noirâtre à la base. Aucun fluide ne s'en échappe, si ce n'est de la matière puriforme épaisse à la pression. Plongé dans l'eau, il ne surnage pas comme le gauche.

La doctrine de Skoda est manifestement convaincue d'erreur par ce fait, i)uisqu'aucuiie portion de tissu pulmonaire n'élali

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perméable à droilo pour rendro compte de la résonnance lympanique que produisait la percussion. Par son siège au sommet du poumon, on ne peut admettre davantage qu'elle fût communiquée par l'estomac, comme Stokes en rapporte, un exemple [Diseuses of tlie Chesl, v. 1, p. 334). La résonnance dans ce cas « ressemblait à celle que donne l'estomac au plus haut degré de distension Hatulenle » sans être voilée comme dans les précédents. On ne peut la rapporter davantage à l'hypothèse du docteur Williams qui, pour expliquer celle résonnance pneumonique dans les cas de Graves, Stokes el Hudson, dont il va être question, soupçonne que c'étaient des exemples de sonorité trachéale ou amphorique provenant de la consoiidalion du lobe supérieur du poumon [Cyclopedia of pracl. médic, p. 403). Outre qu'une telle supposition est une injure à des observateurs aussi distingués, l'obs. II montre qu'elle est toute gratuite, puisque la condition matérielle existait là sans production du phénomène. L'autopsie démontre enfin qu'on ne peut l'attribuer davantage à la présence de l'air dans la plèvre, soit par perforation, soit par sécrétion. Une cause inconnue est donc indubitable, et cette cause est, suivant le docteur Hayden, l'accumulation de l'air dans le tissu même du poumon où il se trouve emprisonné indépendamment de toute rupture, perforaration ni caverne, el coïncidant avec la plegmasie de cet organe.

On ne saurait se dissimuler l'importance de ce nouvel élément de diagnostic des affections pulmonaires qui dérange toutes les règles admises jusqu'ici. La seule preuve en est, il est vrai, dans l'expérience précédente. Mais l'auteur invoque les faits II et VII rapportés par le docteur Hudson dans son mémoire sur la pneumonie typhoïde comme venant à l'appui de cette doctrine. {Dublin Journ. , iuilkt 183S.) Comme dans l'obs. III précédente, il y eut d'abord point de côté, matitéà la percussion, absence de respiration et râle crépitant sur le point affecté du poumon, ce qui fit de même diagnostiquer au début une pleurésie avec épanchement que la respiration bronchique survenue le lendemain démentit.

Dans ce cas du docteur Hudson, la sonorité niorbide apparut dans le point hépatisé dès le quatrième jour, tandis que c'est seulement le sixième et le quatorzième dans les observations précédentes. Elle continua dans les deux cas mortels jusqu'à la mort et fut remplacée par la matité primitive après six jours de

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durée dans l'observation I. Dans ces trois cas, elle fut accompagnée de respiration bronchique et de râle crépitant.

On ne peut attribuer celte résonnance à une pneumonie centrale, car la préexistence de la matité durant plusieurs jours avant son apparition autant que la généralisation de l'hépatisation, démontrée dans deux cas par l'autopsie, témoignent assez du contraire.

Dans le septième fait du docteur Hudson, la respiration et le râle crépitant s'associaient de même avec la résonnance, qui continua jusqu'à la mort. Le diagnostic différentiel de la sonorité due à l'air emprisonné dans le poumon hépatisé et celle qui résulte de son accumulation dans la plèvre pourrait ainsi, suivant le docteur Hayden, être basé sur ces signes coïncidants.

A juger de ce symptôme par ce qu'en disent les auteurs spéciaux, il doit être excessivement rare. Les deux exemples précités du docteur Hudson sont les premiers cas de cette sonorité tympanique signalée dans la pneumonie comme n'étant pas due à la présence de l'air dans la plèvre. En l'indiquant comme un des signes les plus remarquables dans son ouvrage, le docteur Stokes la rapporte à la présence de l'air sécrété dans la plèvre. Il ne connaissait donc pas encore en 1837 cette seconde forme de résonnance pneumonique, ou du moins il n'était pas convaincu de sa réalité; mais depuis il s'est converti à l'interprétation nouvelle, et admet parfaitement une forme pulmonaire de cette matité tympanique dans la pneumonie typhoïde comme distincte de la forme pleurale. {Dublin [quart. Journal.)

Tous les autres auteurs, même les plus récents, sont muels à cet égard. M, Grisolle ne mentionne pas du tout cette résonnance de la percussion dans son savant Traité de la pneumonie. Le docteur Fuller, dans son ouvrage Diseuses of ihe chest, 1 862, n'y fait pas allusion, non plus que le professeur Trousseau dans sa Clinique, ni M. H. Bennet dans ses Clinical Lectures, De nouvelles études, de nouvelles observations sont donc indispensables pour être fixé à cet égard.

C'est dans la constitution de l'urine que le docteur Monli trouve au contraire de nouveaux éléments de conviction. Rouge foncé et rare dans la période d'exsudation, sa densité s'élève de 1021 à I0.î2parlaprésenced'une grandequantité de matériaux solides. L'urée, l'acide urique et les urates sont plus abondants, tandis que les autres produits sont en quantité normale ou en

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diminution, les chlorures notamment. L'albumino s'y rencontre parfois.

Dans la période d'état, elle redevient plus abondante, d'un rouge clair avec une réaction plus acide. Les autres parties constituantes ne varient guère sinon que l'albumine augmente.

Dans la période de déclin, son abondance augmente encore, elle devient rosée, moins dense et alcaline. L'urée diminue avec la fièvre ; les urates augmentent ainsi que les chlorures. En un mot, elle reprend la constitution normale. [Gazz. med. italiana.)

Si, au point de vue de l'urologie, il est intéressant de connaître ces modifications en détail, il est superflu pour le praticien, au contraire, avec ses moyens physiques de certitude diagnostique, de porter ses investigalions de ce côté

Traitement. L'indication précise en découle de la statistique des 1707 cas observés et traités par M. Hugues Bennett pendant une période de vingt-cinq ans, du i" juillet 1839 au 1" juillet 1864.

Jusqu'en 1 848, où le traitement anliphlogistique était en faveur, sur 547 cas de pneumonie, il y a eu 205 morts : soit 1 : 2 1/2. ■ ■

De cette époque à 1 856, où le traitement tonique commença à être employé, sur 609 cas, il y eut 1 31 morts, soit 1 : 4 1/2.

Enfin de là en 1864, où ce dernier traitement a été employé de plus en plus exclusivement, 551 cas n'ont donné que 71 morts, soit 1 : 7 3/4. (Laure/, février.)

Pour des périodes aussi longues et inégales, il est difficile d'invoquer avec raison l'influence des constitutions médicales, la nature spéciale de cette maladie, ou toute autre cause, pour expliquer ces différences dans le résultat du traitement, et de ne pas admettre l'action toute-puissanle de celui-ci. Aussi pour résoudre définitivement la question de refl"et des toniques et excitants, dont le célèbre professeur s'est constitué l'un des plus. chauds défenseurs, convie-t-il tous les médecins, exerçant ou non dans les hôpitaux, à collaborer avec lui à ce sujet en lui envoyant le résumé de leurs observations à cet égard dans des tableaux statistiques. {Lancet, décembre 1865.)

Alcooliques. C'est précisément à fixer les signes dislinctifs de dépression réelle réclamant l'usage des stimulants de celle qui

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n'est qu'apparente, factice, que M. le professeur Traslour (de Nantes) s'est appliqué. La lâche est difficile, car souvent la limite est insaisissable. Aussi un long mémoire et de nombreuses observations y sont-ils consacrés. Suivant cet observateur distingué, les indications spéciales des alcooliques sont : la faiblesse, l'absence de réaction, la pâleur de la face, le refroidissement de la peau, les crachats purulents faisant craindre l'hépalisation grise, l'étendue de la pneumonie, rimprobabililé d'une résolution spontanée, la vieillesse, la dépression excessive causée par les anlimoniaux. Elles sont précises surtout lorsque la pneumonie ne marche pas à la résolution, que les forces déclinent, qu'il y a des accidents ataxo-adynamiques ; en un mot, quand il y a dépression des forces, quelle qu'en ''soît la cause. [Bull, de thé rap., janvier.)

L'art du thérapeute est sans doute dans ces distinctions symptomatologiques ; mais il y aurait erreur à accorder une nouveauté à la médication, sinon alcoolique, au moins tonique, stimulante dans ces conditions pathologiques. Quel est le praticien qui, en présence de ces signes de dépression, n'ait eu recours au vin de quinquina à haute dose, aux potions cordiales, musquées, etc. Toute l'innovation est donc la substitution du cognac aux produits pharmaceutiques; l'indication n'a pas varié.

Digitale à haute dose. — En portant dans la thérapeutique les procédés d'analyse comparative et expérimentale employés dans les autres branches de la science, les représentants de la génération médicale qui s'avance ont bien montré qu'ils en comprennent ainsi le progrès. M. le docteur Gallard, cherche à fixer ainsi plus rigoureusement qu'on ne l'a fait celles de la digitale dans la pneumonie. S'inspirant de l'action physiologique sédative de ce médicament sur le cœur, il le croit spécialement indiqué quand la réaction fébrile, très-intense et semblant commander l'emploi des antiphlogisliques, co'fncide avec une profonde débilité; la dépression, l'adynamie du malade réclamant, au contraire, les stimulants, les toniques. En un mot, ce sont dans ces cas mixtes intermédiaires à l'ataxie et l'adynamie, qualifiés de pneumonie typhoïde, que la digitale lui a paru le mieux réussir, comme il en cite l'exemple suivant à l'appui.

11 s'agit d'un garçon de dix-neuf ans, qui, au sixième jour

400 l'NEDMONIE.

d'une pneumonie (Jroilo, préscnlaiL 108 pulsations avec affaissement et dépression nolabie des forces : 5 centigrammes de poudre de digitale, pris de deux en deux heures jusqu'à concurrence de 20 centigrammes, suffirent à abaisser le pouls à 90, puis à 60 le lendemain. Une guérison rapide s'ensuivit. [Bull, de Ihér., mars.)

Si marqué que soit l'abaissement du pouls dans ce cas et son issue heureuse, il ne saurait prouver à lui seul la thèse de l'auteur. Il ne semble même pas parfaitement choisi à cet effet. La durée de huit jours seulement de la maladie et l'emploi préalable de moyens actifs : lartre stibié et vésicatoire, ne laissent pas ressortir assez clairement cet état ataxo-adynamique, typhoïde, qu'il s'agit de mettre en lumière, ni l'action immédiate de la digitale. On peut objecter l'action des moyens antérieurs et la marche naturelle de la maladie. La thèse est donc à reprendre et à fortifier par des observations ultérieures,

Emélique. Selon M. Déchaux, il peut exceptionnellement, même aux doses les plus accréditées, produire des symptômes fâcheux et la mortelle-même, par hyposlhénisation.

Il s'agit d'une enfant de deux ans qui, après avoir pris sur l'ordonnance du médecin un mélange de 45 grammes de sirop d'ipéca, 30 centigrammes de poudre dilo, et 5 centigrammes de lartre stibié en sept cuillerées, de neuf heures du matin a midi moins un quart, le 23 mars dernier, s'éteignit à minuit. Non alitée le matin même, cette enfant, que le médecin avait à peine trouvée malade, disant que le côté gauche seul respirait moins bien, qu'il pourrait survenir une fluxion de poitrine, en vue de quoi il ordonnait le mélange précédent, cette enfant, dis-je, fut considérée comme empoisonnée. Dès la troisième dose, sa figure, sa voix, son expression, ont changé. Des vomissements et des selles immodérés — comme une lessive — sont survenus. Effrayés du faciès, des yeux creux et cernés, du visage pâle, de la voix éteinte, de la résolution des membres et de leur refroidissement , les parents ont envoyé chercher le médecin qui trouva un aspect cholériforme , et , en apprenant que le remède avait été préparé par la femme du pharmacien, laissa échapper le mot d'empoisonnement. Dès lors, exhumation du cadavre le lendemain de l'enterrement, et MM. Déchaux et Dufour constatent la parfaite intégrité du tube digestif dans toute sa longueur , sans le moindre indice chimique ni anatomique

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d'empoisonnement. On découvre, au contraire, une pleurésie gauche très-accusée , avec épanchement d'un demi-verre de sérosité cilrine, flocons albumineux et gélatineuxadhéreiils, poumon rouge brun noir, ecchymosé, gorgé de sang, engoué, tandis que le côté droit est intact.

D'où celte conclusion « que l'émélique, remède journalier et des plus précieux, peut exceptionnellement, même aux doses les plus accréditées, produire des symptômes fâcheux et la mort elle-même par hyposthénisation , c'est-à-dire par une action nerveuse, par une grande prostration, le brisement des forces, un affaiblissement extrême et l'anéantissement. » El l'auteur de rappeler sommairement six cas analogues, en disant qu'il en compte plus do 100 où l'émélique, à doses communes ou élevées, a produit des phénomènes eflrayants el dangereux. [Gûz. inéd. de Lyon, p. 228.)

L'extrême laconicité, la simple citation de ces derniers faits, ne permet pas de les discuter ; mais je ne sais pas que pareille observation soit très- commune. Jamais je ne l'ai faite ni vue consignée ailleurs. Ce n'est pas à cette dose que l'émélique est nuisible, el bien que celle du vomitif fût considérable pour une enfant de cet âge, est-ce au remède, à son mode d'administration ou à la maladie qu'il faut attribuer l'issue fatale? Évidemment, devant un diagnostic aussi précisquo l'aulopsie l'a moniré, une telle médication ni son mode d'emploi n'avaient de raison d'être. On n'administre les vomitifs do celle façon que pour les faire tolérer. Autrement, sitôt l'effet produit, on s'arrête; voilà la règle. Si donc la mort a été le résultai de l'hyposlhénisation de l'émélique, celle-ci est dû manifestement à la manière vicieuse dont ce vomilif a été prescrit et administré.

Mais n'est-ce pas bien plutôt à la marche foudroyante de la maladie elle-même que l'enfant a succombé. Comment en douter devant l'étendue, la gravité des lésions anatomo-pathologiques, alors que celte enfant était à peine indisposée la veille et pas môme alitée le malin. Est-ce à dire que l'action vomitive persistante, prolongée, a contribué à ce développement rapide, précipité? On ne pourrait le soutenir ni l'expliquer; tandis que des exemples semblables, sans vomilif, ont été partout observés.

C'est ce que M. Dupuy a démontré à la Société de médecine de Bordeaux (mai), dans la discussion sur l'opporlunilô de l'expectalion dans la pneumonie. Il en est résulté que la plupart des

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membres de cette Société n'adoplenl pas les enseignements de la dernière statistique de iM. Barthez à cet égard. Ses partisans ont eu beau dire que l'expectation s'adressait exclusivement ici aux pneumonies iobaires franches : comment les distinguer?, a-t-on répondu; comment savoir si, lobaire aujourd'hui, elle ne deviendra pas lobuiaire demain? De là l'indication du traitement, l'intervention de la thérapeutique active légitimée par les qualre exemples d'enfants à la mamelle cités par M. Dupuy et mortels en deux, trois et qualre jours, sans que l'on ait pensé à accuser l'émétique employé dans ces cas. L'interprétation contraire de M. Déchaux mérile donc d'être signalée.

Pneumonie des vieillards. De la pneumonie lobaire aiguë des vieillards. Thèse inaugurale de Paris, par le docteur G. Bergeron. Renouvelant à la période opposée de la vie les observations que M. H. Roger a faite chez les enfants, l'auteur, à l'aide du thermomètre de Leyser, placé dans le rectum, a constaté l'élévation de la température comme un des signes les plus caractéristiques de cette maladie. De 37°, 1 C. ou 2/5 à l'état normal, elle s'élève brusquement à 39, 40 et 41° et arrive en un à deux jours à ce summum d'intensité. Elle décroit de même et, le plus souvent, elle est de 2 à 3 cinquièmes de degré plus élevée le soir que le matin, ce qui est d'un favorable augure ; tandis que la mort est à craindre si elle reste élevée, uniforme. Elle s'élève rarement au-dessus de 39 2/5 dans la pneumonie catarrhale, ce qui est un précieux élément de diagnostic différentiel entre ces deux formes d'une même affection.

Pneumonie symptomatique. De même qu'on la voit souvent apparaître dans le cours de la fièvre typho'ide et des fièvres éruptives, la rougeole, notamment, M.Robert de Latour en fait une complication fréquente delà fièvre pernicieuse dont elle serait, pour ainsi dire, l'effet (voy. Fièvre pernicieuse). Un caractère spécial même la distingue. Tandis qu'idiopalhique, elle se montre le plus ordinairement en bas et en arrière à droite, c'est à gauche, au contraire, en arrière et en haut, qu'on la rencontre dans le cas de fièvre pernicieuse larvée, dont elle peut ainsi déceler l'existence avec le secours de la température. Dans ce cas, la durée en est éphémère et liée à la maladie principale, c'est-à-dire à l'emploi du sulfate de

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