‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 4)Chapitre 49 sur 127 · GRIPPE · texte numérisé non relu

GRIPPE

précède les granulations qui en sont un exsudât plastique, dit-il, lequel se tuberculise seulement chez les sujets prédisposés. Quel que soit le sié^e de rinflammation granuleuse dans I une des trois cavités, elle se caractérise toujours par un état morbide général propre qu'il est possible de distinguer, de dédoubler de la tuherculisation. Elle est assez fréquente et passe mapereue dans sa forme abdominale sous le masque de la hevre typhoïde légère, insolite, prolongée, ou un embarras gastrique fébrile qui dans certains cas détermine la dégénérescence tuberculeuse du péritoine comme de la plèvre, du poumon ou de l'encéphale La raie unguéiile ou tache méningitique est un des caractères de celte affection spécifique. Le pronostic, tout grave qu'il est, n'est pas désespérant comme plusieurs des maladies sous lesquelles celle-ci est confondue. [Union méd., n° 15.)

GRENOUILLETTE. Pour en empêcher la récidive, M Chassaignac introduit après la ponction préalable un drain ou tube de caoutchouc perforé dans la canule du trocart pour faciliter l'issue du liquide en dehors. Après deux ou trois mois de séjour, il le retire et laguérison radicale est assurée. [Journ. de méd. et de chir. prat., avril.)

GRIPPE. Par ses retours annuels au commencement de chaque hiver, son caractère épidémique, ses exacerbations régulières et le caractère spécial des accès de toux, cette affection ne peut être confondue avec une bronchite simple. Renouvelant en cela une doctrine déjà ancienne, M. Carrière fait consister la différence dans la nature intermittente de la grippe signalée dès 1790, par Strack dans un opuscule de 25 pages en latin, et reproduite bien des fois depuis dans divers écrits, notamment par MM. Liégey et Schaller. Ce dernier, ainsi que Strack, a môme justifié ce diagnostic en administrant avec succès le sulfate de quinine comme son prédécesseur avait administré le quinquina, en en faisant l'un et l'autre le remède spécifique dans des épidémies de ce genre. En rappelant onze faits qui lui servent do preuves à cet égard, M. Carrière n'a donc fait que confirmer de l'autorité de son nom une doctrine établie longtemps avant lui par des travaux authentiques et des preuves irréfragables. [Union, méd., n»» 2, 3, 20, 24, 26.)

Contrairement à l'opinion générale qui voit là une étiologie palustre, M. Des Brûlais (de Nantes) croit que les fréquentes

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allernaUves de chaud arlificiel et de froid ntmoiiphérique sont bien plus propres à expliquer celle inlermillence réelle : car avec plusieurs praticiens, il a remarqué que nombre de maladies prenaient ce caractère pendant les grands froids comme pendant Télé {Journ. deméd. et de citir. pral., mars). Seulement il faul quelque sagacité pour saisir ce type. Pendant l'hiver, les stades classiques font défaut ou sont peu tranchés dans les affections intermittentes par celte raison toute simple que si dans l'été, le frisson initial est accusé et rapporté à une cause morbide, il est au contraire mis sur le compte de la saison pendant l'hiver ; ce qui en fait méconnaître le plus souvent la véritable nature et la valeur diagnosti(|ue.

GROSSESSE. Dilalalion sacciforme. Amincissement du segment inléro-postérieur de l'utérus qui fait saillie à la plaie du col remonté en avant el en haut. C'est la rétroversion partielle des auteurs allemands Mende, Kiwisch, Scanzoni, qui admettent qu'elK' ne peut se développer que dans les derniers mois de la grossesse. M. Frank en rapporte un fait remarquable [Union méd., n" 108). Mais elle peut êlre primitive selon le mécanisme expliqué par M. Mallei, si le bassin spacieux el le sacrum excave facililenl dès le premier jour celte rétroversion. Alors, suivant les lois physiologiques de la grossesse, la paroi antérieure devenue supérieure, s'élève el se développe avec la têle derrière le col, tandis que dans les derniers mois la paroi postérieure devenue inférieure, ayant à supporter le contenu de l'ulérus, s'amincit el fe dilate surtout au moment de l'accouchement où la tête s'engage à travers le détroit, tout en laissant le col élevé en avant. Ainsi s'explique celte dilatation sacciforme devenant surtout manifeste dans le5 derniers mois ou lors de l'accouchement que l'on est particulièrement appelé à la constater. [Idem, n° \ \ 1 .)

Hrjdulides utérines. Le cas suivant, rapporté par M. Osborn, prouve que leur production est particulière à la femme chez laquelle elles se développent, el non pas à l'honnne avec lequel elle cohabite.

(Tne fille de dix-sept ans offrit, à partir de 1 862, tous les signes de la grossesse. Le 12 juin sans qu'aucun accident physique, aucune impression morale Irop vive l'eût frappée, une hémorrhagie survint, le travail s'établit et elle expulsa une

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masse d'hydalides, puis une membrane dans laquelle on reconnut la caduque délacliée.

Kedevenue enceinte à la suite de rapports avec le même homme au printemps de 1 863, sa prétendue grossesse se termina en juin par le même accident que la première.

Ses parents supposant que la produciion des hydalides provenait du fait de cet homme, la décidèrent à l'abandonner. Elle en épousa un autre, et les règles ayant cessé de nouveau à la (in de décembre 1863, on la considéra comme enceinte ; mais vers les derniers jours de février l'hémorrliagie apparut ; elle se reproduisit à intervalles de huit à dix jours jusqu'au 14 mai où le travail s'établit et se termina comme les deux précédentes fois par l'expulsion d'une masse d'hydalides accompagnées le second jour de larges débris de la caduque.

Après chacun de ces trois accidents, il y a eu sécrétion lactée. L'apparition du lait dans les seins a même été le premier signe d'après lequel cette fille eût pu, la première fois, se croire enceinte. [Brilishmed. Journ. , oct.)

Leur formation dans ce cas paraît bien due à l'imprégnation et non pas à une chute, comme quelques auteurs l'ont observé dans d'autres cas.

Démangeaison vulvaire. Liée à l'état de grossesse, cet accident pénible est parfois des plus rebelles. C'est ainsi que dans tin cas relaté par M. Maliei à la Société de médecine pratique de Paris tous les moyens restèrent infructueux. M. Dubois conseille de la combattre par des cautérisations au nitrate d'argent, comme le seul moyen efficace éprouvé par une pratique de vingt ans. Une ou deux cautérisations légères suffisent et il est tellement certain du remède qu'il ne craint pas de promettre une guérison sûre et rapide aux femmes qui veulent s'y sounietlre immédiatement. (Gris, des liôp., n" 34.)

Vomissements incoercibles. Le déplacement de l'utérus peut les produire, et le professeur Braiin (de Vienne) relaie un fait d'anléfiexion où il lui suffit de redresser l'utérus pour les voir cesser aussitôt et définitivement. {WocliemblaU der Zeilsch.)

C'est du moins là une des nombreuses causes qui peuvent les entretenir, et qui tend à démontrer que ces vomissements sont le plus souvent symplomatiques des phénomènes anormaux de la grossesse.

De l'eau-de-vie mêlée à l'eau de Sellz, prise avant de man-

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ger, a parfaitement réussi au dor.teur Lacoste, chez une femme enceinte. (Gaz des hôp., avril), et de même au docteur Cassou.

Opéraiions. Tandis que les affections fébriles ont une influence très-préjudiciable sur la grossesse, celle-ci ne paraît pas conireindiqiie.r les grandes opérations, suivant le professeur Valette (do Lyon). Sur neuf observations consignées dans son mémoire, dont quatre amputations, une taille, trois opérations de hernie étranglée, une de fistule à l'anus, la grossesse n'en a éprouvé aucune influence fâcheuse, si ce n'est dans ce dernier cas et dans une kélotomie, où la proximité du traumatisme avec l'utérus a pu agir directement. L'amputation d'un cancer encéphaloïde du sein chez une femme enceinte de trois mois et demi n'empêcha pas la grossesse d'arriver à son terme sans accident. La grossesse ne paraît pas avoir plus d'influence sur le résultat de l'opération, car sur ces neuf cas, il y eut sept succès et deux morts seulement, une à la suite de la fistule anale (Matiriceau) et l'autre par tétanos consécuiif à l'amputation de la jambe (Valette). On ne doit donc pas hésiter à agir, si le cas réclame une intervention active, à quelque époque que la femme se trouve dans sa grossesse; mais il ne faut céder qu'à la nécessité, et il sera toujours prudent d'attendre pour les opérations qui peuvent être renvoyées à une autre époque. (Journ. de méd. de Lyon, n" 2.)

Vaginoscope. Nouveau moyen de constater la grossesse commençante. Voy. Auscultation et Variole.

Uléroscopie. Conduit par le procédé d'optique que l'on emploie comme moyen diagnostique dans l'hydrocèle , en faisant traverser le liquide par un rayon de lumière, M. Aubinais (de Nantes) a cherché à l'appliquer à l'utérus gravide pour reconnaître la position du fœtus. L'utilité du but était digne de l'entreprise. On sait d'ailleurs qu'en suspendant un petit fœtus dans une vessie remplie d'eau, il est facile d'en saisir toutes les positions, suivant les mouvements imprimés à la vessie. On les voit plus nettement encore si, recouvrant cette vessie de papier noir, on pratique deux fenêtres en ligne droite et que l'on présente la flamme d'une bougie à l'une , tandis que l'œil est en observation à l'autre ouverture parallèle.

En mettant ce procédé en pratique dans un cas d'ascite trèsabondante, il put ainsi distinguer la présence d une anse intestinale, quoique la vue ne fût pas nette, ce qui indiquait un

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liquide nébuleux. La ponction le montra en effet trouble comme de l'eau savonneuse.

Il crut dès lors à la possibilité, en perfectionnant l'expérience, de voir dans la cavité utérine pendant le travail et par le vagin à travers la poche amniotique, alors que le col est sufflsamnient dilaté, que la poche amniotique est intacte et qu'il y a une grande quantité de liquide. Chez une tripare en travail, dont l'utérus paraissait énormément distendu par une grande quantité de liquide anmiotique, il l'exécuta dans les conditions suivantes :

Un toucher attentif, lorsque la poche eut bombé dans le col, indiquait qu'une anse du cordon llottait derrière. Pour vérifier ce diagnostic, il recouvrit le ventre de la femme de papier noir, en ne pratiquant qu'une seule ouverture latéralement, et tandis que le mari tenait une lumière vis-à-vis de celte fenêtre, il examinait par le vagin à l'aide du spéculum et d'une autre bougie. Il distingua en effet assez clairement, à travers les membranes faisant une légère saillie dans le col-, une anse du cordon flottant assez haut dans le liquide. L'événement justifia bientôt la justesse de ce diagnostic, car peu d'instants après cet examen , la poche des eaux s'étant rompue pendant une contraction, l'anse du cordon fut précipitée dans !e vagin. La ver.-îion fut aussitôt pratiquée et amena ainsi rapidement un enfant qui a continué de vivre. Il est donc possible dans ces conditions de voir au moins dans la portion la plus déclive de la cavité utérine, c'est-à-dire dans celle que comprend le petit bassin .

Incité par le succès de cette expérience, M. Aubinais en conçut une autre pour s'assurer, malgré toutes les objections qui se présentaient à son esprit, s'il ne serait pas possible, en éclairant encore mieux la cavité utérine, d'apercevoir à travers l'abdomen la position de l'enfant dans l'utérus. Chez une femme blonde, lymphatique, ayant la peau fine et blanche, dont le ventre était énormément distendu et tombait un peu en besace, il la mit ainsi à exécution. Arrivé une heure après le début du travail, alors que la dilatation avait une circonférence d'une pièce de 2 francs, il enveloppa le ventre de papier noir avec deux ouvertures latérales correspondantes, et pour que la lumière de la bougie fût exactement réfléchie, un réflecteur de fer-blanc, ovalaire et un peu concave, fut placé derrière. Le mari tenait cet appareil du côté droit du ventre, tandis que lu

GJIOSSESSE.

observait à l'ouverture opposée. Mais aucune forme ne se dessina. Tout était noir, sinon sur deux points de la circonférence du disque, où l'obscurité était moindre. La tête plongeant dans le petit bassin, il pensa que le tronc du fœtus interceptait les rayons lumineux et il en chercha la vérification en soulevant la tête avec l'index, afin de voir .si l'opacité du disque restait la môme ; mais il n'obtint aucun changement. Il essaya alors des moyens perturbateurs pouvant faire bouger l'enfant soudainement, et faisant avaler d'un seul coup un verre d'eau froide à la femme, qui en éprouva un frisson instantané , il vit en effet le champ de l'un des points Inmineux s'accroître, tandis que l'autre s'était complètement obscurci. Présumant que le fœtus avait bougé, il répéta l'expérience, en faisant appliquer brusquement sur la région du cœur de la patiente une éponge imbibée d'eau froide. Mais malheureusement pour l'expérience une forte douleur eut lieu, les eaux s'écoulèrent à ce moment et dès lors le disque devint profondément noir, l'œil n'aperçut plus la moindre lueur. {Journ. de la Soc. de méd. de la Loireinférieure, p. 70.)

Sans pouvoir considérer ces essais comme ayant un résultat pratique, on ne peut dire non plus qu'ils sont entièrement négatifs. Ils offrent, au contriiire, aux médecins versés dans les expériences du ressort de l'optique, familiarisés avec les nouveaux instruments appliqués au diagnostic, comme l'cphthalmoscope, le laryngoscope, l'endoscope, quelques promesses de réussite en les répétant d'une manière plus scientifique.

Grossesse e.Ytra-utérine . Fœiicide, Le professeur Triedreich (d'Heidelberg) a proposé les injections pour tuer le fœtus et prévenir ainsi les accidents redoutables qui en sont ordinairement la suite. Il les a employées chez une fille de vingt-sept ans, ayant déjà eu un enfant , admise à la Clinique pour de vives douleurs dans le côté droit de l'hypogastre, où l'on percevait par la palpation une tumeur ovalaire comme un œuf de poule, un peu mobile, dirigée transversalement, très-douloureuse à une légère pression. Combinée avec le toucher vaginal, on en constatait la surface lisse , une consistance assez dure sans fluctuation évidente. Col uiérin tuméfié et ramolli , orifice béant, augmentation de volume de l'utérus tout entier, vérifiée par le cathélérisme. Sécrétion lactescente des seins sans pigmentation des aréoles, ni de la ligne blanche. Cette fille avait

UALLOClNATIONti,

d'ailleurs eu huit jours auparavant ses règles plus abondantes quH de coutume.

Des sangsues n'ayant en rien arrêté ni modifié ces accidents et la tumeur continuant de s'accroître rapidement, le professeur arriva, par voie d'exclusion, à diagnostiquer une grossesse tubaire, malgré les signes faisant défaut. Dès lors, le retour incessant des douleurs faisant craindre une prochaine rupture du kyste, il résolut d'en interrompre le développement en tuant le fœtus à l'aide d'injections de morphine, à cause de l'action délétère des substances narcotiques sur les organismes incomplètement développés. Le 4 5 mars, la tumeur étant abaissée par un aide , une première ponction fui faite par le vagin avec un trocart suffisamment long et légèrement recourbé à la pointe ; puis la seringue de Pravaz y étant adaptée, une injection avec un dixième de grain fut poussée sans que la femme ressentit ni douleur ni accident consécutif. Les douleurs ayant diminué, on répéta graduellement trois autres injections plus fortes les jours suivants, qui les firent cesser. La tumeur revint sur elle-même jusqu'au volume d'une noix, complètement indolente, même à la pression, et tous les accidents disparurent, si ce n'est à l'approche des règles, le 8 avril. Après une seconde époque sins accidents le 16 mai, la malade quitta l'hôpital complètement guérie. [ Arcli. fur palhol. Anat. , t. XXIX.)

Le fœticide est sans doute rationnel et légitime dans ce cas, puisque l'embryon, ne pouvant se développer complètement que par exception, se trouve inévitablement sacrifié, tout en mettant les jours de la mère dans le plus grand danger. Mais p.st-ce ici une grossesse tubaire et les applications pour en arrêter le développement en seront-elles toujours aussi faciles et innocentes? Le doute est au moins permis, ce qui fait que :'e8l là une proposition plutôt qu'une application de cette méthode.

lïALLUClIVATlOlVS. Elles ne sont presque jamais un )hénomène psychique pur, selon M. Chabrier ; il les considère oujours, de mémo que le vertige, comme un phénomène sensoriel ayant son point de départ soit dans une maladie d'un

HELMINTHOLOGIE.

organe, soit dans une sensation normale perçue par des organes malades et dans lesquels l'équilibre de la sensibilité est entièrement rompu. A l'appui, il en rapporte un exemple trèsremarquable chez une dame névropalhique dont le col de l'utérus était profondément ulcéré; avec un traitement local et général elle guérit parfaitement. {Bull, ihérap., nov.)

HACHISCH. La vente, autrement que sur ordonnance de médecin, en a été prohibée à Conslantinople par la haute cour de justice, avec sanction du sultan, à cause des nombreux empoisonnements dont son usage libre était la cause.

La Gazette médicale de l'Algérie réclame la même mesure en Algérie où les dangers de l'habitude du hachisch ne se révèlent que trop souvent, dit-elle, devant la justice.

HELMINTHOLOGIE. Infection trichinale. Quand M. Hilton découvrit, en 1832, le petit ver blanc cyUndrique décrit par Owen sous le nom de Trichina spiralis, on ne se doutait guère de l'importance pathologique de cette découverte. Aujourd'hui, la fréquence constatée de cet helminthe dans les muscles et les intestins du porc et sa transmission facile dans le corps de l'homme et les autres animaux, autant que sa multiplicalion rapide et in6nie, ont indiqué le danger pour ceux qui font usage de la viande de porc crue ou imparfaitement cuite. En Allemagne, et particulièrement en S.ixe, des exemples nombreux en ont été observés. Ainsi, le professeur Langenbeck rapporte l'histoire de sept personnes prises, trois ou quatre jours après une collation avec jambon et saucisses, de diarrhée intense, douleurs au cou, œdème de la face et des extrémités; quatre succombèrent. A Pianen, une trentaine de personnes ayant mangé de la chair d un porc, tombèrent malades simultanément avec tous les symptômes de l'affection trichmale, dit Bœhler ; deux seulement succombèrent. De même à Heltstœdt, où, sur cent trente-cinq malades, il y eut vingt décès. A Colbe, sur trente-huit personnes empoisonnées, le nombre des morts s'éleva à huit.

Si parfois il en résulte comme un empoisonnement aigu, le plus souvent la marche du mal est lente et progressive. Des douleurs musculaires, parfois violentes, que provoque le moindre mouvement, et un ensemble de symptômes d'apparence rhumatismale et typho'ide, plus ou moins graves, souvent mor-

HELMfNTHOLOGIE.

tels, en sont l'appareil ordinaire. De l'enrouement, de la dysphagie, du strasbisme ou une motililé très-limilée de l'œil s'y joignent aussi. L'illustre Virchow signale l'observation d'une femme morte ainsi, après une maladie d'aspect typhoïde, sans que l'autopsie ait révélé les lésions caractéristiques, et qui avait mangé, un mois auparavant, de la viande trichineuse. Plusieurs personnes, et le boucher notamment, en avaient été très-sérieusement malades.

Tandis que le bœuf et le veau sont heureusement réfractaires à l'infection trichinale, celle-ci se produit très-facilement, au contraire, chez les lapins et les chats, comme des expériences multipliées l'ont démontré. Le moyen le plus sûr de la produire est de faire ingérer à ces animaux des trichines vivantes dans leur alimentation ou plutôt la viande qui en contient. En les tuant dix ou quinze jours après, on trouve les trichines dans l'intestin, le péritoine et les muscles, même les plus superficiels. Le cœur, jusqu'ici, en a été trouvé exempt ; mais il en existait dans le péricarde, les plèvres et même les caillots intracardiaques, ce qui montre que la migration de ce parasite s'opère par pénétration directe à travers les tissus, plutôt que par la circulation.

Traitement. On n'a pu trouver encore de vermifuge efficace contre cet helminthe, comme pour les entozoaires. Des essais sur les animaux avec l'essence de térébenthine, la glycérine, l'acide pyroligneux, le calomélas, les purgatifs répétés, l'extrait de fougère mâle ont également échoué. La première indication pourtant, lorsqu'on suppose son existence ou que l'on en acquiert la certitude, est d'en provoquer l'expulsion par des purgatifs répétés de jalap et de calomel, et d'en poursuivre la destruction dans l'organisme par do petites doses d'essence de térébenthine, la poudre de racine de fougère mâle et quelques gouttes de créosote à l'intérieur. Suivant les expériences du professeur Mosler, faites sur un porc, la benzine aurait encore plus sûrement la propriété de détruire les trichines des muscles. La viande de cet animal empoisonné par ce produit, ayant été envoyée à plusieurs médecins pour en expérimenter les effets sur des lapins, aucun de ces animaux ne fut trouvé infecté à l'autopsie. {Arch. fur palhol. Analom., et Archiv. deméd., août.)

Un interne des hôpitaux de Lyon, M. Rodet, a confirmé ce fait par des expériences. En administrant la benzine en capsules peu de temps après l'ingestion d'une viande infectée, il a

GAR.MER. A f.

IIELMINTHOLOGIE.

nionlrô qu'on lue les trichines inleslinales. Mais dès 'que les embryons oui traversé les parois de l'intestin pour s'enkyster dans les faisceaux musculaires, toule inlervenliou ihérajieulique est impuissante. Heureusement, M. Bouchard a montré en même temps qu'elle était superflue, parce que les trichines une fois enkystées ne peuvent plus déterminer d'accidents, ceux-ci ne se montrant que pendant les migrations de ce parasite. [Congrès de Lyon.)

Le picronitrate de potasse a aussi été employé avec succès, à l<i dose de 60 centigrammes par jour, par le docteur Friedreich (de Heilderberg). Ce médicament détermine une ictéricie intense, qui semble dénoter son action directe sur le foie. Voici la formule employée :

"if pictonitiate de potasse 1 50 cenligr.

Poudce de racine de jaiap 3 grammes.

Extrait de régtisse q. s.

Pour trente pilules dont on prend deux ou trois par jour. [Virchotvs Archiv.)

La cuisson de la viande à un degré convenable est le plus sûr moyen préservatif; mais, d'après M. Fiedler, une température de 50 degrés K. est nécessaire pour tuer d'une manière certaine les trichines contenues dans la chair musculaire.

Des trichines, par Rud, Virchow, traduit de l'allemand par E. Omnius, élève des hôpitaux de Paris. In-8° de 55 pages, avec 5 figures et une planche liihographiée. — Elude du Tiickina spiralis, par le docteur H. Kestner. Un vol. in-8° de 90 pages, avec 2 phinches lithographiées.

Douve. Le professeur Biermer (de Berne) a aussi rencontré le Disloma hepaiicum obstruant le canal cholédoque, à l'autopsie d'un ancien soldat aux Indes orientales, qui présentait un ictère très-prononcé sans Bèvre, ni coliques, ni état local anormal. Des douleurs aiguës, spontanées et augmentant par la pression et la respiration, apparurent seulement quelque temps avant la mon. Le conduit cystique était complètement oblitéré. L est seulement le dixième fait connu de la présence de la douve dans le foie humain. [Arch. de wéd., mars.)

Le DiMa hœmatob mm , Ottûou\e, rencontre dans le^. paroI^ vésicules est de même regardé par M. Harley comme la cause

HELMINTHOLOGIE.

de I héniaturie endémique qui existe, surtout chez les enfants, au cap de Bonne-Espérance. Voy. Hématdiiie.

SciéroMoiucs des solipèilcs. Ces nématoïdes se développent, selon M. Colin, non pas au sein de la cavité intestinale, comme on le croyait, mais dans les kystes du tissu muqueux où les œufs sont déposé'^, et se transforment, se métamorphosent sur le même animal et en quelque sorte sur place. La même espèce revêt cinq ou six formes. Ceux qui vivent dans les kystes muqueux intestinaux, dans des poches purulentes, les anévrysmes, les lobules du pancréas et les ligaments hépatiques, proviennent de vers attachés à la surface interne du caecum. Ces émigrants se distinguent par leur résidence d'élection, la couleur de la peau, leurs dimensions, la configuration de l'armure buccale et le degré d'atrophie des organes génitaux, quoique le défaut de reproduction en soit le caractère commun. {Acad. deméd., 28 juin.)

Entozoaircs. S'emp.arant de la découverte de M. Davaine, qui a vu au microscope les œufs du trichocéphale et de l'ascaride lombricoïde se développer en dehors du corps de l'homme, M. H. Roger en infère que c'est exclusivement aux eaux où ces œufs se trouvent, prises en boisson, que le développement de celui-ci est dû. Pour ce clinicien distingué, toute la pathologie vermineuse est là. Si l'on rencontre plus fréquemment les vers dans le jeune âge, entre trois et dix ans, c'est que les enfants, à la campagne surtout, sont plus accoutumés à vagabonder, à boire à droite et à gauche, sans souci de la source. La preuve qu'une eau mal choisie et non filtrée joue ici un rôle plus important que l'âge et l'hérédité, c'est que les enfants à la mamelle en sont exempts comme le fœtus, et qu'à Paris, où l'on ne boit guère que de l'eau filtrée, les vers sont relativement rares. Les épidémies vermineuses de Rœderer et Wagner étaient dues simplement au défaut de bière; il fallait boire de l'eau croupie, puisée dans des mares ou des ruisseaux bordés d'excréments humains. Donc point d'helminlhiose ou de diathèse vermineuse. Les inQuences d'âge, de constitution lymphatique, les induences locales et climalériques, les épidémies, les endémies vermineuses des auteurs, tout cet échafaudage vermoulu de l'ancienne helminthologie tombe devant ce fait révolutioimaire. {Journ. de méd. et de cliir. prat , mai.) Entozoa : an Inlroduclion lo the study oflielmmthology, etc.

244 HÉMORRHAGIES.

(Introduction à l'étude de l'helminthologie, particulièrement dans ses rapports avec les parasites internes de l'homme], par M. Spencer Corbold. In-8° de 480 pafçes, avec planches coloriées et de nombreuses gravures sur bois. Londres.

Fiiairc sous-conjonctîvai. Un nouveau cas de ce genre observé au Gabon a permis à M. Guyon, en rassemblant tous les faits analogues observés en Afrique et en Amé-ique, de montrer que cet helminthe se rencontre dans toutes les parties de l'œil : sous la conjonctive, dans la chambre antérieure, dans le cristallin. On en a même vu, dit M. Guyon, qui passaient d'un œil à l'autre à travers le tissu cellulaire de la racine du nez. Il n'en fait ainsi qu'une même espèce avec le ver de Médine, contrairement à certains zoologistes. {Acad. des sciences.)

HÉMATURIE. Consulté par un habitant du cap de Bonne- Espérance, pour une perte de sang mêlée aux dernières gouttes d'urine et dont la quanlilé n'excédait jamais une cuillerée à café, M. Harley apprit que beaucoup de résidants, surtout parmi les enfants, sont sujets à cette maladie qui règne ainsi endémiqueraent. S'étant procuré un échantillon de l'urine, il y reconnut la présence d'œufs d'un entozoaire appartenant à la famille des Dyslomum hœmatobium très-communs en Égypte. M Harley a de plus trouvé ensuite un embryon parfait de cet animalcule au sortir de son œuf dans l'urine de son malade.

La fréquence de celte maladie au Cap lui a été confirmée par le docteur Dunstroville, qui y a pratiqué la médecine pendant vingt -sept ans. Il a souvent observé de pareils symptômes, notamment chez ses deux fils, sans avoir pu en constater par le microscope la cause matérielle. [Royal med. and chv. Soaely.)

I1ÉM0RRHA.GIES. Par ulcéralion artérielle. Elles succèdent parfois à l'ouverture des abcès dans les régions très-vasculaires par suite de l'ulcération des artères qui se trouvent comprises dans ces foyers purulents C'est surtout a la suite des ganglions suppurés du cou chez les enfants, a l aisselle, a l'ainl que ces redoutables accidents se manifestent. Chez une ieune'pensionnaire de seize ans, prise d'un engorgement sousmaxillaire suivi d'une tuméfaction innammaloire avec rougeur chaleur et douleur, puis d'abcès qui est ouvert par le n;éde^ n de l'établissement, une hémorrhag.e fo»J;;«y«"^«/«/„", ainsi au dix-huitième jour sans qu'aucun hémostatique puisse

HÉMORRHAGIES.

l'arrêter. Les caillots sanguins accumulés sous les téguments menacent d'étouffer cette jeune fille qui est déjà exsangue, froide, moribonde. M. Dolbeau exécute rapidement une longue incision suivant le trajet du sterno-cléido-mastoïdien et extrait les caillots, découvre l'artère altérée qu'il ne peut saisir à cause de son extrême ramollissement, et se trouve ainsi obligé, sans aucun point de repère, de lier la carotide externe en se guidant seulement, après avoir découvert les deux branches, sur celle qui a des collatérales, comme c'est souvent le cas.

• Ce fait intéressant, qui n'a peut-être de similaire que celui de Liston, où la carotide primitive était ulcérée par un abcès du cou, a suscité une discussion remarquable à la Société de chirurgie (■! 3 avril). Il en résulte que cet accident arrive assez souvent. Hogdson en rapporte une vingtaine duns son livre, arrivés à la suite d'angines scarlatineuses déterminant le ramollissement et la suppuration des ganglions du cou. Ces exemples sont donc de nature à mettre le chirurgien en garde contre la responsabilité que l'on pourrait lui fdire encourir, d'autant plus que, contrairement à l'nsserlion de M. Tréiat, ces hémorrhagies ne sont pas toujours à long terme. MM. Morel-Lavallée et Marjolin ont montré qu'elles se manifestent à toule époque, et même au moment de l'ouverture de l'abcès. M. Chassaignac a signalé un cas où elle était devenue mortelle par l'ouvei ture spontanée. On voit a'ors sortir des caillots sanguinsavec le pus, et une hémorrhagie incoercible se manifeste et nécessite l'amputation du membre ou la ligature, comme cela est arrivé à M. Velpeau lui-même. Ce sont là de précieuses garanties contre l'accusation de maladresse.

Un cas analogue au précédent et confirmatif en tous points de l'intéressante discussion qui s'en est suivie, a été communiqué par le docteur Weinlechner à la réunion des médecins de Vienne, le '1 5 jiinvier dernier. Il s'agit d"une petite fille de trois ans, atteinte de variole compliquée d'angine diphtliéritique au milieu du mois de novembre, avec formation consécutive d'un énorme abcès au-dessous de l'apophyse mastoïde du côté droit. Ouvert par le chirurgien sans accident, il se développa aussitôt après à sa place une tumeur qui s étendit rapidement au point de faire dévier le larynx, la joue, la langue et les muscles voisins. Les téguments s'amincireni et le 1" décembre, c'est-àdire quinze jours environ après le début des accidents, rupture et hémorrhagie foudroyante, qu'un bandage compressif parvint

HftMOBRHAGIES.

à arrêter. Mais quinze jours après, elle se renouvelle, et c'est alors que M Weiiilechner est appelé. Du sang rouge et rutilant s'écoule; une tumeur tendue, grosse comme une orange, dure sur les bords et molle au centre, siège de pulsations, avec deux petites bosselures à la surface, dont l'une est le siège de l'hémorrhagie, envahit la région parolidienne et déforme, déplace toutes les parties environnantes. La lêle est fléchie, déviée,, comme dans la contracture du sterno-cléido-masloïdien, les maxillaires ne sont pins en rapport . L'amygdale droite, obstruant l'isthme guttural, est le siège de plaques diphthéritiques. Tout ! d'abord il crut à un cancer médullaire lrès-va.=cularisé, mais les pulsations et l'hémorrhagie saccadée lui firent bientôt reconnaître un anévrysme faux de la carotide, résultant de la corréhition et de l'ulcération consécutive de ses parois par la maladie locale qui en avait déterminé la friabilité. La ligature de la carotide primitive fut fnite sans entraves , malgré les changements de disposition des parties, et dès lors les battements cessèrent dans la tumeur et tout reprit graduellement un aspect normal. [Allgem. Wiener med. Zeitung.)

Hémorrhagies accidentelles. Appelé à pratiquer la ké- ^ lotomie sur deux femmes qui avaient leurs règles, M. Fleury (de Clermont-Ferrandj a observé un plus grand écoulement de sang que d'habitude, bien qu'aucun vaisêeau n'ait été ouvert ni lié. 11 attribue ce fait à la coïncidence de la menstruation. L'observation ultérieure est ainsi appelée à faire justice de cette opinion. (Soc. de chir.)

On la prévient dans la désarticulation coso-fémorale en comprimant l'aorte avec le tourniquet, ainsi qu"en justifie l'observation rapportée par M. Gamgee. Provenant alors des artères fessière et ischiatiquo, on ne saurait réussir de même par la ; ligature préalable de la fémorale , comme des chirurgiens lo ; recommandent à tort. M. Verneuil, dans un pareil cas, l'ayant ] liée après la section du lambeau antérieur, vit néanmoins une j telle hémorrhagie se produire que le malade succomba ensuite j par anémie. (Soc. de chir.) '

Ilémorrliagics méningées. Des recherches anatomopathologiques de M. Hervieux, il résulte que les hémorrhagies méningées sont aussi fréquentes chez les nouveau -nés que rhémon hagie encéphalique chez l'adulle, ce qui était au moins en contestation d'après les précédents observateurs. D'autres

HÉMORRHAGIES.

altérations viscérales se rencontrent simultanément dans la plupart des cas, telles que hypérémie, congestion du lube digestif, du cœur et de son enveloppe, hépati^ation, engouement, apoplexie des poumons , inflammation pleurétique avec épaiichement séro-sanguinolent, ce qu'il considère comme les signes d'une diathèse liémorrhagique. Toutes ces lésions et leur expression symplomalologique sont ainsi mises sous la dépendance de l'état des méninges, dont il trouve la cause initiale dans le sclérème, l'algidilé qui est souvent le début du mal. L'hématose incomplète et le ralentissement de la circulation, rendu évident par l'abaissement du pouls à 60 ou 80 pulsations, s'il n'y a pas de complications phlegmasiques, expliquent ces congestions viscérales, ces phénomènes apoplectiformes. Quant aux causes premières de cette algidité, une débilité congénitale, une naissance prématurée ou une maladie comme le muguet, l'entérite, etc., en sont les plus communes.

Le rôle primordial et prépondérant accordé ainsi à l'hémorrhagie méningée sur tous les autres phénomènes morbides coïncidents, n'est-il pas despotique, forcé? Le mouvement centripète qui s'opère sous l'influence de l'algidilé porte évidemment son action simultanée sur tous les viscères, et, à moins d'une succession bien marquée des symptômes, ce dont on ne peut juger ici à défaut d observations, il est difficile de décider quel est le premier atteint. Théoriquement , cela doit varier selon les circonstances. D'ailleurs l'état général de diathèse hémorrhagique , admis par l'auteur, contredit l'importance exclusive accordée à l'hémorrhagie méningée sur toutes les au'.res? Dire qu'elles sont plus fréquentes suffit.

La torpeur, l'immobilité du malade, la faiblesse du cri, la contracture des membres, les convulsions parfois, en sont les signes les plus ordinaires. Ils peuvent durer de un à deux jours, jusqu'à dix à douze, ce qui est subordonné aussi aux complications qui surviennent ordinairement. Quoique ces symptômes se terminent généralement par la mort, on doit recourir à l'enveloppement du petit malade dans du coton cardé ou des langes chauds, recouverts de tissus imperméables, dès que l'algidilé se manifeste, en dirigeant contre les complications les moyens appropriés.

En cas d'accidents nerveux, torpeur, convulsions, une sangsue derrière chaque oreille, sinon des ventouses, seront appliquées, et celles-ci largement distribuées sur toute la colonne

HÉMORRHAGIES.

verlébrale, s'il y a contraclure, sans préjudice des dérivatifs liabilueis. [Union méd , ii"'' 78, 80, 81.)

Des hémorrhagies méningées chez les nouveau-nés. Broch. in-8°.

Uémorrhagic cérébelleuse. L'obscurité de son diagnostic différentiel a conduit M. Fauvelle (de Laon) à insister sur la soudaineté de l'attaque. Deux vieilles femmes obl^ervées par lui ont été frappées subitement comme d'un coup de sang; signe d'autant plus important que la plupart de ceux qui le suivent ordinairement, comme perte de connaissance, de parole, de l'intelligence, de la sensibilité et de la molililé, manquent dans ce cas, et que l'anxiété, l'oppression, résultant de la compression des racines du pneumogastrique, peuvent donner le change. Il doit donc être pris en grande considération, et dès que les vomissements viennent s'y ajouter — symptôme rare dans l'hémorrhagie cérébrale , et que M. Hillairet considère comme pathognomonique de l'hémorrhagie cérébelleuse — on peut en diagnostiquer l'existence. Ils n'ont pas manqué dans ces deux nouvelles observations: dans l'une, ils ont paru dès le début; dans l'autre, le lendemain seulement. En corroborant les principales conclusions du beau travail de M. Hillairet à cet égard, ces deux nouveaux faits éclairent, faciliienl le diagnostic obscur de cette affection , malgré les phénomènes compliqués auxquels peuvent donner lieu les altérations organiques multiples, si communes à cet âge avancé de la vie. {Bull. méd. du Nord.)

llémorrhagies de l'oreîUe. Elles surviennent parfois dans la coqueluche. Voy. ce mot.

Hémorrhagies intestinales. Un anévrysme de l'artère mésenlérique en était la source dans un cas observé par M. Chauffard. A 4 centimètres environ de son émergence de l'aorte , celle artère présentait une tumeur anévrysmale grosse commn un œuf de poule, et qui , en correspondant par une petite ulcération avec la troisième portion du duodénum, donnait lieu à des hémorrhagies intermittentes. Malgré la perception de la tumeur et des bruits , il éliiit assez difficile d'en prévoir la source, qui ne pouvait s'expliquer que par l'autopsie. [Union méd., n" 54.)

néniorrhagies utérines post -puerpérales «ardÎTCB.

HÉMORRHAGIES.

Dans une série de faits de ce genre, colli^ciés par M. Lizé (du Mans), on les voit succéder oïdinairemenl à un accouchement trop rapide, naturel ou ariitîciel, et toujours par inertie de l'utérus. L'indication est donc d'exciter cet organe par le massage de la portion supérieure à travers les parois abdominales, la titillation du col, le tamponnement , l'éleclricilé et le seigle ergoté, sans négliger au besoin la compression de l'aorte, si l'écoulement du sang est très-abondant. [Bull, de thér.)

Compression de l'aorte. M. Fleury (de Langon) a obtenu un succès éclatant par ce moyen ; aprè-; une demi-heure de compression continue, en tenant pour ainsi dire la vie ou la mort dans sa main, tout danger de mort paraissant écarté, il put administrer le seigle ergoté, qui , en faisant contracter la matrice, mil fin aux accidents (Gaz. des hûp., n° 82). Le docteur Bonvin en relate un non moins frappant dans un numéro subséquent. Le succès ne fut obtenu qu'après trois heures de compression, et chaque lois qu'on la cessait un jet de sang se renouvelait. En donnant le temps de recourir aux autres moyens appropriés, celte compression est souveraine. Aussi l'auteur dit-il : « Si j'avais le malheur de perdre une femme par hémorrhagie utérine après la délivrance sans avoir fait la compression de l'aorte, je croirais ne pas avoir complètement rempli mon devoir. » Et il est difficile de ne pas partager cet avis après la lecture de ce fait.

Mademoiselle Fuejac employa de préférence, comme plus facile et plus prompte, la compression directe de la totalité de l'utérus entre les mains. L'hémorrhagie s'arrêta bientôt, et après trente à quarante minutes de cette compression, aidée des autres excitants, la femme revint à elle. [Gaz. méd. de l'Algérie, n" 8.)

Stigle ergoté. Dans 41 cas où il l'a administré, M. Beck ne l'a jamais vu échouer. M. Godefroy emploie comme préventive la poiion suivante :

"if Extrait d'ergot de seigle ou de froment. . 4 grammes.

Sirop d'écorce d'orange 2 5 —

Hydrolat de mélisse 100 —

Le sirop est remplacé par l'élixir de Garus quand la femme est très-fdible ou qu'il y a commencement de perle. [Revue de thér.)

HÉMORRHAGIES.

Position renversée. Mais tous ces movens seols on n^unis peiivpnl échouer, comme il résulte des observMtions de M Diichenne (de Pavilly). Sur 1 1 cas ri hémorrhagie utérine, 8 ont cédé i) la position verticale la l6le en bas, le siège sur le bord du lit, la femme soutenue. Dans le neuvième, tous les moyens employés, sauf la compression de l'aorte, n'ont pu conjurer la' mort. Dans le dixième, la compression de l'aorte arrêta l'hémorrhagie, mais une pneumonie en neutralisa les bons effets. Enfin dans le onzième, à trois reprises différentes, l'hémorrliagie se reproduisit malgré le seigle ergoté et la compression de l'iiorte, sans compter tous les autres moyens. Une fois les caillots extraits de l'utérus, le sang reparaissait. Ce n'est qu'en laissant ces caillots, contre les prescriptions de la science, que, après quatre à cinq heures, l'utérus se contracta et finit par les expulser sans que l'hémorrhagie reparût {Gaz. deshôp., n° 90). D'où cette conclusion que tous les moyens sont bons dans un cas donné et qu'aucun n'a d'efficacité infaillible.

HERiVIE. Pathogénie. Ce n'est pas par une conslriction uniformément circulaire, soit par les anneaux fibreux, soit par le collet du sac, que se produit l'étranglement, selon M. Chassaignac ; mais par une sorte d'encochure, comme une vive arête tranchante aux anneaux aponévroiiques ; ce qui se prouve, dit-il: 1° par la réductibilité de certaines hernies étranglées par débridemenl à l'extérieur du sac; 2° par l'existence de hernies étranglées qui n'ont pas de sac et par certains modes d'étranglement interne; 3° par la perméabilité à travers ! le collet du sac, comme le passage d'une algalie, par exemple, ; sur l'un de ses points avant tout débiidement; 4" par la concentration localisée de l'empreinte tracée sur le pédicule de la hernie, contrairement à l'existence d'une empreinte circulaire qui, dans les données des théories anciennes, devrait se rencon- Irer constamment. (Gaz. mcd., n" 1 1.) i

Pour M. Kingdon, au lieu d'être dues presque entièrement aux causes mécaniques, les hernies sont occasionnées par une disposition anormale du péritoine, relâchement ou déchirure congénitale ou accidentelle. Les causes mécaniques ne peuvent ' agir sans ce dérangement préalalile. Tant que le mésentère n'est pas relâché, aucune force ne peut le déplacer, pas plus que ; l'intestin, ni produire la hernie. Aucun des membres de la j

HÉMORRHAGIKS.

Société de médecine et de chirurgie de Londres, où celte noujvelle lliéorie s'est produite, ne l'a disculée ni contredite.

Traitement. Dans les cas douteux et lorsque le diagnostic Idifféreniiel est tout à fait impossible^ la conduite à tenir, suiivant-M. Laroyenne, est d'agir comme si la hernie existait, et de procéder méthodiquement à sa recherche, car l'abstention peut être mortelle, tandis que l'opération, si elle est inutile, en éclairant sur la vraie nature du mal, ne fait courir aucun danger. (Soc. méd. de Lyun.)

Trois exemples d'iléus, rapportés par M. Goirand (d'Aix), Ijustifionl cette manière de voir, puisque sans étranglement, la distension de l'intestin hernié par des gaz ou des matières fécales peut nécessiter l'opération. [Bull, de tliér., mars.) j II y a également avantage à laisser l'intestin en place après le débridement sans détruire les adhérences légères qui peuvent le maintenir. M. Trélat, en les respectant, prévmt ainsi une péritonite mortelle. Une perforation ayant eu lieu neuf jours après la réduction, il y eut simplement fistule stercorale qui se ferma spontanément, tandis que si l'intestin eût été refoulé en entier dans l'abdomen, la mort était inévitable. [Soc. de chir.)

Taxis forcé. Une de ses contre-indications, suivant M. Tillaux, est l'adhérence d'une ancienne hernie épiploïque avec le sac, compliquée d une récente hernie intestinale étranglée comme il en rapporte un exemple. On ne peut savoir alors que par le débridement si l'intestin hernié qui donne lieu aux accidents est totalement réduit. [Gaz. des liôpit.)

Insuftlation. Appelé en consultation dans quatre cas de hernies étranglées existant depuis deux à trois jours, et qui résistaient au taxis et aux autres moyens, M. Grif'fin, avant de recourir au débridement, administra avec succès de véritables lavements d'air. A l'aide d'un soulÏÏet, il Pu iiiriufQer de l'air à plusieurs reprises, et bientôt la réduciion se fit spontanément et des selles eurent lieu. Ce moyen semblerait donc déterminer l'action péristaltique des intestms. Ce n'est pas qu'il réussisse constamment. L'auteur cite des cas où il a échoué, de même que la position renversée, c'est-à-dire la tête en ba^, et où la kolotomie .seule a détruit l'étr.inglemflnt. Ce n'e-.t pas une raison, toutefois, de ne pas y recourir. [UrUtsh med. Journ~ octobre.)

252 HÉMUKllUAGlES.

Ce moyen a surtout été employé avec succès dans l'invagination. Voy . ce mot.

Modifications opératoires. Un df^bridement multiple, prati- I qué le second jour de rétran;^;lemenl, après un quart d heure de taxis infructueux, alors que le venlre et la tumeur, grosse comme une noix, étaient à peine sensibles, ayant guéri en Irois , jours par la réunion immédiate, M. Fournier en conclut que, faite ainsi de bonne heure, cette opération est moins dangereuse que la prolongation du Iaxis Le défaut de manœuvres et le débridement avant que l'étranglement ait produit de grands désordres tendent ainsi à en prévenir la complication la plus redoutable : la péritonite par propagation ; car le contact de l'air n'a pas le danger que l'on présumait sur sa production, comme la pratique de l'ovariolomie l'a démontré, et il^ suffit d'ailleurs de la compression digitale sur l'anneau, indiquée par , M. Colson, pour l'éviter. La pénétration des liquides du sac est . pliis redoutable. Pour l'empêcher, M. Fournier fait exercer une compression exacte par les doigts d'un aide au niveau de l'angle supérieur de la plaie, aussitôt l'intestin réduit, puis le pansement fait, la compression est continuée par des compresses graduées, recouvertes du spica de l'aine el au besoin d'un bandage herniaire pour fermer plus sûrement l'ouverture abdominale.

L'hémorrhagie est facilement prévenue par le débridement multiple combiné avec l'emploi de la spatule. Grâce aux mouchetures préalables, on peut élargir l'anneau en faisant simplement levier avec la spatule sans crainte de léser l'intestin.

Enfin, la réunion immédiate, repoussée à Paris par le danger des 'fusées purulentes et des abcès, peut êire temée en ville et dans les hôpitaux non encombrés, placés dans de bonnes conditions hygiéniques (f/nfo/iméd. , nM 09.)

Deux nouveaux procédés ont été exécutes et décrits par W . Ordinaire (de Wàcon), pour éviter la difficulté et la longueur de l'opération ordinaire et les dangers de blesser l'intestin. L'un est applicab'e à louies les hernies et consiste à ouvrir d'emblée le sacf avec l'incision de la peau. H a été exécuté avec l'aide du docteur Carteron ch-z une femme de cinquante-quatre ans. La neau fut pincée assez profondément pour comprendre la paroi antérieure du sac. En repoussant l'intestin avec les doigts, M. Ordinaire sectionna sans hésiter, et le sac fut ainsi ouvert dans ce premier temps de l'oiiération.

Ayant fait ensuite déprimer l'intestin qui tendait a s echap-

IIÉMORRHAGIES. 253

per par celle ouverture, il glissa une sonde cannelée jusque sous I anneau, débnda par une seconde section, et la hernie fut aussitôt réduite. (Gaz. méd. de Lyon., n° -13.)

Pour une main inexpérimentée, la difficulté n'est que déplacée, et le danger reste le même, sinon plus grand, car le tact e toucher ne saurait égaler la vue pour prévenir la lésion de 1 intestin, et une main prudente ne saurait se hasarder à le diviser ainsi sans le voir. La sonde cannelée ne peut davanta^^e remplacer le doigt pour conduire le bistouri sur l'anneau et en opérer Je débridement.

Hernie inguinaie. L'autre procédé de M. Ordinaire e^t exclusivement applicable à celle-ci. IJ consiste à débrider de dehors en dedans sans ouvrir le sac. Il l'a employé chez un vieillard de soixante-quatre ans, très-maigre, ce qui permettait de percevoir le heu de l'étranglement Abaissant la hernie de a main gauche, il pratiqua une incision de 3 centimètres sur 1 anneau même et débrida de dehors en dedans. Le ligament mgmnal craquait sous le bistouri à mesure que la section s'opérait, et lorsquil fut assez entamé, il suffit de presser sur la hernie pour quelle rentrât complètement. Quatre jours après 1 opère avait repris ses occupations. (Idem.) ^ '

Cure radicale. M. J. Wood se sert à cet effet de deux ongues épingles coudées à angle droit par une espèce d'anneau a 3 centimètres de la tête et terminées par une pointe en feï de lance. Invagmant la peau dans le canal avec l'indicateur ou e petit doigt, après la réduction de la hernie et assur J d« a position du ligament de Fallope et du cordon "il n rodul la première épingle, l'ouverture de l'angle en hau en seTi^ dant sur le doigt de manière qu'elle traverse le pi ier inte ne d^ I neau et sorte à la racine du scrotum; la seconde est n réduite dans le sens opposé par cette ouverture de sorlie rase le hgament de Poupart et, guidée par la première, sort 'par ouverture d'entrée. La pointe de celle-ci est ensuite en^Jée dans anneau de celle-là, et réciproquement; puis le chi ? ! pen fa exécuter un mouvement de rotation à la seconde autour de axe de la première, de façon à resserrer les deux pil liers de 1 anneau et dérouler, pour ainsi dire, une portion du s e sans^que le cordon, couché en arrière sur lep^ubT^^S

Une compresse est ensuite passée sous la tête des épingles

GABNIER.

254 IIÉMOURUAGIES.

dont les poinles sont coupées ; puis on les fixe avec des bandeleUes de diachylon. La tuméfaction du scrotum et du testicule n'est pas défavorable. On panse à l'eau froide, et les malades sont mis à la diète.

Cette opération très-peu douloureuse est, comme on voit, imitée dans le but et le moyen de ce qui s'est déjà fait. Pratiquée sur de jeunes sujets pour des hernies congénitales, elle avait prévenu la récidive après deux et trois ans, mais elle réclame de nouveaux succès pour prendre rang dans la science. [Med. Times, p. 336 et 503.)

Réduclion spontanée. Celte terminaison favorable est signalée par M. Vénot père pour une hernie inguinale droite, apparue depuis quinze ans, volumineuse, négligemment contenue, sortant et rentrant avec facilité. Étranglée le 4 mai, elle ne se modifia nullement par le taxis prolongé. Les accidents arrivèrent, et le malade, refusant l'opéralion, on n'espérait plus que la moft malgré l'emploi de la glace et des friclions mercurielles belladonées, lorsque, le 7 au matin, la tumeur a diminué et n'est plus aussi sensible ; les accidents se modiGent, et la guérison a lieu {Union méd., n° 85). Faut-il attribuer ce succès à l'emploi de la belladone, dont quelques médecins font encore une panacée applicable à toutes les contractures? j

laernie & double sac. Dans une étude complète de cette variété rare et peu commune, désignée par A. Cooper sous le nom de hernie enkijslée de la Imiique vaginale, M. Bourguet fd'Aix) rapporte avec figures le cas qu'il en a observé {Gaz. hebdom , n° 44 etsuiv.). Il s'agit d'une hernie inguinale étranalée coexislanl avec une hijdrocèle de la tunique vaginale et dont le sac proéminant dans celte tunique, simulait l'apparence do l'intestin C'est ainsi qu'à l'ouverture du sac, ou du moms ce nu'il supposait l'être, 1 00 grammes environ de sérosité citnne, Lfaitement transparente , s'écoulèrent. Celle cavité, d une étendue considérable, remonte en haut jusqu au-dessus de l'anneau inguinal dans lequel elle s'engage, descend en bas insau'à la partie inférieure du scrolum, et renferme : 1" en bas on dedans et en arrière, le testicule complélement à nu, recouvert seulement par la séreuse viscérale et la 1»"'^»^ f ainée • r en haut, sortant de l'anneau inguinal et le dépassant de 5 à 6 cenlimctres, une tumeur irrégulièrement ovoïde, complètement séparée du testicule, dont elle est distante d en-

HÉMORRHAGIES. 255

viron deux travers de doigt, légèrement bosselée à l'intérieur sans aucune solution de continuité apparente, lisse et tapissée partout d'une séreuse, offrant, en un mot, les caractères de l'intestin.

Cependant, en cherchant à délimiter cette tumeur en haut, le doigt, promené autour du pédicule, est arrêté de tous côtés et ne peut entrer dans la cavité abdominale. Ses parois, trèsminces à la partie interne et inférieure, plus épaisses du côté externe, augmentent encore à mesure qu'on se rapproche de l'anneau inguinal. Il y a môme un peu de fluctuation en bas. Enfin la réduction en masse est impossible. On ne peut davantage l'attirer au dehors. Évidemment l'intestin n'était pas hbre, le diagnostic devenait embarrassant.

Un accident survenu pendant ces manœuvres vint l'éclairer La partie interne, plus mince, se déchira en laissant écouler un peu de sérosité. Agrandie avec l'ongle, cette ouverture laissa voir parfaitement à nu une anse intestinale très-violacée Tous les doutes furent ainsi levés. C'était un second sac herniaire étrangle dans la tunique vaginale agrandie et distendue par du liquide et ne communiquant plus avec le péritoine. Le débridement put ainsi être exécuté avec sécurité et succès

Cette variété ne se rencontre, selon Cooper, que dans les hernies congénitales, et il explique, en conséquence, le mécanisme de leur formation par des adhérences normales existant au niveau de l'anneau inguinal et formant le sac herniaire en 8 allongeant, en se dilatant. Par les observations mêmes qui ont servi à enger cette théorie, M. Bourguet démontre qu'elle e^t erronée, que ce sac est formé par un prolongement du péritoine qui, presse de haut en bas par l'intestin sur un conduit vagmal persistant au-dessous, s'y engage en poussant la tunique même devant lui avec laquelle il contracte des adhérences et finit par se con ondre en cheminant dans le canal inguinal Cest ainsi quelle peut se produire accidentellement comme chez le sujet de son observation. Le mot enkysté n'est donc pas exact, et M Bourguet propose de l'appeler herme à double Z, ou herme à sac mlra-vaginal, comme donnant une idée plus vraie de sa disposition anatomique.

Hernie loml.aire. Méconnue par deux médecins instruits et prise pour un lipome chez un jeune homme de dix-huit an le docteur Basset était prêt de l'opérer comme tel lorsque

HÉTÊROGÉNlli.

rappelant l'observation de J. L. Petit, il fit tousser le patient et vit la tumeur augmenter de volume et devenir le siège d"un mouvement d'expansion très-prononcée. La réduction compléta la démonstration du fait, dont l'enseignement est ainsi plein d'instruction. [Bull. Soc. niéd. de Toulouse, n" 2.)

Leçons sur les hernies abdominales, faites à la Faculté de médecine de Paris par le professeur L. Gosselin, recueillies et publiées par Léon Labbé, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, chirurgien des hôpitaux. \ vol. in-S" avec figures dans le texte.

HÉTÉROGÉIVIE. Génération spontanée. M. Pasteur avait prétendu détruire cette doctrine par ses expériences, en montrant que l'air est rempli d'œufs de spores, de germes. MM. Pouchet, Joly et Musset relevèrent le défi en s'otfrant de prouver le contraire devant l'Académie des sciences, si elle voulait faire nommer une commission chargée de répéter contradictoirement ces expériences. Conformément à cette demande, nomination de cette commission, le 4 janvier, composée de MM. Dumas, Balard et Brongniart, a pour faire répéter devant elle les expériences dont les résultats sont invoqués comme favorables ou contraires à la doctrine des générations spontanées ». Dès lors, les hétérogénistes formulèrent leur programme en s'engageant à obtenir constamment et partout des productions organisées avec une substance fermentescible recueillie, renfermée dans des vases hermétiquement clos et contenant un diamètre cube d'air naturel. Tout était tacitement accepté, et la réunion fut fixée au 15 juin. Mais à cette date, les commissaires prétendent restreindre les expériences des hétérogénistes à une seule de M. Pasteur. Devant cette condition arbitraire, injuste, impartiale et anti-scientifique, ils refusèrent d'entrer en lice, et la question reste ainsi en litige, avec cette différence que les panspermistes paraissent douter de leurs propres forces en s'opposant à un libre et complet examen contradictoire de leurs assertions, tandis que les hétérogénistes le provoquent. C'est ainsi que M. Joly a exposé les bases de cette doctrine dans une conférence publique que l'on trouve résumée sous ce titre: Conférence publique sur l'hélérogénie ou génération spontanée, faite à la Faculté de médecine de Paris, le 28 juin 1 864, Brochure in-S" de 40 pages.

HÉTÉROGÉNIE.

Faite en raison du refus, opposé par la commission de l'Inslilut, de laisser renouveler librement les expériences à ce sujet, cette leçon, en relatant toutes celles tentées jusqu'ici par les plus célèbres expérimentateurs pour ou contre la génération spontanée, a eu un tel succès de vente qu'elle ne fera pas moins pour l'avenir de l'hétérogénie que ces expériences elles-mêmes, si elles avaient été répétées.

Pour nous, dit un journaliste anglais, après l'examen de tous les travaux de MM. Pouchet, Pasteur et Mantegazza, l'évidence expérimentale n'est pas complète, et si la balance penche d'un côté, c'est plutôt en faveur de l'hétérogénie, d'autant plus que les observations directes de la production et du développement d'oeufs spontanés n'ont pas été contredites avec succès. Un jugement sur cette question ne peut se faire aujourd'hui que par un à priori trompeur ou un raisonnement par analogie. Et encore il y a plus à dire en faveur de l'hétérogénie que contre, bien que le professeur Huxley, convaincu par les expériences de M. Pasteur, de la distribution universelle des germes, déclare expressément ne voir aucune objection à priori à leur opposer, » {British and foreign Revieiv, juillet.)

M. Donné a prétendu résoudre la question par une expérience toute simple. Il a pris des œufs fécondés, les a fait couver et les a retirés à huit, quinze ou vingt jours de l'incubation en les exposant ensuite, durant un mois, aux variations de la température extérieure. C'est là, dit-il, un sujet d'expériences tout préparé par la nature dans les conditions les plus propres à permettre la transformation de la matière organique en corps organisés, si cette transformation pouvait avoir lieu spontanément ; car il y a là, au milieu d'un air respirable, propre à la vie, puisqu'il suffit au développement de l'embryon, un embryon même en train de vivre. Toutes les conditions do la vie sont donc respectées, et l'on ne peut accuser ce procédé d'attenter au principe de vie que le feu anéantit peut-être, en même temps qu'il détruit les germes dont on veut se préserver. Or, de ce qu'en cassant ces œufs, en rompant l'enveloppe qui soustrayait le contenu au contact de l'air extérieur, il les a trouvés constamment pourris, décomposés, et l'embryon mort sans développement d'aucun nouvel être, si simple soit-il, jusqu'à ce que ce contenu ait été mis en communication avec l'air extérieur, il en conclut quo ce grand réservoir où pullulent les

HÉTÉROGÉNIE.

germes de M. Pasteur, c'est-à-dire ces germes eux-mêmes, est indispensable à leur développement. {Acad. des sciences.)

D'abord, il n'est pas démontré que les coques d'œufs soient absolument imperméables à l'air, comme l'a. remarqué M. Flourens, et d'autre part, la nature, dont les hélérogénisles ne cherche qu'à surprendre les procédés pour les imiter, exige et emploie ici un certain degré de chaleur indispensable à l'évolution. Il fallait donc l'employer. Et comment la vie se développeraii-elle au sein d'éléments corrompus et morbides? L'expérience est donc nulle.

Sulla genemziong sponlanea; notes expérimentales, par le docteur P. Manlegazza, professeur de pathologie à l'université de Pavie. Brochure in-8 de 27 pages, Milan. ■ — A questûo des geraçôes esp. Résumé sur la question des générations spontanées, concluant à l'hétérogénie et dédié au professeur Simôes (de Coïmbre), par le docteur Macedo e Valle. 87 pages et 2 planches, Elvas.

Entrainement organique. M. Fremy désigne sous ce titre les conditions, les circonstances qu'il ne définit ni ne précise, sous l'influence desquelles les corps qu'il appelle hémiorganisés, comme l'albumine, la fibrine, l'osséïne, les substances vitellines, etc., qui, contenant tous les éléments organiques : le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote même, le phosphore, le soufre, souvent la chaux et les substances alcalines, peuvent ainsi participer aux phénomènes réels de l'organisation. 11 se borne à îaire entrevoir ces conditions en les comparant, les assimilant à la facilité avec laquelle en chimie un corps qui s'altère peut en entraîner un autre. Dans la nulrification, par exemple, des phénomènes variés d'oxydation déterminent et entraînent l'oxydation de l'ammoniaque, des corps azotés et même de l'azote, comme M. Chevreul l'a démontré.

(i De même, dit-il, les corps hémi-organisés peuvent recevoir l'ébranlement vital et être aussi entraînés dans l'organisation par des corps vivants dont ils reçoivent l'influence. Ils forment alors des membranes, des tissus, des ferments, ils pourront s'organiser et se décomposer ensuite ; en un mot, ils seront vivants eux-mêmes,

» C'est ainsi que je comprends le rôle des substances albumineuses dans les phénomènes de développement et de décompositions organiques.

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