‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 5)Chapitre 75 sur 117 · OPHTHALMIES · texte numérisé non relu

OPHTHALMIES

L'opération césarienne fut pratiquée, sans complications, le- 13 mars 1877. Un gros garçon vivant fut extrait, et la mère se rétablit parfaitement et était très-bien portante un an après. (Idem, 6 juillet.)

Excision de l'utérus et des ovaires. M. Wasseige a pratiqué cette redoutable extirpation, suivant la métbode radicale du professeur Porro, de Pavie, le 14 avril dernier, sur une femme rachitique dont la ligne sacro-pubienne est de cinq centimètres seulement. Après l'opération césarienne et l'extraction d'une fille vivante, l'écraseur est placé au niveau de l'orifice interne, et l'on serre jusqu'à ce que les lèvres dela plaie utérine ne laissent plus suinter la moindre goutte de sang; puis on excise, avec un long bistouri, toutes les parties placées au-dessus de deux centimètres de la cbaîne.

Le moignon, formant une véritable rosace, est situé dans l'angle inférieur de la plaie abdominale. On la traverse avec une grande aiguille droite, au niveau de la chaîne, pour la fixer au dehors. On place un drain, et, la toilette du péritoine faite, on suture les parois abdominales. Pansement phéniqué ; cautérisation du moignon ; glace sur le ventre ; tout cela en une heure. L'utérus et ses annexes pesaient 765 grammes, et la surface de section avait huit centimètres et demi de diamètre. (Acad. de méd. de Belgique.)

Malgré ce traumatisme, la femme a parfaitement guéri et quittait l'hôpital le 24 mai avec son enfant, à l'abri de tout danger semblable. C'est le sixième exemple de cette opération radicale ; deux seulement ont été mortels. Toutes les opérées eussent peut-être succombé par le procédé ordinaire. Cette méthode nouvelle mérite donc d'être prise en considération.

OPHTHALMIES. Pilocarpine. Quatre à cinq gouttes d'une solution au 10e de chlorhydrate, soit environ 2 centigrammes de cet alcaloïde du jaborandi, injectées sous la peau du bras, paraissent avoir donné des résultats très- efficaces au docteur Môtaxas dans certaines affections oculaires, de nature rhumatismale, avec troubles du corps vitré. Dans quatre observations d'iritis et d'iridochoroïdite rhumatismale, avec altération profonde, sinon perte de la vue, il a suffi de quelques injections pour la rétablir, en faisant disparaître

OI'HTIIALMIES

les flocons, les nuages de l'humeur aqueuse. Une hémorrliagïo rétinienne cl une choroïdile exsudalive ont aussi été résorbées par ce moyen. Ce serait donc là un nouvel et puissant agent de résorption des exsudais séreux ou plastiques de l'œil, de cause locale ou diathésique. (Lyon méd., n° 13.)

Ophthalmie sympathique. Névrotomie optico - ciliaire . L'initiative française de cette opération pour remplacer l'énuclôation de l'œil paraît avoir un grand succès en Allemagne. A la suite des expériences de M. Boucheron suites animaux (V. année 1876), voici des faits cliniques, des succès sur l'homme, communiqués à la Société de médecine de Berlin, qui démontrent la facilité de son exécution. Schœler l'a pratiquée 10 fois, dont 7 cas de sensibilité de la région ciliaire, un staphylome leucomateux avec névralgie ciliaire, un œil glaucomateux avec de vives douleurs et un ophthalmos staphylomateux. Dans 6 cas, l'œil était diminué de volume avant l'opération, et celle-ci en fut très-facilitée, l'écoulement du sang et l'exophthalmos consécutif étant presque nuls; la guérison eut lieu rapidement, trois à huit jours au plus. Elle a été plus sérieuse dans deux cas où l'œil était déjà augmenté de volume. L'exophthalmos fut si considérable que les paupières ne pouvaient se fermer, ce qui est attribué à une méthode opératoire spéciale ayant amené un abondant épauchement de sang.

Il recommande donc cette névrotomie de préférence à l'énucléation dans tous les cas où celle-ci est indiquée, excepté ceux de tumeurs malignes. L'altération des traits, la sécrétion augmentée et altérée de la conjonctive et son écoulement sur la paupière inférieure, le renversement des cils en dedans et l'irritation en résultant, surtout si un œil artificiel n'est pas posé, ou bien l'immobilité de celui-ci et le danger de l'inflammation qu'il provoque, sont des raisons qui font de l'énucléation la moins pressante des opérations oculaires. La conservation du plus mauvais œil est préférable au plus bel œil artificiel.

Voici le manuel opératoire : l'œil étant porté en dedaus par un aide, le tendon du droit externe est sectionné, et, après l'avoir suturé avec un fil de catgut à la sclérotique, on divise celle-ci entre les deux muscles droits, que l'on dis-

Page 1