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l'utérus attiré en bas. Le chirurgien incise alors, sur la ligne médiane, la muqueuse vaginale et le tissu cellulaire sousjacent du cul-de-sac postérieur, dans l'étendue d'un pouce et demi, puis le péritoine. Et, tandis qu'un aide presse surl'hypogastre pour refouler les organes abdominaux, l'index est passé dans la fosse de Douglas, saisit l'ovaire, l'attire avec une pince et le résèque avec l'écraseur. On peut enlever l'autre de la même manière, et, le vagin étant nettoyé, il ne s'agit plus que de coucher la femme. Les plaies se cicatrisent facilement.
A moins d'adhérences, l'opération est donc simple et rarement suivie d'héniorrhagie abondante. Mais d'autres complications peuvent survenir du fait de la maladie. Plusieurs opérées ont ainsi succombé après l'opération. (Trcmsact. of theamerican gyn. Society et Gaz. hebdomadaire, n° 48, 1877.)
Battey's opération (opération de Battey ou ovariotomie normale). Tel est titre d'une brochure publiée à Londres par M. Marion Sims, contenant tous les détails statistiques des 28 cas où elle a été pratiquée, dont 5 décès, avec ses indications les plus précises.
PAIV1VUS. Inoculation blennorrhagique . Un éclatant succèsest résulté de cette médication singulière entre les mains de M. Panas, comme l'an passé entre les mains du docteur Gritchett,aveclepus de l'ophthalmie purulente d'un nouveau-né. Tous les moyens ordinaires avaient échoué contre un pannus sarcomateux, y compris la tonsure de la conjonctive. Il a suffi de déposer, à la face interne de chacune des paupières renversées, une gouttelette de pus blennorrhagique pour provoquer, en quarante-huit heures, un écoulement d'une extrême abondance qui a fait cesser rapidement la photophobie, les douleurs, la tension intra-oculaire, fondre les granulations fongueuses de la conjonctive et de la cornée, et amener la guérison. Une modification profonde et trèsfavorable sur la nutrition de l'œil résulte donc de cette inoculation. (Soc. de chir., juin.)
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Evidemment, elle ne doit être employée qu'après l'échec des moyens ordinaires, en raison môme de ses dangers. L'irritation virulente est parfois si intense qu'il faut appliquer des cataplasmes de fécule et des compresses glacées. M. Panas prescrit aussi une inoculation simultanée^ quand les deux yeux sont pris, tandis que, Le plus souvent, elle a été faite successivement, afin d'éviter une réaction trop forte. Avec les exemples déjà connus, l'inoculation purulente et spécifique est ainsi le remède suprême et infaillible des pannus les plus graves.
Dans les cas ordinaires, l'excision du cul-de-sac conjonctival, en haut ou en bas ou des deux côtés, a donné 227 succès à M. Gaiezowski. Une seule excision suffit parfois pour le pannus granuleux. (Idem, juillet.)
PANSEMENTS. La discussion soulevée à l'Académie de médecine par M. Verneuil, en venant proposer un nouveau pansement de la désarticulation de la hanche (voy. ce mot), a montré dans quel état d'anarchie est aujourd'hui cette question capitale de la chirurgie. Aucune règle fixe ni précepte traditionnel ne sont plus respectés ni observés. Des méthodes diamétralement opposées sont mises en pratique •et vantées comme également efficaces contre la septicémie et l'infection purulente. A la réunion immédiate avec double suture , compression et immobilisation pour mieux l'assurer, on oppose la division extrême, les plaies étalées et pansées à plat. Le pansement fermé par occlusion, fixe, avec des monceaux de ouate, est remplacé par le pansement ouvert, à plat, sous cloche et renouvelé, avec tous les intermédiaires. Le pansement mixte, c'est-à-dire ni ouvert ni fermé, est ainsi préconisé par M. Richet, et chaque orateur a vanté de même une modification quelconque. Depuis que M. Lister s'est illustré par le pansement phéniqué, tout chirurgien ambitieux veut avoir le sien, pour participer à sa gloire et sa renommée. Il semble qu'il n'y ait plus qu'à innover pour obtenir du succès. On varie sur la quantité et la nature du liquide, acide pbénique ou alcool, soit pur, soit dénaturé, avec des résultats aussi satisfaisants. Aussi, au milieu de ce tumulte et de cette confusion de revendications, les praticiens ne savent-ils plus à quoi s'en tenir.
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Les pansements ne sont devenus efficaces par eux-mêmes, suivant M. Gosselin, que depuis 1872. Avant, ils étaient indifférents, nuls, ou simplement hygiéniques par les mesures générales employées, comme l'aération des salles, l'isolement des opérés et les précautions prises contre la contagion. Aujourd'hui, au contraire, l'emploi de l'alcool et de l'acide phénique, en coagulant les matières aibuminoïdes du sang, de la sérosité et du pus qui en proviennent, en resserrant les vaisseaux béants et en s'opposant à l'action des germes ambiants, agissent à la fois comme antiphlogistiques occlusifs et antiseptiques, de même que la ouate, le drain, les sutures, la compression et l'insensibilité. De là la diminution de l'érisypèle, de l'infection purulente et de la septicémie après les pansements actuels. (Idem, o février.)
Pansement phéniqué. Son véritable but, d'après la déclaration formelle de Fauteur lui-même, est de favoriser la réunion immédiate des plaies, si difficile à obtenir par les méthodes ordinaires. Il a pour effet, suivant lui, de prévenir la putréfaction du sérum du sang à la surface de la plaie et par conséquent d'empêcher la suppuration de celle-ci et de rendre l'infection purulente impossible.
Il se sert à cet effet d'une solution contenant une partie d'acide phénique et 20 d'eau, pour les lotions, le lavage des mains et des instruments. Pour les pansements, il emploie soit un mélange de un gramme d'acide pour 10 grammes d'huile d'olive, soit la même dose dans -5 grammes de résine, suivant qu'ils doivent rester plus ou moins longtemps en place. Il cautérise les granulations avec l'acide borique, le chlorure de zinc ou l'iodoforme, au lieu du nitrate d'argent. (Soc. de chir., juin.)
Ce n'est pas en tuant les germes que ce pansement réussit, dit M. Le Fort, car il n'est pas conforme à cette doctrine. Une quantité infinitésimale suffit à cet effet, soit une solution au 1,000e, tandis que celles dont se sert Lister sont beaucoup plus concentrées, comme on vient de le voir. Aussi, sous leur influence, voit-on la plaie perdre sa couleur vermeille et prendre une coloration de jambon fumé ; les petits vaisseaux se contractent, et le sang se coagule à la surface. De là une production moindre de lymphe plasti-
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que, très-favorable à la réunion immédiate. C'est donc en lavonsant celle-ci qu'il agit tout simplement
La preuve en est dans les résultats semblables obtenus avec 1 alcool camphré. Sans préjuger de son action sur les germes, M. Le Fort a vu ce liquide produire le même jambonnage sur les plaies, et il en a obtenu les mêmes résultats qu'avec le pansement de Lister, c'est-à-dire des réunions immédiates telles qu'il n'en avait jamais eu de semblables. Et, comme des chirurgiens ont obtenu avec le pansement ouvert des résultats plus satisfaisants qu'avec le pansement fermé (voy. année 1876), il en conclut que la théorie des germes sur les plaies est sans valeur. (Acad. de méd,, février.)
L'infection putride qui se révèle par des accès fébriles quotidiens, la diarrhée, l'amaigrissement, très-rare après les amputations, peut bien être produite par les germes extérieurs; mais l'infection purulente primitive, la septicémie aiguë, mortelle en deux ou trois jours, celle des accouchées, comme celle des amputés, qui se manifeste par un violent frisson, de beaucoup la plus fréquente, n'en sauraient être justiciables. Ces différentes formes de la pyohémie paraissent cliniquement bien plus sous l'influence de l'ébranlement général du système nerveux et du moral que sous celle des germes. Les blessures et les opérations sont ainsi bien plus graves à la fin qu'au début d'une campagne, surtout chez les vaincus. L'origine de l'infection purulente primitive est donc bien plutôt dans l'état général : la constitution, les diathèses, l'alimentation, le milieu, que dans les germes ambiants. D'ailleurs l'organisme vivant fait bien de l'os, des globules sanguins, du sarcome et tant d'autres produits morbides, pourquoi ne ferait-il pas de même spontanément des globules de pus, des leucocytes, sans leur intervention ? M. Lister en explique ainsi la formation pour justifier l'emploi et la mise en scène de son pansement, aussi bien que M. A. Guérin. Quant à dire que l'abondance du pus est plus grande, ainsi que son danger, sous l'influence de ces germes microscopiques, la preuve en est encore à faire.
Si donc cette théorie a inspiré de nouvelles méthodes de pansement bonnes en soi, on ne peut en voir la confirmation par les excellents résultats qu'elles donnent. On trouve
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ainsi les causes de l'érysipèle dans l'emploi de la charpie, des éponges et du diachylon dans les pansements, les courants d'air et surtout la contagion. Comment cette complication régnerait-elle pour ainsi dire à l'état épidémique dans certains hôpitaux, certains services en particulier, ou dans certaines saisons, si elle tenait à l'action des germes microscopiques? C'est donc avec des pansements faits avec soin, de la plus grande propreté, et en maintenant surtout les plaies dans un certain état d'humidité par des compresses imbihées d'une solution alcoolique ou phéniquée et recouvertes de taffetas ciré, en lavant ses instruments et ses mains dans ces solutions, que le chirurgien, évitera ces dangereuses complications. M. Le Fort est arrivé à une mortalité de 16 pour 100 seulement dans les amputations de cuisse. (Idem, mars.)
Tout en observant autant que possible le grand précepte fondamental : Ne jamais laisser la plaie aie contact de l'air extérieur, mais la tenir constamment entourée d'une atmosphère de vapeurs phéniquées, M. Letiévant lui a fait subir des modifications qui le simplifient et le mettent à la portée de tous les praticiens. Les vaporisations phéniquées étant faites pendant l'opération et les pansements avec un pulvérisateur, il se borne ensuite h recouvrir la plaie avec du taffetas ciré fin et de coton, passé dans une lessive de potasse et de soude, desséché et imprégné d'une solution phéniquée à 2,50 d'acide pour 100 d'eau. Une bande également imbibée sert à fixer le tout avec une couche de ouatepar-dessous qui entretient une douce chaleur de la plaie et la protège contre les chocs.
Employé uniformément dans son service de l'Hôtel-Dieu de Lyon, depuis la fin de juillet 1875 jusqu'au 10 août 1877,. dans plus de 2,500 opérations : 1,203 lésions sanglantes, 954 non sanglantes, 181 fractures simples, 21 fractures compliquées et près de 50 amputations, ce pansement a fait disparaître absolument l'infection purulente dans ce service. Aucun cas ne s'en est présenté, alors qu'auparavant elle était fréquente et comme endémique dans cet hôpital, où rien n'a été changé que le pansement.
Sous son influence, les blessures compliquées graves ont guéri plus rapidement. Des 20 fractures compliquées de plaies, dont il donne le tableau, il n'y a eu que 2 décès dans
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les fractures de jambe, dont un par gangrène foudroyante en vingt-quatre heures. Jamais résultat aussi favorable ne s'était observé, bien que l'amputation n'ait pas été pratiquée dans beaucoup de fractures avec ouverture de l'articulation du genou ou suppuration du poignet.
Enfin la réunion immédiate a été obtenue beaucoup plus souvent non-seulement dans les grandes amputations, comme nous l'avons montré l'année dernière, mais dans une foule de plaies moins étendues dont M. Letiévant donne le détail. {Lyon méd., n° 50, 1877.)
Ces résultats de premier ordre sont très-satisfaisants sans doute et doivent engager à employer ce pansement simplifié. Mais l'auteur ne parle que de ses succès et ne dit rien de la proportion de mortalité de ces 2,500 opérations, •ce qui serait un critérium aussi du pansement phéniqué. Volkmann résume ainsi les succès obtenus avec le pansement antiseptique, employé, depuis trois ans, dans plus de 1,000 opérations importantes :
Sur 183 amputations exécutées sur 172 individus, 149 ont guéri de 156 amputations, 23 amputés sont morts, soit 13,37 pour 100.
Sur 119 opérations sur le sein, 6 morts dont deux d'érysipèle.
75 fractures compliquées et 24 plaies pénétrantes des articulations, traitées ainsi, ont toutes été suivies de guérison.
Aucun cas d'infection purulente ni de septicémie n'est survenu parmi ces blessés, et il n'y eut que trois ou quatre érysipèles. Voy. Hydarthroses, Ovariotomie.
Pansement phéniqué sous cloche. Tenant compte des bons effets de la méthode antiseptique et des avantages du pansement à découvert, le professeur Ollier a cherché à réunir les résultats de ces deux méthodes en les fusionnant. Son appareil consiste simplement en un bocal ou manchon en verre, percé de deux trous au fond, dont l'un est destiné à recevoir un thermomètre de 10 à 45° pour avoir la température de l'intérieur, et l'autre po ir placer un robinet destiné à, l'évacuation des liquides )u à la prise des gaz pour les analyser. Voici comment on l'applique :
L'intérieur du bocal étant bien enduit de glycérine phéniquée à 10 pour 100 et son orifice obturé avec du coton
PARACENTÈSE CAPILLAIRE
bien désinfecté qui adhère à la peau en la badigeonnant avec une solution épaisse de gomme arabique, il ne s'agit que d'y passer le membre blessé ou amputé, déjà entouré d'un bandage ouato-silicaté. Un bloc de coton saupoudré de cristaux d'acide pbénique et enveloppé d'une compresse est placé dans le bocal pour supporter le membre, qui ne baigne pas ainsi dans les liquides.
L'atmospbère de l'intérieur de la cloche est ainsi parfaitement pure, exempte de germes, et l'air extérieur ne peut s'y introduire que filtré par la ouate qui entoure le col. La fermentation ne peut donc s'établir ni la putréfaction, et c'est la réalisation d'un milieu parfaitement aseptique pour la plaie, au milieu d'une salle d'hôpital. On aura, par ce moyen, la preuve expérimentale de savoir si les blessés s'empoisonnent, se septicémisent par leur plaie ou par absorption pulmonaire, sinon spontanément. Les expériences sont en cours d'exécution. (Lyon méd., n° l,et Revue mensuelle, janvier.)
Pansement plâtré. En mélangeant une partie de eiment blanc ou anglais à trois parties de plâtre ordinaire, M. Terrillon obtient une dessiccation beaucoup plus prompte qu'avec le plâtre seul. Elle est complète sur la tarlatane en quinze à vingt minutes, sans que l'appareil se ramollisse ensuite au contact de l'eau ou de l'urine. C'est là l'avantage de l'addition du ciment. (Soc. de chir., décembre 1877.)
PARACENTÈSE CAPILLAIRE. L'emploi de petits tubes capillaires à demeure contre l'anasarque des extrémités inférieures pour l'écoulement continu du liquide, en Angleterre, a conduit le docteur Goodhart, de l'hôpital Guy, à vulgariser la paracentèse capillaire comme méthode générale. Il ponctionne ainsi l'ascite, les kystes hydatiques du foie, les épanchements pleurétiques avec une aiguille capillaire dont il fixe la canule à demeure jusqu'à l'épuisement du liquide, c'est-à-dire pendant vingt-quatre heures, en y adaptant un long tube en caoutchouc qui se rend dans un vase. Il conseille d'y recourir toutes les fois que la nature supposée du liquide permet son facile écoulement par cette voie, car il y voit l'avantage de rendre l'opération plus simple et d'éviter les accidents inhérents à une évacuation trop rapide des sé-