TION INTESTINALE
Emploi contre les corps étrangers du rectum. Pour la pre-
LAPAROTOMIE
micro l'ois sansjj doute, La laparotomie a été employée à cet effet. Il s'agissait d'un homme de quarante ans, ancien marin, atteint depuis de longues années d'une dyssenterie si habituelle qu'il avait une véritable incontinence des matières fécales. Pour atténuer autant que possible cette infirmité, cet homme ne trouvait rien de mieux que de tamponner son rectum pendant son travail. Il entourait un corps étranger d'un linge, qu'il s'introduisait ainsi, en en laissant une partie à l'extérieur, pour le retirer plus facilement quand le besoin en devenait pressant.
Se trouvant à travailler loin de chez lui et le linge lui manquant, il tailla un morceau de merisier dont l'écorce, remplaçant le linge, pendait à l'extérieur. Il avait la forme d'un cône large et peu élevé. Il entra si bien qu'il ne put être retiré ensuite, malgré les tentatives d'un médecin. Il vint dès lors à l'hôpital pour le faire extraire. M. Verneuil ne put même le sentir au toucher et prescrivît l'huile de ricin à doses fractionnées sans résultat.
Le 16 avril, M. Verneuil, désespérant de pouvoir atteindre ce corps étranger, que la main percevait à gauche de l'hypogastre, résolut d'ouvrir le ventre et même l'intestin au besoin pour l'extraire, le croyant fixé dans l'S iliaque. Deux doigts, étant introduits, reconnurent ce |corps étranger dans le rectum, appuyé sur la symphyse iliaque gauche, perpendiculairement à la paroi osseuse. Un léger mouvement de bascule le fit descendre, et son arête tranchante se présenta au toucher rectal. Une branche de tenette suffit alors, en lui imprimant divers mouvements alternatifs, pour que, les doigts d'un aide l'empêchant de remonter, il pût être expulsé de cette manière laborieuse. Un peu de sang et le boursouflement de la muqueuse furent les seules conséquences de cette opération. Il y eût réunion immédiate de la plaie abdominale, et, par des injections rectales phéniquécs avec une grosse sonde et répétées trois à quatre fois par jour, la guérison était complète en une semaine. C'est donc là un éclatant succès en faveur de cette opération. (Sôc. de chir., novembre.)
Laparotomie antiseptique, un volume in-8<>, par le professeur Bottini, de Pavie. Historique et avantages de cette nouvelle méthode, avec ses résultats dans les divers pays, dans
LAHYNGECTOMIE
la kélotomie, l'qvariotomie, l'hystérectomie, etc. Des succi'-s remarquables sont rapportés à l'appui. C'est l'ouvrage le plus complet sur la chirurgie de l'abdomen dans sa période actuelle.
LARYNGECTOMIE. Cette nouvelle opération, l'extirpation du larynx , ainsi nommée d'après l'étymologie grecque, poursuit ses progrès malgré ses revers. Sur une statistique de 12 cas, commençant à l'initiative hardie de Billroth, le 31 décembre 1873, et finissant au second cas de Bottini, du 29 août 1877, tous sur des hommes, il n'y avait qu'une seule guérison bien établie à cette date : c'est le premier opéré de Bottini, du 6 février 1875, et qui vivait encore trois ans après en parfaite santé. Aucune autre guérison n'était authentique , par l'absence de nouvelles. (Ann. des malad. de l'oreille et du larynx, novembre 1879.)
Une autre statistique plus récente du docteur Max Schùller, mais aussi beaucoup moins explicite, élève ce nombre à dix-neuf, dont trois pour sarcome, quinze pour carcinome et un pour périchondrite. Les résultats en sont aussi beaucoup plus encourageants, puisque les trois opérés pour sarcome ont survécu à l'opération, sans récidive. Des quinze autres, cinq sont morts de pneumonie consécutive, deux d'épuisement dans les quinze jours de l'opération et cinq de récidive plus ou moins rapide. Deux opérés, l'un par Wegner en septembre 1877, et l'autre par Billroth en juillet 1878, étaient vivants, mais avec récidive chez ce dernier. Le défaut de nouvelles du quinzième en limite donc le résultat à une seule guérison, car la récidive, en pareil cas, est une sentence de mort, d'après les faits précédents. Ce serait quatre guérisons nouvelles; mais le défaut d'informations précises et la date récente de l'opération ne permettent guère de les admettre comme définitives. (Deutsch. chir. de Billroth et Lucke, n° 37, et Boston metl. and surg. journal, S août.)
Devant l'insuccès constant de cette opération contre le carcinome, les chirurgiens allemands conseillent de la rendre plus hâtive pour en augmenter les chances. Et cependant il est démontré que la récidive, quand elle a lieu, ne se manifeste pas ordinairement au siège même de l'opération, mais dans le voisinage des ganglions lymphatiques.
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La récidive est en effet la pierre d'achoppement de cette opération, car elle n'a réussi encore que dans les cas où la récidive u'a pas eu lieu.
Un succès très remarquable en a été présenté au Congrès laryngologique de Milan par le docteur Caselli, de Reggio, dont le début sobre et élégant a tout d'abord séduit l'auditoire. Il a soumis à l'examen une jeune paysanne d'une vingtaine d'années, d'aspect robuste, aux joues roses et joufflues, qui avait subi non pas l'extirpation pure et simple du larynx, mais une partie de la base de la- langue et de l'hyoïde, le voile du palais avec ses piliers et la luette, les deux amygdales, la paroi postérieure du pharynx, une portion de l'œsophage, le larynx tout entier avec le cricoïde et la glande thyroïde. Cette opération a été faite à la partie antérieure du cou, avec le galvano-cautère, sans hémorrhagie grave. Les amygdales ont été les plus difficiles à enlever. Il y a un an que Giuseppina a été privée de ces organes essentiels, et, depuis onze mois, elle n'a pas cessé de manger, de boire et de parler comme tout le monde, ce qu'elle a renouvelé devant l'auditoire. Elle a mangé un morceau de pain et avalé ensuite un grand verre d'eau, avec une certaine lenteur, mais vidant le verre complètement sans en perdre une goutte.
En enfonçant profondément l'index dans la bouche, on ne rencontre que la colonne vertébrale ; tout le reste est enlevé, sauf une portion de la langue. L'examen au laryngoscope ne laisse apercevoir qu'un grand espace formé par la réunion des loges des organes extirpés. Cette jeune fille respire largement par une canule d'un diamètre considérable, placée à la partie supérieure de la trachée et qui en remplit toute la lumière. Elle est percée d'une fenêtre à sa partie courbe, destinée à laisser passer l'air vers la bouche. Pour manger, cette ouverture est fermée par l'introduction d'une seconde canule dans la première; l'opérée peut ainsi respirer, sans que les • aliments ni les boissons tombent dans la trachée. Quand la malade veut parler, elle enlève la seconde canule et introduit à sa place, dans la première et de bas en haut, un appareil musical ayant la forme d'une canule conique ascendante et articulée, qui aboutit dans la bouche, où l'on en voit l'extrémité couchée sur le moignon antérieur de la langue. Une petite lan-