TEMPERATURE
le culcul piii' la plaie périnéale dans certains cas, M. H. Lee a lait conslruire un litiiotriteur orilinairo à deux branches, dont rinférieure est creusée profondément, et appelé lilliocrale. Il l'iniroduil préalablement dans la vessie, et fixe la pierre entre ses brandies. L'incision faite, l'extrémité mousse de cet instrument est rendue saillante de manière à diriger, à guider le bistouri dessus et, aussitôt qu'elle apparaît, à donner issue à la pierre, si elle est petite, ou du moins à pouvoir la saisir plus facilement et plus sûrement avec la pince ordinaire, si elle est volummeuse. L'incision peut ôlre ainsi ménagée, et l'opération rendue beaucoup plus rapide et moins laborieuse. Toutefois, ces avantages sont kin d'être évidents dans le seul exemple rapporté à l'appui [Lancel, décembre I 863) A l'avenir de prononcer.
TE.\IPÉRA.TUUE. Il résulte des expériences du professeur Mantegazza, que les douleurs intenses transmises par les nerfs rachidiens et la peau en amènent rapidement l'abaissement notable. Il l'a constaté chez les animaux dans le rectum ou aux oreilles : elle varie, chez le lapin, de 0°,68 à 2°, 48 après dix à vingt minutes, et peut persister plus d'une heure et demie. Des contractions musculaires coïncidentes contrebalancent un peu cet abaissement, qui, chez les poules, varie de O^jOe à 1°,76. Plus rapide chez les petits oiseaux, la durée en est au?si moins longue. L'homme semble partager celle môme influence que l'auteur rapporte aux phénomènes chimiques de la calorification , par l'impossibilité de pouvoir s'en rendre compte pur des troubles des nerfs vaso-moteurs. [Gazz. med. Lombarda, n"' 26 à 29.)
Température hniuaine. Mesurée exactement avec le thermomètre, elle est devenue un puissaiit élément de diagnostic pouvant, non-seulement indiquer la maladie an début, en l'absence comme à l'exclusion des autres signes, mais à en juger, en préciser les phases, à en déceler des complications latentes, à en faire prévoir l'issue et môm^ à distinguer, à différencier les maladies entre elles. La valeur de cet élément de précision augmente ainsi à mesure qu'on l'emploie, tellement qu'il n'est plus permis aujourd'hui d'en négli,'er l'usage.
En faisant l'historique de ce moyen d'investigation qu'il appelle la thermomélrk clinique, M. Charcot en rapporte l'ori-
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gineà Swammerdam. Dès 1754. dellaen, remarquant la peau pâle, violacée, froide des vieillards peudaul la fièvre, alors que la température du sang est très-élevée, appelait l'attention de ses élèves sur la nécessité de substituer l'emploi du thermomètre à l'application de la main dans l'appréciation de la température du corps. Hunier seul répondit à cet appel, et ce n'est que dans ces dernières années que MM. Gavarret, Bouillaud, Monneret, Roger, en France, s'occupèrent de ce sujet dans des cas particuliers, de même que Bsereiftprung, Traube, Michaël, Wunderlich, en Allemagne, en étendirent et en perfectionnèrent l'usage, mais sans le généraliser ni le systématiser. A M. le docteur Robert de Latourqui, dès 1 834, c'est-à-dire bien avant tous les autres, s'en est occupé, et dont le nom honorable ne se trouve pas, on ne sait pourquoi, dans cette énuméralion, revient l'honneur d'en avoir étendu l'emploi à toute la pathologie, en en faisant un signe distinctif des fièvres essentielles avec les fièvres symptomatiques ; des altérations du sang et do la constitution, septicémies, loxicohémies , avec les inflammations simples. C'est ainsi qu'elle est un signe distinctif absolu de la fièvre pernicieuse, dont le danger est immédiat et qui, en se voilant souvent de mille complications, peut en imposer à l'observateur (voy. Fièvre pernicieuse). De même des fièvres éruplive, typhoïde, puerpérale, etc.
Le meilleur moyen de constater exactement la température dans l'état de maladie, où il s'agit surtout de ne pas déranger le patient, est le thermomètre axillaire qui se trouve chez M. Rozier, opticien, quai de l'Horloge, 37, à Paris. Il est renfermé dans un étui peu volumineux, qui le rend très-portatif. Sa forme angulaire permet de le placer dans l'aisselle du malade, sans déranger celui-ci, et de constater ainsi sur place le degré de température. Le prix seul de 18 francs, trop élevé pour la majorité des praticiens, est un obstacle à la propagation de son emploi. En Angleterre, où plusieurs instruments de ce genre se disputent la préférence, celui de Griffin, dont l'échelle s'étend de 55 à 130° F., avec cinq divisions pour chaque degré, est suffisamment exact, et peut servir à tous les usages du médecin, en se vendant au prix modéré de 10 francs. Il n'y a indication de préférer la voie anale que chez les vieillards, en raison de la remarque de de Haen, et dans le choléra; l'enveloppe cutanée ne donnant pas, dans ces cas, le degré exact de la température animale.
TEMPÉIUTURE.
Parmi les nombreux travaux qui se sont produit» sur ce sujet en 1866, il convient de signaler surtout une thèse de M. le docteur Armetirding Compton , soutenue à l'Université de Dublin, le 26 juin, sur la température dans les maladies aiguës [Température in acule diseases). Basée sur 200 observations cliniques recueillies dans les hôpitaux anglais, dont 125 à S.-Barlholomew's Hospital, avec la température prise chaque jour et à peu près à la môme heure et comprenant 60 cas de typhus, 30 de fièvre typhoïde, 20 pneumonies, 15 scarlatines, puis des rhumatismes, des érysipèles, etc. , elle a une grande valeur en montrant, par des preuves péremptoires, et en affirmant qu'une température de 40° C. suffît à faire porter un diagnostic grave, alors que tous les autres signes tendent même à montrer le contraire, et vice versâ. Il semble résulter aussi d'un tableau slatislique un degré fixe de température pour chaque maladie, sans que la saison ni l'âge le modifient sensiblement. Ses variations aux diverses périodes sont établies de même ; mais, si élevée qu'elle soit, la température seule ne saurait annoncer sûrement une terminaison fatale ni une guérison assurée.
La corrélation habituelle de l'élévation du pouls avec la température résulte également de ces observations, mais sans être constante. Une élude comparée à ce point de vue permet ainsi de séparer définitivement le tijphus fever de la fièvre typhoïde quant à leur nature, leur palhogénie, en montrant des différences sensibles de température et du pouls entre ces deux atîeclions.
Des propositions capitales , appuyées d'exemples, forment ainsi le canevas de ce plaidoyer, en faveur de l'emploi clinique du thermomètre. Elles sont confirmées en partie par les observations du docteur Liebermeister sur les effets de l'élévation de la température dans la fièvre [Deutsch. Archiv fur Min. Medic). La fréquence du pouls, sans être exactement proportionnelle à la température , y est cependant subordonnée généralement dans une large mesure, ainsi qu'il résulte d'un tableau statistique de 280 observations cliniques. Il semble qu'il convient de distinguer les cas pour établir le juste rapport de celte élévation de la température sur le pouls. M. G. Bergeron n'a trouvé ainsi aucune relation constante, absolue, entre les oscillations de température, la lenteur et la fréquence du pouls dans la pneumonie des vieillards, tandis qu'il a observé la môme marche de l'élévation de la température que chez l'adulte. « Dans la
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lEMPÉKATUllE.
pneumonie, dit le docteur Coniplon, il y a une Icmpéralure élevée dès le second jour avec ton maximum du troisième au quatrième, et une décroissance aussi rapide. » Il y a donc au moins là une exception fixe à cette relation de la température avec le pouls.
A propos de pneumonie, il est essentiel de ne pas confondre, pour le degré de température, la forme idiopatliique de la forme symptomalique de la fièvre pernicieufe, élucidée par M. Robert de Latour. Elle est toujours plus élevée dans ce dernier cas, et pourrait bien ne pas avoir non plus la même relation avec le pouls. — Voy. Pneumonie.
D'après M. Liebermeister, c'est à une élévation excessive de la température qu'il faudrait rattacher la malignité dans toutes les maladies où on l'observe. Des accidents cérébraux seraient la conséquence directe de sa persistance si de ses effets dynamiques sur le cœur. On sait, en eiïet, que la gravité du pronostic est proportionnelle à cette élévation de la température, et que la mort survient rapidement lorsqu'elle s'élève à 42'' C. [Arch. de méd., juin). 11 semble ainsi en assimiler l'effet à celui de la chaleur solaire, comme le fait très-explicitement M. Barudel pour les fièvres rémittentes du printemps et du commencement de l'été ij Rome, dans lesquelles, dit-il, la température animale oscille entre 3 à 4 degrés au-dessus du chiffre normal, tandis que dans les fièvres réglées, pernicieuses, typhoïdes, elle atteint jusqu'à 6 degrés. Et cette différence est si constante et marquée, qu'elle a pu servir au savant médecin militaire pour établir d'emblée le diagnostic différentiel de ces pyresies, aussi bien qu'à instituer le Irailement différentiel qui leur convient. {Mém. de méd, et de cliir, milil., août.)
Si donc les effets sont si différents dans un même lieu, la cause l'est aussi. D'où l'étiologie différente admise par M. Robert de Lalour. « Quelle que soit la cause de l'élévation de la chaleur organique, phlegmasie locale ou autre, dit-il, si le sang conserve sa composition normale, cette élévation ne dépasse jamais 2 degrés, et c'est alors l'agent vital de la fonction calorisatrice, c'est-à-dire l'appareil nerveux ganglionnaire, qui en est le mobile. Pour aller au delà, il faut que le fluide sanguin sur lequel cet appareil exerce son action soit lui-môme atteint dans sa constitution intime, comme il arrrive lorsque sévit une fièvre essentielle. » {Union médicale, 1 864.)
Quelle que soit d'ailleurs la cause de cette élévation différente