BRONCHITE FÉTIDE
Injections de chloral. Le docteur Pasqua donne la formule suivante d'une injection qu'il a employée plusieurs fois avec succès dans la blennorrhagie aiguë :
Hydrate de chloral 1 gr. 50
Eau de roses 120
Deux injections par jour lui ont paru suffisantes. Elles produisent d'abord une légère cuisson, une sensation de picotement que remplace rapidement, en deux ou trois minutes, un sentiment d'agréable fraîcbeur.
A partir du troisième ou quatrième jour, les envies d'uriner sont moins fréquentes et moins douloureuses; l'écoulement, tout en diminuant, devient plus clair et limpide. (Bull, de thêr.) Voy. ophthalmie blennorrhagique.
BROMURE D'ÉTHYLE. Voy. anesthésie.
BRONCHITE FÉTIDE. Inhalations médicamenteuses. Pour donner une action plus énergique et persistante aux inhalations d'essence de térébenthine ou d'eau pbéniquée, le docteur Curschmann emploie un nouveau procédé. Un masque de la forme et du volume de celui de Waldenburg porte une ouverture de 6 centimètres de diamètre pourvue d'un treillis en fils métalliques. Au-dessus est adaptée une capsule saillante de 1 centimètre et demi et recouverte d'un grillage semblable. On y place une éponge que l'on imbibera dans la solution médicamenteuse à respirer. Afin que le masque s'adapte mieux sur la face, ses bords sont pourvus d'un tube de caoutchouc. De cette façon, le courant d'air ne peut arriver à la bouche sans avoir traversé l'éponge imbibée des liquides précédents. Il n'y a jamais eu le moindre accident à la suite des inhalations de térébenthine, mais l'acide phénique en solution alcoolique provoque facilement la toux. Dans les cas graves, on le donne concentré et rendu pins fluide par une légère ébullition. Le thymol, sous cette forme, n'exerce pas d'action irritante sur la muqueuse des fosses nasales; il est très utile dans la médecine des enfants. Pour la créosote, on doit surtout faire attention à sa pureté; son emploi est indiqué chez les malades qui ont des
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hémoptysie* ; elle n'excite pas la toux et parait, au con-
avoir une action sédative. lTe masque est appliqué et enlevé ïour et la fétidité de l'expectoration, dans les dilatations bioneh Lues, est rapidement atténuée. En un jour ou trois ua re au plus, lies' crachats ont perdu entièremen eu mauvaise odeur. On peut se dispenser alors de portei le a sauè ^ndant de longs intervalles. Les inhalations desincSes ont, en outre, l'avantage de faire diminuer ou paraître la fièvre en détruisant les produits septiques qu sont accumulés dans les bronches; elles préviennent les ahératLns secondaires de la muqueuse et du parenchyme
P Depufs longtemps, Senator fait ses inhalations avec une petitePboîte à° double fond où se placent de la ouate ou une Longe imbibée de la solution phémquée. Mais Israël n admet cette méthode que dans les bronchites fétides simples car lorsqu'il existe des cavités considérables, produite par les dilatations, l'air n'y circule plus régulièrement et es impossible de réagir par ces inhalalions sur le contenu. 1 n'hésite pas à injecter, avec une seringue à oy* «uo-uille, une solution phéniquée dans ces cavités. Il es -arrive progressivement jusqu'à 40 grammes chez une fille de dixhuit ans, atteinte de sclérose pulmonaire. L expectoration diminua avec la fétidité, mais une affection intercurrente du genou ne permit pas de continuer ce traitement
Il y a nécessité et utilité, selon lui, de drainer et de nettoyer les cavités superficielles du poumon. On pourrait même établir sans inconvénient des adhérences entre les feuillets de la plèvre comme entre ceux du péritoine. Mais, Curschmann n'admet un pareil procédé que pour les cavités sans communication avec l'extérieur. L'introduction du liquide, dit-il, destiné aux lavages dans une extrémité bronchique dilatée, produirait des accès de toux épouvantables. .(Soc. de méd. de Berlin et Wiener mcd. Press.)
BRONCHO-PNEUMONIE. Intermédiaire bâtard ou plutôt forme mixte de deux maladies franches et bien connues, mais dont l'ensemble symptomatique et anatomique est tout différent, bien que l'étiologie soit uniforme. Etudiée d'abord chez l'enfant, elle semblait lui être spéciale, et ce
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n'est que par son observalion consécutive chez l'adulte et le vieillard que l'on en fait un type morbide distinct sous ce nom nouveau. En voici le tableau clinique, d'après le professeur Lasègue.
Dans le type franc, la maladie commence par le coryza, avec fièvre modérée, comme dans la grippe; le malade tousse et expectore quelques cracbats visqueux et filants, caractéristiques d'une bronchite humide au début et qui, dès le troisième jour, se trouve confirmée à l'auscultation par des râles également humides, disséminés à droite et à gauche de la poitrine. En même temps, la langue présente un caractère muqueux, il y a de l'anorexie; mais le malade n'est pas autrement indisposé et se borne à rester chez lui, à garder la chambre. Puis, deux ou trois jours plus tard, la fièvre augmente, les râles sont plus nombreux, l'oppression se montre vive et disproportionnée, avec les signes stéthoscopiques qui sont encore les mêmes qu'au début, la toux est quinteuse, l'expectoration diminue; puis la fièvre augmente encore peu à peu, le malade étouffe davantage.
Ce n'est pas une aggravation de la maladie, mais la modification des phénomènes généraux qui s'accomplit du septième au huitième jour. Sur 100 malades, 99 passent ainsi doucement à la pneumonie précédée dans son évolution par la bronchite. La poitrine étant prise en totalité jusque-là à droite et à gauche, sans aucun foyer spécial, aucun diagnostic n'est possible. La disparité entre les deux côtés ne s'observe qu'à cette époque. Tandis que l'un révèle des signes de pneumonie, l'autre ne présente que des râles. Toute bronchite unilatérale a derrière elle une pneumonie ou parfois une pleurésie; mais, celle-ci précédant beaucoup plus souvent la bronchite qu'elle ne lui succède, il n'y a pas lieu de s'en occuper ici.
L'un des côtés de la poitrine se trouvant ainsi pris, on a la certitude que c'est une broncho-pneumonie, caractérisée par la formation lente, mais continue, d'un foyer, notamment dans la partie postérieure du poumon, où les râles présentent une réelle exagération d'étendue.
Au contraire, ces râles sont très peu nombreux dans le reste de la poitrine, et la bronchite diminue par l'apparition de la pneumonie, comme la diarrhée, par exemple, diminuerait également par celte même affection; en un
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mol, comme tout autre état pathologique des muqueuses. C'est une loi, en effet, des maladies muqueuses de s'éteindre en présence d'une affection inflammatoire.
L'auscultation rencontre le plus généralement le foyer dans la fosse sous-épineuse, occupant une surface de 8 à 10 centimètres au plus, c'est-à-dire dans un milieu reconnaissablé à un petit nombre de signes pathognomoniques. Cesont des râles complexes, une sorte de souffle, qui n'est pas celui de la pneumonie franche, mais mélangée de râles muqueux, qu'il faut savoir décomposer pour y retrouver un véritable souffle pneumonique. En effet, tandis que les râles muqueux semblent provenir d'une certaine distance, lcsouflle, au contraire, paraît plus voisin de l'oreille; il faut donc chercher à reconnaître par l'ouïe la distance à laquelle se passent ces divers bruits, pour distinguer les faits accessoires des faits principaux.
Un autre phénomène des râles, c'est de se mettre de niveau au lieu de se disséminer, de s'étendre paiiout; ilsprésentent une certaine analogie avec ce qui se passe dans la caverne d'un tuberculeux, où l'on entend du gargouillement à bulles inégales qui ne s'accumulent pas dans les mêmes proportions. Ce sont des bruits déformés et inégaux qui simulent du gargouillement.
A l'inégalité de ces râles humides se joint une expectoration plus visqueuse qu'au début, expectoration présentant à la fois les caractères de la bronchite et de la pneumonie, un peu semblable à celle du caractère chronique. Parfois elle est sanguinolente; d'autres fois il semble qu'elle franchisse les deux premières périodes de la pneumonie, pour se montrer d'emblée avec les caractères de la troisième période.
Le foyer principal se déplace souvent, tout en ayant un centre, un point lobulaire fixe, autour duquel d'autres foyers évolueraient; par suite, on constate le déplacement du souille en rapport avec le déplacement du foyer.
Ces accidents durent généralement de quinze jours à trois semaines, et la maladie se termine soit par la guérison, soit par la mort, soit enfin en se transformant en une autre affection.
Lorsque la broncho-pneumonie doit se terminer par la guérison, il se fait une nouvelle poussée de bronchite,
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comme si celle-ci avait été momentanément enrayée par la pneumonie; mais cette bronchite est plus sèche que la première, la fièvre a diminué considérablement, et la maladie est terminée, en ce sens que la pneumonie est vaincue, que tout souffle a disparu. Encore quelques jours, et les râles reparas seront l'humiliation de la pneumonie, tandis que le souffle était son triomphe.
Mais tous les cas ne se terminent pas aussi heureusement; le foyer signalé persiste après la disparition de la pneumonie pendant plusieurs mois avec les bruits qui le caractérisent, et la maladie se transforme en une affection tuberculeuse.
C'est là une seconde forme de la broncho-pneumonie. Le malade n'est pas atteint subitement ici d'une bronchite aiguë, mais depuis longtemps il tousse fréquemment; il eut autrefois une bronchite sèche, plus tard une autre bronchite, cette fois humide, et à marche chronique. Depuis lors il a son rhume, comme il l'appelle, son catarrhe; et, lorsqu'enfin la maladie se déclare cette fois, il se plaint seulement de s'être refroidi, sans en savoir l'origine. On aperçoit alors les crachats un peu visqueux de la pneumonie. Celle-ci peut rester pour ainsi dire latente pendant plusieurs jours et guérir sans présenter d'autres phénomènes que ceux de la bronchite ordinaire.
Chez d'autres malades, la pneumonie est torpide et apparaît à diverses époques de leur existence ; il en est qui ont eu jusqu'à vingt, trente et même quarante atteintes pendant leur vie, voire même quelquefois deux dans le cours d'une seule et même année, jusqu'au moment oU, la pneumonie prenant le dessus, le malade succombe.
On voit par là combien le pronostic, en pareils cas, est difficile.
Il existe encore une autre forme de broncho-pneumonie, mais plus exceptionnelle. Un individu a pris une broncuite aiguë humide, il s'en inquiète tout d'abord, i .observe quelques précautions d'hygiène et reste chez lui: bientôt u expectore et considère que sa poitrine se débarrasse. Ainsi, en contemplation de ses crachats, il croit sa guenson prochaine, lorsque tout à coup il s'aperçoit que ceux-ci contiennent du sang, il s'inquiète, se croit perdu et tombe aans une sorte de collapsus moral; ce qui est un peu justilie,
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car nul ne crache du sang avec plaisir, ne s'agirait-il même que de quelques gouttes. Puis les crachats continuent à être sanguinolents, et vous trouvez votre malade dans les conditions d'une pseudo-broncho-pneumonie.
Dès le premier jour, on ne trouve rien à l'auscultation, il est bien difficile de diagnostiquer un foyer hémorrhagique, et, si porté que l'on soit à soupçonner une pneumonie, on ne saurait l'affirmer. Il faut interroger l'état fébrile, et ce n'est guère que trois ou quatre jours plus tard que la broncho-pneumonie se dessine par un foyer beaucoup plus restreint que dans la première forme, avec des râles plus âpres également, plus secs, moins glaireux, accompagnés d'un souffle plus intense. Celte forme de la broncho -pneumonie détermine facilement et directement la mort au bout de quinze ou vingt jours, sans qu'il soit survenu aucune complication et sans aucun état diathésique appréciable. La transformation tuberculeuse peut seulement se déduire de la persistance de la fièvre, aloi's que tous les autres symptômes ont diminué notablement, et que le malade est en apparence entré dans une convalescence qui se prolonge indéfiniment. C'est la phthisie qui couve. Par contre, si les sj'mptômes généraux et locaux cessent peu à peu et que la fièvre tombe complètement, il n'y a aucune crainte à avoir d'une transformation tuberculeuse de la broncho-pneumonie. (Revue méd.)
Des différentes formes de la broncho-pneumonie. Thèse présentée au concours pour l'agrégation, par A. Joffroy, médecin des hôpitaux, etc. 1 vol. in-8°, avec 13 figures dans le texte. Paris. C'est ici une étude anatomo-pathologique surtout, faite sur le cadavre et complétant le tableau clinique précédent, fait au lit du malade. Ces lésions sont essentiellement variées, changeantes. L'inflammation des bronebes, les dilatations bronchiques, les granulations purulentes en grains jaunes, les vacuoles pulmonaires, les noyaux bronchopneumoniques, les abcès péri-bronchiques, l'atélectasie, la splénisation, la congestion, les hémorrbagies parenchymaleuses et sous-pleurales, les altérations pleurales consécutives aux noyaux superficiels, les lésions inflammatoires des canaux et des ganglions lymphatiques, tout se retrouve ici, même l'emphysème, et est décrit.