‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 4)Chapitre 27 sur 127 · ATAXIE LOCOMOTRICE · texte numérisé non relu

ATAXIE LOCOMOTRICE

admet au moins 50 exemples incontestables, M. Carré eu fait au contraire le signe palhognomonique. {Gaz. de Lyon, n° 15.)

Diagnostic. La lilubation, dit M. Duchenne, vertigineuse dans les atîeclions cérébelleuses, est asinergique, incoordonnée dans l'alaxie locomotrice; signe différentiel précieux en l'absence des douleurs fulgurantes propres à celle-ci, puisque l'afTaiblissement de la vue, la paralysie des nerfs moteurs de l'œil, la diplopie et l'impuissance peuvent exister ensemble ou séparément dans les deux affections. {Gaz. hrbd.., n°' 29 et 31.)

Faut-il aussi ranger sous ce titre l'observation singulière rapportée par M. Ladureau {/htll. méd. du A'or*/, juin) ? Des |faibleï-ses musculaires survenant d'abord subitement dans les membres inférieurs à un moment d'Iiilarilc et s'étendunt progressivement au cou, aux bras, se répétant plusieurs fois par jour à propos de la moindre émotion ; tiraillements, secousses dans l'état de repos, sont guéris deux ans après leur début par [l'usage graduel de pilules de 1 centigramme d'azotate d'argent, de 4 à 6 par jour, une heure après le repas. Une amélioration miinifeste a lieu quinze jours ensuite, et une légère rechute s'élant manifestée après la cessation du traitement, il suffit de le reprendre pour obtenir unegiiérison définitive.

Que l'on s'accorde ou non à voir là une ataxic locomotrice ou une simple névrose des nerfs spinaux, le résultat n'en est pas moins très-remarquable et plaide en faveur d'une action spéciale du nitrate d'argent sur le système nerveux.

Dans un cas d'ataxie locomotrice très-marquée, survenue à la suite d'un refroidissement, M. Matice diagnostiqua une lésion aiguë delà moelle ou de ses enveloppes, et employa en conséquence des ventouses et des vésicatoires volants en quantité sur le rachis. La guérison eut lieu, et ce fait rare le porte à se demander s'il y a deux espèces d'ataxie :■ idiopaihique et symplomaiique? {Gaz. des hôp. , n° M.) L'absence d altération des tubes nerveux et leur disparition, signalée dans l'aspect ramolli et lomenteux de la première, tendraient à faire admettre la seconde, surtout si le fait précédent était accompagné de plusieurs autres. .

M. le professeur Teissior a résolu cette question par l'affirnialive au congrès de Lyon. 11 a rallié ainsi de nombieux dissidents, en considérant h la fois cette maladie comme affection distincte, idiopathique, et comme symptôme de plusieurs lésions diverses, organiques et fonctionnelles.

A'i'AXll': LOCOMOTRICE.

TnAiTHMENT. Conformémenl à l'opinion de M. Trousseau le^ docleurDufay{floBlois) a obtenu un beau succès par I hydroliiérapie chez un ecclésiasiiqueâgé de cinquanle-quaire ans [Union , med. , n" 84). Assurément cette méthode compte aussi des> insuccès, mais il suffit qu'elle soit rationnelle pour remployersoit seule, comme dans le cas actuel , soit simultanément avec 1 azotate d'argent.

Examen microscopique de la moelle. Déjà MM. Vulpian et'l Charcot avaient constaté que la substance médullaire des tubes^ altérés se segmente en fines granulations graisseuses préalablement à leur atrophie, qui s'eiTectue comme dans la partiee périphérique d'un nerf réséqué. M. Cornil a confirmé celte altération sur une femme, traitée six ans auparavant pour une paraplégie avec douleurs en ceinture et douleurs fulgurantes dansi les muscles des membres inférieurs, amendée à la Charité parr des cautères. La paraplégie persistante rendait les mouvements • irréguliers, incoordonnés : jetant les pieds à droite et à gaucheet ne pouvant se tenir debout les yeux fermés, elle était venuj succomber ainsi à la Salpêlrière d'un cancer utérin.

La pie-mère spinale est adhérente, épaissie et opaque danssa partie postérieure. Atrophie des racines postérieures don-' nant suite à des cordons grisâtres et semi-transparents.

La moelle saine d'une femme du môme âge comparée avec celle-ci. préalablement durcie dans l'acide chromique, a montré des différences sensibles. En pratiquant des coupes transversales à l'origine des nerfs rachidiens, et mesurées au micromètre, tandis que le diamètre transversal était le même, l'anléro-postérieur fut constamment moindre d'un cinquième dans toute la longueur sur la moelle malade. Cette diminution portait uni- ' quement sur le diamètre antéro-postérieur des cordons postérieurs dont le rapport, mesuré avec la moelle saine, était moindre d'un tiers.

Des coupes horizontales montrent dans les faisceaux postérieurs des points arrondis, opaques, parsemés sur un fond transparent formé par des granulations grai.-seuses disposéf s autour d'un cylindre qui apparaît comme un point brillant au centre. Le reste de la superficie est forme de mailles étroites, do tissu cellulaire plus clair, laissant passer le cylindre pâle et ^atrophié des tubes nerveux. ■Verticalement, ces tubes nerveux sont rendus opaques par les granulations graisseuses qui les ; entourent. Le tissu environnant, coiistiluanl la majeure partie

Al'KUl'lNE.

des cordons poslérieur», offre des lignes parallèles pâles, vestiges des lubes alropliiés.

Ces lésions se rencontrent à côté des cellules nerveuses de la substance grise et celles des ganglions spinaux qui sont intactes. (Soc. de biol. et Gaz. méd., n" 19.)

ATÉLENCÉPIIALIE. Sons ce nom, M. Gintrac \)ere désigne les lésions congénitales de l'appareil encéphalo-rachidien résultant d'une fornialion insuffisante, incomplète ou irrégulière, et désignées autrefois sous celui d'iujénésie. On les appelle aussi atélies en spécifiant les parties affectées. Ainsi, il y a les atéiics mcniiKjicniu's consistant en l'absence de la faux du cerveau, de la dure-mère sur la base du crâne, etc.; les atélies cérébrales générales, ou altérations de volume, de forme, de consistance , de couleur, des deux hémisplières, et entraînant l'idiotisme et des imperfections sensoriales et locomotrices ; les atélies cérébrales centrales portant sur le corps calleux, le septum, la voûte à irois piliers, et qui n'ont pas toujours l'influence que l'on pouvait leur supposer.

Localisant ensuite ces lésions, M. Gintrac a montré Vatéiic cérébrale latérale comme l'une des plus fréquentes et dont il a recueilli trente cas. C'est tout un liémisplière amoindri, un lobe 'mal conformé, une ou plusieurs circonvolutions atrophiées troublant l'intelligence ou la motilité dans le côté opposé. L'atélie cérébrale antérieure est l'imperfection ou l'absence des lobes antérieurs donnant lieu au défaut d'intelligence et de parole seulement. Et de même des atélies cérébelleuse, mésocéplialique, rachidienne, etc.

^ Sur 85 observations rapportées de ces différentes espèces d'atélies, le sexe, noté dans 76, était masculin dans 33 et féminin dans 4 3. La vie s'est prolongée aux divers âges. Une maladie du fœtus, phlegmasie ou hémorrbagie, en était souvent la cause, et des collections séreuses enkystées remplaçaient des parties absentes. Une forme particulière du crâne correspondait à l'atrophie. Un défaut d'intelligence, d'exercice des sens et de la parole en a été le plus fréquent résultat, ainsi que l'épilepsie, les convulsions et la paralysie qui croisée, étant unilatérale! s'accompagnait de contracture, d'atrophie et de difformité des membres affectés. [Acad. des sciences, 4 avril.)

ATROPIXE. 'Voy. Empoisonnement,

AUSCULTATION

AUSCULTATION-, l^'ouveau Hié*l.««..ope' Pour nna lyseravec précs.on les baUemenls du cœur, M. Kœnig in a Ijme un auneau de bo,s de I 0 cer.tiruétre.s de diamètre, f.co vert les deux cotes de membranes de caoutchouc, qu'une ouver ure latérale dans i anneau pennel de gonfler par inhumation de mT ".ère a leur donner la forme d une lenliU;. On y adJote' 1 euré m. a d un tube de cuivre de 50 cenlin.ètres de long'^ ya t u ' p.slon mobile a l'intérieur qui renferme un tuyau decao ou" .les une a mettre la masse d'air comprise entœ la len.i le i inston en communication avec l'oreille. La membrane extérieure ams. gon ée, doit être appliquée et se mouler su/^ cc^^s ^noT; quil SHgit dexammer. Il en reçoit les vibrations, pour les ommun,quer a la membrane opposée, par l intermédiaire \l a r e^pnsonne. et celle-ci les transmet au tvmpan par la masse d air du tuyau. (.lc«d. des sc/TO.)

Bruits pleuraux. V. Phth

ISIE.

Murmure s«us-elaviculaîrc. Etudié il y a déjà lonc-emps par les observateurs anglais sous le nom de souflle arenel, comme signe initial do la plithisie, ce phénomène .ionl ongine artérielle a été mise hors de doute par MM. Latham, lUcbardson, Kirkes, est encore un objet de controverse, quant a sa valeur sémiologique. Las uns en font un signe de maladie orgauique des poumons et des artères, d'autres le regardent comme tout à fait indépendant. Suivant M. Kirkes Il est produit par la compression des dépôts tuberculeux sur les artères. Il existe, en effet, presque aussi souvent à droite qu'a gauche, immédiatement au-dessous de la clavicule, près de son extrémité humérale variant en intensité et en timbre, non-seuement. suivant les individus, mais d'un jour, d'un moment à 1 autre çur le même sujet, changeant de caractère sous l'oreille et disparaissant même instantanément. Parfois extrêmement doux, il est râpeux et très-éclatant d'autres fois. Il était si prononcé dans un cas observé par M. Kirkes, que I on crut à un anevrysme. Son intensité est souvent en rapport avec les mouvements respiratoires, et le maximum en est ordinairement à la fin de l'inspiration ou au commencement de l'expiration. On ne l'entend même qu'à ce moment chez certains sujets. 11 est aussi plus intense quand l'action cardiaque est énergique que lorsqu'elle languit.

AUSCULTATION

Ainsi s'explique ce souffle en l'absence de tout autre bruit analogue par la compression de tubercules sur des vaisseaux ar'ériela, et sa production au début de la phlliisie. alors que ces concrétions sont solides et dures. Une observation de Hope, suivie d'aulopsie, vient même à l'appui de celte interprétation. Son absence toutefois n'autorise pas à conclure à celle de tubercules, car leur siège, leur état, peuvent ne pas réaliser les conditions palhogéniques de sa production. {Med. Times and Gaz.)

Médecin de plusieurs sociétés ouvrières de bienf.iisance, et l'ayant rencontré chez plusieurs membres lors de leur examen d'admission, M. Palmer a été amené ainsi à en étudier l'origine let la valeur. Sur 129 ouvrier?; de toutes professions dont il donne la liste, et examinés en parfaite santé, il l'a rencontré 7 fois à droite, 17 fois à gauche et 13 fois des deux côtés, soit sur 37 sujets ou plus du quart. II est donc indépendant de la maladie, bien qu'il puisse coïncider avec elle; et pour montrer qu'il n'en est pas un signe, l'auteur s'attache à prouver son origine toute mécanique : le frottement de l'artère par le muscle soos-claviculaire, ou la diminution de son calibre par l'élévation de la première côte. C'est ain>i qu'il s'entend surtout dans l'inspiration, d'auiant plus intense qu'elle est plus profonde, dimmue ou augmente pour l'élévation du bras, et s'observe plus souvent à gauche qu'à droite, piécisément en raison de la disposition anatomique spéciale de l'artère sous-clavière du côté gauche.

D'autres causes agissant dans le même sens sont d'ailleurs évidentes. Certains travailleurs, dont le développement du muscle sous-claviculaire est augmenté par le fait même de leurs occupations, présentent ce murmure d'une manière contradictoire. Sur 7 forgerons examinés, 3 le présentaient à gauche, tandis qu'il n'a pas été rencontré chez "2 scieurs; et sur 9 charpentiers, 3 l'ont présenté d'une manière différente. Mais l intluence de l'élévaiion du bras à angle droit avec le tronc ne peut néanmoins être mise en doute dans la production de ce phénomène.

Qu'il augmente ou non ppudant l'inspiration, des précautions sont a prendre pour ne pas le confondre avec le murmure vésiculaire. Le murmure stéthoscopique peut aussi induire en erreur à cet égard ; mais il est aité de la prévenir en ne cherchant pas ce murmure au-dessous du centre de la clavicule- c'est

'2 AUSCULTATION

dans sa porlion externe où l'artère émerge de dessous l'os, que M. Palmer a pu le produire à volonté. Un examen prolongé faLigant pour le sujet en augmentant la fréquence et la force des baltemenls cardiaques, le rend aussi plus intense et confirme ainsi sa nature arlérielle. {Lancet, p. 379.)

Souffle bronchique. Suivant deux faits rapportés par M. Dumenil [Unwn médicale de la Seine-Inférieure) il neut êlre déterminé par I hypertrophie du ventricule gauche dans la partie correspondante par la compression que subit le poumon On entendait ainsi un souflle caverneux avec retentissement de la VOIX sans timbre égophonique. L'absence de râle et de gargouillement peut, sans doute, éclairer le diagnostic- mais chez les vieillards ou lorsque le médecin est appelé pour des afïeclions pulmonaires, il peut ainsi se méprendre sur la -^ravué du cas. On doit donc tenir compte de celle particularité dans l'hypertrophie cardiaque.

Voix soufflée. Variété de la respiration avec souffle bronchique ou caverneux, distincte du bourdonnement vocal de la bronchophonie, de l'égophonie, elc, et décrite par M. Woillez à la Société médicale des hôpitaux, le 22 juin. C'est une saccade soufflée se produisant sous l'oreille de l'observateur, après que l'oreille libre a perçu l'articulation vocale. Elle a lieu dans toute sa simplicité quand le malade parle bas, et devient surtout manifeste en lui faisant articuler haut des monosyllabes. Ce souffle saccadé répond alors comme un écho aux sons articulés.

Sans être rare, elle n'accompagne pas constamment le souffle respiratoire. Elle s'est rencontrée dans la pneumonie, la pleurésie, les tubercules crus ou les vastes cavernes, la gangrène du poumon, la congestion pulmonaire, elc. M. Woillez explique ainsi la pecloribquie avec ap/ion/e, signalée sinon décrite par Laennec ; la voix basse mystérieuse de M. Fournet; la voix caverneuse éleinte de M. Roger, et le chucholement de Skoda; mais il en repousse l'interprétation. Ce phénomène résulte, d'après lui, de l'air profondément confiné dans le poumon plus ou moins compacte, hépatisé, et progressant par saccades à l'intérieur, de même qu'il en sort par la glolte. De là le double son produit successivement. Dans le pneumothorax avec fistule, la voix soufflée est ainsi remplacée par le tintement métallique à la fin de chaque syllabe. La voix soufflée indique donc les parties du poumon encore perméables, ou du moins

BAINS Dli MEIl.

c'est là ce que semble devoir indiquer ce phénomène de la voix foufdée. {Union niéd., n° 88.)

Yajsfînoscopc. Le souffle placentaire étant, à l'exclusion de tous las autres signes de la grossesse, le seul infaillible pour la constater au début, et l'auscultation abdominale ne révélant ce signe précieux qu'à la fin du quatrième mois et souvent plus tard, le docteur Routh, médecin de l'hôpital de la Samaritaine à Londres, a tenté de le percevoir plus tôt en appliquant l'auscultalion immédiate sur l'utérus. A l'aide d'un instrument, espèce de slélhoscope, simple ou double, adapté à un spéculum, il ausculte, en ellét, immédiatement dans le pourtour du col, et I il a pu ainsi percevoir le souffle placentaire dès la sixième sej maine, dans un cas. Sur 8 autres, il l'a perçu 2 fois à 7 semaines, 4 fois à 9, \ fois à 10, 1 fois à 1-2 et 3 fois à i 3. Jusqu'ici le bénéfice ne serait encore qu'excpptionnel, mais il est permis d'attendre plus de succès du perfeclionnemenl de ce nouveau moyen d'investigation et de l'habitude de son emploi.

Le premier souflle entendu, général, sourd, interrompu par les pulsations des vaisseaux, est difficile à décrire. C'est un murmure vésiculaire intense ressemblant au souflle jjlacentaire commençant. On l'entend de la sixième à la neuvième semaine généralement. Il est mieux caractérisé quand le placenta est inséré près du col. Le souflle placentaire ordinaire s'enlend, en général, vers la neuvième semaine. Quand il n'y a pas grossesse, on perçoit le pouls vaginal ou le bruit cardiaque, ainsi que ceux dos intestins qui sont transmis par l'utérus et parfaitement entendus. Ceux-ci no sont jamais sensibles chez les femmes enceintes, ou lorsqu'il existe une tumeur fibreuse dans 1 utéi tis. Dans ce dernier cas, le murmure est lubaire et non vésiculaire, et souvent même accompagné d'un bruit de frottement {tlirill.)

Elude nnatnmique, plnisiologiqtte el clinique sur rauscullalion du poumon chez les cnfanls, par le docteur A. Sabatier, chef des travaux anatomiquos à la Faculté de médecine de Montpellier. ln-8" (le 200 pages.

lîAIXS DE MER. Pour aider la réaction qui se fait si péniblement chez les personnes dont le sang n'a pas la richesse

ni:i.i.Ai)()NE.

normale, M. Foubeil coiisoillo avant le bain une pe^ilo promenade, de manière à arriver au bord de la mer avec un peu d'excilalion, sans toutefois provoquer la transpiration ; faire usage d'un peignoir de laine pour entrer et sortir de l'eau ; se mettre les pieds dans un pédiluve tiède ou chaud après le bain, et s'il y a un frisson violent, appliquer quelques fomentations chaudes aux cuisses et aux aisselles ; boire une gorgée de vin sucré ; s'habiller promptemenletse promener autant que possible au soleil. L'instant de la journée le plus favorable pour le bain est l'aprèsmidi ou du moins lorsque le soleil est déjà très-élevé au-dessus de l'horizon ; mais le point essentiel est la durée du bain, il faut qu'elle soit en rapport avec les ressources vitales réagissantes, et chez les personnes chlorotiques si mal partagées de ce côté, on doit fixer rigoureusement le temps du séjour dans l'eau à trois minutes pour les premiers bains.

Si, malgré ces précautions, qui réussiront dans la plupart des cas, la réaction faisait défaut chez quelques malades, il faudrait d'abord interdire momentanément les bains, conseiller desimpies règles d'hygiène, et attendre l'effet que doit produire le séjour sur le rivage de la mer, au milieu de cette atmosphère marine si tonique et en même temps si excitante. Puis, on pourrait commencer par faire prendre des bains de mer chauds, dont chaque jour on abaisserait la température jusqu'à on degré voisin de celui de la mer, et quand ces bains seraient bien tolérés, essayer des bains à la lame, dont la durée devrait être l.rès-limilée. Par celte manière de procéder, on arrivera, dans la généralité des cas, à obtenir une réaction de plus en plus franche et rapide, ce qui est un point très-essentiel de la balnéation marine. (iUed. contemporaine.)

Des bains de mer chez les enfants, par le docleur Brochard. Un volume in-1 8 de 268 pages, dans lequel on trouve de sages conseils, pour les gens du monde, sur l'utilité de ces bains, et les règles à suivre pour leur emploi, le choix de la plage et l'hygiène des enfants sur les bords de l'Océan.

Thermœ Romano-Britannicœ . Description des bains romains trouvés en Italie, en Angleterre, en France, en Suisse, etc., avec des notes sur les mosaïques et les peintures qui les décoraient, notamment ceux de Titus et de Constantin, par le docleur Wollaston. Londres, C8 pages in-4°.

BEfXADONE. M. Socquet en explique les bons effets dans

BLE.NINORHHAGIR.

l'angine rubéolique par son action astringente sur les vaisseaux capillaires, démontrée, dès 1 85S, par les éludes microscopiques (le Wharlon-Jones sur le mésentère de la grenouille. Sous son inniience, on voit en eiïel les muqueuses so de«séclier et pâlir. De là, sécheresse, soif, aphonie, etc. ; de même que par ce resserrement des capillaires, on prévient J'aggravalion de l'angine ou de la laryngite. Depuis plusieurs années qu'il en fait usage dans ce cas, M. Socquel n'a jamais eu à coniballre les suiles graves de ces atreclions. {J. de méd. de Lyon, sept.)

BLEA'NORRIIAGIE. Au copahu trop souvent infidèle, M. Betoldi substitue Yacélale de polasse à la dose de 8 grammes ' par jour dans un véhicule quelconque. S'il ne tarit pas ainsi l'écoulement, il recourt aux injections suivantes trois fois par jour :

^ Borate de soude 2 gram.

Eau 2iO —

Elle apaise l'irritation au lieu de la provoquer, et tarit les écoulements, môme la blennorrhée vaginale. [Rev. méd.-cMntrq. )

Pennaiiganato de polasse. M. Rich l'emploie en injection : i 30 cenligrammes pour 30 grammes d'eau, trois fois par jour, après l'usage préalable de la poudre suivante :

Bitarlrate de pcitassc Poilopliylline. . . . ,

Mêlez. Divisez en quatre paquets, dont on prend un toutes les heures jusqu'à action purgative.

Sur soixante-quatre cas traités ainsi, il n'y a eu que deux insuccès. Dans aucun, l'injection n'a dû être continuée au delà (lu quatrième jour. Le plus souvent la guérison était complète en qnaranle huit heures. {Canada Lanccl et Edinb. med. Journ., sept.)

11 est important de savoir, à cet égard, que ce sel est incompatible avec toutes les manières organiques, et ne peut être dissous que dans l'eau distillée pure. Mis en contact avec la glycérine, une violente réaction a lieu instantanément avec production de chaleur et projection du produit. [Bull, de Ihérap., mai.)

110 cenligr.

76 RUOMURE h\i POTASSIUM.

Mémoire sur les abcès hk'iinorrhacjiqm's, par le docteur Cli Hardy, ancien interne de l'hôpital des Vénériens de Paris eV In-S», trois planches gravées sur bois. '

BLEPIIARITE. De nature ordinairement herpétique, quand elle atteint la région ciliaire, celte alTection est des plus re belles. Les ulcérations du bulbe amènenl la chute des cils ce qui rend les yeux chassieux et très-sensibles à la lumière ' Le contact des deux paupières pendant la nuit entretient le mal et devient un obstacle à la guérison, un corps intermédiaire ne pouvant être placé entre elles sans gêner l'œil. On a employé avec succès le badigeonnage iodé, c'est-à-dire auau moyen d un pmceau à miniature trempé dans une solution de partie égale d'eau distillée et de teinture d'iode, on promène, légèrement, et plusieurs fois, sur le bord de la paupière débarrassée des croûtes. Il est essentiel d'éviter le contact avec la conjonctive, et, pour cela, il faut attirer la paupière supérieure, tandis que l'œil regarde en bas, et vice versa.

BROMURE DE POTASSIUM. Puissance sédative. Il n'est plus considéré comme un spécifique agissant empiriquement contre la diphthérite, la pholophobie, la spermatorrhée et les érections nocturnes, par exemple. A mesure que l'usage s en répand, sa puissance sédative est mieux appréciée et se généralise. En l'employant ainsi, à cause de son action élective sur la muqueuse de l'arrière-gorge, contre l'angine granuleuse ou glanduleuse des phlhisiques avec un succès prompt et constant (voy. Phthisie), m. Gubler a pu en étendre l'usage avec un é^-al succès à toutes les affections douloureuses de cette partie indépendantes de la luberculisation : l'œsophagisme, la dysphao-ie l'herpès guttural, en ont été promplement améliorés, aussi bien que la loux férine, quinteuse, spasmodique de l'hystérie de la phthisie, etc. Il agirait probablement de même contre la coqueluche, à l'instar du bromure d'ammonium qui réussit si bien dans ce cas. Cette action locale a été utilisée aussi pour modérer l'irritabilité, l'excitation de cette partie dans le cas d'examen laryngoscopique ou d'opération dans celle région.

Ce n'est pas davantage par une action spécifique anaphrodisique qu'il agit sur les organes génitaux, qu'il calme et tempère les appétits vénériens surexcités. Celle action sédative, hypo- Sthénisanle, s'étend à tout le système nerveux. M. Debout, vou-

lant aneslhésier l'urèllire dans un cas de rétrécissement, pour dilater ce canal sans douleur, prescrivit la solution suivante:

Bromure de potassium io gram.

Eau distillée 100 —

Le malade en prit une cuillerée à bouche dans un verre d'eau sucrée quairo fois par jour, soit 4 grammes de bromure, et s'injecta avec la même solution, le matin pendant trois jours. Le succès fut complet : le canal devint insensible au contact des sondes, et, de plus, ce jeune homme qui, depuis un mois était privé de sommeil, avait à peine [)ris deux cuillerées do la solution qu'il dormit toute la nuit suivante, sans éprouver au réveil la moindre sensation de malaise ou de pesanteur de léte.

Chez un médecin soulîranl beaucoup d'une névralgie du col vésical, M. Debout lirescrivil la solution précédente qui le débarrassa complètement de ses souflVances. [Bull, de Ihérap.)

La choréeen a été heureusement modifiée (voy . Ciiorék). Sous son innueiice, le docteur Jones a vu cesser des convulsions paraissant liées à la dentition chez trois enHints. Il a également réussi chez une jeune épileptique, et les applications suivies qu'en a faites M. Williams sur 37 aliénés de l'asile de Norihamplon, 1 9 hommes et 1 8 femmes, à la dose de 50 centigrammes deux fois parjour, montrent son action évidente contre cette effroyable névrose. Une diminution des accès s'en est suivie dans la plupart des cas ; chez 7 seulement, ils furent augmentés. Ainsi le nombre total de 2139 accès observés pendant cinq moi^ se réduisit à 1 676 pendant les cinq mois de traitement. l)e 1 01 2 chez les hommes, avant le traitement, ils sont tombés à 706 pendant l'emploi du bromure : difTéreiice, 306 ; tandis que chez les femmes, de 1127 avant, ils ne se sont abaissés qu'à 970 pendant : différence, 1 57 seulement. Les hommes en ont donc plus bénéficié que les femmes; ce qui tend à infirmer la proposition du docteur Mac Donnell : que ce médicament convient particulièrement contre l'éiiilepsie liée à un trouble des organes génitaux, la menstruation par exemple, les excès vénériens, etc. Voy. Épiu'Psie.

Dans aucun cas, du reste, la guérison n'a été définitive. Des troubles gastriques et une lassitude générale se sont manifestés chez la plupart de ces aliénés au début du traitement, au point de faire diminuer la dose du bromure. Sept d'entre eux — no-

unUMUUE Dli l'OTASSlUM.

tammcnl ceux qui eurent une augmenlalion des accès — ,,r.i senlerent un aiïaiblissemenl des contactions du cœur Iv,' irrégularité, yeux moins brillants, rofroi.iissemont de la ,,oau avec sueurs froides; langueur, anxiété, céphalalgie, nau e'es frissons faiblesse dans les genoux (l\hd. Times imilèi n sT{ Preuve évidente qu'il n'agit pas spécifiquement contre ceUe névrose, mais en calmant le sysième nerveux surexcité Le professeur Percy (de New-York) l'a employé avec succès contœ un delermm iremcm que l'opium à h u.le dose ne pouvait calmer depuis trois jours {Amer. Times, ,aùl). Aussi est-il dangereux d en commuer I usage chez les malades déjà asihéniés, comme c ela, sans doute e cas che^ les sept épileptiques précités. Il est alors un hypot enisant fatal, et cesl pourquoi il est nécesaire de surveiller 1 action de ce médicament

M. Gubler en a obtenu aussi des bienfaits dans les affections caractérisées, soit par la congestion de l'encéphale, soit par la force exciio-motrice de la moelle, alors que le. moyens plus usités, I arsenic, la belladone, l'atropine, avaient échoué Un malade avait des bouffées congeslives à la tôle, des vertiges et des palpitations se rai tachant à des fatigues intellectuelles prolongées ; chez un second, ces symptômes coïncidaient avec une surexcitation générale et un vérilable priapisme, et chez un médecin distingué atteint de névrose généralisée avec diabète • tous trois en furent soulagés d'une manière remarquable Une paralysie spinale, avec contracture tétanique, en fut aus^i améliorée. [Bull, de //(p'rap., juillet.)

Celte puissante sédation sur le système nerveux l'a fait considérer comme un narcotique par M. Garrod, dans ses récentes leçons sur la pharmacopée anglaise, ce qui semblait confirme par cette remarque de M , Brown-Séquard qu'administré à haute dose, il produit l'assoupissement sans congestion vers la tête, ni constipation comme le fait l'opium, auquel il paraissait ainsi supérieur. M. Behrend cite comme venant aussi à l'appui de cette opinion, le fait de deux gentlemen de trente-six et quarante ans qui, par chagrin d'une part, souci et fatigue des affaires de l'autre, avaient totalement perdu le sommeil depuis plusieurs semaines. Nerveux, irritables, ils étaient sans cesse préoccupés de leur idée fixe. 25 grains, soit 1 gramme environ de ce sel prison trois fois dans les vingt-quatre heures avant le repas, suffirent à faire cesser tous les accidents, en amenant aussitôt un sommeil calme, exempt de rêves et d'hai-

BUOMUKE DE PU l'AbblLUM . 'y

lucinalions, naturel et réparateur. {Médical Times, p. 607.)

En verUi de ces effets obtenus sur lui-même, M. Debout en a fait un nouvel hypnotique : « Toutes les fois, dit-il, qu'à la » suite de contention d'esprit par trop prolongée, j'éprouve de » l'insomnie, je prends le soir avant àp me coucher, un verro » d'eau sucrée contenant 1 gramme de bromure, et le sommeil » ne tarde pas à venir. Un confrère, à qui je l'ai prescrit, a » été obligé d'y renoncer à cause du sommeil profond qui en » résulte pendant la nuit et un état de somnolence durant toute » la journée suivante. C'e.st le sujet le plus impressionnable )) que j'aie rencontré. » [Loc. cit.)

M. Beloldi assure avoir obtenu constamment les mômes oiïels avec l'iodure à la dose de 60 centigrammes par jour quand l'insomnie est indépendante d'une lésion des centres nerveux {Ann. di mediciivi). Hien de semblable n'avait clé observé jusqu'ici.

Les recherches et les expériences thérapeutiques, répétées de M. Guhler avec cet agent, ont détruit cetle illusion ; le mystère est éclairci. Ce n'est que par une s^édation profonde qu'il dispose au sommeil. Des phthisiques tourmentés par la toux et les sueurs malgré rem()loi de l'opium ne l'ont obtenu qu'il ce prix. Dans deux cas d'alïïxlion organique du cœ\ir avec précipitation et intermittence du pouls, anxiété précordiale, dyspnée, anhélation, le savant médecin de Beanjon a pu ainsi régulariser la circulation et la faire tomber de 108, 110 |)ulsations, à 76, 7S, et diminuer la dyspnée. A l'hôpital Saint- Louis, M. Lailler l'a trouvé également favorable contre l'hypercsthésie des affections cutanées.

Tout se réunit donc pour faire de ce sel un puissant modérateur de l'excitabilité nerveuse. M. Vigoureux en fait ainsi le remède par excellence des névroses, de l'état nerveux ou nervosisme si commun chez les femmes des grandes villes, dont la cause lui pamît être l'excès de vascularité d'une partie des centres nerveux. Or, le bromure do potassium ayant pour effet de diminusr cette vascularisalion, il se trouve ainsi l'antidote, pour ainsi dire, de cet état [BuU. de ihèrap., sept.). Sa présence dans certaines eaux minérales explique ainsi leur action sédative, et peut être utilement mise i\ profit aujourd'hui en connaissance de cause. Son antagonisme avec d'autres composés excitants, et notamment les iodures, auxquels il est si fréquemment réuni, en neutralise l'action, etpeutainsi en modérer, en

nuONCIllTE.

alténuer et môme annihiler Teflet thérapeutique. 11 convient donc de ne pas l'associer, si ce n'est à dessein, à ce dernier molalloide dont il est l'antidote. Voy. Iode.

Des divers bromures, celui-ci est exclusivement employé bien qu en raison de la tolérance plus grande de l'économiè pour les sels sodiques qui entrent en si forte proportion dans la composition de nos tissus et de nos liquides, l'emploi du bromure de sodium semble mieux justifié. En Angleterre, l'usage du bromure d'ammonium est assez répandu. Quoi qu'il en soit administré à la dose de 2 grammes par jour dans une polioii gommeuse ou de l'eau sucrée, en deux ou trois prises, le bromure potassique a une saveur salée, piquante et une âcrelé même pénible, surtout si la muqueuse buccale ou gutturale est le siège d inflammation, et, à plus forte raison, d'excoriations. Il produit aussitôt une sédalion marquée du système nerveux sensitivo-moleur, qui a son action élective plutôt sur le tégument interne que sur l'externe, et s'adresse spécialement à la muqueuse de l'isthme du gosier, du pharynx et à celle des voies génitales.

BRONCHITE. Chlorate de potasse. Par un effet analogue à celui qu'il exerce dans la stomatite simple ou mercurielle pour tarir la salivation, la sphère d'action de ce médicament s'étend à toute la muqueuse enflammée de l'arbre bronchique. Employé par M. Laborde dans la bronchite idiopalhique aiguë à ses divers degrés d'intensité et de généralisation, et dans la bronchite chronique catarrhale, il a constamment et très-rapidement modifié l'expectoration qui devient d'abord plus diluée, puis diminue d'abondance et se tarit bientôt. Il y a simultanément diminution presque immédiate des bruits morbides, amendement de la toux et excitation particulière de l'appétit, comme six observations recueillies à la Charité, et rapportées comme exemples, en fournissent la preuve.

La dose journalière est de « grammes qu'il faut dissoudre dans une assez grande quantité de liquide, soit un julep gommeux. On peut même doubler celle dose en en surveillant l'usage : car, dans certains cas, il produit des coliques, de la diarrhée {IJull. de (hérap., octobre). N'esl-ce pas dans des cas analogues, pris pour des exemples de phthisie, qu'il a été préconisé dans celle maladie?

Contre I hypersécrétion bronchique, M. Greenliow emploie.

BKULUKES.

depuis cinq à six ans, la teinture d ecorce de mélèze préparée avec les couches internes. A la dose de 20 à 30 gouttes dans une potion tonique, il en a obtenu les meilleurs résultats.

BRUITS PLEURAUX. Voy. Phthisie.

BRULURES. Aux nombreux corps gras vantés en pareil cas, M. Packard (de Philadelpiiie) ajoute les bardes de lard frais ou désalé, dont il couvre les brûlures récentes. Mêlé au céral quand elles sont Irès-élendues, il produit la même sédation. [Amer. med. Times.)

A un tout autre point de vue que M. Baraduc, qui préconise les bains prolongés à une température do 28 à 30 degrés contre les grandes brûlures superficielles, M. Vanderlaelen emploie la chaleur sous forme de bains locaux, de lotions, de compresses et de pansements pour diminuer la douleur. Ce moyen lui a paru plus sédatif que le froid dans deux cas. [Journ. de mèd. de Brux., avril.)

C'est la teinture d'iode pure et concentrée que le docteur Hoffmann emploie en Californie, il diminue do moitié la suppuration et les souffrances dos malades. [San Francisco med. Press.)

Une solution de nitrate d'argent, 50 à 7o centigrammes sur 30 grammes d'eau que l'on étend immédiatement i-ur les parties brûlées pour calmer la douleur, comme le recommando M. Skey, a parfaitement réussi dans un cas très-grave : « Je no sens plus de douleur, dit aussitôt le malade; et il s'endormit. [Amer, med. Times, n" 20.)

Quand elles sont limitées et au premier degré, le colIo;iion calme immédiatement la douleur, et par la soustraction du contact de l'air, modère l'inflammation et en abrège ainsi la durée. Le docteur Munde en a éprouvé ainsi les bons effets sur luimême. [Amer. med. Times, p. 149.)

L'alcoolaturc chaude de feuilles de noyer produit un aussi bon effet contre la brûlure du premier et du deuxième degré, selon M. Marly, que la teinture d'orties employée par les Américains. Ce pansement détermine une vive douleur qui se calme bientôt et tarit ces suppurations interminables si redoutables pour les brûlés.

Brûlures avec le phosphore A( quérant plus do gravité

par l'absorption do cet agent vénéneux, c^est surloat à bien laver la partie briiléo avec l'éllior ou le sulfure de carbone qu'il fauts'apphquer jusqu'à ce qu'il n'apparaisse plus de traînées lumineuses dans l'obscurité. (J. de méd. de Lyon.)

BUBOrV. Après un examen comparatif des diverses mclhorJes de traitement, M. Martialis, chirurgien de marine, donne la préférence a la ponction sous-cutanée. Elle lui a donné un con slant succès, en ayant la précaution d'opérer dès que la fluctuntion est manifeste, et que la peau a conservé son épaisseur et sa vitalité. Muni d'un bistouri à double tranchant de 6 à 8 millimètres de largeur, auquel on fait suivre un trajet sousculané de 2 à 3 centimètres jusqu'au foyer purulent, on a soin tout en se préservant d'une exagération qui pourrait être funeste, de ne point cheminer trop superficiellement sous la peau dont la nutrition doit être sauvegardée si l'on veut mener à bien ce mode opératoire. Le pus s'écoule immédiatement et l'on en facilite l'issue par une légère pression continue, douce, méthodique, maintenue par un spica de l'aine. Au bout du troisième ou du quatrième jour, les parois se sont recollées à l'abri de l'air, la petite plaie est cicatrisée, et bientôt c'est avec peine qu'on retrouve l'endroit de la ponction. C'est une variété, comme on le voit, des ponctions simples et multiples de Vidai (de Cassis).

Quand celte ponction est faite tardivement et que le fover est très-vaste, des injections iodées, aidées d'un pansement rompressif, sont nécessaires pour l'adhésion des paroi.-. (^Abeille méd. , n" 44. )

Avant la pério.le de suppuration, les vésicatoires, suivant M. Ambrosoli, sont, au contraire, le moyen préférable pour les bubons sympathiques ou symptomatiques et les engorgements glandulaires. Employé dans un très-grand nombre decasaugrand hôpital de Milan, il a reconnu que ce moyen en abrège la durée et prévient les accidents des autres méthodes. Il expose pourtant, dans les bubons virulents, à convertir la plaie t-imple en plaie syphilitique par le suintement du pus qui se forme inévitablement à travers les pertuis cutanés. Dans les adcnopatliies mixtes, associé an traitement mercuriel, il active l'absorption des exsudais pathologiques. Tels sont les résultats obtenus en le réappliquant deux, trois et jusqu'à cinq fois, en raison du degré et de la nature de l'adénite, en pansant avec un onguent

CAINCKU. o-'

raTraîchissant le premier jour, puis avec des pommades épippasliques, (Gazz. med. lomb.) Voy. Syphilis.

CALCULS. Moyens d'extraction Une femme (le trentesept ans, souffrant du côté des voies urinaires depuis quatre ans, se pré^enle à l'hôpital Saint-Jean de Bruxelles, le 28 juin 1 861 . En pratiquant le cathélérisme, M. van Hoeter trouve le calcul engagé dans i'urèthre. Aussitôt il saisit une pince à pansement pour l'extraire; mais la résisianro de l'orifire externe s'y oppose ; il fait alors une incision de chaque côté avec des ciseaux, et un calcul ammoniaco-magnésien, gros comme un œuf de pi- I geon, est facilement extrait. La femme sort guérie quatre jours 1 après. L'indication était aussi simple que l'exécution a été rationnelle, et ce fait montre une fois de plus l'exlrôme dilatabilité do I'urèthre chez la femme. [Acad. de mhi. de liekj.)

Aussi la moyenne grosseur de ces concrétions on de tout autre corps étranger n'est pas une contre-indication pour en tenter l'extraction par la dilatation de l'urèlhre. 'Voy. Uiiéthrotomie.

Récidives. L'incruslalion, le placage pour ainsi dire de la membrane nuiqueuse vésicalo |)ar des sels pliosphatiques, en est, selon M. Mercier, la plus fréquente, après la lithotrilie comme après la taille, lùi se détachant, elles deviennent de nouveaux noyaux de pierres, d'autant plus que la cause qui les produit, l'alcalinité de l'urine entretenue par la néphrite, continue à subsister. Il conseille donc, quand ces symptômes existent, do se mettre en garde contre cette récidive par des irrigations, des injections d'eau légèrement acidulée avec quelques gouttes d'acide chlorhydrique ou nitrique. [Acud. do mcd.)

Traité pratique dr la gravclle cl des calculs urinaires, par le docteur Leroy (d'Étiolés) fils. Première et seconde parties, 1 86:^-1 8C)5. Un vol. in-S" do 300 pages, avec 120 gravures.

(ÎA^'CEU. Appelé à faire l'ablation d'une tumeur cancéreuse du côté droit du cou derrière la ni;>c!ioire inférieure chez un homme do trente six ans. M. Boyer (de Samtes) pratiqua préalablement la ligature de la carotide primitive à cause des battements des artères qui se rendaient dans cette tumeur.

CANCliH.

Néanmoins, leur calibre élail rétabli par les anastomoses dès le cinquième jour. 11 opéra loulefois le dixième jour par l'écrasement linéaire, ce quin'cmpôclia pas une hémorrhagie en nappe i.ssez abondante; mais quatre jours après, l'opéré succomba subitement comme frappé d apoplexie, et probablement, selon l'auleur, à un épancliement inlra-crûnien, auquel la ligalure ôe la carotide n'était peut-être pas élrangère. (Soc. de cliir.)

Dans un cas analogue, chez un homme de soi.xante-dix ans, le docteur Conant, président de la Société pathologique de New- York, trouvant Tarière carotide et la veine jugulaire enclavées dans la tumeur cancéreuse pendant l'opération, n'hésita pas à poser des ligatures en masse au-dessus et au-dessous de la tumeur à un pouce et demi d'intervalle. Cinq semaines après, la plaie était cicatrisée, si ce n'est à l angle où se trouvait le fil de la ligature supérieure non encore tombée. En tirant dessus, le fil amena la portion du vaisseau comprise entre les deux ligatures et dont il a fait la présentation à la Société. Aucun accident ne s'en est suivi. {Amer. med. Times n° 3 et Union méd.)

Cancer de la langue. La section du nerf pratiquée pour diminuer la douleur a été suivie de la ligature de l'artère par le docteur Moore, à l'hôpital de Middiesex, pour favoriser la mortification de la partie malade. Mais le mal ne s'est pas arrêté par cette opération, qui n'a ainsi que le bénéfice de prévenir l'hemorrhagie pendant quelque temps. {AJed. chir. Traiis.)

Cancer de l'estomac. Son extrême rareté chezles personnes jeunes rend curieux le cas présenté par M. M'Dowel à la Société pathologique de Dublin. C'était un cancer encéphaloïde envahissant l'exirémité pylorique chez une jeune femme de vingtsix ans, admise à 1 hôpital Whitworth sans nul autre signe qu'un état de maigreur extrême. Elle succomba six semaines après. Graves avait signalé un exemple analogue en 1 840 chez un homme de vingt-cinq ans,

Cancer de l'utérus. Les accidents urémiques signalés dans cecas par Aran en 1 860, ont été constatés par M. Vannebroucq, qui en rapporte trois cas [Ihill. méd. du Nord., août). Alors que rien encore dans la maladie principale n'annonçait une fin ])rochaine, il se développa rapidement de l'insomnie, rie la céphalalgie, du délire, des vomissements incoercibles, et la mort eut Heu aussitôt. Le meilleur moyen de prévoir ces accidents

CAUIE VERTEBUALh.

déplorables est, d'examiner les urines, surtout lorsqu'elles deviennent rares, dit l'auteur; le développement anormal des reins ou de quelque tumeur environnante détermmee par 1 oblitération des uretères ; un malaise général, du trouble de 1 inlelligence peuvent aussi en déceler 1 apparition.

C-»nccr ^ésicant. Altération croùieusedu sein analogue au noli'me tnngere. L'absence de prurit et de vésicules, l'ulcération caractéristique du centre, la pellicule épidermique des bords rappelant tout à fait celle qui recouvre les cancroides a leur début, délimitation parfaite du mal et son existence sur un seul sein, peuvent la faire distinguer de l'eczéma dont elle a une certaine apparence. A l'examen microscopique, M. Ch. Robin y a rencontre la cellule cancéreuse. M. Nélalon, qui lui a donné ce nom, la trouvé tres-rare. Le caustique est le plus souvent applicable, mais les ganglions de l'aisselle peuvent se prendre et, maigre l'extirpation, la mort s'ensuit. {Union méd., n" 17.)

CANCROÏDE. Guidé par le succès qu'il obtint sur un cliat atteint d'épithéhoma de la bouche avec le chlorate de potasse, et les trois succès semblables relatés depuis à l'Académie de médecine par M. Leblanc (ils, M. Bergeron a tenté l'usage de ce médicament, chez l lioinme, contre le cancroïde, de môme que MM. Milon et Cooke l'avaient fait avec succès avant lui. Dans quatre cas de cancroïde de la face, chez des vieillards, observés dans les hôpitaux par MM. Bergeron, Blondeau et Charcol, le succès fut complet. Il n'y eut qu'une amélioration dans l'intensité de la douleur dans trois autres cas dus à MM. Delpech et iMichon, et MM. Laugier et Devergie ont relaté plusieurs insuccès. C'e^A donc dans le caractère différentiel de ces tumeurs qu'il s'agit de trouver les indications et les contreindications de ce remède.

On en donne à l'intérieur 2 grammes par jour, à doses réfractées, dans l'intervalle des repas, pendant des semaines et des mois consécutifs, s'il en est besoin. Outre-passer cette dose, c'est s'exposer à ce qu'il ne soit pas toléré. En mémo temps, on tient appliqué en permanence sur la tumeur ou sur la plaie des compresses ou des plumasseaux imbibés d'une solution concentrée du sel potassique. {Accvi. de méd.)

CAIUE VEllTÉBRALE. Le symptôme initial du mal de l'oit, suivant lo docteur B. Lee, est une douleur épigastrique

aigiic et pnrlois dccliin.nle. revenant par accùs. Elle paraît six mois, un an mômo avant les signes locaux, et sur 1 00 rna adés env.ron elle a manqué six fois à peine [Amer. mc.l. TiZ p. 28). Deja signalée par le docteur Taylor en 1863, cette éîio' og.e se rouve ainsi confirmée définilivemeni, mais sans la précision nécessaire, car en ces termes vagues, ce signe se con fond avec ceux d'une infinité d'autres afrecùons. Ce n'est nue par exclusion el dans un diagnostic différentiel, qu'il peutét e préSr s^pé clr '~ -elhéra^utiqu:

CASTRATION. Au lieu de pratiquer l'ablation de la tumeur du testicule, M. Reali procède à la ligature du cordon de la manière suivante : Placé à droite du malade, il saisit profondement de la main gauche le cordon spermatique entre le pouce, I index et le médius, et le soulève de manière à le rendre saillant et à tendre la peau où l'incision doit être faile Ce le-ci doit être pratiquée le long du doigt indicaleur dans 1 étendue de quelques centimètres; le cordon ainsi mis à découvert, il en ouvre la tunique d'enveloppe, l'isole avec précaution et au moyen de l'aiguille de Deschamps passe au-dessous un fil tres-fort avec lequel il étreint rapidement et éner^iquement le cordon, de manière à intercepter instantanément la circulation du sang et l'influx nerveux, et aussi afin de faire moins souffrir le patient, cette constriclion étant Irés-doi^oureuse. Les fils sont fixés entre les bords de l'incision ^ Pratiquée dans trois cas pour des tumeurs dont la nature nest pas spécifiée, celte opération en détermine l'atrophiedeux malades guérirent, le troisième mourut. (Gaz méd ' n» 27.) ^

CATARACTE. Elle peut se développer sous l'inlluence direclede la foudre. C'est ainsi qu'un soldat du 25'' de ligne Pulhier (Jean), vingt-neuf ans, bien perlant, sans antécédents syphilitiques ni héréditaires, ayant reçu une commotion générale de la foudre en montant .^a faclion la nuit, le 2.3 avril, s'aperçut une heure après, en rentrant au corps de garde, qu'il distinguait mal la lumière el les corps éclairés, et quand vint le jour, il constata de nouveau l'affaiblissement de la vue à droite.

Pendant un mois et demi, cet affaiblissement progressa, et quand Puthier se présenta au médecin du corps, du dO au

ivais, en voyant ce malade du 10 au 15 août suivant, constata idans l'œil droit une cataracte lenticulaire, denni-durè. L'œil est du reste parfaitement sain, il n'y a aucune trace d'inflammation, l'iris n'est nullement affecté, la pupille a conservé ses imouvemenls. La spnsibililé de la rétine existe et le malade dislingue encore le jour et la nuit de ce côté : dans une obscurité moyenne, il aperçoit vaguement les objets placés près l'e lui ; en un mot. il n'y a aucune trace d'amaurose. L'œil gauche n'a participé en rien'à la maladie de l'œil droit, la vue est trèsbonne de ce côté.

L'action de la cause paraît icj bien directe, et il fut impossible d'en trouver d'autres par les questions les plus variées. Il reste donc ce fait curieux d'une cataracte produite par l'in- 1 Huence du fluide électrique; cat;i racle à marclie rapide, puisqu'il n'a pas fallu deux mois pour qu'elle arrivât à son complet développement. [Recueil do Mém. dcméO. nrilit., p. 229.)

Extraction. Le procédé de Schuft (ce chirurgien a changé depuis son nom et s'appelle Waklau) consiste à écarter les pau- I pières avec un ophtlialmostat, puis l'œil étant fixé avec des ' pinces à griffes, à pratiquer sur le bord de la cornée, avec un couteau ii irideclouiio de J;tïger, une incision égale au cinquième de la circonférence. Une portion de l'iris est tirée au dehors avec des pinces, et le cinquième environ en est excisé en ménageant la circonférence adhérente. Le bord du cristallin vient alors faire saillie à la plaie. Une petite curette est introduite et enfoncée jusqu'à ce qu'elle ait dépassé l'équaleur de la lentille, et inclinant le manche en arrière et la pointe du côté de la chambre antérieure, le cristallin est retiré, comme dans une cuiller, à une ou plusieurs reprises. {Mod. Times.)

Pratiquée souvent au Royal London ophtitalmic hospilal, celte opération y donne de beaux succès, disent MM. Workman et ("ritchett. Suivant ce dernier, les chances de réussite sont plus grandes que par les autres procédés d'extraction et les suites moins redoutables. 11 l'a trouvée passible d'objections, quant à la forme de la curette et à son épaisseur qui s'oppose à l'extraction des cataractes séniles, dures. Il est impossible de la faire parvenir ainsi derrière un cristallin cataracte dur, sans rompre la membrane hyalo'ido, ni de les faire sortir ensomb'e par une étroite fente de la cornée. Elle ne peut servir que pour les cataractes de moyenne dcnsilé.

Pour y obvier, l habilo opliLhalmologisle a fait fabriquer sous le nom de veclis spoon (curelte-levier), une modificalion de celle cuiller dont les bords minces facililenL la pénétration de l'instrumenl derrière la calnracte sans résistance, en faisant sa voie comme un bateau sur l'eau. Elle présente une surface concave sur laquelle le cristallin se place el se moule. Lors du mouvement dexlraclion, les bords, qui n'offraient aucune résistance dans rintroduclion de l'inslrumenl, s'enfoncent dans la substance cristalline et permettent aisément d'amener au dehors la cataracte à travers la petite ouverture de la cornée. iLunccl et Ann. d'oculislique, t. JI, p. 44 et

De l'opération de la cataracte et du procédé opératoire de réclinaison par la cornée, ou, kéralomjxis, par le docteur Martin (de Marseille). ln-8° de 38 pages. —iVowi;e'//c' méthode de iruilemenl à suivre après l'opération de la cataracte, par le docteur Massol, brochure in-8".

CÉPHALÉE. Cette affection, qu'il ne faut pas confondre avec la névralgie périodique ou irrégulière ni avec la migraine, est caractérisée par une douleur fixe, sourde, lancinante ou puisative, continue et durant des mois, des années entières. Elle a été combattue avec succès avec les capsules d'essence de térébenthine par le professeur Teissier (de Lyon), à l'exemple de Graves et de M. Trousseau, l'un de ses admirateurs. 11 administre deuz ou trois capsules par jour au commencement des repas, soit 4 6 à 24 gouttes du médicament, et il a vu céJer ainsi des douleurs i-ebelles à tous les antispasmodiques et les reconstituants. Il n'augmente celte dose qu'avec timidité, sans jamais la porter à 2 et 4 grammes, comme on l'a recommandé, à cause des effets irritants de ce médicament. [Gaz. de Lyon.)

M. Socquet préfère, au contraire, des pilules de 3 centigrammes d'azotate d'argent qu'il asssocie à 6 centigrammes de sel ammoniac avec l'extrait de gentiane comme excipient, en oubliant sans doute que tout mélange favorise très-promptemenl la réduction de ce sel. Il administre deux à trois de ces pilules dans les vingt-quatre heures, et leur emploi durant trois ou quatre jours a suffi ordinairement pour amener la guérison [Journ. de niéd. de Lyon, avril). Aussi le considère-t-il comme presque infaillible dons ce cas.

CEPUALOTRIPSIE. Voy. Distociu.

CHALEUR ANIMALE. Voy. Diagnostic.

CHEVEUX. Outre les différences bien connues de forme, de couleur, d'implanlalion des cheveux du nègre avec ceux de la race caucasique, MM. Bruner-Bey cl Lortel leur ont trouvé un autre caractère tout à fait distinclif : c'est un aplatissement des plus prononcés, avec des écailles épideriniques disposées très-régulièremenl. Au lieu d'être circulaire comme chez l'arien, la coupe en est elliptique. Ces cheveux sont donc de véritables cylindres très-aplalis, presque des rubans, dont les bords amincis, offranl moins de résistance, se contournent entre eux en spirale et forment ainsi des mèches frisées en lire-bouchons. A leur extrémité libre, ils se fendent en fibres assez fines, co qui leur donne une ressemblance de plus avec la laine. (Soc. d'anllirop.)

CHIMIE. Chimie appliquée à la pluisiologic animale, à la pathologie élan diagnostic miklical, par le professeur Schiitzemberger, do Strasbourg. 524 pages in-8". — Traité élémentaire (le chimie médicale, comprenant quelques notions de toxicologie et les principales applications do la chimie à la physiologie, à la pathologie, à la pharmacie, à l'hygiène, par M. Ad. "VVurlz, professeur à la Faculté de médecine de Paris. Tome I" : Chimie inorganique. Un volume grand in-8" de 672 pages, avec 100 figures dans le texte.

CHIRURGIE. Avec les progrès de la physiologie et du vilalisme organique, plus confiants de jour en jour dans les ressources de la naiure médicalrice, les chirurgiens en étendent progressivement le domaine en étant moins prompts à pratiquer les amputations. La faculté que l'aneslhésie leur offre de prolonger leurs opérations sans souci de la douleur, des cris, des mouvements du patient ni des accidents qui peuvent en résulter, et les succès des résections, surtout depuis la découverte de la faculté ostéogénique du périoste, en ont considérablement restreint l'indication et diminué le nombre, et c'est ainsi que d'année en année on verra de moins en moins ces grandes mutilations.

Au nombre des exemples propres à encourager cette chirurgie conservatrice, nous signalerons l'observation remarquable, rapportée par M. Vigerie fils, de luxation libio-larsienne en de-

u-ins avec plaie, — IracLuro et saillio de l'exlrémilé du tibia frar lure mulliplo dn péroné, - où, suivant la doctrine soutenue dans sa thèse 862), il résolut de tenter de conserver le membre Maigre des complications redoutables, il y parvint. {Gaz. des iiop , , n o 8 , 1

Clinique chirurgkuk, par M. Maisonneuve. 2 forts vo! in-S" -Manuel de poli te chirurgie, par Jamain, chirurgien deshôp. aux de Pans. 1 864. Quatrième édition, avec 344 figures intercalées dans le texte. Un vol. grand in-18. - Notices sur la clururgw des enfants, par M. Guersanl, chirurgien honoraire cle 1 hôpital des Enfants malades. —The science and art ofsurqen, [Science el art de la chirurgie, ou Traité des blessures, maladies et opérations cinrurgicales), par le professeur Krichsen, de Londres. Quatrième édition in-S" de 1280 pages et 517 gravures Une traduction française paraîtra prochainement. — A System oj-'^rge'y {Principes de chirurgie), par le professeur Miller fl Edimbourg. Quatrième édition refondue de son ouvrage antérieur, mlitulé : Principes et pratique de cliirurgie, ISST'pages gr. in-S". — Manualofmililani surgery {ÛJnuuel de chirurgie militaire), de Bamilton. Seconde édition, in-8" de 500 à 600 pa'^ contenant les ré.^ullaLs de la pratique et de Tobservalion des chirurgiens dumnt la guerre actuelle des Étals-Unis. — On ilw progress of surgery during the présent cenlury {Des progrès de la chirurgie au xix" siècle), par le professeur W. Fergusson. Leçons faites au collège des chirurgiens de Londres, mais ne comprenant guère que des faits restreints de la chirurgie conservatrice, notamment la résection, celle du genou en particulier, la lithotomie, la lithotritie, le bec-de-lièvre, la siaphylorrhaphie, mais tout cela à un point de vue personnel et national.

CHLOROFOUME. Toxicologie. Dix grammes ingérés d'un seul trait dans le but de s'empoisonner par un homme de quarante ans ne produisirent qu'une forte âcrelé avec constricliondu gosier, puis une chaleur assez douloureuse à lepigaslre, et des tournoiements dans l'intestin, des selles avec cuisson et épreintes vives à l'anus. Des boissons émollienles albumineuses, l'aération suffirent pour conjurer tout accident sans qu'aucun des symptômes de l anesthé^e par l'inhalation de cet agent se soit présenté. {Unionméd., n° 87.)

Plis à la dose de 50 grammes par un militaire âgé de vingt-sept ans, ivrogne, il s'ensuivit immédiatement une aneslhésie com-

environ. Pouls très-faible, petit, dilatation extrême des pupilles. La vie fut même en danger par l'arrêt de la respiration. Néanmoins il reprit connaissance, et il ne subsistait le lendemain qu'un peu d'ictère et une douleur à l'épigaslre. [Gaz. méd. de Strasb., octobre.)

Il n'en fut pas de même chez un perruiiuier âgé de vingt-huit ans, trouvé dans un état d'insensibilité complète, exhalant une forte odeur de chloroforme et ayant près de lui un flacon vide de 45 grammes qui le sentait de môme. Le corps était froid , couvert de sueur froide, la respiration faible et stertoreuse, le pouls petit, les yeux convul^és. les pupilles dilatées et insensibles L'eslomnc fut vidé immédiatement à l'aide de la pompe et aussitôt toutes les fonctions se rétablirent ; a[»rès une heure de calorificalion, il pouvait se tourner dans le lit, mais en accusant de plus en plus une vive douleur à reslomac ; respiration embarrassée, faible battement de cœur. Il succomba le lendemain.

La seule lésion trouvée à l'autopsie fut une congestion Irès-vive rie l'estomac et des poumons, surtout à la base. A l'œil nu, le tissu musculaire paraissait plus pâle qu'à l'étal normal.

Comment expliquer la mort dans ce cas, dit le docteur Dowling, quand on ^ait qu'un iiouuiie observé par M. Jackson (de Sheffield), ayant avalé i onces rie chloroforme se rétablit en cinq jours, tandis qu'un enfant de quatre ans, qui en avait pris seulement 4 grammes, succomba rapidement? {Amer. med. Journ., avril.

l'hloi'orormisntion. Comme les narcotiques, elle détermine le resserrement, la contraction pupillaire en raison de son intensité, ainsi que l'a constaté le docteur Weslph.ill ; le réveil la fait cesser. Des attouchements, l'irritation de la peau pendant le sommeil, provoquent la dilatation momentanée, ce (ju'il atlril)ue au mouvement réflexe des extrémités nerveuses cutanées vers la région oculo-spinale où, selon les expériences (le Cl. Bernard, des l)ranclies des deux premières paires de nerfs intercostaux vont se distribuera la pupille.

Deux remarques physiologiques propres à faire éviter la sidéralion do la respiration et de la circulation ont élé indiquées par le professeur Simonin (de Nancy). Voy. Anesthésie,

Par la perte absolue de mémoire qu'elle produit, le professeur Sédillot a proposé de l'employer comme épreuve judiciaire contre la mutilé simulée, aussi bien que pour obtenir un aveu ou un secret , mais, dans ce cas, l'élher est préférable. Voy. Médecine légale.

Après une enquête de deux ans, la commission de la Med. and chirunjicai Society de Londres a déposé son rapport, le '6 juillet, sur l'emploi du chloroforme. Ce document volumineux se divise en trois parties : physiologique, chirurgicale et obstétricale, avec la relation des expériences et des observations à l'appui La première contient de longs développements sur l'action toxique de cet agent, ses effets à différentes doses et sous des formes variées, sur le cœur et la respiration, avec ou sans la division du pneumogastrique; sur la glotte et les amygdales, etc. Il en précise l'mdicaiion et le mode d'emploi, aussi bien que les moyens d'en prévenir les funestes résultats. Il sera donc un utile frein à l'abus qui en est fait en Angleterre, comme des accidents journaliers dans les hôpitaux en sont une preuve trop flagrante.

La conclusion principale de ces nombreuses expériences et des 122 cas de mort relatés, c'est que le danger du chloroforme gît surtout dans son inégalité de concentration de force, de pureté. Deux échantillons sortant d'officines différentes sont rarement égaux. Sa préparation, son altérabilité, sa falsification en sont la cause. Certaines dispositions occultes, la santé du patient, font le reste. Il ne sera donc possible de parer à ces malheurs que par une préparation uniforme et identique, et le moyen d'en constater instantanément l'authenticité.

Les deux épreuves décisives proposées à cet effet par M. Adrian, pharmacien, l'auleur-de la solution du perchlorure de fer identique et chimiquement neutre, sont la densité et l'ébullition ; la première étant de l^iiS et la seconde de 60°, 8. Dès que, dans celte dernière expérience surtout, le thermomètre dépasse 61 degrés et qu'il monte, comme on le voit, jusqu'à 68 de l'échelle centigrade, c'est qu'il contient des corps étrangers, corps composés du mélhyle dont M. Letheby, le premier, a signalé l'existence et la nocuité. 11 faut donc rejeter ce chloroforme comme impropre à l'anesthésie, ou le soumettre à la série de rectifications indiquées par M. .Adrian pour le séparer de ces corps étrangers, mais qui détruisent souvent aussi le chloroforme lui-même. (/hill. do lliérap ,ocl.)

CIIOLEMIE. Infection du sang p-n

n'a pas élé assez étudiée, selon M. Namia?, et en regardant l'iclère comme un symptôme, on confond un symptôme avec uvo maladie secondaire. Le catarrhe de vessie succède partois aux rétrécissements de l'urèthre sans en être un symptôme. Quand la bile est mêlée au sang, comme les réactions de la cholépurrine en offrent la preuve chimique, le ralentissement de la circulation démontre bien quels pernicieux effets elle porte sur l'économie animale. J'ai vu le pouls tomber au-dessous de 50 dans l'ictère simple, et M. Frerichs à moins de 30. Une cau'^e «ans gravité par elle-même et qui ne résisterait pas a un traitement bien dirigé, peut empêcher l'écoulement de la bile dans les intestins, et bientôt ce liquide, infectant le sang, pourra produire une maladie dangereuse, peut-être la mort. Celte mfeclion frappe le système nerveux, amène des convulsions et peut aussi altérer la structure des reins. On trouve la cholépyrrinc dans les petits canaux des reins dont elle amène l'obsiruclion. L'excrétion de l'urine peut être entravée et l'urémie en dérive.

Ces considérations ont une grande importance Iberapeutiquo en montrant l indicalion des diurétiques dans riclère. Leur action est parfois impossible par l'accumulation de la matière de la bile dans les reins dont elle obstrue les conduits, et alors les dissolvants des matières colorantes de la bile sont nécessaires.

On voit ainsi, comme je l'ai montré cliniquement, des ictères graves, jugés comme des atrophies aiguës du foie incurables par des médecins allemands, guérir parfaitement avec un traitement évacuant. On a tort de considérer celte atrophie comme la condition essentielle de tous les ictères graves, et do s'arrêter à la deslruclion des cellules hépatiques révélées par le microscope. [Acad. des sciences.)

CIIORÉE. La chorée mercitrieUe , observée très-rarement, s'est présentée à M. Vénot, chirurgien en chef de l'hôpital des Vénériens de Bordeaux, dans des conditions encore plus rares. Une couturière âgée de dix-sept ans, sans douleurs ni accidents nerveux, aileinle d'accidents secondaires, est soumise, le 2G septembre 1 863, à l'usage d'une pilule de 5 centigrammes de protoiodure par jour, avec cautérisation au nitrate acide de mercure, et dès le "29, elle se plaint de douleurs, de tiraillements dans tous les muscles. Le lendemain, la parole est pro-

fondément modifiée, la voix faible, chevrolanto la H<4„i .• • gônéo; visage i,éb6l6, sans nul Ir^uble de t c^ uS conlract.ons sponlanées, involontaires, irré^ulirres d^n. bres inférieurs l'empêchent de n.ar.he . A, p yée u^t^r e e ne p...v,ent que par sauis et glissades aTen r t d éw'

ment Dans le repos, aucun phénomème pathologique n'ala

ace denU^'T" ^"'""^"^ ""'''^'''^ suffit\'din ces acc dents, et après une purgaiion et un bain sulfureux I

vo X est revenue normale dès le 3 octobre; les désordres m'u eu la.res s'affaiblissent, puis disparaissent dès le 6 p le rJ^^^^^^ vê lement du même moyen. Il ne reste que l'afTeclion sjf^) 1 - Ijque que 1 on traite par les bains sulfureux et les pilule de Vallet, et qui disparaît également par celle médication

Traitement. Hydrothérapie. A défaut d'autres ressources i ydrolherap.ques, M. Villar a guéri la chorée en emZ . simplement le drap mouillé, comme il en relate cinq observa l.ons [Journ. de méd. de Toulouse). Beaucoup de praUciens qui négligent cette méthode curative à défaut d'un établissemenT leur portée, pourront ainsi y recourir en i,uivant cet exemple au lieu de saturer leurs malades de médicaments et des poisons les plus actifs. L'enveloppement se fait dans un drap mouille avec^de 1 eau à 6 ou 8 degrés centigr. au saut du lit et ne dépasse pas dix a qumze secondes, en portant surtout sur la colonue vertébrale et les membres convulsés. On le remplace par un drap bien sec avec lequel on pratique de légères frictions en essuyant nuis une couverture de laine y succède avec laquelle deux personnes robustes pratiquent des frictions. La réaction se fait aussitôt^ la chaleur apparaît même en hiver, qui est la saison la plus avorable a ce traitement. La température de leau étant .lus basse, la réaction est plus intense et les effets plus marqués Cest surtout chez les sujets nerveux, chloro-anémiques, lymphatiques, scrofuleux, que ce moyen est d'un puissant effet car pour la chorée à forme congestive, un autre traitement e^î préférable.

Fève de Calubar. Dans un cas, le docteur Harley Ta combattue heureusement avec la poudre de ce nouvel agent, sur une Olle de onze ans, à l'hôpital du Collège de l'Université II a commencé par 1 grain, en élevant graduellement cette do^e jusqu'à 9. par jour. Il a pu môme en donner de 4 à 6 grains à

la fois sans autres accidents que de légères coliques et un ou deux vomissements. Une prompte action sur la |,upiile s'en est suivie, au contraire, et une telle accélération des battements du cœur que le pouls s'est élevé jusqu'à i 44 et même 1 60 puisasalions. Néanmoins, l'état de la petite malade s'est amélioré. (J/ed. Times, janvier.)

Bromure de polassium. Son action profondément sédative sur le système nerveux sensitivo-moteur a conduit M. Gubler à le prescrire contre une chorée récidivée, suivant sa formule :

:^ Bromure de potassium (o grain.

Eau distillée 150 —

(Une cuillerée à bouche iiialin et soir dans de l'eau sucrée).

Au bout de deux jours, l'amélioration est déjà considérable, et, après quatre jours, elle porta une cuiller à sa bouche, ce qu'elle ne pouvait faire à son entrée à l'hôpital. Elle serre fortement, régulièrement, et peut aider l'inlirmière dans ses travaux. Chez une malade encore plus gravement atteinte, l'amélioration a été évidente dès le premier jour. Il y eut recrudescence le troisième, à défaut de la continuation de ce médicament. L'effeten est ainsi rendu assezévidenl pour dispenser de tout commentaire. {Bull, de //it'vd/j., juillet.) Yoy. Bromure de potassium.

Aniline. Administrée à la dose de 1 0 centigrammes, en deux doses par jour, avec augmentation d'autant chaque jour contre une chorée récidivée, par M. Filiberli, elle procura du succès après quatre jours seulement. {Gaz-z. del Assoc. med.)

C'est donc un nouveau moyen à expérimenter.

CHROME. Malgré les assertions contraires de MM. Zuber et Erhmann (de Rixheim), tous les ouvriers, sans exception, qui fabriquent les chromâtes de potasse, sont exposés aux accidents suivants énumérés d'après leur ordre de fréquence, ainsi que l'ont établi MM. Delpech et Hilairet.

4" Perforation, et quelquefois destruction complète vers la partie supérieure, du cartilage de la cloison du nez.

2" Ulcérations, tubercules ulcérés des mains, puis des cous-depied, et éruption eczémateuse sur la peau de la verge, la face interne du prépuce, la face interne des cuisses; ulcérations perforantes des articulations phalangiennes'des mains et des pieds.

3" Bronchites et attaques de suffocation.

-i" Céphalalgies fréquentes, amaigrissement. 5» Ulcères de la gorge, pouvant simuler des ulcères syphilitiques.

Les accidents se déclarent avec une très-grande rapidité. Les ouvriers ne sont p;is occupés depuis quelques jours dans l'usine qu'ils en sentent les premiers sévices ; et telle est la puissance caustique des matières pulvérulentes et des vapeurs chromatées, que les animaux qui vivent dans l'usine, en dehors des ateliers, sont aussi atteints et parfois à un très-haut degré. {A Cad. de méd.)

Toutefois, il est remarquable que les priseurs n'éprouvent pas les mêmes accidents, disent MM. Bécourt et Chevallier.

Pris à l'intérieur à petites doses, il ngit comme purgatif. Un ouvrier croyant ainsi faire une plaisanterie en introduisant quelques morceaux de bicbromale de potasse dans un baril de cidre, détermina chez tous ses camarades qui en burent de violentes coliques qui les forcèrent de quitter la fabrique, sans avoir cependant des vomissements.

CIIROMHIDROSE. {Cliro wooiiiip,^ AfTeclion consislant dans une sécrétion noirâtre de la surface cutanée des paupières et qui leur donne une teinte ardoisée. Découverte par M. Le Roy de Méricourt, il y a peu d'années, elle s'est ainsi montrée presque exclusivement à Brest sur déjeunes filles, de jeunes femmes mal réglét^s, ce qui l'a fait tout d'abord révoquer en doute par sa singularité. Des observateurs très-distingués de Paris l'ont regardée comme une supercherie chez une jeune femme qui s'en disait atteinte ot soumise à leur examen. Mais 28 faits authentiques réunis par cet auteur, dont deux sur des hommes, doivent la faire admettre malgré ces dénégations, surtout après le fait concluant que voici :

Une campagnarde de 'Vosselaere en Belgique, fille de fermiers aisés, avait été bien portante jusqu'à onze ans lorsqu'elle fut atteinte d'une carie des gros orteils. Réglée à quatorze ans, elle voit survenir en même temps une tumeur blanche au genou droit. Aménorrhée complète de dix-sept à dix-neuf ans; à vingt, aphonie qui dure vingt mois ; à vingt-deux, cécité amaurotiquo qui persiste neuf mois pendant lesquels elle ne vivait que de pommes crues et de fruits verts, vomissant tout autre aliment. A vingt-trois ans, le genou s'abcède et devient le siège de trajets fistuleux ; immobilité de la rotule, rétraction de la

raissent et reparaissent alternativement, se mêlent, se confondent malgré l'apparition des règles; pais survient un écoulement vaginal ; une descente de matrice y succède et qui persiste, et enfin, après des douleurs abdominales et des liémorihagies prolongées, elle rend un premier polype gros comme le poing, ayant la couleur et la texture d'un rein, et qui est ensuite suivi de l'expulsion de plusieurs autres. Des accidents nerveux et des accès d'hystérie très-fréquents compliquent cet état ; les menstrues sont irrégulières et il y a même des accès d'hyslérie épilepliforme.

C'est concurremment avec ces derniers accidents, c'est-à-dire à vingt-cinq ans, que se développa une couleur noire aux paupières et à l'épigastre. Elle paraît et disparaît à cinq ou six reprises en deux ans, et lorsque, le 26 octobre 1 863, le docteur Coppée voit cette malade non prévenue de sa visite, il trouve la surface cutanée des quatre paupières d'un noir foncé non luisant, sans aucune autre trace d'altération locale. Il suffit do frotter les paupières avec un linge huilé pour enlever toute la matière colorante, ce qui parut émerveiller la malade; mais sans qu'on la perdît de vue un seul instant, la coloration reparut trois quarts d'heure après.

Communiqué à la Société de médecine de Gand, ce fait attira son attention, et une commission de trois membres fut chargée de visiter cette malade. Voici son rapport :

La coloration des paupières, qui n'était pas d'un noird'ébène, mais plutôt d'un noir bleuiUre, ardoisé, était très-marquée et ressortait d'autant plus sur la teinte du reste de la peau du visage, que celle-ci était d'un blanc mat. Celte coloration occupait le moins d'étendue aux paupières supérieures, où elle s'arrêtait assez, brusquement en haut par un contour irréo-ulier, frangé, au niveau de l'angle rentrant formé par le globe ocu-^ laire et le rebord orbitaire. Aux paupières inférieures, elle s'étendait jusqu'au rebord orbitaire, où elle allait en s'affaiblissant par des dégradations successives, pour disparaître complètement sur les joues. La couche colorante était si peu épaisse, qu'elle paraissait, pour ainsi dire, placée sous l'épiderme. Aussi l'aspect des paupières ressemblait à s'y méprendre à celui que présentent les yeux eccliymosés. La peau n'était ni luisante ni onctueuse; la teinte en était assez uniforme, seulement à la loupe on découvrait quelques granulations noires disséminées çà et là. Carmfu. r.

Ni les cils ni les sourcils n'étaient agglutinés et ne contenaient aucune substance pulvérulente.

Par (ios frictions avec le doigl et avec un linge blanc, niais sec, nous w détaciicimes pas la moindre parcelle appréciable de matière coloriiiUc. 11 est vrai que nous n'insistâmes paslrop sur ces frictions, parce qu'elles avaient pour conséquence immédiate de dilater outre mesure la pupille correspondante et de troubler fortement la vision. Du moment que nous employâmes un linge huilé, la couleur noire s'enleva comme par enchantement. Elle se déposa sur la toile sous la forme d'une tache violette, constituée par des corpuscules granuleux qu'on distinguait à la loupe. Ce linge a été remis, le samedi 27 février, à M. le professeur Poëlman, qui s'est chargé d'en faire un examen microscopique. — Nous avions aussi recueilli la même matière sur un morceau de papier huilé. Chose assez digne de remarque, ce papier avait perdu toute trace de coloration quand il fut remis à M. Poëlman. Cependant il avait été plié en plusieurs doubles, enveloppé dans un second papier et placé ensuite dans un portefeuille. La tache du linge, conservé tout à fait dans les mêmes conditions, n'avait subi aucune altération.

Après que nous eûmes nettoyé les quatre paupières, nous couvrîmes l'inférieure du côté gauche d'une couche decollodion, et nous attendîmes ce qui allait se passer. Pas un de nous ne quitta la chambre ni ne perdit la fille de vue. Après une demiheure d'alleule, les paupières avaient contracté une teinte assez foncée ; après trois quarts d'heure, elles étaient redevenues noir ardoisé sous le collodion, comme partout ailleurs. Tout annonçait que quelques heures de plus auraient suffi pour rendre h ces organes la teinte qu'ils avaient avant que nous les eussions nettoyés.

Cette jeune 611e portait à l'hypogastre, immédiatement audessus des poils pubiens, un peu à droite de la ligne médiane, deux taches noires, à bords frangés, de la grandeur d'une p'èce de 5 francs chacune, et probablement constituées par la même matière qui teignait les paupières- Nous n'avons pas pu nous assurer si la substance colorante de ces taches s'enlevait par l'huile, parce que dans l'espace qu'elles circonscrivaient, la peau était tellement hypereslhésiée, qu'au moindre contact la malade jetait des cris de douleur. Cette sensibilité extraordinaire se délimitait nettement par les bords des taches. La jeune fdie nous dit qu'autrefois cette coloration noire avait occupé

presque Loule la peau de l'abdomen, qu'elle avait disparu spontanément pour reparaître plus lard. Celle coloration aurait coïncidé souvent avec l'évacuiiiion par le vagin de corps charnus, assez volumineux, semblables à celui qu'elle avait expulsé précisément la veille et qui nous parut être un caillot fibrineux.

L'examen microscopique auquel j'ai soumis celle subsLancc, ajoute M. Poëlman, de concert avec mon honorable confrère, M. le docteur van Bambeke, nous a permis d'y constater un nombre considérable de granulations moléculaires noirâtres, et entre autres une cellule pigmenlaire, à noyau vésiculeux des plus caractéristiques.

■ Quoiiiue ircs-incrédulc pour toutco qui se rattache à des ùiils exiraordinaires, je me rends ici à l'évidence, et je suis d'accord ave M. Coppéc pour considérer l'observation d^ chro:uhidro-c qu'il nous a communiquée comme suffisamment demon- Irée. [Ùull. de la Soc. deméd de Gund, mars.)

Diverses épreuves tentées depuis par MM. van Roosbrocck, Warlomont, van Bierviliet ol d'autres médecins belges distingués pour s'a.-^sur.'r de la rc.ililé du fait, ont également léussi a convaincre les plus incrédules. Soit que l'on recouvrît l'œil d'un disque de nmusscline ou de toile cirée, ^oit que l'on badigeonnât les paupières de coUodion, la coloration ardoi.-ée reparut, seulement elle se produisit plus vile et plus intense dans certaines conditions de température ou sous loule autre influence provoquant la trans|)iralion ; ce qui explique ce niyslère.

Le docteur Poirier a également observé une coloralion analogue sur le ventre d'une nouvelle accouchée et qui s'était dévelop()ée pendant la grossesse. Elle s'enlevait facilement aussi avec l'huile et disparut quelque temps après l'accouchement. {^liull. do la Soc. màl. de Gand.)

CIJMiVTOLOGIE. Monlreux est un petit village de 300 âmes, célèbre dans le canton de Vaud, situé à un kilomètre du lac Léman et qui a reçu le nom de la Procencc de la Suisse, à cause tlu chniatdoux et tempéré qui y règne en hiver et de la cure de raisin qui s'y fait chaque année. Un grand nombre de malades du Nord, soulTrant de la i)oilrine, y accourent chaqu.' année et s'en trouvent toujours très-soulagés, sinon guéris. La cure de raisin dure du 15 septembre au \ '6 octobre, et ramène le plus souvent la fraîcheur et l'ertibonpoint chez ceux qui s'y

soumettent. Cinquante pensions et hôtels sont destinés spécialement aux étrangers, malades ou non, qui veulent jouir de ces avantages. [Abeille mcd. n" 8.)

L'hiver dans le Midi, indiccilions climalologiques et médicales cl conseils aux malades, par M. Butlura, docteur en médecine de la Faculté de Paris, médecin de l'hôpital de Cannes, in-8° de 40 pages. Résumé d'indications el d'opinions sur ce sujel. — Du choix d'unf slation d'hiver, et en particulier, du climat d'Anlibes. — Eludes physiologiques, hygiéniques el médicales, par le docteur A. Bergeret. Paris, in-18. — Guide aux stations d'hiver du Ultoral méditerranéen : Nice, Menton, Monaco, Cannes et Hyères, par le docteur Lubanski. In-12 avec caries et gravures. — On australian cUmales and Iheir influence in Ihe prévention and arrest o[ pulmonary consumplion [Des climats de l'Australie, et leur influence sur la préventionel l'arrél de la phlhisie pulmonaire, par Bird, ancien interne de l'hôpital de Brompton, médecin de l'asile de Melbourne. Résultat de sa propre expérience, après trois années de Péjour. — Essai de climatologij théorique et pratique, par le docteur Prosper de Pietra Santa. Un vol. in-8, avec figures intercalées dans le texte. — Les stations médicales des Pyrénées et des Alpes comparées entre elles, par le docteur Lombard, ancien médecin en chef de l'hôpital général de Genève, etc. [Gaz, méd., n" 30 et suiv.).

COEUR. Physiologie. Les théories dissidentes sur la circulation intra-cardiaque ont reçu une nouvelle et éclatante consécration par la belle discussion soulevée sur ce sujet à l'Académie de médecine, à propos de l'application du sphygmographe de MM. Chauveau et Marey pour l'enregistrement de ces phénomènes. On sait que cet appareil mécanique est composé de trois tubes dont les extrémités, munies d'une ampoule élastique et mises en rapport avec le cœur, transmettent à l'exlrémilé opposée, terminée par un levier, les différentes pressions effectuées par l'organe central de la circulation. Le levier trace les effets de ces pressions sur un cylindre tournant, d'où résultent des lignes dont les ondulations varient suivant la pression cardiaque. L'un do ces tubes correspond avec Tinicrieur de roreillelle, le second avec le ventricule, et le troisième avec l'espace intercostal correspondant au choc des battements ventriculaires.

On obtient ainsi trois lignes superposées, marchant dans lo

même sens et devant montrer la succession des pressions intraauriculaires et ventriciilaires, ainsi que leurs rapports entre elles et les chocs de la région précordiale.

AuK indications obtenues, M. Beau objecte qu'elles varient selon les modifications de l'instrument, et que l'ampoule ainsi placée ne peut donner toute la force systolique en raison de la diminution de la force. Bien que n'ayant produit aucun argument, aucune preuve nouvelle, ni pour ni contre 1 une de ces théories, elle a un grand enseignement en montrant que les idées, les théories exclusives physico-vitales peuvent être soutenues, même avec une apparence de raison, devant des résultiils'malhémaliques contraires, opposés. M. Beau a pu trouver ainsi des arguments en faveur de sa théorie dans les résultats mêmes de l'appareil enregistreur de MM. Chauveau et Marey. De ce que le premier tracé par ces lignes incertaines, confuses, mal dessinées, peut être interprété en sa faveur, il s'y tient opiniâtrément sous prétexte qu'elles sont l'expression simple et vraie de cet instrument dans sa naïveté primitive pnur ainsi dire, et repousse les deux autres tracés subséquents qui, par leurs lignes mieux accentuées, le contredisent comme étant l'expression de perfoctionncmenls raisonnés de cetappareil ingénieux. C'est, selon lui, comme un instrument de musique auquel à force de perfectionnements on finit par faire jouer tous les airs.

Cette discussion a mieux fait ressortir aussi les différences de ces théories, et a fait surgir au dehors de nouveaux faits, de nouvelles explications qui sont venues s'y rattacher et qui méritent d'être signalées.

Premier temps. Suivant la théorie ancienne, il est constitué par la systole ventriculaire des deux côtés du cœur simullatiément, et marqué : ]° par le bruit attribué au redressement des valvules auriculo-ventriculaires sous l'action des ventricules chassant le sang de leur cavité, lesquelles valvules s'opposent ainsi comme des soupapes à la rétrogradation du sang dans les oreillettes; 2° par le choc du sang artériel produisant le poulsqui s'explique, de la racine de l'aorte à l'extrémité des artères, par la loi bien connue de l'incompressibiliié des liquides ; 3° enfin par le choc du cœur contre la paroi pectorale. M. Beau, il est vrai, voyait une contradiction flagrante dans cette simultanéité de contraction et de propulsion du cœur : mais voici M. Hiffelsheim qui lève la dillicullé, le cœur bat parce qu'il recule ;

recul produit par la conlraclion venlriculaire comme le fimil repousse pendant la détonation, théorie récemment approuvée a i Académie des sciences, sur le rapport do M Delaunav

Pour M. Beau, au contraire, il est constitu<4 par la svsIoIp auriculaire et la diastole ventriculaire simulianée, exnliLani ainsi le premier bruit par le choc du sang lancé par l'oreillette contre les parois ventriculaires et le choc précordial à la diastole de celles-ci.

La différence capitale ici, c'est que, selon la première théorie les oreillettes seraient des organes passifs, contrairement aux observations de Haller et de M. Parchappe, et serviraient de simple resei-voir au sang pour remplir le ventricule corre<;pondant qui, en se dilatant, admettrait ce sang et agirait ainsi à la fois comme une pompe aspirante et foulante; tandis que pour M. Beau, les oreillettes se contractent activement en môme l^emps que I3 ventricule se dilate et font ainsi passer le sandans sa cavité. °

Deuxième temps. Formé par la diastole ventriculaire et la systole auriculaire correspondante suivant la théorie ancienne le second bruit plus faible qui le caractérise serait dû au redressement des valvules sigmoïdes empêchant le sang de rétrograder des artères dans les ventricules; tandis que pour M. Beau, la systole ventriculaire seule le compose et le second bruit résulterait de la contraction ventriculaire. Les mômes phénomènes sont ainsi interprétés d'une manière inverse et diamétralement opposée, les uns mettant à la fin ce que d'autres placent au commencement. C'est ainsi que la systole auriculaire du premier temps de M. Beau est restituée au second par l'ancienne théorie, mais une systole toute passive qui n'a rien du rôle actif que lui attribue M. Beau.

Troisième temps. Composé du silence pour chacun. Les objections faites à la théorie de M Beau sont de trois ordres : anatomiques, physiologiques et pathologiques,

OnjiKCTioNs ANATOMIQUES. C'est la faiblesse mnsculairecontraclile des oreillettes comparée à celle des ventricules, d'où l'on infère leur impuissance relative à se contracter activement. M. Barlh en trouve la preuve dans les veines qui s'y abouchent et les empêchent ainsi de se contracter énergiquemeîit ; d'autres la voient implicitement dans L'absence de valvules à l'eiiibouohure des veines, car, dit-on, s'il pn était ainsi, le san^ re-

Huerait dans ces vaisseaux sans que l'on tienne compte des fibres circulaires constatées par Gerdy et invoquées par M. Beau comme faisant l'office de spliinclers à l'orifice de ces vaisseaux. Enfin, la moindre capacité des oreillettes que des ventricules établie par les expériences suivantes :

Capacilé des oreillelies. En remplissant de cire les cavités cardiaques, après avoir lié les vaisseaux afférents, iMM. Iliffelsheim et Cli. Robin en ont mesuré la capacité par le volume d'eau déplacé par chacune d'elles. Il importe d'opérer à cet eiïet après que la rigidité cadavérique a cessé ou avant qu'elle survienne. Par des expériences répétées sur des cœurs humains de sujets aux différents Ages de la vie, ils ont constaté (]ue chaque oreillette est plus petite que le ventricule correspondant. Cette différence, sent^ible dès la naissance, va en augmentant avec l'âge, surtout à gauche, et se trouve chez l'adulte d'un cinquième, d'un quart et môme d'un tiers. Neuf fois sur dix celle prédominance est plus grande à gauche qu'à droite ; la capacité de l'oreillelle gauche représente les deux tiers du ventricule correspondant ; à droite, elle n'a que les quatre cinquièmes. Il en esta peu de chose près de même chez le chien et le lapin.

CAPACITE ABSOU E.

Niinvrau-iirs. Ai In tirs.

Cœur itrdit l Orcilicttr. ... 7 ;i 1 n ccnliiii. cubes, llo k 185

J Ventricule. . . « à K) IGO h 2:Ut

C(rur gnuciic.

Orcillelto. . . . 4 h •) — 100 à 130

Veiitriciilo. . . fi à 7 — l iO h 21-2

Ces comparaisons de capacité réelle établies d'après des mesures malhématiques ont une grande importance, car l'oreillette ne pouvant remplir le ventricule, sa systole ne saurait être ce que prétend M. Beau, et elles ôtent ainsi aux oreillettes ierôle décentre circulatoire qu'il leur attribue. {Joiirn. clcpliy^., juillet.)

iM. Gavarret a f<iit ainsi bonne justice de la suprématie des oreillettes sur les ventricules. Mais l'insuffisance de leur passi veté alléguée par lui n'en a pas moins été bien démontrée par M. Beau Comment comprendre, avec M. Gavarret, psr exemple, que le sang passe des oreillettes dans les ventricules par le seul fait de t^a [)esanleur, principalemtînt [-our le san"- des

1 J \ /l J l. II.

veines alimentées par les parties supérieures du corps ? dit M. Guérin. Si dans la station verticale, la colonne du sang des veines et des jugulaires peut favoriser ce passage, l'homme n'est pas toujours debout; il y a bien des animaux qui ne le sont jamais, et la circulation veineuse n'en est pas entravée pour cela. Il y a donc, il doit y avoir un autre mécanisme qui doit s'inspirer inductivement des faits de l'embryogénie, de la physiologie comparée, expérimentale et pathologique, qui promet surtout beaucoup sous ce rapport, au lieu de s'en tenir à l'observation anatomique, précise, directe, comme on l'a fait jusqu'ici. [Gaz, niéd., n° 25.)

Objections physiologiques. Le pouls, qui est isochrone au premier bruit et au choc précordial, montre la fausse interprétation par M. Beau des phénomènes du premier temps, car il ne peut être que l'effet de la systole ventriculaire, tandis que le ventricule est en diastole suivant lui. La coïncidence parfaite, le synchronisme des pulsations du cœur avec les battements de l'aorte, observés dans les cas d'anévrysme perforant de la crosse, démontrent qu'elles sont produites par la systole ventriculaire. On ne peut nier cependant la contraction évidente des oreillettes. Elle est signalée par Haller et a été observée par M. Parchappe et d'autres physiologistes. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le cœur du squale battre à vide une heure durant après son extraction, comme nous en avons fait plusieurs fois l'expérience. L'oreillette se contracte ainsi avec une énergie apparente égale à celle du ventricule, sans vouloir dire que la force d'impulsion est la même ; mais le fait est hors de contestation. Aussi l'ancienne théorie la comprend-elle dans le second temps, sans fixer la part qui lui revient.

Contraction active des veines. Observant les phénomènes de la circulation chez le squale et le chien de mer à cause de la facilité de les étudier ainsi expérimentalement, M. Germain (de Château-Thierry) a vu se contracter d'abord les sinus veineux, qui représentent les veines caves, puis successivement l'oreillette et le ventricule ; et jugeant par là de ce qui doit se passer sur l'homme, il conclut aussi à une systole active et une diastole passive. Admettre, au contraire, le regorgement comme unique cause de l'entrée du sang dans le cœur, dit-il, c'est rendre l'alTaiblissement de la circulation inexplicable, surtout avec une grande fréquence du pouls, comme c'est souvent le cas.

M. Germain admet donc la contraction active des veines caves pour l'arrivée du sang dans l'oreillette et, pour lui, la révolution cardiaque se compose de la contraction succeesive des veines, des oreillettes et des ventricules. Sans être nouvelle, celte théorie était du moins bien oubliée. Voici comment l'auteur l'explique : systole des veines produisant la diastole des oreillettes; systole des oreillelles amenant la diastole des ventricules, s'accomplissant pendant le long temps ou temps de repos, qui, pour lui, est le premier; puis vient la systole venlriculàire et immédiatement le premier bruit ou bruit sourd produit par la fermeture des valvules Iricuspide et milralo; choc du cœur contre les parois thoraciques. C'est après ce premier bruit et ce choc qu'on entend chez les chloroliques un bruit de souftle. Enfin vient le deuxième bruit, ou bruit clair, produit par la fermeture de la barrière des valvules sigmoïdes,

Ainsi s'expliquerait la différence de durée des deux temps et la longueur du premier. \\x lieu d'admettre un premier bruit entre la systole auriculaire et la diastole venlriculàire, IM. Germain n'en voit l'effet possible que par la fermeture des valvules au moment de la systole ventriculairo et immédiatement le choc du cœur dont il explique le mécanisme, comme Sénac, par le fait de la courbure de l'aorte. D'après ce principe, dilil, qu'un tube courbé et plein de liquide tend à se redresser si la pression augmente, le cœur fixé par la base à l'extrémité de l'aorle, ce vaisseau, faisant effort pour se redresser, envoie cet organe frapper la paroi thoracique comme le ferait le battant d'une cloche. Il se rallie d'ailleurs, pour l'explication des bruits, à la théorie de Rouannet. {Union méd., n° 53.)

Des vivisections faites sur des grenouilles ont montré à M. Judée que le soulèvement du cœur, c'est-à-dire le bailemcnl, ne se produit ni pendant la diastole ni pendant la systole du ventricule, mais bien plutôt entre ces deux phénomènes; précisément au moment où, chez les animaux pourvus de valvules, les unes se relèvent pendant que les autres s'abaissent, au moment enfin oi^i le cœur commence à durcir. [Gaz. des hôp., n" oG.)

Suivant M. J. Guérin, plusieurs autres points sont négligés par les théories en présence. Ainsi comment se rend-on compte par elles de la vacuité presque complète du système artériel après !a mort coïncidant avec la réplétion du système

veineux? Comment lo ventricule gauche peut-il, en se ron- Iraclajil, faire passer le sang dans les capillaires et de ceux-ci dans les veines sans l'inLormédiaire de la colonne ariérielle absente? Comment s'expliquer la conlinualion du cours du sang dans les artères au-dessous des ligalures et dans les capillaires après l'enlèvement du cœur ? Comment s'expliquer le commencement de la circulation chez l'embryon dans la théorie SI vraie du développement centripède des organes en général, du système circulatoire en particulier ? Comment s'expliquer son mécanisme dans les vaisseaux des animaux dépourvus de cœur, comme les annélides et les insectes? Comment comprendre que le cœur détaché de ses vaisseaux continue à se mouvoir, c'esl-à-dire se contracter et se dilater allernalivemcnt et non pas se relâcher simplement? Autant d'imposi-ibililés avec cette vieille action malérielle, limitée, exclusive de la contraction et du relâchement de la vix à tergo insuffisante et impuissante. Celte vieille doctrine a fait son temps, mais ceiln qui doit la remplacer n'est pas encore formulée, bien qu il existe des rudiments dans la science. {Gaz. méd., n" 25.)

Objections pathologiques. Les phénomènes anormaux constalés par l'auscultation semblent un critérium infaillible, décisif, pour juger la valeur de ces différenles théories. C'en est comme la pierre de louche. Les lésions des oreillettes ne modifient pas les bruits normaux, tandis que toute lésion valvulaire les altérant montre parfaitement qu'ils sont dus à leur jeu, comme les expériences de Hope et William l'ont prouvé. Dans l'insuffisance auriculo-venlriculaire, par exemple, le souffle qui accompagne le bruit du premier temps, paraissant dû au reflux du sang dans les oreillettes par cette insuffisance, indique manifestement qu'elle se fait pendant la systole. De même du pouls veineux simple ou redoublé, lorsque ce mouvement rétrograde, produit par l'insuffisance, se propage aux veines. S'il était dû à la contraction auriculaire, le second bruit de M. Beau manquerait ou serait double. Pour expliquer, au contraire, le bruit desouflle qui a lieu au deuxième temps, M. Beau est obligé d'admettre deux diastoles successives, et, par suite, deux syloles, comme dans les cas d'insuffisance auriculo-venlri la ire droite.

Dcins les rétrécissements auriculo- ventriculaires extrêmes, laissant pénétrer à peine le bec d'une plume, au lieu de voir

l'impulsion cardiaque diminuée, comme cela devait eire si l'oreillelte en était l'unique agent actif, on a constaté que le choc de la pointe du cœur était très-fort. On pourrait multiplier ici les objections suivant les cas morbides. Mais quand sur des l'oinls évidents, précis, mathématiques, on n'a pu convaincre d'erreur, il faut renoncer ici, dans la succession rapide et la confusion des phénomènes, à y réussir.

Paihologio. Dans un cas de rupture spontanée du ventricule gauche avec ramollissement sénile, le professeur Houzé (de Lille) ayant rencontré une notable quantité de sérosité à la surl'ace des circonvolutions et dans les ventricules, a considéré cet épanchement comme la cause déterminante de cet accident par la gène mécanique qu'il apporte à la circulation artérielle encéphalique et à l'obstacle qui en résulte pour la systole vcniriculaire. Aucune des observations précédentes n'ayant été examinée sous ce rapport, cette vue étiologique est à vérifier. [Bull. méd. du Nord.)

Aciion du tabac. Elle a clé remise en cause par M. Émile Dccaisne devant l'Académie des sciences. 11 a pu constater en moins de trois ans, dans les trois communes de Mello, de Cireslez-Mello et de Sainl-Wast-lez-Mcllo (Oise), 21 cas d'inlermiltence du pouls, indépendante do toute lésion organique du cœur, sur 88 fumeurs incorrigibles: !) accusaient en môme temps des digestions pénibles; les 12 autres n'avaient jamais rien ressenti du côté de l'estomac; o ou 6 s'étaient aperçus des intermittences depuis quelque temps sans y attacher d'importance; 7 virent disparaître complètement les désordres du cœur par l'abstention absolue ou presque absolue de la pipe, en moins d'un mois. Sur ces 7, 2 avaient des digestions pénibles, qu'ils conservèrent après la cessation des intermittences; 9 autres, qui avaient aussi abandonné la pipe, n'éprouvèrent qu'une légère amélioration, c'est-à-dire une diminution dans la fréquence des intermittences. Il n'a pu suivre les o autres; tous ces individus étaient âgés de vingt-sept à quarante-deux ans ; ils exerçaient la profession de filaleur et de carrier.

Si l'on considère: 1° qu'aucun des sujets observés n'était atteint de lésion organique du Ctrur ; 2° que la plupart d'entre eux n'étaient pas dans les conditions de santé qui favorisent la production des interniitlencos des battements du cœur ; 3° et surtout qu'il a suffi, chez sept d'entre eux, de supprimer l'usage

uu lauac pour voir revenir le cœur à son rliyllime normal, on ne trouvera pas trop hardies et trop préoiaturées les conclusions suivantes :

V L'abus du tabac à fumer peut produire sur certains sujets un olat que l'on peut appeler narcolisme du cœur, et qui se traduit par des intermittences dans les battements de cet organe et dans les pulsations de l'artère radiale.

Il suffit, dans certains cas, de suspendre ou du moins de réduire l'usage du tabac à fumer pour voir disparaître enlièrerement ou diminuer l'irrégularité dans les fonctions du cœur

Ce narcotisme du cœur est surtout produit par la digitaline, comme le procès d'empoisonnement par cet agent l'a prouvé d'une manière incontestable. Voy. Digitaline et Dajaksch,

Faits et raisonnements établissant la véritable théorie des mouvements et des bruits du cœur, par le docteur Essarco. Mémoire de 66 pages. — Traité des maladies du cœur et de l'aorte, parSlokes, professeur royal de médecine à TUniversité de Dublin, etc. Ouvrage traduit par le docteur Sénac, ancien interne des hôpitaux de Paris, etc. Un fort vol. in-8».

COLIQUES. En employant l'anesLhésie chloroformique contre les accès de coliques hépatiques, MM. Castelain et Vannebroucq (de Lille) ont vu cesser immédiatement les douleurs d'une acuité parfois extrême. La malade de ce dernier rendit même le lendemain dans les selles un calcul biliaire gros fomme une aveline, de forme polyédrique, à crêtes arrondies. La délente générale qui s'opère dans ce cas sous l'influence du chloroforme ne s étend-elle pas jusqu'au canal cholédoque et n'en facilile-t-elle pas la dilatation? (Soc. de méd. du Nord.)

Coliques de plomb. Leur fréquence insolite dans les hôpitaux de Paris pendant les mois de juillet et août a fait penser au rapporteur des maladies régnantes, à la Société médicale des hôpitaux, que l'élévation de la température n'y était pas étrangère, soit directement en activant l'absorption ou en augmentant l'impressionnabililé nerveuse, soit indirectement en provoquant les individus sous le coup de l'inloxicalion saturnine à user de certaines boissons et en particulier du vin. M. Archambault a signalé en effet l'influence nocive de l'usage et do l'abus du vin sur les accidents saturnins, et M. Lefèvre a confirmé cette étiologie en découvrant que la colique sèche, qui

n est que la colique ae plomD, n esi ooserveo que uans la uuuo française où l'on fait usage du vin, landis qu'elle est très-rare dans la tlolie et les manufactures anglaises où il est inconnu. D'où l'indication pratique de supprimer l'usage du vin pendant le traitement de l'intoxication saturnine.

COLORATIOiV CUTANÉE. 11 suffit de prendre un bain sulfureux après des lotions avec une solution d'extrait de Saturne pour voir la peau, dans les régions fines et délicates surtout, se colorer presque instantanément d'un beau noir par la production de sulfure de plomb. C'est ainsi qu'une dame ayant mal aux yeux, s'étant lotionnée les paupières avec ce liquide et ayant pris un bain sulfureux peu de temps après sur l'ordonnance d'un médecin, vit cette coloration se manifester aussitôt. M. Foucaud de l'Espagnery, appelé à expliquer ce phénomène qui peut en imposer pour la chromliidrose et constituer un trèsgrand embarras pour certaines personnes, n« tarda pas, après informations, à en découvrir la source. La teinte noirâtre eccliymotique, très-foncée sur la limite ciliaire des paupières, diminuait graduellement d'intensité dans son prolongement vers les pommettes, où elle s'éteignait tout à fait. Des lotions avec l'infusion de mélilot et des cataplasmes de farine de riz ont suffi pour faire disparaître ce masque en six jours. [J. de chim. méd.)

COMPRESSIOIV. Celle du pneumogastrique , par l'effet d'une tumeur anévrysmale ou toute autre, détermine des accès de suffocation et des contractions spasmodiques des muscles du larynx. Ce fait est connu depuis 'Valsalva et Morgagni ; mais M. Habershon ajoute qu'elle produit la congestion pulmonaire et l'induration consécutive du poumon, comme il l'a démontré dans une étude clinique à la Société pathologique de Londres. Déjà les chirurgiens avaient vu, en effet, des pneumonies hypostaliques survenir consécutivement à la ligature de la carotide dans laquelle le pneumogastrique avait été serré, ce qui est tout un avec la compression ; mais ces faits n'avaient pas été ratachés à leur véritable cause. On saura désormais que la compression, aussi bien que la coiistriction, et encore plus la section du pneumogastrique donnent lieu à ces accidents. Voy. Ané-

VRYSME.

CONCOURS. Quoique bannie des facultés, cette institution paraît devoir être appliquée au recrutement des écoles prépa-

GAIiNIEU.

ratoire de médecine et de pharmacie. Celle de Lille est la première à l'avoir mise en pratique au mois de juillet pour la place de professeur adjoint à la chaire de clinique chirurgicale et celle de suppléant aux chaires de chirurgie. Par ce double avantage d'assurer les meilleurs choix et d'entretenir l'émulation cet exemple devra être bientôt imité par les autres corps enseignants de Lyon, Bordeaux et autres grandes villes, où le grand nombre de médecins résidants permet surtout d'y recourir avec succès. Nul doute même que, si l'on en faisait une règle générale, la rapidité des communications n'appelât les médecins de tontes les villes, et même de la capitale, à y participer. C'est là une perspective qui doit la faire adopter.

Suivant l'exemple de Paris et des principales villes à cet égard , la commission administrative des hospices civils de Strasbourg l'a aussi substitué à la nomination directe pour les services non cliniques, comme assurant aux malades les secours médicaux les plus habiles et les plus actifs. Nouvel hommage rendu à son principe.

COIVJOÎVCTIVITE MAMAQUE. A la spécificité des affections oculaires, M. Berlhier, médecin de l'asile de Bourg, ajoute une conjonctivite qu'il croit spéciale aux aliénés. Simple irritatation d'abord liée à une congestion spécifique, elle peut s invétérer et ne disparaître qu'avec celle-ci, se montrant rebelle à tout traitement, suivant la marche de l'accès et ne se terminant qu'avec lui. {Acad. de méd.)

CONSAiVGUIMTÉ. Aux effets de surdi-mutité, d'affections mentales, de crétinisme, de difformités congénitales, etc., qu'elle aurait sur les enfants suivant certaines statistiques, le docteur Liebreich ajoute la rétinite pigmentaire. L'ayant observée chez une personne issue de cousins germains, il visita, pour vérifier ce fait de causalité, les asiles de sourds-muets de Dresde , de Breslau , de Berlin , et sur 24i sourds-muets, '14 présentaient la pigmentation de la rétine. Sur ces 14 malades, 5 étaient frères ou sœurs , 4 autres appartenaient à une deuxième famille placée dans les mêmes conditions, 2 autres à une troisième, 3 seulement à des familles distinctes [Journ. de méd. de Bord., sept.). N'est-ce pas là plutôt un effet d'hérédité que de consanguinité directe ? C'est à bien séparer ces deux causes que les recherches futures doivent être appliquées pour donner quelque valeur aux effets de cette dernière.

C'est ce qu'a fait M. Gubian au congres de Lyon, ou u cpres 65 mariages consanguins, dont il rapporte les maliieureux effets dans la majorité des cas, il conclut à leur nocuile. Mais vient à son tour M. Rodet qui, dans une intéressante nota statistique, montre que sur 56 mariages consanguins authentiques et détaillés, les produits ont été normaux et satisfaisants 31 fois, un seul enfant, 4 fois; stérilité, 5 fois ; cas pathologiques s'expliquant par l'hérédité, 9 fois; de manière qu'il n'en reste que 7 comme effet de la consanguinité. Et encore 1 Ainsi sur 5 cas de surdi-mutilé, 2 étaient maniferilement héréditaires. 11 ne faut donc pas l'attribuer à la consanguinité, non plus que les autres infirmités congénitales ou non, ainsi que le prouve cette excellente noie. {Gaz. de Lyon, n° 2 I .]

D'autre part, M. Faivre a montré, en se basant sur les expériences de Darwin, que le croisement dans le règne végétal est indispensable pour augmenter la fécondité et améliorer les espèces. Ce fait, déjà signalé pour plusieurs espèces animales, vient évidemment à l'appui do cette idée, que l'hérédité joue le plus grand rôle dans les mauvais résultats attribués à la consanguinité chez l'homme, comme iM. Morel l'a démontré. [Congrès de Lijon.)

' CONVITLSIONS. D'après, la pratique do M. Michéa, le médecin pourra retirer d'excellents effets, dans les convulsions des enfants, do la saiKodinc et des sc/s d'atropine. La premièie, à la dose de quelques grains (10 à 50 centigrammes par jour), mêlée avec du sucre, de préférence sous forme de granules, peut être donnée toutes les fois que le médecin soupçonne l'existence des lombrics ; les seconds, tout particulièrement le valérianaie d'atropine, utiles pour empêcher la conversion de l'éclampsie en épilepsio, préparés en granules et donnés à la dose d'un milligramme, ou plus, par jour, devront être continués pendant plusieurs mois, en ayant soin de les suspendre et de les reprendre alternativement toutes les semaines, afin de prévenir la conversion de ces convulsions en épilepsie, beaucoup plus fréquente que l'on ne croit. Plus de 7 pour 100 d'cpilcptiques, selon M. Herpin, et environ un quart, d'après l'auteur, font remonter leur affection à des convulsions de l'enfance. On prendra les mômes précautions dans les convulsions dues à la dentition. {Abeille méd., n" 33.)

Le professeur Bacelli, à Rome, est parvenu à les arrôler en

appliquant lo pouce et l'index, en forme d'arc, sur les deux ^ tempes, en môme temps que le pouce de la main droite, placé ' sur le trou occipital, presse fortement en sens inverse, de manière à faire décrire un mouvement demi -circulaire à la tête. Le patient pousse un cri aigu, et les souffrances cessent aussitôt que les convulsions. {Ann. di medicina.)

COQUELUCHE llémorrhagie de l'oreille. Elle résulte parfois de violentes quintes de coqueluche. M. Triquet en a observé deux cas et M. Gibb, quatre. Dans tous, elle résultait d'une rupture linéaire du tympan qui a guéri spontanément par adhésion. S'il y a douleur vive, appliquer une ventouse à l'apophyse mastoïde ou une sangsue en avant du tragus chez les enfants. Immobiliser la membrane déchirée par des boulettes de coton superposées ; soustraire le malade au bruit et favoriser la réunion en portant sur la plaie un petit morceau de baudruche imbibé de coUodion élastique. [Assoc. méd., n° 4.)

Des ulcérations de la langue dans la coqueluche, par le docteur Jules Charles, ancien interne des hôpitaux de Paris. In-S" de 34 pages.

Ce signe, dont la constance. a été établie par Gamberini, s'est rencontré cinquante-quatre fois sur cent observations. On voit en travers ou sur les côtés du frein de la langue une ulcération de forme variable, dont la cause est rapportée par l'auteur à l'intensité et au nombre des quintes, et surtout au frottement de la face inférieure de la langue sur les dents. Elles durent autant que la coqueluche et peuvent ainsi servinà la diagnostiquer à défaut de quintes caractéristiques.

Traitement. Inhalation du gaz d'éclairage. Des enfants, dit le Dagblaad, d'Utrecht, ayant été rapidement guéris à la suite de leur séjour, plusieurs fois répété pendant quelques minutes, dans une usine à gaz, sur le conseil d'un médecin, cet essai a été aussitôt renouvelé partout où il a été connu. Huit enfants y furent soumis à Bologne, par M. Gallinelli, trois fois par jour. Les accès de toux cessèrent bientôt, mais reparurent dès que l'on eut cessé. La coqueluche guérit en en reprenant l'usage. (Bull. méd. de Bologne, juin.)

Ces essais ont également réussi à Lyon, entre les mains de

M. Rater notamment. Il conseille toutefois de ne pas soumettre les petits malades à cette médication empirique dans la première période, pour éviter les complications plilegmasiques. [Gaz. de Lyon, avril.)

Ils ont généralement échoué, au contraire, sous les yeux des médecins spéciaux de Paris. M. Blaclie a vu deux entants de la même famille arrivés à une période assez avancée, conduits huit fois à l'usine, n'en éprouver qu'une notable aggravation des quintes. M. Bergeron ayant eu connaissance d'une amélioration rapide survenue chez un enfant par suite de ces inhalations, y soumit trois enfants qui n'en retirèrent aucun succès. M. Maingault échoua sur deux autres , ainsi que M. Roger. Seul, M. Barthez en a obtenu un résultat avantageux sur deux sœurs qui, en allant régulièrement à l'usine, furent guéries huit jours après, sans qu'il soit prouvé autrement que les vapeurs aient amené la guérison. (Soc. méd. des hôp. de Paris, 1 1 juillet.)

Résultant de l'épuration du gaz d'éclairage, les vapeurs sont composées d'ammoniaque et d'huiles volatiles. Pour mieux juger de leur effet, M. Blache a fait remplir un grand vase des résidus d'épuration dont il a fait aspirer les émanations à plusieurs enfants, sans obtenir aucun succès. M. Roger en a fait étendre dans une grande pièce de l'hôpital des Enfants, dans laquelle il fit séjourner plusieurs malades à la période de déclin et sans fièvre. Aucune modilication ne s'est manifestée malgré l'odeur forte et pénétrante qui s'en dégageait. Il y a donc lieu de penser que cette médication n'a rien de spécilique.

D'après l'observation de M. Commenge, elle aurait au contraire des avantages très-marqués. 88 enfants y furent soumis sérieusement à l'usine de Saint-Mandô, sans aucun traitement concomitant : 51 étant à la première période, c'est-à-dire atteints depuis trois semaines au plus, et les 37 autres depuis un, deux à trois mois ; 61 ayant une coqueluche très-violente et 27 de moyenne intensité: 65 ayant déjà été soumis à des médications très-variées et 23 n'ayant pas été traités. Il'y eut 54 guérisons, 24 améliorations et 10 insuccès.

Dans les cas de guérisoji, 38 fois la coqueluche était intense, et a nécessité 14 séances d'inhalation. 11 n'en a fallu que 10 dans les 1 6 cas où elle était peu grave. Moyenne : 1 2 séances.

De même, quant à son ancienneté. Dans 28 cas où elle était au début, les séances ont été de 1 2 5/1 0" en moyenne, et seu-

lement do 1 1 7/1 0"' dans les 26 cas où elle était plus ancienne. Donc, pas do dilTérence sensible.

Pour les améliorations, les séances ont été de 9 ; mais 8 seulement, dans 16 cas où elle était récente, et 10 chez les 8 malades où elle était plus ancienne..

Les séances étaient ordinairement de deux heures.

L'âge des malades n'a pas eu d'influence marquée sur le résultat.

L'amélioration se manifestait dès les premiers jours par la reprise de l'appétit, signe général et constant, des forces, de la gaieté, du sommeil, et la diminution de la tous, des quintes, la cessation de la fièvre.

Pourtant, le contraire s'observe dans quelques cas. Il se manifeste plus d'intensité des symptômes dans les quatre, cinq ou six premiers jours, sans que jamais aucun accident sérieux ait eu lieu; mais si l'on persiste, celte exacerbation cesse bientôt et laguérison survient. {Acad. de méd.)

M. Berthold n'est pas moins affirmalif en faveur de l'usine des Thèmes. Sur 901 malades amenés indistinctement, 219 ont guéri, 122 ont été sensiblement améliorés. Diminution des quintes et des vomissements, retour du sommeil, excitation de l'appétit, tels sont les phénomènes les plus saisissants qu'il a observés au commencement de la cure. 1 3 à 1 4 séances d'une heure au moins tous les jours ou tous les deux jours ont suffi pour la guérison... quand on doit guérir, (/rf.)

Les résultats obtenus par M. Oulmont à l'usine de la Villette dififèrent des précédents. Sur 33 enfants qui ont été présentés du 12 avril au 4 mai, le tiers avaient des bronchites ou des tubercules. Sur 10 observations de coqueluche exactement relevées chez des enfants de deux à cinq ans, 3 étant atteints depuis cinq à six semaines et les autres depuis six à vingt jours seulement, il n'a eu que 4 améliorations notables, et encore était-ce parmi ceux qui étaient le plus anciennement atteints. La séance était d'une heure environ, mais on ne dit pas le nombre des séances. {]d.)

Seigle ergolé. A l'exemple du docteur Grienpenkerl, M. Zaniboni ayant à combattre une épidémie de coqueluche qui atteignit 62 enfants, de juin à septembre dernier, à Pieve, employa le seigle ergoté en décoction k la dose de 2 grammes dans 96 de véhicule additionné de 48 de sirop de codéine, dont les malades prenaient une cuillerée à café toutes les deux heures.

Chaque malade en consomma ainsi en moyenne de 6 a 8 grammes, sans que la durée de la maladie en ait été notablement dmiinuée. La moyenne en fut de six à huit semâmes. 15 cas traites seulement après deux ou trois semaines d'invasion n en turent pas mieux inlluencés. Les hémorrhagies et les vomissements en furent au contraire promptement modifiés, et c'est contre ces symptômes que, suivant le praticien italien, ce médicament est surtout indiqué. {Gazz. med. Lombard., n° 43.)

Bromure d'ammonium. Comme M. Gibb, qui a conclu que le bromure d'ammonium exerçait sur l'arrière-gorge une action anesihésique analogue à celle du bromure de potassium, M Rilchie, médecin de l'hôpital des Enfants malades d Ldimbourc-, l'a expérimenté sur 20 enfants de trois mois a quatre ans atteints de coqueluche, à la dose de 3 à 1 2 grains parjour en plusieurs fois. 11 a été surtout utile chez ceux de deux ans environ, ce qui s'explique par la fréquence des complications chez les plus jeunes. Du reste, ce médicament a exerce dans tous les cas une action calmante manifeste sur les quintes, même chez trois qui ont succombé à des complications.^

C'est surtout lorsque les quintes sont très-rapprochées et déjà, anciennes que l'action en est évidente. On peut l'associer, dans ce cas, h la scille et à l'ipécacuanha, et donner même un vomitif préalable, [Edinb. mcd. Journ.)

CORIAI\IYRTIi\E. Principe vénéneux du redoul {Coriaria mirhifolia) souvent mélangé au séné (voy. ce mot). 2 décigrammes donnés à un chien de forte taille par M. Ribau, quoique vomis en entier presque aussitôt, ont produit des convulsions horribles après vingt minutes, et la mort en une heure quinze minutes. 8 centigrammes suffisent chez les lapins ; une injec tion sous-cutanée de 2 centigrammes tue un lapin en vingt-cinq minutes.

SvjirTÔMRs. Secousses vives de la tête se communiquant à tous les membres ; convulsions cloniques et tétaniques revenant par accès ; contraction de la pupille, Irismus, écume à la bouche ; les animaux succombent par asphyxie et épuisement nerveux.

A l'autopsie, les vaisseaux sont gorgés de sang brun coagulé dans les cavités cardiaques, l'artère pulmonaire, la veine cave inférieure; taches brunes des poumons; injection des méninges ; rigidité cadavérique rapide. Aucune action irritante

n'apparaît sur le lubo digestif. [Journ. de pharm. et de chim juin.) ■'

^ CROUP. Par cause externe. L'introduction accidentelle d'un haricot pris dans les voies respiratoires et le développement simultané de fausses membranes chez une enfant de quatre ans observée par M. Limousin (deBergerac), rendent ce faittout nouveau et remarquable. Si l'expulsion spontanée du corps étranger le onzième jour rend compte des accès de suffocation, d'asphyxie, même avec vive douleur au larynx, il n'est pas aussi facile d'expliquer que, sans épidémie régnante, l'enfant ait rejeté, dès le surlendemain de l'accident, « à la suite d'efforts de toux, des fragments de couenne parfaitement caractérisés. Le lendemain, elle a rejeté une fausse membrane blanche, très-résistante, tubuleuse dans une partie de son étendue, avec de petits tractus rouge vif comme des rudiments de vaisseaux sanguins. > {Union méd. de la Gironde, août.)

Ces détails précis ne permettent pas de supposer que l'enveloppe du haricot ait été prise inattentivement pour une fausse membrane. Si son développement résulte de l'irritation locale déterminée par la présence du haricot, elle n'avait rien de spécifique, de diphthéritique que le siège, comme la guérison de l'enfant paraît le confirmer.

Traitement. Par le froid. Consulté pour un enfant que les vomitifs répétés conjointement avec l'intoxication plongeaient dans une adynamie redoutable, M. Barthez conseilla de remplacer les vomitifs par les toniques [insufflation de tannin, potion au quinquina). Néanmoins, l'enfant continuant à s'affaiblir, M. Violette ajouta à ce traitement une cuillerée de glace pilée toutes les dix à quinze minutes sans interruption, et dès le lendemain, l'enfant était mieux; les fausses membranes se détachaient facilement et la guérison fut obtenue (Gas. des hôp., n° 28). Ce succès n'est certainement dû qu'à la précision des indications thérapeutiques et à leur savante exécution.

De même, après avoir vu succomber deux enfants d'un croup épidémique dans la même maison, M. Lacaze n'hésila pas à employer exclusivement les boissons glacées chez un troisième, puis un quatrième et un cinquième enfant atteints dans cette même maison : limonade de tamarin glacée et gargarismes astringents, outre un morceau de glace placé de temps en temps

ians la bouche. Il vit dès lors les amygdales, le gosier, se débarrasser de fausses membranes, les muqueuses prendre un rouge vif, les ganglions diminuer ainsi que l'oppression et l'adynamie. En persistant pendant plusieurs jours, ces trois enfants furent guéris.

Chez l'un d'eux, âgé de dix mois seulement, à défaut de pouvoir le faire gargariser ni boire, de l'eau glacée simple fut injectée toutes les demi-heures dans la gorge et les narines. {^Union méd., n" 78.)

Ce traitement est évidemment plus facile et plus simple que tous les autres. Il est même rationnel aujourd'hui que l'utilité des toniques est démontrée, puisque le froid en est un. Pourtant la relation de ces guérisons, bien que de nature à faire imiter ce traitement, montre que ce n'étaient pas là des croups graves, foudroyants, qui tuent, asphyxient en vingt-quatre, trenle-six ou quaranle-huit heures. Le plus jeune de ces enfants no fut traité par les boissons glacées que le cinquième jour de sa maladie. Et puis c'était dans un climat chaud, à la Réunion, que ce traitement d'origine tropicale a si bien réussi. Ce n'est pas une raison, toutefois, pour qu'il ne réussisse pas ailleurs.

C'est ainsi que rhydrolhéra[)ie, l'enveloppement du corps dans le drap mouillé, ont été employés avec succès en Allemagne il y quelques années. M. Delacoux, voyant les fausses membranes s'étendre et gagner le larynx sous l'action des caustiques, remplaça tout traitement par l'application sur le cou d'une cravate imbibée d'eau froide additionnée de liqueur de Labarraque et renouvelée toutes les heures. Une profonde sédation s'ensuivit le lendemain ; un effort de toux amène l'expulsion d'une masse de matière albumineuse suivie de plusieurs lambeaux assez larges. Trois jours après, la convalescence commençait. [Journ. des conn. méd., août.)

Fumigations d'élher. Préconisées au commencement de ce siècle par Pinel ot Alibert, elles ont été employées de nouveau par M. Besson dans deux cas de croup vrai rapportés dans V Abeille médicale, n» 38. Sans dire comme les auteurs du Traité de thérapeutique que ce sont là de faux croups, des angines striduleuses, puisqu'il y eut expulsion répétée de fausses membranes sous l'influence de cet agent, on peut avancer du moins que ce n'étaient pas là de ces croups formidables qui tuent en un ou deux jours, car l'éther n'a été employé que le cinquième, après l'usage de toute la série des autres m'oyons usités.

Quoi qu'il on 5oit, il suffit d'adapter et de luter exactement un petit entonnoir à une liinl)ale ou verre pour avoir l'appareil nécessaire à cet efl'et. Après avoir placé le récipient dans un bol contenant de l'eau chaude pour favoriser l'évaporalion de l'éther; on y verse IS grammes environ de ce liquide en plaçant aussitôt le tube de l'entonnoir dans la bouche du patient. Un violent accès de sufTocalion en est la conséquence, et après quelques inspirations, le malade se trouve dans une anxiété inexprimable. Dans celte lutte, et après des efforts suprêmes, des fausses membranes ont été rendues dans les deux cas, et il suffit de renouveler celte fumigation pour en faire expulser chaque fois. A ce paroxysme provoqué succède du calme réparateur, parfois du sommeil, et c'est ainsi que la dyspnée, diminuant peu à peu, les deux enfants guérirent.

Chez les malades où l'élément nerveux prédomine, ce moyen peut calmer efficacement les accidents, mais il est évident que ce n'est pas là un antidote du croup.

Injections nasales avec le nitrale d'argent. Imaginé et mis en pratique avec succès par M. Cazali, en 1 863, ce moyen a réussi de nouveau entre les mains de M. Suaver. Sur (rois cas de croup où il l'a employé, il a obtenu deux guérisons {Siglomed., p. 308). Nous n'en saurions dire autant, car il s'est montré inefficace dans un cas grave, foudroyant. Dsns deux cas, M. Benaventen'en a également obtenu qu'une rémission momentanée après de violents accès de toux sufiFocante et des vomissements qu'il détermine toujours. M. Burillo, qui l'a employé avec succès deux fois sur trois, croit qu'il agit comme sternutaloire en facilitant l'expulsion des fausses membranes et du sang. {Idem, n° 559.)

Son succès tient bien plutôt au développement lent, à la forme calarrhale, à la nature bénigne de cette maladie comme on l'observe parfois, sinon à des pseudo-croups. La composition et l'adhérence dés fausses membranes doivent varier aussi bien que leur siège et leur étendue. C'est sous ce rapport qu'il convient, croyons-nous, d'étudier l'indication et l'opportunité de ce moyen qui, par son action légère mais généralisée sur toutes les parties envahies, semble préférable à la cautérisation.

De V élément nerveux dans le croup, par le docteur Lallement, ancien interne lauréat des hôpitaux de Paris, etc. Un vol. in-S».

Des affections couenneuses du larynx, par le docteur Morax, ancien interne des hôpitaux de Paris. 1 vol. in-8°de 1 56 pages.

DAJAIÎSCII. C'e?t un poison indien dont l'extrait gris noirâtre, sec, cassant, expérimenté par M. Braidwood, a donné des résultats multiples. Moins soluble dans l'eau que le curare, il se dissout très-bien quand elle est acidulée; beaucoup moins dans l'alcool et dans l'éther. La solution aqueuse en est alcaline, amère, brune. Introduite par la méthode sous-cutanée, elle amène la paralysie de la sensibilité, puis de la motilité. L'affaiblissement des battements du cœur en est le premier phénomène; ils deviennent irréguliers, péristaltiques : les oreillettes ont deux contractions pour une du ventricule, et l'une des systoles auriculaires coïncide avec celle du ventricule. Bientôt il cesse de se contracter et n'éprouve plus qu'un léger soulèvement de ses parois par l'ondée auriculaire, ce qui tend a confirmer la théorie de M. Beau, car les oreillettes sont les dernières ii se contracter.

A ce moment, les grenouilles sautent encore avec vivacité, quoique le cœur ait complètement cessé de battre et que la fibre musculaire cardiaque soit insensible aux excitants mécaniques et à l'électricité.

C'est donc là un nouveau poison du cœur comme la digitaline, et qui produit la mort en paralysant cet organe ou plutôt les ganglions du grand sympatihque qui l'animent. M. Braidwood admet ainsi que les ventricules sont atteints les premiers parce qu'il porte son action primitive sur les ganglions situés dans le sillon auriculo-ventriculaire qui les animent surtout. (Edinburg med, Journ. , août. )

DELIRIUiM TllE^IENS. L'efficacité de la teinlw^e de digitale à hante dose, selon la pratique anglaise, a été évidente dans un cas observé à la clinique de M. Velpeau chez un homme adonné à l'ivrognerie qui avait un phlegmon sous-aponévrotique delà cuisse. M. Bauchet ayant observé du délire dont

l'inllammalion locale ne rendait pas compte, n'hésita pas à formuler la potion suivante :

1{. Julep gommeux. .

Teinture de digitale, Extrait tliébaïque. ,

200 gram.

5 cenligr.

A prendre en cinq fois de deux en deux heures. Dès le soir le délire cesse tout à coup, et le pouls, de 128 descend à 54. Le mieux se maintient et le malade guérit. {Gaz. des hôp.^

DÉLIVRANCE. Pour faciliter et hâter le décollement du placenta, M. de Confévron, médecin des hôpitaux de Langres, suivant une pratique recommandée dès 1822 par M. de Laporte [Journ. de méd. prat., t. XVIII et art. 1 036), remplace l'injection de la veine ombilicale, conseillée autrefois dans ce but, par la ligature du cordon au-dessus de la section, qui, en empêchant les vaisseaux placentaires de se vider, détermine une congestion placentaire par le reflux du sang. Depuis trentecinq ans qu'il suit cette pratique, il a toujours eu des délivrances promptes et faciles comme son confrère. C'est une précaution qui en tout cas ne devrait jamais être omise. [Rev. méd.-chir., n° 6.)

On sait que Crédé, dans le même but, au lieu de se borner à de légères frictions avec la paume de la main sur le fond de l'utérus, comme on le fait généralement à cet effet, embrasse, enveloppe au contraire cet organe avec la main entière, et le presse ainsi sans crainte de développer un peu de force sur l'insertion placentaire en dirigeant l'axe du mouvement vers le centre pelvien. Strassmann ayant répété cette manœuvre dans cent soixante cas, l'a trouvée simple, facile, suivie d'un prompt résultat et sans danger, et M. Laulh confirme ces appréciations. Sept femmes seulement ont accusé de la douleur; une à deux minutes suffisent pour voir tomber le placenta dans le vagin si l'on exécute bien le coup de main; quelques cas rares ont exigé dix à quinze minutes, y compris les pauses. Dans deux cas seuls elle a été impuissante; donc elle n'est pas infaillible. Elle réussit d'autant mieux qu'elle est employée contre des placentas volumineux ; aussi n'a-t-elle pas réussi dans les fausses couches au-dessous de cinq mois. La pression en arrière, dans les cas où la rétention se propage par une situation ou une

nformalion vicieuse de l'utérus, est surtout favorable. Aucun accident consécutif n'a été observé. Cette méthode est particulièrement indiquée dans les cas de rupture du cordon. (Soc. gynécolog. de Berlin, et Union méd., n° 38.)

Le même procédé est vanté par M. Saussier, qui l'emploie depuis longues années avec un constant succès, ainsi que le constate sa communication à la Société médicale de l'Aube (Gas. des hôp. , n" 93). Mais pourquoi recourir à cette manœuvre violente quand rien ne le commande? La nature ne suffit-elle pas généralement à l'expulsion rapide du placenta si l'on a le soin d'exercer quelques tractions sur le cordon, combinées avec de douces frictions sur l'hypogastre? Celle manœuvre n'est d'ailleurs pas sans douleurs, comme l'a constaté M. Lauth, et comment en serait-il autrement quand de simples frictions ne sont pas même supportées par certaines femmes. L'accouchement étant d'ailleurs une fonction physiologique, il est juste de la laisser s'accomplir naturellement quand rien n'en entrave le cours. C'est l'avis des plus célèbres accoucheurs.

M. Baudot combat ainsi avec raison la méthode encore plus violente que cherche à faire prévaloir M. Clauzure, sous prétexte que l'expulsion du placenta laissée à elle-même se fait attendre une à deux heures et màne jusqu'à six à huit, et produit ainsi la fièvre puerpérale par la résorpUon purulente s'opérant par les mille bouches de la plaie placentaire. Cet honorable praticien conseille d'introduire la main dans l'utérus aussitôt la sortie de l'enfant, pour décoller le placenta immédiatement et faire ensuite contracter la matrice sur elle-même (f/dio/i méd., n° 9'2). Mais n'ouvre-t on pas a\ns\ a\ec efjfr action ces mille bouches de la plaie placentaire, en exposant la femme au plus terrible accident de la parturition, l'hémorrhagie ? Et la répugnance, l'inquiétude qu'inspirent ces manœuvres à l'accouchée dans ce moment critique, el la perturbation apportée aux fonctions utérines par cette déplétion violente, complète, rapide, ne sont-elles pas mille fois plus redoutables que ce danger tout problématique et peut-être illusoire? On peut donc affirmer à priori que celle méthode est mauvaise, car elle marche en sens inverse de la nature el semble n'avoir pour but que de la contrarier. {^Union méd., n" 103.)

DENTITION. Contre les phénomènes convulsifs qui en dépendent, le professeur Fonssagrives tend à remettre en bon-

neur une pratique très-usitée en Angleterre et en Amérique OLi nous lavons souvent vu pratiquer avec succès : l'incision des gencives. L éclampsie infantile, lors même quelle coïncide avec des symptômes d'entérite, de catarrhe pulmonaire profond, de pseudo-méningite, réclame également cette opération car ces symptômes sont souvent liés à la première dentition' 11 préfère a cet effet l'ongle au bistouri et à la lancette.

DEIVTS. Carîe. Dans un cas de carie dentaire donnant lieu a des douleurs revenant par accès, le docteur Neumannemplova sur lui-même le chloratedepotasseavec succès en en introduisant de petits cristaux dans la cavité cariée. Ce serait, d'après lui un véritable spécifique de l'odontalgie, qui en a compté déjà tant sans en avoir réellement aucun. {Jrcli. f. Kin. Chir.. VJI.)

Réiniplantation. Un chirurgien de la marine impériale turque, Tahir-Effendi, assure avoir employé avec succès la réimplantation immédiate de dents arrachées par carie chez quinze ou seize personnes, sans aucun accident ultérieur (Soc. deméd. de Constantinople). Mais ce moyen, connu et employé depuis longtemps, est inapplicable dans la majorité des cas, soit par l'usure extrême de la dent lorsqu'on l'arrache, soit parce que des excroissances ou d'autres altérations s'opposent à sa réapplication, et, dans la plupart des autres, des périostites, des abcès, des fistules en sont la conséquence. Ce sont ces causes, comme le reconnaît très-bien M. Mitscherlich, qui, sur 19 transplantations, en ont fait échouer 8. Sur 4 0 essais, il y eut, au contraire, 8 insuccès entre les mains du docteur Guersant {Archiv. de méd., sept.). Le bon état des gencives est donç la meilleure condition de succès pour tenter cette opération.

DÉOINTOLOGIE. Devoirs du médecin. Si, d'une part, le médecin se doit à ses malades, ne se doit-il pas aussi à sa famille, à ses enfants, à ceux, en un mot, dont il est le principal, sinon l'unique soutien ? dit M. Rey. En s'exposant pour quelques malades, au point de compromettre sa vie, ne privet-il pas son pays, l'humanité, dés soins qu'il leur doit, des lumières qu'il a acquises en vue de les servir? La question est nouvelle, et sans mettre un frein à la charité, au dévouement, si dignes d'éloges du médecin, ni tracer des limites à ses sentiments affectueux, on peut examiner si un excès de complai-

sance n'a pas des incoiivénienls sérieux pour ses clients, ses confrères el pour lui-même, sans nulle conipensalion.

Pendant qu'il court souvent porter ses secours à un client plus impatient que malade, pour une indisposition légère, pendant qu'il est retenu chez un autre et qu'on l'occupe à des soins qui ne sont pas indispensables, un mourant, pour qui tous les instants sont comptés, peut être privé de ses soins.

Pendant que son temps s'écoule à multiplier des visites que l'on peut appeler souvent de complaisance, et qu'il épuise ses forces en courses et en exercice physique exagérés, ses sens, ses facultés s'émoussent par la fatigue, et sont exposés à perdre de leur sûreté ordinaire, juste au moment où un cas difficile, une opération délicate se présente et exige l'emploi de tous ses moyens.

N'est-ce pas faire ainsi de son savoir, son intelligence, son adresse, sa perspicacité, comme le prodigue fait des richesses : ,les gaspiller au point de se trouver au dépourvu quand il en a besoin ,

C'est créer vis-à-vis des clients, que l'on habitue à abuser ainsi du bon vouloir du médecin, un précédent que le public impose ensuite à tous en se prévalant de cet exemple. Ce . qui n'était qu'un acte de bonté devient ensuite un devoir.

En ne ménageant pas d'ailleurs ses forces, surtout dans l'exercice si pénible de la campagne, le médecin court à un épuisement prématuré, parfois à une mort inévitable. Combien qui succombent tous les jours, dans la force de l'âge, aux fatigues et aux dangers de la profession ! La femme du médecin et les enfants qui lui doivent le jour n'ont ils pas aussi leurs droits sur lui ?

Qu'il s'expose dans une épidémie, soit ; c'est un fait exceptionnel dans la vie, comme la bataille et le duel. Mais s'imposer un labeur au-dessus de ses forces dans l'exercice journalier de sa profession est impardonnable.

La règle bien simple qui peut guider le médecin de la manière la plus sûre : cest de ne rien faire d'inutile. La question d'opportunité doit être sans cesse agitée par lui, avant de s'imposer une fatigue quelconque. [Bull. méd. du Dauphiné, juin.)

DERMATOLOGIE. Étiologie. Toutes les maladies de la peau ont leur origine dans un désordre du système nerveux, suivant M. iu\er[flarveian Socielij, oct.). La plupart, même

les affections parasitaires, peuvent être attribuées à une action réflexe des nerfs de la peau ou de la muqueuse intestinale sur les fibres nerveuses sensilives transmises ainsi à l'axe cérébrospinal. Ainsi agissent le froid et la chaleur. Repoussant l'altération du sang comme le fons et Vorigo de ces maladies l'influence nerveuse lui paraît bien plus évidente, comme à plusieurs auteurs et d'après les exemples qu'il en donne. Toulefois les formes spécifiques seraient déterminées par l'élément morbifique du sang qui agirait primitivement sur les centres nerveux, ce qui se rapproche beaucoup de la doctrine qu'il combat.

Ainsi s'expliquent les rétrocessions, les métastases d'une éruption cutanée chronique sur l'intestin, et réciproquement en considérant l'expulsion d'un mucus adhérent comme la chute de l'épithélium. Si l'irritation des nerfs centripètes ne produit pas toujours une dermatose, elle produit d'autres phénomènes nerveux. Ainsi l'irritation d'un nerf dentaire ou des nerfs inteslinaux chez les enfants fait naître tantôt une affection cutanée, tantôt de la diarrhée.

L'action curative de l'arsenic sur les dermatoses serait due à son pouvoir sur l'irritabilité du système nerveux. Il a ainsi une action curative et tonique tant qu'il a à combattre une condition morbide, mais il produit un effet lout opposé dès que l'affection de peau est disparue, ou que l'organisme est saturé de ce remède. {Gaz. de Lyon, n° 22.)

Parasitisme. L'introduction dans l'organisme du Pénicillium ç/laucum, qui constitue la moississure du pain, ayant été signalée comme la cause du psoriasis par M. Vertheim (de Vienne), MM. Leplat et Gaillard ont répété les expériences mêmes qu'il invoquait pour soutenir son opinion, afin d'en vérifier la justesse. Ayant mélangé les spores de ce champignon à une petite quantité d'eau distillée, ils l'ont injectée dans la jugulaire et la saphènede quatre chiens sans qu'aucune éruption se soit manifestée sur ces animaux les jours suivants. Il est donc inexact de dire qu'elles produisent une dermatose caractéristique et spéciale; on ne les retrouve même plus dans le torrent circulatoire vingt-quatreheuresaprès leur injection. [Acad. des sciences.]

Action de la créosote. Conduit par les expériences de M. Béchamp, démontrant qu'elle s'oppose au développement des spores des mucédinées, à l'écloslon des œufs des infusoires dans

les aissolutions fermentescibles, M. Masse l a employée contre le sycosis, espérant ainsi en détruire la cause. L'examen microscopique du bulbe hypertrophié des poils révélait Faction des spores et des tubes de mycélium d'un véritable microsporon mentagrophyle. Des lotions avec parties égales d'eau et d'alcool (50 grammes et 50 centigrammes de créosote dont on double graduellement la dose), faites deux et trois fois par jour, huit jours consécutifs, ont amené la disparition de l'éruption pustulo-tuberculeuse et la destruction des parasites. 11 guérit ainsi en prévenant la multiplication des parasites. On pourrait l'essayer également contre l'acarus. Voy. Mentagre.

The classification of skin cUseases (classificaHon des maladies de la peau, contenant le plan et la critique de toutes les classifications modernes, avec un nouveau projet), par Tilbury Fox. Londres, 43 p. in-8°. — The nature of so called « Parasites of tke skin » (Nature des parasites cutanés), 24 p. in-8", par le même. — Trealment of diseases of tke skin {Traitement des maladies de la peau, par Frazer, professeur de matière médiicale. Dublin, in-8° de 174 pages. Ouvrage tout élémentaire.

DESIIVFECTAIVTS. Aux nombreux agents ainsi nommés et dont le permanganate de potasse paraît le meilleur type, en voici un qui, comme le coaltar, est dû plutôt au hasard qu'au raisonnement. Un médecin de Georgetown, appelé par la justice à faire l'examen d'un cadavre enfoui dans de la bagasse, remarqua avec étonnement qu'il n'exhalait aucune odeur putride let s'était desséché et comme momifié. Il expérimenta alors sur !des cadavres d'animaux, et se convainquit que la fermentation delà bagasse fraîche produit un gaz désinfectant et conservateur. Il faut dire ici que la bagasse est le détritus des cannes à sucre passées au moulin pour en exprimer le suc.

Appliquée à la désinfection d'un hôpital de la colonie où régnait la pourriture d'hôpital, la bagasse, placée dans des baiquets et renouvelée fréquemment dans les salles, arrêta bientôt la contagion de ces accidents. Nouvelle preuve que le remède se trouve partout à côté du mal, à l'homme de le chercher pour le découvrir. (Soc. des Arts de Londres, et Union méd.. n°38 )

L'odeur cadavéreuse qui s'attache aux mains de ceux qui font des autopsies, des dissections ou des expériences, et que le savon m l'eau chlorurée ne font disparaître qu'incomplète-

ment, disparaît aussitôt, au contraire, avec une légère solution de permanganate de potasse.

DIABÈTE. ÉTioLOGiE. Un nouveau fait de diabète traumatique, rapporté par M. Klee, rend incontestable celle que lui a assignée M. Cl. Bernard. Une jeune femme, d'une santé robuste, reçoit d'un fou furieux quatre coups de hache dont trois portent sur le crâne : un sur la bosse frontale gauche et deux sur le pariétal du même côté. Dès le lendemain une soit vive se déclare et le quatrième la glycose est constatée dans les urines. Elle n'a duré qu'un mois, comme un témoignage probant de son origine accidentelle. (Soc. méd. du Haut- Rhin.)

M. Béranger-Féraud l'a fait naître chez un singe femelle, en le soumettant à un régime omnivore. {Acad. des sciences.)

Hérédité. Une paysanne de quE^rante-sept ans consulta le docteur Mosler en raison de la soif intense qu'elle éprouvait depuis trois semaines et la grande quantité d'urine qu'elle rendait. Elle ajouta que, en goûtant son urine, elle l'avait trouvée sucrée, et que son père et sa mère, et deux de ses sœurs, étaient morts ainsi de diabète. L'examen de l'urine rendue instantanément donna une gravité spécifique de 1,043, et contenait beaucoup de sucre. Trois semaines après, le fils de cette femme, âgé de quinze ans, gros et bien développé, présentait les mêmes symptômes : son urine, très-sucrée , 'marquait -1,040 de gravité. C'en est donc trois générations successivement atteintes, {Berlin, med. Woch., n" 27.)

Traitement. Des expériences comparatives , faites par M. Smart à l'infirmerie royale d'Edimbourg sur deux diabétiques placés autant que possible dans des conditions identiques, lui ont donné les résultats suivants :

Sucre de canne : Augmentation considérable de diurèse, de la proportion du sucre dans l'urine et de la soif.

Riz : Effets semblables, contrairement à ce que l'on admet, de manière à le ranger en deuxième ligne, ce qui ne s'explique pas eu tenant compte exclusivement de la proportion d'amidon et de sucre qu'il contient.

Pommes de terre : En troisième ligne, et en quatrième, fait bien digne à noter, le pain de gluten; ce qui porte à se demander s'il n'était pas falsifié. Et cela d'autant plus que les

malades le préféraient au pain ordinaire, que Ion ne s est pas assuré de sa composition exacte, et qu'il avait un goût douceâtre. Néanmoins, des expériences nombreuses avec le pain blanc ont confirmé ces résultats : il produisait moins de sucre que le pain de gluten et plus que le pain bis et le gruau. Le pain de son se rangeait à peu prés dans la même catégorie.

Gruau ; Mélangé en parties égales aux autres farines, il produisait une diminution très-notable dans l'élimination du sucre et la quantité d'urine ; mais ce mélange était désagréable aux malades.

OEufs : Par leur usage exclusif, une diminution progressive de l'urine et du sucre s'ensuivait, et l'on serait probablement arrivé à supprimer complètement la glycosurie s'il avait été possible de les y astreindre assez longtemps, r Lait : Le sucre de lait ne se transforma pas en glycose, et le sucre disparut progressivement de l'urine, comme pendant le régime exclusif d'oeufs ; mais ici encore il ne fut pas possible d'astreindre pendant un temps suffisant les malades à un régime lacté exclusif.

Régime animal (œufs, lait, poissons, bœuf, mouton, etc.) : Donnés séparément ou en mélange, conséquence invariable : diminution progressive de l'élimination du sucre et de la sécrétion urinaire ; amendement notable de la faim et de la soif; augmentation de la densité de l'urine.

Légumes (choux et navets) : Augmentation sensible du sucre éliminé, mais dans une proportion moindre qu'on ne le pense généralement. Ces aliments produisaient facilement des troubles dans la digestion.

Huile de foie de monte el graines : Mêmes résultats que la diète animale, mais les malades éprouvaient invai iablement des nausées après en avoir usé quelque temps.

Régimes mixtes : Quantité de sucre éliminé invariablement proportionnelle au sucre et à l'amidon des aliments.

Permanganate de fiolasse : Soif soulagée ; urine moins dense, mais augmentée de quantité, de même que le sucre.

Perrruinganale de fer : Appétit plus vif, pas d'amendement de la soif; sucre augmenté, pas dinHuence sur l'abondance de l'urine.

Glycérine : Augmentation de la soif, de la sécrétion urinaire

et de la quantité totale de sucre éliminé ; diminution de la densité de l'urine.

Chloroforme en inhalations répétées toutes les deux heures : Augmentation notable de la quantité d'urine sécrétée, diminution de sa densité, augmentation de la quantité totale de sucre éliminé dans les vingt -quatre heures. Ce dernier effet paraît être dû seulement à l'effet diurétique du chloroforme.

Ether sulfurique et chlorique : Action analogue, mais moins prononcée.

Strychnine : A 1/40* de grain trois fois par jour, augmenté peu à peu jusqu'à l'apparition des premiers signes de son action physiologique, le sucre diminua progressivement et proportionnellement à la dose de strychnine ; la santé générale était bonne et les malades gagnaient du poids.

Crème de tartre. Après avoir perdu du typhus deux malades diabétiques soumis à la médication alcaline, M. Betoldi, attribuant à cette médication une part dans la perte de ces deux malades, en soumit un troisième à une médication reconstituante, dont le vin de Bordeaux faisait la base.j Ce vin étant venu à manquer, dut être remplacé par du vin de Lisbonne, lequel ne contient pas de crème de tartre ; l'amélioration obtenue à l'aide du vin de Bordeaux ne se maintint pas. L'état du malade empira. Soupçonnant que la vertu curative du vin tient à la crème de tartre et non à l'alcool, l'auteur finit par prescrire une limonade saturée de crème de tartre, sous l'action de laquelle l'amélioration fut plus rapide encore qu'à l'aide du vin de Bordeaux.

En somme, l'emploi de cette limonade constitue tout le traitement ; les malades ne sont privés ni de féculents, ni de sucre ; ils mangent à leur guise, mais leur boisson doit être saturée de crème de tartre.

Avec cette médication, les récidives sont fréquentes, mais elles se dissipent avec une telle facilité qu'elles ne donnent pas d'inquiétude, {Annal, univ. di medicina.)

Oxygène. Les inspirations d'oxygène, faites dans deux cas par M. Bérenger-Féraud, et les bons effets qu'il en a obtenus, doivent inviter à répéter l'essai de ce moyen, qui peut être employé sans hésitation (Bull, de thérap,, sept.)

Iode : Cinq à dix gouttes de teinture par jour dans un verre d'eau lui ont aussi donné de bons résultats, (/d.)

contre celte maladie, les défauts qu'on lui reproche, M. Bérenger-Féraud propose d'y joindre une quantité de son en proportion opposée à celle du gluten, la quantité de farine restant la môme, soit 1 0 pour < 00. Il est ainsi plus mangeable et à meilleur marché, sans contenir plus de fécule. {Bull, de thérap.)

Dans la même pensée, M. Camplin indique un gâteau de son. Après avoir lavé, séché et pulvérisé celui-ci en poudre impalpable, on en fait une pâte avec un œuf par once, du beurre et du lait q. s. et l'on fait ainsi de petits gâteaux pour les diabétiques. La glycérine pure peut servir d'autre part à édulcorer leurs aliments. [Union méd., n" 42.)

On diabètes, and ils successful Ireatment, by John M. Camplin. 3" édition.

Recherches sur les accidents diabétiques, par le docteur Marchai (de Calvi). Un fort vol. in-S".

DIALYSE. La pénétration réciproque de deux liquides séparés par une membrane a été l'objet de travaux qui remontent au siècle dernier. L'abbé Nollet, ayant placé dans un vase d'eau une tiole remplie d'alcool et fermée par une membrane, constata que l'alcool augmente considérablement de volume et de poids. L'histoire de l'Académie des sciences de 1748 contient les nombreuses recherches de ce physicien, qui peuvent être regardées comme l'origine de la dialyse.

Dutrochet, plus tard, sur de semblables expériences, établit la théorie de l'endosmose, et dans ces derniers temps, M. Graham généralisa ce principe et sut le rattacher à la diffusion moléculaire. Au moyen de ce nouveau procédé d'analyse, il a séparé l'acide arsénieux, l'émétique, la strychnine, des matières organiques avec lesquelles ces substances avaient été mélangées. Sur ses traces, d'autres expérimentateurs ont depuis isolé plusieurs agents toxiques, morphine, digitaline, etc.

Par la même méthode, en plaçant sur un dyaliseur l'urine d'un malade soumis à l'usage de la sanlonine, M. Hardy a constaté le passage de ce médicament dans l'eau environnante ; quelques gouttes d'ammoniaque ont produit une teinte rouge caractéristique. Il a de même séparé l'acide urique de l'urate de soude. Celui-ci se dialyse parfaitement, tandis que l'acide urique ne traverse le dialyseur que d'une manière insensible et imparfaite {Revue méd. , sept.) Voy. Digitaline.

DI/VTIIÈSE. La manifestalion simnilanée du cancer et de la syphilis, du tubercule et dos tumeurs fibro-plasiiques elc prouve que les dialhèses no sont pas absolument antagonistes comme on 1 a dit. Leur coexistence est pourtant assez rare selon M Broca.- Suivant M. Pidoox, au contraire, la phlhisie comcide, ou plutôt suit très-fréquemment la diathèse urique rhumatismale, goutteuse, scrofuleuse, etc. Voy. Piithisie,

Diathésc urîciue. Le froid sec et les chaleurs extrêmes v prédisposent, selon M. Mercier: celui-là en concentrant dans 1 urine les principes acides et ammoniacaux qui sont entraînés normalement par l'exhalation cutanée; celles-ci en raréfiant ce liquide. De là Turéthrocystite, qui se produit dans ces circonstances. [Soc. méd. pratique.)

DIETE SECHE. Elle consiste à diminuer et même à supprimer l'usage des liquides dans l'alimentation, ce qui imprime à tout l'organisme une réelle et puissante modification. Des guérisons inespérées, dit M. Cafl'e, s'obtiennent ainsi dans le cas de sécrétions liquides abondantes, pathologiques, la galactorrhée, la bronchorrée, par exemple, et quelques variétés d'hydropisies. L'obésité se trouve ainsi arrêtée, conformément au principe du docteur Dancel. De môme de la syphilis constitutionnelle.

Certaines constitutions caractérisées par une prédominance des sécrétions séreuses et une infiltration, une bouffissure générale et habituelle, pourraient aussi être favorablement modifiées par ce régime; mais il ne peut être toléré qu'en raison des conditions d'âge, de climat et de degré de la maladie.

Voici comment il est appliqué en Orient : on choisit un lieu d'habitation d'une température moyenne et la nourriture se compose exclusivement de biscuits, dattes et raisins secs. Un verre d'eau est mis à la disposition du patient, qui n'en use que par goutte et au travers d'un chalumeau. Il a pu être supporté ainsi pendant des mois. Les liquides nécessaires à l'existence sont alors empruntés aux tissus et aux sécrétions qui doivent ainsi diminuer notablement. [Journ. des conn. méJ.)

DIGITALINE. Toxicologie. Dans l'impuissance de la chimie à extraire, à isoler de l'organisme humain les poisons végétaux qui y ont été introduits, et ne pouvant les recomposer, les distinguer ni faire ainsi la preuve matérielle, évidente du

crime comme pour les poisons minéraux, il devenait indispensable à la protection, la sécurité des familles et la garantie de la justice, que la toxicologie découvrît de nouveaux moyens d'en déceler, d'en reconnaître, sinon la présence, au moins le passage et l'action. Un procès célèbre en a fourni l'occasion pour l'un des poisons végétaux les plus dangereux et à la fois les plus usités : la digitaline, alcaloïde de la digitale, communément employée comme sédatif de la circulation cardiaque ou comme diurétique. Les expériences toxico-physiologiques et les recherches nécropsiques ont suppléé ici à l'impuissance de la chimie, et de la comparaison des résultats et de leur similitude est sortie la lumière.

Les expériences losicologiques avec ce poison du cœur ont montré chez les animaux supérieurs qu'après une certaine agitation coïncidant souvent avec une accélération des battements du cœur, le ralentissement ne tarde pas à se produire jusqu'à arrêt complet, et que la mort survient subitement comme dans une syncope dès que ces mouvements ont cessé. Immédiatement après, le sang continue à arriver rouge, artérialisé dans les cavités gauches par la continuité de la respiration, même après l'arrêt complet des pulsations cardiaques. Aussi le cœur est-il dilaté au premier moment par le sang qui persiste ainsi à affluer dans ses cavités ; mais bientôt la rigidité cadavérique se produit surtout dans les ventricules beaucoup plus rapidement que dans les autres muscles. A la dilatation des premiers instants succède donc une rétraction très-manifeste des ventricules un quart d'heure environ après la mort et qui persiste ensuite.

Chez les animaux inférieurs, la grenouille par exemple, sur laquelle MM. Vulpian, Homolle, Eulenburz et Ehrenhaus ont constaté une action très-manifeste de la digitaline, contrairement à l'assertion de Stannius, la vie se prolonge après que le cœur a cessé de battre. On rend l'observation très-facile en introduisant de la digitaline sous la peau et en mettant le cœur à nu. Les oreillettes commencent à se contracter un peu irrégulièrement; le trouble est beaucoup plus grand dans les ventricules, leur contraction est très-irrégulière et dès lors les battements se ralentissent, puis le cœur devient bientôt immobile. Les ventricules s'arrêtent d'abord, restent vides, pâles, resserrés, alors que les oreillettes exécutent encore des contractions insuffisantes pour faire entrer le sang dans les ventricules, de

telle sorte qu'elles se dilatent de plus en plus, et c'est ainsi qu'à l'immobilité du cœur succède immédiatement le resserrement des ventricules et la dilatation des oreillettes, état qui semble en faveur de la théorie de M. Beau sur la circulation cardiaque. Mais le caractère spécial de cet empoisonnement sur la grenouille, c'est qu'elle se meut avec une vivacité presque normale alors que le cœur vient ainsi de s'arrêter complètement. En la plongeant dans une dissolution de digitaline, on voit également les mouvements du cœur cesser et reparaître dès qu'on l'en retire.

Les symptômes constatés chez l'homme dans trois cas d'empoisonnement par la digitaline, extraits de V Union médicale, ^ 854 , 1854, 1 857, sont en parfait accord avec ces expériences : mouvements tumultueux, irréguliers, intermittents du cœur, parfois accélérés au début, puis se ralentissant progressivement jusqu'à la mort; pulsations irrégulières, inégales, intermittentes ; nausées, vomissements continuels, troubles des fonctions digestives, comme absence de soif, défaut de selles, suppression d'urine, troubles des sens avec faiblesse, prostration extrême précédant la mort. D'autres observations rappelées par M. HomoUe [Union méd., n" 73) conârment entièrement cette symplomalologie chez l'homme et les animaux. U'où il suit que les effets toxiques immédiats de cet agent sont diamétralement opposés à ses effets thérapeutiques : c'est-à-dire accélération des battements du cœur au lieu de leur sédation, anurie au lieu de la diurèse que l'on recherche et que l'on obtient ordinairement par son usage médical.

Néanmoins, dit M. HomoUe, cet usage trop longtemps continué de la digitaline ou l'élévation progressive des doses amènent presque infailliblementl'intermiltence et l'inégalité dans le pouls, lors même qu'il était régulier auparavant. Il ressort également des expériences que l'organisme, au lieu de perdre par l'accoutumance son impressionnabilité à l'action de la digitaline, devient au contraire plus sensible à son influence par l'usage longtemps continué.

Or, la veuve de Pauw avait présenté des vomissements répétés survenus tout à coup avec une extrême intensité et suivis d'un affaiblissement, d'une prostration rapides. Au dernier moment, pâle, agitée, baignée d'une sueur froide, elle se plaignait d'une douleur de tête insupportable avec pouls irrégulier, intermittent, puis imperceptible; les battements du

cœur lumullueux, irreguliers, cessant par instants et bientôt supprimés. La similitude était donc frappante.

L'autopsie, faite treize jours après le décès, ne montre aucune trace de maladie ; le cadavre est dans une conservation parfaite, notamment le cœur contenant une certaine quantité de sang coagulé sans caillot organisé. Les tissus ne révèlent la trace d'aucun minéral toxique à l'analyse. Des extraits alcooliques, bouillis et lavés avec ces tissus comme avec les matières vomies, donnent une saveur très-amère, précipitent par l'acide tannique, se colorent en rouge par l'acide sulfurique, en vert par l'acide chlorhydrique, caractères réactifs de la digitaline, mais qui ne lui sont pas exclusifs.

Les expériences toxico-physiologiques avec l'extrait des matières vomies ont été bien plus concluantes. 5 grammes introduits sous la peau d'un chien vigoureux dont le pouls est à 412 donnent des crises de vomissement après deux heures et demie; l'animal se recouche, il est anxieux, abattu. Le pouls, irrégulier et intermittent, est à 94; les battements du cœur, précipités et tumultueux, s'accélèrent ensuite, puis les vomissements reparaissent; le pouls tombe graduellement à 40 pulsations faibles et irrégulières, et la mort survient après vingtdeux heures sans agonie. L'autopsie, deux heures après la mort, montre les ventricules très-contractés et les oreillettes dilatées. Un sang noir, épais et coagulé, remplit le cœur.

En faisant avaler 2 grammes du même extrait au lapin — qui ne vomit pas — il en résulte diminution considérable, intermittence, irrégularité et précipitation des battements du cœur qui descendent à 41 par minute; mort après deux heures trois quarts ; à l'autopsie, oreillettes dilatées, ventricules contractés, pointe du cœur d'un rouge vif.

Une expérience comparative donne les mêmes résultats. 5 grammes de l'extrait des tissus insérés sous la peau d'un chien abaissent le pouls de 102 à 45, provoquent deux vomissements; puis le pouls remonte et l'animal se rétablit.

En expérimentant de même sur des grenouilles, sur l'une, en lui découvrant seulement le cœur, et sur deux autres, en leur introduisant comparativement une solution de digitaline et 30 centigrammes de l'extrait des matières vomies, on a noté un abaissement graduel et progressif de minute en minute jusqu'à 0 sur celles-ci, tandis que la première avait encore 36 pulsations. Ces observations renouvelées déterminaient donc la na-

GARNIER. o

luro du poison, el c'est ainsi que la physiologie, se substituant à la chimie dans les recherches toxicologiques, a décelé la présence des substances les plus subtiles et créé une nouvelle méthode pour la médecine légale.

Suivant les expériences de MM. Lefort et Grandeau, les moindres particules de digitaline, soit 1 centigramme,' par exemple, sont décelées au moyen du dialyseur, qu'elle soit mêlée à l'urine ou à d'autres liquides. L'incertitude de ces réactions est encore augmentée par les différences de solubilité constaiées par M. Lefort entre la digitaline dite allemande, qui est très-soluble, et celle dite française, qui ne l'est pas. Celle-ci se colore beaucoup plus rapidement en vert foncé par l'acide chlorhydrique que celle-là, en développant mieux l'odeur de la poudre ou de la teinture de digitale. Au microscope, elle paraît en un magma opaque, tandis que la digitaline soluble laisse voir des vestiges de cristaux sous formes déterminées, ce qui dénote un produit plus pur et plus défini.

Effets sur rurine. La diminution ou la suppression de ce liquide, constatées par tous les observateurs et les expérimentateurs, est d'autant plus digne de remarque qu'à faible dose, à dose thérapeutique, la digitale est donnée comme diurétique dans les épanchements séreux, infiltrations ou hydropisies, et produit réellement cet effet.

Les observations et les expériences de M. Stadios (de Kiew) •tendent à rendre compte de ce phénomène, car il en résulte que cette diminution de la sécrétion rénale par la digitaline coïncide avec une diminution des parties constituantes de l'urine : urée, chlorure sodique, phosphate et sulfate ; l'acide urique seul est augmenté bien que l'acidité reste la même. Le poids spécifique de l'urine est aussi diminué.

Par son action profonde, bien connue, sur l'organe central de la circulation, elle amène un ralentissement de la nutrition et un amaigrissement rapide , elle abat l'activité des organes sexuels.

Une affection particulière de la muqueuse nasale, se montrant sous la forme d'un violent coryza, paraît constituer un symptôme caractéristique pendant l'usage de cet alcaloïde énergique, dont la force d'action est dans le rapport de 30 : 1 relativement à la digitale. {Gaz. inéd.)

Enfin il résulte d'une observation d'empoisonnement par la digitale, chez une jeune domestique de vingt-deux ans, re-

cueillie par M, Mazet (d'Anduze), que cette action hyposthéniàante profonde sur l'organe central de la circulation prédispose consécutivement à la syncope. Le? matin du cinquième jour, en effet, le pouls étant relevé à 58, moins irrégulier, les vomissements moins nombreux, la miction plus facile, et alors que tout semblait annoncer le rétablissement des fonctions, les règles étant môme apparues, cette fille se lève pour uriner et s'affaisse tout à coup ; elle était morte. Si, en l'absence d'autopsie, toutes les particularités se réunissent pour rattacher cette mort subite à la syncope, et celle-ci à l'action élective de la digitale sur le cœur, la conséquence pratique est de chercher à prévenir cet accident en recommandant instamment au malade de garder la position horizontale qui y expose le moins. (Gaz. des hôp., n" 76.)

Effets à haute dose sur le chien. S à 6 milligrammes est une dose hardie chez un individu, dit M. Faure -, chez le chien, 8 centigrammes ne produisent aucun effet ; c'est au plus si à 10 centigrammes, de quelque façon qu'on les ait administrés, sous la peau ou par l'estomac, on est sûr d'avoir obtenu un résultat, comme la relation de quatre expériences en dépose.

Le vomissement qui suit, au lieu d'ôtre marqué par l'effort de l'estomac, qui est ordinairement le fait principal, comme dans le vomissement ordinaire, n'est que la suite d'une série de contractions convulsives revenant d'une manière intermittente, qui ont commencé dans les parties du corps les plus éloignées, et qui n'apparaissent dans les régions supérieures qu'après avoir occupé les membres et le bas-ventre. Cela est si vrai, que, si les effets du poison se portent vers l'intestin, l'animal a les mêmes convulsions, en sens inverse seulement, et après avoir expulsé les matières stercorales, il rejette, avec des efforts inouïs, une substance glaireuse verdâtre, le plus souvent tachetée de sang.

M. Faure n'a pu constater son action spéciale sur le cœur. A chaque crise de vomissement, les battements augmentent de fréquence et d'intensité, comme h la suite de toute surexcitation, pour se ralentir ensuite graduellement; ce qu'il lui semble aussi rationnel d'attribuer à la sidération physiologique qu'au poison.

Déposée sous la peau, derrière le cou, pour que l'animal ne puisse se lécher, la digitaline a eu une action plus intense que

par l'estomac , les accidents acquéraient plus vile une terrible violence et la mort était immanquable.

D'où il suit que les caractères physiques du vomissement peuvent être un signe précieux d'empoisonnement avec celle substance par la méthode endermique, alors que ni la plaie ni les vomissements ne révèlent les traces du poison. [Arch. de méd., oct.)

DIPSOMAME. Selon M. Flelcher, l'ivrognerie constitue, dans certains cas, une véritable aliénation mentale, aussi bien caractérisée éliologiquement et symptomalologiquement que d'autres formes de folie. Malgré la difficulté de les distinguer, les exemples d'entraînements irrésistibles sont nombreux et réels. L'hérédité joue un grand rôle dans celte perversion mentale et devient surtout évidente après plusieurs générations de buveurs.

Tandis que l'ivresse accidentelle n'est que l'exagération du caractère ordinaire de l'individu, la dipsomanie crée un état tout nouveau. L'homme a fait place à la bêle ; les hallucinations, le delirium iremens, sont les symptômes de cet état pathologique, comme le suicide et l'homicide en sont les conséquences.

Priver le malade de boissons fermentées et faire appel à sa raison sont les bases du traitement. Si ces moyens ne peuvent plus avoir d'action, M. Fletcher croit qu'il n'est pas juste de séquestrer ce malade comme un aliéné ; il préfère le séjour dans les établissements créés dans ce but spécial en Ecosse, en Irlande, en Amérique, où l'homme sur la pente de la dipsomanie peut aller demander un refuge contre cette funeste passion devenue plus forte que lui-même. [British. vied. Journ.)

Cette opinion, qui remonte à Esquirol, est contredite par M. Morel, qui considère la dipsomanie comme dépendant d'une affection principale au même titre que les autres monomanies. Il est certain pourtant, dit M. Voisin, qu'elle a succédé à un usage d'abord modéré, l'état moral étant sain et progressivement exagéré, comme dans les observations II, III, V et YI

d'Esquirol. , . ., , , , • j

Dans les autres cas, ce besoin, dit irrésistible, de boire des alcooliques, est le résultat d'une perversion de la sensibilité gastrique, comme la boulimie, le pica, la malacia et, comme eux, dépend de la gastralgie, sans être un état morbide spécial. [Ann. méd.-psijchol., iaïWeL)

DOCTRUVES MÉDICALES. Jnsiitutions d'Hippocrale, ou Exposé philosophique des principes additionnels de la médecine, suivi d'un résumé historique du naturisme, du vitalisme et de l'organicisme, et d'un essai sur la constitution de la médecine, par le docteur T. C. E. Edouard Auber, chevalier de la Légion d'honneur. Un vol. grand in- 8° de luxe. — De l'organicisme, précédé de réflexions sur l'incrédulité en matière de médecine, et suivi de commentaires et d'aphorismes, par le professeur Rostan. 3'' édit., 4 vol. in-S" de 400 pages. — Études suf la médecine animique et vilaliste. Ouvrage qui a obtenu une mention honorable à l'Académie de médecine, par M. J. Charpignon, D.-M. Un volume grand in-8». — Le vitalisme et l'animisme de Slahl, par Albert Lemoine, maître de conférences à l'École normale supérieure, 1 vol. in-IS faisant partie de la Bibliothèque de philosophie contemporaine. — La reforma medica [La réforme médicale), par le docteur Nieto Serrano. Madrid, 1 vol in-S". — De. la méthode à suivre dans Vétude et l'enseignement de la clinique : Vitalisme et organicisme, par le docteur A. Valette, professeur de clinique chirurgicale à l'École de médecine de Lyon, etc. In-8° de 4 00 page^.

DOULEUR. Parmi les sédatifs les plus puissants, M. Smith préconise le sulfure de carbone (voy. ce mot).

Doulenrs vésicalcs et urétUrales. Voy. Névralgie.

DOURIIVE. Si, comme des expériences négatives nombreuses des médecins et des vétérinaires le prouvent, la syphilis n'est pas transmissible aux animaux, le cheval est pourtant sujet à une maladie spéciale analogue à la syphilis de l'homme. Elle n'affecte que les organes génitaux et se transmet seulement par le coït, d'où son nom de maladie du coït ou el dourin comme l'appellent les Arabes.

On n'en trouve pas d'observations bien authentiques avant 4 796. Passé cette époque, on l'a vue dans les principaux haras de l'Europe, ainsi qu'en Arabie, où elle est assez fréquente. Inoculée partout ailleurs qu'aux parties génitales, elle ne se reproduit pas. Les lésions locales, quand il y en a, sont à peu près insignifiantes : la maladie se caractérise par des symptômes généraux, et particulièrement des troubles graves du système nerveux. C'est en saillissant des juments affectées de cette maladie que les chevaux la contractent, et ces mêmes chevaux,

sans avoir la moindre ulcéralion au pénis, la transmettent parfailement aux juments.

Un fait unique tendrait à établir une certaine filiation entre celte maladie et la syphilis; le voici : En Afrique, où celle maladie est Irès-répandue, c'est une croyance vulgaire que le meilleur moyen de guérison pour la verge malade est son intromission dans le vagin d'une femelle animale, comme autrefois sans doule on admettait que la défloration d'une vierge élait un remède infaillible contre la gonorrliée. Une ânesse servit donc de moyen thérapeutique à un zouave ; le baudet mulassier qui saillit cette ânesse eut la maladie du coït qu'il transmit aux juments qu'il saillit après Cad, de méd., sept.). Quoique la filiation du fait ait été établie, un seul exemple ne saurait faire loi.

DRAIIVAGE CHIRURGICAL, En le pratiquant avec le trocart, dit M. Ciniselli, les parois de l'ouverture s'appliquant étroitement sur celles des tubes, ceux-ci sont facilement obturés par un pus trop dense, des grumeaux caséeux ou des détritus de lissu cellulaire gangrené, et ces matières peuvent ainsi séjourner à l'intérieur, à moins d'injeclions pour les faire écouler. Pour obvier à cet inconvénient, le célèbre chirurgien de Crémone propose de pratiquer une incision de 1 à 2 centimètres avec un bistouri droit, et introduisant dans cette voie la canule d'une seringue d'argent, une sonde cannelée ou un gros stylet, on en fait saillir la pointe à l'endroit voulu pour son issue. Guidé par cette saillie, on pratique la conlj-e-ouverlure en incisant à petits coups dans cette direction, et l'extrémité fait ainsi issue à l'extérieur. On la coiffe alors du tube de caoutchouc vulcanisé, et il suffit ensuite de retirer l'instrument par la même voie qu'il est entré pour que le drain soit placé. Des incisions semblables sont répétées aulant de fois que le cas le comporte, et l'on obtient ainsi un facile écoulement du pus.

Ce nest pas tout ; il conseille en outre d'attacher ensemble, de réunir les deux extrémités des tubes au moyen d'un fil, non en formant une anse molle, mais d'une manière assez serrée pour exercer une traction modérée, une véritable compression sur les bords ou les angles de l'ouverture, et quand, par le rapprochement de ces orifices, l'anse se relâche, il faut la resserrer par une nouvelle ligature. [AnnuH univ. di med., mai.)

Deux ouvertures dix à quinze fois plus larges que le corps

étranger qu'elles doivent recevoir, paraissent ainsi injustifiables et même dangereuses à M. Boltini, d'abord à cause de la douleur résultant de cette diérèse étendue et des dangers qui y sont inhérents, comme le traumatisme, l'entrée de l'air et la lésion possible de nerfs, de vaisseaux importants, inconvénients et dangers que n'a pas le trocart. 11 a tenté, en effet, de léser la carotide ou la fémorale avec cet instrument par des expériences sur les cadavres et les animaux, et n'a réussi qu'une seule fois sur une vieille femme de soixante-huit ans dont une dia- Ihèse athéromateuse avait rendu la fémorale droite dure et rigide comme un tube osseux.

La modification, ou plutôt l'innovation de réunir en les serrant les extrémités des drains, ne lui semble pas devoir être approuvée davantage. On diminue ainsi la vitalité déjà altérée des parois supérieures de l'ouverture ; en les comprimant, on les expose à se gangrener, de même que l'érysipèle, le phlegmon sont à redouter par l'action irritante du drain sur la peau et les orifices qu'ils tiraillent. Enfin on diminue de cette manière le calibre du tube, on l'efface même et on le réduit ainsi à un simple cordon, à un séton. (/dem, juillet.)

L'inconvénient est alors pire que l'obstruction du tube à laquelle on veut remédier, car pour faire disparaître celle-ci, il suffit de pousser des injections d'eau tiède, et au besoin de renouveler le tube comme on change la mèche d'un séton. On ne saurait donc, pour tous ces motifs, adopter ces modifications.

DUODÉIVUM. Ulcère simple. Lésion peu connue et trèsdifficile à diagnostiquer. Sa fréquence relative avec celui de l'estomac a été établie par M , Trier en réunissant les faits publiés et ceux observés à l'Iiôpital Frédéric de Copenhague, du 1" avril 1842 au 1" janvier ISG'î. Ainsi, sur 261 cas d'ulcères simples, comprenant les cas de cicatrices non douteuses, cette lésion s'est rencontrée 28 fois dans le duodénum, soit 10,7 pour 100.

Contrairement à l'ulcère de l'estomac, qui est le double plus fréquent chez la femme que chez l'homme, celui-ci est cinq fois plus commun chez Thomme que chez la femme. Il a son maximum de fréquence à l'âge adulte, entre trente et soixante ans, soit en moyenne quarante-deux ans.

La marche en est aiguë ou chronique. Dans le premier cas, il siège ordinairement à la paroi antérieure et se termine presque

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