ASPHYXIE
Respiration artificielle directe. Une nouvelle méthode a été substituée à celle de Marshall-Hall et de Silvester par le docteur B. Howard (de New-York). Elle s'applique à tous les cas d'apnée produits par submersion , anesthésie , accouchement, etc., avec cet avantage de pouvoir être exécutée directement par une seule personne. Deux règles principales en forment la base. La première, applicable aux noyés, consiste à les débarrasser rapidement des vêtements qui recouvrent la poitrine, d'en former un coussin sur lequel on couche le noyé, la face dirigée en bas, le front appuyé sur le bras droit replié. Les vêtements formant un coussin dur, sur lequel porte directement l'épigastre, ont pour effet de le comprimer ainsi que la poitrine. L'aide se plaçant derrière, ses deux mains appliquées largement sur les parties latérales des fausses côtes, les deux pouces dirigés vers la colonne vertébrale, il exercé des mouvements de poids et de force de deux à trois secondes, en les répétant alternativement.
En rétablissant la respiration, cette méthode a pour effet de favoriser l'évacuation des liquides de l'estomac et des bronches qui peuvent la gêner.
La seconde règle s'applique aux cas d'asphyxie simple ou de syncope par anesthésie ou autrement. Au lieu de mettre l'asphyxié à bougeton, comme dans le cas précédent, on le couche sur le dos, en lui plaçant le rouleau ou le traversin transversalement à la base des omoplates. Le thorax est ainsi élevé, tandis que la tête et le cou sont pendants. Les bras sont relevés au-dessus de la tête et liés ensemble au besoin par les poignets. L'aide , à genoux devant l'asphyxié, place ses mains latéralement avec ses deux pouces dirigés vers l'appendice xyphoïde et exerce ainsi des mouvements alternatifs de pression et de relâchement, jusqu'à ce que la respiration s'établisse. Une heure de patients efforts est au moins nécessaire avant de pwdre tout espoir de rétablissement.
Pour les nouveau-nés asphyxiés, il suffit que l'accoucheur renverse l'enfant sur l'avant-bras gauche, en faisant saillir le thorax, et qu'il exerce en avant avec la main droite des mouvements de pression alternatifs avec 'les quatre doigts placés à gauche et le pouce dans le creux axillaire droit."
Des exemples sont fournis à l'appui pour montrer que
4Î ASYSTOLIK
cette méthode a rétabli la respiration dans des cas où les autres avaient échoué. (Lance t, ir 21, mai.)
En voici deux obtenus à l'hôpital Guy, qu'il est bon de citer. Un enfant qu'on opérait du croup resta mort pendant l'opération. 11 n'y avait plus ni respiration, ni pouls, et les bruits du cœur étaient snspendus. L'interne, M. James, qui avait assisté aux expériences d'Howard, ne perdit pas de temps et employa aussitôt son procédé. Cinq minutes après, un effort d'inspiration eut lieu et la respiration se rétablit. L'enfant vécut encore sept jours et ne fut enlevé que par les progrès de la diphthérite.
Le second cas est celui d'un homme qui présenta tous les phénomènes de l'asphyxie pendant qu'on l'anesthésiait avec le chloroforme. Il fut ramené à la vie par le même procédé.
Ce manuel opératoire a déjà été employé par le docteur de Chilly, de Vaucouleurs (voy. année 1865).- Le professeur américain n'y a ajouté que la position et surtout le traversin en bas des omoplates, qui forme utilement un point de résistance aux efforts de pression. Voy. Respiration artificielle.
ASTHME. Injections hypodermiques de morphine. Voy. Injections.
ASYSTOLIE. Nouvelles causes. Au lieu de la dégénérescence graisseuse du myocarde visible à l'œil nu, MM. Renaut et Landouzy n'ont trouvé au microscope , dans un grand nombre de cas, qu'une fragmentation spontanée de ses fibres musculaires comme cause de l'asthénie cardiaque, dissociation semblable à celle qui s'obtient au laboratoire avec le picro-carminate d'ammoniaque, le sérum iodé ou la glycérine. C'est donc le ramollissement ou la disparition du ciment qui unit transversalement les cellules musculaires du myocarde et forme une chaîne ramifiée de cellules contractiles.
Cette lésion de dénutrition, non encore décrite, est une des causes les plus fréquentes de l'asystolie. Elle s'accompagne parfois de dégénérescence graisseuse, mais elle est souvent la seule lésion apparente, surtout dans les cas d'hypertrophie cardiaque avec lésions valvulaires anciennes. {Gaz hebdom., juillet 1877.)