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30 enfants, — 86 seulement la lithotritie. C'est donc le contraire de la pratique de M. Thompson, et cependant les résultats sont à peu près les mômes : 20 pour 100 des taillés adultes sont morts et 8 seulement des 80 lithotritiés.
C'est que, loin de pouvoir se remplacer, ces deux opérations ont leurs indications spéciales et exclusives. Si la lithotritie épargne bien des existences comparativement à la taille, au début du mal, chez les adultes ayant une petite pierre et une vessie saine, la taille réussit mieux chez les enfants et les vieillards, dans les cas compliqués surtout. Sur 108 tailles pratiquées dans les hôpitaux de Birmingham pendant les trois dernières années, notamment sur des enfants, le docteur West n'a trouvé que 7 décès sur 81 cas. M. Macnamara invoque également les succès qu'il a obtenus dans l'Inde, et M. Fayrer y oppose ceux d'un professeur natif de Calcutta qui, sur 248 tailles, ne compte que 17 décès. Sur 275 tailles, le docteur Beketow, lithotomiste russe, n'a eu que 12 décès, d'après le Médical examiner, par la taille latéralisée. Ces résultats sont aussi satisfaisants que la lithotritie chez l'adulte.
Toute favorable qu'elle soit à la nouvelle opération, la statistique de M. Thompson n'a pas changé les convictions contraires de la plupart des chirurgiens anglais sur sa valeur ni ses succès relatifs. Les objections qui lui ont été faites le prouvent bien, malgré la courtoisie parlementaire et confraternelle dont elles étaient enveloppées. L'unique contreindication de l'auteur, consistant dans le volume excessif du calcul, s'est ainsi multipliée. Sir J. Paget n'autorise l'emploi de la lithotritie que si deux ou trois séances au plus suffisent au broiement. La vessie sacciforme en est une contreindication formelle pour M. Cadge par les complications et les récidives qu'elle entraîne. Et comme preuve, les 50 à 60 récidives après les lithotritiés guéries de M. Thompson sont opposées victorieusement aux 12 cas relevés dans la statistique de 700 tailles de Crosse. Mais les rectifications apportées par M. Ch. Williams à cette statistique inexacte ont bien changé ces proportions. Au lieu de 12, c'est 15 récidives qui sont notées, et, en y ajoutant les 14 qui ont eu heu depuis, c'est un total de 29 sur 1015 tailles pratiquées à hôpital de Norwich de 1772 à 1869, soit 1 sur 36, ce qui est loin d'une sur 58, comme M. Cadge l'a inféré. (Laneet, n° 20 )
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La cystite, l'irritabilité vésicale, les lésions de la muqueuse, les rétentions chroniques d'urine, et toutes les complications qui se manifestent consécutivement sont invoquées contre les brillants résultats immédiats que L'on eu tire. D'où cette conclusion : qu'une exacte comparaison des deux opérations n'est possible qu'après des mois, des années; qu'aux deux listes des guéris et des morts, il conviendrait d'en ajouter une troisième, comprenant les opérés ni morts ni guéris ; que cette catégorie serait bien plus considérable après la litbotritie que la litbotomie et contrebalancerait ainsi la plus grande sécurité pour la vie que la première opération comporte. Considérant que celle-ci est exécutée aujourd'hui dans les meilleures conditions, alors que la taille est encore susceptible de grands progrès, autant dans ses contre-indications, comme les maladies des reins et du foie, que dans son traitement consécutif, sir J. Paget croit que la mortalité actuelle de celle-ci sera réduite plus tard de moitié et égalera ainsi celle de la litbotritie. Aussi lui donnerait-il encore la préférence, s'il recommençait sa carrière, en réservant le broiement aux calculs qui peuvent être enlevés en deux' ou trois séances. {Royal med. and chir. Society, 12 mars.)
La récidive du calcul par les débris, les dépôts phosphatiques que la litbotritie laisse après elle, est donc aujourd'hui le principal chef d'accusation contre elle. La plupart des auteurs s'accordent à ce sujet pour en restreindre l'emploi. Ces concrétions existent sans doute avec de sérieuses lésions de la membrane muqueuse, dit M. H. Thompson; mais celles-ci sont bien moins dues aux instruments lithotriteurs qu'au contact prolongé des fragments calculeux sur le bas-fond ou le plancher de la vessie. Aussi les deux moyens qu'il propose pour y obvier sont de restreindre cette opération aux calculs d'un petit volume, pouvant être broyés et évacués rapidement. Pour ceux qui exigent plus de quatre à cinq séances, dit-il, la taille offre des chances égales, sinon supérieures, à un bon résultat. La seconde condition est de ne pas trop espacer les séances sans nécessité, une fois que le calcul a été attaqué. De là aussi l'exécution de la litbotritie en une seule séance.
Combinaison de la lithotritie avec la taille. Si la taille a été
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exécutée après la lithotritie ou celle-ci après la taille, ç'a été ordinairement . par nécessité imprévue et sans indication ni plan préalablement fixés. Les deux opérations n'ont surtout pas été simultanées, sinon dans la lithotritie périnéale de Dolbeau, comme M. Teevan l'a fait dernièrement au West hospital.
Il s'agissait d'un cocher de 66 ans, admis, le 13 janvier dernier, pour un vieux rétrécissement qui l'obligeait d'introduire journellement une sonde n° 5 pour uriner. Des douleurs du méat avaient commencé huit ans auparavant, et il avait été ainsi obligé de quitter son état. Pas d'hérédité calculeuse ; mais la diathèse goutteuse est prononcée.
Urine très-albumineuse et phosphatique, d'une gravité spécifique de 1020. Rétrécissement dans la région sous-pubienne immédiatement en arrière du périnée, d'un pouce et demi d'étendue. La dilatation fut d'abord pratiquée avec une sonde olivaire à demeure, graduellement croissante, et un calcul unique, dur, d'un pouce de diamètre, put ainsi Être diagnostiqué avec le lithotriteur dès le 25 février. Un accès de goutte s'ensuivit, qui obligea de laisser le malade tranquille jusqu'au 18 mars.
La lithotritie était donc inapplicable, à. cause du rétrécissement et de l'atonie de la vessie, et la taille médiane ou latérale n'était guère plus applicable. Le malade demandant une opération, M. Teevan résolut, de propos délibéré, d'employer l'une et l'autre.
Le 19 mars, le malade étant chloroformé, un petit lithotriteur lut introduit, qui brisa la pierre en quelques minutes Un cathéter droit le remplaça bientôt, et une incision fut prat.quee sur l'urèthre, au siège même du rétrécissement comme pour une uréthrotomie externe. L'index parvint ainsi doucement dans la vessie, d'où les fragments du calcul d oxalate de chaux furent extraits un par un, à l'aide d'une Petite pince. La vessie fut lavée, et, malgré de légères complications, le malade sortit de l'hôpital, le 17 avril, parfaitement guéri. (Lancet, nos 25 et 26.)
Cette conduite a été dictée sans doute par des indications précises; mais elle peut servir de modèle, dans des cas analogues, pour l'emploi simultané de ces deux opérations
l a W?f Vr' dèf 10 12 mars' M' Macnamara soumettait à la bocietè médico-chirurgicale l'idée de briser ainsi préalable-
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ment, par la lithotritie per penem, les calculs trop volumineux pour être extraits en entier par la taille, à moins de contusionner la plaie pour son passage. Des perfectionnemonts peuvent donc en résulter. Ce sera la lithotritie en une seule séance avec taille.
Lithotritie avec évacuation en une seule séance. Partant de ce fait bien connu que la taille a subi longtemps, en France comme en Angleterre, l'influence traditionnelle des premiers lithotomistes, tandis qu'elle est devenue, depuis que les chirurgiens se sont affranchis de leurs préceptes rigoureux, une opération toule simple et plus facile que la dissection des tumeurs, le professeur H. Bigelow, de Boston, tend à en faire autant de la lithotritie. « As a rulc, dit-il, there is Utile âifftculty in it. En général, il y a peu de difficulté à l'exécuter. La pierre est rapidement saisie et broyée, réduite en fragments et partie en poudre. Un gros cathéter pourvu d'yeux est ensuite introduit; un peu de sable et quelques petits fragments s'en échappent avec l'eau; après quoi, l'opéré est mis au repos, pour rendre le surplus en attendant une autre séance. Une telle opération, durant à peine quelques minutes dans les circonstances favorables, est non-seulement simple, mais sûre : not only simple, but
safe. » -
Il n'est tenu aucun compte, comme on le voit, de la Oiîliculté d'introduire les instruments, ni du danger de léser la muqueuse de l'urèthre et de la vessie. L'excessive impressionnabilité de ces organes à l'action des instruments, inculquée par Civiale, est exagérée, suivant l'auteur, comme les règles minutieuses qu'il prescrit pour y obvier. Tels sont l'emploi d'un petit litholabe qu'il introduisait avec une pression moindre que son poids et une lenteur uniforme, ne le laissant en place que deux à trois minutes, cinq au plus. Sir H. Thompson lui-même fixe la durée de chaque séance à deux minutes, que son habileté exceptionnelle parvenait souvent encore à réduire. Comme preuves de l'innocuité de ces manœuvres, il invoque les résultats favorables obtenus partout de leur emploi dans le cathétérisme et la lithotnt]e par des mains plus ou moins habiles, surtout avec un instrument tel que celui de Voillemier, et l'extrême tolérance de la vessie à la présence prolongée de calculs volumineux.
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rugueux, mûriformes, ainsi que l'innocuité des lésions considérables déterminées pour leur extraction par la taille. Le principal danger n'est pas là, pour lui, mais dans les accidents consécutifs suivants.
« Un frisson peut survenir dans la nuit qui suit l'opération, non le frisson de la fièvre uréthrale qui suit parfois le simple passage d'une bougie et qui est sans gravité, mais un frisson accompagné ou suivi de sensibilité dans la région vésicale, de fréquence du pouls et du passage fréquent et douloureux de l'urine. Ces symptômes persistent et augmentent plutôt que de diminuer ; d'autres peuvent même survenir, et le chirurgien attend vainement le moment favorable pour répéter son opération ; l'opéré est trop malade, et il peut même succomber doucement après des jours et des semaines ainsi passés dans l'attente. Et l'autopsie révèle alors des lésions, d'une origine plus ou moins récente, de la vessie , notamment une inflammation de la muqueuse, sur le bas-fond de laquelle se trouvent des fragments anguleux et des débris de la pierre. Devant ce résultat fatal, il est évident que, par ces retards, la vessie est dans des conditions de plus en plus défavorables à une intervention opératoire et que la lithotomie ou la lithotritie, auxquelles j'ai eu recours en pareil cas, quoique le moindre des périls, ne peuvent être qu'une nouvelle cause d'inflammation. »
Eliminer tous les débris de la pierre dans une seule séance parut ainsi au chirurgien américain le principal but à atteindre. Nul doute pour lui que si la vessie pouvait être débarrassée de toutes les particules calculeuses dès la première heure, même avec le risque d'irriter la membrane muqueuse, le soulagement immédiat ne serait suivi d'une prompte et complète guérison. Et, admettant comme probable que l'action nocive des fragments anguleux sur la vessie ait été attribuée dans une certaine mesure à celle des instruments et confondue avec elle, il crut plus important au succès de l'opération de tenter l'évacuation immédiate des débris de la pierre , même en prolongeant l'opération indéfiniment, que de redouter la nocuité problématique des instruments.
Dès 1876, M. Bigelow se mit à l'œuvre, et, malgré l'abandon des essais d'aspiration et des instruments évacuateurs, condamnés explicitement en France par Demarquay et Voil-
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lemier à l'article lUhotritie des dictionnaires, aussi bien que l'appareil de Clover par Thompson en Angleterre et Gross en Amérique, il fit fabriquer des instruments d'un calibre bien supérieur à ceux employés jusqu'ici. C'est d'abord un litholabe dont la courbure est plus droite, plus large et longue que les litholabes usités. Sa branche mâle, mobile et pourvue de dents triangulaires pour le broiement, est moins longue que la cuiller fixe ou branche femelle qui la reçoit. La portion du calcul ainsi engagée se trouve broyée, écrasée, pulvérisée en entier, et le sable s'écoule à mesure, dans la vessie, par une rigole pratiquée à la partie inférieure et près du talon de la cuiller.
Tous les fragments étant ainsi saisis et mis en poudre , le litholabe est retiré et remplacé par un tube évacuateur, droit ou courbe, et largement échancré â son extrémité pour aspirer et recevoir les fragments. Leur diamètre est de 27 à 3i et même 32 de la filière Charrière, c'est-à-dire bien supérieur au calibre des évacuateurs employés. L'efficacité du procédé d'évacuation dépend beaucoup de l'emploi des plus larges tubes que l'urèthre puisse admettre. On sait que Otis en a fixé la capacité normale à 33 de la filière Charrière. Au besoin, le méat, qui est la partie la plus étroite, peut être incisé pour l'introduction du tube droit, pi'éféré par l'auteur comme s'obstruant moins que le courbe parles fragments.
Ainsi introduit, de manière que son ouverture soit dirigée en haut, ce tube est fixé par son extrémité libre à un long et gros tube en caoutchouc, terminé par une boule élastique s'adaptant à un réservoir en verre destiné à contenir l'eau, à injecter et à recevoir les débris du calcul.
Le jeu de cet appareil se comprend de reste, sans qu'il soit nécessaire d'insister sur ces détails. La vessie étant remplie d'eau, il s'agit d'aspirer les fragments, en faisant le vide alternativement sur la boule élastique, et de les amener dans le réservoir en verre. C'est le mécanisme d'une véritable pompe aspirante et foulante, figurée en action dans de très-belles planches et comme il est facile de l'expérimenter avec une simple vessie de porc remplie d'eau avec une cuillerée de sable fin.
8 lithotrities , dont les observations sommaires contiennent les principaux détails, ont été pratiquées suivant cette
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méthode, du 14 décembre 1875 au 19 août 1877, toujours sous l'influence de l'éthérisation. 7 opérés ont guéri rapidement; un seul est mort le sixième jour avec des signes analogues à la rétention des fragments , mais sans que la cause en ait été vérifiée par l'autopsie.
6 de ces calculeux ont été débarrassés en une seule séance, dont la durée a été d'une heure dans deux cas, avec élimination immédiate de 1 1 7 grains de fragments, soit 7 grammes 215. C'est le cas mortel.
La séance dura une heure et demie dans trois cas, et, dans deux, l'introduction du litholabe fut renouvelée jusqu'à trois fois, avec évacuation de 257 grains de fragments (16 gr. 705) ; dont un pesait 24 grains (1 gr. 56) dans l'un et 167 grains (10 gr. 855) dans l'autre. Un fragment osseux formait le noyau dans le troisième. Le méat dut être incisé pour introduire le tube évacuateur, et 66 grains (4 gr. 290) furent seulement expulsés , dont trois fragments osseux. Quatre jours après, le litholabe ramena avec difficulté à travers i'urèthre un fragment osseux ramolli d'un certain volume, sans trace de gravier.
Enfin la séance s'est prolongée une heure trois quarts chez un calculeux de 62 ans, à cause de petits calculs multiples et d'une hypertrophie considérable de la prostate. Il ne rendit que quelques grains de sable et guérit ensuite parfaitement.
La nécessité seule a obligé M. Bigelow à recourir à plusieurs séances dans sa première et sa dernière observation. Il avait opéré comme d'habitude chez le premier malade, ayant trois calculs volumineux, sans qu'aucun fragment ait été rendu à la première séance. Mais, sept jours après, dans une séance de quarante-cinq minutes, il évacua une masse considérable de fragments, malgré que le tube évacuateur fût du moindre calibre. Une troisième séance, douze jours plus tard, ne donna plus que peu de fragments.
Trois séances d'une durée exceptionnelle furent également nécessaires dans le dernier cas, tout à fait exceptionnel aussi. Les symptômes remontaient à 26 ans, et le malade en avait 61, urinant toutes les quinze à vingt minutes. Deux calculs furent rencontrés, dont l'un était si volumineux qu'il fut difficile à saisir avec le litholabe. La première séance, d'une heure et demie, donna 228 grains de gravier, et 108 grains
passèrent ensuite dans les urines. La seconde séance, quatre jours après, dura trois heures et élimina 744 grains de cal- 011] et 16 ensuite; enfin la dernière eut lieu cinq jouta plus tard et dura trois heures trois quarts, pendant laquelle 706 grains de fragments furent évacués, sans aucune douleur ni accident ensuite. C'est donc un total de 117 gr. 13 centigr. de calculs évacués dans l'espace de dix jours. Quelques semaines après, l'opéré pouvait garder ses urines pendant trois à quatre heures.
Ces résultats sont remarquables, et c'est pourquoi ils sont relatés avec détails. Sans admettre avec l'auteur que les accidents consécutifs soient toujours produits par la rétention des fragments, il est" évident que l'on peut tenter avec avantage de les extraire complètement, sans redouter autant l'action des instruments. L'innocuité de ces séances prolongées, l'absence de toute élimination de fragments ensuite témoignent que de grands progrès peuvent être réalisés sur la pratique des premiers lithotriteurs. (Amer, journ. of med. sciences, janvier, et Boston surg, journ., nos 9 et 10.)
A ces observations, le docteur Curtis en ajoute trois autres, où il a opéré suivant la nouvelle méthode. Les malades avaient 35, 54 et 68 ans, et, malgré une cystite intense, tous trois furent lithotritiés en une seule séance, qui dura une heure chez l'un, 85 minutes chez le second, et deux heures chez l'autre. Tous trois ont guéri rapidement, sans traces de récidive un an après. (Idem, n° 18.)
C'est là une confirmation précieuse que cette nouvelle méthode peut être employée par tous les lithotriteurs avec le même succès que son inventeur. Les restrictions des chirurgiens anglais à l'opération française n'auront donc plus de raison de se produire avec le perfectionnement américain.
Cette méthode a aussi été expérimentée à New-York. Le docteur Keyes a soumis à la Société pathologique de cette ville, le 27 mars, les débris d'un calcul extrait par la lithotritie rapide avec évacuation chez un calculeux de 63 ans. Deux broiements successifs de vingt minutes chacun et suivis d'évacuation avaient donné environ 8 grammes de débris. L'opération avait duré une heure.
LOCALISATIONS CÉRÉBRALES. Leur réalité a été constatée une fois de plus par M. Ollivier sur une vieille
infirme de 76 ans, entrée à l'hospice d'Ivry le 10 juin 1876. Tombée à l'âge de 9 ans, elle n'avait pu marcher depuis, sa jambe droite s'étant ployée à angle droit sur la cuisse par suite de cet accident ; en même temps , le membre cessa de s'accroître. Elle mourut le 2 juillet, dans un état de cachexie profonde, et l'on trouva une asymétrie remarquable de la face supérieure des hémisphères. Tandis que la première circonvolution frontale droite, de même dimension dans toute son étendue, était assez volumineuse, la circonvolution correspondante gauche était très-rétrécie à sa partie postérieure, au point où elle rencontre la frontale ascendante et en avant de cette réunion. Elle était presque rectiligne et sans sinuosités. La partie antérieure du lobule pariétal supérieur gauche était aussi atrophiée, et ses circonvolutions étaient moins larges que celles du côté opposé.
Les deux circonvolutions pariétales ascendantes étaient très-étroites des deux côtés, mais celle de gauche beaucoup plus que la droite, surtout dans son tiers supérieur. Le sillon de Rolando était aussi moins long qu'à droite. C'est donc là une nouvelle preuve que le défaut de fonction emporte l'atrophie de l'organe chargé d'y présider, c'est-à-dire du centre psycho-moteur. (Revue de méd. et chir. mars.)
Un garçon de 13 ans reçoit, d'une hauteur de plusieurs mètres, un gros boulon de fer sur la tête, qui lui fait perdre connaissance sur le coup. Dix minutes après, il revient à lui, et fait quelques pas en entrant à l'hôpital. Mais là, deux accès de convulsions épileptiformes éclatent, puis coma avec résolution des membres inférieurs, légère contracture du membre supérieur, perte de la sensibilité, conservation des mouvements réflexes, déviation des yeux vers le côté blessé et de la tête du côté opposé. Une plaie existait vers la base de la bosse pariétale droite avec fracture du crâne et enfoncement des fragments sans dénudation.
M. Berger se proposait d'appliquer le trépan pour relever les fragments si les accidents persistaient, quand il trouva, le lendemain, son blessé éveillé, parlant, regardant et se plaignant. La suppuration s'établit, et, malgré l'angle visible d'un fragment osseux au fond de la plaie, elle se cicatrisa parfaitement. (Soc. de chir., 1877.)
Que l'on eût appliqué de suite une couronne de trépan, et, devant cette heureuse issue, on n'eût pas manqué de
lui en rapporter l'honneur el d'en luire une nouvelle indication dans la région des localisations cérébrales dont les symptômes étaient le signe. Les convulsions apparaissant après les phénomènes de la commotion cérébrale sont en effet un signe de lésion des circonvolutions pariétales, comme l'excitation de ces centres moteurs l'a prouvé. C'est donc au moins un enseignement pour attendre el n'appliquer le trépan qu'avec réserve en pareil cas.
Un nouvel exemple de localisation motrice cérébrale a été observé par M. Bourdon chez un phthisique de son service. Il fut frappé subitement d'hémiplégie gauche, sans abolition de la sensibilité. Trois heures après, l'embarras de la parole avait cessé, et, le troisième jour, le membre inférieur avait repris toute sa motilité ; la paralysie du membre supérieur persista vingt jours. Après ce temps, h guérison était complète et se maintint pendant un mois, c'est-à-dire jusqu'à la mort du malade.
Cette paralysie éphémère, avec persistance de la sensibilité, avait fait diagnostiquer une lésion corticale et non centrale, qui fut confirmée par l'autopsie. Le cerveau, soumis à l'Académie, présentait, sur l'hémisphère droit, deuxfoyers de ramollissement de la couche corticale, au même siège que dans les cas de monoplégie brachiale relatés l'année dernière. La motilité, dit l'auteur, se rétablit donc bien par suppléance dans ce genre de paralysie. Caria guérison ayant été complète, malgré la persistance des deux lésions destructives, on est bien obligé d'admettre que les mouvements du bras se sont rétablis à l'aide des cellules voisines restées saines. Et cela est rendu d'autant plus probable que la zone motrice du membre supérieur est la plus étendue, comme le montrent les observations précédentes. (Acad. de méd., 12 mars.)
Siège du mouvement de la main. A l'autopsie d'un homme arrivé au milieu de la vie et dont la main gauche manquait depuis la naissance, le docteur Gowers trouva les circonvolutions frontales égales des deux côtés. Le tiers moyen de la circonvolution ascendante pariétale droite avaii seul la moitié du volume de la partie correspondante gauche, tandis que les extrémités de cette circonvolution étaient égales des deux côtés. Aucune altération dans la structure
de la partie affectée ne fut révélée par le microscope. L'écorce de substance grise de la plus petite circonvolution avait la même épaisseur et présentait des cellules aussi nombreuses et volumineuses que l'autre. La seule différence était dans son atrophie. Les autres circonvolutions pariétale et occipitale étaient égales en volume.
L'aire atrophiée était précisément celle qui a été fixée dans les expériences de M. Ferrier comme le siège des mouvements de la main qui manquait dans ce cas. (Royal mecl. and chir. Society, 14 mai.)
La confirmation de ce siège a été faite par M. Marc Sée sur un cadavre apporté à l'amphithéâtre des hôpitaux. La main droite était atrophiée par une paralysie infantile, et Ion rencontra une différence considérable entre les circonvolutions pariétales ascendantes. D'un volume normal à droite elle était très-petite, amincie, aplatie au contraire a gauche. En présence des opinions contradictoires sur ce sujet, 1 auteur n'a pas voulu résoudre la question; mais avec le fait précédent et les autres , le doute n'est guère permis. (Soc. de chir., avril.) Voy. Méningo -encéphalite expérimentale.
Fondé sur la loi de l'irradiation réflexe ou de l'action à distance, M. Jaccoud contestait, dès 1864, à propos de 1 aphasie, la possibilité du diagnostic topogrâphigue des lé sions cérébrales d'après leurs manifestations! AussTsïnalet-il un exemple contradictoire frappant de ces localisations.
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Toutes les autres parties étaient intactes; coloration, con-
sistance et vascularisation. L'hémiplégie complète était donc en opposition avec l'état intact de la zone corticale dite motrice, ainsi que les autres symptômes. (Gaz. hebd., n° 30.)
Des localisations dans 1rs maladies cérébrales, par le docteur J. Grasset, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Montpellier. Deuxième édition, revue et augmentée.
La cérébration inconsciente, ou la doctrine de l'action réflexe cérébrale, d'après M. Luys. Lecture faite le 28 octobre 1876 à l'assemblée générale de la Société scientifique de Bruxelles, par E. Masoin, professeur à l'Université de Louvain et médecin des établissements d'aliénés de cette ville. Brochure in-8° de 32 pages. Louvain, 1877.
Réfutation en règle de l'ouvrage : Le cerveau et ses fonctions, analysé ici en 1876, et surtout de la doctrine anatomique et localisatrice des facultés intellectuelles, qu'il expose et promulgue. Spiritualiste pur et convaincu, le professeur de l'Université catholique de Louvain est scandalisé de cette témérité audacieuse. Prenant à la lettre les mots d'action réflexe cérébrale, di 'automatisme, de phosphorescence des cellules, il s'indigne et se révolte que l'on matérialise ainsi l'âme humaine dans les couches optiques. Tout le débat est là, quoique, dans son réquisitoire scientifique, l'auteur ait l'air de ne plaider qu'au nom de la science et de combattre exclusivement en sa faveur. Aux données anatomiques, microscopiques et expérimentales, cliniques même, invoquées par le physiologiste français à l'appui de la théorie de l'action réflexe cérébrale, et aux inductions, aux affirmations qui en sont le corollaire d'après lui ou d'autres autorités, l'auteur belge répond par des résultats négatifs, diamétralement opposés, et des assertions contraires émanant de Hunter, Serres, Flourens, Brown-Séquard, Schiff, Vulpian et bien d'autres. Il prend même son adversaire en flagrant délit d'omissions historiques ou d'oublis regrettables, et, par des citations accablantes, il le convainc d'assertions inexactes et même fautives, et lui donne ainsi des démentis catégoriques. Laycock et Carpenter seraient ainsi les vrais inventeurs anglais de l'action réflexe cérébrale, et Jacubowitsch de la classification des cellules nerveuses que M. Luys s'attribue implicitement.
Ce sont là évidemment des dépositions inflrmatives, graves et péremptoires, contre la doctrine de l'action réflexe cérébrale, mais qui prouvent aussi en sa faveur, en lui découvrant des auteurs éminents. Elle n'est donc pas si récente, gratuite et invraisemblable que M, Masoin le donne à entendre ; elle repose sur des rapports, des analogies morphologiques dont il convient de tenir compte, et il aurait môme pu, avec un peu de bonne volonté, mettre à son avoir quelques découvertes récentes faites à propos des localisations cérébrales. (Voy. année 1877.) Il est vrai qu'ici la démonstration n'est pas positive et ne peut se faire que par induction et analogie, ce qui est toujours sujet à contestation. Que l'on interroge le cerveau et surtout ses fonctions, soit avec le scalpel, le microscope, les réactifs, les vivisections ou la clinique, soit avec la dialectique, les yeux de l'esprit, de la raison ou de la foi, il ne rend guère que des oracles confus et contradictoires, qui sont interprétés différemment, selon les opinions particulières ou les systèmes en vogue, sans prouver davantage ni pour ni contre. C'est ainsi que, malgré des débats séculaires, il y a encore si peu de jugements sans appel sur ses fonctions ; mais, il faut le reconnaître et le proclamer à l'honneur de la science, c'est toujours à la lumière de son flambeau qu'ils ont été obtenus.
M. Luys a donc au moins un avantage sur son contradicteur^ cet égard. Il a profondément étudié, disséqué, examiné, analysé le cerveau dans ses moindres détails et a vu ses efforts couronnés des plus hauts suffrages académiques. Il parle de visu, d'après son œuvre, et n'invoque les témoignages étrangers qu'à l'appui, tandis que M. Masoin ne le retute que d'après les autres et sur leur seule autorité Or entre ces contradictions équivalentes, ces affirmations et ces négations placées sous le patronage d'anatomistes, de micrographes, de physiologistes également autorisés, n'est-ce pas celui qui a vu et observé lui-même qui mérite le plus créance? Autrement, on ne peut avoir d'opinion personnelle, et 1 on adopte alors celle qui cadre mieux avec sa propre manière de voir.
M. Masoin se prévaudrait en vain de cette impersonnalité pour paraître d'autant plus impartial et désintéressé. Il donne le secret de l'énigme dans son mot de la fin- II combat pour l'âme humaine. Il avait donc pris parti avant
de discuter, el l'on peut môme prévoir qu'il a choisi ses armes en conséquence. Or la science et la foi s'excluent par leur essence toute différente, comme la matière et l'esprit. La première se démontre, et la seconde s'impose. L'âme n'a donc rien à faire dans ce débat. Son siège n'est pas plus dans les couches optiques que dans la glande pinôale; elle n'est ni dans le substratum de tel sens, ni de telle faculté; elle est la résultante de tous et leur émanation spirituelle. Loin d'y porter atteinte, la science positive, même portée à ses dernières limites, ne peut que l'éclairer et la rendre plubrillante, en la débarrassant des enveloppes matérielles qui la cachent encore aux yeux de certaines gens.
Guida allô studio délie circonvoluzioni cerebrali deWuomo, par le professeur Giacomini, de Turin.
L'importance donnée à l'étude des localisations cérébrales rend la concordance des circonvolutions indispensable pour l'entente générale de ces localisations. Or, les Allemands suivant une nomenclature différente des Anglais, et ceux-ci ne suivant pas la même que les Italiens ni les Français, l'auteur a cherché à faire cesser cette confusion en établissant une concordance entre ces divers auteurs, anciens et modernes. Ses descriptions anatomiques, claires et précises, serviront utilement à établir une synonymie complète et internationale à ce sujet. Cet ouvrage sera désormais indispensable pour comprendre les différents auteurs.
Structure des circonvolutions cérébrales, thèses d'agrégation pour la section d'anatomie et de physiologie, par Ch. Richet, docteur ès sciences et en médecine; un vol. grand in-8° de 172 pages avec 21 gravures et 2 planches; librairie Germaj Bailliére, Paris.
Exposition très-complète des connaissances acquises sur l'anatomie et la physiologie, humaines et comparées, du cerveau et les résultats obtenus par les nombreuses recherches et expériences faites depuis quelques années sur la question des localisations cérébrales. Après un historique pour la forme, toutes les investigations, les expériences, les faits et les théories modernes sur ce sujet sont passés en revue dans leurs principaux détails. C'est un inventaire exact et minutieux de nos richesses, mais sans leur évaluation, leur estimation précise.
En effet, si L'auleur classe avec ordre et décrit avec luxe, précision et clarté, analyse, commente, critique même, il ne prise pas assez les matériaux qu'il met en oeuvre, il ne les choisit, ne les condense, ni ne les synthétise pas assez pour en apprécier le mérite, en faire ressortir la valeur. Il expose et ne conclut pas. Il n'a pas de ces vues d'ensemble, de ces déductions qui éclairent le lecteur et l'aident à se former une opinion. Il le laisse indécis comme lui-même, au milieu de ces résultats confus et souvent contradictoires qu'il a accumulés, sans oser se prononcer ni pour ni contre les localisations. Celle du langage articulé, de la parole, a seule toutes ses sympathies. Il se déclare explicitement pour la localisation de l'aphasie; mais, pour tout le reste, rien ne lui parait encore assez bien démontré, expérimentalement surtout, pour opter sur les centres moteurs, le siège de l'intelligence et de la sensibilité, malgré ses recherches personnelles sur l'excitabilité de la substance corticale. Il réduit beaucoup le rôle des localisateurs au profit de la suppléance, de l'action réflexe et de l'irritabilité. Brown-Séquard, Schiff font échec à Charcot, Hitzig et Ferrier. C'est là, en un mot, un travail de pure érudition, qui ne peut faire pencher la balance de la science ni dans un sens ni dans l'autre.
C'est regrettable. L'actualité de la question et l'abondance des matériaux commandaient plus de décision, surtout dans un travail de ce genre. Si ceux qui prennent place dans l'enseignement ne savent pas se prononcer nettement, quel esprit communiqueront-ils à ceux qu'ils seront chargés d'enseigner ?
Les fonctions du cerceau, par D. Ferrier, membre de la Société royale de Londres et professeur de médecine légale au Collège du roi, etc., traduit par H. de Varigny; un volume h>8° de 519 pages avec 68 figures dans le texte, Paris, librairie Germer Baillière.
H n'y a que du bien à dire sur la forme et le fond de cet ouvrage à notre avis. La doctrine en est solidement établie sur 1 expérimentation universelle, ancienne et nouvelle, corroborée par des observations anatomiques, physiologiques et cliniques et le raisonnement. Par ce triple critérium, disposé dans un ordre logique, avec sobriété, concision et clarté, dans un style tout français, sur beau papier
et eh caractères clairs et nets, la lecture en est rendue si attachante que l'on poursuit sans fatigue l'exposé succinct des expériences pour en connaître le résultat et la signification. Et l'on s'y intéresse d'autant plus que la modération, la bonne foi et l'impartialité dans la discussion en excluent tout esprit de système et d'école.
On passe ainsi graduellement des fonctions simples et bien connues de la moelle épinière, d'après des expériences déjà anciennes, à celles plus compliquées de la moelle allongée qui les condense et les coordonne. Puis viennent celles du mésencéphale, que l'on détermine en isolant les organes qui le composent des hémisphères cérébraux par l'ablation de ceux-ci. De là la démonstration que le pont de Varole est le siège de l'équilibre et de la coordination locomotrice, celui de l'expression des émotions de douleur et de plaisir, comme les lobes optiques ou tubercules quadrijumeaux sont le siège de la vision.
Quant au cervelet, quoique distinct et séparé, on ne sait encore que très-peu de chose de précis sur son rôle spécial. Le plus clair est qu'il n'en a pas. De tout ce qui a été dit à cet égard, comme des nouvelles expériences faites par l'auteur sur divers animaux et relatées, on ne peut guère lui attribuer qu'une part des fonctions des organes circonvoisins qu'il leur emprunte ou partage avec eux : l'équilibration et la vision en particulier.
Restent les hémisphères cérébraux, et l'on prévoit que c'est particulièrement sur les localisations motrices, dont la précision, sinon la découverte, dans leurs circonvolutions, a illustré l'auteur, qu'il s'agit principalement ici. Plus des deux tiers du livre sont consacrés à la relation de ces expériences et à leur interprétation physiologique et psychologique. Tout ce qui a été dit et ajouté depuis, pour et contre, s'y trouve résumé et expliqué, comme nous l'avons indiqué nous-mêmes ici depuis 1873. C'est donc un véritable traité de ces localisations avec leur topographie cérébrale et crânienne. Pourtant leur siège est encore loin d'être aussi clairement démontré et admis que celui de l'intelligence et de la parole.
La meilleure preuve de leur existence est l'impossibilité pour les corps striés de la base, considérés jusqu'ici comme les centres exclusifs de ces mouvements, de pouvoir les repro-