MÉDICALES
ABCES. Les tumeurs et les fistules du sac lacrymal ne seraient, suivant M. Fano, que des abcès ossifiuents déterminés par l'ostéite et l'ostéo-périostite du grand angle de l'orbite. L'apophyse montante du maxillaire supérieur serait atteinte primitivement et les phénomènes varient d'après l'étendue de l'inflammation. De là les variétés observées et dont il décrit le mécanisme suivant le siège des lésions. Et, comme elles se terminent ordinairement par suppuration' on a ces tumeurs ou ces fistules que tous les auteurs ont jusqu'ici attribuées aux parties molles, en se mettant le doigt dans l'œil, c'est le cas de le dire. (Acad. des se. juillet.)
Mais, en avançant une proposition si grave, l'auteur se garde bien de l'appuyer des faits probants qui peuvent l'avoir conduit à l'émettre. C'est donc une théorie sans preuves. D'ailleurs, ces abcès ossifiuents seraient-ils réels, qu'il n'y aurait qu'à leur appliquer le traitement par le' Caustique vanté par M. Labbé lorsqu'ils sont superficiels (Voy. année 1877.)
Abcès aigu du cervelet. Mort subite. Un soldat de 22 ans, grand et robuste, se plaint le 3 novembre d'un violent mal de tête et de douleurs dans l'oreille droite, qu'il attribue à
OARNIER. \
Abcès
avoir trop plongé en se baignant. Malgré les sangsues et les purgatifs, le mal de tête augmente jusqu'au 9 sans fièvre. Le pouvoir musculaire diminue au point que, ce jour-là, il y a perte du mouvement des membres inférieurs. Pupilles normales ; pas de vomissements.
Le 10, il est trouvé sans connaissance avec stertor, dans un sommeil apparent. Délire pendant la nuit. Pupilles dilatées et insensibles. En soulevant la tête pour faire boire le malade, un flot de pus jaillit de l'oreille droite, et immédiatement la mort a lieu en moins d'une minute.
L'examen du cervelet montre le lobe droit entièrement détruit par un abcès. Il n'en reste que I'écorce, remplie d'un pus très-fétide ayant fusé dans les deux autres lobes, dont le tiers antérieur seul est intact. Au point correspondant du méat auditif, I'écorce du lobe droit est rompue, ce qui a permis au pus de s'écbapper par le canal auditif. L'os était dénudé de la dure-mère et imbibé de pus, qui abondait dans les cellules mastoïdiennes. ÇLancet, n- 20.)
Abcès du médiastin. A la suite de l'urétbrotomie interne suivie de la dilatation, pratiquée par M. H. Smitb chez un syphilitique, des frissons se déclarent avec sueurs profuses et fièvre, sans autre localisation, pendant six jours, qu'une douleur vague dans la moitié gauche et antérieure de la poitrine ; mais elle se localise ensuite intense et continue vers la partie moyenne du sternum, et une collection fluctuante se montre, le douzième jour seulement, dans le quatrième espace intercostal droit, le long du bord sternal. L'incision n'amène qu'un soulagement passager. Une douleur rétrosternale persiste et augmente sans gonflement de l'os et avec battements très-nets de l'abcès. La toux devient pénible et la dyspnée augmente. Le cœur est dévié à gauche sous le mamelon, malgré des battements normaux. Enfin une solution de continuité entre les deux moitiés du sternum est constatée au niveau de l'ouverture de l'abcès, avec crépitation nette et absence de tumeur à la face antérieure de l'os. Du pus sanieux et fétide s'échappe en petite quantité. Un bistouri, engagé dans le foyer purulent, est alors conduit avec précaution derrière la paroi antérieure de la poitrine et, agrandissant l'ouverture profonde, donne issue à un flot de pus sale et putride.