SANG
des qui deviennent autant d'indications thérapeutiques.
L'examen de la réaction du sang a été ainsi entrepris par le professeur Lépine dans son service clinique de l'Hôtel- Dieu de Lyon. Une teinture de tournesol sensible, dont la teinte violacée sur la limite de l'alcalinité et de l'acidité permet de reconnaître très aisément une trace de base ou d'acide, lui sert à imprégner le papier blanc de Berzélius, qui, séché, devient le réactif. Une solution titrée d'acide oxalique au millième et une autre solution saturée et neutre de sulfate de soude servent à mesurer le degré exact d'acidité ou d'alcalinité.
Il suffît, pour avoir du sang d'un malade, de serrer la phalange d'un doigt avec une lanière de caoutchouc pour faire affluer le sang à l'extrémité. Une piqûre avec la lancette, au niveau de la matrice de l'ongle, donne bientôt un à deux centimètres cubes de sang, que l'on recueille dans un dé évasé de cinq à six centimètres cubes de capacité et contenant préalablement un centimètre cube exact de la solution neutre de sulfate de soude. Il suffit de mesurer le volume du mélange avec une pipette divisée en 20u de centimètre cube, pour avoir le volume total du sang extrait, en en défalquant par la soustraction la solution sodique.
Une goutte de ce sang, portée avec une pointe de verre sur le papier de tournesol préparé et mouillé dans une solution de sel marin, permet de voir les globules réunis au centre d'une auréole qui accuse sa réaction alcaline par une teinte bleue manifeste sur le papier qui tranche sur son fond violacé.
On peut avoir la richesse alcaline de ce sang en l'acidifiant graduellement avec la solution d'acide oxalique. 10 gouttes portées dans le sang avec une pipette et agitées donnent ainsi une réaction alcaline, moins prononcée avec une goutte portée sur le papier, et ainsi de suite jusqu'à réaction acide, ce qui forme une échelle de réaction donnant exactement, par le nombre de mélanges successifs, le degré d'alcalinité du sang. (Revue mensuelle cleméd. etchir., juin.)
Les premiers essais faits dans cette voie sont consignés dans la thèse inaugurale du docteur Canard. (Voy. Rhumatisme.)
Il se confirme que sa richesse n'est pas en proportion du nombre des globules rouges, mais de la richesse de ceux-ci
SARCOMES
eri HêiiiaglcJbihè, sélbd 1'idêé èmiâB par m Hayfeni! MM. Handl et Mathieu ont constaté ainsi, par l'examen hématométriquc du sang de trois jeunes chlorotiques, que, à la suite d'un accès de fièvre Ou d'une perle utérine, les grds globules sont remplacés par des petits, alors que l'excrétion journalière de l'urée , en rapport avec leur richesse eu hémoglobine, continue à aiignu-nlcr. Il suffirait donc, danles maladies à manifestations anémiques et sans lièvre, de suivre la progression de l'ttrSë pour avoir lâ mesure indirecte de la réparation globulaire. {Archiv. de mêd., décembre 1877.)
Les variations suivantes des globules ont été constatées par M. Dupériô par lë procédé de numération Hayem :
La menstruation provoque là formation d'un três-grând nombre de petits globules rouges. Et, tandis que bé§ globules augmentent par le jeûne , le repas en amène la diminution et l'augmentation des blanCs.
Le régime azoté n'exerce pas d'autre influence qu'un régime mixte, tandis que le régime végétal et surtout lacté augmente les globules blancs, comme on pouvait le prévoir. (Thèse inaugurale, Paris.)
Recherches sur l'anatomîe normale et pathologique du sang, par G. Hayem ; un vol. Paris. Réunion de tous les iravaux publiés séparément par l'auteur sur la numération des globules, le dosage de l'hémoglobine, du sang dans les anémies, ses caractères chez le nouveau-nê et la signification des globulins.
SARCOMES. La température de ces tumeurs peut être parfois supérieure à celle des autres parties du corps. Mesurée par le docteur Estlander dans six cas qu'il rapporte, elle fut trouvée supérieure de 0», 8 à 1°, o à celle des parties correspondantes de l'autre côté du corps. 11 s'âgisëàltj dans qualre cas, d'ostéo-sarcomes des membres inférieurs à marche rapide. Malgré l'amputai ion dans deux cas, un seul opéré gUêrlt' et l'enchbndrome prédominait dans la tumeur. Le sarcome développé sur une ancienne brûlure du thorax ayant été extirpé guérit aussi, de même que celui du maxillaire inférieur après résection. C'est donc Irois guérlsons et trois décès rapides, dont deux sans opération.
SARCOMES
Cette augmentation locale de la température ne dépendait pas de l'inflammation de la peau, car elle n'existait dans aucun cas. L'élévation était parfois au-dessus de la température normale du saiig âriêrtëi: Elle serait, suivant l'auteur danois, un signe de la rapidité du processus morbide, comme on l'observe souvent clans ces tumeurs. Ce serait donc un signe de la croissance rapide de ces néoplasmes. (Nordkist medicin. Arkiv, n° 4, 1877.)
Au lieu de la température locale, c'est la fièvre que M. Verneuil a constatée dans deux sarcomes de la cuisse gauche, l'un sur urt homme de 51 ans, l'autre sur une femme de 55. La température irrégulière variait du matin âii soir de 37 à 39 et au-dessus, c'est-à-dire d'un degré et demi environ, sans que rien dans la tumeur en rendit compte. Le sulfate de quinine, administré au début, ne changea rien. Au contraire, la désarticulation coxo-fémorale faite dans le premier cas et l'amputation dans le second amenèrent immédiatement l'abaissement de la température de 36°, 6 à 36°, 4. Elle se releva sans cloute avec la fièvre traumatique, mais sans que les accès rémittents aient reparti.
11 en fut de même clans le cas de sarcome à cellules rondes, développé sur une ancienne brûlure du thorax. La tumeur mesurait 18 centimètres de circonférence et 9 1/2 de hauteur. La température à sa surface s'élevait à 38°, 7, de même que dans l'aisselle, tandis qu'elle n'était que de 37% 1 du côté opposé. Il y avait donc fièvre. Deux jours après l'extirpation, la température redevint normale, et l'opéré guérit.
Le professeur Liicke explique ce mouvement fébrile des sarcomes par les corpuscules blancs, les leucocytes, que ces tumeurs font passer dans ia circulation. Mais M. Verneuil rejette cette hypothèse, car il n'observa pas la moindre fièvre chez une femme atteinte d'une grosse tumeur flbroplastique au mollet et qu'il amputa. Et pourtant le mal s'était généralisé dans la cuisse, dans les ganglions iliaques et les deux poumons, comme l'autopsie le montra.
Il reste donc simplement établi que la fièvre est plus ou moins intense et prolongée, et qu'une température locale élevée peut se développer et durer sous l'inlliienee de néoplasmes simples, sans dégénérescence, locale ni complications générales pouvant expliquer ce phénomène , et que