GOITRE
Injections interstitielles d'ergotine. Dans l'hypertrophie simple de la thyroïde chez des femmes éprouvant des trouhles du coté de l'utérus, le docteur Pepper a pratiqué, dans l'intérieur de la glande, des injections de 50 à 75 centigrammes de la solution suivante :
% Ergotine. . 6 grammes.
Eau distillée.. 30 —
Mêlez.
'2 à 3 injections par semaine durant quatre à six mois consécutifs, après lesquels la glande est complètement durcie. (Boston mecl. and surg. journ., octobre 1877.)
Extirpation. Il semble que cette opération toute française tend à se relever de la condamnation prononcée par Velpeau. Outre les succès relatés par M. Michel (voy. année 1873) et l'opinion favorable de Billroth, voici le professeur Rose, de Zurich, qui la préconise aussi, malgré les malheurs qu'U a éprouvés au début, en se fondant sur de nouvelles raisons. La suffocation, la mort n'arrivent, d'après lui, ni par la compression de la tumeur, ni la paralysie des récurrents, ni aucune des autres causes invoquées, au moins dans la majorité des cas. Il s'est assuré, sur la table d'opérations, que la mort subite arrivait par le ramollissement aigu ou chronique de la trachée ,qui se transforme plus ou moins vite et complètement en un tissu flasque, dépressible, qui la rend comparable à un tube de caoutchouc. On constate facilement ce ramollissement en enlevant la région avec son squelette et en faisant la dissection d'arrière en avant. La trachée subit ainsi des inflexions sous l'influence de la pesanteur. On peut la placer en Z et voir que le canal est absolument bouché au niveau des coudures. De là le danger et. les divers accidents du goitre et la mort subite. Elle arrive ainsi dans la narcose chloroformique, le sommeil, la syncope, parce que l'attitude droite de la tête n'empêche plus l'inflexion, la courbure. En portant sur les premiers anneaux au début, ce ramollissement gêne, comme un rétrécissement, la circulation de l'air et produit la dyspnée, surtout par la gêne de l'aspiration, d'où la dilatation des veines du cou , la dilatation progressive de l'oreillette droite, puis du ventricule.
GAIWIER.
1 • u GOITRE
De là l'indication de la thyrotomie avec la trachéotomie comme auxiliaire indispensable réclamé par Le ramollissement de la trachée. La position dans laquelle l'opéré respire le nueux est aussi importante à observer pendant la chJoroformisation et la dissection préalable. Il pratique la trachéotomie sous-thyroïdienne en incisant sur le point Je plus mou et le plus anguleux et place ensuite une canule à long tube. Après, il procède à l'ablation exsangue du goitre et de la glande, avec des soins consécutifs les plus minutieux.
Dix observations sont rapportées. Les cinq premières furent fatales, même sous le couteau, parce que l'auteur n'avait pas saisi le mécanisme de la mort. Cette révélation, en lui faisant pratiquer la trachéotomie préalable, aurait sauvé les cinq derniers opérés, si l'un n'était mort de tuberculose miliaire avec médiastinite. Les quatre autres ont guéri dans l'espace de six semaines à quatre mois. Ce serait donc une proportion très-favorable de succès, en ne comptant que ces cinq derniers, mais c'est le contraire si l'on compte les 10 dont 6 morts. La proportion de M. Michel est bien plus encourageante, puisque les cinq opérations ont été suivies de guérison, même sans la trachéotomie.
Tout en reconnaissant le fondement des raisons invoquées par l'auteur et la rationnalité de son procédé, les faits ne sont pas assez démonstratifs ni assez nombreux pour imposer la conviction. Il faut donc seulement en tenir compte et examiner. (Der kropftod und die radical kur der kropfe. De la mort dans le goitre et la cure radicale des goitres, Berlin, et Revue mensuelle, mai, n° 5.)
Goitre suffocant. Laryngotomie intcr-crico-thyroîdienne. Cette opération délicate a été exécutée avec le thermocautère par M. Krishaber dans un cas de compression d'avant en arrière de la trachée près de sa bifurcation. La suffocation était imminente. Au lieu d'inciser, il ponctionna successivement et couche par couche -avec une extrême lenteur. Arrivé sur la membrane crico-thyroïdienne, il la divisa de manière à placer une sonde œsophagienne qui put franchir le rétrécissement ; un flot de pus sanguinolent jaillit, et la respiration se rétablit graduellement, sous J'influence de la dilatation du rétrécissement et de la diminution du