ACIDE
ACIDE. Acide eyanhydrîqne. En le préparant par le procédéde Gay-Lussao, qui décompose le cyanure de mercure avec un équivalent d'acide chloi hydrique, MM. Bussy et Buignet ont remarqué qu'ils n'obtenaient que les deux tiers de ce produit au lieu de la totalité, comme la théorie l'indique. Pour obtenir ce dernier tiers, ils furent obligés de distiller au bain de sable et à siccité, en portant la température de 104 jusqu'à 110 degrés. Amenés à rechercher ainsi la cause puissante qui retenait celle forte proportion d'acide cyanhydrique formé dans le résidu, après avoir isolé une petite quantité de sel double d'Alembrolh, ils découvrirent ainsi qu'elle était dans l'extrême affinité de cet acide avec le bichlorure de mercure ou sublimé formé par la réaction. Il ne s'agissait donc que de combiner chimiquement celui-ci pour annuler sa propriété absorbante spéciale et isoler immédiatement l'acide cherché. Le chlorhydrate d'ammoniaque se trouvait à cet effet désigné d'avance, surtout en raison de l'extrême solubilité aqueuse du sel double qui en résulte. La pratique confirma la juste^se de la théorie. Ayant ajouté aux éléments ordinaires de la préparation de l'acide cyanhydrique dans deux appareils de Gay-Lussac, ici du sublimé, le rendement du produit s'est abaissé à 53,7 pour 100; là du sel ammoniac qui, en se combinant avec le sublimé engendré, s'était converti en sel alembrolh, cette proportion du rendement s'est élevée à 95 pour 100 d'acide cyanhydrique anhydre HCy. Les deux résultats sont donc très-nets et Irèsconcluanls.
Un autre phénomène nouveau en chimie et moins facilement explicable est venu s'ajouter à ces deux utiles découvertes: l'abaissement très-nolable de température résultant du mélange de l'acide cyanhydrique avec l'eau co'incidant avec une contraction de volume considérable. Ces deux effets d'une marche parallèle ont leur maximum en réunissant un équivalent d'acide à trois équivalents d'eau. Cette singulière anomalie de deux corps produisant du froid par leur mélange, malgré leur affinité incontestable, ne pouvant s'expliquer suivant les lois ordinaires de la chimie, les auteurs ont pensé qu'ici la diffusion des molécules des deux liquides absorbe plus de chaleur que n'en développe leur affinité, contrairement à ce qui se passe dans le mélange de l'eau et de l'acide sulfurique, par exemple. {Acad. des sciences. — Journal de pharin. el chimie, décembre 18G3; avril, mai et juin 1864.)