DYSPEPSIE
constamment par une périlonile suraiguë déterminée par la perforation. L'examen anatomique montre alors que le début de l'ulcère remonte à une époque plus ou moins éloignée.
Dans les autres cas, le siège de l'ulcération, en déterminant des adhérences avec les parties contiguës : le foie, les canaux et la vésicule biliaire si elle est en avant; le pancréas, la veine porte, l'artère hépatique, le canal cholédoque et le tissu conjonctif si elle est en arrière, peut les faire distinguer par la nature des symptômes. L'ictère en est le plus fréquent. Des phénomènes réflexes, névralgiques ou convulsifs d'une grande intensité peuvent aussi apparaître ; et dans un grand nombre de cas, une dilatation considérable de l'estomac et l'hypertrophie de ses tuniques en sont la conséquence.
L'éliologie diffère comme pour celui de l'estomac. Résultat d'une inflammation folliculaire, suivant M. Cruveilhier, d'une érosion hémorrhagique d'après Rokilansky, Virchow y a ajouté l'action des acides gastriques. Mais d'après la forme circonscrite de l'ulcération, il admet une action locale comme une perturbation dans la circulation des vaisseaux. Les expériences de Millier et Pannus, par la ligature de la veine porte, ont démontré cette influence primordiale. De là une véritable nécrose hémorrhagique et ses conséquences. {Brilish and for. Review, janvier, et Gazette hebdomadaire^ n° 28,))
DYSPEPSIE. Siège. Des nombreuses variétés de cette maladie, M. Bachelet n'en fait plus qu'une dont il fixe le siège dans l'intestin, et pour plus de précision, il l'appelle déo-cœcale; car dit-il, le gros intestin est très-actif pour la digestion d une très-grande partie de nos aliments habituels, surtout pendant le sommeil. L'entéralgie n'en serait qu'un symptôme, d'où le nom déjà créé de dyspepsie intestinale. „ . ,
L'estomac, en effet, ne s'enflamme que sous l action des poisons les plus violents, et lorsqu'une masse alimentaire trop abondante ou mal choisie le remplit, le surcharge, il s en débarrasse par le vomissement, sans inquiéter autrement le reste de l'organisation. Si, au contraire, l'indigestion se déclare lorsque l'intestin a reçu le produit du travail diges if, la scène change complètement. Les troubles intestinaux sont nombreux et variés, et les douleurs qui les accompagnent retentissent profondément sur toute l'économie. j-,„„o;
La cause de cette erreur de siège serait dans la di»posi-
Lion analomique du gros intestin recouvrant à peu près complètement Yesiomac vide, et l'unanimité des malades a accuser celui-ci. Excepté pendant les deux heures qui suivent le repas, l'estomac est toujours vide, c'est-à-dire seize ou dix-huit heures sur \ingt-qualre, et relégué ainsi en arrière sur le second plan. Si un trouble, une légère colique naissent dans l'intestin ; si un gaz chemine trop rapidement dans le côlon transverse, immédiatement une gène, un malaise ou une véritable douleur se font sentir juste au niveau de l'estomac, et le malade l'accuse immédiatement d'être l'auteur de ses maux. Ce retentissement, ces réactions, ces liens sympathiques entre l'estomac et le gros intestin, joints à leur voisinage, leur superposition, ont ainsi causé et entretenu la confusion.
Suivant l'auteur lyonnais, le caecum et toute l'étendue du gros intestin sont donc le siège de la dyspepsie. La digestion des aliments non azotés, spécialement dévolue à cette partie de l'intestin, lui en confirme la démonstration : car l'altération croissante de cette fonction explique les troubles digestifs qui entravent surtout le sommeil des dyspeptiques et l'extrême maigreur qui les distingue. Chargés spécialement de fournir au corps les matériaux graisseux, les légumes traversent cet organe en faisant renaître chaque jour de nouveaux troubles maladifs, au lieu de fournir une quantité suffisante de principes alibiles à la nutrition. Privée d'une partie de ses ressources ordinaires et forcée néanmoins de faire face aux besoins quotidiens de la calorification et de la respiration, l'économie est obligée de reprendre la graisse répandue dans l'organisme. Altération de fonction, de sensibilité, de sécrétion, d'absorption sans aucune lésion a|>préciable, tels sont les traits saillants de celte affection, et c'est en se basant sur les données de l'anatomie et sur la physiologie que M. Bachelet en trace le tableau complet et trèsélendu. [Union méd., n° llô et suiv.)
Traitement. Selon M. Leared, l'oxyde de manganèse, purifié de ses impuretés, calme bien plus efficacement la sensibilité de la muqueuse gastrique que le sous-nitrate de bismuth. Administré à quarante malades atteints depuis des semaines, des mois et même des années, la douleur disparut et s'amoindrit chez la plupart dès la première semaine de son emploi et la guérison se compléta en le continuant. On le donne à des doses variant de 30 centigrammes à 2 grammes suivant la violence de la
douleur sans qu'il produise de constipalion, Lo carbonate ni le sulfgle ne peuvent le remplacer. L'efficacité s'allie ainsi à l'économie pour lui donner la prééminence sur le bismuth. ( Med.
C'ircular.)
Chez un grand nombre de femmes débilitées, anémiques, phthisiques, paralytiques, M. Rodolphi a employé avec succès, le muriate de chaux comme reconstiluant (voy. ce mol).
Traité de la dijspepsie, fondé sur l'étude physiologique et clinique, par le docteur J. J. Guipon. Ouvrage couronné par l'Académie impériale de médecine. În-S" de 456 pages.
DYSENTERIE. La poudre aniidysentérique, dont M. Lescarbault, le célèbre médecin astronome, a donné la formule, est tout simplement un remède empirique composé de macarons préparés avec le suc des baies de sureau bien mûres et de la pure farine de froment. On les fait cuire secundum arlem de manière qu'ils pèsent 18 à 20 grammes et graduellement, moins pour les femmes et les enfants. On en fait prendre deux chaque jour : le malin à jeun à une demi-heure d'intervalle en les réduisant en poudre dans une tasse de bouillon gras ou maigre, et l'on renouvelle ainsi Irois jours de suite. M. Lescarbault en fait, avec juste raison, précéder l'usage d'un purgatif salin (25 gr. de suif, de soude) qui modifie l'aspect des selles, tandis que le remède combat le flux de sang et le fait ordinairement disparaître. Il combat ensuite la diarrhée persistante par l'eau de riz tenant de la craie en suspension et 13 à 20 gouttes de laudanum de Sydenham, avec des huitièmes de lavements astringents, etc. {Journ. des conn. méd., p. 244.)
Elude sur les causes de la dysenterie des pays chauds et sur la séparation étiologique entre cette maladie et les fièvres palustres, par M. Catteloup, médecin principal à l'hôpilal militaire de Versailles. In-8° de 50 pages.
DYSTOCIE. Accouchement prématuré. Adopté comme règle par le docteur Greenhalgh dans tous les cas de placenta prœvia, pour atténuer l'effrayante mortalité des mères et des enfants, il l'a appliqué dans vingt-quatre cas, et propose d'y recoiirir toutes les fois qu'après le septième mois, une hémorrhagie révèle le danger et aussitôt que l'état de la femme le permet, sans aucun retard ^ car, en remettant de jour en jour et de semaine en semaine, on expose davantage les jours de la
ère et ceux de 1 enfant. Mais, dit M. Barnes, on s'expose uuisi à amener un enfant non viable, et il est permis d'attendre beaucoup plus lard dans certains cas. C'est au médecin d'apprécier, et tout en adoptant ce procédé comme une règle toutes les fois que l'hémorrhagie est menaçante, les membres les plus éminents de la Société obstétricale de Londres ont fait cette réserve expresse, que l'on ne saurait fixer un terme aussi absolu ; qu'il faut savoir attendre et varier sa conduite suivant les indications (6 juillet).
Quant aux moyens employés, le tamponnement de l'auteur avec une balle à air de caoutchouc, et l'usage simultané dû 1 seigle ergoté, du borax, de lavements avec la noix vomique, le galvanisme èt les frictions abdominales, est généralement reijeté comme insuffisant et inapplicable dans beaucoup de cas |M. Barnes donne la préférence à son dilatateur qui, par la compression qu'il exerce sur le col, suspend l'hémorrhagie comme le ferait la tête. Sur 83 cas traités ainsi, 6 femmes seulement ont succombé et 63 enfants.
Version bimamielle. M. Braxton Hicks l'emploie d'emblée toutes les fois que la dilatation permet d'introduire un ou deux doigts ; autrement, ce qui est rare, il recourt à la dilatatioa artificielle. Il fait ainsi descendre le siège sur le col, ce qui suspend l'hémorrhagie et laisse ensuite l'accouchement s'effectuer naturellement. Sur ] 9 cas, il n'a eu qu'un insuccès par cette méthode.
Cette version bimanuelle est une modification de la méthode des manipulations externes. Elle consiste à introduire un ou deux doigts dans le col pour repousser l'une des extrémités en même temps qu'avec de douces palpations externes, on abaisse ce le que 1 on veut fixer au détroit supérieur (Med. Times] hWe nest guère applicable qu'avant l'écoulement des eaux comme la méthode de Wigand ; car alors la mobilité du fœtus permet de lui imprimer des changements de position Mais dans cet élat la présentation n'est pas toujours facile à connaître et peut d'ailleurs changer spontanément.
Dans trois cas où le rétrécissement du bassin avait nécessité le forceps et la crâniotomie dans les accouchements antérieurs et pour lesquels l'accouchement prématuré avait été recom ' mandé, les femmes ayant négligé d'y recourir à temps et étanf parvenues h terme, le docteur Braxton Hicks évita heureu^p ment tous les dangers de l'opération césarienne en la remp'la'
çant par sa version bimanuelle. Si les enfants furent sacrifiés, les femmes, du moins, survécurent. [Med. Times, avril.) Ce résultat est assez satisfaisant pour que cette méthode soit tentée en pareil cas.
On combined external and inlernal version [la version interne el externe ou bimanuelle), par le docteur Braxton Hicks. 72 p. in-8».
Douches utérines. A voir le discrédit croissant dans lequel elles tombent de toutes parts, par les accidents qu'elles produisent, il n'y aura bientôt plus personne pour les employer. Aux faits accusateurs produits en France, en Angleterre, en Allemagne contre ce moyen, le professeur Lazzati, -directeur de l'Ecole d'obstétrique de Milan, ajoute une statistique accablante, éclairée de tous les détails nécessaires, d'un mémoire et d'observations en règle [Ann, univ. di med., mars). Sur 36 cas où elles ont été employées, soit à l'hôpital, soit en ville, 1 2 femmes succombèrent, et il y eut \ 3 mort-nés. Sur \ 4 cas où l'accouchement a été provoqué également dès le huitième mois, en ville et à l'hôpital, par divers autres moyens, — 6 par la ponction des membranes, 6 par l'éponge préparée et 2 par une bougie élastique, — toutes les femmes se rétablirent et il n'y eut que trois mort-nés. Ce parallèle est saisissant et montre le danger de la méthode de Kiwisch, qu'il condamne définitivement.
Nouveau dilatateur. Le professeur Priestley, de King's Collège, préconise à cet effet un nouveau dilatateur du col en forme de sonde utérine. 11 est formé de deux branches réunies à leurs extrémités et s'écartant à volonté dans l'intervalle par une tige transversale et cachée qu'un ressort placé dans la poignée de l'instrument fait mouvoir. Un indicateur montre l'écartement des branches et permet ainsi de le mesurer exactement [Med. Tnnes, p. 251). Sa supériorité sur les autres instruments analogues reste à déterminer.
Emploi de l'émétîqne. Les nombreux insuccès du seigle ergoté, son action spasmodique, tétaniforme sur l'utérus, et les dangers qu'il entraîne pour la vie de l'enfant, ont depuis longtemps porté les accoucheurs à lui trouver un succédané. Le tartre stibié paraît avoir cet avantage, et c'est ainsi que, chez une dame habituée à I homœopathie, qui se refusait à prendre
|aoi que ce soit pour augmenter la dilatation, M. Frilscliler lu donna, à son insu, 1 centigramme de tartre stibié tous les quarts d'heure dans un verre d'eau sucrée, et, dès la cinquième dose, le vomissement fut bientôt suivi du résultat désiré. [Scalpel, '1863.)
Ce fait rappelle involontairement la doctrine émise par M. Graily Hevitt, professeur d'accouchements à l'hôpital de Sainte-Marie de Londres, que l'administration du seigle ergoté qui, comme on le sait, est souvent suivie du vomissement, n'agit qu'en provoquant des contractions de l'estomac qui se répètent sur l'utérus. Son action obsiétricale serait donc subordonnée à son action vomitive, et le fait est que, dans beaucoup de cas, le vomissement spontané d'aliments inprés ranime les douleurs et les rend plus profitables. Mécanique ou non, cette action ne peut être niée.
L'usage de l'émétique comme agent obstétrical tend ainsi à reprendre la prééminence. S'appuyant sur une expérience de seize années et un grand nombre de faits , le docteur Parker (de Nev\'-York) conclut qu'il relâche les muscles volontaires et involontaires offrant de la résistance aux douleurs ; ce qui est d'accord avec la praùqne du professeur Godefroy (de Rennes), qui, à la dose de 30 centigrammes dans six cuillerées d'eau tiède, l'a trouvé efficace contre la contraction spasmodique de l'utérus. En se montrant également efficace contre la rigidité du col et celle du périnée, il peut remplacer aussi la chloroformisation, dont il n'a pas les dangers. [Edinb med. Journ.)
A la dose de 10 centigrammes dans 620 grammes d'eau, administré par cuillerées à café de dix en dix minutes , le docteur Gantillon l'a trouvé avantageux en Amérique, comme en France, contre l'hémorrhagie utérine (fîu/i. de ihérap.). Ces témoignages divers montrent ainsi son action indubitable dans l'accouchement. Sa facilité d'emploi et son innocuité doi' vent donc le faire préférer.
Selon iM. Bureau, Sacombe serait l'inventeur de cette méthode, dont il faisait un secret. En la livrant à ses élèves, il leur faisait jurer de ne jamais la révéler. L'un d'eux, à son lit de mort, manqua de parole et en donna la formule. C'était une potion composée de 80 centigrammes de tartre stibié dans 2S0 grammes d'eau aromatisée et édulcorée. Par ce moyen simple, Sacombe prétendait surmonter tous les obstacles et faire
GARNIEU. 9
traverser les bassins les plus rétrécis par le corps de l'enfant Dès 1853, M. Bureau lui-môme constatait dans un mémoire que les contractions que cet agent détermine sont si énergiques si violentes, qu'il semble que les efforts d'expulnon vont tout rompre. Elles amènent promptement, dil-il, la terminaison de l'accouchement lorsque, le col de l'utérus étant dilaté, la position de l'enfant favorable, la disproportion entre le volume de la tête et les dimensions du bassin n'est pas portée trop loin {Gaz. des hôp., n" 38). La méthode n'est donc ni nouvelle ni étrangère. '
Prolapsus du cordon ombiUcal. Malgré les différentes méthodes de réduction, soit avec la main, soit avec les divers instruments vantés à cet égard cet accident obstétrical est redoutable pour la vie de l'enfant, que sur un tableau statistique de 665 cas, dressé par le docteur Churchill, on compte 297 mort-nés. La version préconisée pour y remédier n'est guère plus avantageuse, car il résulte d'une statistique du même auteur que la mortalité est de 1 à 2 1/2 dans la présentation des pieds. C'est donc changer un danger pour un autre, en l'augmentant d'une opération plus ou moins chanceuse. Un praticien anglais, M. Croft, a vanté un moyen plus simple et naturel. C'est, dans tous les cas où la version est possible, de saisir le cordon avec la main et d'aller le reporter aussi haut que possible en l'accrochant aux pieds mêmes. Il réalise ainsi tous les avantages de la version, sans en faire courir les dangers. Sur trois cas, où le docteur Earle, accoucheur à l'hôpital delà Reine à Birmingham, a employé ce procédé, il l'a trouvé simple et facile à exécuter et les trois enfants ont été sauvés, bien que pour l'un d'eux, le forceps ait dû être appliqué chez une primipare. Sur quatre autres cas où le danger du prolapsus fut combattu, deux fois par la version et deux fois par les instruments, il y eut, au contraire, deux morts et deux succès. [Med Times.)
Rencontrant le prolapsus du cordon, au début du travail, dans une position du siège, le docteur Martin fit placer la patiente sur les genoux, le côté gauche sur le bord du lit et parvint ainsi, par des manipulations internes et externes dans l'intervalle des douleurs, à opérer la version céphalique par une véritable bascule du fœtus, qui détermina ainsi la réduction du cordon ipso facto. {Am. med. Times, p. 42.)
Forceps. Se fondant sur ce que chaque douleur, chaque 3ontraction porte atteinte à la vie, M. Ryan pose en principe qu'il est avantageux de recourir au forceps, même de bonne heure, dans le seul but d'en diminuer la durée Ainsi, sur 15J06 accouchements, pratiqués en dix-sept ans, les 2i9 premiers exécutés dans les cinq premières années de son exercice, sans une seule applicalion de forceps, ont donne 13 mortnés dont 7 à terme et en présentation normale, tandis que des' 977 suivants, comptant 101 applications de forceps, il n'y eut que 21 mort-nés, dont 10 à terme et en présentation normale, sur lesquels deux seulement avaient été extraits par le forceps. Aucune femme n'avait succombe par suite de ces applications, et il n'en était résulté ni déchirures du .périnée, ni fistules. D'où il conclut que cet instrument n a pas les dangers qu'on lui suppose quand il est appliqué convenaiblement et°en temps opportun, c'est-à-dire quand le col est entièrement dilaté ou dilatable, quand la tête est inclinée ou que les douleurs diminuent, s'affaibhssent ou sont inefficaces. En étendant son emploi, selon ces règles, dès que le travail se prolonge, M. Ryan y trouve l'avantage, en ménageant les forces des° femmes, de leur permettre de se rétablir plus tôt et de les mettre à l'abri des complications consécutives et de la mortalité toujours en proportion, dit-il, d'après la statistique de Collins, de la prolongation du travail. [Dublin obst. Society, février.)
Les objections se présentent en foule contre une telle pratique. Une seule remarque la condamne en révélant l'esprit systématique de l'auteur. Quiconque a rencontré l'occasion, unique sans doute dans la pratique civile, d'exécuter 229 accouchements de suite sans trouver l'indication d'une seule application de forceps, peut très-bien la trouver trop souvent ensuite sans qu'il y ait d'autre enseignement à en tirer.
Forceps sans pression. M. Rouch a réalisé une modification simple, essayée déjà bien des fois, pour limiter les pressions exercées sur la tête du fœtus pendant l'extraction. C'est une lige montée à vis sur chaque branche et terminée par une tête d'un centimètre et demi de diamètre. La tôte étant saisie, les vis de r;ippel sont tournées et dès lors le rapprochement des branches et la pression des cuillers sont empêchés. Cet instrument, ainsi modifié, n'est pas applicable aux rétrécisse-
ments du bassin au-dessous de cet écartement. (Acad de méd juin.)
Forceps droit. Dans le but de le simpliPier, M Hamon adapte aux extrémités manuelles droites percées de trous, un manche métallique transversal muni de six ouvertures pour s'y articuler à l'aide de goupilles et de flèches d'arrêt. Son avantage serait, d'après l'auteur, de pouvoir être solidement articulé, quelle que soit la position respective des cuillers sur la tête, et de pouvoir exercer ainsi de fortes tractions sans danger dépression, (Idem, août, et Union méd., n° 29.) °
Céphalotripsic sans tractions. A défaut de pouvoir exécuter la vprsion ordinaire à cause d'une extrême saillie de l'angle sacro-vertébral chez une primipare rachitique apportée à l'hôpital de Lille, après trois jours de souffrance, M. Féron pratiqua la céphalolripsie répétée sans tractions, suivant le procédé du professeur Pajot. La femme succomba trois jours après, et l'autopsie montra des déchirures transversales du vagin de 4 à 5 centimètres d'étendue et paraissant produites par des esquilles. Une perforation à gauche communiquait aussi avec un foyer purulent dans la fosse iliaque. C'est là le grand danger de la céphalolripsie, l'objection qu'on lui a toujours faite et que le défaut de tractions ne parvient pas même à conjurer, comme on le voit ; ce qui fait que tant de praticiens lui préfèrent encore, comme M. Testelin, la crâniotomie suivant l'ancienne méthode. {Bull. méd. du Nord, mai.)
De rembryothlasie el en particulier de la céphalolripsie, par Edouard Lauth, docteur en médecine, licencié ès sciences naturelles. 1 vol. iii-4. Thèse pour le doctorat soutenue à Strasbourg. Monograpliie compléta sur l'accouchement par la réduction de la tête de l'enfant, avec description et planches de tous les instruments employés à cet effet.
Tumeurs fibreuses. L'importance de leur diagnostic précis, exact, pour décider du mode d'intervention du chirurgien au moment de l'accouchement a été de nouveau démontré par M. Guéniot, relativement à leur état sessiie, pédiculé ou interstitiel, à leur mobilité et leur degré d'altération. A défaut d'avoir pu distinguer le pédicule d'un fibrome élevé dans l'utérus, par exemple, ni le sillon qu'il faisait avec les parois contractées, ce polype arrêtant la tête au détroit supérieur, M. De-
paul tut conduit a pratiquer la crâniotomie, ators que si le pédicule avait été reconnu, les efforts eussent dû porter sur ce corps étranger pour en tenter l'ablation. [Gaz. des hôpit.y n° 43 et suiv.)
Opération césarienne. Exécutée 6 l'ois sur 8437 accouchements à l'hôpital de Gœttingue, dit le docteur Kuneke, toutes les femmes succombèrent, 2 enfants seuls furent sauvés {Mon. f. Geburlsk, mai). Malgré la fréquence de son application en Allemagne, elle n'est guère plus heureuse en ville, si ce n'est dans la pratique du docteur Winckel, qui en a fait presque une spécialité par les nombreux cas d'ostéomalacie qui se rencontrent dans sa contrée Sur 13 cas, il a obtenu 7 fois la guérison de la mère, et sauvé 8 enfants. C'est là une statistique unique dans les annales de l'opération césarienne.
A ses dangers immédiats s'ajoute la rupture de la cicatrice dans les grossesses consécutives, M. "Winckel a eu à pratiquer ainsi la laparotomie 3 fois avec succès pour la mère seulement, dont 2 fois sur la même femme, à la suite de l'opération césarienne. Dans un quatrième cas où la femme l'avait subie au sixième accouchement, trois ans auparavant, elle succomba non délivrée au septième, et l'utérus fut trouvé déchiré à la place même de la cicatrice, qui, contrairement à ce qui a lieu ordinairement, était très-vasculaire, et détermina une abondante hémorrhagie. On ne saurait donc méconnaître ce danger consécutif, et, s'il est moins grave pour la femme, comme le confirme un nouveau cas de laparotomie heureusement exécutée par le docteur Grighlon pour une rupture spontanée de l'utérus (voy. ce mot, p. 152), il n'en faut pas moins tenir compte dans les éventualités de cette redoutable opération.
Selon le docteur Martin, cet accident consécutif résulte de l'amincissement de la cicatrice, parce que les parties externes de la section utérine se rétractant aussitôt, elle ne peut s'opérer qu'aux dépens du bord interne. Et, comme des autopsies à la suite d'opérations césariennes heureuses lui ont montré des adhérences de cette cicatrice avec les parois abdominales, il propose de réunir directement les lèvres de la plaie utérine avec celles des parois abdominales par des sutures, pour mieux favoriser ces adhésions {Mon. f. Geburlsk, mai). Sans doute ce procédé facilite l'opération et tend à prévenir l'épanchement consécutif dans le péritoine; mais n'est-ce pas trop s'é-
carter du mode de réunion tracé par la nature, qui, dans les cas les plus heureux, n'emploie des sutures d'aucune sorte? Tels sont les cas de laparotomie précités qui semblent indiquer que la réunion la plus simple est ici la meilleure, et qu'il faut s'en tenir même aux moyens contentifs propres à la favoriser.
Appelé à pratiquer celte opération pour un rétrécissement extrême du bassin chez une primipare à terme, le docteur Sadler rencontra un énorme kyste hydalique du foie se présentant au-dessus de l'utérus sous l'apparence d'une masse mésentérique dès que les parois abdominales furent incisées, et qui simulait auparavant la tête du fœtus. L'utérus fut incisé à gauche, et la nature du kyste ne fut ainsi reconnue qu'à l'autopsie. Le mieux eût été de ponctionner préalablement celte saillie osseuse en apparence, dit l'auteur, et, lors même que le liquide ne se fût pas écoulé, sa nature eût été découverte, et U eût été possible, par une incision à travers le vagin, d'en écouler une suffisante quantité pour permettre à l'enfant de traverser peutêtre les détroits et de donner ainsi une légère chance de survie à la pauvre femme {Mecl. Times, août). N'était-il pas plus rationnel de s'assurer de la nature de cette masse anormale aussitôt après la division des parois abdominales, de la ponctionner immédiatement, et de procéder ensuite à l'extraction de l'enfant? Celte complication, qui ne s'est peut-être jamais présentée, mérite qu'on réfléchisse au parti à prendre en pareille circonstance.
Étranglement. Un autre accident, à peine signalé jusqu'ici, a été invoqué récemment à VObstetrical Society par le docteur Playfair : c'est la rétraction spasmodique des lèvres de la division utérine sur l'une des parties du fœlus pendant son extraclion. Et comme la tête est le plus souvent la dernière extraite, cet accident se produit sur le cou de l'enfant qui se trouve ainsi littéralement étranglé. .La mort s'ensuivit dans un cas relaté par le docteur Radford, dans son Adress de 1854 ou se trouvent collectés tous les cas d'opération césarienne, au nombre de 60, exécutés en Angleterre et eu Irlande de 1738 à 1853. « Le tronc de l'enfant fut extrait avec la plus grande facilité jusqu'au moment du passage des épaules, quand soudainement l'utérus se contracta avec force et serra si fortement le cou et le bras gauche que ces parties ne purent être retirées, maigre l'emploi de la force. » Dans un autre cas « le corps de 1 enfant
lui, rapiuemeni et soigneusement extrait jusqu au cou sur lequei l'utérus se contracta fortement au moment de son passage en maintenant la tête à l'intérieur » {Prov. med. and surg. Journ., <85l, vol. XV, p. 426). Le docteur Edmund en a relaté aussi un autre exemple {Lancet, 4 861). C'est donc un total de 4 cas et il semble en effet que, malgré le silence des auteurs, cet accident doive se produire assez fréquemment.
Quelle en est la cause? L'incision du fond de l'utérus, suivant M. Playfair, et une irritabilité spéciale se manifestant sous le traumatisme dont il est l'objet; d'où l'indicalion de pratiquer l'incision plus bas. Fondé sur l'analogie, M. Radford soutient que le décollement du placenta en constitue toute l'étiologie, bien que dans beaucoup de cas on voie l'arrière-faix saillir à travers la plaie sans que cet accident ait lieu {Lancet, i9, 20, 22). Quoi qu'il en soil, c'est une raison déplus pour éviter de faire tomber l'incision sur l'insertion placentaire et en extraire la tète la première, quand cela est possible.
L'ayant exécutée avec succès pour la mère et l'enfant chez une jeune fille négresse, le docteur Anderson (de la Jamaïque) dit qu'il préférerait à l'avenir , contrairement à la pratique générale, opérer préalablement la rupture des membranes par le vagin pour prévenir l'effusion dans le péritoine (£'din6. med. Jowrn. , juillet). Si cette pratique peut offrir quelques avantages pour la mére, nest-ce pas au préjudice de l'enfant? Aujourd'hui que la pratique de l'ovariotomie a montré presque l'innocuité de l'épanchement des liquides dans le péritoine, cette précaution doit paraître encore moins nécessaire qu'autrefois.
Qiielques considè^^ations pratiques sur les cas de rétrécissement du bassin, observés à la clinique d'accouchements de Paris, par le docteur Jones, membre du Collège des chirurgiens d'Angleterre. Mémoire in-8« de 68 pages. Résumé de 51 observations classées suivant la méthode de M. P. Dubois, avec la description et l'application du crânioclaste de M. Simpson, appelé à remplacer le céphalotribe.
Hystérotomie interne. Une femmeaccouchant d'un second enfant a présenlé à M. le professeur Parise (de Lille) comme cause nouvelle de dystocie, l'existence d'une cloison divisant inferieurement l'utérus en deux cavités. La tête de l'enfant était d'un côté, les pieds de l'autre, le corps à cheval sur le
bord supérieur de la cloison. La main ayant élé introduite dans la cavité utérine, M. Parise a pu accrocher avec le bout des doigts le bord supérieur de la cloison, porter sur ce bord un bistouri boutonné à long manche et inciser la cloison de haut en bas, véritable hystérotomie interne qui a été suivie promptement de l'expulsion du fœtus.
Selon M. Parise, il s'agissait dans ce cas particulier d'une grossesse utéro-inlerstitielle dans laquelle le produit do la conception avait pu, sans inconvénient pour lui, se développer à la fois dans l'utérus et dans l'épaisseur de ses parois. Heureusement, elle peut être diagnostiquée assez à temps pour que le chirurgien puisse y porter remède, et sauver non-seulement la mère, mais aussi l'enfant. On devra la soupçonner aux symptômes suivants : tumeur volumineuse, iirrondie, occupant le fond du vagin, formée aux dépens d'une des lèvres du col, et dans l'intérieur de laquelle on sent des portions fœtales; orifice utérin situé très-haut sur un côté de la tumeur, qu'il embrasse en manière de croissant. Elle peut être prise pour une tumeur pathologique, hypertropbique ou autre, d'une des lèvres du col, laquelle présente les mêmes symptômes, moins la présence des parties dures fœtales dans son intérieur. Mais il est plus facile de la confondre avec une grossesse interstitielle co'incidant avec une grossesse utérine, dans ce cas les symptômes devant ôire absolument les mêmes. Le moyen le plus certain d'assurer le diagnostic consiste à introduire la main gauche, si la lumeur fœtale est à gauche, et vice versû, à glisser cette main entre la tumeur et le fœtus, et à la porter assez haut pour constater que le fœtus tout entier est contenu dans l'utérus et qu'aucune de ses parties n'est logée dans la tumeur. Cette disposition anormale reconnue, il n'y a qu'une chose à faire pour y porter remède, c'est de diviser la cloison comme l'a fait M. Parise. [Acad. de médecine.)
Rupture de l'utérus. Cet accident étant survenu chez une multipare ayant déjà eu trois morl-nés par suite d'un rétrécissement du bassin, le docteur Crighton ne craignit pas d'exécuter la gastrotomie quatre heures environ après l'accident. Une pinte et demie environ de liquide sanguin noirâtre s'échappa et l'enfant fut trouvé vivant, la têie dirigée en bas dans l'utérus étroitement contracté sur lui. Il fut extrait aussitôt ainsi que le placenta, La rupture était presque directement transversale à
sang coagulé. Après l'enlèvement des caillots, les lèvres de la plaie furent réunies par des sutures métalliques comprenant le péritoine. L'icléricie se montra dès le lendemain et néanmoins la femme se rétablit parfaitement. {Edinb.^med. Journ., août.)
Détroncation avec une flcelle. Appelé près d'une femme en couches depuis trois jours et qui avait perdu les eaux depuis cette époque, le docteur Rey constate que la matrice est rétrac-tée sur le fœtus au point d'en dessiner les contours à travers les parois abdominales. La tête est dans la fosse iliaque droite. Une anse de cordon fait irruption ; il est froid, mou, verdâtre, sans pulsation. La partie foetale qui se présente est encore au détroit supérieur : c'est un coude. Le membre amené au dehors confirme la mort de l'enfant. C'est une présentation de l'épaule droite, dos en arrière. La version étant impossible par la rétraction de l'utérus malgré deux tentatives et un bain prolongé, à défaut de tout autre moyen plus efficace pour le vaincre, ce praticien n'a plus qu'à faire la détroncation, mais le cou est trop élevé pour agir avec de simples ciseaux ; faute de tout autre instrument, il songe au fil indiqué à cet effet par M. Pajot. Mais ici il y a encore la difficulté de passer le fil autour du cou de l'enfant et il ne peut même se procurer un fil de soie.
Néanmoins, il prend une ficelle ordinaire dont il engage une extrémité en anneau sur l'index gauche qu'il dirige sur le cou de l'enfant, qu'il contourne en le recourbant ; 1 index et le médius de la main droite vont ensuite à la recherche de cette extrémité qui est bientôt saisie et amenée au dehors. El par des tractions en mouvement de scie rapides et énergiques, la section du cou était faite en quelques secondes. {Bull, de thér., oct.)
^ C'est ainsi que sans fil de soie, sans crochet d'aucune sorte, sinon le plus intelligent et le plus inoffensif que tout accoucheur a toujours à sa disposition, même sans spéculum, ce moyen n'est pas moins applicable avec grand succès, comme ce fait en est le premier exemple, car la femme se rétablit rapidement.
Cette manœuvre simple n'a été rendue possible, selon M . Pajot, que par la descente du fœtus, le bassin étant normal. Mais il n'en saurait être de même quand il est rétréci ; cas que M. Pajot a eu spécialement en vue en conseillant ce procédé
d embryotomie. lorce est bien alors de recourir au crochet mousse du l'orceps qu'il a fait disposer à cet effet pour aller porter le 111 sur le cou du fœtus, et aussi bien d'isoler les extrémités du fouet constricteur sinon avec le spéculum, au moins avec deux manches de cuillers graissés et chauffés, introduits de chaque côté et maintenus par des aides pour garantir les parois vaginales. [Idem, nov.)
Crochet mousse. M. Wasseigne fils, chargé du cours d'accouchements à l'université de Liège, frappé de la difficulté d'applique^ le crochet, à cause de sa forme, lorsqu'il doit être porté vers le haut de l'excavation pelvienne, sur l'aine, le cou ou la mâchoire inférieure, a imaginé de lui appliquer un système articulaire comme à un doigt de la main. C'est une tige droite, recouverte de caoulchouc, qui, par un mécanisme très-ingénieux, se courbe et prend exactement la forme d'un long doigt fléchi. Au moyen de fléchisseurs et à l'aide de quelques doigts, l'instrument redressé, est facilement introduit à la hauteur nécessaire. Il suffit alors de lui donner une direction convenable, et de mettre la vis en mouvement, pour qu'il se change en crochet qui s'applique sur la région ou dans la cavité voulue. Il peut supporter une traction de 50 kilos, ce qui est suffisant.
On y adapte au besoin un bouton, au moyen duquel on passe un lacs autour du cou du fœtus, ce qui le rend très-utile lorsqu'on veut pratiquer la décollation. [Acad. de méd. de Belg.)
Levier. Du levier en obstétrique, par le docteur Coppée. Mémoire riche de faits et d'observations sur l'emploi de cet instrument et ses indications, adressé à l'Académie de médecine de Belgique. [Bulletin, n' 8.)
EAUX MINÉRALES. Sniniyflromélrîe. L'emploi de la teinture, qui constitue le procédé de M. Dupasquier généralem.ent usité, donne des résultats erronés, dit M. Filhol, quand les eaux sulfureuses contiennent des polysuifures ou des carbonates alcalins. Par la réaction de l'iode sur l'alcool en présence du carbonate de potasse, il se produit de l'iodoforme qui
ri
aqueuse d'iode à la teinture alcoolique. (^Icad. de méd.)
Thérapeutique. L'opportunité de leur emploi, dit M. Durand-Fardel, est 1 époque la plus éloignée des manifestations passagères et incidentes des maladies et dans leur période stalionnaire. Par exemple, le moment le plus favorable de recourir à celles de Vichy contre la goutte, est celui qui est le plus éloigné des accès, et contre la phthisie, les eaux thermo-sulfureuses ne conviennent que durant les périodes stationnaires à quelque degré qu'elle soit arrivée. (Acad. de méd.)
Elles n'agissent pas au contraire, selon M. Pidoux, sur les tubercules mêmes, ni sur l'état organique qui en est le prodrome ou la conséquence, mais bien sur les états constitutionnels héréditaires qui les produisent, comme l'herpétisme, l'arthritis, les scrofulides, le catarrhe, etc., en les rappelant, en les faisant revivre (V. Phthisie). A posteriori, dit-il, l'amendement par les Eaux- Bonnes est certain chez les tuberculeux toutes les fois qu'elles exciteront ou rappelleront des douleurs articulaires ou musculaires, des névralgies, des migraines, des hémorrhoïdes, de la gravelle, des douleurs hépatiques, des coliques biliaires, etc. (Unionméd., n" 45 et suiv.). Ainsi s'expliqueraient les succès tant vantés de différentes sources très -diverses. Par exemple, les eaux sulfureuses auraient une action spéciale dans le cas d'herpétisme, celles du Mont-Dore contre le vice catarrhal, celles de Vichy et toutes les eaux alcalines, contre l'arthrite, la goutte, etc., etc. Suivant cette doctrine toute théorique, c'est donc à l'origine diverse de ces phlhisies symptomatiques qu'il faudrait remonter avant d'envoyer les tuberculeux aux différentes sources.
L'efficacité de celles du Mont-Dore a été constatée par M. Mascarel, dans un cas très-remarquable de paralysie générale (V. ce mot, mais qui, selon M. Dumoulin, est susceptible d'une ' interprétation toute différente. {Unionméd., n° 47.)
Le meilleur mode d'en concentrer tous les principes actifs, pour les transporter, selon M. Pétrequin, est la congélation. C'est ainsi que pour celles de Bussang, on en prépare extemporanémenl un sirop agréable dont chaque cuillerée représente un verre d'eau. Avantage facile à apprécier, s'il n'est pas détruit par l'altération des principes minéralisateurs.
On se trompe tout à fait, au contraire, selon M, Scouletten,
vite. Les plus renommées et les plus cerlainemenl efficaces ne contiennent pas plus de principes minéralisateurs que celles dont on fait usage journellement. Telle eau qui donne à l'analyse 1 à 2 grammes de substances solides par litre, dont \ milligramme à peine de substance active, est classée parmi les eaux minérales, tandis que celle de la Méditerranée qui en donne 42 ne l'est pas. Enfin quelques eaux agissent à l'inverse de ce que fait prévoir leur composition : le chlorure de sodium, par exemple, qui décolore et dissout les globules du sang, guérit la chlorose.
L'électricité rend donc seule raison de l'efficacité thérapeutique des eaux. Elles ne contiennent pourtant pas d'électricité libre, car les instruments les plus sensibles, l'électroscope à feuilles d'or, restent immobiles et indifférenls à leur contact. Mais les nombreuses expériences instituées lui ont démontré que les eaux minérales donnent des indices non équivoques d'électro-magnétisme. Tandis que les eaux libres, celles de rivière, de source ou de lac, sont électro-magnétisées positivement, les eaux minérales sont toujours négatives, froides ou chaudes, qu'elles sourdent au niveau de la mer ou sur les plateaux les plus élevés, c'est là leur caractère commun. Il n'y a pas d'exception à cette règle.
M. Scoutetten attribue cette propriété à l'absence d'oxygène, suivant la loi formulée par M. Gavarret. En s'enfonçant dans les profondeurs du sol, les eaux abandonnent l'oxygène qu elles contiennent, ou plutôt l'oxygène se combine avec les substances minérales que l'eau traverse ou qu'elle baigne quand elles reviennent à la surface de la terre; elles jouent donc le rôle de base par rapport aux corps éleclrisés positivement, et, en particulier, avec les autres eaux qui renferment de l'air en dissolution. Si l'on place de l'eau minérale dans un vase poreux, plongé au milieu d'eau ordinaire contenue dans un second vase concentrique au premier, on obtient une pile, et le galvanomètre, mis en contact avec les deux pôles, décèle immédiatement le passage du courant.
De l'éleclricilé considénie comme cause principale de l'action des eaux minérales sur l'organisme, par H. Scoutetten, exmédecin en chef et premier professeur des hôpitaux militaires d'instruction de Strasbourg et de Metz. Un vol. in-S» de 420 pages,
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t ifels électriques de cette eau au moment des orages, et c'est ainsi que le docteur Boudant réclame la priorité de celte doctrine en sa faveur (Cas. des hôp., n« 132). Mais tandis que celle action est passagère, accidentelle pour Bertrand, elle est au contraire constante et continue pour M. Scoutetten. La différence est donc capitale, et s'il se vérifie que cette électricité négative soit la cause principale des eaux minérales sur l'organisme, c'est évidemment à ce dernier que reviendra Ja meilleure part de cette découverte importante qu'il aurait faite sienne en la généralisant et en l'interprétant.
Inspectorat. Le conseil d'Étal ayant manifesté l'intention de l'abolir, un débat animé s'éleva aussitôt entre les partisans et les adversaires ^ de cette institution. Chacun s'est fait juge et partie en sa propre cause, et c'est ainsi que l'on n'a pas vu un seul médecin inspecteur défendre le principe du libre exercice m un seul médecin consultant se faire le champion de l'inspec' torat. MM. Kuhn, Chabannes, Munaret, etc., veulent le conserver, car ils y trouvent l'avantage pour l'autorité d'avoir un agent responsable, de savoir à qui s'adresser pour tout ce qui est relatif au service delà station. Néanmoins M. Kuhn demande ia suppression de la modique indemnité attachée à ce titre et croit qu'il conviendrait mieux de rétribuer honorablement' les rapports annuels exigés, selon leur valeur, ce qui est déjà fait t)ar les recompenses honoraires accordées par l'Académie de médecine. {Gaz. médicale.)
! M. Diday, prenant pour exemple l'ancienne organisation des bamsdAix, voudraitvoir tous les médecinsconsultants coopérer a la confection duVapport annuel, et se grouper ainsi autour de l inspecteur comme des conseillers autour du maire selon la comparaison de M. Dardel. [Gaz. de Lyon.) ^ Avec la majorité des médecins, au contraire, M. Rev fde Grenoble) plaide en faveur du principe de la liberté II ne met ju une restriction dans l'intérôt de la santé des malades, c'est lue 1 administration des eaux n'aura lieu comme médicament lue sur ordonnance de médecin. Ce que les ingénieurs chargés le la surveillance, el l'administration de ces établissements uraient a survedler. [Bull. méd. du Dauphiné, p. 389.)
Des principales eaux minérales de l'Europe, par le 'docteur lotureau: l-rance (supplément), Angleterre, Belgique, Espagne
el Portugal, Italie, Suisse. Ouvrage suivi du complément de la législation sur les eaux minérales de France. Un vol. in-S" de 600 pages. — Ds l'action des eaux ferro-cuivremes de Saint- Chnslau (Basses-Pyrénées), dans quelques affections cutanées. Broch. in-8° de 40 pages, constatant les propriétés curalivesde ces eaux contre les dermatoses invétérées, comme cinquanteneuf faits en témoignent. — Etude médicale sur les eaux de Pierrefonds-les-Bains , appliquée aux maladies de poitrine, par le docteur Salles-Girons. Un volume de 200 p. in- 12. Résumé de la pratique de l'auteur, inventeur de cette méthode de la î pulvérisation des eaux.
Eaux distillées. Eau de laurier-cerise. De nouvelles recherches sur sa préparation, faites par la commission de la Société de pharmacie de Paris à l'occasion de la révision du Codex, ont conduit M. Marais, rapporteur, à montrer par de nombreuses expériences, que l'acide cyanhydrique qui en est l'agent médicinal, ne préexiste pas plus dans les feuilles que dans l'amande amère; mais que comme dans celle-ci, il se développe sous l'influence de la réaction d'un principe analogue à l'émulsine et à l'amygdaline en présence de l'eau. Or, la première étant très-altérable et cessant de réagir sur celle-ci quand elle est soumise brusquement à une température supérieure à 60 degrés, il s'ensuit que la force de l'eau distillée obtenue, c'est-à-dire la quantité d'acide cyanhydrique obtenue variera non plus seulement selon l'origine des feuilles, leur récolte, mais surtout selon les circonstances dans lesquelles on placera ces feuilles et le mode de distillation.
Il résulte ainsi des expériences de M. Marais, que les feuilles ne donnent la totalité de l'acide cyanhydrique et l'huile volatile qu'elles peuvent contenir, que pendant quelques heures après qu'elles sont détachées de l'arbre. Sous une température atmosphérique de 20 à 25 degrés, la matière fermentescible se décompose avec une telle rapidité, qu'après vingt-quatre heures la somme du produit obtenu n'est que le tiers de ce qu'il était quelques heures après la récolte. La contusion préalable des feuilles, et leur distillation à la vapeur avec au moins trois fois le poids des feuilles d'eau, sans dépasser 60 degrés, sont aussi des conditions essentielles. La perte de l'acide à l'état gazeux est ainsi presque nulle, surtout en opérant dans l'alambic qui ne laisse que peu de vide. Sous le bénéBce de ces règles el en
wpciaiivsui uwb iBuiues jeunes, ceues ae mai, qui aonnent le plus de rendement, bien que leur richesse varie d'un arbuste à l'autre et même d'une branche à l'autre, M. Marais a constaté que les feuilles expédiées du Midi donnent moins d'acide que celles du Nord, et surtout celles cueillies à Paris ou dans les environs, contrairement aux idées reçues. {J. de pharm. et de c/im., juin.)
L'identité de l'eau de laurier-cerise dans ses principes actifs est donc impossible à obtenir, quelles que soient les conditions dans lesquelles on opère. C'estcequel'expérienceavaitdémontré empiriquement ou plutôt à fortiori par l'inégalité des efîets obtenus de son administration.
Des accidents toxiques sont ainsi survenus, et l'on en mettait la cause bien plus dans l'altération qu'elle subissait après sa préparation que dans l'inégalité, les variations des produits obtenus, variations qui peuvent aller du simple au double. En démontrant que la principale sinon l'unique cause élait là, la science n'a pu changer ces conditions, mais elle a du moins mis le médecin à mêmed'en atténuer les fâcheuses conséquences en lui permettant de titrer celte eau par le procédé simple et facile de M. Buignet. C'est au médecin d'exiger ce titrage préalable en demandant cette eau au titre de 40 à 50 miUigrammes d'acide cyanhydrique par 100 parties d'eau, soit -15 a 16 milligrammes par 30 grammes d'hydrolat. Il se mettra par la a l'abri des causes d'accidenis, d'erreurs et de responsabilité dans son emploi.
Eaux potables. Les eaux potables dans le département de la Haute-Garonne, par MM. Filhol, Desbarreaux-Rernard et Lacassin, membres du Conseil central d'hygiène et inspecteurs des pharmacies de ce département. Broch. et tableaux analytiques de 150 analyses d'eaux avec une nouvelle étiologie du goitre (voy. ce mot). Extrait des Mémoires de V Académie des sciences de Toulouse.
ECLA.MPSIE. Prodromes. Elle existe en germe dès quel'albuminurie se révèle par l'infiltration, l'anasarque et surtout les urines albumineuses, après le cinquième mois de la grossesse' L'indication du tannin à haute dose combiné aux toniques existe des lors, et si ces prodromes ne disparaissent pas, le médecin doit se tenir en garde contre la manifestation de l'éclampsie
éclata à huit mois et demi chez l'accouchée de M. Drutcl (Soc. méd. de Lyon), et dix lieures après l'accouchement naturel chez celle de M. Laforgue. {Journ. méd. de Toulouse, p. 111.)
Ce n'est pas une raison toutefois de recourir dans tous les cas à la provocation artificielle de l'accouchement prématuré pour la prévenir, comme M. R. Lee voudrait en faire une loi. Ce moyen extrême, désespéré, ne doit élre employé en pareil cas, surtout si l'enfant, quoique vivant, n'est pas viable, qu'après l'apparition des accidents et la constatation qu'ils tiennent à la réplélion de l'utérus. Agir autrement, c'est sacrifier l'enfant sans motifs valables, car, si redoutable que soit l'éclampsie pour sa vie, elle n'est pas infailliblement mortelle.
Ce qu'il faut en pareille circonstance, ce qu'il est indispensable et devrait être obligatoire, c'est la présence du médecin dès l'apparition des premières douleurs ou des accidents s'il s'en présente avant, afin qu'il puisse en surveiller la marche, les combattre instantanément et procéder à l'accouchement artificiel au besoin. Si ce principe était érigé en précepte, en loi, pour les sages-femmes, l'éclampsie ne serait pas si souvent fatale pour la mère et l'enfant, car le moindre retard à agir dans cette grave circonstance suffit seul à occasionner la mort, comme le docteur Bernard de Prangey en relate un nouvel exemple (Abeille méd., n° 11). Chez une primipare de quarante ans dont les extrémités inférieures étaient infiltrées et les urines albumineuses, la sage-femme ayant attendu pendant vingt-quatre heures l'expulsion naturelle, alors que quatorze attaques éclamptiques de plus en plus intenses se succédaient, la mère et l'enfant succombèrent dès l'arrivée du médecin, tandis que des soins éclairés, une prompte délivrance surtout, eussent peut-être sauvé l'un et l'autre.
M, Guyot a présenté à la Société médicale des hôpitaux les reins d'une malade ayant succombé à une allaque d'éclampsie ptterpérale au huitième jour de l'accouchement. — Primipare de vingtcinq ans, entrée à la Maternité le 1 6 septembre et accouchée le 1 8, d'un enfant mâle, après un travail de cinq heures.
Le 20, après une émotion morale vive, la peau devient chaude, le pouls s'accélère.
Le 21 , survient un frisson. Sulfate de quinine à haute dose.
Le 25, attaque convulsive ayant débuté pendant la nuit : convulsions Ioniques des membres supérieurs et inférieurs,
suivies, au uoui u une miniue environ, ue reiaciieuiem. eu uo slertor. Nouvelle attaque deux ou trois minutes après, et ainsi de suite.
Le 26, à la visite du matin, coma, sans congestion faciale, • sans écume à la bouche; il n'y avait nulle part d'oedème.
Les urines, examinées au milieu de la nuit, ne contenaient pas d'albumine; cet exemple ne put être répété après la mort, car la vessie était vide. Mais l'état des reins ne pouvait laisser de doutes dans l'esprit de personne sur la réalité de cette éclampsie, mortelle en moins de douze heures,
La contraction spasmodique de l'utérus rencontrée dans deux cas d'éclamp&ie post parliim par M. Desserre, lui fait admettre que ce phénomène en est la cause. Les narcotiques seraient donc I les moyens les plus rationnels à employer dans ce cas; les lavements fortement laudanisés surtout, par leur action locale. [Ass. méd. , n° 1 .)
Pronostic. L'éclampsie avec maladie de Bright chronique et urémie est nécessairement fatale, suivant M. Barelia ; si l'éclampsie n'enlève pas la femme, l'albuminurie chronique s'en chargera. Celte variété n'est pas plus spéciale aux primipares qu'aux multipares, dit-il, bien que l'albuminurie passagère se rencontre plus communément chez les premières et se répèle dans la grossesse subséquente [Journ. de méd. de Brux.). De là l'indication de la combattre au début.
Traitement. Agir dans ce cas suivant les causes déterminantes deJ'éclampsie est certainement le meilleur guide du praticien, plutôt que d'adopter aveuglément l'une ou l'autre des méthodes préconisées systémaliquement par les différenls auteurs. Qui osera recourir dans tous les cas aux émissions sanguines coup sur coup jusqu'à deux et trois livres de sang, et comment opérer l'extraction quand le travail n'est pas commencé et que l'utérus est déjà le siège d'une irritabilité qui peut être la vraie cause du mal? La chloroformisation n'est pas plus applicable quand le cerveau est déjà congestionné. Ces moyens ont au contraire leurs indications respectives. Terminer promptement l'accouchement, quand l'éclampsie apparaît durant le cours du travail, est évidemment la meilleure pratique si l'utérus convulsé ne s'y oppose pas, auquel cas la chlorofomisation préalable est indiquée. On pourrait surtout recourir dans ce cas à l'anesthésie prolongée (voy. ce mol). C'est le contraire ordinairement quand
elle débute avant terme à une époque plus ou moins éloignée sans aucun signe de travail. L'irritabilité de l'utérus, qui détermine lant d'avorlements spontanés, surtout chez les primipares, est souvent alors la seule cause à combattre, comme le prouve à posteriori le fait suivant :
« Chez une jeune femme arrivée au sixième mois de sa gros- » sesse et dont les accès, durant depuis vingt heures, devenaient » de plus en plusfréquents etplus intenses, malgré deux saignées » de 500 grammes, sangsues, bains, antispasmodiques, etc., » sans nulle trace de travail, le docteur Aube fit administrer, » en désespoir de cause, 2 grammes de laudanum en lavement. » Une heure après, les convulsions s'arrêtèrent et l'état coma- » teux ne fut plus interrompu que par de légères convulsions » musculaires intermittentes, régulières, se rapprochant de » plus en plus. C'était l'accouchement qui se faisait. Seize jours » après, cette femme était complètement rétablie. » {Jouni.-de D méd. et de chir. praL, mars.)
De ce fait il est permis de conckirequeropium, en faisanttaire l'orgasme utérin, source probable des troubles nerveux, a substitué à cette excitation anormale et morbide le travail physiologique de la dilatation du col et les contractions expulsives qui ont conduit l'accouchement à bonne fin. 11 prouve donc l'utilité exceptionnelle des opiacés dans des cas où ils sont généralement considérés comme nuisibles. {Journ. de méd. et de chir. pml.)
C'est ainsi que M. le docteur Parent leur donne la préférence sur les émissions sanguines, surtout chez les femmes anémiées comme le sont la plupart des albuminuriques. Des quarts de lavements additionnés de vingt gouttes de laudanum de trois en trois heures, ont ainsi arrêté les accès; les femmes ont accouché d'enfants morts.
Ou the nature, palhology, and trealment o( puerpéral convulsions [Nature, pathologie et traitement de réclampsie), par R. Hodo-es, in-S" de 96 pages. Résultat d'une pratique obstétricale de vingt ans, sans autre originalité que la division de réclampsie en deux formes : apoplectique et; hystérique. Le traitement en découle naturellement : saignées contre la première ; antispasmodiques dans la seconde.
ÉLECTRICITÉ. Utilement employée déjà pour rétablir la sécrétion du lait, elle peut également agir sur le rein môme
frappé de la maladie de Bright, ainsi que l'a montré M. Namias. Chez une jeune fille albuminurique , il suffit d'appliquer à la région rénale des rhéophores portant des électrodes d'une pile de Daniell de douze couples, et de la soumettre ainsi aux couranis continus pendant une demi-heure, pour voir la quantité d'urée éliminée par les urines s'élever de G^^SG, par vingt-qpatre heures, à S^^SS. Ce moyen peut donc être employé avec grande chance de succès dans des cas moins graves, où l'empoisonnement urémique du sang est à craindre. (Académie des sciences.)
M. Beau a employé la faradisation comme résolutif dans les engorgements articulaires, succédant ou non au rhumatisme, et comme telle, il l'a tropvée beaucoup plus efficace que les nombreux topiques employés à cet effet. (J. de méd. el de chirur. 'pratiques, juin.)
Elle a aussi été employée avec avantage contre le tétanos et les affections convulsives. Voy. Tétanos.
Électro-puncture. En rapportant une nouvelle guérison d'hydrocèle par ce moyen (voy. Hyduocèle), M. Macario se demande s'il ne conviendrait pas de l'appliquer également à d'autres hydropisies, telles que l'ascite essentielle, l'hydropisie de l'ovaire, l'épanchement pleurétique, etc. (Soc. méd. de Lyon, mai). Mais la douleur vive qu'il provoque n'aurait-elle pas un retentissement périlleux, funeste?
Électrol^'tie. Depuis longtemps, des électropathes avaient remarqué qu'en plaçant sur un membre deux aiguilles correspondant à chacun des pôles d'une pile, pour produire la contraction musculaire, il se produisait autour de celle-ci une destruction Irès-limitée de tissus, que l'on regardait généralement comme une action thermique, c'est-à-dire ia force calorifique des courants. Mais M. Ciniselli (de Crémone) démontra dans un mémoire lu à la Société de chirurgie, en 1860, qu'il était loin d'en être toujours ainsi, que ces eschares se produisaient sans développement de chaleur, et que cette cautérisation était le résultat d'une action chimique de l'électricité. Déjà il distinguait l'eschare du pôle positif comme répondant aux caractères de la cautérisation des acides, et celle du pôle négatif produit des caustiques fondants ou alcalins, concluant qu'elles étaient produites par les alcalis se dégageant des tissus organique'^ ici
et des alcalis là. 11 détruisit ainsi un névrome sur le tibia et cautérisa des trajets Gsluleux profonds. M. Tripier a étendu depuis cette action destructive aux rétrécissements de l'urèthre. Voy. ce mot.
Avec l'aide de M. Arnould Thénard, M. Nélaton se livra à des expériences de cette méthode, qu'il appelle éleclrolylique, sur les animaux, et dont voici le résultat sommaire. Deux aiguilles de platine, mises en rapport avec les pôles d'un appareil de Bunsen, de neuf éléments de 16 centimètres de hauteur sur 8 de diamètre, montés en tension, étant implantées dans la chair d'un animal vivant, on observe, après huit ou dix minutes d'action et autour du trajet des aiguilles, les modifications suivantes : autour de l'aiguille positive, un cylindre induré de 12 à 15 millimètres de diamètre bien circonscrit; autour de l'aiguille négative, au contraire, le tissu a éprouvé une sorte de ramollissement de même forme. Pendant la durée de l'expérience, l'élévation de la température est pour ainsi dire insensible, et le seul phénomène qui s'observe est l'apparition, autour du point d'implanlation des électrodes, d'une mousse blanchâtre formée par des bulles de gaz d'une extrême finesse. Dans la masse du tissu modifié, on n'aperçoit plus ni vaisseaux ni signes d'organisation. Toute la partie comprise dans la sphère d'action des deux électrodes se trouve complètement modifiée, et cette modification peut se résumer ainsi : coagulation vers le pôle positif, tendance à la liquéfaction vers le pôle négatif.
Si on laisse vivre l'animal, cette modification offre bientôt le caractère physiologique que l'on pouvait prévoir : on voit se produire autour des points atteints par le courant tous les phénomènes qui accompagnent l'élimination d'une eschare. L'exemple le plus saillant et le plus concluant qu'on puisse fournir est celui de la langue d'un chien soumise à l'action dudit courant par implantation de deux électrodes à 4 centimètres de son extrémité : il y eut d'abord production d'une eschare qui traversait la langue d'un bord à l'autre; bientôt la partie de la langue située au delà de cette eschare se flétrit et tomba en gangrène. Il y eut donc dans ce cas deux modes de destruction différents : l'action électrolytique, puis une gangrène par interruption de la circulation. . , . .
Au point de vue doctrinal, cet exemple fournit l'histoire même du procédé appliqué à un polype naso- pharyngien qui
avait résislé à tous Iss modes de destruclion tentés contre lui. Voy. Polypes,
On pourra en étendre l'application à d'autres tumeurs. [Acad. des sciences, juillet.)
ÉLÉPHANTIASIS. Étiologie. En présentant un malade affecté de Veleplianliasis Grœcormi, contracté en Californie, M. Kuss exprime l'opinion que cette affection cutanée est due à la reproduction d'épizoaires (monades et infusoires) logés dans la partie toute superficielle de l'épiderme, et doués de mouvements spontanés qui expliqueraient ainsi le caractère ambulant de cette dermatose. Le pronostic en serait ainsi rendu plus favorable. (Soc. méd. de Strasbourg, avril.)
Traitement. Le 5 décembre 1863, M. A. Richard a pratiqué la ligature de la fémorale au pli de l'aine contre un éléphantiasis de la jambe gauche, dont se trouvait atteinte une jeune femme de vingt-huit ans, couchée salle Saint-Jacques à l'hôpital Cochin. Aidé de la compression consécutive, ce moyen, bien préférable à l'amputation, proposée et exécutée dans ce cas, a été suivi d'un prompt succès; le membre est revenu à son volume normal. {Gaz. deshôp., n° 36.)
C'est par erreur qu'en publiant ce fait, l'auteur croit pouvoir affirmer, de ses recherches de vi'igt-quatre heures, que cette opération est la première faite dans ces conditions. M. Bulcher en a rapporté un cas tout semblable dans la Dublin quarterly Review. Adoptant la proposition qu'en avait faile le professeur Carnorchan, il pratiqua cette opération le 25 novembre 1862, qui eut un complet succès. [Union méd., ti°TQ.)
EMBOLIE. A la constatation anatomo-pathologique de cet embarras de la circulation, se joignent aujourd'hui ses caractères cliniques. Par les faits, de mieux en mieux observés, l'éliologie, le diagnostic et même le traitement en sont éclairés, et beaucoup d'accidents, inexplicables autrefois ou attribués à la syncope, s'expliquent ainsi rationnellement. Tel le cas de ce jeune soldat de vingt ans, convalescent d'une varioloïde, à l'hôpital militaire de Strasbourg, clinique de M. Nelter, lorsque, n'ayant plus qu'un peu de bronchite et mangeant déjà la demi-portion , on le trouva un matin dans un grand état d'anxiété, les traits décomposés, la face pâle, respirant pénible-
menl, sans pouls. A l'auscultation, rien d'anormal dans les poumons, mais l'intensité des Ijattoments du cœur est telle que la téle de l'observateur en est soulevée ; leur extrême fréquence ne permet de les compter qu'approximativemenl à deux cent vingt par minute, et au lieu des deux bruils normaux il n'y en a qu'un seul, court et sec, bruit unique, perceptible à droite comme à gauche, avec léger frémissement cataire à la palpation digitale, sans souffle ni frottement péricardiques. Les artères carotides battent aussi avec force, la droite surtout, qui, à chaque poussée du cœur, se soulève par soubresauls; les pulsations des fémorales sont aussi très-sensibles. ^ Ce garçon, n'ayant jamais éprouvé d'accident semblable, l'idée d'une obstruction du système circulatoire était la seule admissible, et l'indication étant de fluidifier le sang, quarante sangsues furent appliquées successivement sur la région précordiale et suivies de frictions mercurieiles. Le malade buvait jusqu'à quatre litres de tisane avec 4 gramme à /i^^bO de sous-carbonate de potasse par jour.
Cet état grave se maintient, à peu de chose près, le même durant sept jours. La faces'œdématie; les urines examinées sont troubles et laissent "déposer une grande quantité d'acide urique et d'urales ; aucun trouble des facultés intellectuelles. Mais à la visite du huitième jour, tout est changé : « Mon cœur a repris son état naturel, dit le malade, j'ai dormi et en me réveillant, je me suis senti guéri. « En effet, le pouls est normal et les deux bruits du cœur sans aucune altération, ni souflle, ni frottement péricardiques. La guérison ne s'est pas démentie di-'puis. (Gaz. méd. de Sirasbourg.)
Une autre fois, c'est une nouvelle accouchée délicate, qui, dix-huit jours après une hémorrhagie abondante, est prise, sans avant-coureurs, de pâleur et de mutisme avec agitation des bras pour se faire comprendre. A l'arrivée du médecin, la tête est chaude, les mains en sueur, le pouls à 104 au poignet droit avec déviation des traits de la face à gauche, tandis que la langue, tirée, se dirige à droite. Des révulsifs ramènent momentanément le calme et la parole, qui cesse de nouveau. Ou constate, en outre, que le pouls, très-percepdble à droite, l'est à peine à gauche, à la radiale comme à la brachiale, bien que sensible à l'axillaire, à la sous-clavière et à la carotide. La main droite ne peut rien saisir. 23 centigrammes de sesquicarbonale d'ammoniaque et de 2 centigrammes et demi de tartrate am-
moniacal de 1er sont donnés aiiernaiivemeni, louies iieuica, et, sous leur influence, le pouls reprend graduellement plus de force à gauche, tandis qu'il diminue de fréquence à droite où -les mouvements se rétablissent. La parole revient le quatrième ;jour et dès lors la guérison est complète. {British med. Jourii., p. 469.)
ÉTiOLOGiE. Ch. Meigs (de Philadelphie) a signalé il y a plusieurs années cette disposition des nouvelles accouchées qui ont éprouvé des pertes abondantes de sang à cette formation accidentelle des caillots intra-cardiaques. Il l'attribuait à leur disposition à la syncope et à la coagulabilité plus grande du sang, résultant du ralentissement et de la faiblesse des mouvenients du cœur. Son frère, en les rencontrant à l'autopsie |de trois cas de diphthérite , en fait aussi la cause active des morts subites en pareil cas, tout en admettant subsidiairement iTinfluence diphthérilique sur la formation de ces caillots. {Am. Journ. of med. sciences, avril.)
Par des expériences sur les animaux, M. Faure a constaté ique ces concrétions librineuses, jaunâtres, polypiformes , plus ou moins solides et de formes si variées, qui se rencontrent fréquemment dans le cœur après la mort , sans aucun signe de leur existence pendant la vie, se forment peu de temps avant la mort par le ralentissement de la circulation. Ils ne sont donc pas seulement un effet cadavérique, comme la plupart des observateurs étaient portés à le croire. Ils se sont montrés le plus souvent, soit quatre à cinq fois sur dix expériences , lorsque les animaux périssent par une lésion quelconque du cerveau. Le professeur Tardieu a constaté aussi souvent la présence de ces concrétions dans les autopsies judiciaires d'individus morts par suite de plaies de tête; les recherches méritent donc d'être poursuivies dans les cas semblables. [Arch.de méd., février.)
Cette doctrine est corroborée par un fait remarquable de méningite, communiqué à la Société médicale de Lille par M. Ladureau. Le malade s'éteignit graduellement, et à l'autopsie, on trouva des caillots volumineux dans les cavités droites {Bull. méd. du Nord, mars). L'existence de ces caillots s'explique donc bien mieux de cette manière que par l'intlammation des membranes séreuses, car on la retrouve aussi dans les phlegmasies d'autres membranes.
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Se fondant sur les expériences de Baglivi, — qui, injectant nne solution de canlharides dans la jugulaire des chiens, trouva ces concrétions fibrineuses dans lo cœur de ces animaux , en les sacrifiant quelques jours après, — un médecin américain, M. Bellamy, les ayant constatées de môme à l'autopsie de malades qui avaient été soumis aux vésicatoires, en a conclu qu'ils étaient la cause productrice de ces caillots {Am Times). Les cantharides agiraient d'après cela sur le cœur comme sur la vessie. Mais les expériences de M. Faure montrent l'inanité de cette idée que rien ne confirme.
Le docteur Dorran les a rencontrés dans huit autopsies de soldats anémiques, morts d'affections abdominales et pulmonaires. Dans ces huit cas , le foie était lésé ainsi que la raie, les ganglions mésentériques et bronchiques, conformément à la doctrine de Virchow et Bennett à ce sujet. Mais que leur formation ait lieu par l'arrêt mécanique des leucocytes dans le cœur, ou par le ralentissement naturel de la circulation, il n'en est pas moins démontré qu'elle est antérieure à la mort par leur adhérence intime à l'endocarde, leur interposition exacte entre les colonnes charnues, et leur fermeté, leur résistance et leur blancheur, plus grandes que celles de^ caillots qui se trouvent dans les vaisseaux afférents. {Am. med. Tnnes, p. 62.)
Des caillots albumino-fibrineux, blancs-ja>inâtres, élastiques, très-tenaces , de forme sphéroïdale, occupant de préférence l'oreillette et le ventricule droits, remplissant exactement ces cavités et légèrement adhérents aux colonnes charnues , sont aussi les lésions que le professeur Giordano ne manqua jamais de trouver à l'autopsie des cas de fièvre puerpérale à la Maternité de Turin. Us s'étendaient dans les gros troncs afférents, parfois sous forme de cylindres, résistants jusqu'à une traction de 160 grammes. Dans plusieurs cas il n'a pas découvert d'autre altération anatomo-pathologique. Aussi établit-il par celte raison une liaison irès-intime entre la fièvre puerpérale, l'éclampsie et la plilegmalia alba dolens, dans lesquelles on rencontre aussi des caillots. Pour lui, l'embolie centrale ou périphérique est la cause de celte trilogie morbide [Union méd., n" 12). Les expériences précédentes sont peut-être un correctif utile à cette systématisation.
D'après quarante-huit cas observés par lui, M. Perroud divise ces caillots en actifs et passifs , selon qu'ils se forment avant ou après la mort. Les premiers sont secs, blanchâtres, à
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déchirure fibroïde, offrant peu d'éléments cellulaires au microscope et analogues aux caillots des anévrybmes, tandis que les seconds ressemblent à ceux des saignées. Bien que la faiblesse du courant sanguin lui paraisse une condition favorable à leur formation, il ajoute, par une sorte de contradiction, que l'agonie, qui, comme l'asphyxie, favorise la diffluence du sang, s'oppose à cetle formation. Quoi qu'il en soit, il les a trouvés plus souvent à droite qu'à gauche et dans les ventricules que dans les oreillettes. [Congrès de Lyon.)
Cette question de la formation des caillots fîbrineux du cœur préoccupe partout les pathologistes. Le docteur Ogie a ainsi présenté à la Palhological Society de Londres plusieurs exemples de leur formation pendant la vie. La plupart étaient Irès-mous, avec un fluide puriforme au centre, enveloppé par une surface ferme et lisse comme les parois d'un abcès. Ces caractères et leur adhérence aux parois intra-cardiaques sont la preuve évidente de leur formation pendant la vie. Comme l'action augmentée du cœur dans les phlegmasies semble prévenir la formation de ces caillots , il suppose que l'emploi exagéré des sédatifs du système circulatoire peut avoir un effet contraire et en déterminer la formation.
Contrairement à MM. Bouchardat et Stuart Cooper , qui avaient trouvé le cœur et les gros vaisseaux remplis de caillots à la suite des injeclions de sels de potassium dans les veines, MM. Grandeau et Claude Bernard n'ont rien rencontré de pareil à l'autopsie en répétant ces expériences.
A mesure que cetle nouvelle cause de mort subite est mieux étudiée, on la constate dans une infinité de cas pathologiques. Un caillot occupant toute l'étendue de la veine cave inférieure, se plongeant un peu dans les veines afférentes et beaucoup plus dans l'oreillette, expliquait ainsi la mort subite d'un jeune homme alleint seulement depuis quatre mois d'orchite tuberculeuse. (Soc. méd. de Lyon.)
Elle a déterminé la mort subite dans un cas de fracture avec contusion, observé par M. Azam (de Bordeaux). Le rapprochant d'autres faits épars dans la science et qui n'avaient pas encore reçu d'interprétation, il en a fait l'objet d'un mémoire intéressant à l'Académie de médecine, dont voici les conclusions :
1" Les fractures et les contusions peuvent devenir des causes de mort subite par embolie pulmonaire.
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2° Ces embolies ont pour origine une Irombose des veines de la région blessée, due elle-même à la résorption du sang épanché.
3° Ces thromboses ou les phlébites qui les précèdent sont en général latentes; elles doivent être plus communes qu'on ne le croirait au premier abord.
4° L'exploration par les doigts du trajet des veines superficielles et profondes peut seule démontrer leur existence.
5° Certains accidents pulmonaires subits, tels que dyspnée, hémoptysie, douleur précordiale, indices de la présence diins le poumon d'un caillot embolique de volume variable, peuvent attirer sur ces phlébites l'attention du chirurgien.
6° Dans les thromboses veineuses les caillots sont plus ou moins adhérents; le degré de plasticité du sang est en rapport avec la solidité de ces adhérences. Or les fractures condamnées au repos sont dans de mauvaises conditions de plasticité.
7" Les mouvements généraux ou partiels accompagnés d'efforts, et l'application d'appareils compressifs , peuvent provoquer le départ des caillots emboliques.
8° Le chirurgien devra rechercher si, à partir du quinzième jour, il n'existe pas chez les fracturés ou les contusionnés des phlébites latentes.
9° Si l'existence d'une phlébite est démontrée, le repos, les antiphlogistiques et un traitement alcalin sont indiqués. [Acad. de îned., juin, et Gaz. hebd., n" 37.)
A l'appui de celle nouvelle étiologie, M. Labbé en a présenté un nouveau cas à la Société de chirurgie, arrivé chez une femme de soixante-six ans à la suite d'une fracture de la jambe.
Dans le ramollissement cérébral atrophique , M. Broca a montré qu'il se forme communément un caillot sanguin dans l'artère de Sylvius, qui paraît l'oblitérer complètement et simule ainsi l'embolie. Maison y regardant de près, il s'est convaincu et a montré sur pièces pathologiques qu'un perluis existe au centre du caillot, ce qui prouve qu'il s'est formé sur place et ne vient pas du cœur, comme on l'a cru à tort (Soc. de chir., 6 janvier.)
Diagnostic. Une fille de treize ans , d'une très-faible constitution, respiration courte et se fatiguant au moindre exercice, éprouve, au septième jour d'une légère éruption [chicken-pox), des spasmes de la poitrine, avec difficulté de la respiration ,