ICTÈRE
du traitement. On acquiert la certitude de son existence en traitant les urines par les réactifs suivants, d'après M. Hardy :
Chloroforme. Quelques gouttes dans une urine normale tombent au fond en tranchant par leur transparence cristalline. Par l'agitation, le chloroforme, en retombant au fond du vase, tranche par sa couleur mate sur la couleur jaune du liquide. Si l'urine est ictérique, elle est d'autant plus foncée qu'elle contient plus de bile.
Teinture d'iode. Elle détermine en haut une couleur violette, au-dessous une coloration vert-mer, tandis que la troisième couche inférieure, formée par l'urine, est jaune.
Acide nitrique. Par l'agitation, le mélange prend une couleur vert-bouteille qui passe ensuite à l'olive avec un aspect caractéristique.
L'ictère peut aussi être un signe du cancer du pancréas. (V. ce mot.)
Ictère des nouveau-nés. Sa fréquence est telle que, sur 248 enfants observés à la Maternité de l'hôpital Cochin, pendant les cinq derniers mois de l'année 1877, M. Porak n'en a vu que 50 y échapper. C'est donc le cinquième environ. 34 l'ont présenté au premier degré, 91 au second et 73 au troisième. 80 nouveau-nés sur 200 en sont atteints, à moins que les conditions d'accouchement et de soins à l'hôpital le rendent plus fréquent qu'en ville. Ce serait une comparaison curieuse à faire.
La distinction faite par M. Gubler de l'ictère en hémaphéique et biliphéique, d'après les caractères de l'urine, s'est confirmée chez les nouveau-nés. Sur les 198 enfants ictériques, la réaction du pigment biliaire dans l'urine ne s'est rencontrée que 3 fois chez des enfants qui sont morts. C'est donc un mauvais signe. Tous les autres cas étaient hémapbéiques avec urine d'un jaune plus ou moins ambré, teinte brunâtre et d'un faible pouvoir tinctorial. (Revue mens, de méd. et chir., mai.)
Considérations sur Victère des nouveau-nés et sur le moment oii il faut pratiquer la ligature du cordon ombilical, par le docteur Ch. Porak, brochure grand in-8° de 68 pages, librairie Germer Bailliére.
Travail se rapportant essentiellement à la question soulevée dans ces dernières années sur la valeur de la section
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tardive du cordon pour restituer le plus de sang possih], au nouveau-né et résolue affiraatiwanent par AI. Iludin^ (Voy. année 1870.) L'ictère n'est étudié que comme un inoyen clinique de la résoudre. 248 nouveau-nés ont été observés à cet égard et pesés à la Maternité de Cochin, du 1» août au 31 décembre 1877. 30 seulement n'ont pas jauni, et 34 n ont offert cette coloration qu'à un faible degré tandis que 164 l'ont présentée à un degré prononcé. Or des 84 premiers, 39 ayant gagné du poids du 8« au 10e jour de Ja naissance, et 22 seulement en ayant perdu, tandis que, des 164 iclénques, 55 en ont perdu et 52 en ontga^né I auteur conclut que, l'ictère déterminant la perle prolongée du poids, c'est un signe morbide, et qu'il peut servir de critérium de la valeur de la ligature tardive du cordon, bien mieux que le poids total du corps.
Etant démontré que, sur 76 ligatures immédiates ou faites dans les deux minutes de la naissance, 10 seulement ont été suivies d'ictère prononcé, tandis qu'il y en a eu 50 sur les 114 ligatures tardives ou faites deux minutes après la cessation des pulsations du cordon, il l'est de même que celles-ci, en aggravant l'ictère, nuisent essentiellement à la santé de l'enfant. Elles favorisent en outre les bémorrhagies. D'où la conclusion que la ligature faite dans les deux "minutes après la naissance, c'est-à-dire dès que les artères ombilicales cessent de battre, est la meilleure pratique, la plus utile à l'enfant, et qu'il n'est pas dangereux, en cas d'asphyxie du nouveau-né, de faire même une légère saignée du cordon, comme nous l'avons dit en 1876.
Voilà donc deux jeunes expérimentateurs également bien placés et animés également du désir de la vérité, arrivant à des conclusions diamétralement opposées. C'est que le premier est parti de cet a priori qu'il fallait conserver le plus de sang possible au nouveau-né comme à l'adulte, tandis que le second a recherché spécialement les effets en résultant au point de vue clinique. Celle-ci doit donc juger la question bien plus tôt que ces expériences, ces pesées, où l'enfant court grand risque de se refroidir et même de mourir, comme la remarque en a été faite par M. Polaillon.
JNJECTIOIVS. Injections hypodermiques de morphine.
En vertu de l'action congestive de l'opium sur le cerveau,