OREILLE
sèque avec des ciseaux courbes, en frottant le globe jusqu'au nerf optique que l'on coupe. Si le sang coule abondamment, il suffit de fermer les paupières et de comprimer le globe avec une éponge pour l'arrêter en quelques minutes. Les nerfs ciliaires sont ensuite divisés en portant l'œil fortement en dedans, et l'on peut ainsi, par une légère compression sur la commissure extérieure, apercevoir le moignon du nerf optique et s'assurer que tous les nerfs sont divisés. Il ne reste plus qu'à suturer le tendon du droit externe divisé et à appliquer un bandage compressif.
Tout en défendant l'énucléation , Hirsberg a reconnu , depuis, avoir pratiqué deux fois la névrotomie optico-ciliaire avec de bons résultats sur un œil douloureux dont la cornéeétait atropbiée, et contre une cystite intense consécutive à la perte de l'œil.
Scbweiger est aussi favorable à la nouvelle opération, et propose même de la simplifier en pénétrant par l'angle interne. Mais ce nouveau traitement de l'opbtbalmie sympathique est encore trop récent pour s'y appesantir. On peut se demander seulement si la réunion consécutive des nerfs ciliaires ne rend pas leur division inutile. (Berl. Klin~ Woch., n° 20.)
Des ophthalmies sympathiques , thèse d'agrégation à la Faculté de médecine de Paris, par M. Reclus. Monographie complète de cette maladie nouvelle, avec toutes les opinions émises sur les causes de sa production. C'est pourtant la partie la plus faible, car l'auteur a sa théorie personnelle. Repoussant la théorie vaso-motrice et la propagation des lésions par les nerfs optiques, il plaide en faveur d'une névrite ascendante des corps ciliaires et du trijumeau. Et pourtant il s'en tient à l'énucléation de l'œil.
OREILLE. Tintements ou bruits. Voici, d'après le docteur Woakes, la classification de ces divers bruits, d'après leur siège et la cause qui les produit :
Congestion du labyrin- 1 Artérielle Bruits pulsatifs.
the ) Veineuse Elancements.
Anémie, anévrysmc. . . Extérieurs Pulsations.
Liquide dans le tym- ) l Bouillonnements
pan ou la trompo £ Catarrhe de l'oreille moyenne. ( ou gargouilled'Eustache ) | ments. „
OS
Congostion du tympan, de sa cavité ot de la trompe
Inflammation chronique de l'oreille sans suppuration
Bourdonnements.
Contracture des mus- Ir»l"lion réflexe du nerf ton- )
cles intrinsèques.... \ seur du 'ymP311 sur le gan- \ Bourdounemenl?.
C'est à expliquer le mécanisme de ces différents bruits et à les démontrer par des faits, des guérisons, que l'auteur justifie cette étiologie des tintements d'oreille. (Lance*, février.)
Ponction du tympan. La paracentèse avec le galvano-cautère, qui a le plus de chance de maintenir l'ouverture, a donné le quart de guérisons à M. Purves. Sur 39 cas de bruits de rivière ou de cataractes, 23 furent soulagés. C'est donc là un moyen à tenter, surtout s'il existe du liquide dans la cavité. (Soc. méd. chir. de Londres, mars.) Voy. Tympan.
OS. Percussion. Quelques explications ont été données par M. Lucke sur sa nouvelle méthode de percussion des os pour en constater l'état. La douleur et le son qui en résultent en sont les principaux caractères. L'auteur se sert, à cet effet, d'un percuteur en marteau.
Une douleur vive, développée par une percussion légère sur un point spécial de l'os et augmentant avec l'intensité de la percussion, indique une affection superficielle, tandis qu'elle est profonde s'il faut tout d'abord une forte percussion pour la développer. C'est ainsi que, dans une ostéite supposée de l'astragale, la percussion directe ne donnait que des résultats incertains ; mais une douleur très- vive fut perçue en percutant directement l'apophyse externe et l'une des malléoles, tandis que la percussion des faces externes du calcanéum restait indolore. La résection de l'os montra une ostéite centrale.
La tonalité varie suivant les points percutés. La diaphyse rend un son plus grave que l'épiphyse. Ce n'est donc que par comparaison des points correspondants que l'on peut en juger. Le son est grave, aigu, mat, creux ou tynipanicjue, sec, en percutant l'os sans point d'appui.
La matité se rencontre dans l'infiltration de la moelle,
glion optique
OVARIOTOMIE
l'hyperémie intense, l'ostéite, l'ostéomyélite suppurée de la diaphyse aussi bien que de l'épiphyse. L'épaississement de la substance osseuse, surtout aux dépens du canal médullaire, donne aussi la matité, de même que dans l'hyperostose et l'exostose, au niveau des gommes guéries. Matité et douleur sont inséparables dans l'ostéomyélite suppurée, surtout au siège même de la lésion. On arrive ainsi à reconnaître de bonne heure l'ostéite dans les extrémités des os, et, en en ouvrant prématurément le foyer, à prévenir son retentissement articulaire, comme plusieurs exemples le prouvent.
Le son sec ou bref est perçu dans les affections articulaires, quand des fongosités atteignent la surface de l'os et ont érodé le cartilage d'incrustation. Une surface très-compacte le donne également.
La raréfaction du tissu compacte donne au contraire un son creux ou tympanique. On peut juger par là de l'état des os, lorsqu'il s'agit de les briser.
Par ces différents signes, la percussion permet de diagnostiquer les fissures, les tumeurs centrales, les altérations en foyer et les infiltrations cancéreuses des os, la condensation et la raréfaction de la substance compacte. (Archiv f. Klin. chir., 1877, et Archiv. de méd., janvier.)
OVARIOTOMIE. Une question singulière s'est élevée à ce sujet dans les bôpitaux anglais : à savoir quels sont, des chirurgiens ou des accoucheurs, ceux qui ont exclusivement le droit de pratiquer cette redoutable opération? On sait que, plus qu'en France, ces deux ordres sont encore distincts, ainsi que celui des médecins. Tandis que les premiers en réclament le droit exclusif, les seconds ne demandent qu'à le partager avec eux. De là grand débat sur les origines de l'opération, qui est surtout obstétricale. Ephraïm Mac Dowell et Jeaffreson, qui l'ont exécutée les premiers, n'étaient pas chirurgiens, et Clay, qui a surtout contribué à l'établir, était accoucheur; et elle ne fut ainsi longtemps encouragée et pratiquée que par des obstétriciens. Les chirurgiens, au contraire, l'ont tout d'abord repoussée, blâmée, condamnée, comme impraticable. Lawrence l'a dénoncée, eomme Velpeau, à la vindicte chirurgicale, comme une épouvantable boucherie. Elle fut même absolument interdite à l'hôpital Guy. Il est donc injustifiable que ces chirurgiens
2iW OVARIOTOMIE
réclament aujourd'hui le privilège exclusif de la pratiquer à I exclusion des accoucheurs. i««mquei,
Sous le rapport pratique , les chirurgiens ne sauraient are plus autorisés à pratiquer . LIovarioE, car! TZl habileté opératoire est plus grande, les accoucl eurs le gynecologistes sont les plus aptes â en poser le tonost ic ds sont là sur leur véritable terrain. sLs lel^ ÎSr le' droit exclusif, le privilège de la pratiquer dans les hôpitaux il est donc juste et de l'intérêt public qu'ils partacon In'n T * ch[^ns. Telle est d'u moins la 11 , ! PUS ^énéralement adoptée, suivant les règles de la science et contrairement aux English surgeons. L événement le plus considérable, à ce sujet, est la retraite
tJ$ Tn WdlS1' llIlustre ovariotomiste du SamaHtan hospual. Dans sa leçon d'adieu, il a rappelé que, sur les 800 ovanotomies qu'il a pratiquées, 403 ont été faites dans cet établissement avec une progression constante de succès dans les cinq dernières années surtout. lo9 cas n ont donné que 33 morts, soit moins de 22 pour 100 Les /8 dernières n'ont donné que 7 décès; c'est donc une proportion inférieure de moitié à celle de M. Kœberlé
Son histoire s'est aussi enrichie par une récente découverte de Spencer Wells. Il a constaté, dans YIppocratice di Forte, que 1 ovanotomie fut exécutée pour la première fois
enio^°P.f ,par 16 d°Cteur Gaetano EmiUani, de Faenza, en 181d. Malgré de' nombreuses saignées et la perte d'une demi-livre de sang durant l'opération, la malade d'Emiham guérit et accoucha, un an après, de deux jumeaux. L ovau^e enlevé figure encore actuellement au musée de la Société médico-chirurgicale de Bologne.
Mais la priorité n'en revient pas moins à l'Amérique, comme l'anesthésie. Le docteur Ephraïm Mac Dowell est bien le père de l'ovariotomie normale, qu'il exécuta le premier en 1809. Aussi un monument en granit dans le style dorique est -il élevé à sa mémoire à Danville , dans le Kentucky, par la Société médicale de l'État, pour perpétuer ce grand événement, qui le rendit un bienfaiteur de sa race et le fit connaître et honorer dans tout le monde civilisé. Sur le côté droit de la base est gravé un laurier avec cette inscription : « La profession reconnaissante révère sa mémoire et garde son exemple comme un trésor. » A gauche
OVARIOTOMIE 297
est la date de sa naissance, celle de son doctorat à l'Université d Edimbourg et celle de sa première ovariotomie. Les nations s honorent en reconnaissant ainsi les grands hommes qui sont leurs titres de noblesse.
Ovariotomie précoce. Telle est la gravité de cette redoutable opération que, malgré sa pratique courante, universelle, tous les chirurgiens appelés à l'exécuter, les jeunes surtout, sont tentés d'en relater les observations, lorsqu'il y a succès notamment, tant elle semble toujours un haut fait chirurgical. De nombreux cas en sont ainsi publiés de part et d autre sans qu aucun enseignement nouveau s'en dégage le plus souvent. Nous en distinguerons pourtant celle au docteur Marduel, qui la pratiqua trois mois seulement après les premiers symptômes, chez une femme de 24 ans sans que le volume du kyste ni les accidents, outre les douleurs locales, en fissent une indication pressante.
Le kyste ne donna en effet que deux litres et demi d'un iquide rouge brun, contenant un grand nombre de globules rouges et blancs et une forte proportion d'albumine Les douleurs locales doivent donc être rapportées à la sécrétion de ce liquide et à l'extrême vascularité du pédicule car il ne se rencontra pas d'adhérences, comme on s'y attendait. (Lyon méd., n° 47.) J D'où l'enseignement de ne pas considérer ces douleur* locales comme un signe constant d'adhérences. Est-ce là un signe du péritonisme, dont M. Le Dentu fait une indication opératoire ? Dans ce cas, ce seraient deux nouveaux succès à 1 appui de ce signe. (Acad. de méd., novembre.)
Traitement du pédicule. Sur 63 ovariotomies dont le pédicule a été traité différemment, le docteur W. Netzel a obtenu les résultats suivants, donnant la valeur de chaque pro-
SUtérisation 8 cas 3 décès.
ClamP 47 — 9
Ligature perdue 10 — l —
D'où il infère que cette ligature perdue avec un fil de soie est préférable tandis qu'il rejette absolument la cautérisation. Aucune hémorrhagie n'est à redouter si la ligature
OVAMOTOMIE
est faite avec soin, et, quant à l'irritation du fil et du moignon à l'intérieur, il n'en a été observé jusqu'ici aucune ••(implication. (Nordisk med. ark., mars.)
il est évident que ce traitement doit être subordonné à l'état du pédicule. Dans une ovariotomie pratiquée récemment par M. Marduel, le pédicule était si gros et vascularisé qu'il renfermait trois grosses artères comme les cubitales, quatre comme les collatérales du pouce et un grand nombre d'autres plus petites. La cautérisation était donc impossible. Elle ne peut être employée que dans le cas où les vaisseaux sont rares et petits. La ligature même n'eût pas été prudente dans ce cas. Les fils de catgut sont bien tolérés par le péritoine et facilement résorbés, et l'bémorrbagie secondaire n'est pas à craindre ici, puisque ces artères du pédicule sont sans collatérales ; mais renfermer un pédicule si volumineux dans le péritoine était à craindre pour la septicémie. Aussi a-t-on eu recours au clamp, et la guérison eut lieu. (Soc. des sciences méd. de Lyon, juillet, et Lyon méd., n° 47.)
Avantages du pansement phéniqué. Plusieurs témoignages s'en rencontrent simultanément. C'est d'abord la statistique de M. Schroeder, professeur de gynécologie à Berlin. Sur 50 ovariotomies, pratiquées du 25 mai 1 876 au 24 février 1878, dont il convient de défalquer 3 cas d'affections cancéreuses ayant promptement amené la mort, il a eu six décès parmi les 24 premières, opérées sans la métbode antiseptique, tandis qu'il n'en a eu qu'un seul cbez les 23 dernières, opérées sous le nuage pbéniqué. De là pour lui la preuve de ses avantages anti-iufectieux. Aussi rencbérit-il encore sur M. Lister dans l'emploi de sa métbode.
Il opère dans une ebambre particulière ne servant qu'à cela et après y avoir fait pratiquer une pulvérisation d'eau pbéniquée une demi-beure auparavant, c'est-à-dire de grand matin, avant toute autre visite, et après avoir pris un grand bain, s'être lavé dans de l'eau pbéniquée et s'être babillé de vêtements neufs, de même que le seul aide qui doit l'accompagner. La malade elle-même est complètement lavée et changée avant d'y entrer. Les instruments sont tout neufs ou repassés à neuf, trempés d'avance dans la solution, de même que les éponges. Un bassin d'eau pbéniquée, dans