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lions pulmonaires : tubercules ou gangrène. Le cprveau au conlraire, n'est pas plus souvent tuberculeux; il est pûle anémique, vascularisé irrégulièrement, avec tendance au ramollissement de la substance blanche, et diminution de gravilé de la substance grise dans la majorité des cas. Pas plus fréquenis dans les centres nerveux des aliénés que des autres malades les tubercules, quand ils y existaient, n'ont donné lieu à aucun symptôme parliculier ni forme spéciale d'aliénation pas plus qu Ils ne paraissent l'avoir déterminé. De même du péritoine dont la tuberculisation a coïncidé le plus souvent avec la mélancolie et la manie soupçonneuse. L'innuence nocive de la tuberculose sur la durée moyenne de la vie des aliénés s'est révélée par une diminution de trois à cinq ans, .selon l'extension des tubercules. La moitié des aliénés tuberculeux meurent trois ans après le début de l'aliénation. Parmi ceux-ci, I hérédité de la folie était de 7 pour 100 plus fréquente que chez les nontuberculeux.
Tandis que la tuberculose s'est rencontrée le plus souvent dans la œonomanie soupçonneuse et la mélancolie, le contraire s'est trouvé absolument dans la manie et la paralysie générale. Elle est toujours latente dans celle-ci et ne donne lieu à aucun symptôme, si ce n'est que le début de la paralysie est marqué par la dépression. La tendance à la démence a été plus fréquente parmi les aliénés tuberculeux que parmi les autres. Chez le quart environ des ahénés tuberculeux, l'aliénation avait un caractère type que l'on pourrait appeler manie phthisique [plUliisical mania), car dans tous ces cas les tubercules s'étaient développés simultanément avec l'aliénation ou peu de temps après.
L'aliénation se développant pendant une phthisie chronique est très-rarement curable ; mais, dans quelques cas rares, elle semble arrêter le cours de celle-ci. La coïncidence de ces deux maladies aggrave lo pronostic de la première. Rien ne montre que le pneumogastrique ait une influence sur la production de la tuberculose des aliénés, car elle ne se rencontre pas plus souvent chez les anciens que chez les nouveaux. [Journ. ofvied. science, et Ann. méd -paychoL, mai.)
C'est là, selon M. \Vorkman, une des plus fréquentes et des plus graves complications de la folie. Jl croit même que la proportion des statistiques précédentes est encore au-dessous de la réalité. Georgel a ainsi trouvé les poumons lésés sur plus
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des trois quarts des aliénés dont il a fait Taulopsio, et tandis que dans six établissements américains, voisins du Canada, on trouve 33 morts de consomption pulmonaire sur 178 décès; dans une septième institution semblable de New-Vork, il y en a 48 sur 118 morts, disproportion énorme qui ne provient, d'après lui, que du défaut d'aulopsies. Ainsi à l'asile de Toronto, il n'a jamais trouvé moins de 33 décès pour -100 i)ar cette cause, et, en IStM, la proportion a été jusqu'à 50 |)0ur 100.
L'erreur est d'autant plus facile que ces malades ne toussent ni n'expectorent et ne se plais^nent de rien. Pas d'exacerbalions vigiles, ni sueurs nocturnes, ni diarrhées colliqualives, ni liémorriiagies pulmonaires, ni cet appétit dévorant qui lue beaucoup de phtliisiqups, ni ces espoirs exaltés, ces yeux brilants et celte vive coloration des pommettes, présage d'une Tiort inévitable. La respiration n'est ni gênée ni difficile, si ce l'est peu d'heures avant la mort, cl encore paraît-elle itlutôl ;ympiomatique de l'aiïaissement musculaire que d'une lésion uberculeiise. Heaucoup n'atteignent pas un degré considérable l'émaciation ; ils s'éteignent graduellement, et la vie les quitte )resque imperceptiblement.
11 en a été ainsi dans 1 8 cas de consomption sur 2 I terminés ataleinent où le diagnostic n'a pu êtré porté que par i'aulopsie. -,es explications d'ciniisemcnl (jénèrah marasme, «»ic»i/V, iiuiniion, manie chronique, comprennent, sans doute, beaucoup de ;es exemples.
Celte phthisio latente, qu'elle exisle avant l'aliénation ou [u'elle ^e développe sous son inlluence, est responsable de l'in- :urabilité comme toutes les autres altérations organiques. La :onstalalion exacte par l'autopsie éciaircirait donc le pronostic le la mortalité de l'aliénation sans complication, autant que 'efficacité du séjour des asiles. [Annal, médico-psiiclwl. anvier) " '
Dans ces o,is, l'aliénation est parfois symptomatique et tout fait sons la dépendance de la tuberculose comme le prouve à losteriori le succès du traitement. Natnram morbonini curaioncs oftirnduiit. Des hallucinations, accompagnées de quelques ymplônies ini;iaux do tuberculisation, ont guéri ainsi rapidelent par l us.îge de l'huile de foie de morue,"associée aux narotiques (cynoglosse, belladone) et au régime tonique {Ihill. de hérap., n" 6). Il est donc urgent de procédera un examen igoureux do la poitrine en pareil cas et de recourir au traite-
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ment précité. S'il ne guérit pas, il pourra du moins retarder l'issue fatale en entravant la marche de la tuberculisation.
Tbaitement. Diarrhée. Commune dans les asiles où ces malades sont soumis à une nourriture végétale, M. Berlhier y a opposé avec succès la viande cuite et sèche, arrosée de café et de vin pur exclusivement. Sur 21 malades soumis à ce régime les trois quarts ont guéri. [Ann. méd.-psijchol. , mars.)
Plyalisme. Guidé par le hasard comme dans le cas précédent, il reconnut de même que la sputation fréquente des fous est souvent liée à une atonie des premières voies, et guérit alors rapidement par un régime tonique et substantiel.
Quand il dépend de sensations hallucinatoires, les moyens moraux seuls réussissent comme les sédatifs antispasmodiques contre la surexcitation générale, qui est la forme la plus rebelle, tandis que l'on obtient facilement la guérison des deux autres i avec l'aide du temps. [Acad. de mèd., août.)
Insomnie. En faisant prendre graduellement de une à six i gouttes d'acide prussique au 7% puis au 6% aux aliénées les ' plus turbulentes le soir, trois heures au moins après le dernier repas, dans un verre d'eau sucrée, M. Berthier obtient le plus souvent un sommeil réparateur. Celte action hypnogène est i immédiate et bien préférable à celle de l'opium. Il a été facile de ' faire prendre ce remède à l'insu du malade, sans que jamais il soit résulté d'accident. (Soc. rnéd.-psijchol. et Journ. de méd. ment. , juillet.)
Aliénés gâteux. Frappé des inconvénients que laissent dans j leur emploi tous les moyens, plus ou moins dispendieux et i compliqués, mis en usage pour atténuer les effets nuisibles pour j ces malades de laisser échapper leurs ordures dans leur lit, M. Dagonet a fait préparer une toile caoutchoutée sur les deux j surfaces pour mieux y obvier. Il la divise, à cet effet, en alèzes longues et larges de 80 centimètres qu'il attache simplement aux deux bords du matelas. Une manche étroite et suffisamment longue est fixée au centre et traverse ainsi le matelas et la paillasse percés au milieu pour conduire les ordures dans un vase en tôle peinte, parfaitement vernissée et qui ne conserve aucune espèce d'odeur. Un drap recouvre le matelas et Talèze.
Pour entretenir la proprélé de ce lit, il suffit do remplacer le drap dp dessou'i et d'essuyer simplement l'alèze avec une éponge
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imbibée d'eau fraîche. Sur 110 lits organisés de la sorte à l'asile de Stépiiansfeld depuis près d'un an, ces alèzes n'ont encore subi aucune détérioration.
Ainsi plus de ces lits de paille à renouveler journellement et qui conservent de la mauvaise odeur, plus de ces lits durs et malsains. Tous les gAteu.x, grâce à ce système simple et: économique, peuvent coucher sur de bons matelas, qui préviennent les eschares, les excoriations, l'érythème pustuleu.x, si fré-. quents aulrefois. (Ann. méd.-psyc/iol. , iulUel.) '
Régime familial. En vertu d'une délibération du conseil 'vénérai du Hhônc approuvée par le ministre do l intérieur" le "29 janvier, le régime familial, comme il a lieu à Gheel en Belgique, est appliqué dans ce département. Par suite de l'encombrement de ces malades à l'Antiquaille, cent aliénés indigents dont l'état mental ne nécessitera pas la séquestration à Tasilê public par leur iiicurabililé et leur innocuité, seront successivement placés dans les familles moyennant indemnité Nul doute après cela que cet exemple ne se propage dans les autres fleparlemenls, ce dont il faudra s'applaudir à condition qu'une inspection médicale et administrative de ces malades ait lieu comme pour les enfants-trouvés. Faute de pouvoir leur rendre la santé morale, n'est-ce pas un devoir de leur assurer au moins celle du corps parce régime familial, cette vie au grand air un travail varie qui paraissent devoir la conserver et la fortifier bien plus sûrement que le séjour dans un asile. La complication SI fréquente do la tuberculisation, démontrée par les recherches précitées, en font encore mieux apprécier l'utilité et l'urgence bur la proposition du docteur Turk au conseil général des Vosges, et par suite de l'expérience tentée depuis deux ans par inspecteur, qui, après une observation de quelques jours, a hôpital d'Épinal, des aliénés adressés à l'asile, renJovait dans leurs familles tous ceux qu',1 jugeait dignes de cette mesure et en a vu ainsi le nombre diminuer de 48 à 1 o par année lé conseil général a décidé, dans la dernière session, que tous 'les parents des fous enfermés à l'hospice de Maréville seraient invites a les retirer moyennant une pension annuelle de 200 fr payée par le département. Si ceux-ci les refusent, en confier le plus possible à des familles de cultivateurs. Ainsi s'étend et «îp propage le régime familial. \
Traité avec de grands développements dans la II'" séanco 3u congrès de Lyon, ce principe du système familial a rallié la
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plupar'i, des orateurs, surtout après l'exposé simple et lucide que Bulckens, médecin de la colonie de Gheel, a fait de celte situation et des résultais obtenus. « Gheel est mal jugé, dit-il, parce qu'il est n)al connu » ; et le reproche que lui ont fait MM. Carrier, Motet, d'échapper à l'autorité du médecin ne le prouve que trop. « Ceux qui l'ont visité y sont restés trop pou de temps pour en prendre une idée suftisanle, et c'est ainsi que M. J. Falret , qui le juge et le condamne si sévèrement, n'y est resté que quatre jours. j>
Gheel est un gros bourg composé de quatorze villages ou hameaux, disséminés sur une étendue de neuf lieues, contenant une population de 11 000 habitants, répartis entre 2000 foyers. Sur ces 2000 foyers ou ménages , se trouvent 600 familles qui ont reçu le nom de nourricières, et auxquelles sont confiés les aliénés. Le pays est divisé en quatre sections médicales , ayant chacune un médecin et un chirurgien ; a la tête est un directeur général. [Tn asile bien tenu, pourvu de toutes les ressources thérapeutiques, occupe le centre de la colonie; les malades y sont reçus à leur entrée, on les examine , on les soigne, ils restent en traitement tant que fincurabililé n'est pas démontrée; on les place alors chez les nourriciers. Ces nourriciers ne sont pas, comme on l'a dit, des paysans et des pauvres : il y en a de toutes les classes ; rentiers , propriétaires , laboureurs, etc. Chaque malade est placé suivant «a condition, il ne sort pas de sa caste. Le nourricier est informé de tout ce qui le concerne; le médecin delà section est chargé de continuer le traitement. Si l'aliéné devient malade, s'il devient furieux, on le ramène à l'asile. On a dit que la science abandonnait les malades ; rien n'est plus faux: au lieu d'un infirmier chargé de soigner quinze on vingt malades, l'aliéné, à Gheel, est entouré d'une famille, quelquefois de cinq ou six personnes, qui tous l'entourent de soins assidus.
En dix ans, M. Bulclcens n'a vu, dans la colonie , que deux cas de grossesse chez des idiotes, et encore ce crime avait été commis par des gens étrangers au pays. Il n'y a eu, de môme, que 5 suicides, 1 par submersion, 4 par pendaison. La mortalité y est de 7 pour 4 00 ; dans les asiles, elle va à ■! 2 ou 1 4 p. 1 00. bans l'asile réservé pour ainsi dire aux incurables, on a obtenu, sur l'ensemble des malades, 18 pour 100 de guérisons, et 35 sur les entrées.
Aussi n'est-il pas étonnant, d'après ces détails, que des