REINS
taire dans les 4 autres. Sur 39 cas où Je sexe est indiqué, on compte 26 hommes et 13 femmes; mais, cette absence ne pouvant être constatée que par l'autopsie, cette inégalité peut résulter du plus grand nombre d'autopsies d'hommes.
Les vaisseaux et l'uretère étaient absents, comme le rein, sauf quelques exceptions où l'on trouva des rudiments de l'un ou de l'autre sur leur trajet normal ou à remboucmrre vésicale de l'uretère, mais la capsule surrénale existait le plus souvent, conformément à l'assertion de Forster. Elle était même hypertrophiée dans deux cas et n'a fait défaut que cinq fois.
La coïncidence d'un arrêt de développement des organes génitaux dans 13 cas, 8 fois chez des femmes, 5 fois chez des hommes, est surtout remarquable. Elle était constituée par la diminution des vésicules séminales et des vaisseaux déférents, des testicules et même de leur absence totale chez ceux-ci, de l'ovaire, de l'utérus et du vagin chez celleslà. Parfois l'utérus était complet et le vagin double.. Il y a donc là un rapport étroit utile à étudier, au point de vue de la tératologie et de la physiologie.
Dans tous les cas, le rein existant était très-augmenté de volume et de poids, ainsi que les vaisseaux et l'uretère qui en émanent. Il était parfaitement sain chez 26 sujets dont 1 1 n'avaient pas plus de 30 ans, preuve qu'il supplée l'autre, comme dans tous les cas d'organes symétriques. Mais, chez les 22 autres, il présentait des traces évidentes de néphrite chronique, qui fut la cause même de la mort dans plusieurs cas. La présence de calculs dans les bassinets était aussi fréquente. Us obstruaient complètement l'ouverture de l'uretère dans cinq cas, de manière à déterminer la rétention et une mort rapide. De là le danger de cette absence.
La difformité des organes génitaux chez l'homme comme chez la femme peut donc faire soupçonner cette absence d'un rein, et la coïncidence de la maladie de Bright rend cette probabilité presque certaine. (Virchow Archiv.)
Quant à savoir sur quels éléments porte ce développement de l'organe, si c'est de l'hyperplasie ou de l'hypertrophie qui a lieu dans ce cas, les expériences en rendent compte. Rosenstein a excisé le rein d'un chien en le laissant vivre cent jours, et l'examen histologique lui a montré ensuite que le volume des glomérules n'avait pas augmenté dans l'autre. D'où cette conclusion que le développement
RÉSECTIONS
était dû à l'accroissement des cellules épithéliales et du tissu connectif, mais surtout à l'augmentation du sang, de la lymphe et des constituants urinaires. Mais Perl s'est assuré que l'augmentation était due à l'accroissement des éléments constituants, à une véritable hypertrophie, surtout ceux de la sécrétion urinaire. Gudden, en extirpant un rein à des lapins nouveau-nés, a également constaté ensuite le développement des corps de Malpighi et conclut que l'accroissement de l'organe en dépend surtout.
Les mesures précises, prises comparativement par Beumer sur un rein unique, augmenté de six pouces en longueur, et deux reins normaux, lui ont montré que le volume des glomérules et des tubes était uniforme. Une légère augmentation des corps de Malpighi fut seulement notée, comme dans les expériences de Perl et Gudden, mais sans proportion avec le développement total de l'organe. Une véritable hyperplasie de tous les tissus en est donc la vraie cause. D'autant plus que Perl a démontré qu'à l'état normal le volume des tubes et des glomérules ainsi que tous les autres éléments sont à peu près les mêmes sur les nouveau-nés qu'à l'âge adulte ; les corps de Malpighi seuls sont plus petits. Ce ne sont donc pas les éléments les plus importants à la fonction du rein qui augmentent de volume dans les. conditions physiologiques. Cet accroissement est essentiellement une hyperplasie, comme on devait le penser a priori. {Lancet, n°s 16 et 18.)
RÉSECTIONS. Résection de la hanche. Langenbeck se borne en général à réséquer la partie malade, tandis que d'autres chirurgiens, à l'exemple de Malgaigne et Sayre, résèquent toujours au-dessous du grand trochanter. Wolkmann s'est bien trouvé de procéder ainsi dans 48 cas opérés en trois ans. Il a obtenu ainsi une articulation plus mobile. Hueter se borne à la simple décapitation, comme Lucke, qui ne fait ensuite l'ablation du grand trochanter que si le pus n'a pas un écoulement suffisant. Sur il résections en dix-huit mois, Schede a enlevé le grand trochanter dans 9, tout en croyant la simple décapitation préférable chez les très-jeunes enfants et les sujets débilités, et voici le nouveau procédé qu'il recommande à cet effet pour ménager le délabrement quand le cas le permet.
RÉSECTIONS
Commençant l'incision de la peau à la face antérieure du membre, un peu au-dessous et à un travers de doigt en dedans de l'épine iliaque antéro-supérieure , elle se dirige verticalement en bas. Découvrant alors le bord interne du couturier et du droit interne, il pénètre, par l'interstice musculaire, jusqu'au bord externe du psoas iliaque. Le membre est alors fléchi, tourné et renversé en dehors, et, en écartant les muscles avec des crochets mousses, on aperçoit la capsule articulaire, que l'on peut réséquer, sans aucun délabrement ni hémorrhagie. Ce procédé opératoire n'est donc applicable que si la capsule est intacte.
D'après ces résultats, l'indécision règne encore sur la convenance à réséquer une plus ou moins grande étendue de l'os. (Congrès des chir. allemands, 1877.)
Résection sous-périostée de l'omoplate et de la tête de l'humérus. Un nouveau succès de cette redoutable opération a été obtenu par le docteur Brigham, chirurgien de l'hôpital français de San-Francisco, sur un garçon de 35 ans, Maurice Kahn. Après un violent coup reçu sur l'épaule droite et une attaque de rhumatisme de cette articulation, il se forma un gonflement énorme dans l'aisselle, suivi de l'ouverture de nombreux abcès. Entré à l'hôpital, le 15 octobre 1877, il porte quatorze trajets fistuleux de l'épaule, tous aboutissant à de l'os nécrosé et donnant lieu à une suppuration profuse. Un traitement reconstituant fut ordonné, et, dès le 23 de ce mois, une incision mit facilement à nu la tête de l'humérus, qui fut réséquée à son col avec une scie à chaîne. Mais la cavité glénoïde ayant été reconnue nécrosée, ainsi que l'acromion et toute l'épine du scapulum, il fallut enlever cet os.
Une incision dirigée le long de cette épine, et s'étendant sur l'épaule parallèlement à la précédente, permit alors de disséquer tous les muscles avec le périostome et les doigts. Disséquant de l'épine en bas, le. deltoïde et le spinal furent séparés sans grande difficulté. L'origine du grand dorsal fut atteinte en passant le doigt par une ouverture fistuleuse sur l'angle inférieur. Toute la surface externe de l'os audessous de l'épine étant ainsi libre, il s'agissait de séparer les attaches musculaires de la fosse sus-épineuse. Ce fut le plus difficile. L'apophyse coracoïde étant libre, une bande-
RÉSECTIONS
lette fut passée autour de sa base, comprenant l'acromion, et l'os soulevé en haut et en dehors. La surface interne se sépara lentement ; le muscle sous-scapulaire fut facilement détaché, et l'insertion du grand rond libérée avec le périostome. Le scapulum fut ainsi enlevé sans le périoste ni la moindre hémorrhagie. Les lèvres de la plaie furent réunies, deux drains placés, et de la charpie phéniquée et de la ouate achevèrent le pansement. L'opération avait duré une heure et demie.
La plaie se réunit partiellement par première intention, sans complication notable. Une abondante suppuration, de la diarrbée, de l'œdème, retardèrent la guérison , en raison de l'état général de l'opéré. Elle était complète le 1er janvier, avec une difformité très-peu sensible de l'épaule. Quant aux mouvements du membre, la main droite atteint facilement l'épaule gauche ; le bras se meut en arrière et en avant , et l'opéré peut écrire et manger, jouer aux cartes et même porter de légers poids. C'est donc là un beau succès et qui justifie pleinement le jugement du professeur Syme sur cette opération : qu'elle peut être exécutée sans beaucoup de difficulté ni perte de sang, que la cicatrice peut se faire rapidement , et que le bras peut encore être fort et utile. (Boston med. and surg. journ. n° 15.)
Résection du coude. Lésions nerveuses. Un succès complet, obtenu par J. Wolff sur une fille de 6 ans, atteinte de tumeur, et qui, trois ans après, jouissait d'un mouvement articulaire presque aussi parfait qu'un membre sain par la reproduction de l'olécrâne, lui a fait rechercher pourquoi il n'en est pas toujours ainsi. Les observations de Syme, Czerny, Jagetho et Ollier n'ont montré en effet qu'une hypertrophie des deux tubérosités de l'humérus, enclavant, comme dans une mortaise, les os de l'avant-bras, au lieu de la reproduction de l'olécrâne qui rend les mouvements plus libres et normaux.
Considérant que le résultat n'est ni dans la nature de la lésion , quoique les résections par suite de traumatisme soient moins favorables que les pathologiques , ni dans le procédé opératoire, puisque la conservation du périoste n'est pas absolument nécessaire, l'auteur croit avoir découvert cette cause dans les troubles trophiques produits par les