LUXATIONS
duire séparément comme la couche corticale. Leur excitation les produit en masse, comme leur lésion amène la paralysie du côté opposé. Par leurs rapports anatomiques avec l'écorce cérébrale, ils joueraient donc le rôle de récepteurs et de coordonnateurs de la motilité, comme la moelle allongée l'est à l'égard des nerfs spinaux.
C'est par là que l'auteur termine et l'on voit que ce n'est pas là seulement un traité des fonctions du cerveau, mais des centres nerveux en général, qui sera consulté avec fruit malgré ses abstractions et ses subtilités.
LUXATIONS. Le cas jusqu'ici unique de M. A. Guérin d'arrachement du membre, en tentant la réduction d'une luxation sous-coracoïdienne (voy. année 1864), s'est renouvelé à l'hôpital Saint-Barthélémy, de Londres, le 3 mai dernier, dans des conditions analogues, sinon identiques. Un homme de cave, de 58 ans, est admis dans le service de M. Thomas Smith, le 30 avril. Deux mois auparavant, il est tombé sur son coude, ses mains étant dans ses poches. Une paralysie du nerf radial en est résultée avec perte des mouvements du bras. Différents traitements sont tentés vainement, et l'examen constate une luxation sous-coracoïdienne de l'humérus gauche. Après éthérisation, M. Smith pratique quelques manipulations pour rompre les adhérences sans s'apercevoir de rien d'anormal, puis l'interne, d'une force physique très-ordinaire, s'asseyant à côté du patient, place son pied gauche dans l'aisselle, et, une alèze pliée étant roulée au-dessus du coude et sur l'avant-bras, il commença une légère extension en tirant sur le poignet. Aucune autre force ne fut employée, et elle ne durait pas depuis une minute que toute la partie antérieure de l'aisselle cédait; téguments et muscles se déchirèrent comme du cuir pourri. La cavité de l'aisselle fut largement ouverte, et une hémorrhagie formidable eut lieu, qui fut aussitôt arrêtée.
Néanmoins, le bras n'était pas arraché ; les téguments externes le retenaient et quoique tous les muscles pectoraux fussent déchirés, les gros vaisseaux ni les nerfs ne l'étaient. La luxation fut donc réduite aisément, un bandage fait avec réunion des parties, et l'opéré se réveilla sans plus de trouble constitutionnel qu'à l'ordinaire. Pendant quatre jours, il se nourrit bien, sans que la température augmentât,