FRACTURES
tion fémoro-tibiale ? Voici d'ailleurs une preuve infirmative de cette transsudation.
Un blessé fut reçu dans son service pour une rupture de l'artère fémorale. Un énorme épanchement sanguin, une sorte d'anévrysme faux primitif diffus, en résulta. Pendant cinq semaines, le sang épanché est resté en contact avec la face externe des gaines synoviales, et cependant, ainsi qu'il a été facile de s'en assurer après l'amputation du membre, il n'y avait pas ombre d'hydarthrose ni de pénétration du sang dans les cavités synoviales. On peut donc en conclure que l'infiltration sanguine consécutive aux fractures de la cuisse est incapable de traverser les synoviales de dehors en dedans et d'y donner naissance à l'hydarthrose. Plusieurs causes en sont donc admissibles. Si la transsudation peut en rendre compte dans les épanchements tardifs, cette hydarthrose doit être rapportée directement au traumatisme lorsqu'ils apparaissent immédiatement, surtout dans les cas de lésions multiples de la cuisse, comme dans le précédent. Les fractures par choc ou chute les produisent bien plus sûrement que celles par écrasement, et l'explication de M. Verneuil est ainsi applicable à un plus grand nombre de faits que celle de M. Berger. La vérification de ce fait pourrait donc donner une nouvelle valeur à lJétiologie de ce signe des fractures du fémur et.de son col en particulier. (Soc. de Chir., janvier et mai.)
Fracture en t. Division du tendon d'Achille. La tendance du fragment inférieur à se porter en arrière dans les fractures du tiers inférieur ayant montré au docteur Morris, par deux exemples antérieurs , qu'il y a difficulté de maintenir les fragments en rapport exact, ce qui retarde la consolidation et provoque un cal difforme, sinon l'ankylose du genou, il a eu recours à un moyen nouveau pour prévenir ces inconvénients. Un homme de 40 ans, délicat, s'étant déià luxé le genou et fracturé la jambe gauche devenue ainsi beaucoup plus faible et courte que la droite, se fractura la cuisse du même côté , deux ans après. Oblique, cette fracture s étendait en haut et en arrière à deux ou trois pouces de 1 articulation du genou. Une fracture longitudinale existait aussi entre les condyles, dont le frottement provoquait un craquement caractéristique. Raccourcissement considé-
ljh GANGLIONS LYMPHATIQUES
rable dumembre, mais peu de gaiement de l'aptieidatian. Les muscles de la cuisse sont mous, flasques ; mais, le membre étant mis dans l'extension, les deux fragments inférieurs son! projetés en arrière et ne peuvent rester en position, à cause de la traction du gastroenémien.
Afin de paralyser celui-ci, le tendon d'Achille fut divisé et le déplacement évité, le membre placé dans une gouttière avec l'extension et la contre-extension. Deux mois après, le blessé se levait, et, un mois plus tard, il marchait en fléchissant le genou presque à angle droit, avec un raccourcissement d'un demi-pouce seulement. C'est donc là un brillant résultat.
La ténotomie ne .paraît avoir été faite qu'une seule fois par Bryant dans un cas semblable. Ses avantages évidents doivent donc y faire recourir. (Boston med. and surg. journ. 29 novembre 1877.)
Fracture transversale de la rotule. Suture des tendons. Au lieu de fixer les fragments avec les griffes de Malgaigne, les fourchettes de Valette, les pointes ou la ligature, le docteur Dumolard a recours à un autre artifice traumatique. Traçant à l'encre une ligne transversale sur le milieu de la rotule, il passe séparément et parallèlement une aiguille, armée d'un fil métallique, à deux ou trois centimètres audessus et au-dessous de cette raie, en traversant la peau et quelques fibres du tendon sus et sous-rotulien. Les fragments de la rotule étant rapprochés par les quatre extrémités des fils libres, il tord ensemble les deux bouts sortant à la partie interne du genou, ainsi que les deux autres au côté externe. Le membre est immobilisé ensuite avec un bandage. Le blessé peut ainsi, tout en gardant le lit, s'y mouvoir sans crainte de déranger les fragments. (Lyonméd.,w 46.)
Sans doute ce procédé est beaucoup plus simple que d'autres, mais ce traumatisme ne suffit-il pas à provoquer des accidents, phlegmon ou érysipèle? Aucune observation ne répond négativement.
GANGLIONS LYMPHATIQUES. Diagnostic différentiel de leur hypertrophie. Autant il est facile d'apprécier le gon-
GANGLIONS LYMPHATIQUES
flement d'un ganglion au début, autant il est difficile souvent d'en diagnostiquer la cause et la nature. Très-souvent on en fait à tort un signe de la scrofule. M. Haward indique les caractères suivants, pour les distinguer et les traiter en conséquence.
Hypertrophie simple. Une irritation locale suffit à provoquer celle des ganglions superficiels. Ceux du cou en particulier ont souvent pour cause un eczéma, l'impétigo capitis, la stomatite, les ulcérations de la gorge, les maladies de l'oreille. Leur volume peut ainsi devenir considérable suivant la durée de l'inflammation.
Les arthrites et les affections chroniques des articulations déterminent aussi l'engorgement indolent des ganglions correspondants. Ceux de l'aine s'hypertrophient ainsi dans les affections de la hanche et ceux du cou en arrière dans les maladies de la colonne cervicale. La raideur du cou peut être causée alors par l'affection du rachis plutôt que par la douleur des ganglions. Ils augmentent peu, se ramollissent et conservent pendant des mois le volume d'une noisette.
Traiter ces causes , c'est diminuer leur action sur les ganglions et neutraliser leurs effets. Le repos est surtout nécessah'e dans l'arthrite. Couvrir les ganglions gonflés de ouate ou de laine, pour entretenir une température douce et les garantir du froid, est le seul topique à employer. Tous les autres sont inutiles. L'application de l'iode est souvent nuisible. Ils reviennent spontanément à leur volume normal avec la disparition de la cause qui en a déterminé le gonflement. Si un ganglion se ramollit, on le ponctionne au centre avec un bistouri étroit et l'on panse avec la ouate.
Hypertrophie scrofulease. Les mêmes causes, chez les scrofuleux, produisent des effets plus intenses et persistants, hors de proportion avec l'irritation ou l'inflammation. Les ganglions superficiels, de l'aine et du cou, sont aussi atteints de préférence ; mais leur gonflement est plus lent et se manifeste sur plusieurs points à la fois. Ils se ramollissent, et le tissu cellulaire environnant se bouffit et en fait des tumeurs mal limitées qui deviennent plus fermes et mieux définies à mesure que l'hypertrophie augmente. La caséifi-
GANGLIONS LYMPHATIQUES
cation survient .bientôt, et, bien qu'elle puisse envahir tous les ganglions enflammés, môme chez les sujets non entachés
aboutit soit à 'état crétacé, soit à un ramollissement purulent a un abcès. Les ganglions profonds en sont plus souvent atteinte que les superficiels. La suppuration survient lentement et sans douleur. Le pus est mal lié, mêlé de débris casécux La peau s'ulcère, et il en résulte des cicatrices indélébiles. Aussi est-il préférable de les ouvrir par une ponction au centre si la tumeur n'a pas de tendance à diminuer, à se résorber, à se calcifier. L'inflammation des tissus avoisinants est la meilleure indication de l'ouverture. On exerce une légère compression avec un tampon de charpie autour de l'ouverture que l'on rouvre au besoin pour évacuer les produits casécux, prévenir la récidive et les cicatrices hideuses de la peau.
Un traitement constitutionnel par l'influence de la mer, et de l'huile de foie de morue , l'iodure de potassium à faible dose, avec des préparations ferrugineuses, est indiqué, à l'exclusion du sirop d'iodure de fer. Une couche de ouate, légèrement compressée sur les ganglions tuméfiés et douloureux, en les protégeant contre le froid, la pression et autres causes d'irritation, en favorise la résolution.
Lymphadénomie. C'est la maladie d'Hodgkin. L'hypertrophie est généralement restreinte à une agglomération de ganglions, sinon d'un seul, sans aucune douleur ni inflammation apparente. Les ganglions sont fermes, nettement limités, isolables. En grossissant, ils ressemblent aux ganglions amygdaloïdes syphilitiques. Us se ramollissent en augmentant, se fondent et se fusent en une vaste masse lohulée, sans que la peau qui les recouvre soit modifiée. La tumeur s'avance à travers les tissus voisins et peut ainsi s'étendre très-loin de son point d'origine, avant que l'infection soit généralisée.
Tout en ressemblant à l'hypertrophie scrofuleuse, celle-ci s'en distingue en ce qu'elle atteint tous les éléments, au lieu des éléments cellulaires seuls, avec une vascularité bien plus considérable, et surtout par sa résistance à la dégénérescence et à la caséification. Sur 11 sujets atteints de lymphadénomie, l'autopsie ne montra qu'un seul cas de caséification
GANGLIONS LYMPHATIQUES
où d'abondantes injections d'iode avaient été faites. C'est donc un accident déterminé par les injections ou une bémorrhagie arrêtant la nutrition des tissus. La vascularitê de la tumeur et le développement des éléments trabéculo-cellulaires déterminent une augmentation de volume plus rapide que la dégénérescence.
Le diagnostic avec la scrofule, en l'absence des signes de celle-ci, s'établit ainsi par la mobilité plus grande des ganglions hypertrophiés, leur isolement plus facile, leur fermeté et leur élasticité plus grandes. Il n'y a pas de cause d'irritation, pas de douleur. L'accroissement est très-rapide avec amaigrissement et anémie, sans augmentation des leucocytes. L'affection se généralise ordinairement. L'enlèvement des ganglions atteints dès le début peut retarder, suspendre cette généralisation. Expérimenté sur une fille de 4 ans sur tout le côté gauche du cou, il ne fit que retarder la récidive pendant six semaines, et l'opérée mourut bientôt de la dissémination.
Aucun traitement palliatif ni curatif n'a pu encore prévenir ni empêcher cette dissémination. Les injections iodées n'ont fait qu'enflammer les tumeurs. L'extirpation au début ne prévient pas l'infection générale. Des tumeurs semblables se développent même dans les viscères.
Hypertrophie syphilitique. L'indolence extrême la caractérise, et les ganglions cervicaux postérieurs et inguinaux en sont le plus communément frappés. Leur volume varie depuis celui d'une bille jusqu'à celui d'une orange. Ils sont élastiques, fermes, mobiles, limités, isolables, et peuvent rester longtemps sans s'altérer. Ils ne s'accroissent pas, comme dans la lymphadénomie, et n'ont aucune tendance à la caséifleation, comme dans la scrofule. L'hypertrophie du tissu trabéculaire prédomine, et leur section offre un aspect cartilagineux à l'œil nu.
Hypertrophie lardacée. C'est ordinairement une altération secondaire succédant à d'autres manifestations. Ils augmentent lentement, sans prendre jamais un grand développement, sont fermes et demi transparents. Sous l'action de l'iode, us prennent une couleur acajou caractéristique.
1G'~ GANGLIONS LYMPHATIQUES
da re L inflammation on I ulcération d'une tumeur bénigne peutams! causer l'hypertrophie des ganglions correspon! dants. Le cancer primitif est si rare que l'on peut croire ne les exemples ont été confondus avec la lymphadé^ qui partage son meurabilité. (Archw. de méd., janvier )
Cette dernière opinion est justifiée par l'extrême rareté des faits de cancer primitif des ganglions, autant que par leur ressemblance avec les lymphadônies et les lympbadénomes, les ympbosarcomes et le peu que l'on sait jusqu'ici à ce sujet (voy. année 1877). Sauf le cas de cancer rétropéntonéal de Lobstein et un carcinome primitif des ganglions lombaires et inguinaux, observé en 1863 par M. Cornil dans le service du professeur Cbarcot, les exemples en sont presque introuvables. Le fait récent recueilli à la clinique de 1 flutel-Dieu de Lyon, par MM. Colrat et Lépine, offre donc un véritable intérêt.
C'était un homme de 59 ans, ancien chasseur à cheval depuis tailleur, sans aucune maladie béréditaire, ni scrofule, m syphilis, ni cancer. Une tumeur dure s'est développée sans cause connue, à la partie antérieure de l'aisselle gauebe avec douleurs vives, et a acquis en trois mois un tel volume qu'elle forme une véritable difformité. C'est une masse dure, bosselée, formée par l'agglomération de ganglions indurés. Tout ce côté du thorax est œdématié, ainsi que le membre supérieur. Aucun viscère n'est malade à l'examen. Le sang est presque normal, sans augmentation des globules blancs. Excès d'acide urique dans l'urine; pas d'albumine. 15 jours après son entrée, le malade succombe, suffoqué.
La tumeur, grosse comme un œuf, est formée de ganglions très-durs et soudés ensemble. Un seul s'en détache en bas et en avant, qui a été le siège d'injections interstitielles de liqueur de Fowler. Gros comme un œuf de pigeon, il est plus dur que les autres et parsemé de points caséeux.
Examinées à Lyon par MM. Pierret et Renaut et au Collège de France par M. Ranvier, ces tumeurs étaient constituées d'alvéoles remplies de cellules volumineuses, géantes, ayant de 20 à 25 m. en moyenne, avec un ou deux noyaux nucléolés, très-avides de carcinomin, avec une zone de cellules embryonnaires à la périphérie que le pinceau balaye
UANflMONS I-YMl'llATK.li;i;S
très-bien. C'était donc la structure évidente du carcinome, comme tous les bistologistes l'ont unanimement reconnu. Or l'histoire clinique montrant qu'un ganglion do [ aisselle gauche a été primitivement envahi, il s'agit donc bien d'un carcinome primitif. (Revue mens, âe méd. et dM/r. BP •'», mai.)
Altérations armtonviQues. Dos recherches histologiques récentes, faites par M. Qornil, il résulte que l'adénite serofuleuse consiste essentiellement dans une Inflammation chronique du tissu conjonctif et des cellules lymphatiques,
dans l'épaississcmcnf fibreux et la formation de bandes de
lis.sn conjonctif qui parcourent le ganglion, en dissociant et en Isolant des îlots du tissu réticulé dont le réticuhim et les cellules sont eux-mêmes altérés. Consécutivement à ce
processus très-lent, la circulation se ralentit et se supprime dans les ilols, qui deviennent casée UX. L'état caséeux et l'induration seléreuse sont les derniers termes de celte
évolution pathologique.
Bi en que la terminaison de l'adénite scroluleuse soit caséeuse comme celle du tubercule, M. G»rni établit une
différence de processus entre ces deux lésions, que l'on
identifie généralement. Taudis que les ganglions sont trèsvolumineux dans la scroiidc, ils restent petits dans la tuberculose et ne présentent que très-rarement un gvmâ développement. Ici , les voles lymphatiques et les sinus périfollicuiaircs sont au début le siège d'un*; Inflammation
très-évidente et constante, caractérisée par l'accumulai ion de nombreuses cellules d'un volume assez considérable à l intérieur*, c'est une sorte, d'inflammation catarrbale. Rien de. semblable dans la seroMe : c'est une formation nouvelle de, tissu conjonctif, une adénite interstitielle.
A la période d'état, le tubercule du ganglion se présente
en petits îlots formés de petites cellules rondes, entassées,
casécuses au cenlre, sans noyau, dcmi-lranspaicnles et granuleuses, cohérentes avec oblitération des vaisseaux, tandis que les ilôts strumeux sont formés de tissu réticulé, à mailles agrandies, séparé par le tissu conjonctif nouveau
avec de grandes cellules lymphatiques, à noyau ovoïde; et à
protoplasma granuleux Le pinceau les enlève facilement ici, tandis que c'est impossible dans le tubercule.
La caséificalion, pour être la fin ultime et commune dans
•SANGLIONS LYMPHATIQUES
ment" llâVZiT?VU\àeï CelIuIes' différemment. Llle se fait, lentement et en masse dans l'Ilot slm
mcux, andis qu'elle est primitive et rapide „ r 1 ubercule. Les oblitérations vascAûres en résuUant ésenlent les mêmes différences. '
L'identité complète des lésions tuberculeuses et SCrofueuses des ganglions, admise par M. Tbaon d'aprè la présence des cellules géantes, n'est donc pas réelle il y a sans doute une grande similitude dans la dégénérescenc linaté mais le début de la lésion et sa période d'état présent des différences qui suffisent à les distinguer.
eée pHp ?+é^?érescencc amyloïde plus ou moins avancée, elle résulte d'une inflammation chronique analogue à celle des ganglions syphilitiques et tuberculeux, portant sur leur tissu conjonctif les cellules endothéliales du tissu caverneux, les sinus péri-folliculaires et pouvant même atteindre le tissu réticulé.
Le carcinome se présente avec les mêmes caractères crue dans le tissu conjonctif, c'est-à-dire sous la forme d'alvéoles communiquant ensemble et remplies de grandes cellules épitheloides, comme on l'a vu dans le cas précédent. (Joum. de l anatomie, n° 3, mai.)
Ganglions rétro-pharyngiens. Sur 211 enfants atteints de catarrhe nasal chronique ou d'autres affections aiguës de cette région et se traduisant par la difficulté d'avaler, le docteur Kormann, par l'examen digital de la gorge, en a trouvé 193 atteints d'engorgement des ganglions rétro-pharyngiens. Il l'a constaté de même dans la pharyngite syphilitique et le mercurialisme des adultes. L'inflammation de ces ganglions est donc beaucoup plus fréquente qu'on ne le supposait, car elle se rencontre presque dans tous les cas d'ozène, de pharyngite simple ou diphthéritique, d'otite. Heureusement elle se termine par résolution, car, de tous ces cas, un seul s'est terminé par abcès mortel, à la suite d'une scarlatine suivie de diphthérite des amygdales. (Voy. Abcès.)
-Des néoplasmes des ganglions lymphatiques ; thèse d'agrégation à la Faculté de médecine de Paris, par le docteur Humbert, chirurgien des hôpitaux.
GENU VALGUM
Le tubercule, le lymphadénome et, le sarcome ou cancer en forment les trois principales espèces. Les gommes produites par la syphilis, les fibromes et les chondromes sont plus rares. C'est à distinguer ces différents néoplasmes et à en éclairer le diagnostic, d'après les caractères histologiques et cliniques , que l'auteur a fait une monographie pleine d'intérêt.
GENU VALGUM. La pathogénie exclusivement osseuse de cette grave difformité s'affirme de plus en plus sur le vivant, depuis que les expériences de MM. Ollier et Tripier de Lyon ont montré qu'on pouvait la provoquer à volonté en irritant au dedans ou au dehors le cartilage épiphysaire de l'extrémité inférieure du fémur. M. Guéniot a constaté ainsi, à l'autopsie d'une fille de 10 ans atteinte de genu valgum, une hypertrophie du condyle interne du fémur.
Origine tibiale. L'hypertrophie du condyle interne du tibia, par l'exagération fonctionnelle du cartilage épiphysaire, produit également cette difformité , selon M. Verneuil. Il en cite deux cas observés par lui. L'application de sangsues et de vésicatoires loco clolenti, dans le premier, fit cesser les douleurs, et, dans le second, l'espace linéaire correspondant au cartilage épiphysaire du tibia était seul douloureux à la pression. M. Houel a constaté plusieurs cas semblables, et M. Tillaux voit une preuve de la réalité de cette pathogénie osseuse par les résultats mêmes du redressement forcé qu'il a obtenus. Cette méthode aggraverait la maladie au lieu de la guérir, si la théorie d'une maladie des ligaments ou des muscles en était la cause. (Soc. de chir., octobre 1877.)
La même étiologie est soutenue par L. de Santi dans sa thèse inaugurale. L'absence de mouvements latéraux de l'articulation est une preuve que le relâchement du ligament latéral interne et des ligaments croisés n'en est pas la cause. Il a pu constater au contraire l'augmentation de hauteur du condyle interne dans une autopsie. Elle résulte d'une exagération de la fonction ostéogénique de la moitié interne du cartilage épiphysaire inférieur du fémur, provoquée par les fatigues, les marches, les causes professionnelles, l'arthritisme et aussi parfois les phlegmasies de voi-
UliiNU VALGUM
sinage. Une irritation légère àéh !»,(„„ • • .
vité fonctionnelle du cartLe Îu uZ Z T v- SUraCti"
extrémités osseuses crue les Iimmin4. <• i . OI,"ce aes se relâcher, se distendre co^f o^^i^f ? T™"' contribuer à la déviation du 7enoV? ^t^lZ f01S> Ct ainsi, au moins chez les ^^^fi* £g ou de rompre brusquement les attaches fibreuses mates il rea? la tonicité au ligament interne Z ]c S" âge eS douche8 t un appareU P* tema*-
jour, il imprime de petits mouvements doux et saccadés pour redresser l'angle fémoro-tibial. Il obtient a nsHe n Jâ h ^t dukgamerit latéral externe. Des friction , erl
attP 1p n ?lt6+S SflmUltan6ment SUr la Partie -terne t attelle ou des tuteurs métalliques au besoin font le res e avec le temps. (Lancet, 1877.)
Dans la discussion qui eut lieu à cet égard l'année der mère au Congrès de la Société allemande de chirurgie un chirurgien a déclaré avoir guéri ainsi radicalement Quatre enfants atteints d'un double genou valgus par la ténotomie sous-cutanée du ligament latéral externe de dedans en de hors, en même temps qu'on redresse le membre avec les" mains. Un appareil plâtré était appliqué ensuite et laissé en place pendant cinq à six semaines. Une attelle y succédait pour prévenir la récidive. 3 ^cccoait
Kœnig préconise un procédé encore plus simple cru'il a vu employer par Billroth et Wolkmann : c'est la correction violente de l'attitude vicieuse, durant le sommeil eblorofor mique, avec application immédiate d'un appareil plâtré II s agit seulement de ne pas chercher à obtenir tout le succès d un coup et de se contenter d'une correction graduelle et
Mais ces moyens ne doivent être tentés que chez les jeunes enfants et avant l'ossification complète. Dès l'W de 14 ans, c'est au redressement, à l'ostéoclasie manuelle telle qu'elle est pratiquée par Delore ou Tillaux, qu'il faut recourir. Chez les adultes, l'ostéotomie est indispensable comme la plupart des chirurgiens s'accordent aujourd'hui
GËNU VALQUM.
a le reconnaître. Il s'agit de la résection de la partie exubérante de l'os avec le ciseau. Schede, sur un jeune homme de 18 ans, ayant un genu valgum très-marqué et qui rendait impossible toute station debout un peu prolongée, pratiqua ainsi, en février 1876, l'ostéotomie tibiale avec section linéaire simultanée du péroné au moyen de la gouge. Depuis, l'opéré mène un char et monte avec des charges de bière aux étages les plus élevés. Le genou étendu ne présente pas de mobilité latérale, et la musculature du membre est parfaitement normale.
Von Heine de même a pratiqué simultanément la résection cunéiforme du tibia et la section du péroné chez un garçon de 16 ans, après avoir éprouvé une énorme difficulté à faire disparaître la déviation par la simple ostéotomie tibiale. Une ostéo-myélite s'en est suivie, en voulant corriger immédiatement l'attitude vicieuse du membre ; l'opéré guérit néanmoins.
La méthode de Ogston, consistant à scier, par une incision sous-cutanée, le condyle interne du fémur, en s'entourant de toutes les précautions de la méthode antiseptique, semble généralement préférable. Trois nouveaux succès en sont rapportés par lui ; mais ni l'une ni l'autre de ces ostéotomies ne semble devoir être adoptée par les chirurgiens français. (Berl. Klin. Wochens., octobre 1877.)
Un succès très -remarquable de cette grave résection a cependant été obtenu par M. Furneaux-Jordan à l'hôpital de la Reine, à Birmingham, chez un garçon de 20 ans, atteint d'un double genou en dedans qui ne lui permettait de marcher péniblement qu'avec des béquilles. Le 31 mars i 877, un ténotome fut introduit à trois pouces au-dessus du centre du condyle interne du fémur gauche et traversa l'articulation; la scie d'Adams y fut passée ensuite et réséqua le condyle interne du fémur, qui fut glissé en haut pour s'unir avec le corps. Une force modérée suffit à placer le tibia dans la position voulue, et une longue attelle maintint le membre. Aucun épanchement de sang ni de synovie ne s'ensuivit, et, six semaines après, le genou droit fut opéré de la même manière. De légers mouvements passifs furent imprimés d'abord aux articulations pendant l'anesthésie, et l'opéré commença bientôt à marcher. Il était si haut que ses béquilles placées sous ses aisselles ne touchaient plus le sol.
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Cette résection sous-cutanée, exécutée sous le nua^e phémque, est beaucoup moins grave que celle do M. Annandale, tarte à ciel ouvert en ouvrant l'article. L'ankylose en est a ailleurs la conséquence. (Lumet, n° 18, mai.)
GOITRE. Dans les cas rebelles à l'iode intus et extra, Billrot h a recours de plus en plus au traitement chirurgical Mais xl essaye préalablement les injections interstitielles d iode dans 1 épaisseur du corps thyroïde quand il n'y a pas destruction , bémorrbagie ou transformation crétacée de cet organe. Elles réussissent d'autant mieux que l'hypertrophie de la glande est moins ancienne et plus superficielle notamment chez les enfants.
Ces injections doivent être réglées d'après la susceptibilité individuelle des malades , faites tout d'abord à une demi- seringue seulement et répétées quatre à cinq jours après. La teinture pure est mieux supportée que la teinture diluée et surtout les eaux minérales. Tandis que les doses les plus fortes sont tolérées par quelques individus sans réaction sensible, les plus faibles chez d'autres déterminent une vive réaction avec gonflement énorme de la face, du nez et des oreilles. Des hémoptysies se produisent même. En tout cas, il faut en cesser l'emploi, dès que l'amaigrissement se manifeste et ne le reprendre que plus tard et à très-petites doses. L'injection doit être poussée aussitôt la canule enfoncée. S'il survient de la douleur dans les dents, les mâchoires ou la face, on la calme rapidement par des applications froides.
Sur 35 ponctions de kystes thyroïdiens toujours suivies d'injection iodée avec 18 grammes de teinture à 5 parties d'éther et d'alcool pour 40 d'iode, il a obtenu 29 guérisons, en comprimant ensuite le kyste avec des bandelettes de calicot imbriquées et collodionnées.
L'incision des parois, quand leur épaisseur empêche la guérison, pratiquée dans les autres cas, n'a été suivie que d'un seul décès. Les injections d'alcool ni la teinture de Fowler n'ont pas donné de meilleurs résultats que la cautérisation ni le séton.
37 extirpations de tumeurs goitreuses solides ont donné 24 guérisons. Billroth a donc confiance dans cette méthode. {Wiener med. Press. nos 47 et 48, 1877.)