‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 4)Chapitre 19 sur 127 · ANESTHÉSIE · texte numérisé non relu

ANESTHÉSIE

auleur : c'est que le diamètre antéro-posiérieur du détroit supérieur soit plus développé que le diamètre transversal, chez les nègres, conlrairement à ce qui s'observe dans la race blanche, tandis , qu'en réalité, la prédominance est transversale pour toutes les races humaines. Il y a donc lieu de corriger, à cet égard, l'assertion de tous les copistes de Vrolik.

Lectures on ihe éléments of comparative anatomy, on classi' ficalion, and on Ihe skull. — Leçons sur les éléments de fanatomie comparée, les classifications et le crâne, par Huxley, pro fesseur d'histoire naturelle à l'école royale des mines, d'anatomie et do physiologie comparée au collège royal des chirurgiens, ' ^ vol. in-8° de 303 pages et gravures.

New observations upun thc structure and formation of certain nervous centres. ■ — Nouvelles observations sur la structure et la formation de certains centres nerveux , tendant à prouver que les cellules et les fibres de chaque appareil nerveux forment un cercle continu, par Lyonel Beale, avec 17 gravures.

ANENCÉPHALIE. M. Demeaux (de Puy-l'Evéque) croit que les enfants conçus pendant l'ivresse sont fatalement atteints de quelque difformité. Dans la séance du 9 février, M. Velpeau a présenté de sa part un fœtus de ce genre conçu pendant l'ivresse du père, comme venant à l'appui de cette opinion. (A Cad. de merf.)

ANESTHÉSIE. Moyens d'éviter la sidération. Dans la succession habituelle, normale, physiologique, pour ainsi dire, de ses effets sur les divers organes, M. E. Simonin a constaté deux signes propres à faire éviter la sidération des fonctions circulatoire et respiratoire. Ainsi, la peau du front et des régions temporales ne devient insensible ordinairement que plusieurs secondes et même plusieurs minutes après que l'aneslhésie chloroformique a été constatée à celle des mains et des pieds. La différence est encore plus sensible par l'inspiration de l'éther, et quand l'introduction en est faite peramini, comme on s'en assure facilement par les piqûres de ces diverses parlies. La disparition de ces phénomènes a lieu en sens inverse. Dans la période d'excitation du système musculaire, la contraction des massélers apparaît également en dernier Heu, et lorsque déjà tout le reste de ce système est relâché; elle est ainsi l'indice d'un collapsus très-prochain de tons les appa-

GARNTER. 3

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ANESTHÉKIE.

reils, et surtout de ceux de la cifculalion et de la respiration L'ongine des ramifications nerveuses qui animent ces diverses parties explique, pour M. Simonin, ces différences et ces dangers. Il a constaté aussi que l'action sen^ilive des filets nerveux cutanés s'élëint bien avant 1 action motrice Fait bien important, puisqu'il résulte de ses recherches que l'anesthésie sous-cutanee n'existe nulle part tant que la sensibilité nVt pas eleinte a la tempe au moins depuis quelques secondes Une seule exception à cette loi s'est rencontrée en dix-sept années Le collapsus des masséters peut sans doute exister dans plusieurs cas sans que la vie soit compromise; mais pour le praticien, leur rigidité manifeste par le resserrement des mâchoires est une limite qu'il ne doit pas dépasser sans crainte Le trismus est toujours un signe rassurant dans l'intoxication chloroformique.

Ces signes sont importants à conslater, car s'ils traduisent comme le croit M. Simonin, les progrès de l'intoxication de la moelle allongée, on peut, en cessant la chloroformisalion, prévenir ainsi la sidération de la circulation et de la respiration c'est-à-dire la mort {Gaz. mcd., n° 13). D'après ces données! elle n'aurait donc pas lieu mécaniquement, ou par défaut d'air' comme l'ont soutenu quelques chirurgiens, et tout récemment M. Hergott (de Strasbourg).

Ancsthésie prolongée. Le professeur Nussbaum est le premier qui ait lenlé de suppléer à l'inlluence du chloroforme en pratiquant l'injection sous-cutanée d'une solution de 5 centigrammes d'acétale de morphine sur un malade qu'il opérait d'un carcinome de la région sous-claviculaire. L'opéré resta ainsi pendant douze heures insensible aux piqûres d'épingle aux incisions et même au cautère actuel, dormant et respirant tranquillement. Encouragé par ce résultat étonnant, il répéta cette tentative sur trois autres opérés avec le môme succès. Le sommeil dura huit heures après une résection de la mâchoire supéiieure, tandis que ces injections hors de l'état chloroformique avaient complètement échoué.

Pour s'assurer de la découverte, la Sociélé de médecine de Versailles chargea M. Rabot, pharmacien, de répéter ces expériences sur des animaux en présence d'une commission. Sur un premier chien, l'insensibilité ayant duré dix-neuf minutes avec le chloroforme seul, se prolongea jusqu'à trente-six minutes avec

ANÉVRYSMË.

line injeclion consécutive de 2 centigrammes d'acélale de morphine. Sur un deuxième, i'anesliiésie chloroformique seule avant, duré trente minutes, se prolongt^a une heure vingt-sept iiiinutes avec une injeclicn de 5 centigrammes, el jusqu'à cinq heures quarante-quatre minutes, dans une troisième expérience, en injectant 65 milligranmies. La prolongation de l'aneslhésie chloroformique au moyen de l'injection sous-cutanée des sels de niorpliiiio peut donc être regardée comme un fait constaté et définitivement acquis à la science.

Répétées sans aneslhéïsie préalable, ces injections morphinées n'ont amené qu'une ivresse, une torpeur momentanées [Union ! méd., n"" 23 et 60). Elles n'agissent donc bien que connne adjuvant anesthésique. Cette méthode peut rendre de grands ' services, non-seulement dans la jiralique chirurgicale, mais encore dans le tétanos, l'cclampsie, etc. Elle a été proposée aussi par M. Liégard pour faciliter l'emploi prolongé de la compression digitale contre les anévrysmes (voy. ce mot).

N'est-ce pas par anesthésie aussi que le chloroforme, l'opium à haute dose, la morphine, la nicotine, etc., amènent la résolution musculaire dans le tétanos ? En raison de la nécessité de la prolonger longtemps et des graves dangers qu'il peut y avoir, M. Desprez préfère produire l'ivresse alcoolique, qui agit de la même manière et produit le même effet, mais qu'il est facile de graduer et d'entretenir sans danger. Elle a réussi, en eiïet, dans un grand nombre de cas, et peut être employée avec succès, surtout chez les sujets adonnés, accoutumés aux boissons spiritueuses. Voy. Amputation, Tétanos.

En donnant l'extrait d'opium dix jours durant à la dose graduée de 5 à 50 centigrammes, M. Scrive put également disséquer une tumeur éléphanlique du scrotum sans aucune douleur apparente chez un Arabe à l'hôpital de Douera. 11 fumait son cigare et parlait tranquillement pendant celte opération [Gaz. des liôp., n" 67). Il est juste de tenir compte ici de l'aneslhésie cutanée morbiie, qui existe parfois dans les affections de ce genre, el aussi de l'idiosyncrasie du sujet.

Jj'éiher de pétrole est recommandé comme un excellent réfrigérant à cet effet; à prendre surtout en considération par son bon m <i relié.

Comme épreuve judiciaire, voy. Médecine légale. ANÉVJiYwSME. Sémiologie. D'après M. Begbie, le ren-

ANftVP.YSME.

forcement du second bruit aortique perçu au niveau des valvules aor tiques est un signe important des anévrvsmes de la cro s« de laorte. I3ien entendu que ce signe ne peut ôlre pe ."1 s, les valvules aorUques sont suffisantes. Lorsqu'il est rempE au bou de quelque temps par un souffle au deuxième Temps on peut conclure que la dilatation occupe la portion ascend^n ^ de Uorteet quelle s est étendue à sa racine' tëd

Des symptômes ordinairement étrangers aux anévrvsmes de 1 aorte commeuneextrêmedyspnée, la dysphagie, lenrouement peuvent exister et prédominer sur les sigies propres, au po n[ d obscurcir le diagnostic, quand l'une des branché du pneumogastrique est comprimée par ces tumeurs sanguines M Ha bershon l'a vérifié par l'autopsie dans quatre cas dont ila relate les curieux détails à la Roy. med. et chir. Society Celle compression est même la cause, selon l'observateur a*n-lais de congestion pulmonaire, de solidification du poumon, au pomt de produire des phénomènes phvmiques.

D'^aulres fois les signes essentiels manquent : l'impulsion, le souffle, le frémissement, etc. Dans un anévrvsme de la crosse observé par M. Moutard-Martin, la densité presque solide de la tumeur, malgré son volume comme les deux poings s'opposait à ces phénomènes. On pouvait admettre ainsi une tumeur du médiastin, soulevée par la crosse aortique, er raison de la voussure et de l'absence de soulèvement violent, d'expansion de frémissement cataire et de bruits anormaux. On pouvait aussi croire à un rétrécissement syphilitique de la trachée la dyspnée extrême, la dysphagie, l'altération de la voix qui tenaient à la déviation des nerfs phréniques par la tumeur, la compression de la trachée et du pneumogastrique. (Soc. méd.'des hôpitaux.)

L'exploration physique peut donc être insuffisante, la clinique seule peut éclairer à ce sujet. Il ne faut pas s'en laisser imposer dans le traitement par ces états symptomaliques, et ne voir que l'affection principale qui peut diminuer et se solidifier par l'usage interne de l'iodure de potassium, comme il en existe des exemples bien avérés dans la science.

Un exemple de ce genre, véritable phénomène, a été observé par M. Roger à l'hôpital des Enfants, en -1 863, chez un malade âgé de dix ans présenté à la Société médicale des hôpitaux. L'essoufflement remonte à cinq ans, et l'enfant jouissait autrement

AMÉVKYSME.

d'une bonne sanlé. Des accès de dyspnée, de suffocation, de plus en plus fréquents, avec menace d'asphyxie, sont les seuls accidents. L'anévrysnie produit une saillie des deux premières côtes gauchos à leur union sternrile. Les signes physiques existent, moins les battements et le frémissement caractéristique au loucher; ce qui semble indiquer une épaisse couche de concrétions fibrineuses à l'inlérieur du sac. C'est l'unique cas de ce genre relaté dans les annales de la science. {Union méd., n" "23.)

Diagnostic. A défaut de certains signes physiques, il peut être éclairé, dans les anévi'vsmes de la crosse de l'aorte, par l'emploi I du laryngoscope. Chez un malade accusant une douleur bi ùlaiile dans la poilrine et ayant rendu à plusieurs reprises quel(]uos j cuillerées de sang, ces signes coïncidant avec une voix faible, i rude et un bruit dans la gorge, M. Jackson fit examiniT cet organe au laryngoscope. La corde vocale gauche restant immobile |)endant la phonation, tandis ([ue la droite suivait les mouvements réguliers, il en conclut que le nerf vague était comprimé par une tumeur anévrysmale do la crosse de l'aorte, ce que l'autop^ie confirma exactement. [Med. Times, janvier et juin )

TnAiTUMENT. Compresaion. Elle a réussi pour la première fois sans doute contre un anévrysme de l'aorte alidominale, bien authentiquementconslatécheziin paveur âgé de vingt-six ans, qui, après un an de souffrances co'incidant avec un battement insolite dans le ventre, fut admis au dispensaire de Newcastlo. Les moyens palliatifs ayant échoué, M. Murray propose la compre.ssion avec le tourniquet. Le malade étant sous l'influence du chloroforme, elle est appliquée dès le 16 avril, pendant deux heures, sans qu'aucun accident en résulte, malgré l'arrêt du cours du sang dans la tumeur. Elle est renouvelé.-^ le -19, et après cinq heures de durée, sauf de courtes intermissions par le déplacement de l'instrument, on constate une diminution très-notable des battemenis. Il n'existe qu'un peu de frisson, de l'engourdissement et du froid aux pieds. Les pulsations n'ont pas augmenté dans la soirée, et le lendemain le malade est inquiet, avec un léger engourdissement des jambes et des picotements dans les pieds. Le docteur lloat, président de la société locale, apf)elé en consultation, constate l'absence des battements dans là tumeur, qui est dure, résistante, diminuée de volume ; l'aorte est également sans pulsations, ainsi que les artères iliaques. Le 21, le malade se sent mieux, sans réapparition des balle-

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