‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 4)Chapitre 71 sur 127 · G ARMER. IS · texte numérisé non relu

G ARMER. IS

MIÎDECINli.

leur liborU'î d'action civile, médiciilc, politique, religieuse, etc. « N'ali.'noiiri pas, dit-il, notre liberté, notre indépendance; conservons intact le sublime privilège que nos devanciers nous ont légué, de faire le bien spontanément, sans obéir à un ordre. Non, le médecin ne doit relever, dans l'exercice sacré de i^on ministère, que de lui-même, que de sa conscience. C'est là son plus bel apanage, toute sa force, tout son prestige...

» Point de médecins imposés; par conséquent point de mécins cantonaux, points de médecins de sociétés de bienfaisance ou do secours mutuels, point de médecins attachés aux usines, aux grandes fabriques , aux administrations de toute sorte. Liberté complète, entière, pour tous, pour le pauvre comme pour le riche, pour l'ouvrier comme pour le patron, pour l'employé comme pour le chef. Égalité entre eux, égalité devant la maladie, comme elle existe devant la mort, son terme fatal. Ou bien, si les administrations, les sociétés de bienfaisance et autres veulent absolument un médecin à elles, que ce médecin soit nommé au concours, autant que possible, comme cela se pratique pour les hôpitaux, et que ses attributions se bornent à exercer un contrôle dans l'intérêt de ceux de qui il relève -, mais qu'il ne soit jamais et dans aucun cas imposé à personne. »

Une caisse de secours fondée dans chaque commune sur le principe de la solidarité avec une administration veillant à sa gestion, lui parait d'une exécution facile et plus favorable aux malades, aux médecins et aux communes que des centimes additionnels spéciaux ; mais il repousse toute réduction d'honoraires, car cette concession, dit-il, vous conduira fatalement à une seconde dont la commune ne vous snura aucun gré et qui ne profitera nullement aux pauvres. Encore une fois, rei-tons dignes, et n'allons pas supposer que la commune, qui représente la société, manque de dignité à ce point de nous retenir quelques francs qui dans la caisse de tout le monde ne sont presque rien, tandis que dans la nôtre ils deviennent si utiles, si nécessaires, quand d'ailleurs nous les avons si légitimement, si dignement gagnés, [Gaz. de Lyon.)

Contrairement à ces idées sages, M. Bernard (de Prangey) voudrait voir les médecins rétribués par les communes comme les desservants des cultes, afin que les familles n'hésitent plus à les appeler dans une foule de cas qui leur paraissent sans gravité et qui se terminent souvent par la mort [Abeille méd., p. 85). Qui ne voit que ce serait tomber dans l'excès con-

MÉDECINE. 315

traire, et qu'en sacrifiant sa liberté, son individualité et l'activité et l'émulation nécessaires au progrès de la science et le salut des malades, le médecin deviendrait le serf des communes, comme cela existe en Espagne, en Porlugal, en Italie et ailleurs. Aux communes d'instruire les populations pour qu'elles s'éclairent sur leurs intérêts les plus chers, la santé, ce qui développera l'activité humaine au lieu de la limiter, de l'immobiliser.

Service des épidémies. M. Rouault propose à cet etTet d'établir dans chaque déparlement, comme il l'a fait organiser dans celui d'ille-et- Vilaine , un caisson d'ambulance destiné à transporter sur le théâtre de l'épidémie tout le matériel indispensable pour y installer au besoin un petit hospice, et procurer aux malades les plus nécessiteux, du linge, des couvertures, des gilets de laine, etc., etc., toutes choses dont ils sont dépourvus. Tous ces objets sont inventoriés, rangés avec ordre dans des coiïres-armoires, où ils doivent rentrer après la cessation de chaque épidémie. L'un de ces coffres est destiné à la pharmacie.

Un médecin spécial, résidant au chef- lieu du déparlement et qui peut être l'inspecteur des épidémies, est nommé par l'autorité pour diriger et inspecter ce service. Il peut en même temps inspecter le service de la médecine gratuite où elle existe Il se transporte sur les lieux de l'épidémie et, en mettant à la disposition des médecins du pays les secours dont il est dépositaire, il en surveille le service et installe au besoin une ambulance.

Des sœurs de charité sont le complément indispensable de ce système. Elles accompagnent et secondent le médecin dans sa mission, en visitant les malades, préparant les médicaments et en en surveillant l'administration, ainsi que celle des aliments ; chargées de la répartition des objets du caisson d'ambulance, elles en prennent soin et veillent à leur rentrée (Union méd., n"' 93 et 1 44.)

La simplicité, la facilité d'exécution et les secours qu'il peut rendre dans ces conditions extraordinaires, militent en faveur do son adoption.

En Belgique, M. Te.-ch, ministre de la justice, s'inspirant d Idées aussi largos que généreuses, a invité les conseils pro- Yinciau,K a examiner le projet de création, dans chaque corn-

MÉLANODERMIIÎ.

iiuiiie OU dans des communes associées dans ce but, d'infirmeries ou salles de malades, projet réalisable. L'infirmerie pour 1,1 commune est lo complément de l'église el de l'école. Secourir le pauvre qui souffre est encore plus obligatoire que l'instruction pour l'enfant.

MELArvODEllMIE. Heureuse expression introduite par M. Fauvel(de Constanlinople) pour désigner la maladie bronzée d'AJdison, à propos de l'observation d'un Arménien de vingthuit ans, atteint à la suite d'accès de fièvre intermittente, répétée à divers intervalles, de coloration bronzée de la peau avec l'asthénie qui l'accompagne et une hypertrophie spléniquequi, en diminuant sous l'iiifluence du sulfate de quinine en même temps que la teinte noire, avait rendu la santé au malade après dix-huit mois de souffrances (Gas. méd. d'Orienl). Observation sur laquelle il s'est élevé une grave dissidence diagnostique entre l'observateur même et M. Jaccoud. L'engorgement de la rate et du foie, l'intoxication palustre an-»térieure, l'absence de leucocytes dans le sang et l'amélioration graduelle du malade l'ont fait ranger par le premier comme un fait exceptionnel de maladie bronzée d'Addison, tan-dis que lo second montre, au contraire, qu'ils en sont des caraclères assez fréquents. Dans 14 observations, le foie était plus ou moins tuméfié; dans 1 0, la rate était plus volumineuse ; dans d'autres, l'intoxication palustre existait bien que les globulea blancs fissent défaut dans quelques-uns, et, enfin, il signale trois guérisons.Mais il montre aussi qu'il ne s'ensuit pas qu'elle soit une lésion essentielle des capsules surrénales ; car. sur 74 cas, cette lésion n'existait avec la coloration bronzée que 40 fois ; soit 34 oii cette relation manquait, dont 1 0 de coloration sans lésion el 24 de lésion sans coloration.

Pour M. Jaccoud, comme pour MM. Gubler, Bouchut, Demme, cette sécrétion pigmentaire est bien plutôt due à un état cachectique dont la lésion surrénale n'est que la conséquence. Sur 75 cas avec autopsie, il y avait 47 tuberculeux et 8 cancéreux, et pour les autres, l'état des glandes intestinales el des ganglions lymphatiques abdominaux n'ayant pas été examiné, il n'est pas certain que l'altération des capsules fût unique. D'ailleurs, l'expérimentation a établi que la relation proposée par Addison entre ces capsules et la production pigmentaire n'est qu'une erreur physiologique ; l'altération des glandes héma-

Page 1