DY8T0CIE
L. Bandl sur les ruptures de l'utérus. C'est donc encore d'Allemagne que nous viendra la lumière. En établissant les rapports du col avec le corps de l'utérus, cet anatomiste a découvert la plus étonnante capacité du col pour augmenter toutes les dimensions de sa cavité. Il a constaté que ce dernier, dont la distension transversale est mesurée par le volume de la tête fœtale, peut atteindre une longueur de vingt centimètres. D'où il infère que c'est là une condition favorable pour que les fibres de l'orifice interne du col forment l'obstacle constaté et la cause des malheurs ci-dessus relatés. La première cavité, renfermant la tête et même une partie du tronc du fœtus dans tous les cas, aurait été formée par le col seul, et la seconde, deux fois plus grande, n'aurait coutenu que le surplus. Il cite même à l'appui un cas où l'orifice interne s'élevait jusqu'à l'ombilic du fœtus, le col enserrant ainsi plus de la moitié du tronc. (Boston med. and sur g. journ., noS 12 et 22.)
Grâce à la découverte de l' anatomiste allemand, la question se réduit donc à savoir si le col, allongé ou hypertrophié, peut se distendre au point de loger la tête et une partie du tronc fœtal, tandis que les fibres circulaires de l'orifice interne, tétaniquement contracturées , étreignent le corps du fœtus au-dessus, au point d'arrêter, d'empêcher son évolution malgré l'anesthésie. Sans reproduire les longs et fastidieux développements de l'auteur américain pour prouver cette nouvelle thèse, poser ainsi la question, n'estce pas la résoudre ? Comment admettre que l'orifice interne laisse ainsi passer la tête et les épaules pour se rétracter ensuite si énergiquement que toute progression soit impossible ? Un enkystement du placenta dans le corps de l'utérus se produit bien accidentellement par une contraction irrégulière anormale, mais ne se reproduit pas invariablement chez la même femme. Une conformation vicieuse semble donc seule pouvoir expliquer cette cause de dystocie, d'après les faits précédents, mais elle reste à démontrer anâto iniquement.
Dystocie fœtale. Des maladies fœtales qui peuvent faire obstacle à l'accouchement ; thèse d'agrégation, par le docteur Herrgott, agrégé à la Faculté de médecine de Nancy. Paris.
Ces obstacles sont divisés selon leur siège à la tête , au
ELEPHANTIAS1S
tronc ou à tout le corps. Les maladies de l'encéphale sont les plus fréquentes et les plus graves, en raison de la présentation même de cette extrémité. L'hydrocéphalie et l'encéphalocèle en sont les principales, et c'est surtout sur ce sujet important que porte la thèse, avec les anomalies concomitantes, comme l'hydramnios, l'hydrorachis et le spina bifida. Le traitement en est indiqué suivant les présentations.
Les accumulations de liquide dans le tronc, comme l'ascite, la rétention d'urine, les tumeurs rénales, constituent aussi le plus souvent les obstacles provenant de cette cavité, de même que l'œdème généralisé constitue à peu près le seul exemple de tout le corps, à part les monstruosités que l'auteur indique dans un quatrième chapitre. C'est donc là un véritable traité de dystocie fœtale.
ÉLÉPHAIVTIASIS. Névrotomie. La ligature de l'artère fémorale pratiquée en 1873 sur un nègre de 35 ans, pour un éléphantiasis des Arabes de la jambe droite , n'ayant amené qu'une amélioration temporaire, l'opéré se présenta de nouveau à l'hôpital de Pensylvanie en demandant l'amputation. Dans la pensée que les changements trophiques consécutifs à la section du principal tronc nei-veux du membre justifiaient la section du sciatique, le docteur Thomas Morton l'exécuta, le 17 novembre 1877, en vue de modifier la nutrition des parties hypertrophiées, sauf à en venir à l'amputation en cas d'insuccès.
Le nerf sciatique fut divisé au milieu de la cuisse, puis excisé dans une étendue de un pouce un quart. Aucune complication de la plaie ne s'ensuivit, et il n'y eut pas de paralysie consécutive du membre, excepté des orteils, qui ne pouvaient se mouvoir ; l'opéré continua à fléchir et étendre le genou. En raison de l'épaisseur de l'épidémie, il était impossible de distinguer les muscles innervés. Le nerf crural antérieur paraissait innerver la plus grande partie de la surface de l'extrémité inférieure. Il n'y avait d'insensible que la moitié antérieure du dos du pied, la surface plan-
EMBOLIES
taire et le talon et un étroit espace de la peau vers le milieu du mollet.
Une diminution notable de la jambe suivit cette opération. Elle était réduite de 5 à 6 pouces de diamètre dès le mois de janvier, et l'épiderme, dur et épais, s'était détaché, en laissant une peau saine, douce et rosée, ainsi qu'au-dessus du genou. Ces résultats méritent donc d'être enregistrés. {Boston med. and surg. journal, janvier, n° 4.)
ÉLOIVGATION ou étirement des nerfs. Opération nouvelle pour le traitement des lésions douloureuses des nerfs. Voy. Nerfs.
EMBOLIES. Danger des corps fibreux et des kystes volumineux. La mort rapide ou subite étant le grand danger de cet accident, il importe surtout au médecin de savoir les cas dans lesquels elle arrive, afin que, averti, il se tienne réservé dans son pronostic et puisse prévenir les malades et les familles pour leurs dispositions testamentaires. M. Duguet l'a observée chez trois femmes de 1876 à 1878, et M. Laboulbène chez une quatrième par le développement exagéré de tumeurs abdominales ayant déterminé par leur poids, leur compression sur les veines iliaques, des thromboses des membres inférieurs et consécutivement une embolie pulmonaire amenant la mort subite. C'était un volumineux corps fibreux dans le premier cas, un énorme corps fibreux kystique dans le second et le troisième, compliqué d'ascite, de même que dans le dernier. Il s'agissait ici d'une femme de 57 ans qui avait maigri avec un aspect cachectique. On croyait à une tumeur maligne. Elle allait mieux, lorsqu'elle chancela, pâlit et s'affaissa tout à coup. Elle était morte, et l'on trouva un immense kyste multdoculaire de l'ovaire droit non cancéreux avec une légère ascite (2 litres). Aucun autre organe n'était malade ; mais on trouva un petit caillot cruorique dans le cœur gauche, et le ventricule droit était rempli par un caillot arrondi s' engageant dans l'artère pulmonaire , se prolongeant à droite et à gauche sur une longueur de 34 à 35 centimètres. L'origine en était dans une oblitération complète par un caillot fibrineux rougeâtre d'une veine honteuse. (Soc. méd. des hôp., mai, et Union méd., n° 109.)
Embolie cardiaque. Mort subite pur syncope. Au cas de M. Tillaux publié en 1875, en voici un second de M. Terrillon, qui distingue bien nettement le genre de mort de cette embolie avec celle de l'artère pulmonaire, où les Allemands l'avaient trop mécaniquement localisée. Il s'agit d'un fumiste de 18 ans, dont on a réséqué le coccyx à l'hôpital Temporaire. Il allait bien, lorsque le 31 mai, à la visite, se tournant sur son lit pour recevoir l'injection phéniquée, comme il faisait les jours précédents, il porte violemment la tète en arrière et reste immobile sans répondre. La figure et les lèvres sont violacées, les yeux à demi fermés, la bouche entr'ouverte, sans angoisse respiratoire. Une ou deux respirations très-longues seulement, battements légers et tumultueux du cœur, pouls filiforme et très-faible. Mort subite sans un cri, malgré tous les moyens employés.
L'autopsie montra, outre la suppuration et les lésions profondes de la partie malade, avec toutes les veines de la région remplies de caillots, l'état suivant du cœur droit : un caillot de 10 à 12 centimètres de long, cylindrique, lombricoïde, gros comme une plume d'oie, fibrineux, grisâtre, bifurqué à l'une de ses extrémités et l'une de ses branches étant elle-même bifurquée, était emprisonné entre les valves de la valvule tricuspide et ses cordages. Pas le plus petit caillot dans le cœur gauche ni dans les artères pulmonaires.
Il est donc manifeste qu'un embolus des veines peut s'arrêter dans le cœur droit et causer la mort subite par syncope, non avec pâleur, mais cyanose delà face et des lèvres, turgescence des veines du cou. Il est ainsi facile de la distinguer de l'asphyxie produite par l'embolie de l'artère pulmonaire : anxiété respiratoire, orthopnée extrême , besoin d'air. Ici, au contraire, le malade perd brusquement connaissance et meurt sans lutte apparente.
Mais la mort peut aussi être moins subite et avoir des caractères moins tranchés. Que, par son petit volume, sa mollesse, l'embole s'embarrasse seulement dans le cœur droit ou qu'il en gêne simplement les contractions, et des syncopes répétées, avec pâleur ou cyanose, peuvent en être la conséquence, suivies fatalement d'une asphyxie consécutive, déterminée par l'oblitération de l'artère pulmonaire. Tels sont les faits de Trousseau et de M. Longuet. Mais ils