‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 4)Chapitre 16 sur 127 · ALBUMINURIE · texte numérisé non relu

ALBUMINURIE

confirmé celte action en le donnant à un tuberculeux de 26 ans dont les fonctions rénales étaient normales. En le soumettant alternativement, de 8 en 8 jours, à des doses progres>ivement croissantes du sel de saturne, soit 9 grains en 3 fois jusqu'à 90 en 6 fois par jour, avec des intervalles de repos , au commencement et à la fin de l'expérience, en réglant et en surveillant sa nourriture et en mesurant exactement la quantité de fèces et d'urine toutes les vingt-quatre heures, ils ont observé que la diminution de l'urine était en rapport exact avec l'augmentation de la dose du sel de plomb, de même que la quantité d'urée sans cliangement do réaction ni de couleur appréciable; mais la proportion de chlorure de sodium et l'acide suifurique diminuèrent comme l'urée à mesure que le médicament augmentait. D'où ils concluent que de hautes doses do ce médicament peuvent être prises momentanément avec moins de danger que l'usage prolongé de faibles doses. C'est ainsi qu'au début de l'expérience et après l'iibsorplion do 240 grains, des signes d'intoxication se montrèrent et prirent un haut degré de gravité, tandis qu'il ne s'en manifesta plus ensuite. 11 est remarquable aussi que ce traitement exerça une influence favorable sur la tuberculisalion, comme M. Beau l'a expérimenté il y a plusieurs années. (Schmidl's Jalirb., janvier,)

Aphunie nllmiiiinuriqiic. Selon le professeur Jolinson , de King's collège, M. Fauvel a considérablement exagéré la fréquence et la valeur de ce symptôme dans la maladie de Bright. Hn Angleterre, c'est une des complications les plus rares de cette maladie. [Lancct, 30 juillet.)

TnAn-EMENT. Un nouveau composé, le trichlormélhyle sulfureux de carbone, qui s'obtient par le contact prolongé du sulfure de carbone avec le chlore, a été proposé contre la maladie do Bright par le professeur Kœrner. 11 en a vu l'emploi suivi d'une abondante expecloralion , d'une plus grande activité du cœur et de la disparition de l'albumine dans l'urine. Administré à cini] jeunes gens vigoureux et bien jiortants, le professeur Bernatzik l'a vu également activer les fonctions des appareils circulatoire et respiratoire.

lille a aussi été combattue par l'électricité (voy. ce niot).

Qn'cHl-cc que ralbuminiirie ? ou de son analogie avec les sécrétions séreuses, séroplastiques et les hémorrhagies qui se font soit à la surface, soit dans l'épaisseur des organes, par le

ALCOOLISME

docteur Léon Germe, ancien interne des hôpitaux d'Arras. In-S°.

Discussion intéressante de toutes les théories qui se sont produites à ce sujet pour y substituer exclusivement celle do l'embarras de la circulalion produite par les différentes causes rapportées à cette maladie,

ALCOOL. D'après un mémoire couronné par l'Académie des sciences en '1861 et basé sur des expériences et le raisonnement, MM. Perrin, Lailemand et Duroy avaient conclu, contre la croyance générale et l'assertion même de Liebig, que l'alcool ingéré est éliminé de l'organisme par les divers émonctoires, les reins surtout, dans un très-bref délai, et ne sert pas à l'alimentation. Un jeune médecin zélé, M. E. Baudot, renouvelant ces expériences par des analyses plus précises, a prouvé au contraire qu'il n'en est rien ; que ces données sont fautives, et que la plus grande partie de l'alcool ingéré reste au sein de l'organisme, d'oîi il est permis de croire, suivant la doctrine générale, qu'il constitue un aliment respiratoire et seri ainsi à l'alimentation [Union méd., n° 3). Ce résultat était à prévoir à priori pour l'observateur physiologiste, d'après ce qui se passe chez certains individus qui font des boissons alcooliques leur principal aliment.

Ce fait d'observation journalière est interprété autrement par M. Perrin. D'après lui et d'autres expérimentateurs, l'alcool soutient sans nourrir, il ralentit l'activité de l'oxidation intravasculaire et la production de la chaleur animale , et exerce ainsi une action très-active sur la nutrition sans augmenter la recette, mais en diminuant la dépense. Il a toujours constaté, en effet, la diminution de l'acide carbonique exhalé de 24 à 51 pour 100 dans l'espace d'une heure, selon la richesse, la force des boissons employées. Notée heure par heure, elle est à son maximum trois heures environ après l'ingestion; deux heures plus tard, elle paraît épuisée. L'urine en est augmentée, mais non modifiée dans sa composition.

A dose modérée, hygiénique, les boissons alcooliques diminuent l'exhalation de l'acide carbonique dans une proportion qui varie de 5 à 22 pour 100. [Acad. des se. et Gaz. Iiebd., n° 3 G ot suiv.)

ALCOOLISME. La passion irrésistible de boire consli-

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lue, selon M. Flelcher, une véritable lolie. Voy. Dipsoman-ie. M. A. Voisin a nolé au?si que les cas de folie par alcoolisme aigu ou chronique augmentent dans les hôpitaux de Paris. De 99 en 1856, à BicêLre, ils s'élevaient a 207 en 1860 ; mais les premiers sont beaucoup moins fréquents que les seconds. Ils n'étaient que de 4 : 28 durant une année. {Ann. méd. -psycliol. , jaiwiev. )

11 donne lieu à toutes les formes connues de délire, môme de satisfaction, de contentement et d'orgueil, d'après l^s observations de M. A. Voisin, ce qui avait été nié par quelques aliénislcs, sans doute parce que la mélancolie, la stupidité, les idées de per^éculion, de suicide, les terreurs, les craintes imaginaires en sont les formes les plus ordinaires.

Les troubles chroniques des facultés inlelleclucllcs et morales sont : l'amnésie pure ou compliquée d'aphéinie, ou plutôt do dysphémie, la gêne dans l'articulation des mots, la diminution de la conscience, la singularité et l'originalité du caractère, tristesse, découragement, diminution de la liberté morale, faiblesse do caractère, défaut d'initiative et d'énergie, lypémanie, obtusion intellectuelle, démence, hébétude, abrutissement, imbécillité, et parfois délire d'ambition, de satisfaction et d'orgueil ; ainsi, sauf la mémoire, les facultés intellectuelles sont moins souvent et profondément troublées que les facultés morales. N'y a-t-il pas lieu de rechercher, d'après cela, si cet alfaiblissement moral n'est pas antérieur et ne préexiste pas au développement do l'absinlhisme dont il serait ainsi la cause ?

Sous l'influence de cet état, les alcoolisés chroniques sont très-exposés pendant les maladies aiguës, souvent les plus bénignes, à être pris d'accidents cérébraux qui les emportent le plus souvent d'une faijon foudroyante. Ainsi, dans le rhumatisme articulaire, la pneumonie, la pleurésie, l'érysipèle et le traumatisme,

1-a consistance plus ferme de la substance cérébrale a été notée aussi dans les autopsies, ce qui indique le degré de sursaturation alcoolique de l'économie, puisque ce résultat est le môme que celui île la macération du cerveau dans l'alcool. (Ann. méd. -psi/cliol., imWet.)

M. Boucaud accuse de même l'alcoolisme de produire des affections spontanées des séreuses : méningites et péritonites. Il a observé des alFections cardiaques chez des buveurs ipii ne

ALCOOLISME

se rappelaient pas avoir eu d'arthrite. (Journal de méd. de Lyon, septembre.)

M. Lancereaux s'est assuré aussi que les ivrognes, après un certain temps, avaient fort peu d'aptitude à la procréation. Leurs testicules étaient petits, flasques, atrophiés. Il a même constaté une altération de la substance testiculaire, spécialement des canalicules spermatiques, qui tend à faire admettre aussi une influence nocive de l'alcoolisme sur les fonctions génésiques. [Soc. d'émul. el Union méd., n" 418.)

D'après l'observation minutieuse de six phthisiques offrant tous les signes de l'alcoolisme, délire, tremblement, contracture, M. Leudet n'a pas vu que l'affection pulmonaire en fût ni accélérée ni retardée; mais il établit sa rareté relative chez les ivrognes (Congrès de Lyon). Voy. Phthisie.

Absinthisme. Pour vérifier si les effets observés après l'intoxication avec l'absinthe chez l'homme : stupeur, hébétude, hallucinations terrifiantes, affaiblissement intellectuel rapide, sont bien spéciaux à celte substance, M. Marcé a fait avaler l'essence d'absinthe pure à des chiens et des lapins. Or, à la dose de 2 à 3 grammes, il est survenu des tremblements, stupeur, hébétude, insensibilité et toutes les apparences d'une terreur profonde ; au-dessus, des convulsions cloniques épileptiformes surviennent avec évacuations involontaires, écume aux lèvres et respiration stertoreuse. Il y a donc bien là une action toxique spéciale sur le système nerveux. [Acad. des sciences, avril; et Union méd., 92 et 94.)

Les observations multiples d'absinthisme rapportées par M. Voisin [Ann. méd.-psychol., juin, juillet, mettent d'ailleurs ce fait hors de doute. L'analogie, la similitude des symptômes morbides avec ceux de l'alcoolisme ordinaire ne lui semble pas nécessiter une catégorie à part; ils sont seulement plus profonds et plus durables, et c'est ainsi que l'abrulis-ement est plus fréquent que dans l'alcoolisme ordinaire.

Il serait vivement à souhaiter, dit la Gazelle médicale de r.41gérie, à propos delà prohibition du hachisch à Constanlinople, qu'une mesure semblable fût prise ici pour l'absinthe, qui s'y débite en quantité considérable. La Suisse seule expédie annuellement en France 7 oOO 000 litres, sans compter les innombrables fabriques de cette liqueur à Paris et dans les départements. « Serait-il incompatible avec la liberté commerciale de

ALIÉNATION MENTALE

frapper ce produit d'un impôt assez fort pour en diminuer la consommation et soustraire ainsi la population à un empoisonnement continuel ? dit M. Chevylier. » Mieux vaudrait encore éclairer les consommateurs que d'en restreindre ainsi l'usage.

Sur trois crânes provenant de sujets adonnés h l'absinthe, M. Renard, médecin-major à l'hôpital militaire do Dathna, a constaté un amincissement et une Iranslucidilo remarquable des os. C'est la première fois que les pernicieux ciïets de cette boisson sur les centres nerveux s'étendent à une lésion anatomique du système osseux, ou du moins cpi'ils sont signalés {Recueil dn méd. mil., juillet). L'étude ultérieure de ce fait monirera si c'est coïncidence fortuite ou régulière.

ALIÉNATION MENTALE. Diagnoj«tic il'aprtVs l'éerî-

Inrc. L'écriture des aliénés offre souvent un caractère de leur maladie, comme l'ont déjà remarqué plusieurs observateurs, ce qui cstd un précieux secours pour le diagnostic, le pronostic et la médecine légale. HAtive, courant deliaut en bas, très-difficile à lire, illisible même dans la manie, selon M. Brierre de Boismont. elle est remplie de majuscules, de soulignements, de signes, de dessins, de figures, dans l'excitation maniaque et les monomanies. Elle est remplie de paraphes et de ratures dans l'excitation qui précède la folie. Dans la folie triste, les caractères sont lents à tracer, souvent inégaux et parfois inachevés. La démence et la paralysie générale se reconnaissent au tremblement de l'écriture, à l'inégalité des lignes, des signes graphiques, à l'oubli des mots, des lettres, à la répétition des mêmes mots, à rincohércncc des idées, elc Les degrés divers de ces signes marquent l'apparition, l'aggravation ou l'amélioration de l'espèce de folie et peuvent servir ainsi au pronostic. {Union nu'd., n" 19.)

Fréquence de la tuberculose. Des Statistiques recueillies dans divers asiles d'aliénés, en Angleterre et ailleurs, par le docleurClouston,ct basées sur l'examen nécropsique, il résulleque la phlhisie pulmonaire est beaucoup plus fréquente chez les aliénés que parmi la population générale. Les dépôts tuberculeux se rencontrent deux fois plus fréquemment parmi eux, et la phlhisie pulmonaire, comme cause de mort, figure dans la moitié de ces cas; elle reste entièrement latente dans le tiers ou le quart, et pendant longtemps dans le surplus. Une relation spéciale existe même entre la mélancolie suicide et les altéra-

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