‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 5)Chapitre 82 sur 117 · GAR.MER · texte numérisé non relu

GAR.MER

PHTIIISIE

Phlegmon du ligament large. Drainage abdomino-vaginal. Une négresse de 2!J ans ne se rétablissait pas de son dernier accouchement en 1876. Des douleurs continuelles dans le bas-ventre et les lombes la conduisaient depuis d'hôpital en hôpital, lorsqu'elle entra à Beaujon, le 10 août 1877, avec tous les symptômes d'un phlegmon latéro-utérin gauche. La purulence des urines indiqua bientôt qu'il s'était ouvert dans la vessie. Néanmoins le ventre continua d'augmenter, surtout en bas, et la fluctuation devint sensible dans l'excavation pelvienne et au-dessus de la symphyse. Une ponction avec le trocart aspirateur amena l'issue d'une certaine quantité de pus. Une incision de quatre centimètres, à quatre travers de doigt au-dessus du pubis, donna alors issue à un litre de pus crémeux, bien lié, sans fétidité. Des injections chloralées sont faites chaque jour dans le foyer, mais les symptômes généraux persistent, la température s'élève à 41°. Le pus s'écoulant mal, M. Gillette enlève la sonde à demeure, et, introduisant à sa place le grand trocart courbe de Ghassaignac, il le dirige profondément et à gauche, et, sentant son extrémité avec l'index de la main gauche placé au fond du vagin, il n'a qu'à pousser le manche pour faire saillir la pointe dans le vagin. Un drain est passé dans la canule, et le pus et les liquides injectés peuvent alors sortir librement.

Ce drainage abdomino-vaginal est pratiqué le 8 octobre, et, le 10 novembre, toute suppuration avait cessé. Le drain est enlevé, et les règles reparaissent le 15. Un mois après, l'opérée, guérie, quittait l'hôpital pour le Vésinet. (Soc. de chir. février.)

Cette conduite hardie, ayant eu des suites si favorables, mérite d'être prise en considération dans le traitement des foyers purulents du bassin.

PHTHISIE. Hyperthermie locale. C'est là, pour M. Peter, un moyen très-précis de résoudre le redoutable problème du diagnostic de la tuberculose à son début. Il se base sur ce fait que, dès qu'il se développe des tubercules sur un point, la température locale s'y élève. De 35°, 8 à 36" qu'est la température normale moyenne de la cage thoracique dans le deuxième espace intercostal, elle s'élève de deux, trois et jusqu'à huit dixièmes du côté malade. Cette disparité dans

la température locale des deux sommets thoraciques est un des signes les plus probants d'une lésion locale, surtout si elle coïncide avec l'intensité des phénomènes morbides locaux. Elle s'est même élevée jusqu'à 38° dans la forme bronchitique, alors que la température générale était de 38°, 8. Elle s'est élevée à 39°, 6 dans trois cas de tuberculisation à forme caséeuse, alors que la moyenne générale était de 40°,4. Dans l'une et l'autre forme, elle s'élève donc plus localement que dans le reste de l'organisme.

D'où la preuve physique et clinique que le processus tuberculeux fait la fièvre et non pas celle-ci le tubercule, comme on l'a suggéré, et que le tubercule n'est pas un produit de l'inflammation, mais que celle-ci est un résultat possible du tubercule.

Et, comme l'hyperthermie ne peut se concevoir sans une hyperémie concomitante et génératrice du tubercule, le traitement emprunte à cette démonstration physique des indications positives : c'est de modifier l'hyperémie encore localisée au début pour l'empêcher de s'étendre et de rayonner. De là l'utilité de la révulsion par la cautérisation , les vésications, le badigeonnage iodé. (Acad. de méd., 10 septembre.)

Des observations semblables, faites antérieurement par le docteur Vidal sur les phthisiques de l'hôpital d'Hyères, à l'aide d'un thermomètre spécial, dont la cuvette, aplatie et coudée sur le tube ou la tige, permet de l'appliquer sous la clavicule ou les espaces intercostaux sans découvrir les malades, ont donné des résultats analogues. Une augmentation de la température de la peau, correspondant à des noyaux tuberculeux, a été ainsi observée dès que ceux-ci entrent en évolution. Elle s'est élevée jusqu'à 2° au-dessus de celle de l'aisselle, et il est possible de dessiner exactement ainsi le foyer tuberculeux, car la température diminue graduellement à mesure que le thermomètre s'en éloigne, pour redevenir normale à quatre à cinq centimètres de distance. L'accélération du pouls, la fièvre, la sécheresse locale de la peau s'allient toujours à cette hyperthermie locale. On la constate aussi dans l'hémoptysie initiale, active, prodromique sur le foyer congestif, moins forte et élevée que dans la congestion sèche. Elle est donc en rapport avec l'abondance de l'hémorrhagie, ce qui tend à prouver qu'elle est moins pro-

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