ASPHYXIE
De môme que les topiques usités étaient restés jusque-là sans effet, le sulfate de quinine et l'iodure de potassium à L'intérieur n'ont eu aucune action efficace.
Tous ces moyens ont aussi échoué dans une hydarthrose simple du genou revenant également tous les quinze jours, observée par M. Le Dentu à l'hôpital Saint-Louis dans le service de Voillemier. La cautérisation transcurrente de l'articulation, suivie de l'immobilisation, amena la guérison.
M. Verneuil en a aussi observé deux exemples : le premier chez une femme, comme les précédentes, et l'autre chez un homme. Double et ancienne chez celle-ci, elle disparut pendant plusieurs années par l'emploi du sulfate de quinine conseillé par Nélaton. Mais elle revint ensuite avec des accès très-rapprochés et existe encore avec un épaississement des culs-de-sac synoviaux. C'est donc là une variété très-réelle qui mérite d'attirer l'attention. (Soc. de chir., mars.)
ASPHYXIE. Survivance du fœtus à la mère. Suivant les expériences de Hogyes, les petits d'une lapine en gestation, empoisonnée par l'oxyde de carbone, lui survivent beaucoup plus longtemps que si elle est sacrifiée par tout autre procédé, la strangulation notamment. (Archiv fùr gesammte Phys. von Pflùger, t. XV.) On comprend dès lors qu'il y ait de bien plus grandes chances d'extraire un fœtus vivant par l'opération césarienne après l'asphyxie de la mère par le gaz acide carbonique que lorsqu'elle est morte autrement. Ce fait s'explique par la fixation de ce gaz sur les globules rouges du sang, par son affinité pour l'hémoglobine, découverte par Cl. Bernard. Et, comme les globules ne passent pas de la mère au fœtus à travers le placenta, le sang de celui-ci ne contient point d'oxyde de carbone; il n'est pas empoisonné. L'échange d'oxygène qui se fait, d'après Zuntz, entre le sang du placenta et celui de la mère dans l'état normal ne peut avoir lieu lorsque celui-ci est oxycarboné. Le fœtus est ainsi doublement préservé. De là sa survivance, et l'on s'explique que, en pareil cas, des enfants aient pu être extraits vivants après un délai qui semblait extraphysiologique. Cette distinction a donc une grande importance au point de vue médico-légal et de la succession des enfants à leur mère.