C.ARNIER. Tvr
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parsemés d'excroissances molles. Un mois après, la femme se déclarait tout à fait bien, et l'examen, pratiqué quatre mois ensuite, montra le col rude et irrégulier, de dimensions presque normales, sans aucune trace d'infiltration cancéreuse. Les règles étaient régulières, peu abondantes et sans douleur; leucorrbée légère dans l'intervalle.
HI. Cbez une femme de cinquante-deux ans, l'utérus entier était envabi par une masse si considérable que le vagin en était rempli sans être intéressé. L'extrémité du museau avait une épaisseur de 3/4 de pouce, formant n anneau de deux pouces et demi de diamètre. Un tissu épitbélial de nouvelle formation, provenant principalement de la paroi antérieure de l'utérus et saillant de deux pouces et demi dans le vagin, se voyait distinctement. Hémorrbagies répétées, douleurs locales, cachexie cancéreuse très prononcée.
Un centigramme de cuivre ammoniacal fut ajouté, dans ce cas, aux pilules de térébenthine, ainsi que des injections de percblorure de fer. L'écoulement, blanc, sale et filant, se montra néanmoins, comme dans les deux autres faits, avec cessation de l'bémorrbagie et des douleurs. Dès le quatorzième jour, l'excroissance était notablement diminuée: la sixième semaine, elle était rétractée au niveau du col et ne consistait plus qu'en une masse vasculaire, saignant un peu à l'examen.
La malade n'ayant fait que des lotions de perchlorure de fer, une seringue lui fut donnée pour [pratiquer des injections. La tumeur, diminuée, ne saigna plus dès lors au toucher, et sa surface, présentant la sensation et l'apparence d'une masse gangréneuse, avait un peu de fétidité. Des douleurs d'estomac se manifestant, sans diarrhée ni vomissements, on supprima le cuivre, et les pilules furent remplacées par l'émulsion suivante :
% Solution de térébenthine de Chio (préparée par la dissolution do 30 grammes de térébenthine dans 60 grammes d'éther sulfurique pur)
Solution de gomme adraganle
Sirop
Fleurs de soufre
Eau
Mêlez.
15 gr.
Prendre 30 grammes de cette potion trois fois par jour.
CANCER 1 ' 1
Treize semaines après celte -médication, le museau de tanche était réduit au diamètre d'un pouce environ et donnait la sensation d'un anneau cartilagineux d'un quart de pouce d'épaisseur. La tumeur, presque disparue, permettait l'introduction de l'index à plus d'un pouce de profondeur. Amélioration de la santé générale, se manifestant par la gaieté, l'embonpoint et l'absence de douleurs locales. On cesse le traitement; repris ensuite, son action ne laisse plus percevoir, dans la dix-neuvième semaine, qu'un peu d'hypertrophie de la lèvre postérieure, normale au toucher.
IV. Une femme de trente-deux ans, renvoyée comme incurable de l'hôpital des femmes, se plaint d'une hémorrhagie continue, avec de violentes douleurs depuis cinq mois. Constipation opiniâtre résultant probablement de l'usage des opiacés. L'examen montre un cancer épitbélial du col, ayant le volume d'un œuf d'oie, qui repousse le museau contre le pubis. Vagin intact.
La potion précédente est donnée d'emblée, et la tumeur diminue si rapidement qu'elle est presque entièrement disparue dès le seizième jour. Le col est revenu à sa place et admet facilement l'index. Les lotions au perchlorure ont arrêté l'écoulement du sang.
Des douleurs font suspendre la médication spécifique. On y substitue 32 centigrammes d'iodure de calcium, trois fois par jour. Les douleurs persistant, la malade fut admise à l'hôpital, et l'on trouva un gonflement du col avec adhérences au vagin. On reprit l'usage de la térébenthine de Chio avec une lotion locale de 40 centigrammes d'acide arsénieux dans une pinte d'eau. Une amélioration rapide s'ensuivit, avec cessation des douleurs et mobilité du col. La malade se trouve guérie. (Lancet, 27 mars, et Tribune mèd., 1er mai.)
Sans tenir compte des réflexions de l'auteur, oh peut juger par ces faits qu'ils n'ont rien de concluant, car la nature histologique du cancer n'est pas plus démontrée que sa guérison définitive, aucune malade n'ayant été suivie un temps suffisant. Les dates mêmes manquent, et cette action locale de la térébenthine de Chio ne peut s'expliquer que par un clfet spécifique sur les éléments mêmes du cancer. Les faits ultérieurs pouvaient seuls en déposer. Us n'ont pas
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manqué de se produire, au grand retentissement de ces guérisons presque miraculeuses.
Loin d'être tous affirmatifs, ils sont contradictoires pour la plupart, et ceux-ci émanent surtout d'observateurs célèbres et bien connus.
En voici le résumé par ordre de date.
Deux applications en ont été faites par le docteur Hardwicke. Une de ses malades était atteinte d'un cancer de la matrice et avait été opérée par le docteur Meadows, au mois de décembre. On commença le traitement par la térébentbine de Cbio le 1b mai. Le 1er juin, la douleur avait complètement disparu.
L'autre était une femme ayant un squirrbe du sein droit très dur, deux fois plus volumineux que le sein gaucbe et très douloureux. Le mamelon était rétracté, les ganglions pris., et la malade avait la teinte cacbectique d'une cancéreuse. Quelques jours après le commencement du traitement, elle avait déjà bonne mine, le sein était moitié moins gros, beaucoup moins dur, et on ne sentait plus l'hypertropbie des ganglions axillaires. (Lancet, 26 juin.)
Le docteur Drury, de Birmingbam, rapporte l'observation d'une dame de quarante-sept ans, qui le consulta pour une maladie cancéreuse delà matrice. Un médecin spécialiste renommé l'ayant vue, confirma le premier diagnostic et son avis fut qu'il n'y avait qu'à soulager la malade par l'administration de la morpbine.
M. Clay, consulté, prescrivit son traitement ordinaire. L'administration du remède fut commencée aussitôt, et une amélioration notable se produisit sous l'intluence de la vraie térébenthine de Cbio; la tumeur, en voie de résolution, n'était pas encore guérie. (Idem, 3 juillet.)
Une malade du docteur Kenyon avait une masse cancéreuse dure infiltrant toute la substance utérine, mais plus particulièrement la paroi postérieure. Crises de douleurs. Appétit presque nul, l'estomac rejetant tous les aliments. Cacbexie cancéreuse très marquée; fréquentes et sérieuses hémorrbagies. . .
Elle commença le traitement le 29 mars, et, le 26 juin, M. Kenyon écrivait à la Lancd. « Au toucher, on sent toujours une tumeur, mais elle est moins considérable et beaucoup plus molle ; il y a maintenant peu ou pas d'bémorrha-
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gie, la douleur est beaucoup moins vive, l'appétit est excellent, la couleur cancéreuse de la peau et du teint a disparu. La malade dit qu'elle se sent beaucoup mieux à tous égards et vaque à ses occupations ordinaires. {Idem, 10 juillet.)
Sous 1'iniluence de ce traitement, le docteur Gill a vu disparaître les douleurs lancinantes d'un vaste cancer ulcéré du sein et diminuer l'écoulement ichoreux. La plaie se détergeait au centre et se cicatrisait au pourtour. Le gonflement et la douleur des ganglions axillaires avaient cessé, avec amélioration de l'état général et retour du sommeil. Trois mois avaient suffi pour obtenir cette amélioration, conjointement avec les pansements de la liqueur de Condy et parfois la teinture d'opium. (Idem, 24 juillet.)
Le contrôle de ces résultats merveilleux ayant été fait, selon la formule de M. Clay lui-même, par le docteur Hickinbotbam, à Fbôpital des femmes de Birmingham, sur huit femmes atteintes de cancer utérin, aucune n'en a éprouvé ni présenté les effets annoncés. Les progrès du cancer n'ont pas été arrêtés ni modifiés dans aucun cas, et ce traitement est resté sans action. L'épreuve semble donc décisive pour montrer que ce n'est encore là qu'une illusion professionnelle pour n'y pas avoir regardé d'assez près. (Idem, n° 2o, juin.)
Le docteur Macleod, ayant expérimenté de même la térébenthine de Chio contre deux cancers de l'utérus, n'en a pas obtenu le plus léger avantage.
A l'hôpital des femmes, M. Lawson Tait a employé, dans plus de vingt cas do cancer de l'utérus, du rectum et du sein, la térébenthine soumise au professeur Clay et reconnue par lui comme authentique. Après plusieurs semaines, il n'en a observé ni amélioration ni soulagement; au contraire, les progrès du mal n'en ont été ni arrêtés ni suspendus.
Une femme mariée, âgée de quarante-huitans, futadmise à. l'hôpital du Collège de l'Université, le 28 avril, dans le service du docteur Graily Hewïtt. L'examen montra un vaste cancer du col, saignant au loucher, et dont le diamètre était celui d'un verre à boire. Elle fut soumise à l'usage de la térébenthine de Chio, sous forme d'émulsion et de pilules, jusqu'au 21 juin, sans aucun résultat. L'écoulement était très abondant, mais le mal suivit sa marche fatale, ainsi que la cachexie; le poids du corps diminuait chaque jour, sans que
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le prétendu remède exerçât aucune action efficace. [Idem,
I L'unmimitô est donc loin d'être établie à ce sujet, et le caractère d'un spécifique est cependant de produire le même effet La térébenthine de Cbio n'est donc pas un spécifique.
II est vrai que la fraude a pu s'introduire avec les autres espèces La citriodore ou térébenthine de Strasbourg parait surtout avoir été l'objet de cette confusion. Ce fait est d autant plus probable que l'espèce véritable est très rare et se vend à un prix élevé. .
La térébenthine de Chio et dite de Chypre provient d un arbre de 30 à 33 pieds d'élévation, qui croît dans cette île. Elle s'obtient du tronc, en en coupant les plus grosses branches. Chaque arbre n'en donne pas plus de 8 à 10 ounces. De là son prix élevé de deux à trois shillings la livre. D un gris jaunâtre, elle a la consistance du miel. Son odeur est agréable et ressemble à un mélange de citron et de jasmin. La saveur en est très douce, mais elle perd de ses qualités en vieillissant et est souvent falsifiée et contrefaite avec la térébenthine des autres conifères. (Lance* avril, n 14,}
Le consul français à Chio, M. Spadavo, dit que cette térébenthine n'a pas été recueillie dans l'île depuis plusieurs années et que les quantités importées en Angleterre dan. ces derniers mois, doivent être de simples falsifications. L île ne compte pas plus d'un millier d'arbres à térébenthine dont un certain nombre, très vieux, ont huit à neuf ce, . ans d'existence. Leur circonférence varie de dix à douze Chacun de ces arbres, bien entretenu, peut donne, 2 à 3 kilogrammes de térébenthine chaque année, bile se récolte en avril par des incisions du tronc.
Les habitants ont été fort surpris, cette aanee, de .rece voir un grand nombre de demandes de ;1 Angleteire au prix de 6b shillings les 1600 grammes. L'île n'en ayant pa produit plus de 7 à 800 kilogrammes cette année toute? les demandes n'ont pu être satisfaites. Le bon maiche de cette substance ne la fait pas recueil hr avec som tombe sur la terre et est envoyée ains,, n ayant aucun moyen de la clarifier. La récolte cesse dès que le fruit commence à se nouer. Il est recueilli avec plus de soins que la résine , on le soumet à la pression comme les olives, et i donna une huile magnifique, très appréciée par les habitant.
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souvent employée au lieu de beurre. Il est récolté vers le milieu d'août. (Idem, 2 octobre.)
Six malades, atteintes de cancer de l'utérus, dans le service du professeur Bail, à l'hôpital Laennec, ont été soumises au traitement du docteur Clay, en prenant chaque jour huit pilules contenant 15 centigrammes de térébenthine et 0,10 de soufre. Après dix jours de traitement chez la première, âgée de trente-sept ans, l'état local était fort peu modifié, quoique les douleurs hypogastriques et lombaires fussent devenues supportables. Ecoulement vaginal peu abondant; état général très amélioré, sous l'influence d'un meilleur appétit. ° Femme de cinquante et un ans, malade depuis trois ans. Après une semaine de l'usage des pilules, elle affirme qu'elle souffre moins; mais, après un mois de traitement, l'état local était le même, et une métrorrhagie a même eu lieu ensuite.
Dans un troisième cas, la femme se plaignait surtout de douleurs, et une tumeur grosse comme une noix, inégale, rouge, bourgeonnante et saignant au moindre contact, faisait saillie dans le col. Les douleurs ont disparu, mais il n'est pas signalé d'amélioration dans l'état local après trois semaines de traitement.
Femme de quarante ans; col utérin en partie détruit, laissant le doigt pénétrer dans l'utérus. Un mois après, la lésion avait progressé et les douleurs étaient les mêmes.
Femme de cinquante-cinq ans, atteinte d'un cancer du corps de l'utérus, le col étant relativement peu atteint. Ecoulement fétide très abondant et toujours teinté de sang. Après un mois de traitement, bien que les pilules fussent parfaitement tolérées, il ne s'était pas manifesté la inoindre amélioration locale.
Femme de quarante ans. Cancer du col, avec végétations fongueuses saignantes remplissant le vagin, dont les parois sont, intéressées. Cachexie prononcée et œdème des jambes. L'usage des pilules est tenté pendant une semaine sans résultat. Vomissements répétés, et, la solution de térébentbine n'étant pas mieux supportée, ce cas reste comme non avenu. (Tribune méd., p. 388.)
Le contrôle de ce traitement, fait dans les hôpitaux, montre évidemment qu'à Paris, comme à Londres, l'insuccès est la règle dans tous les cas de cancer bien cons-
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taté et qu'au lieu de ces améliorations rapides, de ces prétendues guêrisons merveilleuses, le mal suit sa marche invariable, aussi bien sous l'influence de la térébenthine de Chio que sous celle des anti-cancéreux prônés avant elle.
Cautérisation au chlorure de zinc. D'après les bons effets obtenus par M. A. Guérin avec cette médication, le docteur Lejeune en précise ainsi les règles, dans sa thèse inaugurale (Paris, 1879) :
Lorsqu'on a bien mis le col dans le champ du spéculum, on introduit, dans la cavité du col, un petit cône de pâte de Canquoin, de longueur suffisante pour remonter jusqu'à l'orifice cervical, si l'on craint que la propagation du mal se soit faite plus ou moins profondément par l'intermédiaire de la muqueuse. Puis on applique bien exactement une rondelle sur le museau de tanche, et, tandis qu'elle est maintenue en place au moyen d'une longue pince, on fait glisser, dans le cul-de-sac postérieur du vagin, un tampon de charpie destiné à protéger la muqueuse si le caustique venait à se déplacer. On remplit ensuite la cavité vaginale d'un autre tampon de ouate ou de charpie suffisamment volumineux pour maintenir immobile et en place la pâte de Canquoin. La malade doit être reportée dans son lit. Cette précaution est indispensable, pour éviter les mouvements de la marche qui- peuvent déplacer le caustique. Le séjour au lit doit être prolongé jusqu'à l'enlèvement du caustique et même quelques jours après.
Le cancer limité au col de l'utérus sera avantageusement traité par la cautérisation à la pâte de chlorure de zinc. Elle donne une destruction aussi complète du mal que l'amputation du col et est à l'abri des accidents qui peuvent accompagner cette opération.
Les flèches peuvent être enfoncées profondément dans la cavité du col et atteindre des parties qu'il serait dangereux d'attaquer par un autre moyen.
Quand le mal est trop étendu, cette cautérisation peut encore trouver son emploi utile pour réprimer les fongosités cancéreuses et combattre les hémorrhagies.
Ce traitement est facilement supporté par les malades, et d'une application à la portée de tous les praticiens.
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Cancer du sein. Grossissement douloureux de Vhumèrus. Ce nouveau signe est indiqué par le docteur Snow, chirurgien de l'hôpital des cancéreux de Brompton. 11 règne ordinairement dans le tiers supérieur de l'humérus correspondant et est très douloureux à la pression; la douleur s'étend môme plus bas. La clavicule participe, dans quelques cas raines, à ce grossissement. Les mouvements du membre n'en sont nullement gênés, et c'est pourquoi les malades ne l'accusent pas avant l'examen; il est seulement découvert par la pression digitale et la comparaison avec l'humérus opposé. Ce grossissement de l'os apparaît ordinairement longtemps avant l'œdème du bras, qui le masque plus tard. La douleur, dans certains cas, est plus appréciable que l'épaississement ; ce n'est pas de l'hypertrophie, mais plutôt une forme de périostite.
L'implication du système osseux dans les périodes ultimes du cancer rend ce signe très important au début. Sans avoir eu l'occasion de l'examiner au microscope, l'auteur suppose qu'il est produit par le dépôt des germes du cancer dans la moelle de l'os. (Lancet, 12 juin.)
Traumatisme. Sur 58 cas dont il relate les observations personnelles, le professeur Estlander en a trouvé 25 à droite et 33 à gauche, sur 40 femmes mariées et 18 filles, dont l'âge variait de vingt-cinq à soixante et onze ans, soit en moyenne quarante-sept. C'est en effet de quarante à cinquante ans que se rencontrent le plus grand nombre : 26. Ces résultats, obtenus en Finlande, diffèrent donc assez notablement de ceux recueillis à Vienne par Viniwarter, qui, sur 170 cas, en trouvait 88 à droite et 81 à gauche et à une. moyenne d'âge plus précoce ; ce qui tend à prouver que la menstruation, c'est-à-dire la vie sexuelle de la femme, a une importance réelle sur le développement de cette maladie. Ce n'est guère d'après l'état-civil des femmes, célibataires ou mariées, qu'il faut chercher un rapport sympathique ou physiologique entre l'utérus et la mamelle, à moins de prendre la maternité pour base, ce qui n'a pas encore été fait. L'auteur ne paraît même pas attacher d'importance à cette cause en constatant une certaine proportionnalité entre le nombre de filles au-dessus de quinze ans en Finlande avec les célibataires atteintes et celui des femmes mariées ou
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veuves. Mais le contraire, constaté par Viniwarter, ne donnant que 16 Biles sur 170 cas, et coïncidant avec une précocité sensible de la vie sexuelle de la femme, tend manifestement à fixer l'attention à cet égard. De là une opinion diamétralement opposée sur l'étiologie du cancer du sein celui-ci s'en prenant aux grossesses et aux allaitements pour le provoquer, tandis que celui-là repousse, combat cette interprétation en faveur du traumatisme pur.
Le siège d'élection à la partie supéro-externe du sein dans les deux statistiques, c'est-à-dire au point où les ebocs et les froissements sont le plus fréquents, est d'abord invoqué. Sur 14 malades dont l'histoire a été exactement enregistrée à cet égard, la tumeur se développe 12 fois à la partie supéro-externe, chez une au-dessous du mamelon, et chez l'autre au-dessous et en dedans. Le cancer débute rarement à la moitié inférieure, parce qu'elle est inaccessible et protégée par l'abaissement même du sein à l'âge où il se développe ordinairement.
S'il est difficile d'accorder une créance entière à tous les racontars que font les femmes à ce sujet, il en est au moins où l'action directe et prolongée du traumatisme est indubitable sur la production du cancer. Des 15 cas où le traumatisme est accusé par ses malades, soit le quart, Estlander signale le cas d'une brodeuse en or dont la pression du châssis sur l'endroit même où s'est développé le noyau cancéreux en rendait l'action évidente. On l'extirpe, et une récidive sur place a lieu quatre ans après. On l'enlève de nouveau, et la guérison a lieu. On ne dit pas si c'est par la cessation du métier coupable, ce qui serait bien plus concluant.
Une célibataire de quarante-quatre ans est occupée, pendant neuf ans, dans une ferme à soulever de pesantes jarres métalliques, pleines de lait, pour les placer sur des rayons, en les appuyant contre la partie supérieure du sein gauche.* Deux ans après qu'elle a cessé ce travail, un noyau squirrheux se développe au point même de la pression. On 1 enlève, et, quatre ans après, aucune récidive n'était apparue.j
{Obs. 42.) , 1
Une tisseuse, dont le sein supportait la pression de son
métier, attribuait aussi sa tumeur à cette cause. (06s. 45.) j Celle de l'observation 47 portait depuis longtemps un
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corset mal conditionné, et un noyau se développa au point comprimé du sein. Une autre attribuait son cancer à la pression du sein éprouvée en écrivant. (Obs. 48.)
L'action accidentelle d'un traumatisme manifeste est bien plus évidente dans les observations 24 et 37. Une fille de quarante-quatre ans se contusionne violemment le sein gauebe au coin d'un buffet en 1867. Une ecebymose en résulte, et, seize mois plus tard, un noyau apparaît à la même place, qui la conduit au tombeau en trois ans et demi. Sa sœur de cinquante-et-un ans est renversée d'un tr&îneau sur le sein droit peu de temps après. Une tumeur en résulte rapidement, qui est enlevée aussitôt, en montrant les caractères du squirrbe. La prédisposition héréditaire ne rend donc que plus évidente l'action déterminante du traumatisme.
Des indurations développées après des coups et ayant donné lieu ensuite à des cancers sont encore invoquées dans trois cas pour montrer l'action du traumatisme. Mais dans tous ces exemples, on pourrait aussi invoquer simultanément l'influence de la prédisposition, de l'âge, sinon de la ménopause. Malgré la précision de ces faits, ils ne sont guère plus concluants en faveur d'une cause exclusive que de l'autre, et il est bien plus probable que toutes y concourent à la fois : d'où la difficulté de les distinguer. Tout ce qu'il est possible d'affirmer, c'est que la grossesse ni l'accouebement n'y ont pas contribué.
La gravité du squirrbe en cuirasse ou atropbique ressort beaucoup plus clairement de cette statistique clinique. Sur 7 cas du premier, cbez des femmes de trente-six à cinquante ans, la durée moyenne du mal a été de huit mois seulement. Cinq à six ont même suffi à ravager l'organisme, et la mort est arrivée au plus tard en un an. La rapidité de la généralisation se manifeste par l'engorgement des ganglions de l'aisselle, au moyen des lymphatiques superficiels et périphériques. C'est là comme un cancer aigu, dont il revêt tous les caractères extérieurs. D'où la contre-indication d'opérer, aussi bien que dans le squirrbe atrophique. Ce sont là de véritables noli me tangere, comme des observations en offrent la preuve.
Quant à l'efficacité de l'opération, en dehors de ces éliminations, des 45 opérées, 8 seulement n'avaient pas présenté
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de récidive trois ans après. Billroth n'avait eu qu'un succès sur 38 opérées à Zurich et 8 sur 170 à Vienne. D'où la conclusion qu'un cinquième seulement des opérées guérissent, un autre meurt de l'opération et les trois autres cinquièmes ont des récidives. (Revue mens, août et octobre.) Voy. Sarcomes.
Cancer de l'estomac. Un excellent moyen de le diagnostiquer en l'absence de toute tumeur appréciable consiste, selon le docteur Leven, à reconnaître la manière dont les aliments sont tolérés par l'estomac. 11 ne donne ainsi qu'une seule fois par jour des aliments solides à ses malades; le reste de l'alimentation est liquide.
Une femme de soixante-deux ans, profondément cachectique, vomissant ses aliments et présentant les autres symptômes d'un cancer, moins la tumeur, fut soumise à ce régime. Huit jours après, les vomissements s'arrêtèrent et le diagnostic négatif fut éclairé.
Un chartreux de vingt-cinq ans était en proie, depuis deux mois, à des vomissements continuels, avec une énorme dilatation de l'estomac. Soumis aux injections de pilocarpine, cet ecclésiastique fut guéri de ses vomissements en quinze jours. Revenus ensuite, ils disparurent de même avec des courants continus. A l'aide d'une sonde œsophagienne, M. Leven introduisit dans l'estomac une petite boule terminant l'un des fils conducteurs et appliqua l'autre pôle sur la colonne vertébrale. De là la négation du prétendu cancer. (Soc. de biol.)
Cancer du larynx. Trachéotomie. Elle n'est pas seulement indiquée quand la suffocation, l'asphyxie en font une nécessité pressante; pour donner tous les résultats que l'on peut en attendre, elle devrait être pratiquée dès que le diagnostic est établi. Suivant M. Krishaber, en ouvrant une voie artificielle à l'air, il est acquis que, par le repos complet de l'organe malade en résultant, surtout si les ganglions cervicaux ne sont pas encore pris, une amélioration sensible se produit toujours pendant un temps variable, pouvant se prolonger un à deux ans et parfois davantage, en ajournant indéfiniment les accidents ultimes.
L'insuccès de l'expectation ne permet pas d'hésiter, surtout avec les perfectionnements apportés au manuel opé-
CASTRATION
ratoirc par l'emploi du Ikermo-cautère, permettant d'ouvrir la trachée par des incisions ponctuées sans répandre une goutte de sang, le bistouri ne servant qu'a en diviser les anneaux. Toute complicalion d'érysipèle, d'hémorrhagie, de pyokémie est alors évitée.
La laryngotomie inter-crico-thyroïdienne ainsi pratiquée (Voy. année 1868) prévient tout accident. Une canule pleine, sans perforation dans la courbure et plus ou moins longue suivant le siège et l'étendue du mal — afin qu'aucun bourgeon ou fragment de la tumeur ne puisse s'engager dans son ouverture — et sa fixation solide et à demeure, en sont les conditions indispensables. L'opéré in extremis de Trousseau en 1839, qui semblait mort avant le premier coup de bistouri, revint rapidement à une santé supportable pendant cinq mois, et l'inanition seule le fit périr neuf mois après la trachéotomie.
Un homme atteint d'un cancer épithélial oblitérant la cavité du larynx survécut dix-huit mois à la trachéotomie, qui, faite au début des accidents de dysphonie, eût été encore plus efficace. Elle est ainsi praticable tant que les ganglions du cou ne sont pas encore pris et qu'il n'y a pas d'apparence cachectique. Encore dans ce cas est-il permis de la tenter, surtout s'il est possible d'enlever partiellement la tumeur par les voies naturelles. Un crieur public, âgé de cinquantedeux ans, put être opéré à deux reprises et survécut plus de deux ans à la première trachéotomie. (Ann. des maladies de l'oreille et du larynx, novembre 1879.)
CASTRATION. Ectopie testicnlaire. De nouvelles indications de cette redoutable opération se révèlent chez les deux sexes : l'ovariotomie et l'hystérectomie chez la femme, qui en stérilisent dès aujourd'hui un grand nombre (Voy. Hystéiue), et l'ectopie inguinale des testicules chez l'homme. Les chirurgiens ont souvent reculé devant la castration, dans ce dernier cas, par crainte des accidents péritonéaux. Le docteur Zimanowski, ayant été opéré avec succès d'un sarcocèle en ectopie inguinale, sans aucune complication particulière, fit quelques recherches à ce sujet pour montrer que les accidents ne sont pas plus à craindre dans ce cas que dans les conditions ordinaires. En se prévalant de cette immunité relative, le docteur Aubert a pré-
CASTRATION
conisé l'ablation des testicules chez les jeunes garçons, afin de les prémunir contre les accidents inhérents à cette malformation lors de la puberté. (Voy. année 1879.)
M. Monod a confirmé ces données en collectant une vingtaine de faits témoignant de cette innocuité relative. Sur 40 à 50 faits actuellement connus de cette ablation du testicule retenu dans le conduit inguinal, il n'y a eu qu'un seul cas de mort, manifestement due à la péritonite. Dans 3 autres cas, le périLoine fut évidemment atteint, mais sans accidents ultérieurs. (Soc. de chirurgie, janvier.)
Dans ces ectopies inguinales, la communication de la vaginale avec la cavité péritonéale existe-t-elle plus souvent que dans les positions normales du testicule? Quelles sont les modifications apportées par ces malformations dans l'état et dans la situation de la cavité vaginale et du canal vagino-péiïtonéal ? Ce sont là des points qui pourraient donner lieu à d'intéressantes recherches. Quoi qu'il en soit, il faut retenir du mémoire de M. Monod cet enseignement que la castration inguinale n'est pas plus grave que la scrotale, à la condition sans doute que le chirurgien redouble de précautions dans le cours de l'opération et dans les soins consécutifs.
Une opération toute différente a été exécutée, le 28 février dernier, sur un garçon de treize ans, entré à l'hôpital de King's Collège pour la rétention douloureuse du testicute droit : c'est sa descente dans le scrotum. Une tumeur solide, irréductible et excessivement douloureuse, sans expansion par la toux, existait dans l'aine droite, tandis que le testicule manquait dans le scrotum correspondant. Après l'application locale d'une vessie de glace, M. Wood découvrit le testicule, beaucoup plus petit que le gauche, par une incision verticale sur l'anneau externe. La tunique vaginale manquait et semblait avoir été oblitérée. Le testicule était retenu surtout en haut, aux piliers de l'anneau, par des adhérences intimes, très difficiles à briser. Le cordon fui étiré et, quoique n'ayant qu'un pouce et demi de long, put être placé dans le scrotum, en renversant celui-ci, où il fut fixé par un fil de catgut. Toute l'opération avait été faite antiseptiquement. Un drain et un bandage la terminèrent.
L'enfant dormit bien toute la nuit, et, quoique rétracté lelendemain, le testicule était encore bien en dehors de l'an-
CASTRATION
neau. La plaie se réunit par première intention et, le 15 mars, l'opéré quittait l'hôpital avec un bandage contentif du testicule dans le scrotum. (lancet, mai.)
Fongas bénin. Elle est indiquée histologiquement, d'après le docteur Remy, contre le fongus bénin du testicule, suite et terminaison de l'orchiLe interstitielle traumatique. D'après l'examen microscopique qu'il a fait d'un cas de ce genre au laboratoire des cliniques de la Charité, sur un spécimen eulevé par le professeur Gosselin, il a constaté que les fongosités de ce champignon sont analogues aux bourgeons fongueux existant sous les os nécrosés. C'est donc la nécrose du tube séminifère par l'apparition d'un nouveau tissu interstitiel peu vascularisé, formé d'éléments fusiformes à gros noyau et occupant une surface trois fois supérieure au diamètre du tube. De là l'atrophie et la dégénérescence granulo- graisseuse de celui-ci, remplacé par des amas de granulations et absolument privé de spermatozoïdes. L'indication de la castration est donc positive. Le tube séminifère est perdu à tout jamais, et il ne peut y avoir guérison que par sa disparition, son excision complète.
C'est ce que la clinique avait déjà enseigné. La substance jaunâtre, signalée par M. Robin, inspirait des craintes de résorption aux chirurgiens, et ils opéraient surtout pour la prévenir. Mais ce n'est là qu'une multiplication excessive de corps fibro-plastiques. Tout le mal est dans la nécrose du tube séminifère en résultant.
Un diagnostic différentiel résulte de ce fongus bénin avec les autres lésions analogues. Outre que l'apparition de gommes dans l'orchite syphilitique et la présence de nodosités caractéristiques dans l'orchite tuberculeuse les différencient de l'uniformité de celle-ci, des caractères physiques distinguent le fongus bénin du sarcome ou cancer. Ce dernier est très vasculaire et donne lieu à de fréquentes hémorrhagies, à l'opposé du premier. En dilatant la tunique albuginée, la tumeur atteint un grand volume avant de l'ulcérer, tandis que le fongus la perfore rapidement et détermine des troubles de suppuration, au lieu d'une cachexie apparente. Il guérit toujours et l'autre rarement, de même que la tumeur repullule et le fongus jamais. (Journ. (Vanat. et de physiol. mars.)