FRACTURES
line pirande valeur à ce nouveau signe, et une observation clinique le justifie complélement. Sur l'un de ses blessés, M. Guérin ne trouva d'abord que celle douleur, sans mobilité notable des maxillaires, mais les accidents inflammatoires calmés, il reconnut très-manifestement la mobilité de l'extrémité inférieure de l'apophyse plérygoïde. [Acad. de méd., février, et Arch. de méd. juillet.)
Fracture double de la clavicule. Ce fait se produisant spontanément est si rare, que Maigaigne n'en cite que six exemples. Au point de vue de la sémiologie et du traitement, celui-ci, observé par M. Foucher à l'hôpital Saint-Antoine, salle Saint-Barnabé; n°20, offre un grand intérêt pratique.
Le 7 mai, un maçon de trente-huit ans qui venait d'être écrasé sous un plafond est apporté dans le coma, respiration difficile, paraissant souffrir à la compression du thorax. Le lenmain, il y avait gône de la respiration sans crachement de sang. Les deux clavicules furent trouvées fracturées à la partie moyenne, avec déplacement et mobilité à droite ; chevauchement à gauche. Côtes intactes. Jusqu'au i^'' juin, ce blessé fut placé dans la position horizontale, avec deux mouchoirs triangulaires seulement soutenant les coudes.
Le 13 juin, le blessé parlait pour Vincennei sans grande déformation des clavicules, sinon à gauche où le col était volumineux et irrégulier; les mouvements des bras étaient libres, sans douleur, sinon en soulevant des fardeaux. {Journ. de niéd. el chir. prat,, août.)
Fracture bicondyliennc de l'humérus. Diagnostic. Pour la seconde fois, M. le professeur Fleury en a constaté le signe caractéristique suivant : Sur un homme tombé sur le coude d'un lieu élevé et amené dans son service clinique, W constata manifestement la crépitation en saisissant l'extrémité' inférieure de l'avant-bras tendu, et en lui imprimant des mouvements de rotation ; mais lorsque, voulant en déterminer lesiège, prenant d'une main l'extrémité inférieure de l'humérus ^ par les deux condyles et saisissant de l'autre le corps de l'os, il chercha à reproduire la crépitation, il lui était impossible de la percevoir. L'expérience comparative, faite plusieurs fois, donna toujours le même résultat.
L'autopsie révéla la cause du phénomène, comme le montre?
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la pièce soumise à l'examen de la Société. Les deuxcondyles de l'humérus sont séparés chacun du corps de l'os par un trait oblique, de telle sorte que l'extrémité de la diaphyse pénètre à la manière d'un coin entre les tubérosités condyliennes éclatées. Il en résulte que, lorsque, sur le vivant, la main du chirurgien saisissait le bras par ses extrémités condyliennes , cette pression devait nécessairement les rapprocher et, en les rapprochant, immobiliser le fragment supérieur saisi entre elles comme dans un élau ou entre les mors d'urfe pince. De là, par l'immobilisation des fragments, l'impossibilité de déterminer le phénomène de la crépitation. Ce signe devait être, au contraire, on ne peut plus manifeste lorsque, au lieu de saisir l'extrémité inférieure de l'humérus par les condyles, on agissait sur l'extrémité inférieure du levier formé par l'avant-bras , en lui imprimant des mouvements de rotation qui mettaient enjeu les fragments de l'humérus et les faisaient frotter l'un contre l'autre.
Ce phénomène ne se produirait pas si, au lieu d'être séparé par deux traits obliques entre lesquels pénètre la diaphyse, les deux condyles étaient divisés l'un de l'autre par un trait vertical tombant sur une solution de continuité transversale de la diaphyse. Dans ce cas, la disposition signalée par M. Fleury n'existant pas ne saurait donner lieu à la production du signe dont la première relation paraît appartenir au chirurgien de Clermont-Ferrand, sinon que M. Giraldès déclare l'avoir démontré depuis longtemps, dans ses leçons cliniques inédites de l'hôpital des Enfants. Sa réalité et son importance cliniques sont donc ainsi doublement établies par deux chirurgiens également compétents. [Soc. de chir., octobre.)
Fractures du racliis. Trépanation. Un nouveau succès en a été relaté à la Royal med. and surg. Society, le 28 novembre dernier. Il s'agissait d'un homme de trente ans, frappé de paraplégie immédiate à la suite d'une chute de cheval survenue le 27 mars 1 865. Entré à l'hôpital de Whitworth avec incontinence d'urine et déplacement d'une des dernières vertèbres, M. Gordon pratiqua la trépanation le 3 juin, à la demande pressante du blessé. L'amélioration se manifesta dès le quatrième jour, par l'acidité de l'urine qui était alcaline, purulente auparavant. La sensibilité reparut et ensuite la motilité. Au bout de deux mois, le malade put se lever, et, lors de sa pré-
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senlalion, il pouvait retenir ses fèces, ses urines, et se tenir assis à son aise, mais sans pouvoir rester debout ni marcher, quoique sa santé fût excellente.
Contrairement aux résultats des 26 cas de cette opération, analysés par M. Felizet l'année dernière, dans un mémoire rempli d'enseignements (i4rc/i. de me'd., novembre.), M. Gordon conclut du fait précédent que l'on doit se hâter de pratiquer la trépanation aussitôt après l'accident, pour ne pas donner à la moelle le temps de subir des changements de structure et ne pas laisser les muscles s'atrophier. Il conseille aussi de ne pas se borner à réséquer l'arc d'une seule vertèbre, le danger ajouté à l'opération en en réséquant plusieurs étant au-dessous du bénéfice qu'on y trouve pour faire cesser la compression de la moelle. La règle nous semble ici consister surtout à ne réséquer que les parties comprimantes, une, si une seule est fracturée ou luxée, aussi bien que deux ou plusieurs.
Peu en honneur en France, et rejetée par la plupart des chirurgiens, cette opération, qui compte aujourd'hui 8 succès sur 28 cas, en y comprenant ceux dont il s'agit ici, ne peut manquer de fixer l'attention. M. le docteur Tillaux se déclare en sa faveur et, malgré l'insuccès qu'il a éprouvé dans un premier essai à l'hospice de Bicêtre, sur un jeune carrier de de vingt et un ans, par suite d'une myélite ascendante, il ne comprend pas que l'on reste simple spectateur lorsqu'un homme jeune, vigoureux, présente une fracture évidente, palpable, avec paraplégie, de la colonne vertébrale. Les conséquences inévitables de cette lésion, lorsqu'elles ne sont pas mortelles, étant souvent pires, sur-tout pour l'ouvrier, par l'incapacité de travail, de locomotion et les souffrances continues, les infirmités qu'elles entraînent, comme il en donne des exemples, font admettre en principe cette grave opération. C'est donc à en étudier les indications et les contre-indications qu'il y a lieu de se livrer, et, après examen, voici les conditions qui semblent autoriser M. Tillaux à y recourir, sinon immédiatement, du moins après que toute crainte d'inQammation traumalique a disparu, c'est-à-dire trois à quatre semaines :
\° Si la paraplégie est incomplète;
2° Si, la paralysie du mouvement étant complète, le blessé a conservé la sensibilité au toucher ou à la douleur;
3" Si, au lieu de rester slationnaires, les phénomènes paralytiques vont en diminuant;